« Les pompiers de Manosque recrutent » : pompiers et mairie ont lancé, mardi, la campagne de recrutement de sapeurs-pompiers volontaires, essentiels pour faire fonctionner les casernes. « On a absolument besoin des pompiers volontaires. Souvent, ce sont eux qui prennent le relais le soir, le week-end, quand les pompiers pro sont au repos, a expliqué Jean-Claude Castel, président du Sdis 04. Quand on a des feux qui durent, c’est la relève qui est compliquée. »
Pour réussir à recruter de jeunes volontaires, une classe jeunes sapeurs-pompiers a notamment été créée à La Motte-du-Caire, pour donner « une seconde chance à des jeunes qui viennent de partout », a précisé le président du Sdis. « À une époque, les places étaient chères, c’était souvent une histoire de famille. Aujourd’hui, on est sur un paradigme totalement inverse : on recherche beaucoup de monde pour diluer la sollicitation », a souligné le capitaine Clément Ortega, chef du centre de Manosque, regrettant de « perdre » de plus en plus de jeunes pompiers volontaires qui partent à l’étranger.
« Pas normal de poser des congés pour partir au feu »
Le maire et les pompiers ont insisté sur l’importance de signer des conventions avec les entreprises du territoire pour qu’elles libèrent les sapeurs-pompiers volontaires lorsque cela est nécessaire. C’est déjà le cas de l’Occitane, qui a signé récemment une convention, a expliqué le maire de Manosque, Camille Galtier (DVD).
Enedis, qui a également signé une convention avec le Sdis 04, a libéré un agent sapeur-pompier volontaire de Manosque, cet été, « pour aller faire un renfort de dernière minute en Gironde », s’est réjoui le capitaine Clément Ortega. « Il n’est pas normal que des sapeurs-pompiers volontaires posent des congés pour partir au feu. Il faut vraiment qu’il y ait une mobilisation des entreprises publiques et privées, en signant un maximum de conventions avec, on l’espère, dans le cadre de la loi de modernisation de la sécurité civile, des moyens financiers de compensation », a lancé Jean-Christophe Julien, président de l’Union départementale des sapeurs-pompiers.
Les pompiers et le maire ont également regretté le manque de « représentativité sociétale dans les casernes de pompiers », encourageant les habitants des quartiers prioritaires de la ville à s’engager auprès des soldats du feu. Pour y remédier, le maire de Manosque a évoqué le souhait de créer une « classe engagement » dans l’école du quartier prioritaire des Plantiers, à la rentrée 2027, où les pompiers interviendraient pour susciter « des vocations » chez la jeunesse.
« Aujourd’hui, on a 90 sapeurs-pompiers volontaires à Manosque. Pour que ça fonctionne bien, il faudrait être à 100 ou 110, en plus des 16 professionnels. Donc il faudrait 10 voire 20 personnes supplémentaires », a détaillé le chef de centre. Pour recruter, il a mis en place une cellule de développement volontariat au sein de la caserne de Manosque. Cette année a notamment été créée l’action « vis ma vie de pompier ». Trente salariés de l’Occitane ont par exemple été accueillis au sein de la caserne pour découvrir son fonctionnement et potentiellement s’engager aux côtés des soldats du feu. Les pompiers espèrent faire la même chose, cette année, avec les habitants des quartiers prioritaires de Manosque pour avoir plus de « mixité sociale », avance l’adjudant Jonathan Matha, en charge de cette cellule de développement volontariat. « C’est une manière de dépasser certaines idées reçues et de montrer que l’on peut devenir sapeur-pompier quel que soit son parcours, son milieu social, où l’on vit. »