Tag: présidentielle

  • La distribution de la presse en quête de ruissellement

    La distribution de la presse en quête de ruissellement

    « Des aides, 22,5 millions d’euros tous les ans, sont prévues pour la distribution de la presse mais elles n’arrivent pas au distributeur de presse que nous sommes ! » Devant la direction régionale des Finances publiques à Marseille, ce mardi, Nicolas Guglielmacci, responsable transport de la CPMM dépeint une situation pour le moins ubuesque.

    Car depuis que les petites mains marseillaises de la distribution de la presse ont repris l’activité de l’entreprise Sad, ancienne filiale de la messagerie de presse Presstalis, via la coopérative CPMM, c’est une lutte quotidienne pour assurer le pluralisme dans la région. « Ça fait 5 ans, suite à la liquidation de Presstalis, que notre coopérative et ses salariés se relèvent les manches et distribuent de la presse dans les Bouches-du-Rhône, du Var et une partie du Vaucluse. Mais aujourd’hui, la situation de la filière ne permet plus à la coopérative de se projeter dans l’avenir », campe Jonathan di Ruocco, adjoint de direction à la CPMM.

    Une question de survie

    de la filière

    Cette fois, c’est par la case Trésor public que passent les travailleurs, avec la volonté de mettre l’État et ses services face à leurs responsabilités. « On ne demande pas de l’argent supplémentaire, on demande le bon fléchage des aides existantes. Les aides publiques à la distribution de la presse étaient de 18 millions en 2025, elles sont passées à 22,5 millions cette année mais on n’a toujours rien ! », dénonce Nicolas Guglielmacci. Avant que Jonathan di Ruocco abonde : « Elles sont censées aider les acteurs de la filière à supporter les surcoûts de la distribution, comme l’augmentation de l’essence et des coûts de l’énergie. »

    Problème : elles restent bloquées à l’étage du dessus dans la pyramide du ruissellement. « Elles sont données directement aux éditeurs de presse, qui contrôlent les messageries pour lesquelles nous sommes prestataires. Elles n’arrivent pas jusqu’à nous et ne servent pas l’outil de distribution », développe l’adjoint de direction.

    D’où le coup de pression à l’adresse des Finances publiques. Alors que le prochain budget de l’État arrive sous peu en débat au Parlement, il y a urgence pour les salariés de la CPMM. « Dans le nouveau budget, les aides à la presse doivent être fléchées clairement, il faut que les aides à la distribution arrivent bien jusqu’aux principaux concernés », martèle Nicolas Guglielmacci.

    Plus qu’une question de juste redistribution, c’est une question de survie économique pour la CPMM, maillon essentiel de la filière. « On ne peut pas répercuter l’augmentation des coûts : nos prix sont fixés par les éditeurs à travers les messageries. On a donc des coûts fixes mais on n’a aucune possibilité d’augmenter la rémunération », pointe Nicolas Gugliemacci.

    De là à mettre en danger toute une filière ? Rappelons que lors de la liquidation de la Sad, c’est toute une partie de la région qui avait été privée de distribution de presse pendant plusieurs mois. « Sans nous, il n’y a pas de système de distribution et les diffuseurs, comme les kiosques, ne seront pas distribués, ce qui est assez dangereux pour l’emploi mais aussi le pluralisme en année d’élection présidentielle », conclut le syndicaliste. À bon entendeur…

  • Carole Delga veut tourner la page du mépris macroniste

    Carole Delga veut tourner la page du mépris macroniste

    Village audois de 3 000 âmes, Bram, a accueilli pour la 6e année consécutive les Rencontres de la gauche voulues par Carole Delga, la présidente PS de la Région Occitanie, comme un point d’ancrage à une France rurale et populaire que la gauche peine à convaincre au plan national.

    Au premier rang pour l’écouter, trois candidats à la primaire sociale-démocrate : Raphaël Glucksmann (Place publique), qu’elle soutient, accompagné par Yannick Jadot (ex-EELV) mais aussi Jérôme Guedj (PS) et Emmanuel Maurel (GRS). Olivier Faure, son ennemi juré au sein du PS, et Ségolène Royal n’ont pas fait le déplacement.

    « Refus du fatalisme

    et du défaitisme »

    Depuis la tribune, devant un parterre de personnalités, c’est Martin Malvy, son prédécesseur à la présidence de la Région que Carole Delga choisit de saluer au nom de « la transmission en politique ». Dans le public, pas un seul drapeau du PS mais des drapeaux tricolores, européens et des bannières de la République en commun, son mouvement.

    « La République de l’attention et du partage doit redevenir notre destin commun », lance la présidente de Région, décidée à tourner la page de l’ère Macron. Tour à tour elle appelle ainsi à « mettre fin à cette fable du ruissellement », à « changer la manière de gouverner. Stop au narcissisme, au côté autoritaire et vertical » ou encore à réinvestir dans les services publics, « le patrimoine de ceux qui n’en ont pas ».

    Dans ce département de l’Aude où Marine Le Pen est venue faire campagne auprès des sinistrés de Pomas vendredi, Carole Delga ne retient pas ses coups contre le RN. « Luttons sans relâche contre les idées de l’extrême droite qui rêve de prendre sa revanche sur l’Histoire de ce pays. Parce qu’il y a eu la Résistance, l’extrême droite c’est le camp des perdants face à celui de la République et de la France », rappelle-t-elle tout en refusant de lui laisser ceux qui se « sentent loin de tout », ceux qui n’ont pas d’autre choix que de payer « 500 euros de carburant par mois ». Après la révélation de la vidéo d’un policier municipal de Carcassonne « membre de la garde rapprochée du RN », tenant des propos racistes, homophobes et sexistes, elle estime que le parti de Jean-Marie Le Pen n’a jamais changé.

    Laïque, opposée à l’abaya dans les lycées, Carole Delga condamne l’idée d’interdire le voile dans l’espace public. « Nous sommes la République française ! », s’exclame-t-elle ovationnée debout.

    La présidente de l’Occitanie revient ensuite sur son soutien à Fibre excellence qu’elle a demandé au gouvernement de nationaliser temporairement et cite en exemple le site de la Société aveyronnaise de métallurgie (SAM) près de Decazeville où « après plusieurs années de combat et de procédure » deux entreprises réembauchent. « On ne va pas refaire le sketch des masques », dénonce-t-elle en soulignant l’importance stratégique de la production de pâte à papier sur le sol national.

    Un monde si loin de celui de Raphaël Glucksmann

    Elle décrit son camp comme « indéfectiblement républicain » et lance : « On est une famille turbulente. On est le midi rouge ! » avant de livrer un réquisitoire contre le « fatalisme, le défaitisme ».

    Citant le poète communiste Paul Éluard « le soleil brille pour tout le monde, le bonheur est un droit et non un privilège » et la présidente socialiste mexicaine, Claudia Sheinbaum. : « Pour le bien de tous, les pauvres d’abord », Carole Delga insiste sur l’exigence de justice sociale et la nécessité de « produire de la fraternité ».

    C’est déjà l’heure du « fameux cassoulet bramais ». Raphaël Glucksmann, chaleureusement applaudi dans les travées, chemine dans un monde qui semble si loin du sien, lui l’eurodéputé qui a su convaincre parmi les habitants des métropoles et les CSP+. Le voilà prévenu à Bram : point de victoire possible sans « la gauche républicaine, populaire et ancrée dans le réel » que Carole Delga entend incarner à ses côtés.

    Bram (Aude), Léo Purguette

  • Carole Delga veut tourner la page du mépris macroniste

    Carole Delga veut tourner la page du mépris macroniste

    Village audois de 3000 âmes, Bram, a accueilli pour la 6e année consécutive les Rencontres de la gauche voulues par Carole Delga, la présidente PS de la Région Occitanie, comme un point d’ancrage à une France rurale et populaire que la gauche peine à convaincre au plan national.

    Au premier rang pour l’écouter, trois candidats à la primaire sociale-démocrate : Raphaël Glucksmann (Place publique), qu’elle soutient, accompagné par Yannick Jadot (ex-EELV) mais aussi Jérôme Guedj (PS) et Emmanuel Maurel (GRS). Olivier Faure, son ennemi juré au sein du PS et Ségolène Royal n’ont pas fait le déplacement.

    « Refus du fatalisme et du défaitisme »

    Depuis la tribune, devant un parterre de personnalités, c’est Martin Malvy, son prédécesseur à la présidence de la Région que Carole Delga choisit de saluer au nom de « la transmission en politique ».  Dans le public, pas un seul drapeau du PS mais des drapeaux tricolores, européens et des bannières de la République en commun, son mouvement.

    « La République de l’attention et du partage doit redevenir notre destin commun », lance la présidente de Région, décidée tourner la page de l’ère Macron. Tour à tour elle appelle ainsi à « mettre fin à cette fable du ruissellement », à « changer la manière de gouverner. Stop au narcissisme, au coté autoritaire et vertical » ou encore à réinvestir dans les services publics, « le patrimoine de ceux qui n’en ont pas ».

    Dans ce département de l’Aude où Marine Le Pen est venue faire campagne auprès des sinistrés de Pomas vendredi, Carole Delga ne retient pas ses coups contre le RN. « Luttons sans relâche contre les idées de l’extrême droite qui rêve de prendre sa revanche sur l’Histoire de ce pays. Parce qu’il y a eu la Résistance, l’extrême droite c’est le camp des perdants face à celui de la République et de la France », rappelle-t-elle tout en refusant de lui laisser ceux qui se « sentent loin de tout », ceux qui n’ont pas d’autre choix que de payer « 500 euros de carburant pas mois ». Après la révélation de la vidéo d’un policier municipal de Carcassonne « membre de la garde rapprochée du RN », tenant des propos racistes, homophobes et sexistes, elle estime que le parti de Jean-Marie Le Pen n’a jamais changé.

    Laïque, opposée à l’abaya dans les lycées, Carole Delga condamne l’idée d’interdire le voile dans l’espace public. « Nous sommes la République française ! », s’exclame-t-elle ovationnée debout.

    La présidente de l’Occitanie revient ensuite sur son soutien à Fibre excellence qu’elle a démandé au gouvernement de nationaliser temporairement et cite en exemple le site de la Société Aveyronnaise de Métallurgie (SAM) près de Decazeville où « après plusieurs années de combat et de procédure » deux entreprises réembauchent. « On ne va pas refaire le sketch des masques », dénonce-t-elle en soulignant l’importance stratégique de la production de pâte à papier sur le sol national.

    Un monde si loin de celui de Raphaël Glucksmann,

    Elle décrit son camp comme « indéfectiblement républicain » et lance : « On est une famille turbulente. On est le midi rouge ! » avant de livrer un réquisitoire contre le « fatalisme, le défaitisme ».

    Citant le poète communiste Paul Éluard « le soleil brille pour tout le monde, le bonheur est un droit et non un privilège » et la président socialiste mexicaine, Claudia Sheinbaum. : « Pour le bien de tous, les pauvres d’abord », Carole Delga insiste sur l’exigence de justice sociale et la nécessité de « produire de la fraternité ».

    C’est déjà l’heure du « fameux cassoulet bramais ». Raphaël Glucksmann, chaleureusement applaudi dans les travées, chemine dans un monde qui semble si loin du sien, lui l’eurodéputé qui a su convaincre parmi les habitants des métropoles et les CSP+. Le voilà prévenu à Bram : point de victoire possible sans « la gauche républicaine, populaire et ancrée dans le réel » que Carole Delga entend incarner à ses côtés.

  • [Rue de la République] Renaud Muselier : « A la Région, j’ai 16 députés RN. Je les connais. On ne peut pas leur filer les clés »

    [Rue de la République] Renaud Muselier : « A la Région, j’ai 16 députés RN. Je les connais. On ne peut pas leur filer les clés »

    Sénatoriales

    Didier Gesualdi : Nous voudrions d’abord vous interroger sur votre candidature aux sénatoriales au sujet de laquelle on a tout entendu.
    Peut-être parce que l’on n’a pas voulu m’écouter, m’entendre. Je me suis exprimé clairement au lendemain des municipales où ma majorité de la droite et du centre a gardé à peu près 45 communes données perdues dans la région au profit de l’extrême droite. On nous avait dit « vous allez perdre ! » Où ? On a perdu à Menton où c’était compliqué car nos élus étaient un peu tous en prison et l’arrivée de Monsieur Sarkozy fils était un peu tardive, à La Seyne où nous avions trois candidats et donc la division. On a perdu à Tarascon où notre candidat n’a pas voulu se représenter et Nice mais où c’est plus un combat Christian Estrosi et Éric Ciotti. Après cela, je pense que la mère des batailles va être la présidentielle et les législatives. On ne sait pas ce qui va se passer mais si on est au Sénat dans l’opposition face au RN, parce qu’on s’est tous divisés, on aura un lieu de combat républicain et démocratique qui fera un contre-pouvoir. Et donc je veux aller là-bas.

    Léo Purguette : Aux municipales droite et centre ont globalement avancé unis, en revanche, il y a quand même un éclatement des candidatures pour ces sénatoriales. Est-ce que vous en prenez votre part d’échec ?
    On va voir à la sortie. Je prends toujours ma part de responsabilité, j’ai essayé d’invoquer l’union, j’ai obtenu de la totalité des formations politiques de la droite et du centre le soutien de la majorité sénatoriale autour et derrière Gérard Larcher. Pour cette raison, j’ai reculé afin de permettre à Mme Devésa d’être première et Mme Boyer d’être troisième et j’ai eu les investitures. Je pensais que cela apaisait. Cela a apaisé un mois. Et au bout d’un mois, madame a dit « je ne veux pas ».

    Léo Purguette : Valérie Boyer soutenue par Bruno Retailleau, cela vous a surpris ?
    On a le soutien de la commission d’investiture présidée par M. Karoutchi par délégation de M. Retailleau. On a le soutien de la majorité sénatoriale présidée par M. Larcher, et on se retrouve dans un schéma où à titre personnel ils la soutiennent… Moi je suis issu de la Chiraquie, avec un chef qui décide… Je suis donc un peu surpris.

    Extrême droite

    Didier Gesualdi : On en est où de votre combat contre le RN ? Vous pensez que cela sera aussi flamboyant au Sénat ?
    Je souhaite aller au Sénat pour porter mon combat politique de toujours lors duquel vous n’avez jamais vu une porosité avec le RN. Je pense que ce n’est pas bon pour le pays, pour notre vie quotidienne, pour notre sécurité, notre environnement, pour nos finances. Je les ai en face de moi à la Région, 16 députés, on ne peut pas leur filer les clés.

    Léo Purguette : Celle qui vous fait face aux sénatoriales pour le RN, Marie-Pierre Callet, a pourtant été longtemps dans votre famille politique. Cela ne vous interroge pas ?
    Il ne faut pas oublier que Marie-Pierre Callet a eu des positions très anti-RN. Mais vraisemblablement, ayant fini battue 4 fois sur sa commune de Maussane, elle s’est dit qu’elle jetait tout à la poubelle et se présentait contre ses anciens amis.

    Léo Purguette : C’est la traduction d’un opportunisme ? Pas des limites idéologiques qui se brouillent ?
    Sûrement aussi pour certains mais… Ça a toujours été un problème à droite. Avec Chirac on avait tranché. Là, il y a des porosités sur les lignes… Si on va plus loin, au lendemain des municipales à Marseille où avec ma candidate on n’a pas brillé, Mme Pila voulait avec Mme Caradec se retirer au profit du RN et Mme Boyer faire une fusion technique. Là, il y a une porosité réelle. Dans mon équipe, aucune fusion, aucune porosité.

    Présidentielle

    Didier Gesualdi. Les grands électeurs et même simplement les citoyens sont un peu perdus. Droite, Macron… Votre cœur penche où ?
    Mon cœur était pour la droite et le centre et c’est comme cela que j’ai gagné. Je suis de la famille gaulliste, du RPR, fondateur de LR, de l’UMP et j’ai fait l’union de la droite et du centre pour gagner les élections régionales. Dans le cadre des présidentielles qui approchent, je dis il en faut qu’un pour notre camp. Sinon, on ne sera pas au second tour. Il faut le faire avant Noël.

    Didier Gesualdi : Ce « un », c’est Gabriel Attal ?
    C’est celui qui est le mieux placé et aujourd’hui ce n’est pas le mieux placé. Ce « un » c’est celui qui peut gagner. Donc, quel que soit celui qui soit en tête, que le mode de désignation permette de gagner au deuxième tour. Et quand vous regardez, même si c’est toujours relatif et qu’il faut faire attention aux sondages, aujourd’hui celui qui peut gagner c’est Édouard Philippe. On va voir d’ici décembre, la campagne va avancer… Mais mon calendrier est clair et mon discours toujours le même.

    Austérité

    Léo Purguette : On est en plein débat sur le budget de la nation, il se passe beaucoup à l’Assemblée nationale, mais le Sénat c’est la chambre des territoires. Beaucoup d’élus regrettent amèrement les contractions de budget qui leur sont imposées. Quelle sera votre position vis-à-vis de cette austérité ?
    Nous en Provence-Alpes-Côte d’Azur on a fait 220 millions d’euros d’économie, de rabot budgétaire, sur un budget de trois milliards. On a voté notre budget, on l’a appliqué… Mais aujourd’hui il y a une volonté d’État de baisser le taux de compensation de la TVA – TVA plus ou moins active sur les régions, le domaine de l’économie dépend de nous et ils veulent nous enlever la proactivité de cette TVA. Ce qui veut dire que nous qui sommes très dynamiques et avons un retour sur la TVA à cause du travail des entreprises, on veut nous le sucrer. Ce n’est pas acceptable.

    Jeux Olympiques

    Léo Purguette : Concernant les Jeux olympiques, M. Grospiron a quitté la présidence du Cojop. Ça fait plusieurs directeurs aussi qui sont soit fragilisés, soit mis à la porte. Qu’est-ce qu’il se passe ?
    Depuis maintenant le mois de juillet et juin, plus exactement, même au lendemain des municipales, je suis sur ma campagne sénatoriale et je suis donc moins au fait. On a un bureau exécutif qui aura lieu cette semaine. Je vais débloquer du temps pour, bien entendu, y participer.
    On a le DG maintenant, c’est clair. On va avoir le livreur, celui qui doit faire en sorte que ça puisse être livré en temps et en heure. On a le budget et on a le soutien du CIO. Ça, c’est clair.
    On a eu le départ de Nice au profit de Lyon, ce qui est une tristesse absolue et un désastre économique et financier pour la région, au profit d’Auvergne-Rhône-Alpes. Ça, c’est clair. Et là, j’ai cru comprendre qu’il y avait encore une difficulté importante avec le président, elle est traitée avec le maximum d’élégance, pour continuer ce beau championnat des Jeux olympiques.

    Léo Purguette : La cérémonie de clôture, est-ce que vous avez avancé ? Vous aviez évoqué deux pistes, le lac de Serre-Ponçon ou Marseille.
    Il faut quand même regretter Nice. La cérémonie de clôture, ça représente quoi ? Ça représente, dans une période de non-tourisme, tous les hôtels pleins, tous les restaurants pleins et une dimension mondiale de visibilité, plus les aménagements des territoires. Donc, une fois qu’on dit ça, on réalise ce qu’on vient de perdre. Sur la volonté, quand même du maire, M. Ciotti, qui a pris la décision, seul, de punir son propre territoire. Premier volet.
    Deuxième volet, j’essaie de trouver une solution. Dans les solutions, Embrun pose un problème d’accès, pas un problème de cadre. C’est-à-dire qu’en fait, la famille olympique est à Lyon. Et donc, comment on les amène de Lyon à Embrun ? Voilà, c’est complexe. Donc ça, je pense que ça ne va pas avancer.
    Il faut prendre la famille olympique comme on l’a fait pour Cortina et Milan, où on les a pris et on les a amenés pour la cérémonie de clôture, puis on les a ramenés, puisque pour la sécurité, ils dorment dans le même hôtel. Et donc, ça veut dire qu’on a une organisation à voir et que sur Marseille, j’essaie d’avancer. Le maire m’a donné son accord pour avancer là-dessus.

    Métropole

    Léo Purguette : Le nouveau président de la Métropole, Nicolas Isnard, a échoué d’une voix à baisser la dotation de solidarité aux communes. Quelle est votre analyse ? Cette Métropole a-t-elle encore un avenir ?
    L’assemblée métropolitaine n’a pu s’entendre sur le budget modificatif de l’institution pour l’année 2026. Cela pose un certain nombre de difficultés, puisque nous sommes en septembre.
    Les dysfonctionnements de cette institution ne datent pas d’hier, ils sont le fruit de sa création. Cela a des conséquences pour nos habitants, et avec eux tous les acteurs économiques, associatifs, sociaux, sportifs, culturels du territoire.
    Il en va donc de l’avenir de notre territoire de trouver une solution institutionnelle, durable et stable. La loi de la création de la Métropole Aix-Marseille Provence a été conçue au Sénat, elle sera modifiée par le Sénat. Nous nous y engageons, et ceci au plus tôt.

    Présidence de la région

    Didier Gesualdi : Votre favori pour vous succéder, si vous êtes élu, est toujours François de Canson ?
    François de Canson est un vice-président de la Région, il était tête de liste dans le Var, président du CRT. C’est un homme expérimenté, maire élu, il est réélu plusieurs fois. Je pense qu’il sera un très bon Président. Et puis je reste élu régional.

    Léo Purguette : Il se murmure qu’un de vos vice-présidents alpins pourrait y aller ?
    Non, je ne crois pas, je pense que je le saurais. Mon départ a un peu saisi tout le monde mais petit à petit, tout le monde intègre que la Région doit évoluer. Je veux garder mes dossiers à moi, les Bouches-du-Rhône, les JO… et après, il faut créer, fabriquer, il faut donner.

    La question des lecteurs

    Christine : Si vous n’êtes pas élu sénateur, resterez-vous à la Région ?
    Je resterai à la Région quoi qu’il arrive car j’ai annoncé que je passerai la main à la présidence, pas que je quitterai l’institution. Si je ne suis pas élu, c’est triste. Pas tellement pour moi, mais c’est-à-dire que mon expérience et mon savoir-faire ne pourront pas être utiles ou ne sont pas souhaités en national. Je l’entends, je ne souhaite pas que ça se passe comme ça. C’est la raison pour laquelle je fais campagne, parce qu’il n’y a jamais rien d’acquis, que j’ai confiance dans le résultat, et que quel que soit le résultat, de toute façon, ma décision, elle est prise. Je laisserai la présidence de la Région, mais je resterai au conseil régional. En fait, moi, vous savez comment je fais. Je fais exactement l’inverse de ce qu’on a fait pour moi. C’est-à-dire que j’aime bien fabriquer, transmettre, aider, globalement, tous ceux qui sont dans mes équipes, tous ceux qui sont autour de moi, tous ceux qui sont à la Région, ils ont tous bénéficié de cette technique d’apprentissage, de formation, de victoire. Et donc, voilà, même si la reconnaissance est rarement réelle en politique, j’estime que c’est mon devoir. J’ai 67 ans, je pense que c’est une forme de sagesse, malgré mon combat, mes combats permanents, qui font en sorte qu’aujourd’hui, un combat est à mener ailleurs, et qu’aujourd’hui, il faut aider les autres à grandir, à pousser, à gagner. C’est ma marque de fabrique.

  • [Entretien] Ian Brossat : « La gauche doit recréer une conscience de classe »

    [Entretien] Ian Brossat : « La gauche doit recréer une conscience de classe »

    La Marseillaise : La Fête de l’Humanité arrive ce week-end, l’occasion de lancer officiellement la campagne présidentielle de Fabien Roussel (PCF). Quels messages allez-vous porter ?

    Ian Brossat : D’abord, c’est une rentrée qui se fait dans un climat particulier avec une question du pouvoir d’achat qui revient de manière très puissante. Différents éléments y contribuent : l’explosion du prix des carburants, une inflation galopante, l’augmentation du prix de l’alimentation et des difficultés accrues pour le monde du travail. Tout ça sur fond de salaires qui stagnent et une rémunération du travail qui ne permet pas du tout de faire face à l’augmentation des prix. Ça, c’est sur le plan social. Sur le plan environnemental, nous sortons d’un été qui a été meurtrier avec des incendies monstrueux, qui ont ravagé l’équivalent de 4 fois la surface de Marseille. La canicule a fait 8 000 morts, ce qui est absolument considérable. C’est l’équivalent de ce qui s’est passé lors de la canicule de 2003. Tout ça mis bout à bout, avec une crise écologique et une crise sociale qui prennent une dimension très forte, appelle une rupture majeure en matière de politique publique. Il y a besoin de changements radicaux par rapport à ce qu’on a connu au cours des dix dernières années avec Macron. C’est ce que nous voulons porter avec la candidature de Fabien Roussel.

    La lutte contre l’extrême droite doit aussi être abordée ce week-end. Comment la combattre ?

    I.B. : Je dirais de deux manières. Premièrement, en dénonçant les impostures de l’extrême droite. L’extrême droite veut nous faire croire qu’elle propose des solutions à ceux qui n’arrivent pas aujourd’hui à boucler leur fin de mois. La réalité, c’est que le RN, dans les institutions où il siège, est l’ennemi des travailleurs. L’extrême droite vote main dans la main avec la macronie contre l’augmentation du SMIC, contre le rétablissement de l’impôt de solidarité sur la fortune, contre les prélèvements sur les milliardaires. En réalité, il y a une grande duplicité de l’extrême droite qui veut nous faire croire qu’elle est l’amie des travailleurs et qui, dans les institutions, se comporte en pur valet du capital. Ça, c’est la première chose. La deuxième, c’est que pour faire reculer l’extrême droite, il faut que la gauche redonne espoir et surtout qu’elle recrée de la conscience de classe. La réalité, c’est que – et ce sera le message que Fabien Roussel portera tout au long de la campagne – pour gagner le monde du travail, la classe travailleuse doit être unie, par-delà les différences de couleur de peau ou de religion. Ce qui doit nous unir, ce sont nos intérêts communs. Et pour faire triompher nos intérêts communs, il ne faut pas laisser s’installer le venin de la division, ce que l’extrême droite fait matin, midi et soir.

    La candidature de Fabien Roussel a été pointée par certains comme pouvant entraîner une division des voix à gauche.

    Que répondez-vous ?

    I.B. : Dans la Ve République, la gauche n’a jamais gagné avec un candidat unique au premier tour. Elle a eu un candidat unique à deux reprises, en 1965 et en 1974. Dans les deux cas, cela s’est traduit par un échec. Lorsque la gauche a gagné, elle a pu s’appuyer sur des candidats divers au premier tour qui lui ont assuré la victoire au second tour grâce à un total des voix de gauche plus conséquent. Notre candidature n’est pas là pour affaiblir la gauche ou pour concurrencer d’autres candidats de gauche. Elle vise à élargir le socle de la gauche et à faire en sorte qu’on soit plus fort au second tour, pour battre la droite et l’extrême droite. Ensuite, parmi les différents candidats de gauche qui se présentent, il y a des propositions différentes qui sont faites. Ça ne serait pas honnête de les passer sous silence et de faire semblant qu’on est d’accord sur tout. Prenons l’exemple très concret du nucléaire. Si nous voulons diminuer notre empreinte carbone, ce qui est fondamental, il faut diminuer nos importations et donc réindustrialiser notre pays. Or, pour développer une industrie propre, une industrie verte, il faut qu’on puisse s’appuyer sur des énergies décarbonées. C’est la raison pour laquelle nous sommes favorables à un mix énergétique nucléaire renouvelable. Nous sommes d’ailleurs le seul parti politique à gauche à défendre le nucléaire, non pas comme une obsession, mais simplement parce que c’est une condition indispensable pour réindustrialiser notre pays.

  • Vers une rentrée sociale de haute volée

    Vers une rentrée sociale de haute volée

    C’est le mouvement féministe qui va débuter les hostilités face au pouvoir en place avec le retour des rassemblements devant les tribunaux dès le 7 septembre. S’ensuivra une journée de grève et de manifestation concernant plusieurs secteurs sensibles : les travailleurs de la santé, des industries électriques et gazières, de l’enseignement supérieur avec le soutien des étudiants, le 15 septembre. Et le rythme
    va monter crescendo jusqu’à la fin du mois avec
    la date du 26 septembre dans le viseur. Avant une journée qui va faire office de point d’orgue avec
    un appel intersyndical dans la fonction publique
    et une grande manifestation des sapeurs-pompiers à Paris, le 29. Septembre s’annonce chaud !

    7 septembre

    Retour féministe devant les tribunaux

    La mobilisation pour avoir une loi-cadre contre les violences sexuelles et sexistes sur les femmes et les enfants a été suspendue pour l’été, le 7 juillet, on va donc reprendre dès ce 7 septembre », explique Annick Karsenty, présidente de Femmes solidaires Marseille.

    Un appel lancé par « l’ensemble des forces qui constituent la coalition ». Coalition qui rassemble 150 organisations et associations féministes à l’origine de la mobilisation devant les tribunaux notamment lancée suite à l’affaire Lyhanna. « On veut maintenir la pression et relancer la mobilisation au plus tôt ! C’est à partir de là que la loi peut être discutée au Parlement », développe la militante féministe. En clair, la coalition espère que la pression sur le terrain appuie ses revendications et permette ainsi qu’elles soient reprises par le Parlement. « On réclame 3 milliards d’euros par an, on propose 140 recommandations, la balle est dans le camp du gouvernement. Et vu les mobilisations qu’il y a eues entre le féminicide de Lyhanna et début juillet, le gouvernement a été obligé de nous entendre », insiste Annick Karsenty. D’où l’intérêt de poursuivre la mise sous pression.

    15 septembre

    Un mouvement électrique et une grève massive dans le secteur de l’énergie

    On s’attend à des taux de grévistes jamais vus dans le secteur. » Renaud Henry, secrétaire général de la CGT Énergie Marseille, est plus que confiant sur l’ampleur de la mobilisation à venir chez les travailleurs du secteur de l’énergie.

    L’intersyndicale (CGT, FO, CFE-CGC, CFDT…) des agents des industries électriques et gazières (IEG) appelle à une journée de grève ce 15 septembre et elle promet d’être suivie. « On fait face à une attaque généralisée, avec en ligne de mire la fin du «tarif agents« suite à un rapport de la Cour des comptes », explique le syndicaliste marseillais.

    Concrètement, le gouvernement veut rompre avec ce tarif préférentiel sur l’électricité et le gaz pour les travailleurs du secteur et prévoit tout un panel de mesures austéritaires pour les petites mains de l’énergie en France. « On est dans la poursuite de la doctrine de ce gouvernement : appauvrir les travailleurs et enrichir le capital », résume Renaud Henry. Autant dire que cela ne passe pas. Et cela passe encore moins lorsqu’on sait que cette même profession était déjà mobilisée pour des augmentations salariales, l’an dernier à la même époque.

    Leur mouvement avait lancé la riposte sociale de la CGT en 2025, les électriciens et gaziers sont donc bien partis pour redevenir la locomotive du monde du travail en 2026. « C’est insupportable pour les agents : l’année passée nous avons fait grève car notre grille de salaires débute en dessous du Smic et aujourd’hui on a la présidente de la Cour des comptes, Amélie de Montchalin, une ancienne ministre qui a participé aux 1 000 milliards de dettes qui vient donner des leçons à des travailleurs qui ont du mal à finir le mois. »

    De quoi surtout reposer dans le débat public la question du pouvoir d’achat et des augmentations salariales qui ne suivent pas l’inflation. « Cela fait 15 ans qu’on a des augmentations salariales entre 0,5% et 1,5%, voire 2% les grandes années où l’on faisait des grèves pour avoir un peu plus… Mais la Cour des comptes demande l’arrêt des augmentations pour le secteur », dénonce Renaud Henry. Preuve que la colère est réelle, ce sont les quatre organisations représentatives du secteur qui sont dans le coup. « Même les cadres poussent à la mobilisation », assure Renaud Henry. Avant de glisser : « La question de la reconduction de la grève se pose déjà. » Les agents comptent envoyer un message limpide au patronat et au gouvernement.

    15 septembre

    Étudiants, enseignement supérieur et santé dans la bataille

    Si ce sont les agents de l’énergie qui montent au créneau en premier lieu ce 15 septembre, ils sont loin d’être les seuls travailleurs à se mobiliser à cette date. Plusieurs autres fédérations de la CGT appellent à la grève le même jour, à l’instar de la Fédération nationale des industries chimiques (Fnic-CGT).

    Cette dernière entend pousser pour des augmentations salariales à la hauteur de l’inflation et s’opposer plus globalement au projet de budget austéritaire que prépare le gouvernement : « Sans riposte d’envergure, nous serons condamnés à vivre ou à revivre les heures les plus sombres de notre histoire sociale. » Même analyse pour la Fédération CGT de la santé et de l’action sociale qui dénonce les mesures à venir avec un appel à la grève également, qui concerne toutes les structures du secteur de la santé et du médico-social : « De nouvelles dégradations s’annoncent pour les budgets de l’État et de la Sécurité sociale : restriction d’accès aux soins, suppression de personnels, augmentation du reste à charge pour les patients… »

    Ajoutons à cela l’intersyndicale de l’enseignement supérieur (CGT, CFDT, Unsa, Solidaires…) qui prévoit aussi une large mobilisation, là encore contre le budget à venir. Les travailleurs de la recherche pourront aussi compter sur le soutien des étudiants puisque plusieurs organisations de jeunesse appellent aussi à la riposte. De quoi faire du 15 septembre un moment de convergence.

    26 septembre

    Culture, climat et paix au programme

    La CGT Spectacle et plusieurs organisations progressistes du monde de la culture, appellent à « une semaine d’actions à partir du 21 septembre avec comme point fort le 26 septembre » avec le mot d’ordre : « Organisons une rentrée sociale. »

    Au programme : toujours la défense des droits des intermittents notamment, avec en ligne de mire les négociations autour de l’assurance chômage. Mais aussi l’opposition aux baisses de dotations des collectivités locales qui impliquent une baisse des subventions pour les structures artistiques. Ce timing tombe à pic puisque deux dates encadrent cette semaine d’actions. Dont le 21 septembre qui marque la journée mondiale pour la paix. « Il va y avoir une série d’initiatives dans plusieurs villes. On réfléchit à un rassemblement à Istres où se trouvent des armes nucléaires », explique Michel Dolot, pour le Mouvement de la paix des Bouches-du-Rhône. Son organisation a aussi dans le viseur son congrès national à Port-de-Bouc, en octobre.

    Et le 26 septembre s’annonce aussi comme un temps fort avec l’organisation de « marches pour le climat, la paix et les solidarités » dans plus de 50 villes en France.

    29 septembre

    La fonction publique contre le budget

    La date du 29 septembre s’annonce comme l’autre temps fort de cette rentrée sociale avec un appel à la grève de l’intersyndicale de la fonction publique au complet (CGT, FSU, FO, Unsa, Solidaires, CFDT et syndicats autonomes). « Les agents de la fonction publique que nous représentons ont toutes les raisons de se mettre en grève et de pouvoir exiger justement un autre budget puisque le lendemain le 30, Sébastien Lecornu fera ses annonces budgétaires », explique Virginie Akliouat, secrétaire de la FSU 13. Des manifestations vont avoir lieu dans plusieurs villes de la région Sud avec toujours l’objectif de faire plier le gouvernement. « Cette mobilisation est là pour influer sur les arbitrages qui vont être rendus et peser sur le débat qui va s’ouvrir pour obtenir un nouveau budget », développe la syndicaliste.

    Outre la large unité syndicale sur le sujet, qui englobe d’ailleurs les trois pans de la fonction publique, plusieurs organisations de la CGT entendent faire convergence avec les fonctionnaires, comme l’Union syndicale des retraités CGT des Bouches-du-Rhône. Cette dernière relaie la dernière communication du Comité confédéral national (CCN) de la CGT, l’une des instances décisionnaires de la centrale syndicale : « Rejoignons-les et faisons du 29 septembre une grande journée de grèves et de manifestations pour les services publics et l’augmentation des salaires. »

    Une manière d’enfoncer le clou après le 15 septembre et peut-être de préparer de nouvelles dates de mobilisations interprofessionnelles en octobre ? En tout cas, tous les mouvements sociaux de septembre s’accordent sur un fil rouge : l’opposition au budget austéritaire en préparation.

    29 septembre

    Les pompiers montent à Paris

    Plus qu’un symbole, l’ensemble des syndicats de pompiers appelle à une manifestation à la capitale ce 29 septembre après un été plus que rude pour leur profession. « Il va y avoir du monde à Paris, des sapeurs-pompiers de toute la France et des personnels administratifs », assure Laurent Guilloteau, pour la CGT Sdis et pompier des Bouches-du-Rhône. Pour faire monter la pression en amont, l’intersyndicale a justement déposé un préavis de grève dès le 8 septembre jusqu’au 20 octobre.

    Et aussi

    8 septembre. Grève dans les librairies à l’appel de la CGT et SUD de la profession à l’occasion de négociations dans le secteur sur les salaires.

    10 septembre. Marylise Léon, la secrétaire générale de la CFDT va être dans le Var, le 10 septembre. Une visite pour préparer les élections professionnelles dans la fonction publique mais pas uniquement puisqu’un passage à l’arsenal de Toulon est aussi au programme.

    7 au 11 septembre. La Confédération nationale des buralistes annonce des mobilisations du 7 au 11 septembre avec un rendez-vous à Salon-de-Provence, le 9 septembre.

    15 septembre. Le secrétaire général de Force ouvrière, Frédéric Souillot, sera à Marseille, ce 15 septembre, pour un meeting de rentrée de l’Union départementale FO des Bouches-du-Rhône.

    20 septembre. Manifestations prévues dans plusieurs villes contre la loi dites du « permis de tuer ».

    28 septembre. De nombreuses associations féministes appellent à la mobilisation dans le cadre de la journée mondiale pour le droit à l’avortement.

  • [Entretien] Patrick Mennucci : « Si c’est Mélenchon face à Le Pen, on est sûr de perdre »

    [Entretien] Patrick Mennucci : « Si c’est Mélenchon face à Le Pen, on est sûr de perdre »

    La Marseillaise : Qu’est-ce qui a convaincu le PS de vous confier cette mission et pourquoi l’accepter ?

    Patrick Mennucci : Je n’étais demandeur de rien et ce consensus s’est opéré, sans doute parce que j’ai cette forme de neutralité car je n’ai pas choisi de candidat et que j’entretiens les bonnes relations avec tous. Peut-être aussi le respect lié à mon âge et le fait aussi que je ne suis plus demandeur de mandat ou de désignation. Après, moi j’ai toujours essayé d’aider le PS et je ne peux pas me défiler quand on me demande de contribuer à remettre la gauche de gouvernement sur les rails.

    Quel sera votre rôle ?

    P. M. : Surtout de coordination. L’important, c’est que la primaire tourne autour des sujets qui intéressent les Français et que les candidats veulent mettre en avant. Mon rôle sera de favoriser le débat de fond et régler avec les membres de la commission ces bisbilles qui surgissent toujours dans une élection.

    Quel est le principal objectif ?

    P. M. : Que le scrutin se passe bien, mais avec le vote sur plateforme numérique*, on a moins de problèmes qu’avec des bureaux de vote. Et puis on a élargi la plage de vote à deux jours pour que si quelqu’un a des difficultés lors du vote, il ait le temps d’appeler la hotline. De ce point de vue, tout a été fait pour que la transparence soit totale et que le candidat ou la candidate désignée soit reconnue par tous, de manière incontestable. Après, si j’ai peu de choses à faire, c’est bon signe. Un des enjeux sera aussi l’éventualité d’un second tour. On s’y prépare du point de vue des adhésions puisqu’il sera possible de payer pour voter juste au 2nd tour.

    Craignez-vous la participation ?

    P. M. : Non, c’est un vote interne au PS, à Place publique et GRS puisque leurs militants ont un droit de vote « gratuit ». Ceux qui veulent adhérer à ces partis ont jusqu’au 6 octobre pour obtenir le droit de voter. Puis à côté, on a une association de financement qui permet de voter en payant sans être adhérent. Des citoyens sans-parti… une vieille expression du communisme municipal.

    Cette primaire peut-elle signer un renouveau du Parti socialiste ?

    P. M. : Le HuffPost a sorti un sondage qui dit que la primaire est plébiscitée. 59% des Français de gauche trouvent ça très bien et 23% disent vouloir y participer. Et les Français de droite disent vouloir faire la même chose. La primaire va mettre en avant des positions de la gauche de gouvernement.

    François Hollande dit qu’une primaire divise et n’y participe pas. C’est contradictoire.

    P. M. : François Hollande, qui est un ami, a dit qu’il participerait en étant électeur. On focalise beaucoup, mais c’est d’abord un homme de parti attaché aux règles. Il n’a pas souhaité participer, j’ai essayé de le convaincre, pour des raisons qui lui sont propres. Mais il aura à un moment la nécessité, comme Bernard Cazeneuve, d’aller vers le candidat choisi. J’ai confiance, c’est un homme qui ne fait pas n’importe quoi et sait prendre les bonnes décisions.

    Le PS peut-il exercer un leadership sur la gauche avec cette primaire ?

    P. M. : Déjà, il n’y a pas que le PS dans cette primaire. Mais l’espace politique qui y participe est celui qui doit, si on veut gagner la présidentielle, dominer la gauche. Si c’est Jean-Luc Mélenchon face à Marine Le Pen, on est sûr de perdre. Cet enjeu redouble l’intérêt de cette primaire, qui permettra aussi aux candidats de s’expliquer et se révéler.

    Le vainqueur de cette primaire social-démocrate aura la légitimité pour parler à toute la gauche ?

    P. M. : La primaire sert aussi à préparer l’unification de notre famille politique. La gauche de toute façon est divisée. L’important, c’est que le camp de la social-démocratie et du socialisme soit capable de dominer cet espace pour s’adresser aux Français au 2nd tour. Notre candidat parlera au nom des partis qui ont fait la primaire, après, il n’est pas interdit de discuter avec d’autres, les Verts, le parti communiste, le Parti radical de gauche, de leur soutien sur un accord législatif.

    Un mot sur la gauche marseillaise ?

    P. M. : Je suis ravi de la victoire de Benoît Payan et j’aimerais que le Parti socialiste retrouve une visibilité à Marseille, où la gauche de gouvernement porte avec force ses valeurs et tient à distance les élucubrations mélenchonistes. Je me félicite aussi de la liste sénatoriale et de la probable élection de Marie-Arlette Carlotti. Entretien réalisé par Christophe Casanova

    * participer.choisir2027.fr

  • Le patronat local inquiet pour 2027 et la ligne haute tension

    Le patronat local inquiet pour 2027 et la ligne haute tension

    Si Jean-Christophe Amarantinis n’est à la tête de l’Union pour les Entreprises des Bouches-du-Rhône (UPE 13) « que depuis 3 mois », il a déjà bien pris le pouls de l’organisation patronale. « Ma marque de fabrique, c’est le collectif », campe le chef d’entreprise lors de son premier point presse, à Marseille ce jeudi. Voilà pour la présentation convenue, place au fond. Lequel est forcément marqué par les élections à venir. « Le message qui ressort systématiquement, c’est une inquiétude extrême sur le futur. Les échéances électorales font que les entrepreneurs n’ont pas envie d’investir, n’arrivent pas à se projeter. Ils sont angoissés face à une incertitude permanente, ce qui freine les investissements », explique-t-il.

    Il s’appuie notamment sur les retours de ses homologues lors de la Rencontre des entrepreneurs de France (REF), équivalent de l’université d’été du Medef, où ont débattu les candidats à l’élection présidentielle. Concrètement, Jean-Christophe Amarantinis prévient : « Les sondages sont unanimes : au 2nd tour, il y aura deux extrêmes. Et quand on est chef d’entreprise, les extrêmes, ce n’est pas bon. Que ça soit l’un ou l’autre, dans tous les cas, ce n’est pas positif pour nous. » En renvoyant au passage la France Insoumise et le parti d’extrême droite Rassemblement national dos à dos… « Les finances vont déjà très mal, il y a une incertitude depuis 2 ans et la dissolution. Quel que ce soit celui qui prenne les commandes, on est dans un corner avec cette dette qui est tellement haute, l’État est limite en faillite », martèle-t-il. Côté propositions, Jean-Christophe Amarantinis n’innove pas et déroule le discours habituel du grand patronat : flexibilisation du droit du travail, réduction de l’écart entre le salaire brut et net, coupes « dans le train de vie » des collectivités et autres administrations de l’État…

    « Les entreprises ne sont pas des philanthropes »

    Mais ce sont plusieurs dossiers locaux qui préoccupent le patron des patrons locaux. Et en premier lieu, celui de la fameuse ligne Très Haute Tension et ses 400 000 volts qui doit relier le Gard et Fos-sur-Mer, avec la promesse de la décarbonation des industries de l’Étang de Berre. « S’il y a un dossier prioritaire, c’est cette ligne. L’État ne s’est pas engagé clairement, à l’heure où on se parle, il n’y a rien de sanctuarisé. Il est essentiel qu’il y ait des engagements irrévocables. On va même monter à Matignon s’il faut ! », lance-t-il. Avant de se montrer plus offensif : « On est très inquiets : hormis des belles paroles, il n’y a rien. Il ne faut pas que l’État utilise tous les stratagèmes pour reporter cette décision. On va se battre pour obtenir gain de cause. » Quid des projets industriels qui étaient conditionnés à la mise en place de cette ligne ? « Malheureusement, les entreprises ne sont pas des philanthropes. On n’investit pas à perte. » Heureusement, l’État lui est philanthrope.

  • Les communistes tournés vers une année présidentielle

    Les communistes tournés vers une année présidentielle

    Face aux militants rassemblés ce jeudi soir, à la Maison des communistes, dans le 15e arrondissement de Marseille, Natacha Malet, membre de la direction départementale et nationale du PCF, le répète : « Nous sommes tous dans une volonté de conquête, dans une volonté de nous mettre en action pour mettre fin à dix ans de macronisme destructeur. » En ce mois de septembre, face à un calendrier de mobilisations déjà bien fourni et à la veille d’une année d’élection présidentielle, l’assemblée de rentrée de la fédération du PCF dans les Bouches-du-Rhône prenait un sens particulier.

    Après les vacances estivales, « nous sommes tous conscients des inégalités face au véritable droit aux congés, à ces millions d’enfants qui ne partent pas en vacances », soulignait la cheminote. Un droit entamé par la cherté de la vie, d’autant plus dans un département où la pauvreté touche 18,5% de la population – bien plus que la moyenne nationale – et concerne plus de 200 000 Marseillais. « Sans nul doute, nombreux sont les patrons qui aimeraient voir disparaître cette conquête sociale », pointe-t-elle. Pourtant, alors même que 46% des étudiants se privent de repas, les moyens ne manquent pas, explique la responsable politique. « La commission d’enquête parlementaire menée par le sénateur communiste Fabien Gay mettait en avant la niche fiscale dont bénéficie le groupe CMA-CGM, plus de 5 milliards d’euros. Cela prouve une fois de plus que nous pourrions mettre les plus grandes fortunes à contribution », défend Natacha Malet.

    Mobilisations sociales

    Face à la « boule puante » lancée sur le salaire des enseignants, « une manipulation politique d’une bassesse incroyable », elle alerte sur la réalité des rémunérations basses, des difficultés de la rentrée. « Quels constats faisons-nous ? Manque de classes, de professeurs, d’AESH, des écoles qui sont de vrais fours en période de canicule. » Et de refuser l’épouvantail de la dette dressé au moment où sont entamées les discussions budgétaires. « On devrait accepter le gel des salaires, des pensions, du point d’indice, pour préserver l’intérêt des plus riches, leur permettre de poursuivre l’assèchement des richesses de la planète ? », interpelle la responsable politique. En insistant sur les moyens nécessaires, d’autant plus face aux évènements climatiques extrêmes de l’été. « L’inaction a un prix, ceux qui le payent sont ceux qui travaillent dehors, ceux qui vivent dans des passoires thermiques », accuse-t-elle en rappelant le plan climat proposé par le PCF, conjugué à un pacte d’avenir de 500 milliards d’euros sur cinq ans pour financer une transition juste. Et de s’en prendre aux discours libéraux : « Ceux qui disent vouloir réindustrialiser la France ne sont même pas capables de protéger l’industrie qui existe ! » Elle prend l’exemple de la fermeture de Fibre Excellence à Tarascon, qui conduit à des risques environnementaux, et salue les mobilisations des salariés de Haribo pour leur salaire, de la centrale de Gardanne pour l’avenir du site : « L’action politique n’est rien sans la pression exercée par les travailleurs ».

    Alors elle dénonce la banalisation des discours de l’extrême droite, « qui prospèrent sur la colère sociale, mais la retournent contre les travailleurs eux-mêmes », et énumère les mobilisations annoncées en septembre. « Les communistes ne désertent aucun terrain, qu’il soit local ou au-delà de nos frontières. C’est dans cet esprit que la candidature de Fabien Roussel a été validée lors de notre dernier congrès », appuie Natacha Malet. En appelant les militants à se prononcer dans leurs sections, d’ici à dimanche soir.

    LES MILITANTS MOBILISÉS

    Hugo Honde, portuaire

    « Nous devons mobiliser les travailleurs sur les questions de l’emploi et de l’industrie, défendre les salaires. Nous sommes à la veille d’une élection présidentielle où il est important d’élever le rapport de force face aux enjeux futurs, d’autant plus dans un département de moins en moins industrialisé. »

    Ghislaine Cotelle, retraitée

    « On entend beaucoup parler de réarmement, mais face à des répartitions de budget inégales, c’est sur l’éducation, la santé, la petite enfance que nous devons mettre des moyens. Nous avons besoin de plus de justice sociale et de moins de guerre, et pour cela, il faut nous renforcer, faire entendre notre parole. »

    Patrick Magro, retraité

    « Ce n’est plus le moment d’opposer le social et l’écologie. Nous avons vécu un moment de bascule cet été, je me demande comment il est possible de rester climatosceptique. Mais 80% des efforts dépendent des grandes décisions politiques, la première restant la paix dans le monde. »

    Chloé Barbey, lycéenne

    « Les lycées doivent se mobiliser. Nous avons été fouillés à la rentrée, même les policiers ne voulaient pas être là ! Nous serons présents le 29 septembre pour soutenir nos professeurs, mais aussi toute la fonction publique. Et nous voulons lutter contre Parcoursup et le manque de sécurité des stages. »

  • Marseille se souvient de sa Libération, 82 ans après

    Marseille se souvient de sa Libération, 82 ans après

    Vives émotions et souvenirs poignants, ce dimanche matin au pied de l’emblématique char Jeanne d’Arc, sur la place du Colonel Edon à Marseille, pour la commémoration du 82e anniversaire de la Libération de la ville.

    Anciens combattants de l’armée française, jeunes porteurs de drapeaux, cadets des marins-pompiers, élus municipaux, sénateurs, députés ou encore représentants de l’État ont tous rendu hommage « aux courageux libérateurs de Marseille ». Le Chant des partisans comme la Marseillaise ont accompagné les dépôts de gerbes devant le véhicule blindé qui symbolise les sacrifices des différents régiments de tirailleurs algériens, des tabors marocains et des forces de la Résistance pour la Libération du joug nazi.

    Avant une lecture de l’historique des combats pour libérer la ville par Elyah Étienne, élève de l’école des porte-drapeaux de Marseille. Une manière de se replonger dans la journée du 28 août 1944. « C’est important d’être là pour rappeler ce qu’a coûté la Libération de la ville et du pays », insiste Anthony Gonçalves, adjoint communiste au maire de Marseille en charge de la santé.

    « Une résonance particulière »

    Il dénonce surtout la présence de plusieurs élus du Rassemblement national à la cérémonie : « On ne doit pas s’habituer à la présence d’élus d’un parti qui a été fondé par les héritiers de ceux qui ont été battus ce jour-là. Ils ne sont pas et ne seront jamais les bienvenus dans ces cérémonies. »

    Avant de conclure sur le caractère inhabituel de cette commémoration au regard de l’élection présidentielle à venir : « Plus que jamais, cette cérémonie a une résonance particulière. On ne peut pas s’empêcher de penser à la prochaine échéance électorale », avec une extrême droite en embuscade, et encore un combat de haute lutte à mener.