Tag: Préfecture

  • La préfecture a débloqué la situation des trois salariés

    La préfecture a débloqué la situation des trois salariés

    Vous nous avez sauvés ! Je vais recevoir ma carte de séjour qui sera valable jusqu’en 2035 et je reprends le travail lundi. Merci, merci ! J’étais désespérée. Je me demandais comment j’allais faire. Merci à La Marseillaise, vous êtes notre sauveur ! », exulte Mariama, 43 ans, mère de quatre enfants âgés de 9 à 16 ans, dont le titre de séjour avait expiré malgré ses démarches pour son renouvellement. Elle nous confirme la reprise lundi de son contrat de travail d’agent de production chez Kalhyge. La blanchisserie industrielle du chemin de Saint-Jean-du Désert (5e) avait dû la suspendre, dans l’attente du renouvellement de sa carte décennale de séjour.

    Une carte de séjour provisoire de trois mois lui a été délivrée jeudi avec une convocation pour se voir remettre sa nouvelle et troisième carte de séjour de dix ans. Elle avait perçu son dernier salaire de 1 700 euros et s’accrochait à la promesse faite par son employeur de la reprendre dès qu’elle obtiendrait la carte. L’entreprise n’avait pas d’alternative, le Code du travail l’oblige dans cette situation à suspendre la relation contractuelle. Mariama consultait régulièrement son dossier en ligne qui lui indiquait que sa nouvelle carte était « en construction ».

    « Tous les salariés étaient contents »

    Le délégué syndical CGT de l’entreprise, Kamel Bouanani, s’était immédiatement mobilisé pour venir en aide à cette mère et à deux autres salariés de l’entreprise placés dans la même situation : le dossier de renouvellement était quelque part en stand-by dans les méandres informatiques de la plateforme Anef (Administration numérique pour les étrangers en France) qui depuis juillet 2024 dématérialise complètement les démarches. Pour le syndicaliste, cela génère des situations extrêmement injustes et pénalisantes. « Les salariés comme les employeurs se retrouvent sans recours immédiat, la décision relevant exclusivement de la préfecture. Cette situation crée une impasse sociale et humaine inacceptable. »

    Faute de titre de séjour valide, le Code du travail ne laisse en réalité pas de choix à l’employeur, sauf à s’exposer à des poursuites pénales. « Nul ne peut, directement ou par personne interposée, embaucher, conserver à son service ou employer pour quelque durée que ce soit un étranger non muni du titre l’autorisant à exercer une activité salariée en France » dispose l’article L. 8256-2 du Code du travail modifié en janvier 2024 qui punit sa violation de cinq ans de prison et d’une amende de 30 000 euros. L’amende est en outre appliquée « autant de fois qu’il y a d’étrangers concernés ». La loi Immigration de janvier 2024 a même ajouté une amende administrative à l’employeur allant jusqu’à 5 000 fois le minimum garanti soit plus de 20 000 euros par salarié en infraction.

    L’article de La Marseillaise relatant cette terrible injustice aux lourdes conséquences humaines et sociales, a fait immédiatement réagir la Préfecture des Bouches-du-Rhône dont les agents se sont investis pour débloquer la situation. « C’est bon pour nos collègues. Un reprend le travail cet après-midi et les deux autres lundi », soupire de soulagement Kamel Bouanani. « Tous les salariés étaient contents d’apprendre que leurs collègues reprennent et au nom de tous les salariés nous remercions beaucoup La Marseillaise d’avoir relayé notre alerte. » La CGT a revendiqué de manière constante la délivrance d’un titre de séjour de plein droit pour tout travailleur.

    Des dysfonctionnements de la plateforme Anef remontent régulièrement et sont dénoncés comme des atteintes à l’exercice effectif des droits au séjour. Il faut saluer l’intervention rapide de la préfecture des Bouches-du-Rhône désireuse de trouver une solution pour ces trois travailleurs.

  • À Marseille, leur carte de séjour a expiré, des salariés sont suspendus

    À Marseille, leur carte de séjour a expiré, des salariés sont suspendus

    Émoi chez les salariés de Kalhyge, la blanchisserie industrielle située chemin de Saint-Jean-du-désert (5e) à l’annonce par la direction de la suspension des contrats de travail de salariés dont le titre de séjour n’a pu être renouvelé. Trois salariés plongent dans l’inconnu. Parmi eux une mère de quatre enfants.

    « Vendredi après-midi, deux salariés en CDI et un autre en CDD ont reçu un coup de téléphone de la direction leur annonçant que leur contrat de travail était suspendu suite au non-renouvellement de leur titre de séjour », alerte Kamel Bouanani, délégué syndical CGT de l’établissement qui emploie 134 salariés dont environ 80% sont de nationalité étrangère. « C’est très inquiétant. Ces salariés résident légalement en France depuis de nombreuses années. D’autres entreprises sont confrontées à des situations similaires, liées aux délais et décisions des préfectures. Nous constatons également que certaines entreprises profitent de ce contexte pour ne pas remplacer les salariés concernés, ce qui engendre une forte précarisation des salariés, des difficultés organisationnelles sur les sites, et surtout un véritable vide juridique, les salariés comme les employeurs se retrouvant sans recours immédiat, la décision relevant exclusivement de la préfecture. Cette situation crée une impasse sociale et humaine inacceptable », alerte le syndicaliste.

    « Ça sera trop dur sans salaire »

    Mariama, 43 ans, mère de quatre enfants, est agent de production en CDI depuis 2023. « Le travail m’a appelé pour me dire de ne pas venir lundi car mon récépissé avait expiré. » Ressortissante comorienne, elle vit en France depuis 1998. « C’était ma 2e carte de séjour après celle de 2015. J’ai fait les démarches de renouvellement en juin avant son expiration le 23 septembre. On m’a dit que tout était ok. Puis j’ai eu une prolongation de 3 mois qui a fini le 23 décembre. » Depuis juillet 2024, les démarches sont dématérialisées sur le site Anef (Administration numérique pour les étrangers en France). « Sur mon dossier en ligne, ils me marquent que ma carte est “en construction” », ne comprend pas Mariama qui s’est rapprochée de la Cimade pour interpeller la Préfecture. « Ça sera trop dur sans salaire. J’ai quatre enfants de 9, 12, 15 et 16 ans, un loyer de 935 euros et des factures à payer. » Elle a perçu son dernier salaire de 1 700 euros et se raccroche à la promesse faite par son employeur de la reprendre dès qu’elle obtiendra la carte.

    L’UL CGT des quartiers nord avait alerté la semaine dernière du refus de délivrance par la préfecture d’une carte de séjour à un salarié de Primark.

  • Mohammed, médiateur à Marseille, en grève de la faim pour interpeller l’État

    Mohammed, médiateur à Marseille, en grève de la faim pour interpeller l’État

    « Je suis prêt à dormir là », Mohammed Benmeddour, éducateur au sein de l’association Apis, a entamé, comme annoncé, sa grève de la faim ce mercredi 21 janvier. Il campe devant la préfecture avec Kaïs, 19 ans, tout juste sorti de prison et qui n’a nulle part où aller. Mohammed l’a récupéré à proximité d’un point de deal. « Je m’étais fait mon squat dans un bâtiment abandonné, un lit avec des couvertures, mais l’eau elle sort orange des tuyaux et il n’y a pas d’électricité », raconte Kaïs. Il est allé à France Travail affirme-t-il mais on ne l’a pas rappelé.

    Après avoir interpellé Emmanuel Macron lors de sa venue à Marseille le 16 décembre puis le ministre du logement la semaine dernière sur le manque de moyens mis dans la prévention pour éviter que les jeunes ne tombent dans le narcotrafic, sans succès, Mohammed réclame un dispositif d’urgence pour « ces jeunes qui veulent s’en sortir ».

    La préfète à l’écoute

    Interrogée, la préfète à l’égalité des chances, Isabelle Épaillard, assure avoir fait le nécessaire. « M. Benmeddour a contacté la préfecture de police la semaine dernière, on a regardé ce que l’on pouvait faire. Ce jeune homme est suivi par le service pénitentiaire d’insertion et de probation. Aucun retard n’a été pris dans la prise en charge », précise-t-elle ajoutant qu’une place a été trouvée en centre d’hébergement. Et d’ajouter que la préfecture a « fait le lien » entre France Travail et la mission locale. Mais pour Mohammed, la place trouvée ne correspond pas au profil du jeune homme…

  • Une grève de la faim pour que l’État agisse sur le narcotrafic

    Une grève de la faim pour que l’État agisse sur le narcotrafic

    Le bout du bout… Mohammed Benmeddour, médiateur avec l’association Apis depuis de nombreuses années, a décidé d’entamer une grève de la faim pour qu’enfin « l’État agisse sur le narcotrafic ». « J’ai récupéré un jeune à deux doigts de replonger. Il sort de prison, il s’est déjà pris une balle dans le genou, il n’a nulle part où aller et personne ne nous aide. Pire, on nous met des bâtons dans les roues », raconte-t-il, visiblement fatigué.

    Alors, il installera son lit de camp et celui de son protégé devant la préfecture, dès ce mercredi 21 janvier, « pour qu’on nous reçoive ». Lors de la venue du président de la République à Marseille, le 16 décembre dernier, Mohammed avait pu lui rappeler leur première rencontre en 2021, à la cité Bassens. Il lui réclamait déjà des moyens.

    Depuis, il a créé un projet de médiation nomade « peu suivi », déplore-t-il, allant notamment à la rencontre des jeunes au pied des immeubles.

    Dès qu’il en a l’occasion, le médiateur n’hésite pas à prendre la parole devant les caméras pour faire entendre sa voix et surtout celle de ceux qui « cherchent à s’en sortir ». Si Emmanuel Macron a publiquement pris l’engagement de soutenir la prévention et l’éducation, « d’accompagner les jeunes », Mohammed n’a rien vu venir. « Aucune suite n’a été donnée. J’ai même interpellé Vincent Jeanbrun, [ministre du Logement Ndlr] à la Maurelette ce vendredi, mais rien du tout », assure-t-il.

    Ultime recours

    Déplorant les effets d’annonce et de communication au fil des visites ministérielles et présidentielles, il s’indigne : « Je fais le travail le plus difficile, je vais à la rencontre des jeunes sur les points de deal, je vais parler avec des gars en prison et derrière, ça ne suit pas, on ne nous considère pas. Là, on a un cas concret. Je ne m’alimenterai plus jusqu’à ce qu’on me donne une réponse. C’est mon dernier recours ».

  • Immigration illégale en Vaucluse : des chiffres qui interpellent

    Immigration illégale en Vaucluse : des chiffres qui interpellent

    Fin août, la préfecture avait communiqué sur les expulsions de ressortissants étrangers en situation irrégulière, détaillant les CV « dangereux » de 5 d’entre eux. Une communication également relayée sur les réseaux sociaux de la préfecture, faisant énormément réagir. Une situation qui vient de se reproduire. En milieu de semaine dernière, la préfecture a délivré un bilan annuel des interpellations d’étrangers en situation irrégulière.

    Ainsi, 1 069 étrangers irréguliers ont été interpellés, « soit une hausse de 28% », précise la préfecture. « Cette mobilisation a abouti à la prise de 1 265 mesures d’éloignement, type obligation de quitter le territoire français (OQTF), contre 891 en 2024 (+41%) », enchaîne la préfecture. 193 OQTF ont été réalisées. Cela « s’explique en grande partie par les difficultés d’identification et de délivrance de laissez-passer par les consulats », justifie la préfecture, en insistant sur le fait que 40 étrangers expulsés sortaient de prison.

    Des données qui font réagir diversement : « 1 000 interpellés, 193 expulsés… il en manque juste 807 qui sont retournés dans la nature », ou « Bravo mais on pourrait largement faire mieux ». D’autres sont plus mesurés, tel Pierre Platon, retraité CGT, soulignant que ce « bilan n’est que celui établi pour faire plaisir à la politique répressive du gouvernement ». Ou pointent des « OQTF prononcées sans aucun discernement, à l’encontre de gens qui sont intégrés depuis longtemps et exercent un métier difficile dans des secteurs en crise ». Cela rappelle le cas de Fatou, une Ivoirienne alternante (notre édition du 9/12). Conclusion ironique : « J’ai hâte de voir les Vauclusiens dans les champs ramasser les fruits à la place de ces personnes qui font le taf et dont ils ne veulent pas. »

  • [Entretien] Simon Babre : « Faire de la prévention des risques une force naturelle »

    [Entretien] Simon Babre : « Faire de la prévention des risques une force naturelle »

    La Marseillaise : Le fil rouge de vos vœux pour 2026, c’est la prévention…

    Simon Babre : Alors, ça peut comme ça sembler un peu bizarre, mais je mesure, depuis que j’ai pris mon poste il y a sept mois, l’extrême acuité des risques naturels. On a fait le décompte, l’année dernière en 2025 : le Var a été décrété par Météo France 100 fois en vigilance jaune et 9 fois en vigilance orange, ce qui représente un tiers de l’année. Donc, nous avons passé collectivement un tiers de l’année en vigilance décrétée par Météo France. Nous avons eu les crues du 20 mai 2025, qui sont les plus graves que nous avons eues l’an dernier, avec trois morts au Lavandou, où il est tombé 255 mm en 3 heures. Vu la hauteur des flots à Cavalière et la force des courants, aucun ouvrage de prévention du type de ceux qu’on fait dans les programmes d’action de prévention des inondations ne serait pertinent. Et la seule solution, sous réserve de confirmation d’une étude qui est en œuvre, ce sera de déplacer les maisons.

    Pourtant, la rivière est longue de 1 800 mètres seulement. Donc, pour moi, c’est un peu le paroxysme de la crise climatique et de ce à quoi il va falloir qu’on travaille, même si on a déjà fait plein de choses. L’objectif est de faire de la prévention des risques une force naturelle, comme devaient l’annoncer nos cartes de vœux.

    Vous dites que l’on est en train de changer d’échelle…

    S. B. : L’année 2025 confirme l’idée qui n’est pas nouvelle, mais qui s’installe petit à petit dans les esprits, en tout cas dans l’esprit des décideurs publics, qu’on change de monde, qu’on change de dimension en matière de dérèglement climatique. J’ajoute à ça l’érosion côtière, le fait que le Var est le département le plus concerné de France, en tout cas de l’Hexagone, par l’érosion côtière. Mais également les 180 départs de feu qu’on a eu cet été dans le Var, qui fort heureusement ont été très vite jugulés. Cela conduit à considérer que nous avons des risques maximums et que le dérèglement climatique les accentue. Qu’on est aux avant-postes en France hexagonale sur l’impact et les conséquences de ces risques et qu’il nous faut absolument jouer collectif et faire toujours plus en matière de prévention.

    Concernant les départs d’incendie, comment lutter efficacement ?

    S. B. : Plus que jamais, la priorité doit être donnée aux obligations légales de débroussaillement (OLD). Mais nous ne sommes qu’à 30% de mise en œuvre des OLD en moyenne, chaque année, dans le département. J’aimerais qu’en 2026, on réfléchisse, avec tous les acteurs du département, à réconcilier mise en œuvre de ces OLD, dans un des départements les plus boisés de France, et la valorisation de la ressource bois. D’autant qu’on a des usines de production d’électricité qui utilisent la biomasse et qui ont en ce moment des difficultés à trouver de la ressource bois. Le prix de la ressource bois augmente, alors même que le prélèvement reste plus ou moins stable. Cela pourrait même permettre d’intéresser les propriétaires financièrement à réaliser leurs obligations de débroussaillement.

    Je suis également un fervent partisan des coupures agricoles, c’est-à-dire remettre des cultures dans ce que l’on a cartographié comme des couloirs de feu. Créer ces coupures agricoles avec des espèces cultivées plus résistantes à l’incendie que notre forêt méditerranéenne classique, c’est une voie d’avenir. On a trois ou quatre demandes d’autorisation à l’instruction aujourd’hui dans le Var.

    En matière de transports, comment se dessine l’avenir du Var ?

    S. B. : Dans les grands projets qui me semblent très porteurs pour le département, je citerai la LNPCA [Ligne Nouvelle Provence Côte d’Azur, Ndlr], avec tous les investissements qui vont s’amplifier et la promesse qui sera bientôt concrétisée d’un train par quart d’heure entre Saint-Cyr et Carnoules, et qui va faire de la voie ferrée la colonne vertébrale des transports publics dans le département. Avec, ensuite, tous les projets d’intermodalité qui vont s’organiser autour. Là un BHNS (Bus à haut niveau de service), je rappelle que l’État a versé 40 millions d’euros pour le BHNS de la Métropole de Toulon, ailleurs des voies de covoiturage. Ici, des bus, ailleurs des pistes cyclables. Et tout ça va prendre place dans une stratégie qui sera labellisée, qu’on appelle le Serm, le Service Express Régional Métropolitain. Et ce sont plus de 600 millions d’euros qui sont prévus dès lors que nous aurons la labellisation pour révolutionner la mobilité dans le département.

    Concernant la pénurie de logements sociaux, 2026 marquera l’année du bilan triennal. Allez-vous, comme votre prédécesseur, adopter une politique de fermeté ?

    S. B. : En la matière, l’année 2025 est plutôt très bonne, puisqu’on a labellisé, du côté des services de l’État, 2 212 logements sociaux, ce qui est un record depuis 8 ans. Ça a toujours été une politique constante de l’État et du représentant de l’État dans le département. Et je ne varie pas par rapport à mon prédécesseur, ni par rapport à ceux qui l’ont précédé. Produire du logement social reste une des priorités essentielles qui devraient être celles des pouvoirs publics, quels qu’ils soient, sur tout le département. Ce qui a changé la donne, c’est qu’en 2025, on a décidé de réconcilier cette injonction de production de logements avec d’autres enjeux, de sobriété foncière notamment et d’usage du foncier qui soit adapté à ce qu’est le Var. Et c’est le préfet de région qui a pris cette décision. Il a dit : en fait, les aides à la pierre, qui sont l’outil d’action de l’État pour favoriser la création de logements sociaux, directement versées aux bailleurs sociaux, au lieu d’être calculées forfaitairement par type de logement, vont être majorées lorsque l’on est face à des opérations de réhabilitation, restructuration, destruction, reconstruction. Et on est passé d’une aide qui était à 8 000 euros à une aide qui est à 35 000 euros pour un T2, dès lors que le T2 prend place dans un ensemble réhabilité, donc sans consommation ni d’espaces naturels, ni d’espaces agricoles. Donc, on a des friches urbaines, on a des friches commerciales, on a des maisons de village qui sont abandonnées, on a des taux de vacances dans chacun des villages du Var entre 5 et 7%. Et donc il y a moyen d’intéresser les acteurs du logement à faire de l’acquisition réhabilitation, plutôt que de continuer comme avant, c’est-à-dire d’entropiser des surfaces vierges.

    Cela va-t-il suffire ?

    S. B : Alors il faudrait qu’on ait pendant 5 ans ce rythme qui se maintienne pour qu’on arrive à diminuer les files d’attente et à faire que les plus nécessiteux de nos concitoyens puissent trouver plus rapidement des logements sociaux.

    Dans cette année d’élections municipales, après les différentes plaintes mettant en avant des fraudes supposées à Toulon dans le quartier de la Beaucaire en 2021, comment garantir cette fois l’entière honnêteté du scrutin ?

    S. B : C’est la responsabilité des services de la préfecture d’être un des acteurs majeurs de la sincérité du scrutin. Par les règles qui sont rappelées aux organisateurs du scrutin municipal que sont les mairies. Par les commissions de recours qui sont aussi organisées par la préfecture avec la présence de magistrats. La fraude est intolérable en la matière car c’est notre constitution démocratique en elle-même qui est remise en cause. Je suis très déterminé à ce que l’équité dans le scrutin puisse être absolument respectée. Depuis que je suis arrivé, on a instauré une lettre numérique qui, tous les quinze jours, est adressée aux maires. C’est pour nous un des outils majeurs de diffusion des règles à tous les maires qui vont organiser l’élection. J’ai l’occasion d’en rencontrer de différentes sensibilités qui viennent me faire part de leurs craintes. L’occasion de leur rappeler, par exemple, que la présence de scrutateurs dans les bureaux de vote est absolument essentielle. Et qu’il y a des règles de base de fonctionnement d’un bureau qui doivent être répétées à ceux qui président, à ceux qui scrutent, à ceux qui sont observateurs dans les bureaux de vote, et dont la discipline est la garantie fondamentale de la sincérité du scrutin.

  • Les impacts de la base navale sur les populations

    Les impacts de la base navale sur les populations

    Durant la réunion du Comité d’information qui s’est réuni en préfecture le 8 janvier, le sujet de l’application du plan particulier d’intervention nucléaire du port militaire, et la mise à disposition en juin dernier des comprimés d’iode dans les pharmacies des communes concernées, ont été abordés. La FNE remerciant pour cette « étape importante qui a été appréciée ».

    Mais des précisions ont été demandées au niveau de la surveillance radiologique, en précisant que l’autorité de sûreté pour la surveillance des sites civils demande l’installation de stations de mesure à la périphérie des sites suivant les points cardinaux et sous l’influence des vents dominants. L’océanographe Dominique Calmet relevant que les stations de la base navale sont installées au Nord, à l’Est et l’Ouest du site mais qu’aucune pour l’heure n’est installée au Sud, dans l’axe du Mistral, à Saint-Mandrier.

    Les autorités ont expliqué que l’installation d’une balise de surveillance en territoire civil relève de l’Autorité de sûreté nucléaire mais que le sujet reste à l’étude.

    Le responsable associatif a rappelé également l’accident survenu sur le chantier de refonte d’un appontement de la zone Milhaud, le 18 août dernier, au cours duquel quatre salariés d’une entreprise sous-traitante de la Défense présents sur une barge ont été blessés. Parmi les causes envisagées, l’explosion d’un obus datant de la Seconde Guerre mondiale dans les sédiments.

    Risques neutralisés ?

    « Si cette hypothèse est confirmée, un risque d’explosion d’anciennes munitions existe donc pour les navires à propulsion nucléaire à quai ou manœuvrant à proximité des quais », s’inquiète l’APE.

    Ce que l’on sait c’est qu’une enquête technique est en cours et qu’« il n’y aura pas de reprise des travaux dans cette zone avant d’en connaître les conclusions ». Mais qu’« il n’y a eu aucun impact sur les activités nucléaires du port ».

    L’autre sujet important évoqué par Dominique Calmet concerne les épaves toujours présentes le long du littoral du site de stockage des hydrocarbures du Lazaret. Une mise en œuvre, comme cela a été fait sur la partie civile, très attendue a précisé Dominique Calmet en pointant que la zone de ces échouages se trouve à proximité des tables de mytilicultures et piscicoles ce qui présente une menace de pollutions chimiques.

    Là encore la réponse a été rassurante avec une action qui devrait être réalisée rapidement.

  • Le tribunal confisque la cave louée à un précaire à Marseille

    Le tribunal confisque la cave louée à un précaire à Marseille

    Un agent immobilier et sa SCI ont été reconnus coupables de soumission de personne vulnérable à des conditions d’hébergement incompatibles avec la dignité humaine et refus de relogement du jeune occupant de la cave située 48 rue Curiol (1er) à Marseille, définitivement interdite à l’habitation par arrêté préfectoral d’insalubrité.

    Christian Castel, 67 ans, qui avait boudé son procès et n’était pas non plus présent, mardi, au délibéré, a écopé de 2 ans de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende. Son bien immobilier est confisqué. Il lui est fait interdiction d‘acheter tout bien immobilier à usage d’habitation pendant trois ans. La SCI dont il est le gérant est condamnée à 20 000 euros d’amende mais avec sursis. La Ville, partie civile dans les procès d’habitat indigne, se voit allouer 1 000 euros au titre du préjudice moral et 1 500 euros pour ses frais de justice.

    « Il devait être aux abois »

    S’assurant une rentabilité de 25%, le propriétaire louait 300 euros par mois dont 20 euros de charge et 40 euros d’électricité depuis 4 ans cette cave humide achetée en 2010 pour 15 000 euros et pourtant décrite dans le règlement de copropriété comme un « local indépendant à usage commercial ». Le lot de 17 m² était composé d’une pièce principale de 9 m² et d’une salle d’eau de 2,6 m², équipé d’une petite fenêtre en soupirail donnant à même le trottoir de la rue. Après signalement par le syndic aux autorités, un arrêté préfectoral d’insalubrité a été pris le 13 novembre 2024 interdisant définitivement ce « local impropre à l’habitation compte tenu de l’éclairement naturel insuffisant ». Le bail indiquait mensongèrement que le local faisait 30 m² et présentait la location comme meublée alors qu’aucun meuble n’était fourni, mis à part un chauffage, une plaque et un petit frigo.

    Pour le tribunal, la vulnérabilité du locataire est patente, s’agissant d’un jeune homme de 22 ans en grande précarité sociale et économique, arrivé seul et mineur en France et auparavant logé dans des foyers d’urgence. Le propriétaire ayant même déclaré en audition « il devait être aux abois pour prendre quelque chose comme ça ». Après un passage en hôpital psychiatrique, le jeune a été relogé par un bailleur social.

    Christian Castel est propriétaire de 9 logements en plus du sien. Il tire de son patrimoine un revenu locatif de 3 660 euros par mois. La police a visité trois de ses logements rue Fortuné-Jourdan, rue Sainte-Thérèse et rue Docteur Laennec notant que certains d’entre eux étaient « proches de l’insalubrité ». Il est par ailleurs l’objet d’une enquête pour la location d’une autre cave au 100 rue Saint-Savournin frappé aussi d’un arrêté d’insalubrité et où vivait jusqu’à 4 migrants. L’année 2025 a connu un regain de prise d’arrêtés préfectoraux d’insalubrité dans les Bouches-du-Rhône. L’analyse de 140 des 187 arrêtés publiés à ce jour au recueil de la préfecture permet de préciser que 89 arrêtés engageaient la procédure à l’encontre de propriétaires sur tout le département dont 43 à Marseille. 44 arrêtés ont acté la fin de la procédure après constat de travaux réalisés ou de démolition. Sept arrêtés ont prononcé des astreintes jusqu’à 200 euros par jour.

  • Déjà 50 SDF mis à l’abri du froid au stade Vallier de Marseille

    Déjà 50 SDF mis à l’abri du froid au stade Vallier de Marseille

    Dimanche, 39 hommes sans abri ont dormi sur ces lits de camp et 38 femmes et enfants qui étaient à la rue ont été hébergés en hôtel. » Au stade Vallier, Audrey Garino est venue faire un point avec les équipes partenaires du SIAO (Ville, Samu social, Croix Rouge et Direction des services de solidarité de la préfecture), soit une vingtaine d’agents qui se relaient sur l’accueil.

    Il est 10h30 et une dizaine d’hommes y sont encore à se réchauffer. « Il y a déjà 50 inscriptions pour la soirée, précise l’élue municipale (PCF) en charge de la solidarité. On reste ouvert au moins jusqu’à jeudi ou vendredi. » Dans l’ambiance feutrée dans ce gymnase réquisitionné, encore plongé dans l’obscurité, ils sont quelques uns à émerger des couvertures sur les lits de camp. La nuit a été dure. « J’étais depuis une semaine près des Docks, mais avec le vent qui traverse le duvet, on n’arrive plus à dormir », explique Maxime, 43 ans, agent d’entretien intérimaire, qui vit depuis quelques semaines dans la rue, après 3 ans d’hébergement « à droite, à gauche ». Il a fait la route depuis Toulouse avec Ludo, 51 ans, parti se resservir une tasse de café et embarquer une madeleine « pour reprendre des forces avant d’aller faire la manche ». Ils rejoignent Tony, marseillais « à la rue depuis trois ans » à une table. Tous sont chaudement vétus, mais ont encore du mal à se réchauffer.

    « Le 115 n’a pas de place »

    « La douche est glacée », regrette Ludo. Habitué du dispositif d’urgence, Tony les rassure : « Il y a toujours un temps de mise en route. Le disjoncteur pète, après ça va… » Gilles Aspinas, délégué (PCF) aux affaires sociales confirme : « Vous pouvez y aller, tout est rétabli. » Pour Ludo, « le problème c’est le manque de logements sociaux, à la base ». Comme les deux autres, il est célibataire « donc pas prioritaire. Alors difficile de se remettre en selle. D’autant que je me suis fait volé mes papiers ». Tony lui indique les agents à l’accueil : « Les services sociaux sont réactifs, ils vont t’aider. »

    Hamad s’avance sur ses béquilles pour demander « un gros sweat ». Emmitouflé dans une parka élimée et trop large, il décrit : « J’ai tout perdu d’un coup, mon logement, mis en péril. Mon boulot, mis en liquidation. » En un an et demi de rue, il n’a décroché « que des jobs au black, du coup, personne ne me loue ». Comme les trois autres, il « refuse de squatter ». Depuis, sa « bascule », il a tenté comme les autres « le 115, à de nombreuses reprises, mais il n’y a jamais de place ».

    En novembre dernier, durant la première vague de froid de cet hiver, Vallier a abrité 81 personnes. Ces ouvertures récurrentes restent temporaires. Un manque de places structurel sur lequel la Ville alerte depuis des années les services d’un gouvernement loin de son objectif « Zéro SDF ».

  • Baptême du feu arrosé pour la nouvelle préfète de l’Hérault

    Baptême du feu arrosé pour la nouvelle préfète de l’Hérault

    Pour les représentants de l’État qui changent régulièrement de poste, les prises de fonction sont souvent des marronniers sans grand intérêt. Celle de Chantal Mauchet n’a rien eu d’un parcours de santé. Entre les fortes intempéries et la crise bovine, l’ancienne préfète de l’Ain a connu un baptême du feu mouvementé, lundi 22 décembre.

    Un département en vigilance orange pluie/inondations/orages, des cours d’eau en vigilance rouge, des dizaines de routes barrées, une centaine d’interventions des secours à coordonner, 3 000 foyers privés d’électricité à Montpellier ou Palavas… Sans oublier, en parallèle, la vaccination d’une douzaine d’élevages dans 18 communes avec l’appui de la Chambre d’agriculture et du Sdis. Au lieu des cocktails de bienvenue, les premiers jours de Chantal Mauchet ont été consacrés à gérer les urgences. « Les vaccins sont arrivés et disponibles, cela va aller très vite », a-t-elle promis pour rassurer les éleveurs dont les bovins sont sous la menace de la dermatose nodulaire contagieuse.

    Pour avoir été en contact avec des responsables agricoles, Chantal Mauchet promet de garder un œil attentif sur la conchyliculture qui « pourrait souffrir des pluies abondantes ». Se sachant dans une région viticole, elle assure vouloir mettre en place le plan d’urgence du gouvernement.

    « Ferme »

    sur le narcotrafic

    Nommée en Ariège (2018) puis dans le Tarn-et-Garonne, l’énarque de 61 ans titulaire d’une maîtrise de droit et d’une licence d’ethnologie, devient la première préfète de l’Hérault. « Je suis très honorée. Je tiens à faire vivre l’égalité, l’éducation, la prévention. Je veux déconstruire les stéréotypes, travail dès l’enfance mené par l’Éducation nationale. » À moins de 3 mois des municipales, la représentante de l’État tient aussi à promouvoir la parité. « Parfois les femmes peuvent s’autocensurer sur les compétences, la gestion des temps. Je veux leur apporter une aide, un appui pour être candidates. »

    En ce début 2026, Chantal Mauchet va profiter des cérémonies de vœux pour aller à la rencontre des élus et forces vives. « Je suis pragmatique, j’aime aller sur le terrain. Je joue collectif, j’ai l’habitude de demander l’avis des services et je tiens à bien comprendre mon département pour ne pas prendre de décision hors-sol. »

    Il y a bien des sujets sur lesquels elle veut d’emblée s’affirmer. Le projet décrié de Contournement ouest de Montpellier (COM) va suivre son cours avec les fouilles puis le début des travaux fin 2026 ou début 2027. À l’instar de son prédécesseur François-Xavier Lauch, la nouvelle préfète promet « une grande fermeté contre le narcotrafic ». « Nous allons continuer d’agir sur le terrain contre ces criminels. » Les opérations anti-délinquance (ex-Places nettes) seront poursuivies, ainsi que les fermetures administratives d’épiceries véreuses ou le travail avec les bailleurs sociaux.

    Côté social, certaines manifestations continueront-elles à être interdites à Montpellier ? « Le principe est la liberté de manifester. Il peut y avoir des interdictions au vu du contexte. Le guide reste les risques à l’ordre public. » Enfin, sur le volet laïcité, reste à savoir si Chantal Mauchet sera plus ferme que ses prédécesseurs. Voilà des années que la préfecture n’attaque plus la Ville de Béziers de Robert Ménard qui installe une crèche de Noël dans la mairie. Une violation de la loi de 1905 déjà condamnée 7 fois en justice.