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  • [Rue de la République] Benoît Payan : « Une cité des sciences et de la mer, et la philharmonie à la place des Galeries Lafayette »

    [Rue de la République] Benoît Payan : « Une cité des sciences et de la mer, et la philharmonie à la place des Galeries Lafayette »

    L’assassinat du frère d’Amine Kessaci

    Didier Gesualdi : Après l’assassinat du frère du militant écologiste Amine Kessaci, quelle est votre réaction de maire ?

    D’abord j’ai réagi en tant qu’homme et après en tant que maire. Pourquoi ? Parce que je connais personnellement Amine, son combat, que je partage. Je sais l’effroi qui a été le sien. Je l’ai eu au téléphone. Il est, comme vous pouvez l’imaginer, dévasté. C’est le deuxième frère qu’il perd, assassiné sous les balles des narcotrafiquants. On s’est parlé d’homme à homme, de personne à personne. En tant que maire, c’est ma fonction de dire qu’on ne peut pas laisser passer ça. On ne peut pas se taire, on ne se taira jamais. Si les thèses qui sont avancées au moment où on parle étaient confirmées, le procureur de la République semble avancer vers un assassinat d’intimidation, alors on entrerait dans quelque chose qu’on n’a pas connu. La lutte contre le narcotrafic est une lutte de tous les jours, qu’on a mené, que l’État a mené en amenant des moyens supplémentaires qui ont produit des résultats avec, par exemple, une baisse très significative du nombre d’homicides dus au narcotrafic, un nombre d’enquêtes et d’élucidations qui n’a cessé d’augmenter, un nombre de personnes liées aux trafics et aux crimes emprisonnées à l’isolement qui augmente… Ce sont des dangers pour la société, des criminels, pas des victimes. Ce sont des gens qui sèment la mort autour d’eux. Si la thèse d’un assassinat d’intimidation était confirmée, on changerait de dimension. On ne serait pas seulement sur un assassinat pour des parts de marché, parce que ces gens-là, cette mafia, n’ont aucun respect pour la vie humaine.

    Léo Purguette : Ils n’auraient donc plus aucune limite ?

    Ça voudrait dire qu’on a passé un cap et qu’il n’y a plus de limite, que l’on tape pour impressionner et faire taire. Or, ils ne nous feront pas taire. Ils ne nous font pas peur, ils ne m’ont jamais fait peur. Je suis persuadé que les Marseillais, dans leur immense majorité, refusent que des mafieux assassinent pour faire taire. Ce serait d’une gravité sans précédent, c’est presque l’état de droit qui est remis en cause. On a connu ça à Marseille avec l’assassinat du juge Michel en 1981. Évidemment, j’ai eu le ministre de l’Intérieur, l’Élysée, on a un procureur de la République qui, avec son parquet, est un des meilleurs de France sur le narcotrafic…

    Léo Purguette : … Ça intervient à un moment où il obtient des résultats.
    Vous faites le lien
     ?

    Il faut laisser ça au procureur de la République, c’est à lui de dire où en est l’enquête, c’est à lui d’établir les circonstances. Il y a des gens qui font de la récupération, du commentaire. Moi je suis maire de Marseille, je ne me place pas à ce niveau-là. Ce que je considère être ma mission, c’est de tout faire pour protéger les Marseillaises et les Marseillais. On a obtenu 100 policiers supplémentaires par an, il faudra en obtenir plus encore. Nous avons doublé la police municipale, je ne demande pas que la police nationale soit doublée, l’État en serait incapable mais -je sais que le terme peut déplaire- s’ils font la guerre à l’État, alors il faut leur faire la guerre.

    Les caméras

    Didier Gesualdi : Selon la droite, vous avez trop tergiversé sur les caméras de vidéo surveillance, vous mentez sur le doublement de la police municipale…

    J’ai décidé de ne pas répondre aux fake news. Pour moi, l’opposition de droite républicaine devrait s’en tenir à de la dignité. Un chiffre, c’est un chiffre. Un doublement de la police municipale, c’est un doublement de la police municipale. Ils peuvent dire 10 fois une contre-vérité, ça ne deviendra jamais une vérité. Je laisse les fake news aux trumpistes, à l’extrême droite, à ses marchepieds et ses alliés. Le sujet de la sécurité est trop sérieux. Il touche tout le monde, et particulièrement quand on n’a pas les moyens d’habiter les beaux quartiers. On décide de faire de l’îlotage, d’aller voir les petits commerçants comme à Noailles, on s’y est pris avec humanité et fermeté. On s’y est pris de manière intelligente. À Belsunce, c’est la même chose. Quand on met des caméras, ce n’est pas pour se faire plaisir. Je ne peux pas entrer dans le déroulement de l’enquête que nous venons d’évoquer mais les caméras servent quand elles sont au bon endroit. Je ne peux pas accepter de leçons de gens qui ont mis des caméras de complaisance, pour se faire plaisir, pour faire plaisir à leurs amis ou je ne sais quoi. Tout cela doit être fait avec intelligence, parcimonie, humanité et fermeté.

    La police municipale

    Léo Purguette : Ce que vous dites sur l’ampleur du narcotrafic ne rend-il pas vain le débat au niveau municipal sur la police ? On voit bien que ce n’est pas la police municipale qui va pouvoir agir face à la mafia.

    Encore une fois je ne veux pas sortir de mon rôle en donnant des détails de l’enquête en cours. La police municipale a été à l’origine d’éléments essentiels qui permettent aujourd’hui, au moment où je vous parle, à la police de travailler et d’avancer. Quant à ceux qui crient… Vous savez ; les chiens aboient et la caravane passe. Je les laisse raconter ce qu’ils ont envie de raconter. Je crois qu’il ne faut pas mentir aux Marseillais. Expliquer que la Ville doit se substituer à l’État en matière de sécurité, c’est comme expliquer que le bleu est rouge ou que le blanc est noir. Les Marseillais sont intelligents et jouer avec leurs peurs, ça n’est pas être au niveau du débat municipal.

    2026

    Léo Purguette : Un projet d’ampleur comme celui des Galeries Lafayette vous projette dans un second mandat. Est-ce que c’est une forme d’acte de candidature ?

    Pas du tout ! Justement, ma ville je la gère. J’ai le problème qui se pose maintenant. J’ai dit que je m’occuperai de ce sujet et je m’en occupe. Les choses vont intervenir dans les prochaines semaines et de toute façon, comme je l’ai dit, je serai maire jusqu’au bout. Je laisse celles et ceux qui rêvent de devenir maire de Marseille, sauter sur leurs chaises comme des cabris. S’ils ont du temps à perdre, ce n’est pas mon problème. Moi je suis au travail. Et je resterai au travail jusqu’au bout.

    Les Galeries lafayette

    Léo Purguette : Vous avez été beaucoup attaqué sur la fermeture des Galeries Lafayette avec une dévitalisation du centre-ville qui est redoutée, quelles réponses apportez-vous ?

    Encore une fois, sur les attaques, je ne vais pas revenir sur ce qui s’est passé dans cette ville. Vous savez, j’ai été dans l’opposition. Quand je l’étais, j’ai suffisamment dit à Mme Vassal, à ses amis et au maire de Marseille de l’époque que c’était un contre-sens historique que d’ouvrir des centres commerciaux en pleine ville. On sait que depuis la fin des années 1990 toutes les villes du monde ont arrêté de le faire. C’est un non-sens, ils se dévorent entre eux et dévorent les commerces de centre-ville. Mme Vassal et ses amis, soutenus d’ailleurs par le Rassemblement national, ont continué d’implanter des centres commerciaux. Et donc, qu’est-ce qu’il se passe ? Il y a de la concurrence déloyale, plus il y en a, moins ça marche.

    Léo Purguette : Que proposez-vous alors ?

    Je vous le dis en exclusivité : les galeries Lafayette m’ont présenté une offre de reprise. Elle ne me convient pas. Ça n’est pas du tout ce que je veux pour le centre bourse. Je ne veux pas citer la marque mais elle ne me convient pas. Je pense que les Marseillais n’en veulent pas. Ça n’est pas dans mon éthique d’accepter ça donc c’est non. Je vais racheter les galeries Lafayette comme je m’y étais engagé. On va y faire deux choses : une cité des sciences et de la mer et on va y faire aussi une partie de la philharmonie. C’est un projet immense, culturel, scientifique, pédagogique pour faire découvrir le monde de la mer, de la science, pour la musique… Ce sont des milliers et des milliers de mètres carrés qui y seront consacrés dans le centre-ville !

    Léo Purguette : Ça va prendre du temps.

    Oui et en attendant, je ne veux pas de friche et donc je lance dès le rachat des galeries Lafayette un appel à manifestation d’intérêt. Ça veut dire quoi ? Qu’on va en faire un tiers lieu où des gens quels qu’ils soient, entrepreneurs, artistes, associatifs, vont pouvoir avoir des lieux mis à leur disposition pendant deux-trois ans. Il n’y a beaucoup de gens qui cherchent des lieux et qui n’ont pas forcément les moyens parce que vous avez vu l’explosion des loyers, ils vont pouvoir s’installer ici.

    Didier Gesualdi : On va vous dire que l’impact économique ne va pas être équivalent.

    Ce sont des gens qui ne savent pas trop compter qui disent ce genre de choses. Au regard de l’état des finances des collectivités gérées par la droite, je ne prendrai pas de leçons d’économie de ces gens-là. L’attractivité économique, la création d’emplois quand on fait une cité de la science et de la mer ou une philharmonie est bien plus importante que ce que peut faire un commerce. Les gens s’y arrêtent, y restent longtemps, en famille, entre amis…

    La droite

    Léo Purguette : La droite a démarré sa campagne avec une certaine agressivité. Comment l’analysez-vous ?

    L’agressivité, c’est la sœur jumelle de la fébrilité. Je n’ai pas grand-chose à en dire. Je les plains.

    Didier Gesualdi : Renaud Muselier vous trouvait mauvais sur ce plateau.

    Avec son parcours politique, il aurait pu être un sage de la politique. Un peu de sagesse ne lui ferait pas de mal.

    Didier Gesualdi : Est-on condamné aux petites phrases ?

    Notre ville a tout en main pour réussir. Elle mérite un niveau bien meilleur de débat. Je ne suis pas d’accord avec ceux qui disent qu’on a le personnel politique qu’on mérite. Je ne suis pas d’accord. C’est à droite et à gauche. Des médiocres, il y en a partout. Je ne m’abaisserai pas à aller dans le caniveau. Que ceux qui sont dans la boue y rest

    Le RN

    Didier Gesualdi : Qui est votre adversaire ? C’est le RN rabiboché avec M. Ravier ?

    J’ai toujours dit que mon adversaire, celui de Marseille et des Marseillais, c’était le Rassemblement national et ses idées, son incapacité à gérer, sa capacité à fracturer…

    Didier Gesualdi : « On ne les a jamais essayés », disent beaucoup de Marseillais.

    Oui, certains le disent. On peut aussi essayer de se jeter dans le feu, on n’a jamais essayé. L’argument « essayons-les », ne fonctionne pas. On ne s’amuse pas avec la vie des gens ni avec une ville fragile qui est en train de se relever. Oui, c’est d’abord Franck Allisio mon adversaire.

    Léo Purguette : Il est donné très haut dans les enquêtes d’opinion. Ça vous inquiète ?

    Bien évidemment. On doit tous prendre conscience que cette ville peut tomber dans l’escarcelle du RN. Ce serait une ville qui se coupe en morceaux, dans laquelle le chaos s’installerait parce que ce sont des gens qui vivent sur la peur de l‘autre et qui fabrique des boucs émissaires : les pauvres, les étrangers, ceux qui n‘ont pas la même religion que nous… Qu’est-ce qu’on construirait ? Des miradors à la place des bibliothèques ? Des centres de rééducation à la place des écoles ?

    La droite

    Léo Purguette : La droite a démarré sa campagne avec une certaine agressivité. Comment l’analysez-vous ?

    L’agressivité, c’est la sœur jumelle de la fébrilité. Je n’ai pas grand-chose à en dire. Je les plains.

    Didier Gesualdi : Renaud Muselier vous trouvait mauvais sur ce plateau.

    Avec son parcours politique, il aurait pu être un sage de la politique. Un peu de sagesse ne lui ferait pas de mal.

    Didier Gesualdi : Est-on condamné aux petites phrases ?

    Notre ville a tout en main pour réussir. Elle mérite un niveau bien meilleur de débat. Je ne suis pas d’accord avec ceux qui disent qu’on a le personnel politique qu’on mérite. Je ne suis pas d’accord. C’est à droite et à gauche. Des médiocres, il y en a partout. Je ne m’abaisserai pas à aller dans le caniveau. Que ceux qui sont dans la boue y restent.

    La France insoumise

    Léo Purguette : La France insoumise est dans l’attentisme mais en vous recevant en juin, on avait bien compris que ce ne serait pas avec eux au 1er tour.

    J’ai toujours dit que la France insoumise disait urbi et orbi qu’elle serait candidate donc je prends acte de sa volonté. Il semblerait que la France insoumise déclare une candidature dans les jours qui viennent. C’est son choix. Je ne le commente pas. Je suis au travail, je ferai tout ce que j’ai à faire pour me battre contre le RN. Je ne me trompe pas d’adversaire. Et je le dis à la France insoumise : j’aurais préféré les entendre dans les combats que j’ai menés face à la droite extrême et l’extrême droite plutôt que de taper sans cesse sur l’union de la gauche et des écologistes. Vous avez vu les mineurs isolés à la rue, le nombre de place d’hébergement d’urgence qui diminue, les défaillances de la Métropole, de la Région et du Département ? Qu’est-ce que j’entends de la France insoumise ? Rien.

    La Question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Jean-Michel Petrosi :

    Pourquoi M. Barles qui s’oppose au Printemps marseillais est toujours votre adjoint ?

    L’aventure individuelle de Sébastien Barles, c’est l’aventure individuelle de Sébastien Barles. Il a choisi, pour des raisons qui lui appartiennent, de considérer que son propre bilan était mauvais. J’avoue que c’est un peu particulier. Quand on est adjoint à la transition écologique, dire que le bilan est mauvais sur la transition écologique alors que des millions et des millions ont été dépensés sur le sujet, c’est soit faire preuve d’une lucidité absolument troublante concernant son propre bilan soit chercher une nouvelle famille politique. Je ne commente pas plus.

    Léo Purguette : Peut-il rester votre adjoint ?

    J’imagine que chez lui, il y a des miroirs, des glaces, qu’il doit s’y regarder. Il doit savoir s’il peut rester adjoint. Moi je ne fais pas de rétorsion. Je ne donne pas de coup politique à quelqu’un qui fait un choix politique. J’enlève une délégation ou une adjointure à quelqu’un qui a fait une faute morale ou autre. Il a le droit de dire qu’il a envie d’aller avec la France insoumise. Mais quelle cohérence ? Vous voulez que je vous dise ce que j’aurais fait moi-même à sa place ? Ça fait longtemps que j’aurais démissionné. Au moins pour pouvoir me regarder dans la glace.

  • « Sur scène, tout vient du cœur »

    « Sur scène, tout vient du cœur »

    La Marseillaise : « 60 ans d’amour » est le nom de votre tournée, c’est aussi 60 ans de carrière. Que représentent pour vous toutes ces années ?

    Mireille Mathieu : Je n’y pense pas vraiment. Je le fête, en effet, mais je ne pense pas au fait que ça fait 60 ans que je fais ce métier. J’ai la chance de vivre de ma passion, donc j’en profite pleinement.

    C’est quoi, selon vous, le secret de votre longévité dans un monde, et notamment l’industrie musicale, qui va de plus en plus vite ?

    M.M. : C’est grâce au public que j’en suis là, d’abord. Mais aussi parce que je mène ma vie de manière très disciplinée. J’aime ça, j’ai besoin de ça et, chaque jour, je fais mes vocalises pour préserver ma voix. Je compare souvent mon métier à celui d’un sportif qui a besoin d’entraînement quotidien. C’est comme cela que je le conçois.

    Votre tournée s’accompagne du best-of « Mon Credo », sorti au début du mois d’octobre, dans laquelle il y a des inédits et des chansons rares. C’était important, pour vous, d’offrir
    de la nouveauté à votre public
     ?

    M.M. : C’est un triple CD, un objet collector qui est très beau à voir. On retrouve des chansons que le public aime, comme Mon Credo, qui est d’ailleurs la chanson de mes débuts écrite par mon premier chef d’orchestre, Paul Mauriat, un Marseillais qui a travaillé avec Aznavour et qui s’est occupé de moi, à mes débuts. J’interprète aussi des chansons allemandes en français et certaines qui, sur scène, marchent très bien, dont L’Amour en robe noire, qui est un hommage à Edith Piaf.

    à vos débuts, vous étiez d’ailleurs beaucoup comparée à Edith Piaf…

    M.M. : Oui, parce qu’à mes débuts dans « Le Jeu de la Chance », c’est là que j’ai été découverte d’ailleurs, je n’interprétais que des chansons d’Edith Piaf puisque je n’avais pas encore de répertoire. Ce n’est qu’après qu’on m’a habillée sur mesure.

    Vous avez deux dates à Avignon, votre ville natale. Que signifie pour vous ce retour devant un public qui vous a vu naître ?

    M.M. : C’est incroyable, ça fait plus de 11 ans que je ne me suis pas produite à Avignon ! C’est un moment qui sera pour moi une immense émotion. La dernière fois, ma maman, qui était encore de ce monde, était là et je sais que cette fois-ci, l’émotion sera très intense. Je suis également ravie et très honorée de revenir à Marseille, après toutes ces années. Sans compter que le journal La Marseillaise m’a accueilli à mes débuts. J’ai été la marraine de l’une des fêtes de La Marseillaise et je n’en garde que de bons et beaux souvenirs.

    Vous êtes connue dans le monde entier, chantez en 12 langues… Quel regard portez-vous sur la situation géopolitique actuelle ?

    M.M. : Le monde, actuellement, est en ébullition… Pour mes dates à l’Olympia, le public a repris avec moi Mille Colombes, parce que c’est un message de paix et d’espoir dont nous avons tous besoin et j’espère qu’à Marseille ce sera pareil et qu’on pourra casser la Canebière avec nos voix (rires).

    Justement, « Mille Colombes » est sortie en 1977, le couplet sur la guerre résonne encore de nos jours. Pensez-vous qu’elle est plus que jamais d’actualité ?

    M.M. : évidemment qu’elle est encore d’actualité ! C’est terrible ce qu’il se passe dans le monde, il y a des guerres de partout. C’est une chanson merveilleuse, dont le texte est simple, vrai. Tout le monde se sent concerné, touché par cette chanson.

    La situation politique en France est également très compliquée…

    M.M. : Ce n’est pas possible ce qu’il se passe en France, Vous vous rendez compte que des enfants dorment dans la rue, ils n’ont rien à manger, ils n’ont pas d’abri, rien ! Tout ça dans le pays de la liberté, dans notre beau pays, qui a un savoir-faire extraordinaire. C’est dommage que nous en soyons arrivés là.

    Vous avez reçu de nombreuses distinctions de chefs d’État, vous avez rencontré le Pape Jean-Paul II, vous faites partie du patrimoine et de l’histoire de France… Vous vous attendiez à ça, à vos débuts ?

    M.M. : Ah ça non ! On ne peut pas s’attendre à une si grande notoriété, mais je dois dire que la personne qui m’a le plus impressionnée, dans ma carrière, c’est le Pape Jean-Paul II. Quand j’ai commencé, mon manager Johnny Stark, à qui je dois tout, m’avait dit que ce serait difficile. Je le savais, mais je ne pensais pas que ça le serait autant. C’est une telle rigueur, mais j’ai la chance de vivre en faisant ce que j’aime et ce n’est pas le cas de tout le monde, alors j’en suis très reconnaissante. Sur scène, tout vient du cœur, je n’ai ni prompteur, ni oreillette, je pense que c’est avant tout le regard qui est le reflet de l’âme et c’est ce que je souhaite partager avec le plus grand nombre.

  • « Les politiques contre la drogue sont un échec total »

    « Les politiques contre la drogue sont un échec total »

    La Marseillaise : En tant que présidente de la LDH, vous avez choisi de venir à Avignon pour cette journée de débats. Cela montre-t-il que les politiques autour de la drogue sont un sujet qui vous tient
    à cœur
     ?

    Nathalie Tehio : C’est effectivement un sujet particulièrement important. On se rend compte qu’il y a un vrai problème de sécurité lié au trafic de drogue. Et particulièrement dans le Vaucluse, d’où le choix d’organiser cette journée ici. On me parlait de la fusillade qui a touché un tram et c’est particulièrement grave, car cela montre que cela peut toucher n’importe qui. Donc, il est important de se poser à un moment donné pour réfléchir de nouveau, puisque la seule solution qui est proposée, comme une sorte d’engrenage, est une solution sécuritaire. C’est-à-dire qu’on nous dit : « Puisque le principe est de chercher la sécurité, vous acceptez les mesures que le gouvernement et les exécutifs locaux vous proposent », y compris lorsqu’elles sont contraires aux droits et aux libertés.

    Cette politique est-elle un échec, selon vous ?

    N.T. : C’est un échec total. Il faut rappeler qu’en Europe, la France est à la fois le pays qui a la politique la plus répressive et celui avec la population la plus consommatrice de drogues. C’est quand même fou et ça montre bien qu’il faut changer de politiques.

    À quoi cet échec est-il dû ?

    N.T. : C’est le résultat de politiques néolibérales. La loi prévoit, par exemple, un plan quinquennal d’éradication de la pauvreté, dont le lien avec le trafic de drogues est prouvé. Or, depuis qu’Emmanuel Macron est au pouvoir, il n’a pas été fait. On voit qu’éradiquer la pauvreté n’est pas une cause nationale. Tout comme le choix de la politique du chiffre mise en place lorsque Nicolas Sarkozy était au pouvoir. On demande des comptes aux policiers et les enquêtes pour faire tomber un réseau durent des mois et des mois. Donc, on s’attaque aux petites mains, au trafic de rue ou encore au consommateur, car ce sont des cas résolus souvent en cinq minutes. Il faut que l’on se concentre sur le haut du panier et pas l’inverse.

    Quelles solutions portez-vous justement ?

    N.T. : On prône, par exemple, la dépénalisation de l’usage de stupéfiants. C’est ce que prône également l’ONU. Pour la grande majorité de ceux qui consomment des drogues, l’usage est tout à fait contrôlé et raisonné. Tout en sachant qu’il peut y avoir des effets nocifs à l’égard d’autrui et il faut bien sûr en tenir compte.

    Quels sont vos leviers d’action ?

    N.T. : Tout d’abord à travers des journées comme celles-ci. Cette journée d’étude est nationale. Et on porte nos propositions au gouvernement avec le Collectif pour une nouvelle politique des drogues (CNPD). Dans ce cadre, nous avons rédigé clés en main une proposition de loi qui est sur la dépénalisation de l’usage de stupéfiants. Des propositions dont des députés et sénateurs se sont emparés. La sénatrice écologiste de Paris, Anne Souyris, a déposé une loi à ce propos, avec un texte largement inspiré de notre travail. On est toujours dans cette dynamique-là et on veut relancer d’autres sujets, comme celui des haltes soins addictions.

    L’événement se tient de 8h30 à 17h30, ce samedi, à la Scierie, 15, quai Saint-Lazare.

  • « Cet assassinat est un malheur qui fait peur pour la suite des événements »

    « Cet assassinat est un malheur qui fait peur pour la suite des événements »

    La Marseillaise : Quel a été votre sentiment en apprenant cet assassinat ?

    Mathieu Croizet : Celui d’une immense tristesse. J’ai tenté d’appeler Amine pour lui transmettre mes sincères condoléances. Je connais bien Amine qui est le premier à se rendre sur place quand quelqu’un se fait tuer, qui refusait de quitter le quartier où il vit. C’est horrible pour sa maman qui perd un nouveau fils. Je ne parle pas au nom de la famille que je n’ai pas pu joindre mais je vous livre mon sentiment personnel. Son petit frère n’était pas lié à du trafic de stupéfiants, n’était pas connu de la police et de la justice comme l’a dit le procureur. Il voulait d’ailleurs devenir policier. S’il est démontré que c’est une expédition punitive pour intimider ceux qui se plaignent de la mainmise des narcotrafiquants sur la cité phocéenne, il n’y a alors plus de limites.

    Saviez-vous si Amine nourrissait des craintes pour lui et ses proches ?

    M.C. : Amine est quelqu’un d’assez discret. J’ai appris qu’il bénéficiait avec sa mère d’une protection policière. Mais on peut tous avoir des inquiétudes quand on voit les victimes collatérales dans les coups de force entre réseaux, la balle perdue qui a tué Socayna [étudiante de 24 ans, fauchée en 2023 d’une balle dans sa chambre par un tir en rafale de jeunes à scooter voulant récupérer un point de deal]. Des confrères avocats ont été agressés à l’arme blanche au sein de leur cabinet. Là, le ciblage est incontestable sur un pourfendeur des narcotrafiquants, un responsable associatif et militant politique. C’est une étape nouvelle dans l’horreur. Le cap a en réalité déjà été franchi depuis longtemps quand on voit des quartiers entiers placés sous la coupe réglée des narcotrafiquants qui règnent en maître et disposent de plus en plus de moyens. Des degrés dans l’horreur ont déjà été franchis pour arriver à tuer quelqu’un comme son premier frère qui a subi le « barbecue marseillais ». Est-ce un ensauvagement de notre société, peut être ?

    En quoi Amine Kessaci peut-il constituer une réelle menace pour le crime organisé au point qu’il leur faille abattre son frère ?

    M.C. : À force de parler, d’écrire, de demander le retour de la police dans les quartiers pour protéger les habitants qui sont les premiers et les plus frappés, cela remet à chaque fois un jeton dans le jukebox médiatique. Et tout le monde sait qu’il faut l’appui des médias pour obtenir des réponses de l’État. Amine, c’est un grain de sable dans un rouage, c’est un moustique mais ils ont utilisé la bombe nucléaire en tuant son frère. On sait qu’il y a des gradations pour intimider. Il y a le trolling, les menaces téléphoniques, la « jambisation ». Mais là il n’y a plus de limite pour eux. Ils considèrent que « si ce n’est pas toi c’est donc ton frère ». Le mode opératoire révèle un sang froid et un professionnalisme. Ce n’est pas l’aspersion kalashnikovienne, là c’est une arme de poing donc quelqu’un de plus professionnel. Les narcos sont capables de recourir au « uber-hit » en recrutant des jeunes en région parisienne pour venir tuer quelqu’un pour 5 000 ou 10 000 euros. C’est vraiment une triste journée pour les Marseillais. J’y vois aussi la démonstration de l’incapacité de l’État à prendre en compte les narcotrafiquants. Les autorités ont toujours un train de retard. Je n’ose pas imaginer l’état dans lequel Amine se trouve. Cet assassinat est un malheur qui fait peur pour la suite des événements.

  • La piste d’une exécution pour semer la terreur

    La piste d’une exécution pour semer la terreur

    L’assassinat, jeudi, du frère d’un militant écologiste menacé de mort pour avoir dénoncé l’emprise du narcotrafic sur la cité phocéenne est unanimement interprété comme un cap franchi dans l’horreur. Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, voit aussi dans ce drame « un point de bascule effrayant qui doit faire prendre conscience du danger de cette mafia du narcobanditisme à l’ensemble de la société française ». Car cet assassinat s’inscrit, selon lui, « probablement dans la stratégie de terreur et d’intimidation contre tous ceux qui, courageusement, luttent contre le narcotrafic ».

    Le jeune homme de 20 ans a été abattu, jeudi à 14h30, de plusieurs balles de 9 mm par un commando à moto alors qu’il stationnait devant la pharmacie du rond-point Claudie d’Arcy (4e). Le corps de Mehdi a été autopsié, vendredi, à l’institut médicolégal de la Timone. Le garçon était « absolument inconnu des services de police et de la justice », a redit le procureur de la République, Nicolas Bessone. Ce dernier n’exclut pas l’hypothèse d’un « assassinat d’avertissement », un crime par procuration dirigé contre son frère Amine Kessaci, 22 ans, militant écologiste qui a fondé l’association Conscience pour venir en aide aux familles victimes du narcotrafic, après l’assassinat d’un premier frère, Brahim, 22 ans, tué fin 2020. Il avait interpellé Emmanuel Macron, en 2021, venu lancer « Marseille en grand », pour lui demander de prendre en considération les habitants. Amine venait de sortir, le mois dernier, le livre Marseille, essuie tes larmes, centré sur l’exécution de son premier frère et qui fustigeait le narcotrafic et la carence de l’état à défendre les habitants victimes premières dans les cités.

    « Une jeunesse fauchée par une violence sans limite »

    « Si l’enquête confirme qu’il s’agit d’un assassinat d’intimidation, une volonté de faire taire Amine, nous passons collectivement dans une autre dimension et cela est très préoccupant », a réagi le maire de Marseille, Benoît Payan (DVG), venu la veille sur la scène de crime soutenir des membres de la famille, dont la mère et la tante d’Amine.

    Ce sentiment est partagé par la fédération du PCF 13 : « L’idée même qu’un assassinat d’avertissement soit envisagé par le parquet montre à quel point la violence a franchi un seuil intolérable », écrit la fédération, horrifiée de voir « cette jeunesse fauchée par une violence sans limite dans une société qui accumule les problèmes et où les inégalités se creusent ». Cette tragédie est « la conséquence d’un désengagement continu de l’État, qui laisse nos quartiers sans moyens, sans prévention, sans perspectives ».

    « Nous ne céderons rien face à l’intolérable », déclare la préfète de police Corinne Simon, qui « réaffirme la détermination totale de l’État » à retrouver les auteurs et les présenter à la justice. L’enquête pour « assassinat en bande organisée », confiée à la Division de la criminalité organisée et spécialisée, est une « priorité ». Une « trentaine d’enquêteurs » sont mobilisés, indique le parquet. Vendredi, la moto des auteurs a été retrouvée incendiée dans le 13e arrondissement.

    « Amine n’est pas un simple militant », se dresse Katia Yakoubi, sa colistière d’Europe Écologie aux dernières élections européennes : « C’est un jeune qui s’est levé avec courage pour dénoncer la violence du narcotrafic et défendre l’honneur de notre ville. Il a écrit, témoigné, mobilisé. Et parce qu’il ose parler, il vivait sous protection, menacé de mort. » Le président de Région, Renaud Muselier (Ren.), a aussi souligné que ce « terrible drame » touche la famille d’un « acteur politique de Marseille ».

    Amine et sa mère bénéficient d’une protection du ministère de l’Intérieur depuis août et Amine a dû quitter Marseille. « S’il est démontré que c’est une expédition punitive pour intimider ceux qui se plaignent de la mainmise des narcotrafiquants sur la cité phocéenne, il n’y a alors plus de limites », répond Me Mathieu Croizet, conseil d’Amine, constitué partie civile dans la procédure visant à conduire sept personnes devant les assises pour l’assassinat de son premier frère, en 2020.

  • [Municipales] Maxime Marchand brigue un second mandat à Sausset-les-Pins

    [Municipales] Maxime Marchand brigue un second mandat à Sausset-les-Pins

    Il attendait une bonne nouvelle de ses médecins pour officialiser sa candidature. C’est désormais chose faite. En rémission de son cancer, le maire écologiste de Sausset-les-Pins, Maxime Marchand, repart pour viser un second mandat en 2026. « Comme je suis guéri, que je retrouve mon énergie et mon temps pour la commune, j’ai envie de continuer ce que j’ai commencé », affirme-t-il.

    L’édile souhaite achever le « projet école », débuté avec la réhabilitation de l’école Victor-Hugo livrée en juin 2024, en poursuivant la rénovation de l’école Jules-Ferry « qui a déjà commencé et qui est dans une phase de marché ». Il entend aussi mener un travail sur les bâtiments culturels du centre-ville que sont la salle des Arts et les espaces annexes.

    Alors qu’il s’était retrouvé propulsé à la mairie grâce à la fusion de trois listes en 2020, cette fois, Maxime Marchand a l’entière liberté de la composition de son équipe. « On est sur un renouvellement très important puisque plus de la moitié des conseillers municipaux vont changer, par contre, il y a une vraie stabilité : l’ensemble des adjoints restent à mes côtés », dévoile-t-il. Le maire souhaite mener une liste sans étiquette, avec des gens « de gauche, du centre et de la droite qui travaillent tous ensemble ». La seule condition pour l’intégrer : « Aimer Sausset et avoir une vision Sausset centrée. »

    Un citoyen au service

    des Saussetois

    Maxime Marchand refuse de politiser le débat : « Je ne pense pas que la mairie soit un outil pour lutter contre l’extrême droite. La mairie est au service de tous les Saussetois, peu importent leurs opinions. Ça me semble important de rester loin de toutes ces polémiques qui divisent. »

    Face à lui, deux candidats déclarés : l’ancien député de la 12e circonscription et maire de Sausset-les-Pins de 2001 à 2017 Éric Diard (LR), et l’ancien directeur de la police municipale de la commune, qui occupe désormais ce poste à Châteauneuf-les-Martigues, Jean-Charles Vargas (RN). À noter que c’est la première fois que le parti d’extrême droite présente un candidat aux municipales à Sausset. « Le RN est dans une dynamique nationale qu’il essaye de propulser au niveau local, mais la réalité, c’est que Jean-Charles Vargas n’habite pas et ne connaît pas la ville. Je suis assez surpris que le parti choisisse cette personne, alors qu’il avait des locaux qui souhaitaient le représenter sur la commune », analyse Maxime Marchand.

    Quant au retour d’Éric Diard, il réagit : « Je ne suis pas un professionnel de la politique comme lui, je suis un citoyen qui s’est mis au service des Saussetois et j’espère qu’ils me renouvelleront leur confiance. Si ce n’est pas le cas, je retournerai travailler comme tout le monde. »

    Le maire organise une première réunion publique de campagne, le 28 novembre, pour présenter le bilan de son premier mandat à la population. « On a listé plus de 120 réalisations qu’on va promouvoir dans 40 pages et des vidéos », détaille-t-il.

  • LFI rompt avec Toulon en Commun et lance sa propre liste

    LFI rompt avec Toulon en Commun et lance sa propre liste

    Après la droite, éclatée entre les candidatures du sénateur (LR) Michel Bonnus et celle probable de la maire sortante (SE) Josée Massi, la division gagne la gauche, à Toulon. Vendredi, la France insoumise (LFI) a annoncé sa candidature aux élections municipales 2026, avec comme chefs de file Isaline Cornil, candidate du Nouveau Front populaire (NFP) aux législatives 2022 dans la 2e circonscription du Var, et Pierre-Yves Denis, l’un des responsables locaux du mouvement. LFI se retire ainsi de la candidature commune à gauche menée par Toulon en Commun (TEC), avec la socialiste Magali Brunel (PS) en tête de liste.

    Alors que cette dernière estimait, il y a trois semaines, que « la balle (était) dans le camp de LFI », les insoumis ont choisi de faire cavalier seul. La faute, en premier lieu, selon eux… à la tête de liste elle-même : « Notre seule ligne rouge était de ne pas avoir une tête de liste socialiste. On parle d’union, mais il y a la réalité des engagements. Je ne pense pas que ce soit un bon signal, pour les électeurs, de s’unir derrière des gens qui négocient ce qu’ils sont en train de négocier à Paris », martèle Pierre-Yves Denis.

    L’union encore possible ?

    Un cas qui n’est pas sans rappeler celui de La Seyne-sur-Mer, où LFI a également annoncé ne pas soutenir la candidature commune de gauche, menée par Stéphane Sacco (GRS), « autoproclamé tête de liste, alors que les discussions n’avaient pas été menées à bout, avec le soutien du PCF. Cela avait même été critiqué par le PS et les Écologistes », détaille Isaline Cornil.

    Dans la seconde ville du Var, comme dans la première, la question de la légitimité demeure centrale, en plus des désaccords programmatiques : « En juin, nous avons proposé une liste commune dotée d’un programme de rupture et représentative de ce qu’est la gauche à Toulon. LFI devait y tenir la place qui correspond à ce qu’elle représente électoralement depuis 2022, sachant qu’à Toulon, nous sommes la première force politique au sein du NFP. Lors de notre dernière réunion, TEC a rejeté toutes nos propositions en bloc », soutient Isaline Cornil.

    TEC livre une autre version : « LFI est partie de TEC, est revenue, puis repartie. Ils connaissent notre fonctionnement, notamment pour le choix de la tête de liste, et n’ont pas voulu participer. TEC prend ses décisions en assemblée populaire et élabore démocratiquement un programme depuis 7 ans. LFI, dont le programme est celui en neuf points envoyé par Paris, voulait en discuter après coup. Les décisions de l’assemblée pouvaient ainsi être remises en cause. C’est l’ADN démocratique de TEC qui disparaîtrait », réagit la liste de gauche, affirmant qu’il n’y a « qu’à la présidentielle que LFI est devant ».

    Dans ces conditions, le combat contre l’extrême droite peut-il encore être gagné ? « L’idée que la division alimente le RN est fausse. Ce qui l’alimente, c’est le manque de projet politique capable de lui faire face », estime Pierre-Yves Denis, qui mise aussi sur la mobilisation « du bloc abstentionniste », très présent dans les quartiers populaires, pour arriver à ses fins. Même si à LFI, comme à TEC, on n’exclut pas de reprendre des discussions. « Si TEC a besoin de l’électorat LFI sur un programme de rupture, nos propositions restent valables. Nous ne sommes pas une liste anti-TEC », pose Isaline Cornil.

    S’ils partent seuls comme annoncé, les insoumis présenteront une liste dite d’union populaire, composée d’au moins 25% de citoyens non encartés. Avec, comme lignes fortes évoquées, participation citoyenne, lutte contre la pauvreté et l’habitat indigne, adaptation au changement climatique, transports en commun (création d’un tramway comme pour TEC), gestion démocratique des services publics, avec un accent sur la rénovation des écoles et l’accessibilité, police de proximité, amélioration de l’offre de santé ou lutte contre les discriminations. Un programme construit avec les citoyens, « en allant taper aux portes pour changer la vie des Toulonnais », annonce Isaline Cornil.

  • Un autre frère d’Amine Kessaci froidement abattu

    Un autre frère d’Amine Kessaci froidement abattu

    Un jeune homme de 20 ans a été abattu, jeudi à 14h30, de plusieurs balles de calibre 9 mm, au volant d’une Audi blanche. Le véhicule venait de s’immobiliser devant la pharmacie du rond-point Claudie-Darcy, près du siège de 13 Habitat (4e). Alors que le passager était sorti pour se rendre à la pharmacie, un commando à moto a surgi. Le passager arrière a ouvert le feu criblant de balles le conducteur, qui est décédé malgré les efforts de réanimation.

    Jeudi, vers 18h, l’Identité judiciaire procédait toujours aux différents relevés sur la scène de crime. Le maire de Marseille, Benoit Payan, était sur place, se tenant aux côtés de la conseillère départementale Nora Preziosi, proche de la famille de la victime qu’elle réconfortait.

    Le parquet a ouvert une enquête des chefs d’assassinat en bande organisée et d’association de malfaiteurs en vue de commettre un crime et a saisi la Division de la criminalité organisée et spécialisée.

    La jeune victime est le frère de Amine Kessaci, ce militant politique de 22 ans, colistier sur la liste Europe Écologie aux élections européennes 2024, qui a fondé en 2020 l’association Conscience d’aide aux familles victimes du narcotrafic, après l’assassinat d’un premier frère, Brahim, 22 ans, retrouvé carbonisé avec un autre homme le 29 décembre 2020 dans une Audi, sur l’A55 à hauteur des Pennes-Mirabeau, exécution perpétrée sur fond de narcotrafic. L’instruction a conclu, en février 2025, au renvoi de sept personnes devant les assises.

    Amine Kessaci ne se trouvait pas sur place, jeudi soir, aux côtés de ses proches. Le jeune homme venait de publier, le mois dernier, un livre en hommage à son frère tué, Marseille, essuie tes larmes, aux éditions Le Bruit du Monde. Amine Kessaci et sa mère se trouvaient sous protection policière, mais pas son frère, confie l’entourage politique du militant. L’hypothèse d’un assassinat commis pour lui infliger une punition est évoquée. « Ce n’est pas une formule choc, c’est la réalité : la narcocratie s’installe jusque dans nos élections » avait posté, la semaine dernière, le militant sur son compte X.

    Soutien de la classe politique

    L’annonce du drame a provoqué des réactions de soutien à Amine Kessaci dans la classe politique. Du maire Benoît Payan (DVG), qui s’est rendu sur place et a affirmé sur X : « Cette violence insupportable n’a pas et n’aura jamais sa place à Marseille. » « Le narcotrafic est sans pitié. Ne le laissons pas triompher », a renchéri la maire (GRS) du premier secteur Sophie Camard. « Nous exigeons que justice soit rendue », a pour sa part twitté la co-responsable de l’Après 13, Katia Yacoubi. Plus à droite, enfin, c’est Maxime Boudet, responsable com de Renaissance qui a salué « son courage et son engagement pour offrir d’autres voies à nos jeunes ». Sans oublier la secrétaire nationale d’EELV Marine Tondelier qui lancé un « Amine : nous serons là pour toi » à celui qui a porté ses couleurs aux dernières législatives.

  • Julien Aubert (LR) se retire de la course aux municipales à Avignon

    Julien Aubert (LR) se retire de la course aux municipales à Avignon

    Le vice-président des Républicains annonce qu’il ne sera pas candidat en mars prochain, estimant que cela « ne fera que renforcer la guerre à droite ».

    Julien Aubert (LR) ne se présentera pas aux élections municipales à Avignon.

    Le vice-président des Républicains en a fait l’annonce ce mercredi 12 novembre à la presse, en présence des membres de son association politique, Avignon Passion, lancée il y a un peu plus d’un an. Et ce, car il estime que sa candidature « ne ferait que renforcer la guerre à droite », en faisant référence aux candidatures déclarées d’Olivier Galzi (DVD), qui a notamment reçu le soutien de l’UDI, ainsi qu’à celle de Stéphan Fiori, officiellement sans étiquette.

    « Je ne veux pas chercher à avoir l’oscar de la droite la plus bête du monde », poursuit-il, tout en lâchant qu’« à défaut, les grands stratèges géreront la situation qu’ils ont créée », estimant qu’en « fragmentant la droite, les macronistes offrent la victoire à la gauche ou au Rassemblement national ».

    Pour l’heure, aucune consigne de vote n’est donnée par l’ancien député, qui glisse cependant qu’il « n’a jamais voté pour les macronistes ou le RN ».

  • À Fréjus, la gauche unie veut riposter face à l’extrême droite

    À Fréjus, la gauche unie veut riposter face à l’extrême droite

    Dénonçant « une gestion du budget calamiteuse » et estimant que « l’argent public doit être au service de la population et non de l’enrichissement de quelques-uns », les progressistes et les partis de gauche (PCF, Les Écologistes, PS, LFI, L’Après) de Fréjus se réunissent sous la bannière « Fréjus Riposte ». Ce collectif se présente comme un rassemblement « de citoyens, pour certains engagés, des militants associatifs, des syndicalistes, ainsi que les membres des partis de gauche et écologistes », en vue des élections municipales. La tête de liste sera élue par les colistiers. Le collectif lance « un appel au rassemblement sur un programme progressiste, coconstruit et partagé » avec « la population », détaille Cathie Klink, l’une de ses membres.

    Un défi de taille car, à Fréjus, comme dans de nombreuses villes varoises, les valeurs progressistes ont du mal à se faire une place au soleil, se trouvant dans l’ombre d’un conservatisme patent et solidement arrimé. Le dernier parti de gauche à avoir dirigé la troisième ville du Var était la SFIO… d’août 1944 à mars 1959. Depuis, la droite puis l’extrême droite se partagent le pouvoir, le RN ayant réussi à prendre la mairie, en 2014, avec David Rachline.

    Depuis, la situation économique de la Ville, déjà fragile, est devenue critique : de 135 millions d’euros en 2014, la dette avait chuté à 127,5 millions en 2018, avant d’exploser et d’avoisiner les 153 millions, en 2024. En conséquence, dans son rapport 2025, la Chambre régionale des comptes (CRC) met en avant des « points de faiblesse » sur la gestion financière municipale, soulignant des dépenses de 22,93 millions d’euros « qui ne sont rattachables à aucun numéro de marché », c’est-à-dire sans mise en concurrence. Ces faits ont conduit au procès du maire pour prise illégale d’intérêt le 30 septembre (la décision sera rendue le 27 janvier, une amende de 10 000 euros a été requise), et à une perquisition de la mairie, en mars, dans le cadre d’une enquête pour corruption de marchés publics.

    « Justice fiscale et sociale »

    Le collectif de gauche « Fréjus Riposte » veut ainsi « chasser l’extrême droite et barrer la route à la droite. Il faut rompre avec les politiques de la spéculation, des affaires, empêcher les promoteurs de dicter l’avenir de notre ville. Réhabiliter les services publics, affaiblis par des années de politique libérale au détriment de la qualité de vie de tous, au niveau de la santé, de la sécurité, du transport collectif, des services de l’eau et des déchets. » Le collectif pointe aussi le tourisme, « un atout économique qui se développe malheureusement trop souvent au détriment des Fréjussiens », dont « 18% vivent dans la pauvreté ».

    Parmi les projets évoqués, la création de « pôles universitaires et professionnels » pour accompagner le développement de la ville, des solutions de logement pour les plus précaires, l’arrêt de « la bétonisation au mépris de l’urgence écologique », et de futures propositions centrées autour d’une idée : faire de Fréjus la ville de « la justice fiscale et sociale, de la solidarité, du service public de qualité et de la démocratie participative. La ville où le vivre ensemble, l’humain d’abord, se conjuguent avec l’intérêt général ».