Tag: Politique

  • La droite divisée flirte avec l’extrême droite à Nîmes

    La droite divisée flirte avec l’extrême droite à Nîmes

    La succession de Jean-Paul Fournier, après vingt-cinq ans de règne, vire à la guerre des droites. À cinq mois des municipales de 2026, les prétendants s’entre-déchirent sur fond de soupçons de glissement idéologique. Dernier épisode en date : le déplacement de Julien Plantier à Béziers, ville symbole du virage sécuritaire incarné par Robert Ménard. L’ancien premier adjoint de Jean-Paul Fournier y a rencontré la nouvelle brigade municipale antistupéfiants, saluant « une initiative forte » et affirmant vouloir « s’inspirer de ce qui fonctionne ailleurs ». Une référence qui interroge, tant le maire de Béziers a été condamné à plusieurs reprises pour incitation à la haine et régulièrement critiqué pour sa gestion autoritaire. Plantier, de son côté, a assumé que le thème de la sécurité serait au centre de sa campagne : « Chaque Nîmois doit pouvoir se sentir en sécurité partout, tout le temps. Aujourd’hui, nous avons besoin d’autorité. Le maire doit incarner cette autorité », a-t-il déclaré suite à la rencontre.

    Ce voyage biterrois a fait bondir une partie de la majorité sortante, comme le dévoile Objectif Gard : « Quel signal envoie-t-il ? Ménard, c’est l’extrême droite. S’il pensait récupérer les voix du centre-gauche, il peut désormais se mettre le doigt dans l’œil », aurait taclé un proche de Franck Proust. Avant d’ajouter : « La sécurité, il est coresponsable du bilan de Fournier, il était premier adjoint jusqu’au début de l’année ». Un autre raille une « photo opportuniste » : « Le maire de Béziers ne l’a même pas reçu, il a juste échangé avec un adjoint et un responsable sécurité. C’est ridicule. »

    Un boulevard pour le RN

    Du côté de Franck Proust, une autre polémique enfle après l’arrivée du communicant Olivier Jalaguier dans son entourage. Ancien soutien d’Yvan Lachaud, le publicitaire revendique une « union des droites » jusqu’à Zemmour et Maréchal. Un positionnement jugé inacceptable par Jean-Paul Boré, président de l’association Tous pour Nîmes et son agglomération (TPNA), qui a aussitôt coupé les ponts avec Proust : « Ce serait rédhibitoire à toute possibilité de coopération, totalement incompatible avec notre refus de toute alliance avec des partis qui prônent l’exclusion. » Le candidat a tenté d’éteindre l’incendie, affirmant que Jalaguier n’était « qu’un prestataire de communication », et qu’il restait « fermement opposé à l’union des droites ». Trop tard, peut-être. Pour Boré (ex-PCF), cette confusion « offre un boulevard au Rassemblement national, qui se délecte de la division de la majorité sortante ».

    Dans une droite nîmoise éclatée entre Proust, Plantier, Rouverand et Lachaud, l’union rêvée par Jean-Paul Fournier semble hors d’atteinte. À force de rivalités personnelles et d’ambiguïtés stratégiques, la majorité sortante pourrait bien perdre la main sur la ville pour la première fois depuis un quart de siècle, au profit d’une gauche unie autour de Vincent Bouget.

  • [Rue de la République] Posez vos questions à notre invité Laurent Belsola

    [Rue de la République] Posez vos questions à notre invité Laurent Belsola

    Contournement routier, Port-de-Bouc, vie quotidienne, municipales, actualité locale et nationale… À vous la parole !

  • Erwan Davoux candidat au côté de Nora Preziosi aux municipales

    Erwan Davoux candidat au côté de Nora Preziosi aux municipales

    Son éviction de la présidence du bailleur social 13 Habitat, suite à des soupçons de favoritisme, n’a visiblement pas été digérée par Nora Preziosi, conseillère départementale (SE) et conseillère d’arrondissements de Marseille. Celle-ci a décidé, en binôme avec Erwan Davoux, l’ancien directeur des affaires internationales du conseil départemental des Bouches-du-Rhône -en guerre ouverte avec sa présidente Martine Vassal-, de se présenter aux prochaines municipales, indiquent-ils dans un communiqué publié dimanche soir.

    « Marseille pour tous », le nom de leur mouvement, « une démarche citoyenne et participative », a pour ambition de mener Marseille « sur une autre voie », celle du « rassemblement, de l’engagement citoyen, de la fraternité et du mérite ».

  • [Entretien] Alain Granelli : « Les marchés solidaires du PCF sont utiles à la population »

    [Entretien] Alain Granelli : « Les marchés solidaires du PCF sont utiles à la population »

    La Marseillaise : Pourquoi organiser un marché quand on est un parti politique ?

    Alain Granelli : Déjà, pour rendre service ! Le Parti communiste français n’est pas là juste pour donner des tracts, mais aussi et surtout pour être utile à la population. On y vend en ce moment des légumes d’hiver, comme des courges, des choux, des oignons ou des pommes de terre à prix coûtant, que nous achetons auprès d’un maraîcher local qui est partenaire.

    Depuis combien de temps menez-vous cette initiative ?

    A.G. : Ça fait 3 ans qu’on fait les marchés solidaires. Au départ, on en faisait qu’un seul dans une cité de Martigues. Aujourd’hui c’est dans trois cités différentes, à Notre-Dame-des-Marins, Mas de Pouane et Canto-Perdrix comme jeudi matin. Il faut noter que beaucoup plus de camarades se sont impliqués au fur et à mesure des années. Les gens nous connaissent, d’ailleurs on a des clients réguliers et ils nous réclament ! Demandez aux copains sur place dans les quartiers, on leur demande toujours quand est-ce qu’on revient.

    Ne faites-vous que de vendre des légumes ?

    A.G. : Bien sûr que non ! Mais il faut dire que les gens y côtoient le PCF en toute décontraction. On a pu parler de la vie chère la 1ère année, de la santé l’an dernier et de la réindustrialisation cette année. Ce qui est irremplaçable dans ces moments c’est la convivialité. C’est un moment agréable car il y a une vraie vie de quartier autour de notre étal. Les gens se rencontrent, se demandent des nouvelles de leurs enfants. Nous sommes des colporteurs de joie autant que d’idées. Après tout, c’est une manière de faire de la politique autrement, comme disent d’autres !

  • Élodie Malek est la tête de liste des Insoumis à Aubagne pour les municipales

    Élodie Malek est la tête de liste des Insoumis à Aubagne pour les municipales

    Cette décision a été prise en plénière, le 28 octobre dernier, par les militants aubagnais de LFI, des sympathisants de LFI, du PCF, de Lutte ouvrière, du Parti ouvrier indépendant, et de non encartés, développe Elodie Malek. Elle a été validée par le comité électoral le 3 novembre. »

    à la question de savoir si d’autres prétendants s’étaient manifestés, elle répond : « Un appel à candidatures a été fait et personne ne s’est désigné, pas même moi. C’est par consensus que j’ai été choisie, tout le monde s’est porté sur mon nom.»

    Originaire de la région parisienne, Élodie Malek est arrivée à Aubagne en 2024 « pour des raisons purement familiales et pour ma fille », explique cette graphiste de profession, militante à LFI depuis 2021. Elle a accepté de relever le défi électoral.

    Pour elle, ses adversaires politiques sont « la droite et son extrême. Gérard Gazay, dont le bilan est catastrophique, avec bétonisation à outrance, spéculation immobilière, précarité des services publics, opacité des décisions, incarne une droite traditionnelle que nous combattons pour ses choix austéritaires et son soutien à des figures comme Retailleau ». Quant à l’extrême droite, elle affirme : « Pour nous, le Rassemblement national n’est pas qu’un simple adversaire politique, c’est un ennemi de la République. »

    Programme bientôt dévoilé

    Alors qu’elle mène campagne depuis début septembre, et que la liste « Changer d’ère » a été présentée fin septembre en présence du député (LFI) Sébastien Delogu, Élodie Malek annonce que le programme sera dévoilé « très prochainement ». Parmi les mesures phares figure la mise en place d’un référendum d’initiative citoyenne, afin de « placer les habitants au cœur des décisions, notamment ceux issus des quartiers populaires et la jeunesse ».

  • Giovanni Schipani a inauguré son local de campagne

    Giovanni Schipani a inauguré son local de campagne

    « Aujourd’hui, je n’ai qu’un adversaire, celui qui depuis douze ans a tiré Aubagne vers le bas et cette semaine, il a signé un projet d’Office de tourisme d’1,8 million, on n’a pas besoin de ça ! », attaque Giovanni Schipani. Ex-adjoint à la jeunesse du maire sortant (LR), Gérard Gazay, de 2014 à 2020, l’homme de 35 ans, qui a officialisé sa candidature aux municipales 2026 le 26 septembre, a inauguré samedi matin son local de campagne, au 47, avenue des Goums. 180 personnes sont venues le soutenir. Interrogé sur son positionnement vis-à-vis de l’extrême droite, il a déclaré : « Je préfère perdre avec les honneurs, que gagner avec la honte. »

    « Besoin de renouveau »

    Issu d’une famille italienne venue s’installer dans les années 60 à Aubagne, l’homme de 35 ans a lancé : « Aubagne a besoin de renouveau. Je veux rendre leur fierté d’habiter Aubagne aux Aubagnais. » Il était entouré des deux co-parrains de son comité de soutien : les avocats Sylvia Barthélémy, ex-UDI, présidente de l’Agglo puis de la Métropole de 2014 à 2020, et Patrick Arnoux, qui fut président de section du PS d’Aubagne près de 20 ans et « élu pour la première fois en 1983 avec le maire (PCF) Edmond Garcin ». Sylvia Barthélémy a prévenu : « Au cas où vous vous diriez que c’est le retour de la vieille garde, on ne veut pas de mandat ! »

  • Fos-sur-Mer : Rémi Esnault inaugure son local de campagne

    Fos-sur-Mer : Rémi Esnault inaugure son local de campagne

    Notre Fos est là » pour Rémi Esnault. Ils sont près de 600, selon le candidat, à s’être déplacés ce samedi matin pour assister à l’inauguration du local de campagne, avenue Jean-Jaurès. L’actuel chef de cabinet de René Raimondi (DVG) est le candidat à la succession du maire, après « trente ans de travail et d’amour pour cette ville », comme ce dernier le résume.

    Rémi Esnault se présente en continuateur assumé de la politique menée par ses prédécesseurs. « Dans les doutes du monde et le chaos des institutions, tout le monde semble perdre sa boussole et la commune est le seul cap qui nous reste. On tient ce cap depuis plus de 20 ans. Le plébiscite à chaque élection nous honore », considère le candidat.

    Son premier soutien, le maire de Fos, René Raimondi, a quand même une « pensée très émue pour Jean Hetsch », élu maire en 2018 et disparu quatre ans après d’un cancer. « C’est pas moi qui devrait être là », juge-t-il, des larmes dans la voix. « J’ai fait de mon mieux. Au moment de partir, il faut quelqu’un capable de continuer le travail et cette personne c’est Rémi. Il m’accompagne depuis plus de dix ans. Comme Jean, il a agi avec moi sur tous les dossiers », conclut René Raimondi.

    « La participation doit être structurelle au mandat »

    Si le programme « se fera avec les Fosséens », Rémi Esnault confie en marge du meeting que « la façade littorale est extraordinaire mais sous-utilisée. L’enjeu ne sera pas de transformer mais d’améliorer », ces lieux, en même temps que de « revitaliser le centre-ville au niveau économique et humain pour en faire une vraie place de village car le lien social n’est pas du passé mais une nécessité », pense le candidat. Pour ce faire, Rémi Esnault compte sur sa « proximité avec les Fosséens, une richesse dont on s’abreuvera en permanence, la participation doit être une réalité structurelle du mandat ».

    Parmi ses soutiens présents, l’ancienne députée PS Sylvie Andrieux, le maire d’Istres (DVG) François Bernardini, les communistes Jérémy Bacchi, sénateur, le maire de Port-de-Bouc, Laurent Belsola et l’adjoint de Fos, Nicolas Féraud. Pour ce dernier, les communistes « œuvrent au rassemblement de la gauche ». « Rémi coche beaucoup de cases de notre projet et notre section décidera bientôt de sa position » indique Nicolas Féraud.

    Les deux prochains mois seront ceux « du bilan avec les habitants pour avoir leur retour et construire notre programme que nous présenterons d’ici fin janvier début février », promet Rémi Esnault.

    Permanence de Rémi Esnault
    au 39, avenue Jean-Jaurès, à Fos.

  • [Grand entretien] Anna Mouglalis : « Soutenir la presse libre et rester en alerte »

    [Grand entretien] Anna Mouglalis : « Soutenir la presse libre et rester en alerte »

    La Marseillaise : À quel point vous reconnaissez-vous dans les valeurs portées par le festival ?

    Anna Mouglalis : Déjà, je tiens à souligner que c’est moi qui suis honorée de faire partie du festival. Après, d’un point de vue général, les choses avancent peu. Suite à l’action du collectif 50/50, les festivals s’étaient engagés à ce qu’il y ait 50% de films de femmes. Mais on voit bien que ces promesses n’ont pas été tenues. Cela reste donc toujours aussi important de visibiliser les films réalisés par des femmes car leur travail devient plus compliqué. Leurs films sont moins bien dotés et produits. On leur donne tout simplement moins d’argent, ce qui a aussi un impact sur leur distribution. On ne peut donc que saluer la démarche de Films femmes Méditerranée dont la programmation contient beaucoup de films que je me languis de découvrir.

    L’une de ses sections est dédiée à la réalisatrice et pionnière grecque Frieda Liappa (1948-94), qui s’est élevée en son temps contre la dictature des colonels. Aujourd’hui, le fascisme est aux portes du pouvoir en France, avec le rapprochement des idées des partis de droite et d’extrême droite. D’où peut venir le sursaut ?

    A.M. : C’est terrible car cette levée réactionnaire touche tous les milieux. À mon petit niveau, je participe à des événements, je me rapproche d’associations en danger [Elle soutient entre autres SOS Méditerranée, Ndlr], je manifeste, je prends la parole dès que possible. Après, il y a des sursauts, comme on a pu le voir récemment avec l’élection de Zohran Mamdani comme maire de New York. Malgré tout, on est encerclés. Entre l’Italie, les petites démocraties du Nord, la Hongrie, l’Argentine… Les réactionnaires sont de partout. Je recommande à tout le monde la lecture de l’ouvrage de l’historien Johann Chapoutot, Les irresponsables. Il s’est passé la même chose dans les années 1930 avant le nazisme. Des milliardaires se sont permis de racheter toute la presse et ont mis fin à la séparation des pouvoirs. C’est ce qu’on vit en ce moment avec toutes les chaînes de propagande. Sans oublier que leurs idées se répandent même dans le monde de l’enseignement, comme on a pu le voir avec la poussée de Stérin. D’où l’importance de soutenir la presse libre et indépendante et de rester alerte.

    Le festival a aussi tenu à souligner votre engagement contre les violences faites aux femmes, vous qui avez été auditionné au printemps dernier par les députés pour témoigner de celles que vous avez subies dans le monde du cinéma…

    A.M. : Il y a eu d’autres commissions comme la Ciivise, qui a fait un travail sur trois ans avec 82 préconisations pour pouvoir lutter contre les violences sexuelles faites aux enfants. Moi, ce que je revendique, c’est que ces violences se déroulent dans tous les milieux. Dans le cinéma, notre parole a un peu plus d’écho, mais c’est vrai pour toutes les personnes en situation de pouvoir. Je suis assez impressionnée de voir à quel point les hommes ne disent rien, alors que les femmes disent : « nous le savions toutes ». Le but n’est pas de vivre sans les hommes. Mais on aurait besoin qu’ils aient un peu plus de courage. Pour les femmes, il faut un courage énorme pour prendre la parole. Les hommes n’ont, eux, peut-être pas subi directement des violences, mais le fait qu’ils les voient et ne parlent pas consiste à dire que ce n’est pas très grave. Alors, bien sûr, ça peut être compliqué quand il est parfois question de réalisateurs ou producteurs, qui sont par ailleurs des amis. Mais le courage, c’est de dire quand on voit quelqu’un qui fait quelque chose d’intolérable. Et de ne pas se dire : « oui c’est un ami » ou « il m’a fait débuter » donc, je ne peux pas parler. En parler, ce n’est pas lui tirer dans le dos. C’est se battre pour un monde meilleur et pour la justice.

    Des divisions ont cours au sein même de certains milieux militants, en ce qui concerne la lutte pour revendiquer des identités. Estimez-vous que ces combats ne doivent en aucun cas être déconnectés de la question sociale ?

    A.M. : De toute façon, la lutte est intersectionnelle. Ce sont des questions qui se posent continuellement, dans les milieux féministes aussi. La parole donnée par une femme non blanche ne va par exemple pas forcément avoir le même écho que celle portée par une femme blanche. Il faut vraiment que les féministes blanches s’interrogent. Car ce sont toutes les femmes, ensemble, qui vont réussir. C’est pour cela que j’ai trouvé, à l’endroit de la CGT, quelque chose qui me semble beaucoup plus cohérent depuis que Sophie Binet en est à la tête : des revendications de justice sociale dans tous les milieux professionnels, avec la lutte pour les droits des femmes, tout cela encadré par le droit du travail. Il faut se syndiquer et manifester.

    Le festival rend aussi hommage à Marguerite Duras avec la projection de quatre films. Est-ce une figure qui vous inspire, au même titre que l’écrivaine et militante féministe Monique Wittig que vous avez célébrée en musique cette année ?

    A.M. : J’ai lu Marguerite Duras mais j’ai vu ses films assez tard. C’est à travers Delphine Seyrig que j’ai rencontré son œuvre et qui était une grande militante féministe, chose que certains veulent effacer de sa carrière. Si Marguerite Duras est une immense artiste, je n’ai pas vu dans ses mots le même embrasement que celui que j’ai trouvé dans ceux de Monique Wittig. La révolution qu’elle a accomplie en littérature, elle l’accomplissait aussi dans la rue. Elle a inventé une langue qui lui est propre, mais était aussi très impliquée en participant à la création du mouvement de libération des femmes, a fait partie des Petites marguerites ou des Gouines rouges. Ce n’est pas de la révolution fiction. C’est du vécu.

    Propos recueillis par Philippe Amsellem

  • Une réunion publique pour rassembler à gauche

    Une réunion publique pour rassembler à gauche

    C’est une belle réussite. On va pousser la démarche de rassemblement de la gauche jusqu’au bout », lâche Julien De Benito, secrétaire départemental du PCF de Vaucluse et adjoint au maire d’Avignon, ce jeudi 6 novembre, à l’occasion de la première réunion publique organisée par le PCF, l’Après et Génération.s.

    En effet, un peu moins d’une centaine de personnes se sont réunies pour l’événement en début de soirée au château de Saint-Chamand, qui avait pour thématique : « Bien grandir à Avignon : accompagner l’épanouissement et la réussite de nos enfants. » Et ce, sous forme de différents ateliers, présentés par des élus, des acteurs associatifs ou des enseignants locaux.

    « Notre initiative n’est pas de faire une nouvelle liste. On pense que c’est avec les habitants et autour d’un programme que l’on peut rassembler », appuie de son côté Éric Deshayes, adjoint au maire (Génération.s), lors de la présentation de la soirée. « Certains vont se positionner au bout d’un moment. Le rassemblement à gauche commence par du contenu. À nous de trouver notre Lucie Castets à l’échelle locale », ajoute Julien De Benito, tout en concédant que les partis ont aussi leur « calendrier démocratique » si aucun mouvement ne se fait.

    Mais des premiers signes de rapprochement sont toutefois notables. Comme, par exemple, la présence de Zinèbe Haddaoui, adjointe au maire (PS), parmi les intervenants. Mais aussi, dans le public, Mathilde Louvain, cheffe de file de la France insoumise pour les municipales. « Ce genre de démarche va dans le sens d’une construction collective d’un programme et, avant ça, d’un projet municipal. Associer l’associatif, les citoyens et citoyennes, les forces politiques, ça va dans le sens d’un chantier commun », confie-t-elle. Tout en ajoutant être pour un rassemblement, mais en fixant « un périmètre qui soit ambitieux et de rupture dans le bon sens du terme ». Affaire à suivre.

    L’éducation en avant

    Le sujet du soir n’a également pas été choisi au hasard. « Il faut rendre le temps scolaire, mais aussi périscolaire, et ce qu’il y a autour, ce que la municipalité structure, plus qualitatif et émancipateur. Car des élèves plus épanouis s’inscrivent mieux dans le cadre scolaire », pousse ainsi Rémy Blanc, enseignant en petite section à l’école Sainte-Catherine et conseiller départemental (PCF).

    « Il faut créer une communauté éducative sur le territoire ou sur plusieurs zones. C’est un projet de politique globale autour de l’éducation qu’il faut porter, car il faut tout un village pour éduquer un enfant. Sur ce sujet, comme d’autres, on a tous la même opinion, mais on est chacun dans notre couloir de nage », lui embraye David Dumont, secrétaire général de la FCPE 84.

  • Cévennes : Saint-Jean-du-Gard sans randonneurs ?

    Cévennes : Saint-Jean-du-Gard sans randonneurs ?

    Grâce à son voyage en Cévennes avec son âne, dont il fera un célèbre livre en 1879, Robert Louis Stevenson a donné à Saint-Jean-du-Gard une renommée continentale. Chaque année des milliers (au moins 15 000) de randonneurs se pressent sur le
    « chemin de Stevenson », qui relie le Puy-en-Velay à Alès avec, comme avant-dernière étape, Saint-Étienne-Vallée-Française – Saint-Jean-du-Gard. Le pas des Huguenots (qui court jusqu’en Allemagne), célèbre parcours qui retrace l’exil des protestants, passe également par Saint-Jean-du-Gard.

    Dans ce village cévenol qui a aussi été touché par la désindustrialisation, l’essor économique passe donc désormais par le tourisme. Dès 1992, un festival de randonnée (le Fira se déroule chaque année début juin) a vu le jour. Mais le nouveau maire, Pierre Aiguillon, élu en 2023 après la démission de Michel Ruas, a l’intention d’aller encore plus loin. Ainsi, en 2026, ouvrira en face de la mairie un café rando qui devrait être accompagné, quelques mois plus tard, par une Maison de la randonnée, accolée au café. L’idée est de regrouper dans un même lieu l’office du tourisme, les associations de randonnée et des expositions.

    Le tracé de Stevenson bientôt dévié ?

    « La partie café sera de 108 m² plus une terrasse. Le lieu sera dédié à la restauration type café de pays avec des produits locaux, et tous les produits dérivés du chemin de Stevenson. Il y aura aussi la mise en avant de randonnées sur les thématiques locales, historiques, culturelles et tout ce qui est découvert du parc national des Cévennes… Nous avons aussi prévu un point accueil vélo pour les mobilités douces », détaille Nicolas Friedli, le porteur de projet.

    Financeurs d’une partie du projet, les élus régionaux Jean-Luc Gibelin (PCF), Aurélie Genolher (DVG) et Régis Bayle (PS) étaient à Saint-Jean-du-Gard pour suivre l’avancée du café, visiter les futurs locaux et échanger avec les porteurs du projet. Ils ont surtout été alertés par le maire et les associations d’un problème qui pourrait s’avérer fatal pour l’avenir de la randonnée dans ce village de plus de 2 500 âmes.

    « Il y a eu des inondations sur le parcours du GR en 2020. Nous avons trouvé un tracé de remplacement provisoire, jusqu’en 2027, qui passe chez un particulier. Il faudrait donc des travaux pour sécuriser 2,5 km à l’entrée du village, entre la route et la rivière. Cela coûterait 850 000 euros et le Département n’est pas prêt à investir cette somme. La solution avancée, c’est de prendre un autre chemin, qui ne demande aucuns travaux, mais qui rajoute 8 à 10 km de trajet et un énorme dénivelé. Nous craignons soit que les randonneurs prennent l’ancien tracé, qui ne sera pas sécurisé, soit qu’ils ne viennent plus jusqu’à Saint-Jean-du-Gard puisque cette dernière étape sera très longue », a prévenu Pierre Aiguillon qui ajoute : « C’est complètement paradoxal que le tracé ne passe plus par la commune au moment où un café rando et une maison de la randonnée vont ouvrir. »

    Les trois élus régionaux se sont engagés à porter cette question auprès du Département du Gard. Mais au vu des difficultés financières de la collectivité, il sera très difficile d’arracher le financement du projet. Sauf que pour Saint-Jean-du-Gard, cet investissement est jugé « vital ».

    « Les marcheurs ne viendront plus jusqu’à la commune »