Tag: Préfecture

  • Le préfet fait un premier bilan, obnubilé par la « lutte contre l’immigration »

    Le préfet fait un premier bilan, obnubilé par la « lutte contre l’immigration »

    « On ne peut pas penser séparément la lutte contre l’immigration clandestine et celle contre la délinquance. » Les mots du nouveau préfet de Paca et des Bouches-du-Rhône, Georges-François Leclerc, lors du bilan de ces huit premiers mois marque bien sa nouvelle stratégie. Malgré des actes de délinquances en baisse, continuant la dynamique entamée en 2024, et des chiffres de la lutte contre le narcotrafic encourageants, le haut fonctionnaire a martelé l’importance de la lutte contre les personnes en situation irrégulière.

    L’occasion pour Georges- François Leclerc de faire le bilan sur la réforme administrative de mars 2025 qui « permet une unité de commandement ». Une transformation qui a permis « de concentrer davantage les moyens et les techniques sur la lutte contre l’immigration clandestine », selon le haut fonctionnaire.

    Cette stratégie répressive des personnes en situation irrégulière s’aligne avec celle du ministre de l’Intérieur démissionnaire Bruno Retailleau incitant à plus de contrôles et plus de délivrance d’obligation à quitter le territoire (OQTF). Le préfet s’est donc félicité d’une hausse de 72% d’interpellations de personne en situation irrégulière entre janvier et août 2025, par rapport à la même période en 2024.

    Intensification des contrôles

    Une augmentation liée à une intensification des contrôles. Le commandant de gendarmerie Pierre Baillargeat affirme d’ailleurs que sur les zones rurales : « Plus de 300 gares et trains sont quotidiennement contrôlés par les gendarmes pour assurer la tranquillité des voyageurs et pour nous inscrire dans cette dynamique voulue par monsieur le préfet de contrôle des individus et de lutte contre l’immigration irrégulière », explique-t-il.

    Une hausse des contrôles qui entraîne selon le commandant « des résultats significatifs, puisque trois fois plus de personnes en séjour irrégulier ont été contrôlées cette année ». Sur les 7 111 personnes sans papiers interpellés sur les Bouches-du-Rhône, aucune information n’indique s’ils ont été appréhendés lors d’un contrôle d’identité ou d’un autre délit.

    Le préfet met d’ailleurs en avant l’augmentation des émissions d’OQTF. « À chaque fois qu’un dossier est transmis à la préfecture des Bouches-du-Rhône, il y a l’émission d’une OQTF », affirme-t-il. Cette sanction administrative oblige la personne visée à quitter le territoire sous 30 jours. Elle peut être délivrée à toutes personnes n’étant plus en régularité sur le territoire ou ayant commis des troubles à l’ordre public.

    Lutte contre le narcotrafic

    La préfète de police, Corinne Simon, est ensuite revenue sur les réussites des forces de police dans la lutte contre le narcotrafic, avec notamment la présence constante de trois unités de CRS en résidence à Marseille. La création d’une brigade de CRS « nouvelle génération », déployable sur tout le territoire répond « à cette volonté d’être omniprésent sur toute la zone », affirme-t-elle. Le préfet se félicite également du déploiement de la stratégie utilisée dans les quartiers nord sur la zone entre Belsunce, Noailles, les Réformés et la Canebière. « Il n’y a pas un jour où il n’y a pas de patrouille », précise le fonctionnaire. Une stratégie qui permet notamment le contrôle des 9 points de deal du centre-ville identifiés. Le haut fonctionnaire a également insisté sur la baisse des chiffres des actes de délinquances sur le territoire (lire ci-contre). Pas un mot en revanche sur la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, pourtant « grande cause nationale » d’Emmanuel Macron.

    Malgré les bons chiffres, la lutte contre le narcotrafic et la délinquance semblent être détrônée dans l’ordre des priorités par « lutte contre l’immigration clandestine », l’alpha et l’oméga de la politique de Bruno Retailleau, de l’État, de ses représentants… Comme de l’extrême droite.

  • Des cumuls de pluie record à Toulon et au Castellet

    Des cumuls de pluie record à Toulon et au Castellet

    Déclenchée à 16h dimanche, la vigilance orange orages, pluie et inondation s’est achevée lundi à 3h du matin. Entre temps, les importants cumuls d’eau tombés sur le Var, notamment sur le littoral, ont provoqué de sérieux dégâts. 50 000 foyers ont été privés d’électricité, dont 15 000 sur le secteur Six-Fours – Sanary. Il n’y en avait plus que 1300 lundi midi. Entre 20h et minuit, le SDIS 83 a traité plus de 500 appels et réalisé 300 reconnaissances, 165 interventions, 6 sauvetages (véhicules immergés) et 72 mises en sécurité. 105 engins ont été mobilisés en plus de l’hélicoptère de reconnaissance Dragon 06. Aucune victime n’est heureusement à déplorer.

    Procédure de catastrophe naturelle enclenchée

    Parmi les villes les plus touchées, Toulon, où on recense 122 mm de pluie, dont 90 mm en une heure, un record. Le quartier du Pont de Las a particulièrement souffert, avec des centaines de logements et caves inondés et des voitures immergées. L’école des Œillets, seul établissement touché, rouvrira ses portes jeudi. Le rez-de-chaussée du centre Mayol n’a pas pu ouvrir, de nombreuses boutiques ayant subi des dégâts.

    Dans la même zone, le match entre le RC Toulon et La Rochelle a dû être annulé, malgré la décision originelle de la Préfecture de le maintenir. Les 13 000 supporters présents au stade Mayol ont été évacués sans incident, mais non sans colère : « La Préfecture nous a rassuré quant aux conditions de sécurité, alors que le match aurait dû être annulé bien avant,. C’est de l’inconscience et de la mise en danger de la vie d’autrui ! », pestait notamment Frédéric, venu de Draguignan, ville plutôt épargnée, à l’image du centre-Var dans son ensemble. Au total, six secteurs ont fait l’objet, tout au long de la journée, d’opérations de recherche, d’assistance et de pompage sur les communes de La Garde (où le plafond de l’EHPAD du Mas de Senes s’est effondré) – La Valette ; La Seyne – Ollioules ; Saint-Cyr – Evenos – Le Beausset ; Sanary – Six-Fours ; Toulon et Toulon Ouest. Plusieurs communes ont ainsi déclenché le plan communal de sauvegarde (Toulon, La Farlède, La Valette-du-Var, La Garde).

    Le Haut-Var et le massif de la Sainte-Baume ont aussi subi d’importants cumuls, avec 136 mm à Signes, 95 mm à Saint-Maximin et 96 mm à Varages. Mais c’est au Castellet qu’on a déploré les plus fortes quantités de pluie, avec 148 mm, dont 127 mm en trois heures, records absolus. Le réseau de défense incendie est notamment impacté.

    En conséquence, le préfet a décidé d’enclencher la procédure accélérée de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle ce lundi.

  • Le Vaucluse se prépare face aux épisodes pluvieux répétés

    Le Vaucluse se prépare face aux épisodes pluvieux répétés

    L’arrière d’une voiture dépassant de quelques dizaines de centimètres de l’eau du parking inondé de Caumont-sur-Durance aura servi d’illustration des comportements à ne pas avoir en cas de fortes pluies, ce lundi 22 septembre.

    En effet, la préfecture de Vaucluse a tenu, en milieu d’après-midi, une conférence afin de lancer la campagne de prévention contre les pluies intenses, avec une période propice aux épisodes méditerranéens. Hasard du calendrier, celle-ci s’est donc déroulée au lendemain d’intempéries records sur la commune vauclusienne, avec pas moins de 133 millimètres d’eau tombés en une nuit. Si les Caumontois, hormis le conducteur du véhicule submergé, s’en sont majoritairement bien sortis « car on était bien préparés et on a appris à se gérer, car on a l’habitude », témoigne le premier édile, Claude Morel, ce ne fut pas le cas de tout le département. S’il n’y a pas eu de victimes, le Sdis de Vaucluse a en effet dénombré 260 interventions et 540 appels en lien avec le phénomène orageux, contre 140 coups de fil quotidiens en temps normal. Cent soixante-dix pompiers ont été mobilisés, et il y a eu deux interventions suite à des impacts de foudre, dont une personne qui a dû être hospitalisée. Deux mille six cents foyers ont été privés d’électricité et le campus Hannah Arendt de l’université d’Avignon, en centre-ville, est resté fermé ce lundi.

    En ce 33e anniversaire des inondations qui ont tué 46 personnes à Vaison-la-Romaine après des pluies diluviennes, le préfet de Vaucluse, Thierry Suquet, a ainsi « fait le vœu de développer la culture du risque auprès de nos concitoyens pour adopter les bons comportements afin que chacun puisse assurer sa sécurité et éviter que de tels événements se reproduisent ». Des inondations qui laissent des dégâts et dont on tient désormais compte. « Il y a de toute façon un problème d’urbanisme. C’est pour ça qu’il y a des plans de prévention du risque inondation qui limitent l’urbanisation aujourd’hui, qui imposent, quand on est dans des zones inondables de basse fréquence, de limiter les constructions, voire même, dans des secteurs qui ont été sinistrés, de ne pas reconstruire du tout. Aujourd’hui, dans la préparation à long terme, il faut repenser la ville pour qu’elle s’adapte à ce genre de phénomènes et, en particulier dans le Vaucluse, limiter les constructions en zone inondable. Ce sont des messages que l’on doit faire passer, car j’ai encore énormément de demandes », pousse le représentant de l’État. En Vaucluse, 225 000 personnes, soit 42% des habitants, vivent en zone inondable.

    Et ces épisodes de pluies intenses sont amenés à se répéter de plus en plus fréquemment.

    Épisodes fréquents

    Face à ces épisodes « deux fois plus nombreux et 12% plus intenses qu’en 1960 », précise Météo-France, les pompiers indiquent qu’il y a trois étapes pour se comporter de façon adaptée à cette situation. Tout d’abord, anticiper : en garant son véhicule en hauteur à la veille d’un épisode orageux, en préparant des réserves de nourriture pour 72 heures et du matériel de soin chez soi, tout en identifiant les personnes vulnérables. Puis se protéger en restant à l’abri chez soi ou chez des voisins si ceux-ci sont en hauteur. Enfin, se tenir informé des consignes de sécurité, car si l’eau est descendue, le danger persiste, notamment par rapport à l’électricité.

    « Il faut repenser
    la ville pour qu’elle s’adapte à ce genre de phénomènes »

  • Les orages reportent aussi RC Toulon-Stade Rochelais

    Les orages reportent aussi RC Toulon-Stade Rochelais

    C’était à craindre, certainement à prévoir. Après le report d’OM-PSG et la vigilance orange pour orage, pluie et inondations émise dimanche matin, la préfecture du Var avait tout de même décidé de maintenir la rencontre de clôture de la 3e journée de Top 14 entre le RC Toulon et La Rochelle, prévue à Mayol à 21h05, à l’issue de deux points situationnels, à 15h et 18h.

    Mais, après un échauffement sous des trombes d’eau, et à l’écoute des menaçants bruits d’orage, Jérémy Rozier, l’arbitre, a d’abord décidé de reporter la rencontre de 15 minutes.

    Match reporté au 8 ou 15 novembre ?

    La situation ne se calmant pas, avec une pelouse et même des vestiaires inondés, l’homme en noir a finalement pris la décision d’annuler définitivement la rencontre, peu avant 21h30, renvoyant chez eux les 13 000 spectateurs venus se masser tout en haut des tribunes de Mayol pour s’abriter. Une décision pour laquelle les deux entraîneurs, Pierre Mignoni, pour le RCT, et Ronan O’Gara, pour La Rochelle, poussaient en coulisses depuis quelques minutes, face à un risque de blessure avéré pour leurs joueurs. Du côté de ces derniers, certains semblaient tout de même prêts à chausser les crampons. À l’image d’Antoine Frisch, sûrement impatient de retrouver le terrain après de longs mois de convalescence : « En Irlande, ça joue ! », plaisantait-il.

    Aucune date n’a encore été officialisée pour le report de la rencontre, mais celle-ci devrait se disputer le week-end du 8, ou celui du 15 novembre, durant la trêve internationale.

  • Top 14 : Le match entre le RC Toulon et La Rochelle reporté

    Top 14 : Le match entre le RC Toulon et La Rochelle reporté

    D’abord repoussé d’un quart d’heure, le coup d’envoi du match de clôture de cette 3e journée de Top 14 entre le RC Toulon et le Stade Rochelais, qui devait se dérouler ce dimanche soir, n’aura pas lieu.

    La Préfecture du Var avait pourtant décidé de maintenir la tenue de la rencontre à l’issue des deux points presse de l’après midi, à 15h et 18h. Mais face aux pluies diluviennes qui se sont abattues sur le Stade Mayol avant le match, l’évidente impraticabilité de la pelouse et les conditions de sécurité qui n’étaient pas réunies pour les joueurs et les spectateurs a conduit l’arbitre Jérémy Rozier à prendre la décision d’annuler la rencontre.

    Aucune date de report n’a encore été officiellement annoncée, mais il se pourrait que le match se joue le week-end du 8 ou du 15 novembre, pendant la trêve internationale.

  • OM-PSG pour l’instant maintenu au Vélodrome malgré la vigilance orange

    OM-PSG pour l’instant maintenu au Vélodrome malgré la vigilance orange

    « De la grêle, une forte activité électrique, des rafales allant jusqu’à 80km/h » sont attendues dimanche, sans compter « entre 70 et 90 mm et localement jusqu’à 120 mm » de pluie qui devraient tomber « en quelques heures » dans le département des Bouches-du-Rhône, selon le bulletin de Météo France publié ce samedi 20 septembre. Le Classique entre l’Olympique de Marseille et le Paris Saint-Germain, prévu dimanche 21 septembre 2025, à 20h45, est pour le moment maintenu.

    Le département des Bouches-du-Rhône est placé en vigilance orange pour orages et pluie-inondation, à partir de dimanche midi jusqu’en milieu de nuit. « Une attention particulière est portée sur l’Huveaune qui pourrait connaître un risque de débordement, notamment sur l’Aval d’Aubagne (La Penne-sur-Huveaune et Marseille) », révèle le communiqué de la préfecture des Bouches-du-Rhône. Cette dernière précise que le match est maintenu, mais que « la situation peut être emmenée à évoluer si les conditions météorologiques s’aggravent. »

    Côté sportif : Kondogbia forfait, incertitude autour d’Aguerd

    Sur le terrain, le milieu de terrain centrafricain Geoffrey Kondogbia, touché à un mollet suite à un choc lors de la première journée de Ligue des champions, mardi, face au Real Madrid, sera absent dimanche, lors du choc de la Ligue 1 face au Paris-SG. Et une décision concernant le défenseur central marocain Nayef Aguerd, touché à la tête la semaine dernière face à Lorient et qui a suivi un protocole commotion, sera prise dimanche matin.

  • Des blocus rapidement réprimés par la police

    Des blocus rapidement réprimés par la police

    Douze blocus étaient annoncés, ce mercredi, dans les Bouches-du-Rhône, dans le cadre du mouvement citoyen « Bloquons tout », né sur les réseaux sociaux. Une opération en partie endiguée par les forces de l’ordre, mobilisées en très grand nombre dans le département et dans le reste du pays, comme l’a souligné très tôt le ministre de l’Intérieur démissionnaire Bruno Retailleau, rappelant que « 80 000 gendarmes et policiers » seraient sur le pont dans la journée.

    À Marseille, en centre-ville, le point de rendez-vous fixé à 6h30 sur la place Castellane s’est très rapidement déporté sur le boulevard Vincent-Delpuech (6e), reliant l’A50 à l’avenue Jules-Cantini, où s’est installé un bref blocus. À 7h15, la police retirait déjà les barricades disposées sur la route, que les manifestants avaient désertée pour rejoindre le boulevard Sakakini (5e), qu’ils bloqueront peu de temps avant que les forces de l’ordre n’interviennent et que la circulation reprenne normalement, aux alentours de 9h. Le même cortège s’est ensuite rendu à l’entrée du tunnel Prado-Carrénage pour tenter de bloquer le rond-point de l’Europe. Un blocus qui sera encore une fois réprimé. En parallèle, les centaines de manifestants rassemblés à la Porte d’Aix dès 6h30, ont également été repoussés et ont ensuite rejoint la passerelle de la Joliette, qu’ils sont parvenus à bloquer un temps, avant d’être de nouveau repoussés par les forces de l’ordre. Les manifestations sauvages, organisées après la manifestation officielle, dans l’après-midi, ont été réprimées par les CRS, qui à plusieurs reprises ont fait usage de gaz lacrymogènes.

    La préfecture se félicite

    « Nous avons mis en place un dispositif très agile, mobile et réactif grâce à plusieurs jours d’anticipation, ce qui permet au mouvement d’être moins virulent que prévu », se félicite la préfecture de police de Marseille en fin de matinée. « Même si nous avons constaté quelques velléités à bloquer des axes routiers importants, tel que l’A 50, l’A 55 et l’A7, les blocus ont échoué grâce à un dispositif adapté », ajoutent les représentants de l’institution. Au total dans les Bouches-du-Rhône, le bilan à 15h était de 9 interpellations, dont 2 à Arles et 7 à Marseille. Les motifs avancés sont : « Violences sur personne dépositaire de l’autorité publique, rébellion, jet de projectiles, vol, incendie de poubelle et dégradations. »

    À Toulon, le préfet annonçait en fin de matinée qu’aucun réel blocage, à La Valette, au lycée Dumont d’Urville et aux Arcs n’a perduré.

  • Contre la lesbophobie, un rassemblement bouleversant

    Contre la lesbophobie, un rassemblement bouleversant

    Une vive émotion s’est emparée de la place Félix-Baret (6e) lundi à 18h, au pied de la préfecture, où une centaine de personnes se sont rassemblées en hommage – ou « femmage » – à Caroline Grandjean-Paccoud. Mariée à une femme, la directrice d’une école de Moussages, dans le Cantal, s’est suicidée le 1er septembre, jour de la rentrée scolaire, après plusieurs mois de harcèlement lesbophobe sur son lieu de travail.

    Vécu comme un moment de recueillement collectif, le rassemblement s’est ouvert avec la lecture d’une lettre écrite par Christine Paccoud, épouse de Caroline, suivie d’une minute de silence. Dans les mains des participantes émues, un slogan revient : « La lesbophobie tue ». « Il faut le répéter encore et encore. Les LGBTphobies isolent, détruisent et tuent. Les LGBTphobies et le silence institutionnel brisent des vies. Caroline n’est pas la première », s’est indigné Camille Dutta Gupta, co-président du centre LBGT Marseille. Nous pensons à toutes celles et ceux dont les noms ne sont pas médiatisés. En vos noms, nous demandons enfin des moyens pour que vous ne soyez pas partis pour rien ».

    L’Éducation nationale mise en cause

    Parmi les institutions pointées du doigt dans l’affaire : l’Éducation nationale, accusée de ne pas avoir soutenu la fonctionnaire face au harcèlement qu’elle subissait. Après que le rectorat de Clermont-Ferrand a suggéré à Caroline Grandjean-Paccoud de changer d’établissement en 2024, une première proposition mal vécue par la directrice d’école, l’Éducation nationale a porté plainte en diffamation, en 2025, contre Remedium, auteur de bande dessinée qui avait relayé l’histoire de Caroline sur son blog « Cas d’école ».

    « La justice française et l’Éducation nationale sont coupables. Les politiques sont coupables (…) de nous faire taire lorsqu’il s’agit de nous soutenir. Nous sommes une foule en colère de t’avoir perdue, Caroline », s’est émue Ambre, militante féministe. Sophie Roques, adjointe au maire en charge de l’état civil et à l’initiative du rassemblement avec plusieurs associations locales de défense des droits LGBT, s’est elle aussi exprimée. « En tant qu’élue, je veux dire avec force que la République, l’école, les institutions ne peuvent pas rester aveugles. Elles ont le devoir de protéger, de reconnaître et de soutenir », a-t-elle rappelé. Et d’ajouter : « Son nom – celui de Caroline- portera l’exigence de combattre chaque parole, chaque geste lesbophobe. Nous portons aussi ensemble la promesse que ce combat sera mené ». Des membres de la FSU-Snuipp 13, syndicat des instituteurs, étaient présents lors du rassemblement mais n’ont pas pris la parole.

    Selon SOS homophobie, les jeunes LGBT ont 2 à 7 fois plus de risques d’effectuer une ou plusieurs tentatives de suicide au cours de leur vie que le reste de la population.

  • Inondations : l’absence de plans est un « scandale »

    Inondations : l’absence de plans est un « scandale »

    L’anecdote est particulièrement criante. La semaine dernière, place Saint-Didier à Avignon, au moment de sortir prendre une photo suite au point presse de l’association Actions Coulon, impossible d’apercevoir le témoin d’une violente crue du Rhône à la fin du XIXe siècle. Caché derrière un coffre électrique apposé sur le mur de l’église, il faut se contorsionner pour se rendre compte que l’eau est montée à plus d’1,70m. « Cela semble tellement loin pour les gens, qui ne sont pas vraiment inquiets tant qu’ils n’ont pas connu de grosses inondations », soupire Edith Bouchet, administratrice d’Actions Coulon.

    L’association veille, depuis plus de 10 ans, par des alertes et propositions sur les risques d’inondations, en particulier du Coulon-Calavon, qui coule à Apt et Cavaillon. L’an passé lors d’un point presse à la même période, elle dénonçait le projet de ré-indiguement (11km) porté par le syndicat intercommunautaire rivière Calavon-Coulon qui surinonderait volontairement certains secteurs pour en épargner d’autres. Un dossier toujours d’actualité qui fera l’objet d’une réunion publique ce mardi 9 septembre (18h30) à Caumont (salle des fêtes Roger-Orlando).

    Mais cette année, Actions Coulon a dans son viseur les PPRI (Plan de prévention du risque inondation) du Coulon aval et de la Durance, rive avignonnaise. Ou plutôt l’absence de ces documents réglementaires sur lesquels doivent s’appuyer les communes pour régir la constructibilité. « Cela fait plus de 20 ans qu’aucun préfet n’a osé engager sa responsabilité, fustige Pierre Leclerc, président d’Actions Coulon. Ces graves dysfonctionnements administratifs sont un scandale alors qu’avec le dérèglement climatique, le risque d’inondation ne fait que croître, alimenté par d’autres facteurs tels que l’urbanisation et l’artificialisation des sols. »

    « Il n’y a eu aucune consultation publique »

    Pourtant en liens réguliers avec la direction départementale des territoires, l’association a mis en demeure, début juillet, la Préfecture d’agir au plus vite sur le PPRI du Coulon aval. Sollicitée, la Préfecture (lire aussi ci-dessous) confirme avoir reçu, « le 8 juillet », le courrier et dispose de deux mois pour donner suite : « Une réponse est en cours de préparation, elle répondra à l’ensemble des points évoqués par l’association ». Fin septembre, Actions Coulon prévoit aussi de s’adresser à l’ensemble des élus et collectivités concernés car il en va « de la sécurité des Vauclusiens ».

    Côté Durance-Avignon, le PPRI a été enclenché il y a bientôt 14 ans. Si celui du Rhône date d’il y a 2 ans, « les quartiers de Courtine (hôpital, gare TGV), Monclar, Cap sud, Montfavet sont concernés [par la Durance] », rappelle Pierre Leclerc. Le Grand Avignon vient d’ailleurs de lancer une étude sur le risque inondation du futur quartier Confluences (notre édition du 27/08). « Il n’y a eu aucune consultation, réunion ou enquête publique, au fil du temps, la mémoire vivante de ceux qui ont connu de grosses crues comme en 1951 sur le Coulon-Calavon s’érode et s’éteint, or ce sont des précieuses données », fait valoir le président de l’association.

  • Une quarantaine de familles expulsées d’un camp à La Capelette

    Une quarantaine de familles expulsées d’un camp à La Capelette

    « Ici, on avait un campement, des chambres, on était là depuis dix ans. Maintenant, on va devoir dormir dehors ! ». Devant la dizaine de camions de CRS et l’accès bloqué au camp situé au 28 boulevard des Aciéries à Marseille, dans le quartier de La Capelette, plusieurs habitants des lieux font part de leur désarroi. À 8 heures, ce jeudi, ils ont reçu la visite des forces de l’ordre dans le cadre d’une « évacuation » des lieux, suite à une décision de Georges-François Leclerc, préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

    Une évacuation « avec le concours de la force publique et pour mettre un terme à des conditions de vie indignes », selon la préfecture. Cette dernière explique que « les occupants, dont plus d’une quarantaine d’enfants mineurs, vivaient sur un site infesté de nuisibles et sur lequel était entreposé un volume de 27 000 m³ de déchets de toute nature, dont certains dangereux pour leur santé ». Le tout, sur un « site, propriété de l’État, classé en zone rouge du plan de prévention des risques d’inondation ». Si les ex-habitants des lieux déplorent la décision, la Préfecture assure que le lieu était « squatté depuis 2017 » et le qualifie de « bidonville ». D’où « une ordonnance d’expulsion en date du 25 janvier 2018 confirmée par un arrêt de la cour d’appel d’Aix-en-Provence du 21 mars 2019 ». Concrètement, le terrain abritait 108 personnes, selon les services de l’état. L’association Bamanan, qui les suivait, estime à environ 80 le nombre de familles sur le site, dont de nombreux minots, même si moins d’une quarantaine était présente, ce jeudi matin.

    « Ils n’ont eu que 15 minutes »

    « Ils espéraient avoir un délai avant de partir, là ils n’ont eu que 15 minutes ! Ce n’était pas un squat, le terrain qui appartient à l’Armée avait été mis à disposition », assure Aïcha, l’une des membres de l’association. Elle explique que l’expulsion « s’est bien déroulée », mais dénonce : « Seules les familles avec enfants ont été prises en charge, pas les autres ». De son côté, la Préfecture assure qu’une « solution de mise à l’abri en hôtel a été proposée aux personnes vulnérables. Les autres occupants se sont dispersés par eux-mêmes et dans le calme. Afin de proposer des solutions aux familles ayant quitté les lieux, plusieurs dispositifs subventionnés par l’État seront maintenus pour assurer un suivi social des familles […] ».

    Pas de quoi convaincre la mairie de Marseille. Audrey Garino (PCF), adjointe au maire en charge de l’Action sociale, explique que « la Ville n’était pas partie prenante de cette expulsion et déplore que les mises à l’abri ne soient plus totales lors de ce type d’évacuation ». Plus que ça, elle « condamne le changement de cap des services de l’état » sur le sujet. « Tous les publics à la rue doivent trouver des solutions de mise à l’abri et c’est la mission des services de l’état », conclut-elle.

    Des propos qui font écho à la position de l’avocate des familles, Me Noémie Zerbib. Si elle reconnaît qu’une « ordonnance est intervenue en 2018 et ordonnait une expulsion », elle précise que « la décision n’a jamais été mise en exécution ». « On a saisi le juge d’exécution pour obtenir un délai et avoir un relogement dans des conditions humaines, on a ensuite saisi la cour d’appel avec une demande de suspension d’exécution. Il y a une procédure en cours, on attendait que le premier président de la cour d’appel statue sur notre demande », développe-t-elle. Avant de dénoncer « des conditions déplorables d’expulsion avec des enfants qui doivent rentrer à l’école, des affaires à récupérer et certaines familles pas prises en charge ». En effet, nous avons pu constater qu’a minima, une famille avec un enfant n’avait pas été relogée.