Tag: presse

  • [Entretien] Pierre Tranchand (alias Pica) : « Les Profs ne sont pas mon plus grand succès, c’est le seul »

    [Entretien] Pierre Tranchand (alias Pica) : « Les Profs ne sont pas mon plus grand succès, c’est le seul »

    La Marseillaise : Architecte de formation, vous vous lancez dans la BD à la fin des années 1970. Comment cette passion est-elle née ?

    Pica : J’ai même commencé avant. J’ai passé mon diplôme en juillet 1977, mais en 1976, j’avais déjà décroché des choses. Pendant l’année de mon diplôme, je faisais de la BD le week-end. En 1966, on m’a offert Astérix chez les Bretons. J’ai commencé à recopier Astérix, puis j’ai fait mes propres trucs (sic). J’ai été publié dès l’âge de 16 ans, en 1969, avec de petits strips dans des journaux locaux, à Saint-Étienne. J’ai ensuite choisi une école d’architecture, parce que ça durait six ans et que ça me laissait le temps de me perfectionner sur la BD, ma vraie passion.

    Depuis, vous avez écrit plus de 70 albums. Vous attendiez-vous à une telle carrière ?

    Pica : Bien sûr que non. Ça fait 48 ans que je fais de la BD, une durée comme celle-ci, c’est incroyable. D’ailleurs, je pense qu’aujourd’hui, ce sera très difficile de faire ça. Les gens ne font plus ce genre de carrière car j’ai beaucoup travaillé dans la presse, ce qui était bien, car on était payé. Aujourd’hui, si vous faites un album qui ne marche pas, vous êtes viré et vous n’avez plus de boulot. Moi, j’ai eu du bol, car j’ai fait une série qui marche. On a vendu 6,7 millions d’albums, donc ça va (rires). Quand on dit que la BD va bien, c’est global, mais il y a quand même beaucoup d’auteurs qui sont dans la pauvreté totale.

    Parmi eux, « Les Profs », votre plus grand succès, lancée en 2000. Comment est née cette BD ?

    Pica : Ce n’est pas mon plus grand succès, c’est le seul (rires). Avant, j’étais connu car j’ai beaucoup écrit dans le Journal de Mickey et dans Pif Gadget, qui était tiré jusqu’à 1 million d’exemplaires. Mais je ne vendais pas d’album. Les Profs sont nés en 1995-1996. Je n’avais plus de boulot, on me disait que j’avais un style hasbeen. Un soir, j’appelle Gilles Corre, mon scénariste actuel [connu sous le nom d’Erroc, Ndlr]. Je lui dis que j’ai l’idée de faire une histoire de profs, mais je pense alors qu’il faut être prof pour faire ça. Il me dit qu’il a fait un projet là-dessus, qui avait été refusé il y a deux ans. Il m’envoie les scénarios et c’était pile poil ce que je voulais faire. J’ai commencé à dessiner en 1997 et on a mis trois ans à faire un album, car personne n’en a voulu.

    Vous célébrez cette année ses 25 ans. Qu’est-ce qui fait son succès ? Comment réussissez-vous à le faire durer ?

    Pica : Une grande part du mérite revient aux scénaristes, car si vous faites un dessin magnifique et que le scénario est nul, ça ne marche pas (rires). Erroc se fait aider maintenant, car 25 ans à trouver des gags, il faut le faire. Comment ça a duré ? Je n’en sais strictement rien (rires). Ce qui a fait le succès, c’est le sujet. Tout le monde a été à l’école, mais on l’a bien traité. L’humour et le dessin plaisent aux gens. J’avais déjà fait une BD sur une école de sorciers, ça n’a pas eu le succès d’Harry Potter (rires). Il faut que le public adhère et ce n’est pas simple. On va souvent observer des salles de classe, mais tout sort de notre imagination. On se sert de l’actualité, mais rien n’est vécu. On fait une caricature de l’école. Le problème des Profs, niveau dessin, c’est que le décor est toujours le même, et il ne faut pas lasser le lecteur.

    Le 28e tome, « Carnet de potes » (Bamboo éditions), est sorti le 28 octobre, mais vous n’en êtes plus le dessinateur. Vous êtes désormais focus sur une série dérivée, « Les Profs refont l’histoire ».

    Pica : J’ai lancé cette série en 2008, un an avant de faire un AVC, dû au stress et aux charges de travail infernales. Je n’arrivais plus à tenir le rythme d’un album par an, donc j’ai passé la main sur Les Profs en 2015. J’avais envie de faire des décors, j’en avais un petit peu marre de faire la même chose. Les profs refont l’histoire reprennent les mêmes personnages en les replaçant dans des époques différentes. Je suis à la retraite depuis 11 ans, mais je n’ai pas trop envie de m’arrêter (rires). C’est une passion, j’ai beaucoup de difficultés à dessiner, mais je continue tant que mon dessin n’est pas complètement pourri (sic). Le quatrième tome sort en janvier et on m’en a déjà commandé un cinquième.

    Exposition dédiée à Pica, au Facto,
    à Solliès-Pont,
    du 1
    er novembre
    au 31
     mars.

  • Des vacances à la découverte de la presse à « La Marseillaise »

    Des vacances à la découverte de la presse à « La Marseillaise »

    Dans les locaux flambants neufs de La Marseillaise, une dizaine de jeunes ont rendez-vous tous les après-midi de la semaine avec l’association Ancrages coordonnée par Samia Chabani.

    Ce lundi, ils ont notamment rencontré Léo Purguette, président et directeur éditorial à propos de l’histoire et de l’actualité de notre journal.

    Ils poursuivront leur découverte du monde des médias avec une sensibilisation à la détection des fake news.

  • [Entretien] Frédérique Laîné : « L’idée que La Marseillaise soit dans les Alpes suscite de l’enthousiasme »

    [Entretien] Frédérique Laîné : « L’idée que La Marseillaise soit dans les Alpes suscite de l’enthousiasme »

    La Marseillaise : La dernière fois que vous vous êtes exprimée dans la page « Vive La Marseillaise », c’était en mars pour annoncer la constitution d’un comité des Amis de La Marseillaise dans les Alpes-de-Haute-Provence. Que s’est-il passé depuis ?

    Frédérique Laîné : Depuis cette date, nous avons été présents sur l’ensemble des manifestations variées et diverses du département pour populariser notre démarche et appeler à nous rejoindre pour permettre un retour de La Marseillaise dans les Alpes. Nous avons rencontré un certain nombre de collectifs et d’associations dont on peut supposer qu’elle verrait la présence de La Marseillaise d’un bon œil. Nous avons fait des adhésions, nous sommes aujourd’hui une quarantaine. Dans l’ensemble, quand on sollicite des associations ou des élus ont rencontré une oreille attentive et – je dois le dire – beaucoup d’enthousiasme. Nous les Alpins, on serait vraiment ravis d’avoir notre place aux côtés des Varois, des Vauclusiens, des habitants des Bouches-du-Rhône dans les pages du journal. Nous faisons partie de cette région, nous avons nous aussi besoin d’une information pluraliste.

    Vous organisez, dimanche 2 novembre, une initiative aux Mées pour amplifier votre démarche. De quoi s’agit-il au juste ?

    F.L. : Oui, nous l’avons appelé « repas populaire et fraternel » avec comme temps fort un débat en fin de matinée en présence notamment de Léo Purguette, président et directeur éditorial de La Marseillaise sur le thème « Actualité sociale, municipales, vie associative et culturelle… Pourquoi voulons-nous La Marseillaise dans les Alpes ». Il y a un certain nombre de maires et d’élus qui ont d’ores et déjà dit qu’ils seraient là mais aussi des responsables politiques, syndicaux ou d’associations de solidarité internationale, du Secours populaire… Nous avons aussi convié Mme la préfète en espérant qu’elle puisse se joindre à nous. C’est le moment important de la journée, c’est ce qui nous rassemble.

    Il y aura aussi de la convivialité.

    F.L. : Oui, il y aura un apéritif, un repas froid puis on poursuivra dans l’après-midi avec un trio de musiciens brésiliens et la chorale du Drapeau rouge de Manosque qui viendra chanter.

    Faut-il s’inscrire ?

    F.L. : Oui, ça nous aiderait beaucoup pour anticiper l’intendance. Il suffit de nous envoyer un mail*. On a mis une participation minimum de 10 euros et tous ceux qui pourront faire plus seront évidemment les bienvenus.

    *lesamisdelamarseillaise04@gmail.com

    Programme du dimanche 2 novembre

    10h30 : accueil

    11h : Débat « Actualité sociale, municipales, vie associative et culturelle… Pourquoi voulons-nous La Marseillaise dans les Alpes ? »

    12h30 : Apéritif et poursuite des échanges autour d’un repas froid.

    14h : Concert d’un trio de musiciens brésiliens

    16h : Chorale du Drapeau rouge de Manosque

    Participation libre, à partir de 10 euros.

    Inscriptions par mail sur lesamisdelamarseillaise04@gmail.com

    Maison des associations des Mées, 1 rue Jean-Moulin, Les Mées.

  • Frontières échappe aux sanctions

    Frontières échappe aux sanctions

    Un an après la vague de harcèlement subie par trois avocats marseillais jetés en pâture par le média identitaire Frontières qui les associait aux « casseurs antifas », le tribunal judiciaire de Marseille a reconnu leur mise en danger dans son délibéré rendu ce mercredi. « L’élément matériel du délit visé est caractérisé, compte tenu de la diffusion sur le réseau social X du nom et de la profession des parties civiles », indique la décision. Ceux-ci avaient témoigné, lors de l’audience le 3 septembre dernier, des commentaires haineux publiés jusque sur leurs pages professionnelles, et des conséquences sur leur vie privée. Malgré cela, la justice a décidé de relaxer le directeur de publication Erik Tegner, estimant que « l’élément intentionnel n’est pas suffisamment caractérisé ». « Les parties civiles ont accepté que leur nom et leur profession soient diffusés dans un contexte particulier dont ils avaient connaissance. Dès lors, la diffusion de cette information sur X par un média d’opinion opposée ne caractérise pas en soi la volonté de monsieur Erik Tegner de les exposer à une atteinte directe », estime la décision.

    « Quand des commentaires écrivent qu’il faut “les raser”, est-ce que monsieur Tegner ne se doutait pas que sa publication entraînerait cela ? » fait mine de s’interroger Me Léa Talrich, représentant le Syndicat des avocats de France. Et de pointer : « Ce n’est pas une réponse judiciaire que nous attendions, mais une réponse de l’état : des dispositifs doivent être mis en place pour nous protéger, nous ne pouvons pas être visés dans l’exercice de nos fonctions ! »

  • L’avenir de la presse progressiste en débat dans les Alpes-Maritimes.

    L’avenir de la presse progressiste en débat dans les Alpes-Maritimes.

    À l’occasion de la Fête de l’Humanité et des Libertés du Cannet dans les Alpes-Maritimes, un débat animé par Anne Manauthon, membre du conseil national du PCF, a réuni Bernard Lucchetti, directeur du Patriote Côte d’Azur, Léo Purguette, président et directeur éditorial de La Marseillaise et Emilien Urbach, journaliste à l’Humanité. Ce dernier a témoigné de son expérience de couverture de la flotille pour Gaza et dénoncé l’interdiction d’accès à l’enclave palestinienne faite aux journalistes. Bernard Lucchetti a alerté sur les difficultés à faire vivre un hebdomadaire progressiste dans les Alpes-Maritimes mais de la détermination qui anime son équipe. Quant à lui, Léo Purguette a cité Pierre Brandon, fondateur du Patriote et de La Marseillaise, décrit les progrès et la fragilité de notre journal et appelé les titres indépendants du pouvoir de l’argent à s’épauler les uns et les autres pour relever les défis du développement et de la pérennité.

  • Un bilan positif pour une année Cezanne « à la maison »

    Un bilan positif pour une année Cezanne « à la maison »

    Ce n’est qu’après l’exposition Cezanne remballée, ce dimanche donc, que les retombées économiques liées à l’événement culturel international pourront définitivement être tirées. Mais déjà, mardi dernier, lors d’une table ronde au programme d’une soirée de rencontres et débats organisée par le Crédit Agricole Alpes Provence, Michel Fraisset, directeur général de l’Office de tourisme d’Aix-en-Provence, a présenté les premiers résultats économiques de cet été cézannien. « Pour éviter le doigt mouillé, on a demandé à la chambre des commerces (CCI) de nous accompagner cette année avec différents partenaires dont la Région, avec le Comité régional du tourisme, pour mener une enquête d’étude d’impact et vérifier pourquoi les gens étaient venus à Aix cette année », présente Michel Fraisset. Les résultats pour cette exposition totalement « à la maison » (« in house » en jargon commercial), sont très positifs : 305 813 billets individuels ont été vendus pour l’exposition Cezanne au Jas de Bouffan au Musée Granet dont la vente a permis une recette de 4, 5 millions d’euros de vente directe.

    Budget « équilibré »

    « C’était l’amortissement qu’il fallait trouver pour pouvoir équilibrer le budget de l’exposition », souligne le directeur de l’Office de Tourisme. Aux résultats de la billetterie individuelle s’ajoutent les retombées des visites de groupe, les privatisations diverses, l’ensemble des visiteurs qui ont bénéficié de dispositifs privilégiés et les plus précaires qui ont pu, par le biais de partenariats accéder à l’exposition et aux sites. Victime de son succès, la Petite Galerie Cezanne repousse d’ailleurs sa date de clôture au 21 décembre. Lors du dernier conseil municipal, tenu vendredi dernier, Sophie Joissains, maire (UDI) de la Ville rapporte qu’au fonctionnement, les dépenses de 7 660 451 euros ont été amorties par 7 035 349 euros de recettes. « On avait prévu qu’il y aurait 3 millions de reste à charge. Il est aujourd’hui de 625 102 euros », se félicitait la maire. Au-delà d’un impact économique marquant, ce sont les retombées médiatiques qui ont été valorisées. « On en parlait partout. Ces retombées médiatiques, il y a des calculs spécifiques pour les estimer, précise Michel Fraisset. À ce jour elles sont estimées à 50 millions d’euros, et vont bénéficier pendant les deux ou trois années à venir à l’attractivité d’Aix-en-Provence ».

    Uniquement pour le premier article numérique du New York Times, ce sont 117 millions de lecteurs qui ont été enregistrés. Enfin, ce sont 120 nationalités qui se sont rendues à Aix, dont 63% des sondés ont fait le déplacement pour l’exposition Cezanne.

  • La Marseillaise: un nouveau siège signe d’un élan retrouvé

    La Marseillaise: un nouveau siège signe d’un élan retrouvé

    Ils étaient des centaines réunis lundi place de La Marseillaise, cours d’Estienne d’Orves, à avoir répondu l’invitation pour l’inauguration du nouveau siège du journal. Tous les amis du journal, de Nicolas le cuisinier du Mondial à Robert Voisard, un des anciens directeurs, en passant par d’anciens salariés, soutiens, représentants syndicaux et corps consulaires, venus fêter l’installation dans ces nouveaux locaux. Parmi eux, aussi de nombreux élus de divers horizons. Le signe d’une profonde reconnaissance. Tout au long de l’après-midi, les visites dans ces 1000 mètres carrés complètement remis à neuf se sont enchaînées.

    Une fierté, cinq ans après la reprise du journal à la barre du tribunal de commerce emporté par la crise Covid alors que les banques avaient refusé au journal un prêt garanti par l’État. Signe de temps, son premier représentant sur le territoire, le préfet Georges-François Leclerc est sorti de sa réserve pour venir prendre part à cette joyeuse cérémonie.

    « Liberté, nous avons écrit ton nom et ce soir nous recommençons. Car nous sommes nés pour te connaître, te nommer Liberté », lancera Léo Purguette, le directeur éditorial et président du journal, paraphrasant Paul Éluard avant d’adresser un message de devant les jeunes du collège Jean de Bernardy. La chorale et de l’orchestre de cet établissement marseillais rebaptisé depuis la rentrée du nom d’un des fondateurs du journal tombé au combat face à l’ennemi Nazi, a interprété un émouvant Chant des partisans, et une non moins émouvante Marseillaise, accompagnant la chanteuse Alicia.

    Et Léo Purguette de rappeler trois lignes rouges tracées il y a cinq ans : le maintien de l’emploi. « Nous étions 49 et nous sommes aujourd’hui plus de 60, 70 avec nos amis de Zébuline », glisse-t-il. Le maintien de la zone de diffusion étendue depuis au Vaucluse. Et le maintien enfin de la ligne éditoriale, une « ligne qui s’est aiguisée, affirmée et nous a permis de progresser. » martèle-t-il encore, évoquant une progression de 10 % des ventes en kiosques en 2024.

    Et de chuter sur la défense de la liberté de la presse et du pluralisme : « Ce n’est pas une préoccupation catégorielle mais un impératif démocratique dans une république qui va si mal. À la suite des états généraux de l’information et des démarches alternatives de nombreuses propositions sont sur la table elle devrait réunir une majorité attachée à l’état de droit et aux principes démocratiques avant que le débat public ne soit asphyxié par un paysage médiatique totalement soumis au pouvoir de l’argent et au projet politique de l’extrême droite ».

    ILS ONT DIT

    Audrey Garino, Adjointe PCF au maire de Marseille

    « Il y a près de 82 ans, des femmes et des hommes ont pris la plume, non pas pour plaire mais pour résister. Depuis La Marseillaise fait entendre la voix de Marseille libre, populaire et courageuse. »

    Isabelle Campagnola-Savon, Conseillère régionale

    « La Marseillaise est le miroir de notre région avec ses forces, ses faiblesses et ses espoirs. Un engagement qui dépasse les époques. C’est un journal né de la Résistance, qui a su traverser les décennies en restant fidèle à son esprit fondateur. »

    Martine Vassal, présidente DVD du Département.

    « C’est important d’avoir un journal qui retransmette ce que nous disons sans mauvaise interprétation avec de la vérité. C’est ce qui vous a transcendé au fil de ces années, dire les choses et les faire avec beaucoup de passion. »

    Jérémy Bacchi, sénateur PCF

    « La Marseillaise s’installe dans un nouveau monde, mais son âme reste la même, celle d’un journal libre, combatif, populaire, l’âme d’une presse qui n’a jamais renoncé à son engagement pour la justice et le progrès social. »

    Georges-François Leclerc, préfet de région

    « Un préfet qui arrive par la magie d’une nomination se doit d’épouser la région qu’il a l’honneur d’administrer. Et lorsque je lis La Marseillaise, j’ai l’impression de toucher une des vérités des Bouches-du-Rhône et de Marseille. »

  • Musée de la Navale : quand la mémoire ouvrière dérange

    Musée de la Navale : quand la mémoire ouvrière dérange

    « Depuis 36 ans, après avoir défendu les chantiers, puis ces travailleurs, puis sa mémoire, nous avons eu une seule promesse de musée en 2005, qui n’a jamais été tenue », rappelle pour commencer Lucien Conac, le président de l’Association pour le maintien des intérêts des anciens de la Navale à La Seyne (Amians). Un long combat au cours duquel ses bénévoles n’ont cessé d’être force de proposition. Comme en 2021, où l’Amians présente un projet de 300 mètres carrés dans le vaste espace libre de plus de 10 000 m² derrière le casino Joa. En dehors des moyens de la Ville, lui répond-on alors.

    « Sentant l’oubli venir nous avons voulu faire réagir et proposer en 2024 quelque chose d’incontestablement possible puisque déjà décidé par la municipalité en 2005 », reprend le responsable associatif. En l’espèce, la création d’un espace muséal ouvert à tous dans le local que l’association occupe actuellement au 2e étage de la porte principale des Chantiers, un des seuls vestiges témoins de cette histoire ouvrière encore debout.

    Rien de pharaonique. Puisqu’il s’agit d’abattre quelques cloisons pour dégager une salle d’exposition permanente de 70 m².

    L’ancienne maire LR Nathalie Bicais « laisse croire qu’elle accepte »… Mais rien n’est fait. Et celui qui tient les rênes de la ville depuis qu’elle a été empêchée, Jo Minniti (DVD), semble poursuivre cette longue période de procrastination.

    « Il nous a reçus le 27 juin et c’est ce jour-là qu’il nous a confirmé que les travaux étaient reportés aux grandes vacances 2026 », explique le président de l’Amians. D’où son incompréhension d’avoir récemment lu dans la presse celui-ci prétendre que c’était l’association qui était responsable de ce retard, l’accusant entre autres de bloquer l’ouverture du chantier.

    Pour un vrai un lieu de mémoire des chantiers

    L’association dément et nous montre le petit local dans lequel dès la fin des classes de la Navale les bénévoles ont transporté tout ce qu’ils souhaitaient conserver, afin de laisser place au chantier.

    Vraisemblablement c’est le stand tenu au forum des associations pour présenter le projet et continuer à faire signer la pétition, recevant le soutien de la population mais aussi d’élus et de candidats qui a provoqué la réaction du premier magistrat.

    Concernant la deuxième attaque portant sur la volonté soi-disant de l’Amians de ne pas partager l’espace, le président est encore plus clair. « Ce que nous voulons c’est un authentique lieu de mémoire pour raconter l’histoire de la construction navale seynoise, pas une maison des associations. »

    Et de préciser : « Nous sommes pour travailler avec tout le monde, toutes les associations, toutes les personnes qui ont autorité pour le faire sur la vie des chantiers. Mais pas n’importe comment. Il faut qu’il y ait un directeur qui soit désigné pour ses compétences et son engagement. »

    Le problème est peut-être beaucoup plus politique. Puisqu’il y a également une volonté de la Ville de modifier les classes de la Navale dans lesquelles les membres de l’Amians sont également engagés, révèle Lucien Conac. Et de poursuivre : « Lorsque nous avons pris contact avec l’inspectrice de l’Éducation nationale de l’époque, il était bien question, dans le programme d’histoire, d’apporter notre appui aux enseignants pour traiter l’histoire de la révolution industrielle à partir des réalités locales. » Or ce qui serait dans les tablettes c’est de s’orienter davantage sur la modification du paysage, s’insurge-t-il.

    Un sujet nettement moins subversif, c’est clair. Puisque cela permet d’évacuer l’histoire de la concentration de capitaux par les propriétaires des moyens de production. Mais aussi de toutes les luttes sociales menées par les travailleurs qui se sont battus pour une vie meilleure.

    « Et nous, si on parle des Trente glorieuses, c’est pareil. C’est parce que nous avons eu la chance de vivre une période où il y avait de grands syndicats puissants, bien organisés dans de grandes entreprises que nous avons réussi à avoir des progrès extraordinaires », conclut le président de l’Amians.

    C’est ça la mémoire ouvrière. Ça ouvre aussi des perspectives.

  • Le couple Macron-Merz parle d’une seule et même voix

    Le couple Macron-Merz parle d’une seule et même voix

    Dans un contexte international très tendu et avec un des deux gouvernements en sursis, le couple franco-allemand a tenu à montrer vendredi, au terme d’un Conseil des ministres commun qui s’est déroulé dans le salon de la résidence du préfet maritime, une image d’unité. Seul l’avenir nous dira, assez vite d’ailleurs, si elle n’était que de façade ou si la machine vient réellement de redémarrer.

    Pour booster cette image, la volonté exprimée a été celle de bâtir de concert une vingtaine de projets phares. Une stratégie présentée comme profitable, bien sûr, aux deux économies. Et cela autant au niveau de l’industrie, de la recherche que de la défense.

    En matière d’énergie, par exemple, il a été en mis en avant « une avancée majeure ». Avec pour ambition de « diminuer les coûts, garantir la sécurité d’approvisionnement et atteindre nos objectifs climatiques ».

    La paix à l’agenda

    Emmanuel Macron a également mis en avant, au cours de cette conférence de presse, les efforts pour « parvenir à une paix juste et durable » en Ukraine, au cœur de l’agenda commun.

    « Je le dis avec autant de force et de solidarité après ces derniers jours, où les attaques ont repris avec force et où, à nouveau, des civils ukrainiens ont été touchées », a-t-il insisté, pointant l’écart qu’il existe entre les positions prises, avec les autres dirigeants dans les sommets internationaux, par le Président Poutine et la réalité sur le terrain. Et de poursuivre, au cas où les engagements du président russe ne seraient pas tenus : « Nous continuerons d’exercer des pressions pour que des sanctions supplémentaires soient prises par nous-mêmes ainsi que par les États-Unis d’Amérique. »

    Concernant la situation au Proche-Orient, le chef de l’État a condamné « le désastre humain dans la bande de Gaza » qualifié d’« intolérable ». « L’état de famine qui a été déclaré par les Nations unies est très clairement le résultat du blocage de l’aide humanitaire », a-t-il souligné, en appelant en urgence à l’arrêt des combats et à l’ouverture des accès humanitaires et de l’aide aux populations civiles. Mais, aussi, à construire « un chemin de paix, un chemin politique de discussion avec toutes les parties ». Une solution politique, insiste-t-il, « pour une paix durable pour les Israéliens comme pour les Palestiniens ». Bien sûr dans le cadre d’une solution à deux états.

    Parmi les solutions à court terme, il a salué « la décision très courageuse du chancelier de cesser toute exportation d’armements susceptibles d’être utilisées à Gaza ».

    Au sujet des solutions « pour augmenter la compétitivité de l’Europe », ambition partagée par Emmanuel Macron et Friedrich Merz, les recettes apportées, sans surprise, reposent une nouvelle fois sur une baisse des charges pour les entreprises, ainsi que sur une « synchronisation de l’agenda économique et social », une notion encore floue dans ses applications concrètes.

    Pas de démission

    Interrogé sur la barre franchie des 3 millions de chômeurs en Allemagne, le chancelier a brandi le sempiternel remède libéral : « Il faut réformer le marché du travail ». Sur ce point aussi, les deux dirigeants parlent d’une même voix, au risque d’inquiéter les syndicats et les salariés des deux côtés du Rhin.

    Titillé sur la crise politique que traverse notre pays et sur la chute annoncée du gouvernement, le Président français a affirmé que, quoi qu’il advienne, il ne démissionnerait pas. Un mandat qu’il entend « exercer jusqu’à son terme ».

  • Le 100 % féminin de Provence revient

    Le 100 % féminin de Provence revient

    Le 100% féminin de Provence est de retour pour une deuxième édition. Un National triplette Top 1 000 féminin aura lieu le week-end des 6 et 7 septembre, en même temps que deux triplettes de niveau départemental.

    L’objectif est de promouvoir la pétanque féminine. Le directeur général de la Fédération française de pétanque et de jeu provençal (FFPJP), Xavier Grande, a souligné que « la pratique féminine fait partie du projet fédéral et des moyens lui sont donnés, notamment en termes de médiatisation ». Mais comme l’a rappelé Sabine Fara, « le milieu bouliste est un milieu assez macho ». L’ancienne vainqueure du Mondial La Marseillaise participera au concours cette année. Elle est heureuse de voir des tournois exclusivement féminins être organisés : « C’est une belle compétition. Ça met en avant les femmes dans le milieu. Et l’endroit est magique. »

    Gérard Poncié, l’organisateur du projet, est ravi de voir la progression de la pétanque chez les femmes. « Le sport féminin est agréable à regarder. Donc je me suis dit pourquoi pas organiser quelque chose pour valoriser la pratique féminine. Et je ne regrette pas du tout ce choix. »

    Le 100% féminin de Provence sera également l’occasion de soutenir la bonne cause. Les recettes de la tombola et de la buvette seront reversées à Point Rose, qui offre un accompagnement aux familles confrontées à la fin de vie et au deuil d’un enfant.

    Début du National triplettes Top 1 000 à 9h30. Finale
    le dimanche à 15h.

    Début des triplettes départementales le samedi
    à 14h30, le dimanche dès 9h. Renseignements
    : 06.88.09.10.09.