Tag: Premier ministre

  • François Bayrou sur le départ… quelle suite ?

    François Bayrou sur le départ… quelle suite ?

    Huit mois après s’être imposé à la tête d’un gouvernement illégitime comme l’ultime recours pour sortir Emmanuel Macron de l’impasse de la dissolution, François Bayrou a donc ouvert la porte à son départ de Matignon. Confronté au rejet général de son plan d’austérité de 44 milliards et aux appels à bloquer le pays le 10 septembre, le Béarnais a appuyé sur le bouton rouge, en pressant le président de convoquer une session parlementaire extraordinaire pour solliciter la confiance de l’Assemblée sur une déclaration de politique générale.

    Sans surprise, la France insoumise, Les Écologistes, les socialistes, les communistes et le Rassemblement national ont promis de voter contre. Mardi, François Bayrou a fait mine de croire à un revirement. Naïveté ou déconnexion ? Les députés ont « treize jours » pour « dire s’ils se placent du côté du chaos ou du côté de la responsabilité », a-t-il lancé, lors de l’université d’été de la CFDT.

    Se plaçant en garant de l’intégrité financière de la France et sans convaincre, il a tenté de donner des gages : efforts contre l’optimisation fiscale, fin de certaines niches fiscales, gestion des principaux piliers du système de protection sociale par les partenaires sociaux, notamment les assurances chômage et vieillesse… Marylise Léon les a rapidement balayés.

    « Nous laisser gérer c’est bien, mais il faut qu’on puisse décider des règles (…) La règle d’or et d’équilibre annuel, c’est un non-sens », a martelé la secrétaire générale du syndicat réformiste, encore échaudée par la lettre de cadrage sur les conditions d’indemnisation des chômeurs, début août. « Il a pris grand soin de parler de choses qui pouvaient plaire à des responsables CFDT, mais on n’est pas dupe, quand il dit “on va pouvoir négocier sur la flexibilité du travail”, on entend flexibilisation du marché du travail », a réagi Marylise Léon, « il n’y a pas de cohérence politique ».

    « Je ne demande à personne de se renier, mais on peut réfléchir. On a le droit de remettre en question les réflexes spontanés qu’on peut avoir », a insisté quelques minutes plus tard François Bayrou, face à la presse. Seul, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau (LR) a mis en garde contre un vote qui serait contraire « aux intérêts de la France », portant notamment le risque « d’une crise financière majeure ». La Bourse de Paris a clôturé en baisse de 1.64% sur les mêmes bases que la veille.

    Gouvernement technique

    Un an plus tard, dans la même situation, les mêmes discours. La ficelle est grosse et la balle brûlante désormais, à nouveau, entre les mains d’Emmanuel Macron. Le 9 septembre, la France se retrouvera à nouveau sans gouvernement. Plusieurs hypothèses sont sur la table. La plus évidente serait que les choses traînent en longueur, sur fond de recherche du candidat à Matignon qui, en bout de course, comme Borne, Attal, Barnier ou Bayrou, continuera de mener une politique similaire. Un gouvernement technique qui amènerait la reconduction du budget 2025. Moins probable, la nomination d’un Premier ministre de gauche. Les partis du Nouveau front populaire s’entendraient-ils ? Rien n’est moins sûr, même si à gauche, PS et Écologistes se sont dits « prêts ».

    Autre option sur la table, une nouvelle dissolution de l’Assemblée. Marine Le Pen a réitéré son souhait d’une dissolution avec l’espoir que le RN parvienne, cette fois, à obtenir une majorité. Des voix s’y préparent dans le camp présidentiel. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, assurait mardi qu’il ne fallait pas écarter la possibilité. « Une hypothèse » admise par Bayrou, selon des sources concordantes à BFM.

    Dernière option, le départ du Président. Emmanuel Macron « doit partir » si François Bayrou n’obtient pas la confiance de l’Assemblée, a répété mardi le leader insoumis, Jean-Luc Mélenchon, annonçant le dépôt à l’Assemblée d’une nouvelle motion de destitution contre le chef de l’État, le 23 septembre.

    « Il faut empêcher M. Macron de nommer pour la troisième fois un Premier ministre qui ferait la même politique. Voilà pourquoi il faut le destituer. Le chaos, c’est Macron », expliquait ce dernier, le matin, sur France inter. « Le sujet, c’est M. Macron, il doit s’en aller et le peuple français doit choisir entre la politique de l’offre de baisse du prix du travail et la politique de la relance écologique et sociale ».

    « Quand il nous dit on va pouvoir négocier sur “la flexibilité du travail”, on entend flexibilisation du marché du travail (…) Il n’y a pas de cohérence politique »

  • Hara-Kiri

    Hara-Kiri

    François Bayrou choisit de se faire Hara-Kiri. Le 8 septembre, il posera la « question de confiance » à une Assemblée nationale dans laquelle il est minoritaire. Il le sait et s’en était bien gardé en arrivant à Matignon. Avec cette décision qui est une démission de fait, il cherche à partir en martyr libéral du « sérieux budgétaire » en faisant passer les oppositions pour des irresponsables au regard du niveau de la dette publique.

    C’est cette petite musique qu’il a fait entendre, ce lundi, en expliquant aux Français que la « dette, c’est chacun de nous ».

    Comme si cette dette ne résultait pas de décisions politiques. Comme si son camp ne gouvernait pas la France depuis 8 ans. Comme si lui n’avait pas été, quatre ans durant, Haut-commissaire au plan, avec pour mission d’« éclairer les choix des pouvoirs publics ». Comme s’il n’avait pas approuvé chacun des choix fiscaux de la Macronie pour plaire aux plus riches et aux grandes entreprises tout en asséchant les recettes de l’État.

    Un si grand déficit de confiance

    François Bayrou partira le 8 septembre, c’est désormais une évidence. Avant de présenter sa potion amère pour réduire la dette,
    il aurait été bien inspiré de s’interroger sur le si grand déficit de confiance que les Français ont en lui. Dans le dernier sondage Elabe pour Les échos, 12% d’entre eux déclarent « lui accorder leur confiance pour affronter les problèmes qui se posent au pays ».

    Difficile, en effet, d’emporter l’adhésion lorsqu’on est le représentant d’une politique sanctionnée dans les urnes après
    la dissolution voulue par Emmanuel Macron.

    Puisque le président de la République a exclu une nouvelle dissolution, qu’il nomme enfin un ou une Premier ministre chargé de constituer un gouvernement de progrès qui marque un changement de politique.

    Pour l’y contraindre, les mobilisations de la rentrée seront décisives.

  • Budget d’austérité : Bayrou jouera la survie de son gouvernement devant l’Assemblée le 8 septembre

    Budget d’austérité : Bayrou jouera la survie de son gouvernement devant l’Assemblée le 8 septembre

    Ultime tentative de sauvetage ou démission préparée à l’avance ? « J’ai demandé au président de la République, qui l’a accepté, de convoquer le Parlement en session extraordinaire le lundi 8 septembre », annonce le Premier ministre, ce lundi après-midi. « j’engagerai ce jour-là la responsabilité du gouvernement sur une déclaration de politique générale », affirme-t-il devant ses ministres, dont les jours en fonction semblent comptés.

    François Bayrou invoque donc l’article 49-1 de la Constitution : « si vous avez une majorité, le gouvernement est confirmé. Si vous n’avez pas de majorité, le gouvernement tombe », prévient-il. Avec toutes les conséquences que cela pourra entraîner. Faut-il s’attendre à nouvelle dissolution pourtant écartée par le président de la République lui-même ? Les prochaines semaines seront, une nouvelle fois, déterminantes.

    à ce stade, l’issue de ce vote à venir fait peu de doutes : LFI a déjà annoncé voter contre, de même que le PCF, les écologistes et le RN. Les premières déclarations des troupes socialistes vont également en ce sens. à rappeler que ce vote se fera à la majorité absolue des suffrages exprimés. C’est un François Bayrou acculé, menacé de censure de toutes parts, qui se soumettra à la confiance du Parlement. « Choisir de ne rien faire, c’est une condamnation », justifie-t-il, assumant « prendre des risques » pour « faire comprendre aux Français le risque de la dette ».

    « La dette, c’est chacun d’entre nous »

    Au début de sa prise de parole, le chef du gouvernement a, de longues minutes durant, évoqué le contexte international, les guerres en Ukraine et à Gaza, l’impact des droits de douane américains, l’« indifférence » face au réchauffement climatique. « Un danger immédiat plane sur nous », fait valoir le maire de Pau, avant de dépeindre un tableau très alarmiste de la situation économique de la France : « notre pays est en danger parce que nous sommes au bord du surendettement », a-t-il assuré, avant de poursuivre « sur les deux dernières décennies, la dette s’est accrue de 2 000 milliards d’euros, dont 1 000 milliards entre 2015 et 2025. Depuis 20 ans, chaque heure a augmenté la dette de 12 millions supplémentaires ».

    Dans un ton culpabilisateur, il s’en est pris aux Français. « la dette, ce ne sont pas les gouvernements qui la consomment (…), la dette, c’est chacun d’entre nous », insiste-t-il. « Cette dette colossale a été, année après année, consommée en protection par les citoyens, il suffit de penser au Covid-19 (…), aux retraites (…), aux consommateurs », renchérit-il. Le Premier ministre prépare depuis la mi-juillet les Français à l’austérité.

    L’objectif avancé est 44 milliards d’euros d’économie sur le budget de l’année 2026. Pour cela, il prévoit, entre autres, une année blanche fiscale et la suppression de deux jours fériés : le lundi de Pâques et le 8-Mai, jour de victoire sur le nazisme. Une mesure largement rejetée. Un sondage Odoxa pour Le Parisien publié ce lundi indique que 84% des Français interrogés y sont opposés. « Ne débattre que des mesures, c’est oublier la nécessité du plan d’ensemble. Or, c’est le plan d’ensemble, sa nécessité et son urgence qui est la vraie question », pousse le chef du gouvernement, qui n’a, ce lundi après-midi, donné aucun détail sur ledit « plan ». Il s’exprimera, mardi, à l’événement de rentrée de la CFDT, puis jeudi, à celui du Medef.

    Déjà, la riposte se prépare. La date choisie par le chef du Modem n’est évidemment pas le fruit du hasard, elle précède de 48 heures seulement l’appel à bloquer le pays, le 10 septembre prochain, né sur les réseaux sociaux, soutenu par quelques syndicats et partis de gauche (lire ci-contre). « La France, ce n’est pas ceux qui veulent l’abattre par le désordre, c’est ceux qui veulent la construire par le courage et la générosité », commente-t-il en direct. « Le Parlement aura, le 8 septembre, la décision entre ses mains », concède-t-il.

    « Si vous avez une majorité, le gouvernement est confirmé. Si vous n’avez pas de majorité, le gouvernement tombe. »