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  • [C’est l’été] Olivier Rolland, vigneron : « Je suis un homme de projet »

    [C’est l’été] Olivier Rolland, vigneron : « Je suis un homme de projet »

    Au pied du château des Baux-de-Provence, c’est moi. Ce sont mes vignes », lance taquin Olivier Rolland. Poursuivant « le mas Sainte-Berthe appartenait à mes grands-parents arlésiens qui l’avaient acheté en 1951. Un peu de vigne, beaucoup d’abricotiers et quelques oliviers, et la volonté d’agrandir la partie viticole ». Dès 1955, c’est chose faite, l’aïeul plante sur 25 hectares principalement du grenache et carignan et construit sa cave. « Il réalise son premier millésime, 21 ans plus tard. Cette année en 2026, on va fêter le 50e millésime. » Une longue histoire de passation de flambeau en famille pour atteindre les 41 hectares de vignes et 10 hectares d’oliviers. Le grand-père passe la main en 1980, la grand-mère en 2000, la mère en 2020, et Olivier reprend les choses en main en 2021.

    « Mes enfants ayant grandi, mon rêve s’est transformé en projet. J’avais 50 ans, je retourne à l’école à l’université du vin à Suze-la-Rousse dans la Drome. Sur place aux Baux, j’avais une équipe qui était là pour certains depuis 30 ans, je me suis beaucoup appuyé sur eux au début. Aujourd’hui ça fonctionne, je suis animé par le plaisir que ça me procure. Le partage est mon moteur. » Depuis 2025, élu président de l’AOP Baux-de-Provence, cet ancien directeur de système d’information bancaire reconnaît volontiers que ses revenus n’ont rien à voir. « Aujourd’hui je vis plus simplement. J’ai bien gagné ma vie avant, ça m’a donné les moyens de faire ce que je voulais. Avant je fabriquais du capital pour pouvoir investir dans mon rêve d’enfant. »

    Faire un beau produit accessible

    Cette ancienne vie, lui a donné le luxe de pouvoir cultiver ses 45 parcelles au cas par cas s’ouvrant ainsi un éventail des possibles. « Je fais un beau produit avec une vigne de cépage carignan qui a 60 ans dans laquelle il manque un pied sur deux. Je ne vais pas l’arracher, je la renouvelle tranquillement. » Une démarche qui prend beaucoup de temps et d’argent, ce qu’Olivier reconnaît volontiers : « Il faut le faire sur quelques parcelles, des petits îlots. »

    Vigneron est un métier solitaire, Olivier essaie de le faire autrement. Au caveau par exemple, pour aller à la rencontre des clients, ou bien organiser des dégustations. Plus rare, il fait ses assemblages avec le caviste et l’œnologue conseil. Et l’avoue : « Même si un mélange me plaît beaucoup, si je ne suis pas suivi, je renonce. »

    Le mas Sainte-Berthe propose à la vente 13 vins différents en bouteille soit 4 rouges, 2 rosés et 3 blancs. « 80% de mon vin se vend en bouteille et 60% à la propriété. Pas de vrac mais quelques bag in box, pour ne pas frustrer les fidèles. » Avec un caveau ouvert, 7 jours sur 7, pas de mystère, le retour client est quotidien. « C’est très gratifiant », avoue le passionné sourire aux lèvres.

    Si la majorité des clients sont Français, les étrangers qui se baladent dans les Alpilles sont aussi présents… Belges, Allemands. Face à la baisse de la consommation nationale, Olivier n’est pas très inquiet. « Notre appellation n’a fait que progresser depuis 30 ans. Nous avons l’appellation Bio depuis 2023. Les prix sont raisonnables soit entre 10 et 20 euros pour 80% de la cave. Les clients se font plaisir. »

    Un homme de projet

    « Je suis un homme de projet permanent. La nuit, le jour… », avoue Olivier en riant. Il complète : « Reprendre un domaine à 50 ans, ce n’est pas rien. Surtout quand ce n’est pas la formation initiale. J’aime pas la routine. » Quand on évoque le meilleur souvenir de cette nouvelle vie, spontanément Olivier répond : « Ma troisième vendange parce que je l’ai faite quasiment tout seul. Au début, j’étais assisté. Là j’ai fait mes premiers pas comme un enfant et j’ai réussi à gagner la confiance de mon équipe. » Pourtant son regard s’assombrit rapidement : « J’aurai dû le faire 10 ans avant. J’ai rencontré un professionnel qui m’a confié avoir mis 10 ans à comprendre le vin. J’ai eu un flash, j’aurai alors 60 ans. Combien de récoltes me restera-t-il à faire ? » En viticulture, on fait une récolte par an, si on se manque quelle que soit la raison, le rendez-vous c’est l’année d’après. À l’échelle d’une vie, on parle de 40 vendanges, et le passionné déduis qu’il lui en reste 15 ou 20. « C’est là, où les années d’expérience valent 10. En même temps ça fabrique un autre rapport au temps. Je réfléchis quatre fois avant d’agir. » Un ange passe. Il reprend : « Mais à la fin, moi je me régale. »

    Mas Sainte-Berthe

  • [Portrait] Marina Lafon-Borelli : comment naviguer entre XVIIIe et XXIe siècles ?

    [Portrait] Marina Lafon-Borelli : comment naviguer entre XVIIIe et XXIe siècles ?

    Dans sa vie quotidienne, depuis les baies vitrées d’un appartement situé dans un immeuble de Fernand Pouillon qui prend vue sur le Vieux-Port et le flanc droit de l’hôtel de ville, Marina Lafon se sait chanceuse et privilégiée. Une mère infirmière qui l’orienta vers la médecine, un père italien avec un ancêtre qui vécut longtemps en Égypte, les deux branches de son arbre généalogique ont fait d’elle une héritière : la collection de faïences qu’elle rassemble depuis quatre décennies est surdéterminée par son entourage. Dans le discours de son introduction en 2020 à l’Académie de Marseille, Daniele Giraudy a raconté comment sa famille l’avait félicitée pour l’une de ses incartades. En 1977, après la soutenance de sa thèse de Médecine qui explore les Conditions de travail des égoutiers de Marseille, sa grand-mère lui offrait trois somptueuses assiettes, des jetées de fleurs et des insectes de la Veuve Perrin.

    Du côté de sa mère, ses ascendants, des Grecs de Constantinople établis à Marseille au début du XIXe siècle, étaient des banquiers polyglottes ou bien des entrepreneurs. Son arrière-grand-père, Polype Zafiropoulo fut le commissaire de la section peinture de l’Exposition coloniale de 1906. Il habitait jusqu’en 1943, près du cours Puget, au 13 rue Edouard-Delanglade, un hôtel particulier lourdement aménagé. On l’aperçoit derrière les grilles d’une cour pavée, Marina Lafon a décrit son intérieur dans le numéro 255 de la revue Marseille. Des photos de 1908 en sont témoins, on trouvait dans cet espace un curieux concentré de signes d’opulence et de distinction : des tapisseries de Flandres et d’Aubusson, des meubles de haute époque, des toiles de Monticelli et Gustave Ricard, des assiettes de Saint-Jean du Désert, un cache-pôt de Théodore Deck.

    Zafiropoulo avait pour ami l’Abbé Arnaud Daniel qui écrivit un livre de première importance à propos de Moustiers. De même, les meilleurs chercheurs de notre époque, Daniele Maternati-Baldouy et Régis Bertrand se sont associés à l’exposition de cet été, Faïence et Dévotion dont elle est la commissaire. En dépit de son confort, des flots de la lumière du Vieux-Port et de la simplicité de sa cuisine, son appartement n’est pas résolument moderne, « les choses changent pour que rien ne change ».

    En amont du Tricentenaire de l’Académie

    Sa profuse et remarquable collection ressemble à ce qu’on peut savoir, via des donations et le marché de l’art, à propos des prestigieuses collections provençales de la famille des banquiers Jourdan-Barry ou bien d’une spécialiste de la faïence comme Marguerite Desquelles. On y trouve plus de 200 pièces, des polychromies, des camaïeux verts et des liserés de manganèse, quatre vases bleus et blancs qui appartenaient à Jules Charles-Roux, des objets un brin insolites, des surtouts de table, des plats à barbe ou des chaufferettes. Souci de discrétion implique de ne pas détailler un article paru à propos de ces objets dans Connaissance des Arts en janvier 2024, par exemple le surgissement d’une cheminée d’usine sur une toile qui ponctue finement le bonheur qui se vivait à l’Estaque en 1918.

    Chacun sera libre de trouver luxueuse et désuète, ou bien savoureusement orientée cette collection. Par-delà ces clivages faiblement productifs, les propositions de Marina Lafon sont autrement intéressantes. L’un de ses plus vifs souhaits est de mieux faire percevoir du côté des faïences, un centre artistique majeur, l’écosystème d’un âge d’or qui forgea avant la Révolution un segment conséquent de la réputation multiculturelle du Vieux-Port : d’un côté, des artisans créatifs et des dirigeants de manufactures inventifs comme les Clerissy, Pierrette Candeloup et Joseph Fauchier, de l’autre des bourgeois et des aristocrates convaincus dans toute l’Europe de l’excellence des productions de Marseille et de Moustiers.

    Depuis qu’elle a quitté la Médecine du Travail, Marina Lafon mène une seconde vie pleine d’énergie, d’érudition, d’enthousiasme et de fantaisie. Au musée Borély elle dirige un Fonds de dotation qui coordonne les précieux achats d’une centaine de mécènes privés. En tant que présidente pendant deux ans de l’Académie de Marseille, ses capacités de dialogue et de diplomatie auront permis de déployer pour le Tricentenaire de cette institution les prémices d’une partition dont l’un des points forts est précisément la problématique de son exposition du musée Notre-Dame de la Garde.

    « Faïence et Dévotion », musée de la Basilique Notre-Dame de la Garde, jusqu’au 22 novembre, tous les jours de 9h à 17h.

  • [C’est l’été] Jérôme, secouriste,premier de cordée

    [C’est l’été] Jérôme, secouriste,premier de cordée

    C’est lui qui est en première ligne quand il s’agit de descendre de l’appareil… Jérôme Gouiran, secouriste, trente années de marins-pompiers au compteur, fait aussi partie, depuis 1998, de la section du Grimp (Groupe de reconnaissance et d’intervention en milieu périlleux) et intervient depuis 4 ans depuis la base hélicoptère de Marignane.

    Si « chacun a sa place », comme sur « un échiquier », son rôle est d’aborder le premier la victime. « C’est moi qui vais au contact, assure la préparation de l’intervention », explique-t-il. « Je dois faire un bilan rapide pour qu’on puisse transmettre au médecin, savoir si la victime est consciente ou pas, si c’est un blessé léger ou grave. Et, à partir de là, on mettra en place une stratégie pour pouvoir l’évacuer », poursuit Jérôme. Cela peut être au moyen d’un triangle « comme une espèce de couche de bébé avec des anneaux où on va l’accrocher et on va pouvoir l’évacuer », en baudrier ou en civière. Il se souvient être intervenu sur le cas d’un marcheur qui est allé se promener sur un sentier puis a débordé sur une falaise, coincé. « Il ne pouvait ni reculer, ni avancer, ni monter, ni descendre. Il était pris au piège », détaille Jérôme.

    Mais, avant tout ça, il faut assurer la sécurité pour « éviter le suraccident ». Si la victime est « déjà tombée, le fait de bouger, qu’elle ait mal, elle peut rouler, c’est déjà arrivé, et subir une deuxième chute. Ça, pour nous, c’est une horreur », raconte le secouriste, qui doit aussi agir sur l’environnement du blessé. « Il faut sécuriser le relief. Le souffle des pales peut faire chuter des branches, des pierres », poursuit Jérôme. À l’aide d’une corde, il va installer une « main courante », pour permettre au médecin, à l’infirmier ou d’autres équipiers de venir l’aider à « conditionner la victime », comme « en montagne quand vous êtes encordés ». Tout ça en restant calme, concentré et en s’adressant constamment au blessé, pour le rassurer.

    « Pour faire ce métier, déjà, il faut aimer les gens. Si on n’a pas ça en nous, on ne peut pas le faire », explique Jérôme, « que ce soit des personnes qui sont en détresse ou à quelqu’un qui gagne bien sa vie, on ne fait pas de différence ».

    Un métier de rêve qui se réalise

    Pour lui, c’est aussi « un hobby ». Il sourit. « Je m’éclate dans ce que je fais. On est un peu des gamins… Quand vous êtes petit, vous regardez des dessins animés, vous regardez des films, vous vous dites “plus tard, j’aimerais être ça“. Et ce rêve se réalise par du travail bien sûr, mais ça nous amène à ce métier-là et c’est génial. » Il y a aussi évidemment l’esprit d’équipe. « De venir ici, sur la base, de travailler avec tout le monde au quotidien, ça n’a pas de prix parce qu’on est liés entre nous, comme une ligne de vie. On connaît nos limites, nos défauts, nos forces… », précise-t-il. Il estime également avoir la chance de travailler dans un environnement exceptionnel. « Quand il fait beau, qu’il y a le soleil, qu’il n’y a pas de vent, c’est beau de voler, on ouvre la porte, c’est magnifique de regarder le paysage, de faire une intervention qui se passe très bien. » Même si « ce n’est pas le quotidien », nuance-t-il. Le quotidien, « c’est quand il se met à pleuvoir ou à neiger, ou qu’il y a du vent. Des conditions météorologiques défavorables et là, ça amène effectivement un peu de stress pour tout l’équipage », témoigne-t-il, « et c’est là que rentrent en jeu les entraînements pour nous préparer au pire ».

    Chaque intervention est unique, et surtout imprévisible. « On part pour quelque chose de facile et c’est là qu’on tombe dans le piège : ça se complique, l’hélico doit être près de la paroi, il faut me déposer à côté… Ou alors l’inverse : vous partez sur quelque chose de très compliqué et finalement, vous vous posez, vous récupérez la victime et vous repartez », poursuit Jérôme.

    Pour tenir le choc sur le long terme, pas de recette miracle. « Je fais partie d’une génération où il n’y avait pas de suivi psychologique. Une fois qu’on avait terminé l’intervention, on rentrait en caserne, on buvait un café, on parlait, on sortait entre nous et on dédramatisait le truc. On était une famille, ce qui s’est un petit peu perdu à cause des réseaux sociaux, des portables… Mais on s’est constitué une carapace », assure-t-il.

    Le plus dur : être confrontés au quotidien à la mort, une mort parfois « sale » où « le corps peut être abîmé par la chute, et là c’est autre chose », soupire Jérôme. S’il ne lui vient pas en tête de faits marquants de sa carrière, il convient que porter secours à un enfant reste une épreuve : « On a beau avoir de la bouteille, c’est toujours compliqué. » Sinon, techniquement, il se remémore tout de même cette intervention difficile, « de nuit, dans une paroi très abrupte avec énormément de vent ». « Là, on sent que la machine bouge, que le pilote est à 200% de ses capacités, que le mécano aussi est là pour nous guider… Et quand on arrive à sortir la personne de là, qu’on referme la porte de l’hélico et qu’on se regarde tous, il n’y a pas besoin de parler. On sait qu’on a fait quelque chose de fort ensemble », assène-t-il.

    Mais le temps est venu pour Jérôme de raccrocher*. « J’arrive à la fin de mon cursus au niveau de la base. Aujourd’hui, c’est quasiment mon dernier vol. Je risque d’en faire deux encore, dont un avec mon fils, parce qu’il est rentré lui aussi aux marins-pompiers et fait partie du Grimp. La relève est assurée », se félicite-t-il. Alors oui, « le bruit des pales, l’odeur du kérosène et la sensation de vide au bout d’un câble », vont lui manquer. Mais il l’assure : « C’est une page qui se tourne, mais le livre était magnifique. »

    * Depuis, Jérôme Gouiran a été élu maire de Gignac-la-Nerthe

  • [C’est l’été] Sophian, ancien salarié de Solvay, n’a pas fini la lutte

    [C’est l’été] Sophian, ancien salarié de Solvay, n’a pas fini la lutte

    Sophian est l’une des figures de la lutte des salariés de Solvay à Salindres. Ce délégué syndical CGT avait en effet été l’un des premiers à alerter dans l’entreprise sur la dangerosité du TFA, produit sur le site gardois, après avoir beaucoup échangé avec les associations écologistes. La Marseillaise lui avait ainsi déjà consacré un portrait en octobre 2024, quelques semaines après l’annonce de la direction de la fermeture de l’usine de production.

    Après le départ de l’entreprise, Sophian a traversé une période difficile. « Ça a laissé des traces, comme chez beaucoup d’autres salariés. J’ai pris 30 kilos que j’ai perdus depuis. J’ai arrêté de fumer en même temps, ça n’a pas dû aider. Et j’ai déclenché un psoriasis. Il y a eu trop de choses en même temps et ça a dû jouer sur ma petite tête », explique-t-il aujourd’hui.

    Si certains de ses collègues sont partis chez Orano, Sophian fait partie de ces salariés dégoûtés par l’aventure Solvay qui veulent désormais éviter tout emploi industriel. Au détour d’un forum, il a bien postulé chez Perrier mais n’a pas eu de retour. « Je pense que quand les responsables des ressources humaines tapent mon nom sur internet, ils voient que je suis à la CGT et que je me suis mobilisé chez Solvay, ils se tournent alors vers un autre profil », dit-il sans dépit. Après une période de congés de reclassement, Sophian est désormais au chômage depuis le mois de juin même s’il a effectué quelques extras dans le restaurant familial. Surtout, il aimerait maintenant se réorienter vers le social et changer complètement de branche. Ou trouver un poste pour continuer d’alerter sur la dangerosité des Pfas…

    « Les Pfas dans la tête »

    Car Sophian n’a pas abandonné son combat pour alerter la population, faire reconnaître les dangers encourut par les ouvriers en contact avec ces substances chimiques, et plus largement, lutter contre cette pollution : « J’avais une petite conscience qui m’a permis d’ouvrir les yeux sur ces substances chimiques mais je ne pensais pas que c’était à ce point. Je pensais qu’on était dans un pays où on était un peu protégé. Après 13 ans passés à Solvay, je connais l’odeur du TFA. Beaucoup de salariés sont en colère car ils se sont rendu compte a posteriori qu’ils ont été surcontaminés ».

    Toutes les semaines, Sophian participe à une réunion avec des associations écologistes. « Il n’y a pas une journée sans que j’aie les Pfas dans la tête », reconnaît-il. Il continue aussi de répondre aux journalistes et il est même apparu dans un documentaire diffusé sur Arte : « J’essaie de défendre les ouvriers en général et les anciens salariés parce que sinon j’aurais tout abandonné ».

    Ce travail a payé puisqu’il a réussi, avec d’autres associations, à faire intégrer 25 anciens salariés de Solvay à l’étude Opal : « C’est une étude d’imprégnation sur les salariés », explique-t-il. « Il y a l’étude Perle sur les riverains à Lyon et Opal concernait jusqu’ici une centaine de salariés d’Arkema Daikin. Nous avons désormais 25 salariés de Salindres qui font des prises de sang ». Les premiers résultats devraient être rendus publics dans les prochains mois avant la restitution complète en 2027. En attendant, Sophian continuera de se mobiliser.

    Tristan Arnaud

  • Loïs Grasshoff, un minot marseillais devenu grand

    Loïs Grasshoff, un minot marseillais devenu grand

    Dans la famille Grasshoff, on demande l’aîné. À 21 ans, Loïs confirme, saison après saison, les promesses entrevues depuis ses débuts au Smuc Basket. Formé dès l’âge de 6 ans au sein du club phare de la cité phocéenne, l’arrière provençal s’est rapidement fait remarquer par Le Mans, l’une des références du basket français, où évolue également son petit frère Bastien, de trois ans son cadet.

    Prêté la saison dernière à Aix-Maurienne, le Marseillais y a vécu une expérience « enrichissante », marquée par la confiance accordée par son entraîneur, Julien Cros. Malgré une blessure à l’ischio survenue en mars, qui l’a privé de la fin de saison, Loïs Grasshoff poursuit sa progression. Il découvrira, lors du prochain exercice, un nouveau défi sous les couleurs de l’ADA Blois, toujours en Élite 2 (Pro B), où il est prêté pour poursuivre son développement. « C’est un club qui m’intéressait », confie-t-il.

    Un choix mûrement réfléchi, alors que plusieurs formations françaises s’étaient positionnées, tout comme certaines universités américaines évoluant en NCAA. « Ce n’est pas forcément quelque chose qui me faisait vraiment triper, je n’ai jamais eu le rêve américain », révèle le lauréat de la Coupe du Monde U18 de basket 3×3 avec l’équipe de France, en 2022.

    Chez les Abeilles, un club qui a évolué en Betclic Élite entre 2022 et 2024, Loïs Grasshoff retrouvera son ancien coéquipier d’Aix-Maurienne, Lucas Demahis-Ballou, avec qui il dit partager une « alchimie rare ».

    Sous les ordres de David Morabito, le Marseillais espère s’inscrire dans la continuité de son passage en Savoie, où il bénéficiait d’un rôle important avec près de 20 minutes de jeu par rencontre, un temps de jeu conséquent pour un jeune basketteur de son âge évoluant à ce niveau. Pour autant, il garde les pieds sur terre : « Quoi qu’il arrive, je dois gagner ma place sur le terrain », glisse l’ancien smuciste, conscient qu’il doit posséder « un shoot plus fiable », progresser sur « la lecture du jeu », apprendre à « casser le rythme » et avoir « plus d’aisance avec la balle ».

    Un retour à Marseille ?

    Marseillais de cœur, Loïs Grasshoff profite de chacun de ses retours dans la cité phocéenne pour retrouver sa famille et ses proches. Malgré la distance, il suit également avec attention le développement de Marseille Basketball, le projet porté par Charles Assailly et Alexandre Fassy. « Je leur souhaite le meilleur, car notre ville a besoin d’un grand club de basket », confie celui qui, comme de nombreux jeunes talents marseillais, a dû quitter très tôt sa ville pour poursuivre son rêve de devenir professionnel.

    Si le projet atteint son objectif, rejoindre la Betclic Élite d’ici à 2031, le jeune Grasshoff n’aura alors que 26 ans. Un âge qui pourrait, pourquoi pas, lui offrir l’occasion de défendre un jour les couleurs de sa ville natale. L’histoire reste à écrire.

    Les premières pierres du projet Marseille Basketball

    À l’aube de sa première saison sous l’identité « Marseille Basketball », le club phocéen, engagé en Nationale 2, a déjà posé les premières pierres de son projet sportif. Ces dernières semaines, quatre recrues ont ainsi été officialisées : le jeune intérieur Tidjiane Mammone (21 ans), l’ancien ailier de Betclic Élite Jordan Aboudou (35 ans), l’arrière Kévin Minar (22 ans), récemment passé par Fos Provence Basket, ainsi que le meneur international malgache Kiady Razanamahenina (29 ans). Dirigée par Miroslav Dobrican, entraîneur serbe réputé pour son exigence et sa rigueur tactique, la formation marseillaise dispose d’arguments solides pour viser les premières places de Nationale 2 et décrocher la montée en N1.

  • [C’est l’été] Les métiers de la Sécurité civile : Angel, infirmier volant depuis 26 ans

    [C’est l’été] Les métiers de la Sécurité civile : Angel, infirmier volant depuis 26 ans

    Discret et entier, Angel Lara, 63 ans, infirmier volontaire à la retraite de sapeurs-pompiers professionnel depuis 2023, a débarqué à la base de Marignane voilà 26 ans. Après 17 ans de carrière militaire, cet ancien commando marine a bifurqué dans le médical. Après avoir exercé un temps en libéral, il a trouvé chez les pompiers son équilibre… Ou presque. « Je suis tombé dedans, passionné. Je me suis beaucoup investi, au point que ça a joué sur ma vie de famille », convient-il sans rentrer dans les détails. À la retraite, il s’est porté volontaire. Une libération, car plus besoin de poser de jours de congé pour celui qui avant avait jusqu’à « quatre plannings différents ». Ce qui lui plaît : « être confronté à l’urgence, tout faire pour que la situation ne s’aggrave pas et amener [la victime] à l’hôpital. On est un maillon de la chaîne ».

    La petite difficulté supplémentaire : travailler dans un hélicoptère. Le maître à bord reste le pilote mais l’équipage de 5 personnes doit être parfaitement coordonné pour être efficace. Chacun a sa place, chacun sa mission, pour une action millimétrée. « L’environnement est beaucoup plus confiné, il y a beaucoup moins de place que dans une ambulance. Cela nécessite une anticipation, de préparer avec le médecin »,, explique Angel, « dans la machine, on peut difficilement communiquer avec la victime pour peu qu’elle soit en état de communiquer. Et quand on communique par casque, il ne faut pas qu’on perturbe la partie pilotage. On va gérer la surveillance du patient en visualisant les appareils car on n’entend pas les alarmes, on a des codes de communication ».

    Le bruit, le fait d’être treuillé, récupéré, sortir d’un hélicoptère en vol, « ce n’est pas naturel »,, indique-t-il, même si avec l’expérience, « cela devient instinctif ». Mais pas question pour autant de ne pas être concentré quand chaque geste compte insiste Angel.

    « Nous, on a cette capacité de prendre en charge des victimes dans des endroits inaccessibles, et il y a pas mal de points à connaître pour sa propre sécurité et exercer son métier », raconte-t-il.

    Il se souvient avoir démarré au temps de
    l’ « Alouette 3 », un modèle sorti dans les années soixante. « On ne pouvait quasiment faire aucun geste en vol », témoigne l’infirmier. Avec le tout nouveau Dragon actuel, de son petit nom H145, d’Airbus, l’équipage a pu prendre (un peu) ses aises.

    Repartir à pied

    avec le sac sur le dos

    La systématisation du treuillage de l’infirmier « s’est faite petit à petit », de quoi permettre de « travailler à deux sur place », précise Angel, « la décision est prise en fonction de la gravité du patient. et la durée d’autonomie et des conditions météo ». Quitte à ce que parfois, il faille laisser repartir la machine et se rapatrier tout seul… « Cela nous est arrivé d’être déposés et pas récupérés, quand par exemple il y a trop de vent sur la Sainte-Victoire… Il faut alors avoir un peu de condition physique, et marcher avec du matériel sur le dos », sourit-il.

    Si chaque opération est débriefée, Angel compartimente. « Au même titre que le Smur, on fait face à des choses dramatiques de temps en temps comme très valorisantes. Il y a beaucoup de collègues qui arrêtent au bout de 7 ou 8 ans, du moins dans les 10 premières années car ils ont été trop exposés à des drames. Cela peut avoir un impact psychologique », reconnaît-il. Lui se consacre « à 100 % à chaque intervention » mais dit parvenir à se « détacher quand c’est fini ». Tant et si bien « que j’arrive à ne même plus me souvenir des interventions que j’ai faites en fin de journée. J’ai développé ça de manière inconsciente », assure-t-il. Même si certains accidents restent évidemment marqués au fer rouge. « En arrivant sur les gardes d’hélicoptères début 2000, j’ai la malchance de faire trois noyades d’enfants jeunes dans la même saison. Quand les statistiques sont d’un cas par équipe et par an », déplore-t-il. Voyant les médecins « aussi stressés que lui », il décide alors de se former sur le pédiatrique. « Et de devenir formateur pour maintenir mes compétences, égoïstement », ironise-t-il. Une manière aussi de rebondir et de se projeter. « Maintenant », il prend « un vrai plaisir à transmettre ». « J’ai fait tout ce qui existe dans les méthodes anglo-saxonnes avancées. Avant on agissait sans vraiment réfléchir, aujourd’hui on doit être source de propositions. En tant qu’infirmier, on est devenu très polyvalent. »

    Il a même en projet une formation universitaire, reconnue par la faculté de médecine, de « médicalisation en milieu exceptionnel ». Le but : « proposer une sensibilisation à tout cadre différent de la pratique habituelle, que ce soit l’hélicoptère, les risques inondations, effondrement bâtimentaire… », histoire d’établir des protocoles d’intervention les plus efficaces possibles.

    Dans tout ça, il n’oublie pas non plus le positif et heureusement, « il y en a plein ». « Comme d’arriver à emmener une personne suffisamment tôt au bloc opératoire. Une petite victoire ! » s’enthousiasme Angel. Surtout, « chaque journée est différente tant en termes de personnes avec qui on travaille que de type d’interventions. C’est très varié. On ne sait jamais à quoi s’attendre » quand on lui demande ce qui le fait tenir. L’avenir, c’est aussi de savoir se retirer au bon moment avoue-t-il quand on lui pose la question de la relève. « À un moment, il va falloir arrêter, mettre du sang neuf », reconnaît-il volontiers même s’il estime arriver à « encore faire le boulot ». Une certitude : « il faut injecter des nouveaux, petit à petit. De moi-même si je ne me sens plus la capacité de faire, je demanderai à sortir du tour… »

  • [C’est l’été] Sandrine Faucou, productrice de petit épeautre : « Je sais le poids de l’effort »

    [C’est l’été] Sandrine Faucou, productrice de petit épeautre : « Je sais le poids de l’effort »

    « Ma famille a vécu pendant la guerre parce qu’elle avait du petit épeautre, mon père n’avait que ça à manger parce que les Allemands prélevaient tout. Mais moi aujourd’hui, j’essaie de porter la voix du petit épeautre et des produits de qualités le plus loin possible » pose en préambule Sandrine Faucou, pétillante rousse qui avoue « ne pas s’être coiffée à la sortie de la douche ce matin » quand le moment de la photo est évoqué. Elle s’était tout d’abord tournée vers des études d’italien, avec pour objectif l’enseignement. De cette partie-là de sa vie, elle lance dans un éclat de rire : « Mangiare. »

    Si dans le cadre d’une agriculture vivrière, ses grands-parents cultivaient le petit épeautre, son père Aimé, dans les années 80 avec la mise en place de la politique agricole commune (PAC) marque un tournant avec un de ses collègues néo rural. Il décide de le protéger en enclenchant une démarche d’agriculture bio loin de l’agriculture productiviste des Trente glorieuses. « Au fil des années, il obtient l’indication géographique protégée, la fameuse IGP. C’était un pionnier », lance sa fille fiérote.

    Domiciliée dans le Luberon, côté Alpes-de-Haute-Provence, Sandrine précise : « C’est une zone où se croisent les quatre départements du Vaucluse, Hautes-Alpes, Alpes-de-Haute-Provence et Drôme. » Comprendre à environ 700 m d’altitude une terre aride, qui fleure bon le ciste et la bruyère, vous y êtes ? « J’ai compris très vite en ayant grandi à la campagne, que j’avais besoin d’être libre, d’être à l’extérieur, j’ai alors réorienté mes études vers un monde où je pourrais être mon propre patron, tout en profitant des paysages », commente-t-elle. Délaissant la fac de lettres, elle bifurque vers des études agricoles avec une spécialisation agriculture biologique. Démarre alors une nouvelle vie de conseillère agricole pendant 8 ans avant de s’installer en 2009 à la prise de retraite de son père. « À sa grande surprise, d’ailleurs. Mais au fond, je pense qu’il est fier. On naît agriculteur, mon père était un passionné, toujours à mes côtés », ponctue la productrice. La réalité du métier nécessite d’être très polyvalent, des travaux des champs, du semi à la moisson, en passant par la mécanique. « Sans oublier le décorticage, la transformation en farine par exemple, et la commercialisation », complète-t-elle.

    Appelé espeouto en provençal, le Petit Épeautre, aussi connu sous le nom d’engrain est un blé très ancien vieux de près de 12 000 ans qui demande peu d’eau.

    Histoire et humilité

    Aujourd’hui il est redécouvert et apprécié pour sa grande digestibilité due à son faible taux de gluten. L’agricultrice détaille son métier : « Le petit épeautre se moissonne, mais reste dans une enveloppe protectrice. Il est stocké au fur et à mesure. Tous les mois, je décortique, je trie et j’ensache de sorte que mon produit soit au plus près du moment où il est mis sur le marché pour une fraîcheur optimale. La farine se fait aussi au dernier moment. » Avec une ferme de 50 hectares dont 7 ou 15 hectares sont dédiés au petit épeautre, c’est un métier passion qui nécessite beaucoup d’investissement. « Moi, ce que j’aime, c’est toucher mon produit, la relation charnelle avec lui. En bouche, il faut qu’il soit comme le chocolat ferme et fondant à la fois. J’essaie de faire du mieux que je peux avec la terre, pour donner le meilleur de moi-même au consommateur. C’est comme l’éducation des enfants, on les confie qu’à des gens avec qui on sait qu’ils sont en confiance. J’essaie de porter la voix du petit épeautre le plus loin possible. »

    La génération de Sandrine a créé et développé les magasins de producteurs, se regrouper a sécurisé les ventes. Mais le climat change. En Provence, on dit Eici l’aigo es d’or [ici, l’eau est d’or]. Les pluies se raréfient, et sont en même temps plus denses. « Je n’ai pas d’eau du tout. On doit rester vigilant mais aussi évoluer. Par exemple, je fais un peu de lentilles, mais si l’année s’annonce très sèche, je choisis autre chose car je sais qu’elles vont griller. On se pose des questions sur les variétés à implanter, la conduite à avoir. Il faut garder de l’humilité. »

    Et de conclure : « Je sais le poids de l’effort du producteur pour avoir un beau produit et le prix à payer pour atteindre l’excellence. C’est sans doute en ça que je rends à ma famille et au monde agricole ce que j’en retire d’un autre côté ».

    Filière indication géographique protégée (IGP)

    Ce signe officiel d’identification de la qualité et l’origine du produit est un signe Européen. Il garantit qu’au moins une étape clé de la production est réalisée d’une zone géographique délimitée. Le produit doit être ancré dans l’historique de son territoire et ses particularités sont liées à un savoir-faire traditionnel et local.

  • [Exposition] Achille Emperaire, l’éternel ami de Cézanne

    [Exposition] Achille Emperaire, l’éternel ami de Cézanne

    Né à Aix en 1829, de dix ans plus âgé que Cézanne, Emperaire poursuivit pendant toute sa vie le rêve d’accroître sa taille. 148 centimètres, il était bossu et minuscule. L’un de ses ateliers comportait un trapèze et des agrès : il effectuait quotidiennement des étirements. Il vécut à Paris, tenta d’imposer sa peinture. Cézanne, Gasquet et Zola l’estimaient. Le jury du Salon et les galeries refusèrent de l’exposer.

    Sa cinquantaine passée marqua son retour définitif à Aix-en-Provence. Dans une lettre, il écrivait que « Paris est un vaste tombeau, un simple et terrible mirage ». Pendant l’été 1870, il arriva qu’Emperaire s’offre un moment de baignade dans le bassin du Jas de Bouffan. Une robe de chambre, des babouches et un tabouret lui furent réservés pour qu’il prenne la pose. Cézanne avait choisi l’un de ses plus hauts formats (200 x 100 cm) pour saluer la mélancolie de son ami.

    Il avait à peine de quoi acheter des couleurs. Certaines de ses toiles sont peintes recto-verso. C’est le cas du tableau de l’affiche de l’exposition de Vincent Bercker où l’on découvre des peintures de petit format, des fusains et des sanguines, principalement des nus féminins.

    Entre Fragonard
    et Seurat

    Ce peintre, qui accompagna quelquefois Cézanne sur le motif du côté de Château Noir, relève à la fois du XVIIIe siècle et d’une grande modernité. Ses nus peuvent évoquer Fragonard. Les formes généreuses et géométriques qu’il agence anticipent Matisse, ses nocturnes font songer aux noirs et blancs de Seurat.

    Achille Emperaire mourut le 8 janvier 1898. Il avait 68 ans. Après la Seconde Guerre mondiale, un fonctionnaire de la mairie qui s’appelait Victor Nicolas, l’antiquaire Raphaël Chipota, Jean Leymarie, qui préfaça en 1953 une plaquette des Amis des Arts, proposèrent une exposition. En 2013, un catalogue rassembla son iconographie ainsi qu’un maximum de renseignements.

    Autrefois, dans une salle du musée Granet, grâce à Louis Malbos qui fut son conservateur, figuraient plusieurs travaux d’Emperaire. La rénovation du musée provoqua le transport vers Nice d’une partie de la collection. Des fuites d’eaux naufragèrent le grand format d’un « Duel » qui scénographiait deux mousquetaires. On aimerait savoir ce que sont devenus d’autres tableaux d’Emperaire : un grand Nu couché féminin, un paysage bleuté de la campagne d’Aix, ainsi que les ocres de Nature morte, pichet, palette et fruits.

    Exposition « Achille Emperaire » chez Vincent Bercker, 10 rue Matheron, Aix-en-Provence. Accès libre.
    À découvrir jusqu’au 31
     juillet.

  • Vincent Baqué, nouvelle voix du Mondial

    Vincent Baqué, nouvelle voix du Mondial

    Présent dans le parc Borély dès vendredi matin, au lancement du Mondial 2026, Vincent Baqué était cette semaine sur tous les fronts : à l’animation du stade et du carré d’honneur, au démarrage du Mondial des Jeunes et de celui des femmes, au commentaire du Handi Mondial mais aussi de plusieurs compétitions annexes, comme le challenge Proman ou le Mondial des CSE. « Maryan [Barthélémy, directeur des événements du groupe La Marseillaise, Ndlr] a voulu qu’on soit un peu partout, pour que tous ceux qui jouent se sentent considérés de la même façon, ou presque, que ceux qui vont dans le stade », détaille-t-il.

    Consciencieux

    donc détendu

    Dans le milieu du commentaire sportif depuis 9 ans, dont il vit depuis 2023, Vincent Baqué se réjouit de pouvoir, pour la première fois cette année, travailler pour un événement qu’il « connaît depuis toujours ». « Je crois que j’ai toujours espéré participer au Mondial [en tant que speaker], s’émeut-il. Je viens d’Ardèche, je ne suis pas Marseillais, mais j’ai un lien très fort avec la ville. J’y ai fait mes études et je suis abonné au stade Vélodrome depuis 23 ans, donc j’y ai passé beaucoup de temps. »

    Quelques heures avant le début de la finale, dont le coup d’envoi est prévu à 17h, le speaker ne se sent pas particulièrement stressé. « Je fais un gros travail de préparation en amont, raconte l’Ardéchois. Chaque semaine, je me renseigne, je mets à jour le palmarès, je contacte les coachs… Donc normalement, le jour-j, je suis prêt ! », promet-il.

  • Mahn Kloix signe une fresque à Belsunce

    Mahn Kloix signe une fresque à Belsunce

    C’est un quartier très pauvre, l’idée est de dire qu’il n’est pas abandonné. Qu’il y a toujours des gens qui sont là et qui prennent soin les uns des autres. Faire une fresque de 50m2, c’est aussi mettre en lumière ceux qui y restent », explique l’artiste Mahn Kloix. Et de poursuivre « c’est un quartier dominé par la présence des hommes dans la rue. J’ai choisi de faire un portrait d’une jeune fille, et de fait, de remettre une présence féminine dans la rue ».

    « Qu’est-ce que c’est ? », interroge Zina à haute voix. « J’habite là depuis 30 ans, j’aimerais trop déménager. Les habitants sont sympas mais les rues… », poursuit-elle. Sous un soleil de plomb, des jeunes torse nu assis çà et là, sont accrochés à leur téléphone. La fresque est dessinée au trait noir sur la façade de la Soliha, foyer pour jeunes mineurs isolés. « Depuis le meurtre survenu en janvier 2026, mairie, préfecture et associations de quartier se réunissent régulièrement pour travailler. L’idée est d’arriver à se réapproprier l’espace », détaille Christèle Grandpaul, une des responsables du foyer Soliha. Aucun des jeunes du foyer n’a souhaité connaître le motif en amont. Sur le canapé, Mamadou s’interroge : « Le dessin, je sais pas ce que c’est. J’attends de voir fini. Au début, j’ai cru une rénovation. » Tandis qu’Abou s’interroge plutôt sur l’origine du nom de l’artiste. « Quand tu mets une image en grand format dans un espace urbain, c’est assez imposant et impactant visuellement », reconnaît-il. Mais pas que… « À chaque fois, c’est un défi. Sur corde, il y a l’aspect physique engageant. C’est quelque chose de rude, mais qui me plaît. »

    Né au XXe siècle, l’art urbain ou Street art est un art très populaire. « On dit aux gens : non, tu n’es pas obligé d’aller dans une galerie. L’art est devant toi dans ta rue », analyse Mahn Kloix. Poursuivant : « C’est ce que j’aime dans ce mouvement. À l’international, c’est le premier qui vient d’une base populaire et qui s’adresse à tous. Pour moi, c’est une énorme révolution dans le monde de l’art. »