Tag: Politique

  • Au Parti socialiste ciotaden, il y a comme de la friture sur la ligne…

    Au Parti socialiste ciotaden, il y a comme de la friture sur la ligne…

    « Pour moi, c’est un non-sujet », s’agace, au téléphone, Yannick Ohanessian. Le 1er fédéral du Parti socialiste des Bouches-du-Rhône rechigne à commenter ce qui se passe au PS de La Ciotat. Il livre un propos prêt à l’emploi : « Les socialistes seront en ordre de marche et unis dans une union de la gauche et des écologistes pour les municipales. » Il ajoute : « Il y a aujourd’hui un PS qui est en train de s’organiser. Il peut y avoir plusieurs candidats pour un même poste. Il y aura à la fin une équipe socialiste. »

    À la question de savoir qui est légitime pour préparer le terrain des municipales à La Ciotat, de Bernard Ougourlou-Oglou élu 1er des socialistes en avril, mais qui n’est plus depuis le 19 juin 1er secrétaire du PS ciotaden, Antonio Delogu, ligne Faure, étant sorti vainqueur des urnes, Yannick Ohanessian ne tranche pas. « Ils sont tous un peu légitimes. On a besoin de toutes les forces pour mener le combat. » Selon une source, les choses clarifiées en novembre. Le 18 septembre, Bernard Ougourlou-Oglou, par voie de communiqué à la presse, a fait savoir qu’il avait organisé une première réunion « en vue de la préparation d’une candidature de gauche sociale-démocrate pour les élections municipales de 2026 ». « Pour les Ciotadens, explique-t-il, est une association loi 1901. Elle a vocation à permettre aux gens de s’investir, même s’ils ne sont pas étiquetés socialistes. » Ce jour-là, « une vingtaine de Ciotadens d’horizons divers ont répondu à l’invitation », affirme-t-il. il conclut : « Dans cet esprit d’un travail pour les possibles de notre commune, car c’est “possible”, nous renouvelons ici la volonté de rencontrer nos partenaires progressistes de la ville de La Ciotat. D’amicales invitations ont été envoyées. »

    Antonio Delogu assure : « Je ne suis pas là pour faire la guerre à Bernard. Quand il a été élu 1er des socialistes, la ligne locale à La Ciotat était alors celle de Meyer-Rossignol, à l’aile droite du PS. Mais entre-temps, il y a eu, du 13 au 15 juin à Nancy, le congrès du PS, et la ligne Olivier Faure a gagné. Moi-même j’ai été élu à la section ciotadenne sur cette ligne. Bernard conteste ma légitimité comme secrétaire de section et parle d’un bourrage d’urnes*. » Il développe : « Le rôle du premier des socialistes en vue des municipales – et je ne remets pas en cause son élection – est de rencontrer les partis, les associations, les syndicats, collecter les informations et les remonter au fédéral. Mais il doit faire tout ça avec la section PS locale. Or il fait cavalier seul… »

    « Bernard est dans le déni »

    Pour Patrick Ducôme, porte-parole du PS de La Ciotat, « Bernard Ougourlou-Oglou ne veut pas admettre son échec à l’élection de la section du PS de La Ciotat. Il est dans le déni. Mais il est complètement isolé sur la scène politique locale ». Et d’achever : « Cela crée de la division et ça brouille le message. »

    Catherine Vingtrinier

    * Notre édition du 31 juillet.

  • « Notre majorité n’a laissé aucun artiste à l’abandon »

    « Notre majorité n’a laissé aucun artiste à l’abandon »

    La Marseillaise : Alors que les élections municipales se profilent, la droite locale et sa candidate officielle s’agitent de plus en plus, invectivent et se rapprochent de certaines positions de l’extrême droite. Comment l’analysez-vous ?

    Jean-Marc Coppola : Cela participe de l’appauvrissement du débat politique auquel on assiste depuis quelques années. Je considère qu’il n’y a hélas plus de débat politique, de confrontation d’idées. C’est devenu de la communication. Plus les mots sont blessants et haineux, plus les gens se disent que ça va faire du buzz. Une spirale du déclin s’organise. Il ne faut pas s’étonner ensuite si les insultes et agressions, qui peuvent être aussi parfois physiques, prennent le dessus car elles sont libérées par ceux qui sont censés donner l’exemple. On rentre dans une campagne électorale et on a intérêt à ce que les gens puissent se déterminer sur des questions de fond. On peut être critiqué, mais je ne supporte pas les critiques injustifiées. On ne rattrape pas en 6 ans ce qui n’a pas été fait en 25 ans, voire même plus. Chacun doit balayer devant sa porte : je pense à la droite, en responsabilité à la Région, au Département et à la Métropole.

    Les héritiers politiques de Gaudin, qui ont décousu la ville pendant 25 ans, se représentent face au Printemps marseillais. Ils gardent un pouvoir de nuisance comme a pu le montrer le torpillage par la Région de la Cité du cinéma au Dock des Suds, puis l’expulsion de l’association Latinissimo, organisatrice de la Fiesta des Suds, par Euroméditerranée…

    J.-M.C. : D’abord, je tiens à signaler que, quand on est arrivé en responsabilité il y a 5 ans, il a fallu diagnostiquer des lieux culturels, propriété de la Ville, mais qui avaient été abandonnés. Aujourd’hui, on en a réparé et modernisé bon nombre. Et je suis aussi fier de faire partie d’une majorité qui n’a laissé aucun artiste à l’abandon. Il y a eu une avalanche de gens chassés de leurs lieux car ils se trouvaient chez des propriétaires privés : que ce soit Montevideo avec Hubert Colas, aujourd’hui à La Cômerie, et qu’on aide à s’approprier le Daki Ling, ou le Nomad’ Café, chassé du boulevard de Briançon et qui va atterrir à la Plateforme en attendant d’être logé au Moulin, que la Ville vient d’acquérir. Pour la scène de musiques actuelles du Moulin, on vient de lancer un appel à manifestation d’intérêt pour trouver un opérateur qui va le gérer sur 5 ans. On pourrait aussi parler du cinéma Le César qui aurait pu devenir un fast-food. Et bien non. On a préempté le fonds de commerce et on a lancé un appel à manifestation d’intérêt pour qu’il reste un lieu de culture. On est fiers du travail accompli. Vous me parliez du plan cinéma : comment une collectivité comme la Ville de Marseille, qui n’a aucune compétence en cinéma, si ce n’est celle de l’accueil des tournages, est arrivée à dynamiser le cinéma ? Pourtant, des collectivités comme la Région nous ont mis des bâtons dans les roues, elle qui devrait plutôt œuvrer a plus de dynamisme. La Région a pris le dossier maîtrise d’œuvre pour la Cité du cinéma au Dock et elle s’est ensuite dédit en priorisant les JO d’hiver. Mais je pense qu’en fait, la Région nourrissait l’arrière-pensée de planter complètement ces projets. Mais comme nous sommes persévérants, on a décidé d’installer la CinéFabrique à la Friche Belle de Mai et l’antenne de la Cinémathèque française à La Plateforme fin 2026. Ça redonne vie à ce quartier [Les Crottes, Ndlr.] qui était auparavant laissé à l’abandon. Et en ce qui concerne le Dock des Suds, heureusement qu’on a affirmé qu’il devait rester un lieu culturel pour que La Plateforme puisse l’occuper en attendant la fin de ses travaux. Et au-delà, mon souhait, c’est que la Ville puisse préempter le Dock pour garantir une vocation artistique et culturelle.

    L’un de vos gros chantiers a concerné les bibliothèques, dont les agents étaient livrés à eux-mêmes. La CGT a salué un retour du dialogue social et de l’esprit du service public mais aussi déploré la lenteur du plan de recrutement…

    J.-M.C. : On revient de très loin car non seulement il manquait des agents, mais ceux qui partaient à la retraite depuis 2017 n’étaient plus remplacés. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Ensuite, il a fallu changer l’organisation. On a eu la chance de recruter une directrice qui gère l’ensemble du réseau. Et pour la première fois depuis 20 ans, on a eu un directeur à l’Alcazar. Deux cadres d’une qualification incroyable qui portent beaucoup d’attention aux agents. On a retrouvé de la motivation pour la lecture publique. Aujourd’hui, 280 agents travaillent dans le réseau. Quand je suis arrivé, on était autour de 220 [le réseau nécessiterait 320 agents pour un bon fonctionnement , ndrl]. Il y a aussi moins d’agents en maladie. Avant, les gens étaient stressés, en burn-out. Il y en a beaucoup moins désormais.

    Agents et habitants saluent vos efforts, même si la situation est loin d’être parfaite avec des fermetures ponctuelles et des horaires parfois insuffisants. Faut-il voir le verre à moitié plein ou à moitié vide ?

    J.-M.C. : Si on n’avait pas tenu nos engagements, presque toutes les bibliothèques seraient fermées. Or aujourd’hui, elles sont ouvertes. Même s’il en faudrait plus, il y en a déjà 9, avec des horaires élargis à l’Alcazar. Sans oublier la future Médiathèque Loubon qui ouvrira fin 2026, puis celle de Gèze en 2027 ou 28. Il y a aussi les travaux de rénovation au Merlan et à Saint-André. Après, on se trouve parfois face à des réalités et on essaye toujours de chercher des solutions. Regardez la bibliothèque du Panier. On a hérité de ce lieu avec des écoulements d’eau de la rue. On a fait des travaux et il y a toujours du salpêtre, ce qui met en danger les agents et le public. On s’est mobilisés pour l’abriter à la Vieille Charité, puis on a eu cette aubaine de la Maison diamantée. Même si ce ne sera pas son lieu définitif, on a constaté qu’on n’avait pas perdu les usagers qui venaient au Panier. Et on en a gagné d’autres, comme des personnes âgées, qui avaient du mal à monter les Accoules. Les agents se sont même aperçus que des gens qui habitaient de l’autre côté du Vieux-Port venaient avec le Ferry boat.

    L’instauration de la gratuité pour les expositions permanentes des Musées de Marseille fait-elle partie de vos principales fiertés ?

    J.-M.C. : Il y a d’autres fiertés, mais bien sûr que celle-ci est symbolique, même si la gratuité ne fait pas tout car des gens continuent de s’interdire d’y rentrer. C’est pour cela que je salue le travail des artistes et opérateurs qui permettent d’amener l’art dans la rue. Pour la fréquentation des musées, à la date d’août 2025, nous sommes à 600 000 visiteurs. Sachant qu’on a terminé l’année 2024 à 670 000, cela signifie qu’on arrivera à bien plus. Et n’oublions pas non plus que 600 000 personnes ont assisté aux propositions de l’Été marseillais.

    Et quid de la réouverture du Mémorial de La Marseillaise ?

    J.-M.C. : Le paradoxe, c’est qu’on a fait les investissements et travaux. Le mémorial en lui-même est prêt à accueillir. Mais on est contraints de ne pas l’ouvrir à cause d’un bâtiment adjacent en péril imminent. Ce n’est pas pour me défausser, mais voilà encore l’héritage. On se bat pour qu’il ne le soit plus. Je doute qu’on puisse le rouvrir fin 2025. Peut-être en 2026.

    Qu’en est-il de la situation du Toursky, avec lequel la Ville a été en conflit, avant d’être repris par l’association Scène Méditerranée ? Les personnels y ont constaté des intimidations ces derniers temps…

    J.-M.C. : L’arrivée de Scène Méditerranée [portée par le Théâtre Joliette, la compagnie Dans6T et Les Rencontres à l’échelle] va dynamiser le théâtre mais aussi le quartier. Des inscriptions pour la danse ont déjà commencé et c’est un succès. Petit à petit, cela va s’ouvrir aussi au théâtre et à d’autres disciplines. Au regard de l’histoire récente, ce n’était pas évident que des gens se lancent dans cette aventure. C’est aussi l’une des raisons pour laquelle la Ville est très présente, en répondant d’abord aux soucis de rénovation et de fonctionnement. Aujourd’hui, il y a aussi un accompagnement dans la sécurisation car des agents sont menacés et agressés. Il y a eu des plaintes. Des gens rôdent autour du théâtre, il y a eu beaucoup de détériorations matérielles, des crevaisons de roues du personnel, un bureau incendié, une explosion devant la porte d’entrée. Ce n’est pas acceptable. Nous, on veut que ce projet réussisse. Il a même une obligation de réussite.

    Propos recueillis par Philippe Amsellem

  • À gauche, une union pas gagnée des forces en lice pour les municipales

    À gauche, une union pas gagnée des forces en lice pour les municipales

    « Où est l’unité à gauche ? Si on l’a pas au 1er tour, je n’irai pas voter ! », lance, le 19 septembre au Charrel café, un homme à la chevelure blanche. Ce soir-là, le député insoumis des Bouches-du-Rhône, Sébastien Delogu, est aux côtés de la jeune Élodie Malek, et du retraité Christian Six, désignés en juillet dernier comme les chefs de file de LFI pour les municipales à Aubagne. Il s’agit de lancer de façon officielle la campagne de Changer d’ère. « La tête de liste sera désignée après que le programme soit élaboré », a précisé auparavant Christian Six, tout en assurant qu’il ne serait pas candidat. Avant les questions du public, Élodie Malek (LFI) a donné son point de vue sur l’existence pour l’heure de deux forces à gauche pour les municipales, Aubagne en commun (Écologistes, PCF, PS, Place publique, des citoyens, des membres de LFI… ) étant déjà partie en campagne depuis février dernier. « On nous dira que nous divisons la gauche, en réalité ce sont les compromis et le manque de transparence qui créent des divisions. Nous refusons de rechercher des alliances à tout prix. Nous ne gagnerons pas cette ville en faisant des compromissions », a-t-elle déclaré.

    Une histoire de portes

    Un peu plus tard dans la soirée, Sébastien Delogu explique la méthode LFI et enfonce le clou : « Les chefs de file vont parler de tous les sujets, transports, hôpital (…), établir un programme, et ensuite nous irons voir les forces de gauche pour dire voilà ce qu’on défend, on ne veut pas y déroger. » Si LFI consent à négocier, dans l’entrebâillement de la porte, Jean-Pierre Squillari, joint hier par téléphone, rappelle sa ligne de conduite : « Depuis qu’on a créé le Printemps des Aubagnais, puis Aubagne en commun, nous avons dit que la porte était ouverte à toutes les forces de gauche et les écologistes. Si LFI nous contacte, nous répondrons et puis on discutera. » Il ajoute : « L’union fait la force. La désunion amoindrit la force. » Le militant NPA Hugues Alexis, qui fut trésorier du NPA 13 de 2012 à 2015 et assiste aux réunions à la fois à Changer d’ère et Aubagne en commun, tient lui ce discours : « Personne ne veut dire que la porte est fermée, mais l’impression que ça donne est que personne ne veut vraiment faire un pas vers l’autre… »

  • Le banquet de Stérin pose ses couverts à Béziers

    Le banquet de Stérin pose ses couverts à Béziers

    En apparence, le rendez-vous prévu dans les arènes de Béziers le 27 septembre n’a rien de politique. Sur le site de ce « banquet biterrois », il est question de « rire, chanter, ripailler et partager dans ce lieu unique » et « d’ambiance, convivialité, animations, musique ». Avant la fête dans la tradition feria qui suivra, le repas prévoit un kilo de nourriture par personne allant de la charcuterie locale en passant par une viande à la broche, le tout arrosé de bière et de vin. Pour y participer, il faudra tout de même débourser la bagatelle de 80 euros par tête…

    Sauf qu’à y regarder de plus près, ces banquets n’ont rien d’anodin. L’organisateur, l’entreprise Canon Français, a été racheté par Pierre-Édouard Stérin. Le milliardaire qui a fait fortune notamment avec les Smartbox, poursuit un objectif : amener l’extrême droite au pouvoir. Dans plusieurs enquêtes, L’Humanité a révélé son projet Périclès (pour « patriotes, enracinés, résistants, identitaires, chrétiens, libéraux, européens et souverainistes ») et ses trois objectifs : des victoires idéologiques, électorales et politiques. Ses liens avec Bruno Retailleau (LR), ministre de l’Intérieur démissionnaire, et la direction du RN, sont connus.

    « Un événement pour les riches »

    Avec le Canon Français, l’exilé fiscal en Belgique ajoute un outil dans sa bataille idéologique. Car ces banquets où le saucisson, le cochon braisé et le vin sont promus au rang d’étendard, se veulent un symbole de la défense d’un supposé « mode de vie à la française » qui serait mis en danger par l’immigration, le wokisme. « Ici c’est charcutaille, pinard et rigolade. On se cale autour d’une grande tablée, on sort le béret, on relâche la ceinture d’un cran et on bouffe comme si demain n’existait pas. Du sauciflard, du fromage qui pue, du vin rouge qui tache la nappe et des copains qui chantent trop fort : bref, le terroir », communique avec élégance la mairie de Béziers dirigée par Robert Ménard (extrême droite).

    La gauche biterroise n’est pas dupe. « Je suis très mal placé pour critiquer le bon vivant », plaisante Nicolas Cossange (PCF). « Mais ce Canon Français fait partie de la galaxie Stérin. On ne mange pas de manière neutre. Ce rendez-vous révèle surtout l’hypocrisie de l’extrême droite qui sous prétexte de défendre les traditions culinaires françaises le fait en pratiquant des tarifs particulièrement excluant. Dans une ville comme Béziers, cela exclut 80% de la population. C’est un événement pour les riches », cingle l’élu.

  • [Gard] Sylvain André (PCF) : « Je vais porter plainte contre le député Allegret-Pilot »

    [Gard] Sylvain André (PCF) : « Je vais porter plainte contre le député Allegret-Pilot »

    Mardi 23 septembre au matin, Sylvain André a découvert « ébahi » la vidéo du député de la 5e circonscription du Gard qui se met en scène devant la mairie de Cendras pour en décrocher le drapeau palestinien qui y flottait depuis la veille et qui devait être retiré mardi matin. Depuis ce week-end, le maire communiste est la cible d’un déchaînement sur les réseaux sociaux pour avoir pris la décision d’accrocher le drapeau palestinien lundi 22 septembre et d’organiser un rassemblement en soutien à l’initiative française de reconnaître un État palestinien.

    Sauf que sur demande du ministre démissionnaire de l’Intérieur, le préfet du Gard a intimé à l’élu de retirer le drapeau. Une convocation était prévue au tribunal administratif mardi. « Comme j’ai fait une attestation que le drapeau n’y était plus, ma convocation au tribunal administratif a été annulée. De toute façon, c’était prévu de le retirer à 8 heures ce matin. C’était une forme de soutien à la diplomatie française et de célébration de cet événement historique. Comme c’était uniquement le 22 septembre, cet argument était défendable devant le tribunal. Deux arguments sont évoqués : la neutralité des services publics et que les questions internationales relèvent des compétences de l’État. Sauf que pour l’Ukraine, il n’a jamais été question de retirer les drapeaux », explique Sylvain André.

    C’est donc dans ce contexte que le député Alexandre Allegret-Pilot a posté une vidéo sur ses réseaux sociaux mardi matin où il se met en scène en pleine nuit devant la mairie de Cendras. « Le préfet du Gard a exigé que le drapeau soit retiré. Sans surprise, rien n’est fait. Il n’y aura pas de sanction, on doit donc s’en occuper », dit-il face caméra avant de sortir un escabeau de sa voiture et de monter devant la façade pour en retirer le drapeau palestinien.

    Mardi, aux côtés de Patrick Malavieille (vice-président PCF du conseil départemental du Gard), Aurélie Genolher (conseillère régionale, vice-présidente d’Alès Agglo et maire de Massillargues-Attuech) et des maires de Saint-Julien-les-Rosiers Serge Bord et de Saint-Martin-de-Valgalgues Claude Cerpedes, Sylvain André a tenu un point presse pour faire part de sa consternation. « J’ai été ébahi et abasourdi par l’initiative du député », explique-t-il. « C’est quand même grave qu’un député se permette de faire ça au milieu de la nuit, comme un voleur. Il se permet de remplacer le pouvoir judiciaire. Parce qu’aujourd’hui, le seul qui avait l’autorité pour me faire enlever le drapeau, c’était le tribunal administratif qui est saisi par le préfet. En allant retirer le drapeau, le député est à la fois juge et policier. C’est une attitude grave. Cela montre le vrai visage de l’extrême droite et on se demande jusqu’où ils peuvent aller ».

    Dans la foulée, l’édile annonce qu’il va porter plainte dans les prochains jours : « J’attends encore quelques éléments juridiques. Mais il ne faut pas laisser passer parce qu’il attise la haine sans arrêt. En plus, cela pose aussi un problème de trouble à l’ordre public. Heureusement à Cendras, la mairie est un peu isolée derrière l’église. Mais si quelqu’un l’avait vu et qu’il n’était pas d’accord avec le fait de retirer le drapeau, ça aurait pu mal tourner ».

    Au-delà des présents à la conférence de presse, de nombreux élus ont depuis envoyer un message de soutien à Sylvain André à l’image des élus régionaux Régis Bayle et Fabrice Verdier ou de l’élu nîmois Vincent Bouget (PCF), du sénateur Denis Bouad (PS), d’Emmanuel Grieux (L’Après) et du sénateur du Gard Laurent Burgoa (LR).

  • [Rue de la République] Posez vos questions à notre invitée

    [Rue de la République] Posez vos questions à notre invitée

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  • « Les soldats ont fait la guerre en la maudissant »

    « Les soldats ont fait la guerre en la maudissant »

    La Marseillaise : Que s’est-il passé à la Courtine en 1917 ?

    Jean-Yves Le Naour : C’est un événement un peu exceptionnel, une sorte de prolongement de la révolution russe en pleine Creuse. En 1914, la France a moins d’hommes que l’Allemagne et demande donc au tsar russe des hommes contre des fusils. La Russie envoie donc 40 000 hommes, bien que la France en ait voulu 500 000. Ces hommes se sont bien comportés mais lorsque la révolution russe survient en février 1917, ils n’ont qu’une envie, rejoindre la Russie pour participer au partage des terres. Ils n’ont plus du tout envie de faire la guerre. Ils commencent alors à s’organiser en soviet et à questionner l’autorité. On les retire donc du front et on les met dans une caserne au centre de la France, à la Courtine, en Creuse. On les oublie un peu, mais ils s’organisent et prennent le contrôle de leur caserne. Pour les soumettre, la France va les encercler et les bombarder, faisant une dizaine de morts en septembre 1917. Quand ils se sont rendus, ils ont été envoyés dans un bagne en Algérie.

    Y a-t-il eu d’autres mutineries de cette ampleur lors de la Grande Guerre ?

    J.-Y.L.N. : Il y a eu des Tunisiens qui ont refusé d’obéir en décembre 1914, parce qu’ils sont épuisés. C’est l’hiver, il fait froid, ils pataugent dans l’eau, ils ne dorment pas. Quand on leur a demandé d’attaquer, ils n’ont pas pu. Il y a donc eu plusieurs fusillés, pour l’exemple, mais peut-on parler de mutinerie ? Je ne sais pas. Il y a aussi les mutineries de 1917 des poilus qui sont très documentées.

    Quels sens ont ces mutineries ?

    J.-Y.L.N. : Il y a le désir de paix. Mais pour les Français, le désir de paix est inatteignable, en dehors d’un renversement de l’ordre politique. Ils se replient donc vers des revendications acceptables : comme davantage de permissions. Les Français ne veulent pas la défaite de la France. Lénine lui, prône le défaitisme révolutionnaire, qu’il a théorisé. Mais ce défaitisme révolutionnaire n’est pas porté par les socialistes français. Ils veulent sortir de la guerre, mais pas au prix de la défaite de leur pays. Ils sont donc coincés. Les soldats français ont fait la guerre tout en la maudissant, mais ils l’ont faite. À gauche, on a consenti à la guerre en imaginant que c’était la dernière et qu’on allait tuer la guerre en renversant les trônes, les Kaisers, les Césars, l’impérialisme. Mais on s’est aperçus, trop tard, que c’était la guerre elle-même, la barbarie. Ces mutineries elles disent une part de résistance à cela.

  • Le Printemps marseillais fait bloc avant les municipales

    Le Printemps marseillais fait bloc avant les municipales

    Attendez-vous à ce qu’on continue à changer cette ville, soyez sûr qu’ensemble, nous le ferons ! ». Sous un tonnerre d’applaudissements, le maire de Marseille, Benoît Payan, a enflammé la salle de la Maison arménienne de la jeunesse et de la culture, ce samedi matin, où se tenait la rentrée du Printemps marseillais. Une rentrée visiblement réussie avec plus de 1 500 participants annoncés, remplissant à ras bord les salles de la Maison arménienne et débordant même dans la rue adjacente.

    Du sénateur communiste Jérémy Bacchi au député socialiste Laurent Lhardit, en passant par l’ensemble des adjoints de la majorité municipale marseillaise, toutes les composantes du Printemps marseillais, union de la gauche et des écologistes, ont répondu présents. Le tout, pour une matinée de débats et de tables rondes, à quelques mois des élections municipales.

    « Beaucoup reste à faire »

    Et avec la volonté de faire bloc et d’envoyer un message clair à l’opposition de droite, déjà en campagne : « Ensemble, nous avions fait la promesse que nous allions changer la ville, contre vents et marées. Ils nous avaient prédit que nous durerions un printemps. Mais le printemps revient toujours. Ils ne savaient pas à quel point nous avions chevillé notre envie de recoudre cette ville, du nord au sud », lance Benoît Payan.

    S’il n’a pas annoncé sa candidature pour un nouveau mandat, son discours avait tout de même des airs de lancement de campagne. « Il y a une réalité qu’on a dépassée. Sur les écoles, on nous disait qu’on n’y arriverait pas. Mais il y a 6 ans à peine, à 250 mètres d’ici, nous annoncions 1 milliard d’euros pour les écoles. Les gens étaient médusés et disaient pourquoi raconter de telles choses ?… C’est vrai, c’était 1 milliard et demi ! », poursuit-il.

    Avant de mettre en avant quelques mesures phares réalisées par le Printemps marseillais, comme le doublement des effectifs de la police municipale, le renforcement de l’action sociale… Et d’évoquer le futur : « Beaucoup de choses restent à faire. Il va falloir s’occuper un peu de propreté maintenant ! On a réussi à recruter dans les écoles, dans la police, dans les bibliothèques, dans les crèches, dans les services sociaux… Il va falloir recruter des éboueurs ! ». Comme un message en direction de la Métropole et de sa présidente, Martine Vassal (DVD), candidate à la mairie de Marseille…

  • Les insoumis lancent en solo leur campagne des municipales

    Les insoumis lancent en solo leur campagne des municipales

    Pour les prochaines échéances, on a besoin de rassembler les gens dans une politique de rupture, et surtout dans les quartiers populaires. Elodie Malek et Christian Six font un travail remarquable à Aubagne. Quoi qu’il arrive, je serai à vos côtés pour faire avancer LFI », s’enthousiasme Sébastien Delogu, le député (LFI) des Bouches-du-Rhône. Il est venu apporter son soutien aux deux chefs de file désignés par LFI pour conduire la campagne des municipales sur Aubagne. Au Charrel café, près de 70 personnes assistent à la réunion. « Nous avons tous un rôle à jouer dans cette élection pour reprendre en mains la gestion de la commune », lance Elodie Malek. Autodidacte en graphisme et communication, la jeune maman est au chômage. Christian Six, lui est « un jeune retraité qui s’est battu toute sa vie aux côtes de la CGT ». Après qu’Elodie Malek a énoncé les neuf axes adoptés au niveau national par LFI, à défendre lors des municipales, par exemple « gérer les communs par des régies publiques » ; Christian Six commence à citer de grands thèmes plus locaux.

    Et les risques de division ?

    « Nous voulons une ville qui lutte contre le changement climatique, qui place l’humain au centre. Aubagne doit stopper la prolifération des constructions et rentabiliser les habitations actuelles. Nous voulons une ville plus sociale et solidaire, festive et culturelle. Qui accepte les différences (…) », ditil. Changer d’ère propose de permettre l’organisation de Référendums d’initiative citoyenne sur de grands sujets. Très vite, le public évoque « le risque de division à gauche ». Allusion à l’autre liste, Aubagne en commun. Un homme fait remarquer : « Si on divise les voix de gauche, ça fera la moitié chacun, c’est mathématique. » « À Aubagne, les gens votent 60% à droite et 40% à gauche. Pour moi le cumul des logos ne réglera pas le problème. Il faut redonner aux gens la confiance en la politique et les inciter à aller voter », répond Christian Six. « Les chefs de file sont là pour organiser la campagne, établir un programme, et ensuite nous irons voir les forces de gauche pour dire voilà ce qu’on défend, sur quoi on ne veut pas déroger », éclaire Sébastien Delogu. Interrogé pour savoir s’il allait se présenter aux municipales à Marseille, il nous a répondu que « l’actualité nationale ne le permet pas ». Mais a ajouté : « Ça ne saurait tarder. »

  • Avignon, le PCF, L’Après et Génération.s appellent au rassemblement

    Avignon, le PCF, L’Après et Génération.s appellent au rassemblement

    Alors que trois élus de la majorité d’Avignon se sont déjà déclarés candidats aux prochaines élections municipales, à savoir Paul-Roger Gontard (La Convention), David Fournier (PS) et Joël Peyre (PRG), et que le premier adjoint Claude Nahoum soutient la candidature de Benoît Belvalette (Place publique), le PCF, l’Après et Génération.s en appellent à faire front commun à gauche.

    « À six mois des élections, on a devant nous un panorama éclaté. Et on entend des associations et des citoyens de gauche qui nous sollicitent et nous appellent à se responsabiliser pour ces élections. On appelle à un rassemblement le plus large possible à gauche », confirme ce vendredi 19 septembre Julien de Benito, secrétaire départemental du PCF en Vaucluse.

    « cela doit se faire aux côtés des habitants »

    « Le spectacle des candidatures multiples et des égos de chacun ne fait que faire reculer les personnes dans leur investissement politique communal. Le premier échelon, c’est la commune. Ce serait bien de faire revivre ça ici », pousse également Frédérique Boyer, co-fondatrice de l’Après 84 (Association pour une République écologique et sociale). Tandis qu’Éric Deshayes, adjoint (Génération.s) au maire d’Avignon délégué à la Ville citoyenne, plaide pour une « place des citoyens dans ce débat-là, quelle que soit la discussion que l’on peut avoir avec les partenaires ou les personnalités politiques ».

    Mais qui soutenir dans ce cas ? « La raison nous pousse à dire qu’il y aura un rassemblement à gauche. C’est le souhait d’une gauche rassemblée, comme on a pu le faire avec le Nouveau front populaire, mais aussi lors des deux mandats de Cécile Helle », assure Rémy Blanc, conseiller départemental PCF. « On n’y va pas dans une perspective d’échec. Il y aura un rassemblement plus large », embraye Julien de Benito, espérant une clarification d’ici début 2026. « Le rassemblement existe en réalité au sein des militants, mais il faut passer au-delà des égos », réitère Yves Marie-Cardine, co-référent de l’Après 84. « Et cela doit se faire aux côtés des habitants », ajoute Éric Deshayes, qui encourage ces derniers à aller à la rencontre des formations politiques : « C’est avec eux que les choses avanceront. »

    Face aux diverses candidatures à droite et à l’extrême droite, le risque d’un échec par division inquiète. « Il nous paraîtrait irresponsable qu’en raison de stratégies politiques décidées ailleurs ou d’ambitions personnelles démesurées, Avignon soit livrée au RN, porteur d’un projet d’exclusion, de division et de destruction écologique, économique et culturelle », poussent les trois partis dans leur communiqué commun.

    Ne pas se tromper d’ennemis

    « Si Avignon, bastion de la gauche et commune préfecture, bascule à l’extrême droite, c’est aussi le département qui bascule », craint Rémy Blanc. « Nos ennemis, ce ne sont pas les partis de gauche. C’est le capitalisme et le fascisme avant tout. L’extrême droite arrive à notre porte et veut sabrer dans la culture, donner des moyens pour la répression. Il ne faut pas se tromper d’ennemis, même si on peut penser que des gens de gauche ont un peu le portefeuille à droite, ce ne sont pas nos ennemis », abonde Yves Marie-Cardine.