Tag: Programme

  • Une soirée pour soutenir la lutte contre le racisme

    Une soirée pour soutenir la lutte contre le racisme

    Le mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) organise une soirée solidaire ce vendredi 6 novembre au théâtre des Carmes à Avignon. Dont la recette « aidera à financer nos activités, aide juridique et administrative, actions de solidarité, interventions dans les établissements scolaires », précise l’organisation.

    Car si le programme se veut convivial, avec des lectures de Paul Fructus, des contes de Jihad Darwiche et des « chansons engagées » d’Isabelle Desmero, le tout agrémenté de quelques boissons et grignotages, les finances de la structure sont en difficulté. « Le Mrap vit des aides de l’État s’il considère que la lutte contre le racisme et l’intégration de travailleurs en France est une priorité. Mais c’est de moins en moins le cas », constate Françoise Darwiche, coprésidente.

    Appel aux bénévoles

    L’occasion de mettre en avant également les activités de l’association. Une dizaine de bénévoles actifs se relaient au sein du local avignonnais pour les deux permanences hebdomadaires. « Il y a une quinzaine de personnes en moyenne chaque jour. Mais mercredi dernier, il y a eu 29 passages, ce qui est assez exceptionnel », glisse Isabelle Fructus, également coprésidente. Des victimes d’agressions racistes viennent y demander des conseils, mais aussi des personnes en voie de naturalisation. « Des personnes qui viennent avec des sacs entiers de papiers qu’il faut trier, cela prend un temps fou », poursuit la présidente qui appelle également de nouveaux bénévoles à rejoindre l’équipe.

    Un lieu que loue le Mrap depuis trois ans après avoir perdu son local prêté par la mairie. « Il faut aussi chauffer l’espace et cela coûte très cher. Il faut stocker plusieurs milliers de dossiers, ce qui prend de la place », poursuit Françoise Darwiche.

    Théâtre des Carmes à 19h.
    Prix libre.

  • Les Entrepreneurs de la Région Sud font leur programme

    Les Entrepreneurs de la Région Sud font leur programme

    Les Entrepreneurs Sud (ex-CMPE) lancent leur « Grande consultation des entrepreneurs », une initiative nationale qui se déroule jusqu’au 15 janvier avec l’ambition de faire « remonter les préoccupations et propositions du terrain » en vue de l’élection présidentielle de 2027. L’organisation souhaite associer entrepreneurs, salariés, indépendants, partenaires institutionnels et citoyens afin d’élaborer des solutions concrètes pour l’économie française.

    Laboratoire d’idées

    La démarche reposera sur plus de 100 rencontres organisées à travers le pays, dont six en région Sud. Sur le territoire régional, six réunions sont programmées : à Aix-en-Provence le 17 novembre, à Manosque le 24 novembre, à Gap le 3 décembre, à La Garde le 14 décembre et à Avignon le 15 décembre. Une plateforme participative (lagce.fr) et un laboratoire d’idées réunissant experts et dirigeants d’entreprise sont mis en place.

    Cent vingt fédérations professionnelles vont être mobilisées. Les échanges porteront sur cinq grands thèmes : la création de richesses, la valorisation du travail, le redressement des finances publiques, la souveraineté économique et les opportunités liées à la transition écologique.

    Présentée comme strictement non partisane par le président des Entrepreneurs Sud, Alain Gargani, élu de la majorité de droite au conseil régional, et Daniel Salenc, le futur président des Entrepreneurs 13, candidat du Rassemblement national aux dernières élections municipales à La Ciotat, cette consultation entend partir des réalités vécues par les entreprises afin de produire des propositions chiffrées et opérationnelles. Ces recommandations seront ensuite remises aux candidats à l’élection présidentielle de 2027.

  • L’US Mourillon prévoit de nombreuses festivités pour célébrer son centenaire

    L’US Mourillon prévoit de nombreuses festivités pour célébrer son centenaire

    Fêter un centenaire, rare pour un être humain, pas si fréquent pour une structure associative. C’est le bel accomplissement que va célébrer, en 2027, l’Union sportive mourillonnaise, fondée en 1927 dans « un quartier populaire, profondément marqué par la mer, les marins, les ouvriers », retrace Michel Grillot. « Le rugby y trouve naturellement sa place. L’USM devient un club de quartier, de copains qui se retrouvent autour d’un ballon et de valeurs simples : l’amitié, le courage, la solidarité, le respect. » Mais cette histoire est troublée par la Seconde Guerre mondiale, d’abord, qui met le club en sommeil de 1939 à 1946. Puis, à partir des années 1960, par les difficultés à assurer la pérennité du club. Une nouvelle dynamique émerge en 1991, avec « une bande de copains avec l’envie de refaire vivre le club. Personne ne pensait que nous serions là 35 ans plus tard ».

    Des festivités « ouvertes sur la ville »

    Aujourd’hui, l’USM compte 332 licenciés, de l’école de rugby au sport adapté jusqu’à l’équipe séniors. Il a formé plusieurs joueurs professionnels passés ensuite dans les rangs du grand frère du RC Toulon. Mais au-delà de ces réussites sportives, « nous sommes fiers de tous ceux qui ne sont pas passés pros, et disent avec le sourire qu’ils ont porté ce maillot », tient à souligner Michel Grillo. Car avant tout, « les clubs amateurs sont des acteurs essentiels de la cohésion sociale et de la vie du territoire. Leur rôle dépasse largement les limites du terrain. Ils créent des liens, là où notre société a tendance à en perdre ». Cela, grâce à une équipe d’une cinquantaine de bénévoles, sans qui « le club ne tiendrait pas ». Pour les accompagner, l’embauche d’un salarié à temps plein est souhaitée, « car la pérennité d’une association ne peut reposer que sur la bonne volonté », clame le président de l’USM.

    Pour fêter ces 100 ans d’histoire, le club a prévu de nombreuses festivités pour 2027. Sur les terrains, forcément, avec un tournoi international jeunes en mars et un tournoi de rugby adapté en avril. Mais aussi avec des événements « ouverts sur la ville, pas uniquement célébrés entre ses joueurs », appuie Jean-Luc Barthélémy, responsable des projets du club. « Nous voulons que les enfants, les habitants du quartier et les partenaires puissent s’approprier cette année. » À ce titre, chacun est invité à se rapprocher du club pour partager ses souvenirs. Y figureront, d’ailleurs, en bonne place, ceux qui ont fait l’US Mourillon et qui nous ont quittés trop tôt, comme Raoul Celioli, président du club à sa refonte en 1991, Jean-Alex Fernandez, créateur de l’école de rugby, ou encore Ludovic Astier, jeune éducateur du club disparu en 1998.

  • Plus de bénéficiaires et une année de licence prise en charge : avec « Coup d’envoi », le RC Toulon va plus loin pour les jeunes des quartiers prioritaires

    Plus de bénéficiaires et une année de licence prise en charge : avec « Coup d’envoi », le RC Toulon va plus loin pour les jeunes des quartiers prioritaires

    Plus de bénéficiaires et un vrai tremplin vers le monde du rugby. Pour sa dixième année d’existence, l’initiative du fonds de dotation du RC Toulon « Rugby Cœur Toulonnais », à l’attention des jeunes des quartiers prioritaires, se réinvente. Exit « RCT au cœur des quartiers », place à « Coup d’envoi », un programme en trois dates (contre six auparavant), qui va permettre à plus de 200 enfants (72 l’an dernier) de 6 à 12 ans de découvrir le monde du rugby et de se familiariser avec ce qui est aussi leur club.

    Un an de licence

    et des équipements offerts

    Deux prochaines journées auront ainsi lieu à Fréjus, en février, et en Provence verte, en avril. « Au lieu d’avoir les mêmes enfants qui viennent mensuellement, on a choisi d’en avoir sur trois journées et différents endroits », explique Bastien Leccia, assistant RSO et fonds de dotation du RCT. Cela dans le but d’élargir au maximum l’opportunité, car « socialement ou économiquement, on n’a pas forcément l’habitude de jouer au rugby dans ces quartiers, ou de penser que c’est accessible ».

    Pour la première étape, 90 enfants étaient réunis au stade Léo-Lagrange de Toulon, mercredi. La matinée était consacrée à la découverte du rugby, en compagnie de joueurs professionnels du RCT (Gaël Dréan, Rabah Slimani, Mathieu Smaïli et Patrick Tuifua). L’après-midi, place à des ateliers liés au handicap, à la citoyenneté et à l’environnement : découverte du rugby fauteuil avec les joueurs du RFCTPM, discussions et jeux avec la police municipale et des associations de protection de la Méditerranée… « Ça fait un parallèle avec les valeurs du rugby, le respect de la règle, de l’arbitre », justifie Baptiste Leccia. « Ça leur permet de pouvoir approcher différemment ces structures-là, notamment la police, d’être dans l’échange, parce qu’ils en sortent avec une tout autre image », plussoie Besma Djeribi, directrice adjointe du centre de loisirs « Des enfants, un quartier, la vie » à Toulon, qui avait déjà participé au programme les années précédentes.

    Et si des vocations naissaient de ces journées, le RC Toulon propose de payer la première année de licence et les équipements aux jeunes piqués par l’ovalie, pour que ce projet dure dans le temps. « Deux ou trois de nos jeunes étaient intéressés, l’année dernière. Ils vont pouvoir continuer la pratique. C’est un très beau cadeau », se réjouit l’éducatrice.

  • Le Pic Saint-Loup sublimé aux Matelles

    Le Pic Saint-Loup sublimé aux Matelles

    Entre février et septembre derniers, l’artiste paysagiste a sillonné les trente-six communes de l’intercommunalité du Grand Pic Saint-Loup. Le résultat de ce périple est un ensemble de pastels représentant le Pic Saint-Loup et ses environs, comme la vallée de la Buèges. L’exposition culmine avec l’accrochage côte à côte de plusieurs dizaines d’images de vingt centimètres par vingt-quatre, le gabarit de prédilection de Thomas Verny. « Je suis originaire de cette région, où je suis revenu m’installer en 2010. Je recherchais la lumière du Sud : stable, contrastée et propice à la peinture en extérieur. (…) Je peins toujours au même format, 20 × 24 cm, parce qu’il me permet de travailler rapidement et de saisir un instant », explique-t-il. Thomas Verny perpétue la tradition de la peinture de paysage comme son professeur à l’école des Beaux-Arts de Paris, le peintre montpelliérain Vincent Bioulès. Ce dernier avait été accueilli à la Maison des consuls en 2019 pour aborder le même thème. Autour de l’exposition, un programme culturel est proposé. Il sera enrichi dans les semaines à venir. La Maison des consuls est aussi un musée d’archéologie. Une collection permanente d’objets néolithiques collectés dans la région est à découvrir.

    * Du mercredi au dimanche, de 14h à 17h.
    Entrée 5 euros.

  • [Week-end] Le Bazar festival célèbre la diversité culturelle à Marseille

    [Week-end] Le Bazar festival célèbre la diversité culturelle à Marseille

    À l’heure où les discours identitaires et xénophobes pullulent en France, Singa veut « construire des ponts entre les gens et célébrer la richesse de l’immigration à Marseille », insiste Arnaud Mispolet, codirecteur de l’antenne marseillaise. De 14h à 23h ce samedi 24 octobre, l’association organise un festival gratuit au centre socioculturel de la Cômerie, dans le 6e arrondissement. L’occasion de célébrer les talents et initiatives des personnes réfugiées et migrantes que l’association accompagne au quotidien.

    Une journée basée sur la rencontre et l’ouverture

    Au programme : découverte du Dabke, une danse traditionnelle syrienne, un marché de créateurs accompagné par l’association de 14h à 18h, un atelier d’écriture de textes de rap avec un artiste de Singa, un cours de Hatha Yoga (sur réservation) et une performance théâtrale réalisée par écrivivre, un collectif littéraire fondé par des mineurs non accompagnés.

    L’événement se veut également familial avec des activités pour les plus jeunes. De 15h à 16h, un atelier créatif visant à sensibiliser à la protection de la mer (sur réservation à 5 euros) sera proposé. En parallèle, un stand de maquillage et un photobooth seront en libre accès pour graver la journée dans les mémoires.

    Un épisode du podcast « Oh ! la dinguerie », qui riposte au discours anti-immigration, sera enregistré de 15h à 17h, avec la participation de Benoît Hamon, directeur général de Singa France, Anaïs Bernard de SOS Méditerranée et d’autres acteurs associatifs proches de Singa.

    Le programme nocturne n’est pas en reste. De 19h30 à 20h30, des humoristes s’essaieront pour la première fois au stand-up, sur réservation et rémunération au chapeau. La soirée se prolongera avec des festivités dont un spectacle de danse à 20h40, puis une programmation musicale composée d’une scène de rap et d’un DJ set brésilien.

    Au vu de l’application du couvre-feu ce samedi soir, dont le périmètre n’inclut pas la Cômerie, l’événement a été raboté d’une heure pour qu’il puisse se conclure à 23h. Des dispositions ont ainsi été prises pour « que chacun et chacune puisse rentrer sereinement chez soi ».

    Billetterie sur Helloasso

  • Le calme avant la colère à Avignon avec une forte mobilisation

    Le calme avant la colère à Avignon avec une forte mobilisation

    Entre les 3 000 manifestants qui ont défilé dans les rues d’Avignon ce samedi 17 octobre, beaucoup de gilets rouges et jaunes et surtout beaucoup de colère.

    Une très longue journée de manifestation passée à plusieurs reprises devant la préfecture de Vaucluse, la place de l’Horloge, du Palais des Papes. « Je n’ai jamais vu autant de monde sur la rue de la République », s’écrie Marcel, infirmier venu de Cavaillon, en voyant la file interminable débouler devant l’Hôtel de Ville. Il est venu avec sa compagne « car on est pris à la gorge entre l’essence et les impôts », confie-t-il. « Je suis venue pour mon fils étudiant car la vie est bien trop chère pour qu’il puisse grandir sereinement », pousse Laure Mauriconi, assistante maternelle, pancarte « Maman solidaire » dans les mains. Le programme de la journée était chargé avec des nombreux cortèges, une mobilisation devant l’hôtel Mercure où se tenait une séance d’autographes de Sarah Knafo (Reconquête) ou encore une tentative de blocage du pont Daladier et des routes alentour.

    La CGT était finalement présente, ayant appelé à se mobiliser en interne seulement. Notamment à la suite du mouvement des lycéens et étudiants de ces dernières semaines. Mais pas uniquement. « C’est évidemment dans la continuité de notre soutien aux jeunes. Mais si on prend l’exemple de l’essence, moi qui suis professeure titulaire remplaçante, mon essence est remboursée mais l’indemnité kilométrique ne monte pas comme le prix de l’essence », illustre Mélanie Saïsse, co-secrétaire CGT Educ’Action.

    Tensions en fin de journée

    Des formations politiques étaient également présentes. « On voit que ça écrase de partout, les gens n’en peuvent plus tout simplement », confie Oukacha Rtili, conseiller municipal (LFI) à Avignon, tout en tractant pour le meeting de lancement de campagne du parti le soir même en cité des Papes. « On soutient les étudiants mais aussi le camarade de la CGT blessé ce jeudi avec la répression policière. Aucun droit n’est acquis et il faut être présents », confie Pascal Clemençon, secrétaire fédéral contre l’extrême droite du PS de Vaucluse, drapeau de son parti en main.

    Il y a aussi eu des tensions avec les forces de l’ordre dans l’après-midi, qui ont procédé à plusieurs interpellations. Des affrontements qui se sont déroulés jusqu’au début de la nuit autour de la préfecture et dans la rue de la République. « On s’est nous-mêmes fait charger et certaines arrestations n’étaient vraiment pas nécessaires », confie une syndicaliste de la CGT.

    « La vie est bien trop chère pour que mon fils puisse grandir sereinement »

  • Evars : le Planning familial dénonce les freins du rectorat de Montpellier

    Evars : le Planning familial dénonce les freins du rectorat de Montpellier

    Le constat de Mia Ferret, du Planning familial de l’Hérault, est sans détour. Alors que le nouveau programme d’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité (Evars) est entré en vigueur à la rentrée 2025, l’association voit son accès aux établissements scolaires considérablement réduit dans l’académie de Montpellier.

    Même si le ministère a réaffirmé la possibilité d’avoir recours à des intervenants extérieurs, « il n’y a pas de politique centralisée, ce sont les académies qui décident. Dans celle de Montpellier, on a de grosses entraves pour mettre en place l’Evars », assure Mia Ferret. Les associations expertes historiques comme le Planning familial 34, agréées pour dispenser ces séances d’éducation à la vie affective et relationnelle (pas de dimension sexuelle dans le premier degré), ont en effet été évincées des écoles. « La rectrice nous a interdit d’intervenir en primaire parce qu’il y a des débats idéologiques trop forts, notamment avec les associations d’extrême droite, qui ont des relais parentaux, des parents qui vont créer une forme de lobby auprès de l’éducation nationale pour se plaindre. Donc la rectrice dit : plus aucune association n’intervient sur ces questions à l’école », déplore la représentante du Planning.

    Dans le primaire, « plus aucune association »

    Les interventions des associations agréées se retrouvent donc désormais cantonnées au second degré (collège et lycées), au bon vouloir des chefs d’établissement. « Là encore c’est compliqué, parce que ça se fait au cas par cas. Quand on tombe sur un ou une chef(fe) d’établissement sensible à ces questions, qui connaît le Planning familial, c’est plus facile, mais on est dans une politique très individuelle : ce sont les enseignants, les chefs d’établissement qui doivent s’en emparer », poursuit Mia Ferret, qui souligne « la rupture d’égalité » induite par un tel dispositif : « Les enfants qui iront au lycée A auront des cours d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle tandis que ceux qui iront au lycée B n’en auront peut-être pas. »

    « Introduire une tierce personne libère la parole »

    « L’argument donné par la rectrice, c’est : c’est aux professeurs de le faire », rapporte la représentante de l’association. « Ce n’est pas qu’on mette en doute la compétence des enseignants », insiste Mia Ferret, mais elle estime que ce transfert de compétences pose deux problèmes : celui de la formation et celui de la parole des élèves. Car pour aborder ces sujets sensibles, les enseignants doivent être formés – comme le sont les intervenants des associations agréées. Or pour l’heure, aucune formation institutionnelle initiale suffisante n’a été proposée (lire entretien ci-dessous). Surtout, selon la représentante du Planning familial, un intervenant extérieur peut faciliter les échanges lorsqu’il est question de violences ou de sexualité. « Pour des enfants victimes de violences ou des collégiens, des lycéens qui ont des questions intimes, en parler à leur professeur peut être extrêmement gênant », explique-t-elle. À l’inverse, « introduire une tierce personne a le bénéfice de libérer la parole. Des études concrètes ont été faites sur le sujet ».

    Des interventions

    en chute libre

    Selon Mia Ferret, cette politique a des conséquences importantes sur l’activité du Planning familial de l’Hérault : « Depuis la mise en place de cette politique rectorale, il y a un an, le nombre de nos interventions a baissé d’environ deux tiers, c’est énorme. Le plus fou, c’est que c’est au moment où on a une réaffirmation légale avec un programme-cadre que le rectorat s’en empare pour dire que c’est à l’éducation nationale de le faire et que les associations agréées doivent être exclues. » Sans compter que s’ajoute à ces restrictions une question très concrète : celle du financement. Faute de disposer de crédits de fonctionnement suffisants, le Planning familial facture désormais ses interventions, explique sa représentante. Une dépense qui peut, elle aussi, constituer un frein pour les établissements.

    ENTRETIEN : Jordan Homps, Snes-FSU : « On n’a pas les capacités pour déployer l’Evars rapidement »

    Jordan Homps (Snes-FSU), enseignant au collège Frédéric-Bazille de Castelnau-le-Lez et référent Evars pour l’établissement, décrit les difficultés rencontrées sur le terrain pour mettre en place, dans les faits, cette éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle.

    La Marseillaise : Où en est la mise en œuvre dans les établissements ?

    Jordan Homps : On a un an de retard par rapport au programme qui aurait dû être mis en place l’année dernière. Depuis l’an dernier, des inspecteurs ont commencé à être formés, qui ont formé des référents au niveau académique. Ces référents ont ensuite commencé à former les réseaux publics territoriaux, qui regroupent des écoles, des collèges et des lycées… Tout cela a décalé la formation de l’ensemble des personnels. Au mieux, il y a deux personnes formées par établissement. C’est très peu.

    LM : Pourtant, chaque élève doit recevoir trois séances annuelles ?

    J.H. : Oui. À la rentrée, nous avons reçu comme consigne de fournir au moins des périodes de dates pour les trois séances. Mais la question est de savoir ce qui sera réellement organisé. Si tous les établissements ont au moins une séance par niveau, ce sera déjà formidable. Le problème, c’est que les formations ont été proposées aux seuls établissements qui en ont fait la demande. Dans certains collèges ou lycées, il est donc possible qu’il n’y ait rien.

    LM : Les enseignants sont-ils les mieux placés pour recevoir la parole des élèves ?

    J.H. : Non, c’est là que le bât blesse. C’est toute la problématique du manque de personnels médico-sociaux : infirmières, psychologues de l’Éducation nationale, assistantes sociales… Ce sont eux qui sont habilités à vraiment recevoir cette parole.

    LM : L’Éducation nationale devrait-elle s’appuyer davantage sur les associations ?

    J.H. : À défaut de former directement les élèves, ces associations, qui ont les compétences, auraient au moins pu former les personnels, ce qui aurait permis un déploiement plus rapide de l’Evars. Ça n’a pas été envisagé, alors qu’on l’avait proposé. Ils veulent tout faire en interne, mais on n’a pas les capacités pour déployer l’Evars rapidement. Ce qu’on aurait voulu, c’est un vrai plan national de formation obligatoire pour tous les personnels, avec un nombre d’heures suffisant.

    Recueilli par A.G.

  • [Entretien] Josée Massi : « Nous aurons des candidats avec l’étiquette majorité municipale »

    [Entretien] Josée Massi : « Nous aurons des candidats avec l’étiquette majorité municipale »

    La Marseillaise : Les jeunes sont à nouveau mobilisés aujourd’hui pour réclamer des moyens pour l’enseignement. Comment l’ancienne professeure de mathématiques analyse-t-elle la situation ?

    Josée Massi : Leurs revendications sont légitimes. Je suis allée à leur rencontre, la semaine dernière, avec Monsieur le préfet, le futur président de la Région et le Dasen (Directeur académique des services de l’Éducation nationale) devant le lycée Bonaparte, dans lequel j’ai été élève puis j’ai enseigné, après avoir été pion comme on disait avant. Donc, je connais par cœur ces bâtiments. Je pense qu’en effet, ils ont un peu vieilli.

    Vous connaissez ma méthode, je suis plutôt pour écouter, consulter et trouver des solutions. Je regrette simplement que certains profitent de leur mobilisation pour casser. Mais, je le répète, ils ont des revendications tout à fait légitimes et il faut les écouter. Je leur ai d’ailleurs proposé une table tonde.

    Vous revendiquez depuis votre première élection une position sans étiquette. Est-ce toujours aussi important pour vous ?

    J.M. : Oui, c’est important. C’est uniquement l’intérêt général qui me guide à chaque fois. On peut avoir de bonnes idées à gauche et de bonnes idées à droite. Ce qui m’intéresse, c’est : qu’est-ce qui est bien pour les Toulonnais ? Dans ma liste, il y a des personnes de sensibilités différentes et je ne leur ai pas demandé d’être encartées. C’est pour cela que je ne me suis pas positionnée pour les sénatoriales. J’ai été beaucoup approchée pour aller sur des listes, mais j’ai fait le choix de rester cohérente. Après, la liberté de s’engager a été laissée à chacun tout en précisant simplement que rejoindre untel ou untel reviendrait à s’inscrire en sortie de la majorité municipale. Il faut être cohérent.

    Deux sénateurs RN ont été élus dans le Var. Quel regard portez-vous sur ce résultat ?

    J.M. : C’est la démocratie, il faut la respecter. Je veux d’abord féliciter les deux autres sénateurs, Françoise Dumont et Christian Simon. Ce que je crois, c’est que la division nous a coûté un sénateur. Ils auraient pu s’entendre et mettre de côté des problèmes d’ego… Quand on passe à quatre listes à droite, franchement, on peut se poser des questions. J’espère que cela servira de leçon à tous pour les prochaines échéances électorales.

    Toulon peut-elle rester la place forte qui dit non au RN, comme elle l’a fait lors des dernières législatives, en étant la seule circonscription sur les huit à ne pas mettre genou à terre devant l’extrême droite. Vous engagerez-vous dans la bataille ?

    J.M. : Je vous confirme : nous entrerons dans la bataille. Il y aura des candidats issus de la majorité municipale aux législatives, aux départementales et aux régionales. Nous n’étions pas prêts pour les sénatoriales avec une équipe issue principalement de la société civile, mais là, nous le serons. « Majorité municipale », je pense que c’est une bonne étiquette. Et comme vous le dites, Toulon est la seule circonscription du Var à ne pas avoir un député RN. J’espère bien qu’on va continuer. En tout cas, je mettrai tout mon poids dans la bataille.

    Votre prédécesseur, Hubert Falco (DVD), ne rate jamais une occasion, depuis quelque temps, de lâcher une vacherie à votre encontre…

    J.M. : C’est son droit. Je remarque que, dernièrement, il s’exprime beaucoup sur les réseaux sociaux. Mais moi, je n’ai plus de nouvelles depuis la campagne. Je pense simplement qu’il y a des données qu’il n’a pas sur certains sujets, notamment sur la cité judiciaire.

    C’est un sujet qui me tient à cœur parce que je pense qu’il est incroyable que le tribunal de Toulon soit dans un état d’insalubrité pareil. J’en ai fait un combat depuis trois ans. L’État demande maintenant aux collectivités de mettre la main à la poche. Le projet représente environ 130 millions d’euros, dont 30 millions pour une cité provisoire. Nous avons donc cherché des solutions permettant de diminuer ce coût. Il existe notamment des locaux de la DDTM (Direction départementale des territoires et de la mer) qui sont vides et sécurisés. Un chargé d’admission est venu les examiner. Il faudrait y réaliser quelques travaux, notamment pour les salles d’audience. Nous avons proposé que toutes les collectivités se mettent autour de la table et aident. Pour le moment, nous en sommes là.

    Pourquoi cet acharnement de sa part aujourd’hui ?

    J.M. : Il faudrait lui poser la question. Je suis devenue maire de Toulon en 2023 pour le dépanner, parce que j’étais la seule en qui il avait confiance et de qui il pouvait dire : « Si je dois revenir, c’est la seule qui me rendra la place. » Et l’année dernière, en juin, il a fait un communiqué me demandant d’y aller. C’est important de le rappeler. Après, il a changé d’avis. Vous pourriez me demander pourquoi, mais je ne vais pas rajouter de la polémique à la polémique. Il n’a qu’à prendre ses responsabilités. J’ai toujours été loyale, je crois que celui qui n’a pas été fidèle, c’est quand même lui. Quand je vois sa garde rapprochée, je me demande ce qu’est devenu son positionnement politique ? Certains d’entre eux sont partis rejoindre Éric Ciotti ou carrément le RN… En tout cas, puisqu’on parle de parole donnée, je tiens à rendre hommage à Michel Bonnus [ancien sénateur LR et candidat à la mairie de Toulon, ndlr] qui se bat contre la maladie et à qui je souhaite de remporter ce combat. Il avait promis que, s’il n’était pas devant, il se retirerait. Et c’est ce qu’il a fait.

    Vous êtes régulièrement attaquée par l’extrême droite. Comment le vivez-vous ?

    J.M. : Madame Lavalette cherche la polémique. C’est sa technique. Moi, je ne rentre jamais là-dedans. Elle me caricature, mais je ne réponds pas. En conseil municipal, elle cherche la confrontation. C’est la stratégie du chaos. Elle répète que j’ai été élue avec les voix de la gauche ou de La France insoumise, quelle importance ? Ce sont les Toulonnais qui ont choisi. J’ai fait 52%. Elle a fait 48%. Elle peut dire ce qu’elle veut. Et mon programme, je vais l’appliquer. Elle parle d’idéologie en critiquant la mise en place de la piste cyclable sur l’avenue de la République. Mais les résultats sont là et c’est un grand succès. Nous faisons toutes les mesures. Entre 7 et 8 heures du matin, il passe 600 vélos et on constate 5 000 voitures en moins par jour. Je regarde maintenant si elles se sont reportées ailleurs. Elle prétend aussi que la ville est saccagée par les tags de l’extrême gauche depuis mon élection. Bizarrement, elle passe sous silence ceux du groupe Némésis, des identitaires… Alors qu’il y en a beaucoup.

    L’État menace de torpiller encore davantage les finances des collectivités territoriales. Comment réagit la maire de Toulon et présidente de la Métropole ?

    J.M. : On sait qu’avec la dette colossale de la France, on va tous devoir faire des efforts. Moi, j’en suis consciente. Mais ce n’est pas nouveau, ça fait trois ans que je suis maire et qu’on construit des budgets sans savoir ce qu’on va avoir en termes de dotation de l’État. Après, j’ai regardé ce que va proposer le Rassemblement national, qui se positionne, lui, sur 150 milliards de moins. Je ne sais pas où ils vont les trouver.

    Quel regard portez-vous sur les prochaines échéances électorales nationales ?

    J.M. : Je suis résolument optimiste. Je pense que les Français, à un moment, prennent leurs responsabilités. Et ce ne sont pas ceux qui hurlent le plus qui feront l’élection. Moi, je suis relativement confiante. Je rappelle que j’étais donnée perdante face à la numéro 3 du RN, Laure Lavalette, et que ce n’est pas du tout ce qui s’est passé au final. Moi, je suis relativement confiante.

  • Martigues : reportée au 14 octobre, la journée des aidants garde le cap

    Martigues : reportée au 14 octobre, la journée des aidants garde le cap

    « La santé est un enjeu transversal que nous avons l’ambition de porter pour ce mandat », pose Gwladys Saucerotte, conseillère municipale déléguée à la santé et aux droits des personnes handicapées et de leurs familles. Jusqu’en décembre, la Ville et le Centre intercommunal d’action sociale (Cias) déroulent tout un programme à destination des aidants, des personnes handicapées et en faveur de la santé mentale.

    Les deux prochaines semaines concentrent les initiatives sur ce dernier axe dans le cadre de la semaine d’information pour la santé mentale. Jeudi, à Port-de-Bouc, « la psychiatrie fait du bruit », littéralement, avec une déambulation de batucada au départ de l’hôpital de jour. Un ciné-débat aura également lieu à La Cascade le mardi 13 octobre à 18h30 autour du film Sous le ciel d’Augérias, en présence de la réalisatrice Nathalie Vannereau et du psychologue Marc Krawczyk.

    Bien que la santé soit une compétence de l’État, il s’agit d’« un enjeu de territoire et d’une préoccupation de chaque instant », selon Gwladys Saucerotte.

    « Tout est relié par la lutte »

    Comme le répètent les professionnels de santé, l’élue reprend l’idée que « la santé mentale est le parent pauvre » du système de santé français. Au-delà du territoire, « les enjeux sont énormes, notamment chez les jeunes. Il y a une prise de conscience progressive de cette question et la collectivité a un rôle à jouer », estime-t-elle. Selon Santé publique France et l’enquête EnCLASS 2026, 20% des lycéens déclarent avoir eu des pensées suicidaires au cours des douze derniers mois et 15% auraient déjà fait une tentative de suicide.

    C’est aussi pour cela que la prise en compte de la santé dans l’action municipale est, selon Gwladys Saucerotte, « systématique », qu’il s’agisse « de santé mentale, cardiovasculaire, de santé-environnement, d’urbanisme, de culture ou de sport ». Au fond, « tout est relié par la lutte, pour des services publics et un hôpital dignes, pour les droits, la dignité et le bien-être », que ce soit pour les aidants, les familles ou les personnes psychiatrisées ou handicapées elles-mêmes.

    La participation de la Ville à la journée nationale des aidants, initialement prévue ce mercredi 7 octobre, est reportée au 14 octobre, en raison de mauvaises conditions climatiques, toujours de 13h30 à 17h, au parc Julien-Olive. À noter également qu’un nouveau festival dédié à la culture sourde est organisé par la Ville et la MJC, début novembre 2026. Toutes les initiatives sont détaillées sur le site internet de la Ville.