Tag: présidentielle

  • Le Off d’Avignon, entre précarité et succès

    Le Off d’Avignon, entre précarité et succès

    Le Festival d’Avignon, In et Off, se termine ce samedi 25 juillet après trois semaines intenses sur les planches, entre les remparts (et un peu au-delà) de la Cité des Papes. Ce jeudi 23 juillet, l’association Avignon Festival & Compagnies (AF&C) a indiqué que, selon ses estimations, environ 54 % des places mises en vente par les 141 théâtres avaient été vendues. Ces salles ont réalisé 27 000 levers de rideau de 1 812 spectacles.

    Des « chiffres stables », ont estimé, lors d’une conférence de presse, les dirigeants de la structure qui gère et organise l’événement. C’est en effet la première fois, depuis sa création, qu’ils parviennent à disposer d’un chiffre plus précis de la situation. « Il n’y a pas de billetterie centralisée, donc c’est compliqué d’avoir les données exactes. Mais cette année, oui, grâce aux remontées des différents prestataires », détaille Harold David, directeur délégué de l’AF&C. Les chiffres recueillis représentent 52 % de la billetterie totale au 21 juillet, soit 1 371 000 billets sur 2 600 000. Ce qui est « assez représentatif, car il y a une grosse variété et ça va du plus grand, la Scala, au plus petit, le Chapeau Rouge », estime le directeur délégué. Avec des calculs supplémentaires, il est aussi estimé que la billetterie représente 22 millions d’euros de chiffre d’affaires.

    Vision du futur

    Un peu plus de la moitié du taux de remplissage donc. Si, de l’extérieur, les rues pleines, les tractages à la pelle par des compagnies déguisées, souriantes, et les multiples spectacles de rue animent joyeusement les rues d’Avignon, le bilan est cependant presque systématiquement salé pour les compagnies. « Même si c’est tout le temps complet, c’est dur d’être à l’équilibre économiquement. 54 %, ce n’est pas satisfaisant », confirme Harold David, qui a lui-même été comédien et patron de théâtres. « Avignon, c’est stricto sensu déficitaire. Parce que c’est basé sur l’espoir que l’on va être programmé plus tard dans d’autres théâtres et se refaire, en quelque sorte », ajoute Laurent Domingos, coprésident de l’AF&C.

    En fin de conférence de presse, plusieurs compagnies ont également tenu à témoigner. David Nathanson, des Ailes de Clarence, estime que les « chiffres ne disent pas grand-chose de la suite des diffusions des spectacles » et que les « compagnies ne se payent pas à Avignon ».

    Une réflexion sur l’avenir est ainsi nécessaire. Car les budgets ne cessent de diminuer, tout comme les subventions versées par les collectivités. Selon l’AF&C, 80 % des compagnies ne percevaient aucune subvention en 2026, contre 78 % en 2025. « On est à la croisée des chemins. Il faut se rendre compte de la gravité de la situation. Moins d’aides, c’est aussi moins de programmateurs. Ce qui veut dire moins de théâtres et moins de compagnies. Et, à terme, plus de Off si on se projette dans 5, 10 ou 15 ans », alerte Raymond Yana, autre coprésident de l’AF&C. L’organisation rappelle qu’elle a adressé une lettre ouverte aux candidats à la présidentielle et que huit d’entre eux, surtout des personnalités de gauche, se sont rendus à Avignon pour échanger sur la question de la place de la culture dans leur programme. « Il faut interpeller ceux qui font les lois, car on dépend d’eux malgré tout », glisse Raymond Yana.

    Pistes d’amélioration

    D’autres pistes d’amélioration ont été évoquées, notamment concernant l’accueil et les transports, tant pour les spectateurs que pour les compagnies et leurs équipes. « Mon spectacle se tient à 21h. Mais pour rentrer à Nîmes, par exemple, les derniers trains sont dans ces eaux-là et ça me fait perdre des ventes », glisse un festivalier au micro. D’autant que 41 % du public provient du quart sud-est de la France. Un travail est en cours avec le Grand Avignon, notamment sur les transports en commun pour se rendre dans les villes environnantes. « Les habitants des villages d’à côté aimeraient bien pouvoir louer leurs apparts ou leurs maisons. Mais il n’y a souvent pas de transports. Parfois, il y en a même moins que le reste de l’année puisque l’on est en horaires d’été », pointe Laurent Domingos. Il reste un peu moins d’une année pour réfléchir à ces enjeux. Avec, entre-temps, une élection qui risque de tout chambouler.

    REPÈRES

    54 %

    de taux de remplissage estimé dans les salles de théâtre du Off.

    1 400 000

    billets vendus, d’après ces mêmes estimations.

    27 000

    levers de rideau pendant les trois semaines de l’événement.

    22 000 000

    d’euros de chiffre d’affaires ont été générés grâce à la seule vente de billets.

  • De passage à Marseille, Tondelier prône des « vacances pour tous »

    De passage à Marseille, Tondelier prône des « vacances pour tous »

    « Je suis honoré de la venue de Marine Tondelier à Marseille car les vacances pour tous c’est un axe important dans sa campagne présidentielle », affirme le sourire aux lèvres, Amine Kessaci, 4e adjoint à la mairie de Marseille en charge de la jeunesse. Il était ce mercredi sur le Vieux-Port avec la candidate à la présidentielle pour Europe Écologie les Verts. Au centre des discussions, le « droit aux vacances pour tous » avec une rencontre des enfants qui partent 3 jours sur l’archipel du Frioul grâce aux partenariats entre les centres sociaux et la mairie.

    Les centres sociaux mobilisés

    La candidate l’assure : « Aujourd’hui 4 Français sur 10 ne partent jamais en vacances ». L’adjoint au maire aux centres sociaux, Hassan Guenfici, lui explique que cet été, à Marseille, 43 centres sociaux sont mobilisés pour proposer 56 séjours pour les jeunes et les familles. Au total, 700 personnes partiront sur les deux mois d’été. « On veut nationaliser ce dispositif pour les enfants, les seniors, les aidants et les familles monoparentales », précise la candidate.

    « T’es déjà allé au Frioul ? », demande Marine Tondelier à un jeune. « C’est la première fois que j’y vais, j’habite dans le 15e arrondissement », répond un adolescent de 14 ans. « On a besoin de ces dispositifs pour éviter que les jeunes restent au pied de leur immeuble tout l’été. Leur permettre de partir en vacances, c’est les respecter », affirme Amine Kessaci.

    « C’est un montant certain, mais c’est un investissement qu’on fait avec plaisir », déclare Hassan Guenfici. Au niveau national, Marine Tondelier affirme que les financements seront détaillés dans le programme Europe Écologie les Verts qui paraîtra le 13 juillet.

    Un Marseillais interpelle Marine Tondelier : « Vous allez sur l’archipel vous ? » ; « Non j’ai le mal de mer malheureusement. », répond-elle en faisant la moue. À défaut de se rendre au Frioul, elle continuera sa campagne en Savoie, pour causer « réchauffement climatique ».

    Gabrielle Cartellier

  • Le tour de France de Marine Tondelier passe par le sud.

    Le tour de France de Marine Tondelier passe par le sud.

    Mardi, elle s’est rendue chez les Scop-Ti pour saluer une bataille de 1 336 jours pour garder des emplois avant de se rendre à Marseille, Place Sébastopol où elle a été rejointe par le maire de secteur, l’écologiste Didier Jau.

    Ce mercredi matin, elle se rend au centre social du Grand Saint-Antoine pour présenter sa proposition de « droit aux vacances pour tous ».

  • Après le congrès de Lille, les communistes avancent vers 2027

    Après le congrès de Lille, les communistes avancent vers 2027

    À travers les gradins du Grand Palais de Lille ce dimanche matin, les applaudissements des près de 700 congressistes viennent saluer les résultats des derniers votes. Avec 70,1% des voix, les délégués des fédérations du Parti communiste français ont désigné, au terme de leur 40e congrès, une nouvelle direction plus resserrée, renouvelée pour un tiers, sans qu’aucune autre liste concurrente n’ait été déposée. Avec ce vote, le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, a ainsi été renouvelé dans ses fonctions, huit ans après le congrès d’Ivry-sur-Seine qui l’avait propulsé à sa tête.

    La veille, au terme de deux jours du débat et quelque 5 834 amendements déposés et débattus depuis les congrès de sections jusqu’au congrès national à Lille, les orientations futures des communistes avaient été approuvées avec 73,7% des voix des congressistes. Parmi celles-ci, le principe d’un processus de transition socialiste vers le communisme, qui avait été abandonné lors du 29e congrès en 1996, débattu lors de la première journée vendredi soir, ou encore les campagnes futures à mener, sur la défense de l’industrie et des services publics, sur la solidarité internationale marquée par le déplacement de 27 délégations de partis socialistes ou communistes de tous les continents à l’occasion de ce congrès, ou encore sur la défense du plan climat présenté par le parti.

    Surtout, les débats, samedi après-midi, ont été l’occasion d’échanger sur la légitimité d’une candidature communiste pour la présidentielle et sur la préparation des législatives, rejetant le principe d’une clause de revoyure au début de l’année 2027, « une épée de Damoclès et deux boulets accrochés à mes pieds », déplorait Fabien Roussel. Après la présentation du bilan financier et l’élection de la nouvelle direction dimanche matin, ce débat s’est concrétisé par la réunion d’une conférence nationale : à 65,5%, et sous les applaudissements des participants, le principe d’une candidature communiste emmenée par Fabien Roussel a été approuvé. Elle doit désormais être approuvée par les militants, lors d’un vote de tous les adhérents, le 6 septembre prochain.

    « Le parti d’une vie meilleure »

    Alors, arborant le maillot à pois rouges, après le lancement du Tour de France, Fabien Roussel souriait largement au moment de clôturer ces trois jours de congrès. « Il y a des cols à monter et tout ce que je nous souhaite, c’est de le porter ce maillot dans les mois qui viennent ! Et parce que le cyclisme est un sport d’équipe, nous allons les monter ensemble ces cols », promettait-il. Espérant contribuer à une victoire de la gauche, en s’adressant en premier lieu aux abstentionnistes.

    Pour cela, il tire à boulets rouges sur la droite lestée d’un bilan de dix ans de macronisme, sur les « oligarques corrompus » à la tête de l’économie. « Une poignée de milliardaires à la tête d’empires exploitent autant les hommes que les moyens de l’état qu’ils détournent, avec la servilité des gouvernements successifs qui se sont transformés en conseil d’administration de leurs propres intérêts », chargeait-il. Alors lui veut « prendre le parti de rendre la vie meilleure », en insistant sur les projets de réindustrialisation écologique du pays, en menant la bataille pour l’augmentation des salaires, en défendant l’égalité des droits. Face aux vociférations de Donald Trump contre la menace communiste, il sourit : « Mon cher Donald, les communistes sont là et candidats à l’élection présidentielle avec le socialisme au programme ! »

    Après les échanges avec les délégations internationales tout au long du congrès, dans la ligne des engagements contre l’apartheid en Afrique du Sud dans les années 1990, il veut faire un sermen : « De gagner le combat contre le régime d’apartheid imposé par l’extrême droite israélienne, récupérer toutes les terres accaparées par la colonisation, libérer Marwan Barghouti et libérer la Palestine ! »

    Mais pour mener ces batailles, il appelle à renforcer les rangs du PCF, dont l’érosion militante a été ralentie grâce à 7 800 nouvelles adhésions. En fixant comme objectif de ne perdre aucun nouvel adhérent les trois prochaines années.

  • [Entretien] Fabien Roussel : « Nous sommes prêts à aller à la présidentielle »

    [Entretien] Fabien Roussel : « Nous sommes prêts à aller à la présidentielle »

    La Marseillaise : Avec ce congrès, le PCF s’engage vers une candidature à la présidentielle de 2027. êtes-vous prêts à vous lancer dans cette campagne ?

    Fabien Roussel : Nous sommes tous très motivés à participer à ce grand débat, à répondre aux urgences sociales, la précarité, la vie chère, mais aussi à défendre la paix et nos libertés face à l’offensive de l’extrême droite. Nous avons beaucoup parlé des propositions pour la France, mais aussi du chemin pour le mettre en œuvre. Nous finissons ce congrès en étant très rassemblés, avec des choix approuvés à près de 75%. C’est important d’avoir une force politique unie et rassemblée pour mener ces débats.

    C’était l’une de vos inquiétudes avant le congrès : le PCF sort-il rassemblé de ces débats ?

    F.R. : Aujourd’hui, oui ! Après trois jours de débats, plus de 100 votes, 5 000 amendements, nous avons vraiment poussé le débat à fond, en s’écoutant tous, en acceptant de changer de point de vue, en essayant de trouver les choix qui nous rassemblent le plus. C’est très important, aujourd’hui, d’avoir une force de gauche qui assume pleinement ses choix et qui est prêt à aller à la rencontre des Français. Comme on le dit, chez nous, c’est carré, et c’est démocratique en plus ! Pour affronter cette élection présidentielle, ces élections législatives, ce ne sont pas des choix simples à faire, mais nous avons pris notre décision et nous sommes prêts à aller à ces échéances.

    Il a beaucoup été question de la menace de l’extrême droite dans les débats de ce congrès. Comment faire face à cette menace ?

    F.R. : Participer à cette échéance, c’est montrer qu’il y a des propositions, des moyens de sortir de la pauvreté, des bas salaires, des retraites de misère. Nous allons les porter, c’est pour nous le meilleur moyen de faire reculer l’extrême droite. Le RN a toujours été du côté du capital, des grandes fortunes. Jordan Bardella et Marine Le Pen le montrent régulièrement. Notre présence dans cette campagne, pour porter la voix du monde du travail, des salariés, est importante pour faire reculer l’extrême droite.

    Le contexte est très différent de 2022. La bollorisation des médias risque de peser sur la campagne… Comment faire entendre cette voix ?

    F.R. : Nous allons nous déployer dans toute la France, nous sommes la force politique qui a le plus d’adhérents, implantée sur tout le territoire, autant dans les grandes villes que dans les villages, la deuxième force à gauche en nombre d’élus. Nous avons la capacité de nous déployer dans tout le pays pour nous donner la possibilité de faire le meilleur résultat. Le premier parti de France, aujourd’hui, c’est le parti des abstentionnistes. C’est à eux que nous voulons nous adresser pour faire reculer l’abstention, mais aussi regagner les voix qui manquent à la gauche, pour qu’elle soit plus forte et puisse l’emporter.

    À gauche, il y a une pression très forte en faveur du vote utile. Risque-t-elle de déterminer l’élection ?

    F.R. : Je rejette autant le vote utile que le vote barrage au second tour. Il y en a marre de ne pas pouvoir voter pour ses idées ! Nous devons être en capacité, au premier comme au second tour, de voter pour nos idées. Au moins pour le premier tour, votons pour le candidat dont on se sent le plus proche ! J’invite les Français à découvrir notre programme et à voter pour la candidature que je vais porter.

    Parmi ces idées, le socialisme fait son retour dans les orientations du PCF pour la première fois depuis 1996. Pourquoi ?

    F.R. : Nous vivons aujourd’hui dans un monde capitaliste qui est porté à outrance par de grandes fortunes, des oligarques, qui se sont accaparé des grandes entreprises, nos moyens de production et donc des richesses. Ils nous imposent des bas salaires. Ils captent l’essentiel des aides publiques et ne les redistribuent pas. Il y a besoin de se réapproprier nos moyens de production, de décider comment nous voulons produire, ce que nous voulons produire. Sur la distribution de ces richesses, c’est un aspect important de ce socialisme que nous défendons pour le XXIe siècle. Et l’autre aspect, c’est la paix, parce que le capitalisme, c’est aussi celui qui est représenté par Donald Trump, celui qui mène des guerres pour s’approprier notamment les ressources pétrolières. Cet impérialisme, nous le combattons.

    Sur l’international justement, certains ont reproché au PCF de ne pas être assez audible sur la défense de la Palestine…

    F.R. : Tout ce que nous avons dit lors de notre congrès tord le cou à ceux qui peuvent penser ça ! Nous luttons au côté du peuple palestinien : soixante ans de combat sans jamais dévier d’une ligne que nous avons toujours défendue, la paix, l’indépendance pour le peuple de Palestine et la création de deux états vivant côte à côte. Il n’y a aucune autre force politique à gauche qui a ni cette antériorité, ni cette ligne politique qui n’a jamais dévié. Et pendant cette campagne, j’entends être le candidat qui portera cette voix-là, qui est différente d’autres voix à gauche.

    Ces différentes voix à gauche, avec toutes leurs nuances, comment les rassembler pour les législatives ?

    F.R. : Par la discussion et le dialogue ! J’appelle à ce que nous poursuivions les échanges que nous avons entre nous pour que nous ne menions pas une campagne présidentielle où on se tape dessus et qu’au contraire, on réserve nos coups et nos arguments contre la droite. Passons au contraire notre temps à discuter pour préparer les élections législatives, qui seront des élections majeures, et que l’on se fixe comme objectif que la gauche l’emporte.

    Il y a quelques années, vous disiez : « PCF is back ». Quel bilan en tirez-vous ?

    F.R. : La mission est remplie ! Maintenant, le Parti communiste français, ce n’est pas seulement qu’il est revenu : c’est l’avenir ! C’est l’avenir pour que la gauche soit forte, pour que la gauche retrouve une colonne vertébrale et pour que les idées que nous portons s’imposent dans le paysage politique et deviennent incontournables.

  • [Congrès] Le PCF au défi de la menace d’extrême droite

    [Congrès] Le PCF au défi de la menace d’extrême droite

    Sur la tribune du Grand Théâtre de Lille, le nordiste Fabien Roussel, presque à domicile, va droit au but. « À celles et ceux qui doutent parmi nous, à celles et ceux qui se cherchent et voudraient même repousser la décision : allons-y maintenant et ne tardons plus, appelle le secrétaire national du PCF. Chaque semaine qui passe doit être utile pour mener ce combat, pour ne pas nous retrouver dans une impasse comme en 2017 ! » Alors que s’ouvrait ce vendredi après-midi dans la capitale des Flandres le 40e congrès du Parti communiste français, la question de la présidentielle s’est largement imposée dans le débat. Avec, en toile de fond, l’ombre projetée par la menace de l’extrême droite.

    La présidentielle en vue

    Tandis que les communistes doivent se prononcer, ce week-end, sur la légitimité d’une candidature de rassemblement issue de leurs rangs, sur laquelle les militants se prononceront le 6 septembre prochain, Fabien Roussel se déclare d’ores et déjà prêt à porter une nouvelle fois cette responsabilité dans une campagne. « Nous sommes les seuls à avoir une telle cohérence dans le programme, assumons-le et allons le défendre auprès des Français ! », défend-il en redisant sa volonté de « battre l’extrême droite et offrir une alternative aux Français ». En misant sur un travail auprès des abstentionnistes pour enfin renforcer les scores de la gauche.

    Face aux autres forces politiques qui à gauche en appellent encore à une primaire, il l’assure : « La primaire n’aura pas lieu. » De quoi nourrir le débat entre les partisans d’une union à gauche face au risque de l’extrême droite, avec la menace de « l’effet de souffle » d’une victoire du RN, avertit le Finistérien Ismaël Dupont, et ceux qui appuient la spécificité communiste à l’image du Nantais Aymeric Saysseau. « Quand la gauche ne parle plus du travail et se contente de discours moral, l’extrême droite peut mettre ses pantoufles », défend-il.

    Fabien Roussel, de son côté, insiste sur sa volonté de préserver l’unité du PCF. « Des orientations différentes se sont exprimées, qui ont irrigué nos débats avec plusieurs textes et des attentes auxquelles il faudra répondre », reconnaît-il. Trois ans après le congrès de Marseille, qui s’était tenu en pleine mobilisation contre la réforme des retraites, il se félicite de voir que le sujet n’a pas été lâché par les communistes, sur le terrain comme au Parlement. « Contrairement aux autres forces de gauche, nous considérons comme centrale la question du travail, de l’emploi et d’un salaire rémunérateur pour vivre dignement », insiste-t-il, en énumérant les campagnes menées en ce sens, et les 7 800 nouvelles adhésions réalisées. Une question mise en avant avec les acclamations réservées à la CGT d’ArcelorMittal, conviée sur scène. « Le Nord a énormément souffert, mais arrêtons d’être spectateurs, invitait ainsi Gaëtan Lecocq. Si Mittal veut faire de l’acier hors d’Europe, qu’il dégage et nous laisse nos outils de production ! Parce que si nous fermons, nous perdons l’ensemble de nos savoir-faire. »

    Victoires de terrain

    Le secrétaire national défend aussi face aux délégués représentant les 38 000 adhérents du PCF l’action de la direction du parti sur la solidarité internationale, la défense d’une solution à deux États en Palestine à l’inverse d’autres forces à gauche. « Cette clarté dans nos prises de position nous a permis d’être interlocuteur privilégié de l’OLP [Organisation de libération de la Palestine, Ndlr.] dans cette période compliquée », appuie-t-il, en rappelant aussi les cinq containers d’aide internationale pour Cuba. Et de mettre aussi en avant le travail réalisé pour un Plan climat « historique » que défend le Rennais Amar Bellal, les travaux sur la protection de l’enfance sur lesquels « nous aurions préféré que l’actualité ne nous donne pas raison », souligne Véronique Sanchez, pour le Haute-Corse.

    Les avancées des élus au Parlement, des travaux de Fabien Gay sur les 211 milliards d’aides aux entreprises à la menace de censure de Stéphane Peu pour faire reculer le gouvernement sur la remise en question du 1er-Mai, sont aussi saluées, tout comme les victoires aux municipales. Avec la nécessité de renforcer ces positions, au milieu des écueils de l’année 2027.

    « Nous voulons battre l’extrême droite et offrir une alternative aux Français. »

  • [Entretien] Jean-Marie Battini, NPA : « Jean-Luc Mélenchon est un réformiste radical »

    [Entretien] Jean-Marie Battini, NPA : « Jean-Luc Mélenchon est un réformiste radical »

    La Marseillaise : La conférence nationale du NPA a décidé samedi de ne pas présenter de candidat à la présidentielle et de soutenir Jean-Luc Mélenchon. Comment accueillez-vous cette décision ?

    Jean-Marie Battini : Relativement mal. Je ne suis pas du tout d’accord avec cela, nous avons été 20% dans le parti et 50% dans les Bouches-du-Rhône à voter pour une plateforme demandant que le NPA ait une candidature. Nous ne pouvons pas nous rallier à quelqu’un avec qui on sait très bien qu’on ne sera pas d’accord sur certains points. On peut nous dire qu’il faut défendre les candidatures antilibérales, mais je ne me considère pas comment antilibéral, je suis simplement anticapitaliste ! Nous avons un discours à tenir, des propositions à faire que ne fera pas Jean-Luc Mélenchon.

    À quoi aurait servi une candidature ?

    J.-M.B. : Malheureusement, dans le cadre des institutions de la Ve République, on sait que l’élection présidentielle est l’échéance centrale, celle qui mobilise le plus le débat politique. Nous avons réussi à nous faire entendre ces dernières années parce qu’on a présenté Olivier Besancenot puis Philippe Poutou. On ne va pas nous entendre si on est un soutien à Jean-Luc Mélenchon ! Je peux comprendre qu’il y a un risque d’extrême droite. Pourquoi pas une candidature unitaire, mais qui nous dit que celle de Mélenchon serait la meilleure ? On aurait aussi très bien pu présenter une candidature, aller à la recherche des parrainages, et si les sondages montrent que le RN risque d’être élu, se retirer. Mais là, pour moi, c’est une erreur, nous n’aurons aucun poids dans cette campagne. C’est une capitulation en rase campagne.

    Vous en tirez quelles conclusions ?

    J.-M.B. : Pour l’instant je me mets en retrait. Je ne ferai pas cette campagne. Je continuerai à défendre les idées du NPA mais je sais très bien qu’au niveau des grands médias on n’intéressera plus personne. Et je ne vois pas pourquoi on soutiendrait plus Jean-Luc Mélenchon que les autres candidats de la vraie gauche, les organisations que l’on rencontre dans les luttes : j’y vois la France insoumise, mais aussi le PCF, Lutte ouvrière. Le PS n’y est pas. Pourquoi spécialement Jean-Luc Mélenchon ? Pour moi ce n’est pas suffisant. C’est un réformiste radical, mais ce qu’il faut c’est un discours plus révolutionnaire et nettement anticapitaliste. Je reste dans mon parti, je verrai bien à l’issue de l’élection. Il y aura un congrès, on en tirera le bilan. Mais pour le moment je ne me sens pas légitime pour être porte-parole du parti.

  • À Lille, les communistes tournés vers l’avenir

    À Lille, les communistes tournés vers l’avenir

    D’une extrémité à une autre. Trois ans après avoir été accueillis sur les hauteurs du Vieux-Port de Marseille, c’est dans les terres nordistes que se rassembleront les délégués des fédérations communistes à compter de ce vendredi. Pendant trois jours ce week-end, le Grand Théâtre de Lille accueillera ainsi les débats du 40e congrès du Parti communiste français, la conclusion de plusieurs mois d’échanges pour les plus de 37 000 militants. Mais si en 2023 les échanges se tenaient dans un contexte de mouvement social d’ampleur contre la réforme des retraites, cette fois les esprits se tournent de plus en plus vers les échéances électorales de l’année à venir, de la présidentielle aux législatives, et la volonté de présenter une candidature communiste sera au cœur des débats.

    Processus démocratique

    Deux mois après l’adoption, le 29 mars dernier, d’une base commune par le conseil national du PCF, les deux tiers des militants s’étaient déplacés pour choisir le texte qui servirait de base à leurs débats. Avec plus de 14 000 voix et les suffrages de 61,4% des votants, c’est cette base commune présentée par la direction sortante, « Pour un communisme de conquête », qui avait été choisie les 6 et 7 juin face aux trois textes alternatifs déposés. « Les communistes ont la culture du débat ! » expliquait dans nos colonnes le secrétaire national du PCF Fabien Roussel (notre édition du 23 mai), même s’il regrettait la multiplication de ces textes face au risque de division dans les rangs du parti « à un moment où, au contraire, nous avons besoin d’un parti solide pour défendre la classe ouvrière ». « J’ai entendu à travers les textes alternatifs les remarques, les manques, les doutes. Nous allons avoir tout le temps du congrès pour les intégrer », promettait-il deux semaines avant ce vote en espérant « un parti le plus uni possible dans la préparation de ce congrès ».

    Du 12 au 14 juin, c’est dans les sections qu’ont eu lieu ces débats, avant que ceux-ci ne remontent aux congrès départementaux une semaine plus tard, le week-end du 19 au 21 juin. L’occasion pour chaque fédération d’amender les textes mais aussi de renouveler son exécutif départemental. Désormais, tous les amendements qui ont été débattus dans chacune des sections arrivent dans l’enceinte lilloise, portés par les délégués des différentes fédérations, pour réécrire, enrichir cette base commune « largement amendable » soulignait Fabien Roussel, et ainsi dessiner les orientations du PCF pour les années à venir.

    Parmi celles-ci, la base commune réintroduit la notion d’un « socialisme aux couleurs de la France », qui avait été abandonnée lors du 29e congrès du parti, à La Défense. Et défend donc ce principe d’une transition vers le communisme, « marquée par la coexistence et la confrontation entre des logiques héritées du capitalisme et des formes nouvelles de production, de propriété et de pouvoir appelées à se développer », décrit le texte. Une notion qui a déjà largement animé les débats des congrès locaux.

    Quelle stratégie en 2027 ?

    Mais surtout, elle s’inscrit dans la continuité des deux précédents congrès en affirmant que « les communistes considèrent avoir toute légitimité pour porter une candidature de rassemblement issue de leur rang, pour l’élection présidentielle comme pour l’ensemble des scrutins locaux et nationaux du pays ». De quoi faire un premier pas vers une nouvelle candidature pour le scrutin de 2027, qui doit encore recevoir l’aval des militants en septembre (lire ci-contre) mais est déjà au cœur des débats. Sans attendre le résultat de la présidentielle, le PCF veut aussi « engager les discussions nécessaires avec le reste de la gauche afin de déterminer, dans toutes les circonscriptions menacées d’un succès de l’extrême droite ou de ses alliés, les candidatures disposant de la meilleure implantation et de la meilleure représentativité pour l’emporter ».

    Enfin, en conclusion des débats le dimanche 5 juillet, le congrès désignera aussi les membres de la nouvelle direction nationale du PCF. Avec une volonté de réduire le nombre de membres de son conseil national : la commission des candidatures propose ainsi de faire passer le nombre de sièges de 186 à 154, à parité, sélectionnés parmi les 250 noms proposés par les fédérations pour représenter toutes les sensibilités et la diversité du parti, en insistant sur le respect des orientations choisies. Si ce choix est avalisé, 30% des responsables nationaux seraient ainsi renouvelés. Et à sa tête, Fabien Roussel est proposé pour un nouveau mandat de secrétaire national, huit ans après le congrès d’Ivry-sur-Seine en 2018.

    ILS Y SERONT

    Un vote des militants du 3 au 6 septembre sur la présidentielle

    À l’issue du congrès de Lille, dimanche 5 juillet au matin, le nouveau conseil national élu et les délégués des fédérations se réuniront en « conférence nationale ». Objectif : définir une proposition et un bulletin de vote qui sera soumis au vote de l’ensemble des communistes pour se positionner sur la présidentielle. En effet, comme le prévoient les statuts du PCF, ce sont les adhérents qui ont le dernier mot.

    La conférence nationale fera part de l’option qu’elle défend en matière de stratégie et de candidature puis listera les autres options en présence afin que les communistes puissent trancher démocratiquement lors d’un vote national qui se tiendra du 3 au 6 septembre.

    Dans l’intervalle, les adhérents du PCF pourront s’approprier le texte de congrès et débattre dans leurs cellules, sections et fédérations, du choix qu’il leur semble le meilleur pour la présidentielle.

    Au regard du choix de la base commune de discussion, intitulée « communisme de conquête », l’option d’une candidature de Fabien Roussel semble tenir la corde.

    L.P.

  • [Entretien] Nathalie Arthaud : « Le problème n’est pas de changer une politique, c’est de changer de système »

    [Entretien] Nathalie Arthaud : « Le problème n’est pas de changer une politique, c’est de changer de système »

    La Marseillaise : Pourquoi avoir choisi les Bouches-du-Rhône

    pour votre première visite en région, en tant que candidate ?

    Nathalie Arthaud : On a fait une fête en région parisienne, avec un très grand meeting, plusieurs milliers de personnes. Je suis à présent ici, en campagne, pour l’élection présidentielle. Le sens de ma candidature, c’est d’affirmer qu’il faut renverser cette société capitaliste qui nous mène à la catastrophe, aux guerres, à cette folie qu’est la spéculation, à cette crise climatique qu’on va encore ressentir dans deux jours avec une nouvelle canicule qu’on nous promet. Cette candidature vise aussi à dire que les travailleurs ont la force de renverser le capitalisme, cette société c’est eux qui la font tourner.

    Comment ressentez-vous le monde du travail ? N’est-il pas traversé par du découragement, du fatalisme ?

    N.A. : Vous vous rendez compte que vendredi, l’homme le plus riche du monde, Elon Musk, est devenu billionnaire. J’ai découvert le mot. Le gars, il est à la tête d’une fortune de mille milliards de dollars. On va où là ? On a des hommes et des femmes qui font tourner la société, qui s’occupent de nous nourrir, de nous transporter, qui prennent soin des anciens et qui doivent compter chaque euro. Et ceux qui sont au sommet de la société captent des fortunes ahurissantes ? Tout ça pourquoi ? Pour aller spéculer ? Musk, lui, son projet, c’est carrément d’aller développer une colonie sur Mars. Pendant que les travailleurs sont confrontés à cette exploitation, cette pression, ces suppressions d’emplois, ces sanctions pour un rien… Dans toutes les entreprises où nous avons des camarades, c’est ce qui nous revient, on est menacé de licenciement pour un rien. Face à tout ça, moi je suis convaincue qu’il y aura à nouveau des luttes. Regardez aujourd’hui Airbus, dans votre région, les travailleurs sont en colère parce qu’ils n’ont pas eu de primes, parce que les salaires ne décollent pas. Ceux qui remportent la mise sont ceux qui sont les plus loin de la production, les plus parasites dans la société.

    D’autres groupes trotskistes comme le POI ou le NPA soutiennent Jean-Luc Mélenchon ou y réfléchissent, pourquoi pas vous ?

    N.A. : Parce qu’il faut qu’il y ait au moins une candidate qui incite chaque travailleur à se poser cette question : est-ce qu’on va laisser les rênes de cette société entre les mains de voleurs, d’irresponsables et même de criminels ? Ou est-ce que nous les travailleurs, on va revendiquer la direction de cette société ?Je serai là pour dire, contre Mélenchon, que le problème ce n’est pas de changer une politique, c’est de changer de système. Les lois du capitalisme, elles sont mille fois supérieures à toutes les lois qu’il pourrait faire passer à l’Assemblée nationale. Eux, ils ont le fric, ils contrôlent les moyens de productions, ils peuvent planifier. Musk il est en train de planifier une colonie sur Mars et une armée d’humanoïdes. Je veux bien qu’on développe la vie multiplanétaire mais la Terre va être notre habitacle pendant quelque temps encore. Je voudrais qu’on se pose la question : comment on y vit dignement.

    Une candidature suppose 500 parrainages de maires,
    allez-vous y arriver
     ?

    N.A. : Nous, on est des combattants, des militants, on fera tout pour y arriver, et on y arrivera.

  • [Le coin BD] François Ruffin, député et toujours reporter au chevet du pays

    [Le coin BD] François Ruffin, député et toujours reporter au chevet du pays

    Angry black woman » contre « white savior » … C’est à partir de ces concepts américains qu’ils ne se donnent même pas la peine de traduire en français que, sur les réseaux sociaux et dans les médias, d’anciens amis politiques de François Ruffin, des insoumis, l’attaquent allant jusqu’à le qualifier de raciste. Ces militants anticoloniaux ou décoloniaux ne se rendent même pas compte que leur imaginaire et leur conception politique sont eux-mêmes totalement colonisés par une pensée venue des USA et de l’idéologie libérale de ses campus, issue d’une société héritière de la ségrégation raciale alors que la France a, elle, été une puissance coloniale, avec d’autres tares et crimes à dénoncer. Oubliant l’approche de classes marxiste, tout aussi obsédés par la couleur de peau des gens que l’extrême droite qu’ils prétendent combattre, les auteurs de ces attaques en meute ne se donnent même pas la peine de regarder ce que dit cette BD et confondent les constats que dresse François Ruffin dans cette suite d’histoire prise sur le vif et les propres opinions de celui qui s’annonce aujourd’hui comme un futur candidat à l’élection présidentielle. Venu du journalisme indépendants, élu et réélu député de la Somme face à un Rassemblement National qui l’emporte partout autour, défenseur des travailleurs sous-payés du soin et du service, François Ruffin donne sans juger la parole à de nombreuses personnes dans cette BD et affiche son objectif : réparer une France atomisée afin que tous puissent vivre ensemble. Face aux attaques qui déchirent une gauche qui n’en a pas besoin, cette BD sous-titrée « Les aventures de François Ruffin député-reporter » est à lire pour faire sa propre opinion, positive ou négative, lui-même reconnaissant quelques erreurs.