Tag: pollution

  • Alcome et la Confédérations des Buralistes du Var s’associent autour d’une campagne anti-mégot

    Alcome et la Confédérations des Buralistes du Var s’associent autour d’une campagne anti-mégot

    Créé en 2021, dans le sillage de la loi Agec, Alcome est le seul éco-organisme agréé par les pouvoirs publics, en charge de la filière à responsabilité élargie du producteur (REP) dédiée aux produits du tabac, en France. « C’est un principe de pollueur/payeur », explique Jonathan Decottignies, directeur des opérations chez Alcome. « On perçoit une éco-contribution sur chaque mégot acheté, financée par les collectivités locales. » Son objectif : réduire de 40% la présence des mégots jetés au sol en se basant sur la sensibilisation, la compréhension du geste des fumeurs, l’accompagnement des collectivités, et l’amélioration des équipements de rue (cendriers de poche, de rue, éteignoirs pour poubelles…).

    C’est dans cette optique qu’Alcome s’est associé à la Confédération des Buralistes du Var pour mener une campagne de sensibilisation à Toulon. 53 buralistes sont ainsi mobilisés afin de remettre 32 000 cendriers de poche et kits méthodologiques pour sensibiliser le grand public au bon geste. « Un fumeur sur quatre jette au moins occasionnellement son mégot par terre. C’est le déchet le plus jeté au sol, avec un milliard ramassé ou évacués on ne sait où chaque année. Il a un impact écologique très négatif, même si aucune étude ne montre vraiment dans quelle mesure », précise Jonathan Decottignies.

    Bientôt à Marseille et Aix

    Une opération nationale conduite dans une vingtaine de villes de plus de 50 000 habitants, qui implique 1 600 buralistes, et la distribution de près de 850 000 cendriers de poche. Des espaces qui ont été ciblés en priorité, justifie le directeur des opérations d’Alcome : « Il y a 4, 5 mégots tous les 10 mètres dans l’espace public, un tous les 20 mètres en milieu rural. Le problème est très marqué en milieu urbain dense. » Et il est d’autant plus marqué dans les villes littorales et/ou fluviales, « où l’impact environnemental est encore plus important. »

    D’autres campagnes seront donc menées dans des villes comme Marseille, Aix-en-Provence, Nantes et Caen, alors qu’Alcome travaille également avec des collectivités (métropoles, communautés de communes, universités…) autour de la distribution de cendriers de poche, et de l’installation de cendriers de rue.

  • À Béziers, une rocade de 15 km pour fluidifier la circulation

    À Béziers, une rocade de 15 km pour fluidifier la circulation

    Ça roule mieux à Béziers et ce n’est pas grâce à Robert Ménard. Si les automobilistes sont moins pris dans les bouchons et que les riverains sont moins gênés par le bruit ou la pollution en ville, c’est le Département de l’Hérault qu’il faut remercier.

    Vendredi 22 mai, le président Kléber Mesquida (DVG) a inauguré le rond-point de l’Ardide (coût 14 millions d’euros). Avec une route élargie en deux fois deux voies et son dénivelé, le nouveau giratoire et ses deux ponts permettent de franchir la rivière le Lirou et de séparer les flux de la route de Saint-Pons-de-Thomières et du centre-ville de Béziers. « Cela permet d’améliorer le point noir de ce carrefour en le désenclavant », se félicite Philippe Vidal.

    Le vice-président socialiste sait aussi qu’il s’agit du point quasi final aux grands travaux de la rocade de Béziers. Débutés en 2010, ils ont tour à tour permis l’aménagement des échangeurs de la Minervoise avec la route de Montady (2010), de la route de Narbonne (2013), de la Crouzette (2022), de la Devèze (2023). Mais aussi le passage en deux fois deux voies et la création du carrefour de la Montagnette (2014), de la rocade nord (2019) et enfin les dénivellations des ronds-points Vincent-Badie (2015) ou Edgar-Faure (2018).

    La suite des travaux

    Plus de 15 ans de travaux avec une route élargie, 12 ponts, 3 giratoires surélevés pour un total de 99 millions d’euros investis dans l’intérêt général. « En ville, cela permet de limiter les nuisances et de fluidifier le trafic. Sur la rocade, on est passé de 18 000 véhicules par jour à 50 000. Sans cette prise de décision politique il y a 15 ans, la ville de Béziers serait congestionnée », assure Philippe Vidal.

    Si le chantier initial est achevé avec cette rocade biterroise de 15 km, le Département veut aller plus loin et boucler la boucle. « L’essentiel est fait mais pour permettre le passage de la deux fois deux voies jusqu’à l’échangeur ouest de l’A9, on a besoin d’agrandir certains ouvrages d’art (notamment 4 ponts : celui de la SNCF, de la Minervoise, du Canal du Midi et de la route de Narbonne) ». La prochaine étape concernera le rond-point de la Méditerranée (au niveau de Cers) afin, là encore, de fluidifier le trafic. Le calendrier de ces travaux additionnels, dont l’avancée dépendra de l’état des finances du Département, n’a pas encore été défini.

  • Plus d’un million d’euros d’amende pour pollution pour Naphtachimie

    Plus d’un million d’euros d’amende pour pollution pour Naphtachimie

    Un million deux cent mille euros d’amende. C’est le montant de l’amende que doit payer la société Naphtachimie pour deux épisodes de pollution à l’huile de pyrolyse de l’anse d’Auguette et du golfe de Fos en 2018 et 2022, à l’issue de la Convention judiciaire d’intérêt public environnementale (CJPE) validée par le tribunal judiciaire de Marseille le 13 mai.

    L’enquête a démontré que les fuites étaient dues à la défaillance d’un joint, en 2018. Une cinquantaine de tonnes d’une sorte de goudron toxique pour l’environnement marin, l’huile de pyrolyse, s’est déversée pendant onze heures dans l’anse, dont une part non précisée dans la mer.

    Outre l’amende, l’entreprise s’engage à indemniser les associations France nature environnement (FNE) nationale et régionale Paca, parties civiles de la procédure, par protocole d’accord non communiqué.

    Une dépollution expérimentale

    La dernière obligation à laquelle l’entreprise est soumise est de « mettre en œuvre à titre expérimental la dépollution de l’anse d’Auguette par un procédé novateur de bioremédiation », avec prise en charge financière du suivi scientifique.

    La décision de justice est réputée définitive et clôt l’enquête judiciaire visant Naphtachimie pour délit de pollution des eaux.

  • Les planctons à l’origine de la fermeture des plages de la Côte Bleue

    Les planctons à l’origine de la fermeture des plages de la Côte Bleue

    C’est un phénomène « un peu impressionnant », admet la directrice du Parc marin de la Côte Bleue Marie Bravo-Monin, simplement « lié au printemps et aux conditions météorologiques exceptionnelles ». Ce week-end, les communes de Martigues, Sausset-les-Pins, Carry-le-Rouet et Ensuès-la-Redonne ont pris des arrêtés interdisant la baignade à la suite de « blooms planctoniques ». Ces phénomènes ne sont associés à aucune « toxicité connue », précise l’Agence régionale de santé (ARS).

    Ce sont deux prises en charge pour cause de démangeaisons sur les plages de La Saulce et Sainte-Croix qui ont donné l’alerte. « C’est les symptômes d’une petite algue tropicale, l’Ostreopsis ovata qu’on a sur le littoral mais dont on a jamais dépassé les seuils réglementaires », explique Marie Bravo-Monin. Les pompiers ont ensuite évacué les deux rives martégales de manière préventive.

    « Les villes riveraines ont préféré prendre leur précaution puisqu’on était un jour férié et qu’il était complexe d’avoir des réponses dans l’immédiat », explique le maire d’Ensuès Michel Illac (DVG). Le Service départemental d’incendie et de secours des Bouches-du-Rhône a néanmoins immédiatement écarté toute pollution chimique.

    Ce mardi, les mairies d’Ensuès-la-Redonne, de Carry-le-Rouet et de Sausset-les-Pins ont finalement rouvert leurs plages à la baignade. « Les résultats des analyses confirment à la fois l’absence de pollution organique (que l’on pensait liée à l’algue tropicale Ostreopsis ovata) ainsi que l’absence de pollution chimique », affirme Michel Illac. La Ville de Martigues a quant à elle engagé une analyse bactériologique des eaux en interne, dont les résultats ne sont pas encore connus. Les plages restent donc fermées.

    Une situation d’anoxie

    S’agissant du bloom planctonique, la directrice du Parc marin de la Côte Bleue explique : « On se retrouve dans des conjonctions de courantologie, avec de l’eau qui s’est réchauffée très rapidement, ce qui engendre la prolifération du plancton. Ce n’est pas anormal pour la période d’avril/mai. Là, c’est d’autant plus important au vu des températures et de l’absence de vent, qui engendre moins de brassage de cette masse d’eau qui se stratifie et devient donc toute verte à cause de l’anoxie des planctons. Ce qui mousse, c’est la décomposition de ces éléments. »

    Pas de pollution, donc, mais un phénomène naturel amplifié par les conditions météorologiques. Les relevés montrent qu’une présence de planctons jusqu’à 40 mètres de profondeur. « D’où l’importance du mistral », glisse Marie Bravo-Monin.

  • [Exclusif] Pollution aux Riaux : l’État savait depuis un an

    [Exclusif] Pollution aux Riaux : l’État savait depuis un an

    Pour la mairie de secteur, l’alerte est tombée inopinément à la fin du mois d’avril, lorsque l’Agence régionale de santé (ARS) a demandé à publier sur son site internet un message pour informer les habitants des risques de pollution. « Dans le cadre de la mise en sécurité du site de la société Recylex, en liquidation judiciaire, une pollution aux dioxines et furanes a récemment été découverte sur le terrain », expliquent l’ARS et la préfecture dans une communication conjointe à destination des riverains. Et d’annoncer la réalisation de prélèvements dans le voisinage de ces 80 hectares de friches situées sur les hauteurs des Riaux, dans le 16e arrondissement de Marseille.

    « Cela a créé un petit affolement pour l’école de l’Estaque », reconnaît le maire (PCF) du secteur, Jean-Marc Coppola, même si finalement l’établissement n’est pas dans le périmètre des prélèvements préconisés. Certes, la pollution n’est pas un sujet nouveau pour les riverains de ces sites industriels exploités en continu de 1883 à 2001 pour produire sulfate de soude puis plomb avant de traiter les minerais de cobalt et aurifères. L’alerte avait ainsi été déjà donnée aux habitants sur la présence de plomb et d’arsenic. « Ceux qui ont connu l’exploitation des usines ont déjà eu des analyses il y a quinze ans, explique Jean-Marc Donjon, le président du comité d’intérêt de quartier (CIQ) des Riaux. Mais les nouveaux Estaquéens découvrent le sujet. Ils ont été surpris de cette communication abrupte de l’ARS. »

    Un chantier jusqu’en 2027

    Les analyses qui ont décelé la présence de ces nouveaux polluants avaient pourtant été réalisées en novembre 2024, et leurs résultats transmis à la Direction régionale de l’environnement (Dreal) début 2025. C’est une expertise rendue en novembre 2023 suite à la liquidation en 2021 de l’entreprise propriétaire du site Recylex (ex-Metaleurop) qui a sonné l’alerte. Au moment de recenser les travaux de dépollution restant à réaliser, elle relevait qu’il n’existait aucune donnée concernant les concentrations en dioxines et furanes dans les sols. Classés parmi la « sale douzaine » des polluants organiques persistants, ces composés chimiques peuvent endommager le système immunitaire et provoquer des cancers, explique l’Organisation mondiale de la santé. Et les services de l’État, dès 2008, avaient exigé de Recylex que ces analyses soient effectuées. « Les investigations, réalisées en novembre 2024, ont permis de mettre en évidence des concentrations significatives de dioxines et furanes sur l’ensemble de l’emprise investiguée, relate le rapport d’une inspection réalisée le 20 juin. Au vu de l’historique de la zone et de la présence d’une zone résidentielle à proximité du site, il est fort probable que de tels polluants soient présents aux abords. » Un an et demi après, l’ARS recommande aux habitants de se laver soigneusement les mains après avoir joué ou travaillé en extérieur, de passer la serpillière plutôt que le balai, d’éviter de consommer œufs, fruits et légumes du jardin.

    « Il faut qu’on dissipe le caractère anxiogène du message pour ceux qui le découvrent », rassure Jean-Marc Coppola, qui a réuni ARS et préfecture après avoir été informé. Une rencontre qui a débouché sur l’organisation d’une réunion publique d’information ce jeudi au centre municipal d’animation Estaque-Riaux afin de faciliter le travail de prélèvements auprès des habitants. Et connaître, enfin, les conséquences de cette pollution, alors que la mise en sécurité du site, initialement prévue pour 2002 avec une enveloppe de 40 millions d’euros, reste encore inachevée. Poussant la préfecture le 9 septembre dernier à mettre en demeure le liquidateur judiciaire, en lui ordonnant de finir les travaux d’ici au 30 octobre 2027.

  • [Cadmium] Des tests remboursés mais pas pour tous

    [Cadmium] Des tests remboursés mais pas pour tous

    La bombe sanitaire liée au cadmium est-elle en passe d’exploser ? La pollution de ce métal lourd et sa dangerosité pour la santé (défini comme un cancérogène par l’Organisation mondiale de la santé depuis 1993) font désormais régulièrement la une des médias. Une récente étude de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) montrait ainsi qu’un Français sur deux avait accumulé trop de cadmium dans son organisme.

    Face à ces résultats, l’Assurance-maladie et les syndicats de biologie médicale ont conclu un accord début avril pour rembourser les tests à partir de cet été. Ce dépistage, qui coûte 27,50 euros, sera pris en charge à 60% par l’Assurance-maladie et à 40% par les complémentaires santé. Mais seuls ceux vivant dans une zone jugée contaminée et les salariés de l’industrie au contact du cadmium seront remboursés.

    Une stratégie critiquée

    Ce choix d’un dépistage géographique, préconisé par la Haute autorité de santé en 2024, a rapidement été fustigé par les médecins. « Dépister selon le lieu de résidence ne tient pas la route », affirme ainsi François Simon, médecin retraité membre de l’association pour la dépollution des anciennes mines de la Vieille Montagne (AdamVM), basée dans les Cévennes gardoises, qui alerte depuis longtemps sur la dangerosité du cadmium. « Selon l’Anses 48% des Français ont des valeurs toxicologiques de référence au-dessus des normes admises, donc ça ne dépend pas uniquement de la zone géographique. On risque d’être contaminé avant tout par son alimentation. Ce n’est donc pas le lieu de résidence qui est important. » En effet l’Anses précise que la première source de contamination vient de l’alimentation, le cadmium étant très présent dans les pommes de terre, le chocolat, les céréales, le riz ou les biscuits…

    Autre problème : pour définir les zones où la pollution serait la plus importante, l’État s’appuie sur une carte réalisée en 2011 par le Groupement d’intérêt scientifique (GIS). « Cette carte n’est pas actualisée. Il y a donc beaucoup de réticence autour de cette carte très ancienne. En plus, la France a une dérogation pour l’épandage des engrais phosphatés avec 90 mg/kg alors que l’Union européenne réclame un maximum de 60 mg/kg et l’Anses, depuis 2019, réclame que ce soit à 20 mg/kg. La pollution des sols français n’a pas cessé ces dernières années donc cette carte est caduque », ajoute François Simon.

    La question se pose aussi de la démarche à suivre si le test est positif, car aucun protocole n’a été arrêté. « Les médecins n’ont pas de formation sur le sujet et ne connaissent pas les pathologies que ça engendre », explique François Simon qui demande avant tout de changer de modèle agricole : « Pendant longtemps, on a regardé ailleurs et maintenant ça nous explose au visage. C’est un problème politique et il faut maintenant de la volonté. Il faut diminuer les engrais phosphatés tout de suite, pas en 2038 comme c’est prévu aujourd’hui. Combien faut-il de cancers pour qu’on prenne des mesures immédiates ? »

  • Incinérateur : Suez peine à convaincre lors de la réunion

    Incinérateur : Suez peine à convaincre lors de la réunion

    Quelles seraient les conséquences d’un incinérateur pour la qualité de l’air ? Pour la nappe phréatique de la Crau ? Quel impact ce projet pourrait-il avoir sur le cadre de vie des Istréens, que ce soit au niveau du trafic routier ou des nuisances olfactives ?

    Les questions et inquiétudes qui entourent le projet « Istres recyclage et énergie » (IREN) de Suez sont nombreuses. Ce lundi soir, une deuxième réunion publique a été organisée au sein de l’auditorium de l’hôtel de ville pour que les habitants puissent obtenir des réponses du porteur de projet, installé sur le site de la Grande Groupède, dans la zone de l’Écopôle du Tubé Ouest, depuis 2013.

    Guillaume Le Goff, directeur territorial de la multinationale, rappelle : « On a une loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte qui nous contraint à réduire les capacités de stockage par enfouissement de 50% entre 2010 et 2025. » Dans la région, plusieurs installations vont fermer d’ici 2035, à l’instar de Septèmes-les-Vallons, les Pennes-Mirabeau ou Gardanne, supprimant environ 350 000 tonnes de capacité. « On va se retrouver face à un mur de valorisation des déchets de 362 000 tonnes, affirme Guillaume Le Goff. Si on ne fait pas émerger un projet comme celui d’Istres, on va être dans une situation compliquée. »

    Ce projet à 250 millions d’euros consisterait à ajouter une chaufferie pour combustibles solides de récupération, fabriqués à partir de déchets non dangereux et non recyclables, et une unité de méthanisation pour produire de l’électricité, du biométhane et des intrants agricoles. 80% des déchets admis en valorisation énergétique proviendraient de la région avec une distance moyenne de transport de 80km.

    « On est saturés »

    Dans la salle, l’enjeu est bien intégré. « C’est un bon projet pour éviter l’enfouissement, mais pas ici », pose Gilbert Dalcol, membre de plusieurs associations locales de défense de l’environnement. « Là où le bât blesse, c’est qu’on va avoir de nouveaux camions sur les routes sachant que le port va se développer d’ici quelques années, il parle de créer 10 000 nouveaux emplois. (…) Toute nouvelle industrie apporte une pollution. On est déjà saturés. »

    Concernant le trafic, Caroline Verdier, en charge des autorisations administratives du projet IREN précise : « Nos activités futures vont entraîner un trafic de 230 camions jour. Si on le compare au trafic journalier de la RN569, c’est moins de 2%. »

    Pour le volet émissions, sa collègue Sandrine Person, directrice du projet, présente les modélisations en matière de particules ultra-fines (PM10) : « Les études montrent qu’il n’y a pas d’impact significatif au niveau des poussières émises par nos installations. Idem pour l’ensemble des polluants. » Entre des filtres à manche, un contrôle de la température de la combustion, une neutralisation des acides, une captation des métaux et dioxines et des catalyseurs, Suez compte sur une batterie de technologies pour maîtriser ses rejets et opérer un suivi transparent auprès des pouvoirs publics.

    Malgré ce, dans la population, la pilule ne passe pas. La faute, peut-être, à la méthode ? « Tout a été fait dans le secret », déplore l’adjoint au maire délégué à l’environnement Luc Brezia, qui répète la position de la Ville : « Nous ferons tout pour l’incinérateur ne soit pas à Istres. »

  • Reconnaissance d’un préjudice écologique causé par des mines en Occitanie

    Reconnaissance d’un préjudice écologique causé par des mines en Occitanie

    Par Elohane Durand, avocate fondatrice du cabinet Natur’avocat, membre de la commission environnement du SAF

    Contexte du recours : pollution dans la vallée de l’Orbiel.

    Cette décision s’inscrit dans le cadre plus large de la lutte contre la pollution des anciens sites miniers de la vallée de l’Orbiel. L’activité minière de la région fut très conséquente depuis 1892. Suite à sa fermeture définitive en 2004, la vallée est qualifiée par CCFD-Terre solidaire de « véritable décharge chimique », avec « 3 000 000 de tonnes de produits toxiques purs, dont 800 000 tonnes d’arsenic » présents sur les bassins de l’Orbiel (1).

    Enfants testés positifs à une surexposition à l’arsenic

    La pollution devient un sujet de notoriété publique lors des inondations de 2018, lorsque de l’eau contaminée se déverse dans les terrains et villages avoisinants les anciens sites miniers pollués. L’année suivante, une trentaine d’enfants seront testés positifs à une surexposition à l’arsenic selon Le Monde (2).

    Décision de la juridiction : reconnaissance d’un préjudice écologique. L’association Terres d’Orbiel, une des requérantes du recours devant le TA de Montpellier, a demandé la reconnaissance et la réparation du préjudice écologique. Elle souligne la carence fautive de l’État dans l’exercice de son pouvoir de police des mines, notamment pour les raisons suivantes :

    –Les mesures prises après la fermeture des mines furent insuffisantes, de même pour la gestion des zones contaminées et des zones de stockages.

    –L’État n’a pas exigé une diminution significative des polluants.

    –Un manquement aux devoirs de vigilance et de prévention en matière de droit de l’environnement.

    Dans sa décision rendue le 22 juillet 2025, le juge enjoint le préfet de l’Aude de prendre, dans un délai d’un an, « toutes les mesures utiles de nature à réparer le préjudice écologique constaté et de prévenir l’aggravation des dommages […] afin de limiter effectivement la concentration en arsenic des eaux superficielles de la vallée de l’Orbiel, et en maintenant les outils de contrôle permettant un pilotage effectif des actions menées. »

    Cela étant, la préfecture de l’Aude exprime, lors d’un communiqué de presse du 24 juillet 2025, la difficulté d’une telle tâche en vue du niveau de pollution, en soulignant que « l’évacuation de l’ensemble des terres impactées sur les anciens sites miniers est à ce jour irréalisable ».

    1) ccfd-terresolidaire.org

    2) lemonde.fr

    Une question ? Besoin d’un conseil ? Contactez nos chroniqueurs par mail

    avocats@lamarseillaise.fr

  • [Occitanie] Eau : les écologistes veulent y voir clair

    [Occitanie] Eau : les écologistes veulent y voir clair

    Publié le 25 mars au lendemain des Municipales, le rapport national de l’Anses a reçu un écho inversement proportionnel à l’urgence de son message. A savoir que la France est surexposée au cadmium, ce « métal lourd contaminant et préoccupant pour la santé publique car reconnu cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction ». L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) ajoute qu’omniprésent dans les sols, l’air, les eaux et les sédiments, ce polluant entraîne des cancers (poumon, pancréas, vessie, rein), des atteintes rénales et une fragilité osseuse « en cas d’exposition prolongée par voie orale ».

    Or, l’essentiel du cadmium que nous ingurgitons provient de notre alimentation (98% chez les non fumeurs). Hormis le tabac, le pain, les pâtes, le riz, les pommes de terre, les céréales ou le chocolat sont les aliments les plus chargés en cadmium. « Il faut limiter les produits ultra transformés, privilégier les légumineuses et moins le blé », résume Lise Florès.

    Avec le groupe local, l’ancienne candidate écologiste a décidé d’interpeller les collectivités. Dans un courrier cosigné par Debout (le mouvement de François Ruffin) envoyé à la Mairie et à l’Agglo de Lunel, les Verts réclament que la transparence soit faite sur la qualité de l’eau du robinet. « 47% des adultes et 36% des enfants de moins de 3 ans sont surexposés au cadmium », rappelle Lise Florès.

    Si la démarche intentée à Lunel serait légitime partout ailleurs, la militante précise les sources du doute. « Lunel n’a pas une population riche, qui doit manger pas mal de produits transformés ». La commune est aussi entourée de terres agricoles et il se trouve que les engrais phosphatés sont largement pointés du doigt par le rapport de l’Anses. « On a les moyens de rechercher la signature chimique du pollueur ».

    Déjà les Pfas…

    Si les écologistes jouent la carte du principe de précaution, c’est aussi parce qu’ils ont déjà été échaudés sur le sujet de l’eau. L’an passé, il a été révélé dans l’eau potable des taux de Pfas (per- et polyfluoroalkylées, des polluants éternels) supérieurs aux normes dans les communes voisines de Lunel-Viel, Saint-Just ou Saint-Nazaire-de-Pézan. « Les Lunellois sont en droit de savoir ce qu’ils mangent et ce qu’ils boivent ».

    S’il s’agit d’un problème de santé publique qui relève en soi de l’Etat, les collectivités ont aussi leur mot à dire et un rôle de garde-fou à jouer. « Le maire a le devoir d’informer la population. Il peut intervenir sur les menus dans les cantines, dans l’agriculture et la bétonnisation via les points de captage de l’eau », illustre l’écologiste qui rappelle que « dès qu’on imperméabilise, on touche au cycle de l’eau ».

    Ainsi la politique jugée pro-industrielle de la municipalité de droite est-elle décriée. « Sur le projet de zone des Dardaillons, on avait demandé des études sur la qualité de l’eau, rien n’a été fait », déplore-t-elle. « On est dans un système où l’industriel décide et le politique suit ». La co-secrétaire régionale des écologistes y voit la limite des élus soi-disant apolitiques. « Ils n’ont pas de militants ni de spécialistes qui leur donnent d’autres éléments pour décider que ceux de l’industriel ou du café du commerce ».

  • Vers un changement des règles d’affichage au Festival

    Vers un changement des règles d’affichage au Festival

    Depuis plusieurs semaines, le maire d’Avignon, Olivier Galzi (DVD), a évoqué à plusieurs reprises vouloir plus durement encadrer l’affichage des spectacles pendant le Festival. Et si l’arrêté portant réglementation sur le sujet a été publié ce lundi 11 mai, il est en grande partie identique à celui de 2025, publié par l’ancienne municipalité de Cécile Helle.

    Comme évoqué, l’actuel premier magistrat de la Cité des Papes avait affirmé dès le lundi 27 avril, lors de la conférence de présentation du Festival Off, chercher une solution « pérenne et définitive à la problématique de l’affichage sauvage » en « concertation avec les compagnies ». « Alors, je sais que certains y voient une sorte de poésie. C’est vrai que c’est sympa, mais il y a un moment donné, ce n’est pas très écolo, c’est un petit peu compliqué à gérer. Non seulement ça crée une pollution visuelle et environnementale, mais ça renforce, j’allais dire, les inégalités aussi, entre les compagnies qui ont les moyens, effectivement, d’imprimer massivement et puis celles qui ne les ont pas », a-t-il poursuivi. Avant d’assurer qu’un travail allait être fait pour « tourner la page d’un affichage anarchique » et « inventer une communication à la fois plus intelligente, plus équitable et plus verte ».

    « Le délai était trop court et des commandes d’écopacks (service de mutualisation d’impression d’affiches et tracts d’Avignon Festival & Compagnies) étaient déjà dans les tuyaux pour cette année », confirme de son côté à La Marseillaise Laurent Rochut, adjoint au spectacle vivant et ex-coprésident du Festival Off. Il assure que de « grosses réunions de concertation » vont être organisées avec les différents acteurs en septembre et en octobre. Et émet plusieurs pistes, comme « confier l’affichage aux théâtres et puis afficher par salle » et limiter à 100 le tirage par affiche, quitte à autoriser des formats plus grands. Ou encore que la communication soit « maîtrisée par la mairie » avec des espaces dédiés. Car « s’il y a tout à coup des spectacles qui se mettent à afficher sauvagement, c’est super simple, c’est facile à enlever, à arracher et à pénaliser », explique-t-il. Mais « rien n’est arrêté. Ce qui est certain, c’est qu’on veut mettre fin à ce que ça représente pour les compagnies pour qui ce n’est pas sympa à faire. Et pour les services municipaux, c’est une usine à gaz », conclut-il.

    150 affiches par spectacle

    L’arrêté de réglementation est donc en finalité assez similaire à celui de la précédente édition. Ainsi, du jeudi 2 juillet à partir de 22h jusqu’au samedi 25 juillet, en centre-ville ou en extra-muros, les compagnies de théâtre ou les exploitants de lieux pourront déposer leurs affiches. Mais de nombreux lieux sont interdits, à savoir les édifices publics, les monuments historiques, les pupitres et blasons de ces monuments, les arbres et plantes ou encore la signalisation routière et les gouttières, balcons ou palissades de chantier. Les affiches doivent être au maximum au format A2. L’affichage est également interdit sur diverses places, comme la place Pie, celle du Palais des Papes ou celle de l’Horloge. Et le nombre d’affiches par spectacle est limité à 150, sachant que deux affiches identiques ne peuvent être collées l’une à côté de l’autre.