Tag: Politique

  • Gérard Gazay à nouveau candidat à Aubagne

    Gérard Gazay à nouveau candidat à Aubagne

    Les 15 et 22 mars 2026, vous élirez votre maire et sa nouvelle équipe municipale. En 2020, vous m’avez accordé votre confiance en m’élisant à nouveau comme maire. Aujourd’hui, je souhaite renouveler ma candidature pour poursuivre mon engagement, à votre service », écrit, ce 1er octobre, le maire (LR), Gérard Gazay. Si, depuis fin 2024, l’édile, élu depuis 2014, n’a jamais caché son intention de briguer un nouveau mandat, ce courrier et ce post officialisent sa candidature.

    « Enfant du pays d’Aubagne, mon ambition à faire réussir ma ville de cœur reste intacte », assure-t-il. Il ajoute : « Le bilan de notre équipe municipale est solide. Aubagne a retrouvé une ambition, une stabilité, une crédibilité à la fois locale et nationale. Fort de ce succès, je propose que nous poursuivions ensemble le récit de cette histoire, dans le même état d’esprit : celui de l’audace, de la confiance, de la sécurité et de la justice sociale, avec une attention particulière portée à tous et notamment aux plus fragiles. »

    « Contre les extrêmes »

    Joint par La Marseillaise, ce mercredi, Gérard Gazay explique sa démarche : « Un travail de fond a été fait depuis deux mandats. On commence à voir quelques réalisations dans la ville. Il y a encore de nombreux projets, engagés ou à engager, et il faut un peu plus de temps pour les réaliser. » Pour lui, « un premier mandat sert à comprendre les institutions partenaires et comment fonctionne une collectivité. Il est ensuite important de poursuivre pour plus d’efficacité, et pour transformer la commune ».

    Parmi ses priorités, il cite : « assurer la sécurité de nos concitoyens, continuer à rendre la ville plus verte et travailler au développement économique d’Aubagne. » Il précise sa méthode dans sa lettre : « Pour préparer une nouvelle mandature, je propose que nous confrontions nos idées et nos projets avec vos aspirations et vos besoins. Pour cela, je vous invite à participer à des groupes de réflexion dans le cadre d’ateliers thématiques et à recueillir vos contributions sur le site internet de ma campagne. »

    Par téléphone, le maire détaille : « Les Aubagnais vont pouvoir s’inscrire au sein d’ateliers sur le commerce, le social, la culture, le sport… Cela va durer jusqu’en décembre. à partir de ces idées, et de ce que nous voulons proposer, nous présenterons notre programme début 2026. »

    Interrogé sur le risque de progression du vote Rassemblement national dans les Bouches-du-Rhône, notamment après les législatives de juin 2024, où il avait appelé à voter « ni NFP, ni RN » au second tour, Gérard Gazay répond : « Je n’ai pas changé. Je suis toujours contre les extrêmes, à droite et à gauche. Mais ce qui se passe au niveau national ne se reproduit pas forcément au local. »

    En 2020, la liste de Gérard Gazay est arrivée en tête à Aubagne, avec 48%, contre 43% pour la gauche menée par Magali Giovannangeli. Le scrutin, marqué par la crise sanitaire, affichait un taux d’abstention record de près de 60%.

  • Au procès du Sictiam, tous les prévenus sont relaxés

    Au procès du Sictiam, tous les prévenus sont relaxés

    Relaxe générale, nette et précise au procès du président du conseil départemental des Alpes-Maritimes, Charles-Ange Ginésy (LR), 69 ans, proche d’Éric Ciotti auquel il a succédé en 2017, et de cinq coprévenus dont deux sociétés, jugés dans une affaire de favoritisme et de prise illégale d’intérêts sur des marchés du Sictiam, le syndicat mixte d’ingénierie pour les collectivités et territoires innovants des Alpes et de la Méditerranée chargé de la transition numérique des communes.

    Les prévenus avaient comparu en juillet, à Marseille, sur la base des suspicions d’un rapport de l’inspection générale des services de la Région Sud signalé au parquet de Nice, en 2018, par son président Renaud Muselier, qui suspectait des irrégularités dans l’usage de plus de 5 millions d’euros de subventions versées entre 2014 et 2017, et en particulier lors des travaux d’aménagement du nouveau siège du Sictiam, dans un immeuble loué à Valbonne (06).

    Le parquet de Marseille avait requis 18 mois de prison avec sursis, 35 000 euros d’amende dont 5 000 avec sursis et 3 ans d’inéligibilité sans exécution provisoire contre Charles-Ange Ginésy, estimant que la moitié des 508 000 euros de travaux réalisés sur devis au siège du Sictiam, par un promoteur azuréen, aurait dû faire l’objet d’une mise en concurrence.

    « Contrairement aux suppositions formulées »

    La 6e chambre correctionnelle de Marseille a balayé, lundi, toutes les accusations, retenant que le contrat signé en mai 2017 avec l’entreprise prestataire était « un contrat mixte comprenant à la fois un bail et des travaux d’aménagement intérieur [qui sont] communs à toute société du secteur tertiaire ». Ce contrat mixte « constitue principalement un contrat de bail qui ne relève donc pas des règles de la commande publique de travaux », a tranché le tribunal.

    S’agissant du favoritisme reproché à Francis Kuhn, un ancien directeur général du Sictiam et actuel premier adjoint de Digne-les-Bains (04) sur des marchés publics à des entreprises de conseil, le tribunal le blanchit. « Contrairement à ce qu’ont avancé les inspecteurs de la Région », l’omission d’un montant maximum n’est qu’une « simple erreur matérielle » dans la mesure où, à aucun moment, le Sictiam n’envisageait de dépasser le plafond légal de 207 000 euros fixé par le Code des marchés publics. Le formulaire certifié mentionnait un montant maximum de 90 000 euros qui n’a pas été dépassé. « L’adoption d’un marché à procédure adaptée s’avère donc être bien fondée », ajoute le tribunal, qui conclut que « Francis Kuhn n’avait aucune volonté de violer les règles de la commande publique ».

    De même pour un autre prestataire accusé de favoritisme : « contrairement aux suppositions formulées par les inspecteurs de la Région et des enquêteurs » dit le tribunal, les devis transmis dans le cadre d’une demande de subventions européennes ne correspondent aucunement au marché attribué à cette entreprise, aucun marché n’ayant d’ailleurs été passé, le projet ayant été abandonné. L’office européen anti-fraude n’avait d’ailleurs rien trouvé à redire dans l’emploi des fonds Feder par le Sictiam.

    S’agissant de Sophie Houzet, ancienne directrice du Sictiam qui s’est dit « victime d’une affaire politique au plus haut niveau régional », le tribunal souligne qu’elle n’a « pas pu prendre, recevoir ou conserver directement ou indirectement un intérêt relativement à la convention litigieuse ». Ni elle, ni Francis Kuhn « n’ont eu la volonté de compromettre leur indépendance, leur objectivité et leur impartialité ».

  • Alerte sur la situation financière du Gard

    Alerte sur la situation financière du Gard

    Comme de nombreux Départements, la situation financière du conseil départemental du Gard s’est détériorée ces deux dernières années. Selon la Chambre régionale des comptes (CRC), les finances de la collectivité étaient saines en 2021 et 2022 grâce notamment à des droits de mutation à la hausse (perçus à chaque vente immobilière).

    Mais ces recettes ont diminué à partir de 2022. « Le fort recul des produits des droits de mutation à titre onéreux, dont le caractère est particulièrement volatil, réduit de moitié la capacité d’autofinancement brute du Département (77 M contre 153 M en 2022) », écrivent les magistrats de la CRC. Ils alertent également sur les charges de personnel qui « limitent les marges de manœuvre du Département ». Malgré cette situation, l’institution a continué d’investir (123,3 M en 2023 contre 111,2 M en 2022). « La dégradation de la situation financière se confirme en 2024 au point de compromettre à court terme la soutenabilité de la politique d’investissement.[…] Le recours à de nouveaux emprunts (60 M) met un terme à la tendance au désendettement amorcée en 2021. La capacité de désendettement atteint 13 ans en 2024 ce qui est au-delà du ratio prudentiel de 10 ans », précise encore la CRC.

    Des conclusions que ne réfute pas le conseiller départemental Christian Bastid. Mais l’élu communiste tempère tout de même la responsabilité du Département : « Ce que ne dit pas assez fortement la Chambre régionale des comptes ce sont les raisons de ces difficultés. Ce n’est pas parce qu’on a une mauvaise gestion, au contraire. C’est la conséquence de toutes les politiques décidées au niveau national qui ne financent plus à la hauteur nécessaire le RSA [Revenu de solidarité active, Ndlr], l’APA (Allocation personnalisée d’autonomie) et la Prestation de compensation du handicap (PCH) ». La CRC précise tout de même que les « dépenses d’action sociale progressent plus rapidement que l’ensemble des charges de gestion ».

    Peu de marge de manœuvre

    Pour le budget 2025, le Département a engagé un plan de 31 millions d’économies. Pour cela, des emplois devraient être supprimés en ne renouvelant pas certains titulaires ou en ne remplaçant pas des départs à la retraite. La CRC s’inquiète aussi du montant alloué à l’investissement qui pourrait être revu à la baisse si le Département ne parvient pas à « rétablir un niveau d’épargne suffisant » ou si les recettes fiscales de l’année sont plus faibles que prévu.

    Françoise Laurent-Périgot, la présidente (PS), a écrit à la CRC où elle s’engage à « mettre en œuvre un plan d’économies des dépenses de fonctionnement » pour le prochain budget. « Nous allons devoir réduire certains dispositifs », confirme Christian Bastid. « Il faut trouver un juste équilibre pour rester un Département au plus près des gens et en même temps, il faut qu’on réfléchisse à comment réduire certaines aides. »

  • Au Parti socialiste ciotaden, il y a comme de la friture sur la ligne…

    Au Parti socialiste ciotaden, il y a comme de la friture sur la ligne…

    « Pour moi, c’est un non-sujet », s’agace, au téléphone, Yannick Ohanessian. Le 1er fédéral du Parti socialiste des Bouches-du-Rhône rechigne à commenter ce qui se passe au PS de La Ciotat. Il livre un propos prêt à l’emploi : « Les socialistes seront en ordre de marche et unis dans une union de la gauche et des écologistes pour les municipales. » Il ajoute : « Il y a aujourd’hui un PS qui est en train de s’organiser. Il peut y avoir plusieurs candidats pour un même poste. Il y aura à la fin une équipe socialiste. »

    À la question de savoir qui est légitime pour préparer le terrain des municipales à La Ciotat, de Bernard Ougourlou-Oglou élu 1er des socialistes en avril, mais qui n’est plus depuis le 19 juin 1er secrétaire du PS ciotaden, Antonio Delogu, ligne Faure, étant sorti vainqueur des urnes, Yannick Ohanessian ne tranche pas. « Ils sont tous un peu légitimes. On a besoin de toutes les forces pour mener le combat. » Selon une source, les choses clarifiées en novembre. Le 18 septembre, Bernard Ougourlou-Oglou, par voie de communiqué à la presse, a fait savoir qu’il avait organisé une première réunion « en vue de la préparation d’une candidature de gauche sociale-démocrate pour les élections municipales de 2026 ». « Pour les Ciotadens, explique-t-il, est une association loi 1901. Elle a vocation à permettre aux gens de s’investir, même s’ils ne sont pas étiquetés socialistes. » Ce jour-là, « une vingtaine de Ciotadens d’horizons divers ont répondu à l’invitation », affirme-t-il. il conclut : « Dans cet esprit d’un travail pour les possibles de notre commune, car c’est “possible”, nous renouvelons ici la volonté de rencontrer nos partenaires progressistes de la ville de La Ciotat. D’amicales invitations ont été envoyées. »

    Antonio Delogu assure : « Je ne suis pas là pour faire la guerre à Bernard. Quand il a été élu 1er des socialistes, la ligne locale à La Ciotat était alors celle de Meyer-Rossignol, à l’aile droite du PS. Mais entre-temps, il y a eu, du 13 au 15 juin à Nancy, le congrès du PS, et la ligne Olivier Faure a gagné. Moi-même j’ai été élu à la section ciotadenne sur cette ligne. Bernard conteste ma légitimité comme secrétaire de section et parle d’un bourrage d’urnes*. » Il développe : « Le rôle du premier des socialistes en vue des municipales – et je ne remets pas en cause son élection – est de rencontrer les partis, les associations, les syndicats, collecter les informations et les remonter au fédéral. Mais il doit faire tout ça avec la section PS locale. Or il fait cavalier seul… »

    « Bernard est dans le déni »

    Pour Patrick Ducôme, porte-parole du PS de La Ciotat, « Bernard Ougourlou-Oglou ne veut pas admettre son échec à l’élection de la section du PS de La Ciotat. Il est dans le déni. Mais il est complètement isolé sur la scène politique locale ». Et d’achever : « Cela crée de la division et ça brouille le message. »

    Catherine Vingtrinier

    * Notre édition du 31 juillet.

  • « Notre majorité n’a laissé aucun artiste à l’abandon »

    « Notre majorité n’a laissé aucun artiste à l’abandon »

    La Marseillaise : Alors que les élections municipales se profilent, la droite locale et sa candidate officielle s’agitent de plus en plus, invectivent et se rapprochent de certaines positions de l’extrême droite. Comment l’analysez-vous ?

    Jean-Marc Coppola : Cela participe de l’appauvrissement du débat politique auquel on assiste depuis quelques années. Je considère qu’il n’y a hélas plus de débat politique, de confrontation d’idées. C’est devenu de la communication. Plus les mots sont blessants et haineux, plus les gens se disent que ça va faire du buzz. Une spirale du déclin s’organise. Il ne faut pas s’étonner ensuite si les insultes et agressions, qui peuvent être aussi parfois physiques, prennent le dessus car elles sont libérées par ceux qui sont censés donner l’exemple. On rentre dans une campagne électorale et on a intérêt à ce que les gens puissent se déterminer sur des questions de fond. On peut être critiqué, mais je ne supporte pas les critiques injustifiées. On ne rattrape pas en 6 ans ce qui n’a pas été fait en 25 ans, voire même plus. Chacun doit balayer devant sa porte : je pense à la droite, en responsabilité à la Région, au Département et à la Métropole.

    Les héritiers politiques de Gaudin, qui ont décousu la ville pendant 25 ans, se représentent face au Printemps marseillais. Ils gardent un pouvoir de nuisance comme a pu le montrer le torpillage par la Région de la Cité du cinéma au Dock des Suds, puis l’expulsion de l’association Latinissimo, organisatrice de la Fiesta des Suds, par Euroméditerranée…

    J.-M.C. : D’abord, je tiens à signaler que, quand on est arrivé en responsabilité il y a 5 ans, il a fallu diagnostiquer des lieux culturels, propriété de la Ville, mais qui avaient été abandonnés. Aujourd’hui, on en a réparé et modernisé bon nombre. Et je suis aussi fier de faire partie d’une majorité qui n’a laissé aucun artiste à l’abandon. Il y a eu une avalanche de gens chassés de leurs lieux car ils se trouvaient chez des propriétaires privés : que ce soit Montevideo avec Hubert Colas, aujourd’hui à La Cômerie, et qu’on aide à s’approprier le Daki Ling, ou le Nomad’ Café, chassé du boulevard de Briançon et qui va atterrir à la Plateforme en attendant d’être logé au Moulin, que la Ville vient d’acquérir. Pour la scène de musiques actuelles du Moulin, on vient de lancer un appel à manifestation d’intérêt pour trouver un opérateur qui va le gérer sur 5 ans. On pourrait aussi parler du cinéma Le César qui aurait pu devenir un fast-food. Et bien non. On a préempté le fonds de commerce et on a lancé un appel à manifestation d’intérêt pour qu’il reste un lieu de culture. On est fiers du travail accompli. Vous me parliez du plan cinéma : comment une collectivité comme la Ville de Marseille, qui n’a aucune compétence en cinéma, si ce n’est celle de l’accueil des tournages, est arrivée à dynamiser le cinéma ? Pourtant, des collectivités comme la Région nous ont mis des bâtons dans les roues, elle qui devrait plutôt œuvrer a plus de dynamisme. La Région a pris le dossier maîtrise d’œuvre pour la Cité du cinéma au Dock et elle s’est ensuite dédit en priorisant les JO d’hiver. Mais je pense qu’en fait, la Région nourrissait l’arrière-pensée de planter complètement ces projets. Mais comme nous sommes persévérants, on a décidé d’installer la CinéFabrique à la Friche Belle de Mai et l’antenne de la Cinémathèque française à La Plateforme fin 2026. Ça redonne vie à ce quartier [Les Crottes, Ndlr.] qui était auparavant laissé à l’abandon. Et en ce qui concerne le Dock des Suds, heureusement qu’on a affirmé qu’il devait rester un lieu culturel pour que La Plateforme puisse l’occuper en attendant la fin de ses travaux. Et au-delà, mon souhait, c’est que la Ville puisse préempter le Dock pour garantir une vocation artistique et culturelle.

    L’un de vos gros chantiers a concerné les bibliothèques, dont les agents étaient livrés à eux-mêmes. La CGT a salué un retour du dialogue social et de l’esprit du service public mais aussi déploré la lenteur du plan de recrutement…

    J.-M.C. : On revient de très loin car non seulement il manquait des agents, mais ceux qui partaient à la retraite depuis 2017 n’étaient plus remplacés. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Ensuite, il a fallu changer l’organisation. On a eu la chance de recruter une directrice qui gère l’ensemble du réseau. Et pour la première fois depuis 20 ans, on a eu un directeur à l’Alcazar. Deux cadres d’une qualification incroyable qui portent beaucoup d’attention aux agents. On a retrouvé de la motivation pour la lecture publique. Aujourd’hui, 280 agents travaillent dans le réseau. Quand je suis arrivé, on était autour de 220 [le réseau nécessiterait 320 agents pour un bon fonctionnement , ndrl]. Il y a aussi moins d’agents en maladie. Avant, les gens étaient stressés, en burn-out. Il y en a beaucoup moins désormais.

    Agents et habitants saluent vos efforts, même si la situation est loin d’être parfaite avec des fermetures ponctuelles et des horaires parfois insuffisants. Faut-il voir le verre à moitié plein ou à moitié vide ?

    J.-M.C. : Si on n’avait pas tenu nos engagements, presque toutes les bibliothèques seraient fermées. Or aujourd’hui, elles sont ouvertes. Même s’il en faudrait plus, il y en a déjà 9, avec des horaires élargis à l’Alcazar. Sans oublier la future Médiathèque Loubon qui ouvrira fin 2026, puis celle de Gèze en 2027 ou 28. Il y a aussi les travaux de rénovation au Merlan et à Saint-André. Après, on se trouve parfois face à des réalités et on essaye toujours de chercher des solutions. Regardez la bibliothèque du Panier. On a hérité de ce lieu avec des écoulements d’eau de la rue. On a fait des travaux et il y a toujours du salpêtre, ce qui met en danger les agents et le public. On s’est mobilisés pour l’abriter à la Vieille Charité, puis on a eu cette aubaine de la Maison diamantée. Même si ce ne sera pas son lieu définitif, on a constaté qu’on n’avait pas perdu les usagers qui venaient au Panier. Et on en a gagné d’autres, comme des personnes âgées, qui avaient du mal à monter les Accoules. Les agents se sont même aperçus que des gens qui habitaient de l’autre côté du Vieux-Port venaient avec le Ferry boat.

    L’instauration de la gratuité pour les expositions permanentes des Musées de Marseille fait-elle partie de vos principales fiertés ?

    J.-M.C. : Il y a d’autres fiertés, mais bien sûr que celle-ci est symbolique, même si la gratuité ne fait pas tout car des gens continuent de s’interdire d’y rentrer. C’est pour cela que je salue le travail des artistes et opérateurs qui permettent d’amener l’art dans la rue. Pour la fréquentation des musées, à la date d’août 2025, nous sommes à 600 000 visiteurs. Sachant qu’on a terminé l’année 2024 à 670 000, cela signifie qu’on arrivera à bien plus. Et n’oublions pas non plus que 600 000 personnes ont assisté aux propositions de l’Été marseillais.

    Et quid de la réouverture du Mémorial de La Marseillaise ?

    J.-M.C. : Le paradoxe, c’est qu’on a fait les investissements et travaux. Le mémorial en lui-même est prêt à accueillir. Mais on est contraints de ne pas l’ouvrir à cause d’un bâtiment adjacent en péril imminent. Ce n’est pas pour me défausser, mais voilà encore l’héritage. On se bat pour qu’il ne le soit plus. Je doute qu’on puisse le rouvrir fin 2025. Peut-être en 2026.

    Qu’en est-il de la situation du Toursky, avec lequel la Ville a été en conflit, avant d’être repris par l’association Scène Méditerranée ? Les personnels y ont constaté des intimidations ces derniers temps…

    J.-M.C. : L’arrivée de Scène Méditerranée [portée par le Théâtre Joliette, la compagnie Dans6T et Les Rencontres à l’échelle] va dynamiser le théâtre mais aussi le quartier. Des inscriptions pour la danse ont déjà commencé et c’est un succès. Petit à petit, cela va s’ouvrir aussi au théâtre et à d’autres disciplines. Au regard de l’histoire récente, ce n’était pas évident que des gens se lancent dans cette aventure. C’est aussi l’une des raisons pour laquelle la Ville est très présente, en répondant d’abord aux soucis de rénovation et de fonctionnement. Aujourd’hui, il y a aussi un accompagnement dans la sécurisation car des agents sont menacés et agressés. Il y a eu des plaintes. Des gens rôdent autour du théâtre, il y a eu beaucoup de détériorations matérielles, des crevaisons de roues du personnel, un bureau incendié, une explosion devant la porte d’entrée. Ce n’est pas acceptable. Nous, on veut que ce projet réussisse. Il a même une obligation de réussite.

    Propos recueillis par Philippe Amsellem

  • À gauche, une union pas gagnée des forces en lice pour les municipales

    À gauche, une union pas gagnée des forces en lice pour les municipales

    « Où est l’unité à gauche ? Si on l’a pas au 1er tour, je n’irai pas voter ! », lance, le 19 septembre au Charrel café, un homme à la chevelure blanche. Ce soir-là, le député insoumis des Bouches-du-Rhône, Sébastien Delogu, est aux côtés de la jeune Élodie Malek, et du retraité Christian Six, désignés en juillet dernier comme les chefs de file de LFI pour les municipales à Aubagne. Il s’agit de lancer de façon officielle la campagne de Changer d’ère. « La tête de liste sera désignée après que le programme soit élaboré », a précisé auparavant Christian Six, tout en assurant qu’il ne serait pas candidat. Avant les questions du public, Élodie Malek (LFI) a donné son point de vue sur l’existence pour l’heure de deux forces à gauche pour les municipales, Aubagne en commun (Écologistes, PCF, PS, Place publique, des citoyens, des membres de LFI… ) étant déjà partie en campagne depuis février dernier. « On nous dira que nous divisons la gauche, en réalité ce sont les compromis et le manque de transparence qui créent des divisions. Nous refusons de rechercher des alliances à tout prix. Nous ne gagnerons pas cette ville en faisant des compromissions », a-t-elle déclaré.

    Une histoire de portes

    Un peu plus tard dans la soirée, Sébastien Delogu explique la méthode LFI et enfonce le clou : « Les chefs de file vont parler de tous les sujets, transports, hôpital (…), établir un programme, et ensuite nous irons voir les forces de gauche pour dire voilà ce qu’on défend, on ne veut pas y déroger. » Si LFI consent à négocier, dans l’entrebâillement de la porte, Jean-Pierre Squillari, joint hier par téléphone, rappelle sa ligne de conduite : « Depuis qu’on a créé le Printemps des Aubagnais, puis Aubagne en commun, nous avons dit que la porte était ouverte à toutes les forces de gauche et les écologistes. Si LFI nous contacte, nous répondrons et puis on discutera. » Il ajoute : « L’union fait la force. La désunion amoindrit la force. » Le militant NPA Hugues Alexis, qui fut trésorier du NPA 13 de 2012 à 2015 et assiste aux réunions à la fois à Changer d’ère et Aubagne en commun, tient lui ce discours : « Personne ne veut dire que la porte est fermée, mais l’impression que ça donne est que personne ne veut vraiment faire un pas vers l’autre… »

  • Le banquet de Stérin pose ses couverts à Béziers

    Le banquet de Stérin pose ses couverts à Béziers

    En apparence, le rendez-vous prévu dans les arènes de Béziers le 27 septembre n’a rien de politique. Sur le site de ce « banquet biterrois », il est question de « rire, chanter, ripailler et partager dans ce lieu unique » et « d’ambiance, convivialité, animations, musique ». Avant la fête dans la tradition feria qui suivra, le repas prévoit un kilo de nourriture par personne allant de la charcuterie locale en passant par une viande à la broche, le tout arrosé de bière et de vin. Pour y participer, il faudra tout de même débourser la bagatelle de 80 euros par tête…

    Sauf qu’à y regarder de plus près, ces banquets n’ont rien d’anodin. L’organisateur, l’entreprise Canon Français, a été racheté par Pierre-Édouard Stérin. Le milliardaire qui a fait fortune notamment avec les Smartbox, poursuit un objectif : amener l’extrême droite au pouvoir. Dans plusieurs enquêtes, L’Humanité a révélé son projet Périclès (pour « patriotes, enracinés, résistants, identitaires, chrétiens, libéraux, européens et souverainistes ») et ses trois objectifs : des victoires idéologiques, électorales et politiques. Ses liens avec Bruno Retailleau (LR), ministre de l’Intérieur démissionnaire, et la direction du RN, sont connus.

    « Un événement pour les riches »

    Avec le Canon Français, l’exilé fiscal en Belgique ajoute un outil dans sa bataille idéologique. Car ces banquets où le saucisson, le cochon braisé et le vin sont promus au rang d’étendard, se veulent un symbole de la défense d’un supposé « mode de vie à la française » qui serait mis en danger par l’immigration, le wokisme. « Ici c’est charcutaille, pinard et rigolade. On se cale autour d’une grande tablée, on sort le béret, on relâche la ceinture d’un cran et on bouffe comme si demain n’existait pas. Du sauciflard, du fromage qui pue, du vin rouge qui tache la nappe et des copains qui chantent trop fort : bref, le terroir », communique avec élégance la mairie de Béziers dirigée par Robert Ménard (extrême droite).

    La gauche biterroise n’est pas dupe. « Je suis très mal placé pour critiquer le bon vivant », plaisante Nicolas Cossange (PCF). « Mais ce Canon Français fait partie de la galaxie Stérin. On ne mange pas de manière neutre. Ce rendez-vous révèle surtout l’hypocrisie de l’extrême droite qui sous prétexte de défendre les traditions culinaires françaises le fait en pratiquant des tarifs particulièrement excluant. Dans une ville comme Béziers, cela exclut 80% de la population. C’est un événement pour les riches », cingle l’élu.

  • [Gard] Sylvain André (PCF) : « Je vais porter plainte contre le député Allegret-Pilot »

    [Gard] Sylvain André (PCF) : « Je vais porter plainte contre le député Allegret-Pilot »

    Mardi 23 septembre au matin, Sylvain André a découvert « ébahi » la vidéo du député de la 5e circonscription du Gard qui se met en scène devant la mairie de Cendras pour en décrocher le drapeau palestinien qui y flottait depuis la veille et qui devait être retiré mardi matin. Depuis ce week-end, le maire communiste est la cible d’un déchaînement sur les réseaux sociaux pour avoir pris la décision d’accrocher le drapeau palestinien lundi 22 septembre et d’organiser un rassemblement en soutien à l’initiative française de reconnaître un État palestinien.

    Sauf que sur demande du ministre démissionnaire de l’Intérieur, le préfet du Gard a intimé à l’élu de retirer le drapeau. Une convocation était prévue au tribunal administratif mardi. « Comme j’ai fait une attestation que le drapeau n’y était plus, ma convocation au tribunal administratif a été annulée. De toute façon, c’était prévu de le retirer à 8 heures ce matin. C’était une forme de soutien à la diplomatie française et de célébration de cet événement historique. Comme c’était uniquement le 22 septembre, cet argument était défendable devant le tribunal. Deux arguments sont évoqués : la neutralité des services publics et que les questions internationales relèvent des compétences de l’État. Sauf que pour l’Ukraine, il n’a jamais été question de retirer les drapeaux », explique Sylvain André.

    C’est donc dans ce contexte que le député Alexandre Allegret-Pilot a posté une vidéo sur ses réseaux sociaux mardi matin où il se met en scène en pleine nuit devant la mairie de Cendras. « Le préfet du Gard a exigé que le drapeau soit retiré. Sans surprise, rien n’est fait. Il n’y aura pas de sanction, on doit donc s’en occuper », dit-il face caméra avant de sortir un escabeau de sa voiture et de monter devant la façade pour en retirer le drapeau palestinien.

    Mardi, aux côtés de Patrick Malavieille (vice-président PCF du conseil départemental du Gard), Aurélie Genolher (conseillère régionale, vice-présidente d’Alès Agglo et maire de Massillargues-Attuech) et des maires de Saint-Julien-les-Rosiers Serge Bord et de Saint-Martin-de-Valgalgues Claude Cerpedes, Sylvain André a tenu un point presse pour faire part de sa consternation. « J’ai été ébahi et abasourdi par l’initiative du député », explique-t-il. « C’est quand même grave qu’un député se permette de faire ça au milieu de la nuit, comme un voleur. Il se permet de remplacer le pouvoir judiciaire. Parce qu’aujourd’hui, le seul qui avait l’autorité pour me faire enlever le drapeau, c’était le tribunal administratif qui est saisi par le préfet. En allant retirer le drapeau, le député est à la fois juge et policier. C’est une attitude grave. Cela montre le vrai visage de l’extrême droite et on se demande jusqu’où ils peuvent aller ».

    Dans la foulée, l’édile annonce qu’il va porter plainte dans les prochains jours : « J’attends encore quelques éléments juridiques. Mais il ne faut pas laisser passer parce qu’il attise la haine sans arrêt. En plus, cela pose aussi un problème de trouble à l’ordre public. Heureusement à Cendras, la mairie est un peu isolée derrière l’église. Mais si quelqu’un l’avait vu et qu’il n’était pas d’accord avec le fait de retirer le drapeau, ça aurait pu mal tourner ».

    Au-delà des présents à la conférence de presse, de nombreux élus ont depuis envoyer un message de soutien à Sylvain André à l’image des élus régionaux Régis Bayle et Fabrice Verdier ou de l’élu nîmois Vincent Bouget (PCF), du sénateur Denis Bouad (PS), d’Emmanuel Grieux (L’Après) et du sénateur du Gard Laurent Burgoa (LR).

  • [Rue de la République] Posez vos questions à notre invitée

    [Rue de la République] Posez vos questions à notre invitée

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  • « Les soldats ont fait la guerre en la maudissant »

    « Les soldats ont fait la guerre en la maudissant »

    La Marseillaise : Que s’est-il passé à la Courtine en 1917 ?

    Jean-Yves Le Naour : C’est un événement un peu exceptionnel, une sorte de prolongement de la révolution russe en pleine Creuse. En 1914, la France a moins d’hommes que l’Allemagne et demande donc au tsar russe des hommes contre des fusils. La Russie envoie donc 40 000 hommes, bien que la France en ait voulu 500 000. Ces hommes se sont bien comportés mais lorsque la révolution russe survient en février 1917, ils n’ont qu’une envie, rejoindre la Russie pour participer au partage des terres. Ils n’ont plus du tout envie de faire la guerre. Ils commencent alors à s’organiser en soviet et à questionner l’autorité. On les retire donc du front et on les met dans une caserne au centre de la France, à la Courtine, en Creuse. On les oublie un peu, mais ils s’organisent et prennent le contrôle de leur caserne. Pour les soumettre, la France va les encercler et les bombarder, faisant une dizaine de morts en septembre 1917. Quand ils se sont rendus, ils ont été envoyés dans un bagne en Algérie.

    Y a-t-il eu d’autres mutineries de cette ampleur lors de la Grande Guerre ?

    J.-Y.L.N. : Il y a eu des Tunisiens qui ont refusé d’obéir en décembre 1914, parce qu’ils sont épuisés. C’est l’hiver, il fait froid, ils pataugent dans l’eau, ils ne dorment pas. Quand on leur a demandé d’attaquer, ils n’ont pas pu. Il y a donc eu plusieurs fusillés, pour l’exemple, mais peut-on parler de mutinerie ? Je ne sais pas. Il y a aussi les mutineries de 1917 des poilus qui sont très documentées.

    Quels sens ont ces mutineries ?

    J.-Y.L.N. : Il y a le désir de paix. Mais pour les Français, le désir de paix est inatteignable, en dehors d’un renversement de l’ordre politique. Ils se replient donc vers des revendications acceptables : comme davantage de permissions. Les Français ne veulent pas la défaite de la France. Lénine lui, prône le défaitisme révolutionnaire, qu’il a théorisé. Mais ce défaitisme révolutionnaire n’est pas porté par les socialistes français. Ils veulent sortir de la guerre, mais pas au prix de la défaite de leur pays. Ils sont donc coincés. Les soldats français ont fait la guerre tout en la maudissant, mais ils l’ont faite. À gauche, on a consenti à la guerre en imaginant que c’était la dernière et qu’on allait tuer la guerre en renversant les trônes, les Kaisers, les Césars, l’impérialisme. Mais on s’est aperçus, trop tard, que c’était la guerre elle-même, la barbarie. Ces mutineries elles disent une part de résistance à cela.