Tag: présidentielle

  • Le PS fait sa rentrée à Blois, la primaire dans le viseur

    Le PS fait sa rentrée à Blois, la primaire dans le viseur

    C’est la rentrée pour le Parti socialiste. Cadres, élus et militants se retrouvent à Blois, pour le CamPuS, université d’été du parti à la rose. À huit mois de l’élection présidentielle, celle-ci est dans toutes les têtes à mesure que les candidats à la primaire du pôle social-démocrate se dévoilent. Le scrutin, prévu les 9-10 et 16-17 octobre, a déjà son favori : Raphaël Glucksmann. L’eurodéputé et leader de Place Publique enchaîne les apparitions médiatiques et les ralliements à l’aile droite du PS. De Carole Delga, la présidente de la région Occitanie aux maires de Rouen et de Montpellier, Nicolas Mayer-Rossignol et Michaël Delafosse, des opposants revendiqués à la direction actuelle du parti. De même que le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Boris Vallaud : « il est le choix de la victoire, à la condition que cette victoire soit préparée par un projet commun, un contrat de législature, une équipe et une majorité capables de gouverner durablement. Comme militant, comme socialiste, comme responsable d’un courant qui aspire à unir les idées et les êtres », justifie le député des Landes dans une tribune.

    À ce stade, les autres candidats déclarés à cette primaire sont les députés Philippe Brun et Jérôme Guedj et l’ancienne candidate à l’élection présidentielle de 2007 Ségolène Royal. La Gauche républicaine et socialiste (GRS), représentée par l’un de ses fondateurs Emmanuel Maurel, participera également à ce scrutin. Si le maire de Saint-Ouen s’est déclaré candidat à la présidence, il n’entend pas passer par la case primaire. Même son de cloche pour François Hollande, qui s’estime au-dessus de la mêlée : « il se trouve que je suis un ancien président. Je m’adresse peut-être plus largement. Je considère que pour cette élection, il va falloir aller au-delà des formations politiques. Il faut chercher l’union, une union avec les électrices et les électeurs », dit-il.

    Faure veut l’union avec

    les écolos, tiraillés

    La candidature du Premier secrétaire du parti Olivier Faure fait peu de doutes. Il a jusqu’au 15 septembre pour se déclarer. Vendredi, il s’est présenté à Blois entouré de ses soutiens, parmi lesquels la maire de Nantes Johanna Rolland, le président de Seine-Saint-Denis Stéphane Troussel, la députée Dieynaba Diop et l’eurodéputé Pierre Jouvet, pour ne citer qu’eux. « Le Parti socialiste a quelque chose à dire dans cette élection présidentielle, nous allons être la surprise », veut croire le chef des Roses. Ce dernier pousse toujours pour un rassemblement. «Il n’y a pas de victoire possible sans les Écologistes. Il n’y a pas demain de majorité possible sans les Écologistes. C’est vrai à l’échelle locale et nationale. Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour qu’on puisse se retrouver et se rassembler », martèle Olivier Faure, arrivé au CamPuS, avec la députée écologiste Léa Balage El Mariky et la cheffe du groupe à l’Assemblée nationale Cyrielle Chatelain. Cette dernière a par ailleurs fait une apparition très remarquée la semaine passée aux Amfis, université d’été de LFI, aux côtés du leader du mouvement Jean-Luc Mélenchon. Quand le sénateur et ex-candidat à l’Élysée Yannick Jadot a apporté son soutien au patron de Place Publique. Les écolos sont, une nouvelle fois, tiraillés entre deux camps. Les huit mois qui suivent diront s’ils peuvent changer la donne.

  • [Entretien] Daniel Bretonès, CGT : « L’industrie est menacée par la crise et la financiarisation »

    [Entretien] Daniel Bretonès, CGT : « L’industrie est menacée par la crise et la financiarisation »

    La Marseillaise : La rentrée sociale va être dense. Quelles sont les dates à ne pas manquer ?

    D.B. : Il va y avoir pas mal de journées d’action : le 15 septembre dans la santé et l’énergie, puis le 29 septembre dans la fonction publique. Dans notre périmètre, on a l’industrie qui est menacée par la crise mais aussi par la financiarisation. Avec la Fédération de la Chimie et la Ville, on organise des assises de l’industrie à Martigues le 1er octobre, parce que Kem One est très menacé.

    Quelle est la problématique ?

    D.B. : C’est une entreprise qui est en difficultés financières seulement à cause de son montage financier. C’est une LBO, donc un système où l’entreprise qui reprend fait payer le crédit qu’elle a elle-même engendré par le site lui-même. Kem One a été rachetée en 2021 par le fonds de pension américain Apollo quasiment sans dette. Pourtant, on parle aujourd’hui de 700 millions d’euros de dette, et ce sont les salariés qui remboursent. Kem One fait plus de 60 millions de bénéfices mais a un budget de fonctionnement (hors salaire et maintenance) qui est au-delà de ce qu’elle gagne. C’est une gestion purement financière de l’économie. La LBO mise en place par Maastricht sert juste à engraisser la finance et à détruire notre industrie.

    Aujourd’hui on craint une revente de Monarch Alternative Capital, qui a pris le contrôle de l’entreprise en juin après qu’Apollo lui a cédé. Le groupe Apollo accepte de s’asseoir sur une partie de la dette, mais demande à l’État de compenser. Il y a une menace sur l’emploi, il y a quand même plus de 1 300 salariés concernés. C’est un groupe qui a un impact important sur la France et qui est primordial pour l’industrie. Il fait du PVC, du chlore et de la soude, qui est utilisée dans les centrales nucléaires et dont la production doit être locale parce qu’elle ne peut pas être transportée. Si Kem One tombe, aucun acteur en France ne sera capable de prendre le relais. C’est aussi un des premiers clients de Naphta Chimie, de LyondellBasel à Berre…

    Pour nous, il y a urgence de dénoncer ce genre de choses mais aussi proposer des solutions comme la nationalisation, ou un principe qui permet à l’État de devenir actionnaire quand il met de l’argent. Quand Kem One était en redressement, l’État a investi 300 millions d’euros. Aujourd’hui, il aurait pu être gestionnaire de cette boîte.

    Quel regard portez-vous sur
    la décarbonation après que
    le Carbon, qui était présenté comme l’une des locomotives,
    a finalement été abandonné ?

    D.B. : On met la lumière sur des projets qui n’arrivent jamais. Tout tombe à l’eau pour la simple et bonne raison que l’État français est créditeur et dépendant des banques. À l’époque, on empruntait à la banque de France avec un taux d’intérêt de 0, donc on ne payait pas de dette. Aujourd’hui, si on veut une vraie planification écologique ou industrielle, il faut sortir de la loi Pompidou-Giscard-Rothschild de 1973.

    Comment va se poursuivre la lutte pour le redimensionnement de l’hôpital ?

    D.B. : On est très inquiets, avec toutes les maladies professionnelles et les expositions, de savoir l’état de l’hôpital de Martigues. On se dit qu’en cas d’incident majeur, il n’y aura pas de service de santé puisqu’on est même pas capables de gérer des épidémies saisonnières. Les soignants sont maltraités par l’État, par leur direction, qui leur demande de travailler plus pour compenser le manque de personnel, mais aussi par les patients, qui sont en colère. Et puis, on a un gros souci au niveau du respect du droit de grève, avec des soignants qui sont systématiquement assignés. On a déjà interpellé la direction, les salariés en ont marre, ils peuvent même plus s’exprimer. Jeudi prochain il y aura une assemblée générale pour coordonner des journées de grève, mais aussi pour interpeller la population, parce que c’est notre hôpital à tous en tant que citoyens. C’est un bien commun.

    La campagne pour l’élection présidentielle va aussi rythmer l’année. Comment préparez-vous cette échéance ?

    D.B. : On a une réflexion pour rentrer dans une campagne contre les idées d’extrême droite, que même les politiques libéraux récupèrent. Pour nous, le gros combat à mener c’est de faire comprendre que le RN ne s’attaque pas qu’aux étrangers mais aussi aux personnes handicapées, aux services publics, à l’écologie, aux salariés… Les premières lois que passe l’extrême droite au pouvoir c’est pour réformer le droit du travail pour asservir les travailleurs. Parce que l’extrême droite travaille pour le grand capital.

  • Le Medef invite Roussel et Lisnard à débattre

    Le Medef invite Roussel et Lisnard à débattre

    C’est sur le court Philippe-Chatrier que les deux hommes politiques aux visions radicalement opposées échangeront. Le Medef organise lors de son université d’été, la Rencontre des Entrepreneurs de France (REF), un débat entre Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français et le très libéral David Lisnard, président de Nouvelle Énergie, maire de Cannes et président de l’Association des maires de France (AMF) sur le thème « le courage de produire » de 12h05 à 12h30. Ils répondront ainsi, en quelques minutes, à cette question centrale et cruciale : « comment redonner à la France l’envie, les moyens et la capacité de produire ? »

    Cette séquence s’inscrit dans une volonté de l’organisation patronale de peser dans la campagne pour l’élection présidentielle de 2027. Dans son discours introductif, le président du Medef Patrick Martin a rappelé, comme un avertissement : « nous sommes nombreux et, dans nos entreprises et autour, on nous écoute, on nous fait confiance plus que jamais dans l’Histoire. N’oublions jamais la puissance de notre collectif avec ses 240 000 entreprises qui emploient 12 millions de salariés, partout en France ». Il insiste : « nos convictions sont libérales (…), nous voulons un programme présidentiel de libertés », a-t-il dit, rejetant « la collusion, la collision des prophètes de malheur » et enjoignant à « faire voler en éclat le carcan qui étouffe notre pays et libérer son énergie et ses ambitions ».

    Pour clôturer son événement, le Medef a invité, toujours sur le court central de Roland-Garros, sept des – très nombreux – candidats déclarés à l’élection présidentielle à répondre aux questions de cinq chefs d’entreprise à partir de 16h45. À savoir : Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann, Marine Tondelier, Jean-Luc Mélenchon, Édouard Philippe, Bruno Retailleau et Marine Le Pen. Ces derniers réagiront par ailleurs aux résultats de la consultation lancée par le Medef en association avec Opinion Way.

  • [Insolite] Une mystérieuse campagne présidentielle pour Cantona

    [Insolite] Une mystérieuse campagne présidentielle pour Cantona

    Représenté sur deux 33 tours en nuances de bleu affublé d’une couronne ou d’une plus républicaine écharpe tricolore, l’ex-joueur de foot auteur du célèbre kung-fu kick semble avoir des fans capables de l’imaginer à l’Élysée. « 2027 votez Cantona » exhorte un troisième disque.

    Mais le phénomène ne semble pas uniquement phocéen. Il y a une vingtaine de jours, nos confrères de l’Est républicain ont signalé l’apparition de trois vinyles identiques sur la façade de l’opéra de Nancy.

  • [Entretien] Jean-Pierre Meyer : « La citoyenneté va être au cœur de la fête de la Cride à Sanary »

    [Entretien] Jean-Pierre Meyer : « La citoyenneté va être au cœur de la fête de la Cride à Sanary »

    La fête de la Cride se tiendra à l’espace Victorin Blanc, Pinède de la Cride, à Sanary avec une entrée gratuite et ouverte à toutes et tous.

    La Marseillaise : Quelle est la tonalité de cette 35e édition ?

    Jean-Pierre Meyer : C’est un événement qui symbolise la rentrée sociale et politique des communistes de l’ouest du Var. Et cette année, cela revêt une importance encore plus grande qu’à l’accoutumée : Après les élections municipales, le 40e congrès du PCF et avec devant nous de nouvelles échéances électorales, l’élection présidentielle et les législative. Forcément, il y a aussi le contexte où l’on mesure cruellement les effets dévastateurs de la politique libérale qui est conduite depuis des décennies dans le pays. On l’a vécu dans nos chairs, avec les incendies catastrophiques qui ont frappé le Var et qui ont mis en évidence le manque cruel de moyens. C’est un exemple, mais ce sont bien tous les services publics qui connaissent des difficultés inouïes de fonctionnement, indépendamment de la conscience professionnelle de ceux qui assurent le service public.

    C’est un moment de constats partagés mais aussi de réflexions pour l’avenir ?

    J.-P.M. : En tant que communiste, et ça s’est encore confirmé lors de notre dernière université d’été, nous voulons clairement nommer les responsabilités. Et c’est le système politique et économique, le capitalisme, dans lequel nous vivons qui est à l’origine de tous les problèmes que l’on rencontre. C’est à partir de cette position que nous déterminons ce qu’il nous appartient de faire dans la perspective de la présidentielle et des législatives. En clair, on se refuse d’entrer dans des dispositions de rassemblement comme cela a pu se faire dans le passé. Car malheureusement, quand la gauche a été au pouvoir, elle a été incapable de remettre en cause ce système, ce qui a eu comme conséquence le désaveu de la gauche tout entière. Ce sont ces sujets que nous allons aborder lors de cette fête, notamment avec le débat politique qui se déroule en fin de matinée. Nous souhaitons mettre la citoyenneté au cœur de notre démarche, au cœur de la fête de la Cride, car il faut construire une autre société.

    Il y a aussi des temps festifs
    et des stands divers…

    J.-P.M. : On va avoir un temps fort politique avec un débat à 11h. C’est un temps de rencontre et de débats avec les communistes. Si j’utilise le terme de « rencontre », c’est car cette fête est une fête ouverte, elle a la particularité de voir venir des citoyens qui ne sont pas au PCF. Peut-être même plus que des adhérents du PCF. Car notre objectif n’est pas de convaincre les convaincus. Mais justement de travailler à une dédiabolisation du PCF, de revenir aux questions de fond et de réhabiliter la politique. La question de la liberté de la presse est aussi au centre de la démarche, c’est pour cela qu’il y aura un stand de La Marseillaise, pour laquelle nous avons un attachement indéfectible.

  • Le Off d’Avignon, entre précarité et succès

    Le Off d’Avignon, entre précarité et succès

    Le Festival d’Avignon, In et Off, se termine ce samedi 25 juillet après trois semaines intenses sur les planches, entre les remparts (et un peu au-delà) de la Cité des Papes. Ce jeudi 23 juillet, l’association Avignon Festival & Compagnies (AF&C) a indiqué que, selon ses estimations, environ 54 % des places mises en vente par les 141 théâtres avaient été vendues. Ces salles ont réalisé 27 000 levers de rideau de 1 812 spectacles.

    Des « chiffres stables », ont estimé, lors d’une conférence de presse, les dirigeants de la structure qui gère et organise l’événement. C’est en effet la première fois, depuis sa création, qu’ils parviennent à disposer d’un chiffre plus précis de la situation. « Il n’y a pas de billetterie centralisée, donc c’est compliqué d’avoir les données exactes. Mais cette année, oui, grâce aux remontées des différents prestataires », détaille Harold David, directeur délégué de l’AF&C. Les chiffres recueillis représentent 52 % de la billetterie totale au 21 juillet, soit 1 371 000 billets sur 2 600 000. Ce qui est « assez représentatif, car il y a une grosse variété et ça va du plus grand, la Scala, au plus petit, le Chapeau Rouge », estime le directeur délégué. Avec des calculs supplémentaires, il est aussi estimé que la billetterie représente 22 millions d’euros de chiffre d’affaires.

    Vision du futur

    Un peu plus de la moitié du taux de remplissage donc. Si, de l’extérieur, les rues pleines, les tractages à la pelle par des compagnies déguisées, souriantes, et les multiples spectacles de rue animent joyeusement les rues d’Avignon, le bilan est cependant presque systématiquement salé pour les compagnies. « Même si c’est tout le temps complet, c’est dur d’être à l’équilibre économiquement. 54 %, ce n’est pas satisfaisant », confirme Harold David, qui a lui-même été comédien et patron de théâtres. « Avignon, c’est stricto sensu déficitaire. Parce que c’est basé sur l’espoir que l’on va être programmé plus tard dans d’autres théâtres et se refaire, en quelque sorte », ajoute Laurent Domingos, coprésident de l’AF&C.

    En fin de conférence de presse, plusieurs compagnies ont également tenu à témoigner. David Nathanson, des Ailes de Clarence, estime que les « chiffres ne disent pas grand-chose de la suite des diffusions des spectacles » et que les « compagnies ne se payent pas à Avignon ».

    Une réflexion sur l’avenir est ainsi nécessaire. Car les budgets ne cessent de diminuer, tout comme les subventions versées par les collectivités. Selon l’AF&C, 80 % des compagnies ne percevaient aucune subvention en 2026, contre 78 % en 2025. « On est à la croisée des chemins. Il faut se rendre compte de la gravité de la situation. Moins d’aides, c’est aussi moins de programmateurs. Ce qui veut dire moins de théâtres et moins de compagnies. Et, à terme, plus de Off si on se projette dans 5, 10 ou 15 ans », alerte Raymond Yana, autre coprésident de l’AF&C. L’organisation rappelle qu’elle a adressé une lettre ouverte aux candidats à la présidentielle et que huit d’entre eux, surtout des personnalités de gauche, se sont rendus à Avignon pour échanger sur la question de la place de la culture dans leur programme. « Il faut interpeller ceux qui font les lois, car on dépend d’eux malgré tout », glisse Raymond Yana.

    Pistes d’amélioration

    D’autres pistes d’amélioration ont été évoquées, notamment concernant l’accueil et les transports, tant pour les spectateurs que pour les compagnies et leurs équipes. « Mon spectacle se tient à 21h. Mais pour rentrer à Nîmes, par exemple, les derniers trains sont dans ces eaux-là et ça me fait perdre des ventes », glisse un festivalier au micro. D’autant que 41 % du public provient du quart sud-est de la France. Un travail est en cours avec le Grand Avignon, notamment sur les transports en commun pour se rendre dans les villes environnantes. « Les habitants des villages d’à côté aimeraient bien pouvoir louer leurs apparts ou leurs maisons. Mais il n’y a souvent pas de transports. Parfois, il y en a même moins que le reste de l’année puisque l’on est en horaires d’été », pointe Laurent Domingos. Il reste un peu moins d’une année pour réfléchir à ces enjeux. Avec, entre-temps, une élection qui risque de tout chambouler.

    REPÈRES

    54 %

    de taux de remplissage estimé dans les salles de théâtre du Off.

    1 400 000

    billets vendus, d’après ces mêmes estimations.

    27 000

    levers de rideau pendant les trois semaines de l’événement.

    22 000 000

    d’euros de chiffre d’affaires ont été générés grâce à la seule vente de billets.

  • De passage à Marseille, Tondelier prône des « vacances pour tous »

    De passage à Marseille, Tondelier prône des « vacances pour tous »

    « Je suis honoré de la venue de Marine Tondelier à Marseille car les vacances pour tous c’est un axe important dans sa campagne présidentielle », affirme le sourire aux lèvres, Amine Kessaci, 4e adjoint à la mairie de Marseille en charge de la jeunesse. Il était ce mercredi sur le Vieux-Port avec la candidate à la présidentielle pour Europe Écologie les Verts. Au centre des discussions, le « droit aux vacances pour tous » avec une rencontre des enfants qui partent 3 jours sur l’archipel du Frioul grâce aux partenariats entre les centres sociaux et la mairie.

    Les centres sociaux mobilisés

    La candidate l’assure : « Aujourd’hui 4 Français sur 10 ne partent jamais en vacances ». L’adjoint au maire aux centres sociaux, Hassan Guenfici, lui explique que cet été, à Marseille, 43 centres sociaux sont mobilisés pour proposer 56 séjours pour les jeunes et les familles. Au total, 700 personnes partiront sur les deux mois d’été. « On veut nationaliser ce dispositif pour les enfants, les seniors, les aidants et les familles monoparentales », précise la candidate.

    « T’es déjà allé au Frioul ? », demande Marine Tondelier à un jeune. « C’est la première fois que j’y vais, j’habite dans le 15e arrondissement », répond un adolescent de 14 ans. « On a besoin de ces dispositifs pour éviter que les jeunes restent au pied de leur immeuble tout l’été. Leur permettre de partir en vacances, c’est les respecter », affirme Amine Kessaci.

    « C’est un montant certain, mais c’est un investissement qu’on fait avec plaisir », déclare Hassan Guenfici. Au niveau national, Marine Tondelier affirme que les financements seront détaillés dans le programme Europe Écologie les Verts qui paraîtra le 13 juillet.

    Un Marseillais interpelle Marine Tondelier : « Vous allez sur l’archipel vous ? » ; « Non j’ai le mal de mer malheureusement. », répond-elle en faisant la moue. À défaut de se rendre au Frioul, elle continuera sa campagne en Savoie, pour causer « réchauffement climatique ».

    Gabrielle Cartellier

  • Le tour de France de Marine Tondelier passe par le sud.

    Le tour de France de Marine Tondelier passe par le sud.

    Mardi, elle s’est rendue chez les Scop-Ti pour saluer une bataille de 1 336 jours pour garder des emplois avant de se rendre à Marseille, Place Sébastopol où elle a été rejointe par le maire de secteur, l’écologiste Didier Jau.

    Ce mercredi matin, elle se rend au centre social du Grand Saint-Antoine pour présenter sa proposition de « droit aux vacances pour tous ».

  • Après le congrès de Lille, les communistes avancent vers 2027

    Après le congrès de Lille, les communistes avancent vers 2027

    À travers les gradins du Grand Palais de Lille ce dimanche matin, les applaudissements des près de 700 congressistes viennent saluer les résultats des derniers votes. Avec 70,1% des voix, les délégués des fédérations du Parti communiste français ont désigné, au terme de leur 40e congrès, une nouvelle direction plus resserrée, renouvelée pour un tiers, sans qu’aucune autre liste concurrente n’ait été déposée. Avec ce vote, le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, a ainsi été renouvelé dans ses fonctions, huit ans après le congrès d’Ivry-sur-Seine qui l’avait propulsé à sa tête.

    La veille, au terme de deux jours du débat et quelque 5 834 amendements déposés et débattus depuis les congrès de sections jusqu’au congrès national à Lille, les orientations futures des communistes avaient été approuvées avec 73,7% des voix des congressistes. Parmi celles-ci, le principe d’un processus de transition socialiste vers le communisme, qui avait été abandonné lors du 29e congrès en 1996, débattu lors de la première journée vendredi soir, ou encore les campagnes futures à mener, sur la défense de l’industrie et des services publics, sur la solidarité internationale marquée par le déplacement de 27 délégations de partis socialistes ou communistes de tous les continents à l’occasion de ce congrès, ou encore sur la défense du plan climat présenté par le parti.

    Surtout, les débats, samedi après-midi, ont été l’occasion d’échanger sur la légitimité d’une candidature communiste pour la présidentielle et sur la préparation des législatives, rejetant le principe d’une clause de revoyure au début de l’année 2027, « une épée de Damoclès et deux boulets accrochés à mes pieds », déplorait Fabien Roussel. Après la présentation du bilan financier et l’élection de la nouvelle direction dimanche matin, ce débat s’est concrétisé par la réunion d’une conférence nationale : à 65,5%, et sous les applaudissements des participants, le principe d’une candidature communiste emmenée par Fabien Roussel a été approuvé. Elle doit désormais être approuvée par les militants, lors d’un vote de tous les adhérents, le 6 septembre prochain.

    « Le parti d’une vie meilleure »

    Alors, arborant le maillot à pois rouges, après le lancement du Tour de France, Fabien Roussel souriait largement au moment de clôturer ces trois jours de congrès. « Il y a des cols à monter et tout ce que je nous souhaite, c’est de le porter ce maillot dans les mois qui viennent ! Et parce que le cyclisme est un sport d’équipe, nous allons les monter ensemble ces cols », promettait-il. Espérant contribuer à une victoire de la gauche, en s’adressant en premier lieu aux abstentionnistes.

    Pour cela, il tire à boulets rouges sur la droite lestée d’un bilan de dix ans de macronisme, sur les « oligarques corrompus » à la tête de l’économie. « Une poignée de milliardaires à la tête d’empires exploitent autant les hommes que les moyens de l’état qu’ils détournent, avec la servilité des gouvernements successifs qui se sont transformés en conseil d’administration de leurs propres intérêts », chargeait-il. Alors lui veut « prendre le parti de rendre la vie meilleure », en insistant sur les projets de réindustrialisation écologique du pays, en menant la bataille pour l’augmentation des salaires, en défendant l’égalité des droits. Face aux vociférations de Donald Trump contre la menace communiste, il sourit : « Mon cher Donald, les communistes sont là et candidats à l’élection présidentielle avec le socialisme au programme ! »

    Après les échanges avec les délégations internationales tout au long du congrès, dans la ligne des engagements contre l’apartheid en Afrique du Sud dans les années 1990, il veut faire un sermen : « De gagner le combat contre le régime d’apartheid imposé par l’extrême droite israélienne, récupérer toutes les terres accaparées par la colonisation, libérer Marwan Barghouti et libérer la Palestine ! »

    Mais pour mener ces batailles, il appelle à renforcer les rangs du PCF, dont l’érosion militante a été ralentie grâce à 7 800 nouvelles adhésions. En fixant comme objectif de ne perdre aucun nouvel adhérent les trois prochaines années.

  • [Entretien] Fabien Roussel : « Nous sommes prêts à aller à la présidentielle »

    [Entretien] Fabien Roussel : « Nous sommes prêts à aller à la présidentielle »

    La Marseillaise : Avec ce congrès, le PCF s’engage vers une candidature à la présidentielle de 2027. êtes-vous prêts à vous lancer dans cette campagne ?

    Fabien Roussel : Nous sommes tous très motivés à participer à ce grand débat, à répondre aux urgences sociales, la précarité, la vie chère, mais aussi à défendre la paix et nos libertés face à l’offensive de l’extrême droite. Nous avons beaucoup parlé des propositions pour la France, mais aussi du chemin pour le mettre en œuvre. Nous finissons ce congrès en étant très rassemblés, avec des choix approuvés à près de 75%. C’est important d’avoir une force politique unie et rassemblée pour mener ces débats.

    C’était l’une de vos inquiétudes avant le congrès : le PCF sort-il rassemblé de ces débats ?

    F.R. : Aujourd’hui, oui ! Après trois jours de débats, plus de 100 votes, 5 000 amendements, nous avons vraiment poussé le débat à fond, en s’écoutant tous, en acceptant de changer de point de vue, en essayant de trouver les choix qui nous rassemblent le plus. C’est très important, aujourd’hui, d’avoir une force de gauche qui assume pleinement ses choix et qui est prêt à aller à la rencontre des Français. Comme on le dit, chez nous, c’est carré, et c’est démocratique en plus ! Pour affronter cette élection présidentielle, ces élections législatives, ce ne sont pas des choix simples à faire, mais nous avons pris notre décision et nous sommes prêts à aller à ces échéances.

    Il a beaucoup été question de la menace de l’extrême droite dans les débats de ce congrès. Comment faire face à cette menace ?

    F.R. : Participer à cette échéance, c’est montrer qu’il y a des propositions, des moyens de sortir de la pauvreté, des bas salaires, des retraites de misère. Nous allons les porter, c’est pour nous le meilleur moyen de faire reculer l’extrême droite. Le RN a toujours été du côté du capital, des grandes fortunes. Jordan Bardella et Marine Le Pen le montrent régulièrement. Notre présence dans cette campagne, pour porter la voix du monde du travail, des salariés, est importante pour faire reculer l’extrême droite.

    Le contexte est très différent de 2022. La bollorisation des médias risque de peser sur la campagne… Comment faire entendre cette voix ?

    F.R. : Nous allons nous déployer dans toute la France, nous sommes la force politique qui a le plus d’adhérents, implantée sur tout le territoire, autant dans les grandes villes que dans les villages, la deuxième force à gauche en nombre d’élus. Nous avons la capacité de nous déployer dans tout le pays pour nous donner la possibilité de faire le meilleur résultat. Le premier parti de France, aujourd’hui, c’est le parti des abstentionnistes. C’est à eux que nous voulons nous adresser pour faire reculer l’abstention, mais aussi regagner les voix qui manquent à la gauche, pour qu’elle soit plus forte et puisse l’emporter.

    À gauche, il y a une pression très forte en faveur du vote utile. Risque-t-elle de déterminer l’élection ?

    F.R. : Je rejette autant le vote utile que le vote barrage au second tour. Il y en a marre de ne pas pouvoir voter pour ses idées ! Nous devons être en capacité, au premier comme au second tour, de voter pour nos idées. Au moins pour le premier tour, votons pour le candidat dont on se sent le plus proche ! J’invite les Français à découvrir notre programme et à voter pour la candidature que je vais porter.

    Parmi ces idées, le socialisme fait son retour dans les orientations du PCF pour la première fois depuis 1996. Pourquoi ?

    F.R. : Nous vivons aujourd’hui dans un monde capitaliste qui est porté à outrance par de grandes fortunes, des oligarques, qui se sont accaparé des grandes entreprises, nos moyens de production et donc des richesses. Ils nous imposent des bas salaires. Ils captent l’essentiel des aides publiques et ne les redistribuent pas. Il y a besoin de se réapproprier nos moyens de production, de décider comment nous voulons produire, ce que nous voulons produire. Sur la distribution de ces richesses, c’est un aspect important de ce socialisme que nous défendons pour le XXIe siècle. Et l’autre aspect, c’est la paix, parce que le capitalisme, c’est aussi celui qui est représenté par Donald Trump, celui qui mène des guerres pour s’approprier notamment les ressources pétrolières. Cet impérialisme, nous le combattons.

    Sur l’international justement, certains ont reproché au PCF de ne pas être assez audible sur la défense de la Palestine…

    F.R. : Tout ce que nous avons dit lors de notre congrès tord le cou à ceux qui peuvent penser ça ! Nous luttons au côté du peuple palestinien : soixante ans de combat sans jamais dévier d’une ligne que nous avons toujours défendue, la paix, l’indépendance pour le peuple de Palestine et la création de deux états vivant côte à côte. Il n’y a aucune autre force politique à gauche qui a ni cette antériorité, ni cette ligne politique qui n’a jamais dévié. Et pendant cette campagne, j’entends être le candidat qui portera cette voix-là, qui est différente d’autres voix à gauche.

    Ces différentes voix à gauche, avec toutes leurs nuances, comment les rassembler pour les législatives ?

    F.R. : Par la discussion et le dialogue ! J’appelle à ce que nous poursuivions les échanges que nous avons entre nous pour que nous ne menions pas une campagne présidentielle où on se tape dessus et qu’au contraire, on réserve nos coups et nos arguments contre la droite. Passons au contraire notre temps à discuter pour préparer les élections législatives, qui seront des élections majeures, et que l’on se fixe comme objectif que la gauche l’emporte.

    Il y a quelques années, vous disiez : « PCF is back ». Quel bilan en tirez-vous ?

    F.R. : La mission est remplie ! Maintenant, le Parti communiste français, ce n’est pas seulement qu’il est revenu : c’est l’avenir ! C’est l’avenir pour que la gauche soit forte, pour que la gauche retrouve une colonne vertébrale et pour que les idées que nous portons s’imposent dans le paysage politique et deviennent incontournables.