Tag: Politique

  • Les vœux du candidat Schipani à Aubagne orientés vers le social

    Les vœux du candidat Schipani à Aubagne orientés vers le social

    Un évident pragmatisme. Une volonté de sécurité. Et un programme à teneur sociale. Voici les grands axes du discours prononcé Salle du Bras d’or par Giovanni Schipani, devant exactement 462 personnes, selon le décompte. En regard de son slogan « Aubagne mérite mieux », le jeune aubagnais, qui a été adjoint au maire Gérard Gazay de 2014 à 2020, a d’abord fait un constat : « Si Aubagne a perdu de son humanité, de sa richesse (…), c’est par manque de vision politique et de bon sens, et surtout de l’intérêt général. »

    Cantine à 1 euro

    Il a détaillé son programme : « Comme maire, je ferai de la tranquillité publique une priorité absolue ». Deux nouveaux commissariats sont annoncés.

    Il a également dit vouloir faire de l’école « une priorité absolue », avec « un plan global de rénovation des écoles dès le début du mandat. Je remunicipaliserai la restauration scolaire ». Dans les maternelles et élémentaires, la cantine sera « à 1 euro par mois par enfant ». La manière de le financer n’a pas été abordée. Il a parlé propreté, gestion rigoureuse des finances, avec abandon du projet de l’Office de tourisme à 1,8 million d’euros. Il mettra également en place un Conseil local du logement social pour « accompagner les familles aubagnaises ».

  • [Entretien] Éric Berton : « Nos étudiants peuvent se réorienter, c’est ça le service public »

    [Entretien] Éric Berton : « Nos étudiants peuvent se réorienter, c’est ça le service public »

    La Marseillaise : Ce salon est organisé à quelques jours de l’ouverture de Parcoursup. Quel regard portez-vous sur ce système où un algorithme décide de l’avenir des lycéens ?

    Éric Berton : C’est un système qui a le mérite d’exister, qui s’améliore chaque année. Mais c’est vrai que l’on retrouve souvent des parents et des étudiants qui se posent des questions, que cela angoisse un peu. Et certaines formations, privées en particulier, en profitent pour se vendre avec des produits… Pas toujours vendables.

    Dans ce contexte concurrentiel, comment défendez-vous l’université ?

    E.B. : Nous, nous sommes l’université de toutes les jeunesses et on revendique le fait d’accueillir le maximum d’étudiants. On est la plus grande université en termes de nombre avec 82 000 étudiants, 12 000 étrangers. On revendique le fait de donner l’accès à l’éducation, à l’enseignement supérieur, au plus grand nombre. Le but, c’est de faire réussir l’ensemble de nos étudiants, de leur trouver un avenir et au-delà de ça, d’en faire des citoyens éclairés qui peuvent réfléchir par eux-mêmes, qui sont curieux. On ne les enferme pas dans des cases, des castes. Ils peuvent changer de parcours, on a une certaine fluidité. Et nos étudiants ont le droit de se tromper, ils peuvent se réorienter. C’est ça, le service public.

    Qu’est-ce qui fait la différence avec les autres formations proposées ?

    E.B. : Justement cet état d’esprit, mais aussi la qualité de cette formation par rapport à d’autres, même s’il existe des écoles privées de qualité évidemment. Nous, nous pouvons aussi dire que nous sommes évalués, renouvelés. Nous avons un contrat avec l’État. Nous sommes accrédités. C’est ça aussi ce qui fait la force de notre université et de nos formations.

    À raison de 175 euros l’année en licence, 230 en master, les frais de scolarité sont relativement accessibles pour AMU. De quels moyens disposez-vous ?

    E.B. : Actuellement, c’est vrai que nous sommes dans un flou budgétaire, comme toute la fonction publique. Et c’est vrai que je revendique depuis longtemps un accroissement du soutien financier de l’État à l’enseignement supérieur et à la Recherche. C’est nous qui formons toutes les jeunesses et un pays doit investir dans sa jeunesse. C’est son avenir. Tous les conflits que nous vivons actuellement sont la conséquence d’un sous-investissement dans l’enseignement supérieur et la Recherche. Quand on enseigne, quand on cherche, on apprend à connaître l’autre, à ne plus en avoir peur. C’est ça, l’université. Elle est liée à la démocratie. Elles doivent prendre soin l’une de l’autre. On a besoin vraiment que la France, pays de liberté, de culture, réinvestisse dans sa jeunesse. Un pays qui ne le fait pas est un pays qui va dans le mur.

    Ce modèle français, vous l’avez également défendu avec le programme « Safe Place For Science », qui permet d’accueillir des chercheurs américains s’estimant menacés dans leur liberté académique par la politique de Donald Trump. Où en est-on ?

    E.B. : Ils arrivent et vont arriver tout au long de l’année. Même si certains sont déjà sur place, on leur laisse le temps. D’autres publient déjà sous notre nom. On ne les presse pas. Il y a des contingences matérielles avec des enfants encore à scolariser ou des parents dont il faut s’occuper. Cela se passe plutôt bien, ils ont l’impression ou le sentiment d’être chanceux par rapport à ceux que l’on n’a pas accueillis, ressentent parfois de la culpabilité. Là, pour le coup, l’État nous a beaucoup aidés. Avec 30 personnes au total, 20 sur le programme Amu « Safe place for Science » et 11 sur le programme « Choose France », c’est nous qui avons le plus de lauréats au niveau national. Il faut dire aussi que nous avons bien préparé leur venue. Ils arrivent aussi avec leurs étudiants et cela nous amène beaucoup d’échanges et de culture. C’est également l’occasion de montrer que notre modèle universitaire doit être préservé. Et je vous avoue que dans le cadre des prochaines élections… Je ne voudrais pas qu’ils aient fui Trump pour se retrouver dans un système similaire.

  • Trump plutôt que Bloch, une étrange défaite

    Trump plutôt que Bloch, une étrange défaite

    C’est un singulier lièvre que le sénateur communiste Pierre Ouzoulias a levé mardi lors de la séance des questions au gouvernement. L’entrée au Panthéon de Marc Bloch le 16 juin 2026 a été reportée parce que le président Trump a demandé le report du G7 à Evian afin de pouvoir organiser un combat de boxe à l’occasion de son anniversaire. Et Emmanuel Macron a accepté, devant reporter la panthéonisation prévue le jour anniversaire de l’exécution par les nazis du résistant français.

    « Le cirque de Trump impose donc l’ajournement de la cérémonie en l’honneur de Marc Bloch, l’historien, l’auteur de “L’étrange défaite”, le résistant, le héros mort pour la France », résume Pierre Ouzoulias. Rappelant que « honorer Marc Bloch le jour anniversaire de son exécution le 16 juin aurait été une façon de rappeler l’actualité de la leçon donnée par un homme qui a vécu la débâcle de 1940 et qui en tirait des enseignements d’une cruelle actualité sur la faillite des élites », il interroge : « Entre Trump et Marc Bloch, nous aurions choisi Marc Bloch. Et vous madame la ministre ? »

    Catherine Vautrin, ministre des Armées et des anciens combattants prend le micro d’évidence mal à l’aise. Mais nulle infirmation ne sortira de sa bouche. Ni réelle réponse à la question. Brodant sur le « grand historien », le « grand résistant », le « grand Français exemple pour chacun d’entre nous »… Elle conclut par un « oui bien sûr Marc Bloch sera panthéonisé et bien évidemment ce sera cette année ».

    « Où est la souveraineté de la France quand Emmanuel Macron ne parvient même pas à faire respecter son propre calendrier ? », interroge encore Pierre Ouzoulias. Et le petit-fils du résistant et FTP Albert Ouzoulias de lâcher : « Il n’est de défaite que celle que nous acceptons. »

  • Le maire sortant d’Aubagne Gérard Gazay démarre sa campagne et affiche ses soutiens

    Le maire sortant d’Aubagne Gérard Gazay démarre sa campagne et affiche ses soutiens

    Après avoir, dit-il, « commencé sa campagne à bas bruit » – si bas, d’ailleurs, qu’elle était jusque-là inaudible -, Gérard Gazay, 68 ans, élu en 2014 puis 2020, a annoncé, jeudi, qu’il entrait désormais dans le vif du sujet. Dans un environnement où les candidats « sans étiquette » fleurissent, il a déclaré : « Nous affirmons ce que nous sommes, une équipe de droite et du centre, de l’écologie sympathique et raisonnable jusqu’au parti Les Républicains. Nous n’avons aucune concession à faire avec l’extrême droite et avec l’extrême gauche. »

    Bruno Genzana, président du Nouveau Centre, s’est dit « très heureux » d’apporter le soutien de sa famille politique à Gérard Gazay. « J’ai été longtemps vice-président du Département des Bouches-du-Rhône. Les villes sont souvent en compétition et il faut peser pour remporter le morceau. Durant ces deux mandats, tu as été extrêmement engagé, volontaire. Tu défends pied à pied, avec des arguments très solides, les intérêts d’Aubagne. Par exemple le Val’Tram, qui va être inauguré dans quelques semaines », développe le conseiller régional.

    11 partis et mouvements en soutien

    Notamment président de la fédération 13 du Parti radical, Georges Panagiotou a revendiqué : « Soutenir Gérard Gazay, ce n’est pas un calcul de notre part, c’est le choix de la loyauté face à l’opportunisme, du rassemblement face à la division, de l’expérience face à l’improvisation. » Sylvie Brunet, présidente du MoDem 13, a loué « les valeurs » du maire, « la transparence, le dialogue, le respect des autres quelle que soit leur appartenance politique ». à l’exact opposé de tout ce que dénoncent les détracteurs du maire et candidats en lice, notamment, à gauche, Jean-Pierre Squillari (Aubagne en commun).

    Sur la « photo de famille » jeudi il y avait donc aussi, autour du maire sortant, Georges Cristiani, président de l’Union des maires de Provence (qui regroupe 100 maires sur 119), Christophe Madrolle, président de l’Union des centristes et écologistes, Pierre-Gilles Tronconi (Écologie et modernisme), l’UDI, Horizons, LR, Cap sur l’avenir (parti de Renaud Muselier), et Nouvelle Energie pour la France (parti de David Lisnard, maire de Cannes). Le 24 janvier prochain, Gérard Gazay inaugurera son local de campagne. Vers le 9 février, il présentera son programme, et sa liste mi-février.

  • La FI présente les 13 piliers de sa « politique de rupture » à Marseille

    La FI présente les 13 piliers de sa « politique de rupture » à Marseille

    Conscient d’avoir « des défauts, réels, et supposés », le député LFI se présente comme « l’alternative crédible » face à « six ans de cirque », c’est-à-dire : « Martine Vassal qui a déjà le Département et la Métropole et veut être maire » et « Benoît Payan qui veut être maire avec la Métropole en sous main ». Sébastien Delogu veut être « le maire de Marseille, rien que de Marseille, mais de toute la ville », fort d’une candidature « avec un grand collectif ».

    La France insoumise marseillaise présente un programme de 380 mesures pour une ville « plus juste, solidaire et apaisée ». En rupture avec la Métropole comme Benoît Payan, mais en rupture avec la municipalité, Sébastien Delogu veut reprendre la main sur les compétences « voirie, propreté et transports ». Mais de façon radicale : « Supprimer Aix-Marseille-Provence » avec la proposition de loi que le député a déposé le 23 décembre.

    Une gestion de proximité pour « deux fois plus de transports marseillais. En démultipliant les lignes de bus dans les quartiers et des tram au Nord et vers La Valentine », exige Mohamed Bensaada, qui brigue la mairie des 13-14. Pour la sécurité également, souligne Léa Béjoui, en lice pour la mairie des 4-5, « plutôt que de recruter d’avantage, faire en sorte que la police municipale soit plus investie en prévention, en médiation ». Côté logements, l’objectif de « 30 000 offres supplémentaires » s’appuie sur un moratoire sur les démolitions Anru et sur la construction, la rénovation et la réquisition de logements vides. Déceptions aussi sur les piscines. Nord et Luminy, revues en version complexes sportifs, n’ont pas rouverts. « Des kits piscine pour tous et des petits bassins répartis sur l’ensemble de la ville », propose Victoire Diethelm, candidate à la mairie des 6-8.

    Déçus, mais confiants

    De nombreuses propositions étaient déjà portées par le Printemps marseillais. Encore adjoint au maire aujourd’hui, cofondateur de Vaï, Sébastien Barles soutient la liste LFI et précise : « Ce sont les renoncements que nous pointons. Comme l’encadrement des loyers, c’est une grosse déception. » Le programme LFI promet de faire mieux sur « l’opposition au croisièrisme, aux data centers » ou à « Sodexo, dans les cantines, que nous voulons remunicipaliser ». Avec quel budget et comment faire jouer ce rapport de force ? Rien de très chiffré encore. « Nous irons chercher des crédits à l’échelle européenne, on mobilisera les participations citoyennes », annonce le candidat.

    La campagne surfe sur l’électorat de ceux pour qui Vassal en a déjà trop fait contre Marseille et ceux pour qui Payan n’en aurait pas assez fait. Sur le terrain du mécontentement, comment se démarquer face au RN ? « J’ai largement démontré que le RN votait les lois contre la population. Je suis le seul à l’avoir affronté plusieurs fois dans des débats », défend Sébastien Delogu.

  • Malgré les intimidations de l’extrême droite, à Aix, le collectif ne cède pas

    Malgré les intimidations de l’extrême droite, à Aix, le collectif ne cède pas

    « Dans notre pays, notre imaginaire collectif véhicule toujours des valeurs progressistes, solidaires, féministes, écologistes, antiracistes, démocratiques… », assure Alain Hayot, sociologue et politologue venu tenir une conférence à Aix, jeudi soir, en lien avec son dernier livre Face aux nouveaux monstres le sursaut (éditions l’Humanité). A vingt-quatre heures de la venue de Marine Le Pen (RN) à Marseille ce vendredi pour soutenir la candidature de Franck Allisio à la mairie, Alain Hayot appelle à « reconstruire un espoir dans un avenir de progrès social et écologique », lors de cet événement organisé par le Collectif aixois contre l’extrême droite.

    Cette association, qui a récemment été confrontée à la montée de l’extrême droite, en a fait les frais : lors de la conférence Soyons-Woke, en mai dernier, des militants néofascistes se sont mobilisés ; lors de distributions de tracts contre la tenue d’événements liés à Pierre-Edouard Stérin, des « insultes verbales » ont été proférées ;le collectif d’extrême droite Némésis a ensuite perturbé le Cercle du Silence, manifestation pour les droits des personnes immigrées…

    « Les intimidations à Aix sont périodiques, pas régulières, explique Philippe Sénégas, co-président du Collectif. L’intervention de Némésis est relativement récente. » Un autre militant pointe : « Les bataillons d’ultra-droite ont toujours été alimentés par la jeunesse, mais ils sont plus actifs, recrutent davantage à la faveur de l’amplification du score RN. » « Ce qu’il y a de nouveau, c’est qu’ils se montrent, ont une puissance électorale et se sentent légitimes. Depuis 6 mois, il y a eu un point de bascule », note Luc Foulquier (PCF), membre du Collectif. En cause, selon lui, la médiatisation accrue des figures à la tête du parti d’extrême droite.

    « Il y a une différence entre les forces politiques établies (d’extrême droite) et les groupuscules identitaires. Mais ces groupuscules identitaires fournissent beaucoup de cadres au RN ou à Zemmour », recontextualise Alain Hayot, qui encourage : « Cela dit, pas de confusion, tous les instituts de sondages montrent que près de 70% sont hostiles à l’extrême droite. » Le Collectif, de son côté, poursuit son travail.

    Le RN coupe les vivres aux collectivités

    « Le RN n’aime pas les villes, Franck Allisio n’aime pas Marseille », s’indigne, dans un communiqué, l’équipe du Printemps Marseillais au nom du maire Benoît Payan (DVG), candidat à sa succession.

    L’Assemblée nationale a adopté, ce mercredi 14 janvier, un amendement du Rassemblement national visant à baisser de près de 5 milliards d’euros la dotation globale aux collectivités locales en 2026. « À Marseille, cette baisse correspond à une perte de 50 millions d’euros : c’est plus que le salaire de l’ensemble de nos policiers municipaux et supérieur au budget total de la cantine scolaire de nos enfants », a calculé le Printemps, qui promet de « continuer de lutter pour un service public de qualité ».

    La droite aussi a voulu réagir. « Incroyable mais vrai : à Paris, le RN et Franck Allisio viennent de faire perdre 43,6 millions d’euros aux Marseillais rien qu’en 2026 », twitte ainsi Romain Simmarano, porte-parole de Martine Vassal, candidate (DVD) à Marseille. Et d’ajouter : « L’équivalent (en tout) d’une école rénovée, d’une piscine construite et de deux postes de police qu’on aurait pu installer dans nos quartiers.»

  • Dire stop

    Dire stop

    Étrange fin de semaine à Marseille. Ce vendredi soir, Marine Le Pen vient soutenir son candidat, Franck Allisio, dans la 2e ville de France, à trois jours de l’ouverture de son procès dans l’affaire des assistants parlementaires européens du RN qui lui a valu 5 ans d’inéligibilité avec exécution provisoire en première instance.

    Un fait plutôt rare en politique où, jusqu’à présent, les personnalités condamnées ou sulfureuses, étaient écartées des campagnes électorales.

    Franck Allisio, lui-même visé par une enquête préliminaire du parquet pour détournement de biens publics, semble ne pas être intimidé par le CV judiciaire de l’héritière de Jean-Marie Le Pen.

    Signe des temps, le fait d’avoir des démêlés avec la justice n’est pas disqualifiant pour représenter ce parti qui prétendait autrefois avoir la tête haute et les mains propres.

    Normalisation

    L’extrême droite qui joue à fond la carte de la normalisation, entend emporter Marseille, la deuxième ville de France, lors des municipales de mars.

    Et pourtant, au plan local aussi, ses représentants sont aux prises avec la légalité.

    Le monde du travail, ceux qui ressentent durement l’injustice sociale, n’ont rien à attendre dans ces municipales de cette force politique qui vient de voter 5 milliards d’euros de baisse des dotations aux collectivités locales.

    Ceux qui sont tentés par elle parce qu’ils ne l’ont « jamais essayé » ont oublié les leçons sanglantes de l’histoire dont La Marseillaise est là pour témoigner et sont aveugles aux bouleversements que l’extrême droite inflige partout dans le monde.

    Il faut lui dire stop et pour y parvenir dans la durée, construire un projet collectif de progrès partagé.

  • [Rue de la République] Posez vos questions à notre invité Sébastien Delogu

    [Rue de la République] Posez vos questions à notre invité Sébastien Delogu

    [#RueDeLaRépublique] Posez vos questions à notre invité Sébastien Delogu (LFI). Municipales, Marseille, niveau de l’extrême droite, rapport au Printemps marseillais, propositions… À vous la parole ⬇️

  • [Parcours] Robert Ménard, du gauchisme à l’extrême droite

    [Parcours] Robert Ménard, du gauchisme à l’extrême droite

    À moins de trois mois du scrutin, il est nécessaire de dresser le portrait du maire d’extrême droite de Béziers alors que la page Ménard pourrait se tourner en 2026 en dépit d’un sondage très controversé. La gauche s’est partiellement rassemblée au sein du Printemps de Béziers (PCF, PS, EELV, Place publique). Sa tête de liste Thierry Antoine (EELV) lance un appel à l’union au premier tour à LFI et Thierry Mathieu, conseiller régional de la majorité de Carole Delga. Si la droite LR apporte son soutien à Ménard, le RN présente une liste conduite par son secrétaire départemental, Julien Gabarron.

    Né à Oran, fils de pieds-noirs installés depuis un siècle, il est rapatrié en 1962 à l’âge de neuf ans pour aboutir dans un village de l’Aveyron avant de gagner le quartier de la Devèze, devenu l’un des plus chauds de Béziers depuis. Sa mère catholique et son père syndicaliste communiste devenu membre de l’OAS l’inscrivent dans un collège religieux. De quoi faire chavirer les esprits les mieux forgés.

    Il envisage un temps de poursuivre ses études au grand séminaire, avant de basculer à vingt ans dans la mouvance trotskiste de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR). Il y reste six ans avant de rejoindre le Ceres, le courant le plus à gauche du PS, qu’il quitte peu après l’élection de François Mitterrand en 1981. Nanti d’un CES en philosophie décroché à Montpellier, il se rêve journaliste et lance Radio Pomarède en 1978, à une époque où les radios libres sont pourchassées par le pouvoir giscardien. Au cours des poursuites judiciaires qui s’ensuivent, il trouvera un témoin de moralité : François Mitterrand. Embauché à Radio France Hérault en 1983, il quittera la station six ans plus tard.

    Et Rony Brauman découvre un « petit tyran domestique »

    C’est en 1985 que lui vient l’idée de fonder Reporter Sans Frontières avec trois de ses confrères de la presse locale et le soutien de François Mitterrand. S’y joignent Rony Brauman, figure de proue de Médecins sans frontières et Jean-Claude Guillebaud, grand reporter et prix Albert Londres. Ce qui devait être une agence de vente de reportages échoue et se mue en ONG de défense de la liberté des journalistes dans le monde. Ses deux cautions prestigieuses abandonnent quelques années après la fondation. Guillebaud en 1993 juge RSF trop proche de la presse anti-Chavez et aligné sur les États-Unis. Brauman suit en 1995 et s’en explique : « J’ai vu l’autre Ménard, le petit tyran domestique, sortir de sa chrysalide. Il a un ego exagérément enflé qui le pousse à être excessif. » Cinglant.

    Qu’importe pour Ménard, la marque RSF est lancée et son animateur avec elle. Cela lui vaut d’être appelé en 2008 par Cheikha Moza, épouse de l’émir du Qatar, à monter une structure identique à Doha. Dans un pays classé 80e pour la liberté de la presse, mais les trois millions de dollars (2,7 millions d’euros) alloués à l’organisation font oublier toute pudeur. L’aventure dure un an, jusqu’à ce que Ménard se rend compte que le pouvoir de l’émir al-Thani ne se discute pas.

    I-Télé le « remercie »

    Retour en France, il enchaîne les contrats dans les radios et télévisions avec une émission qui lui est dédiée. I-Télé (devenue CNEWS) le remercie en 2012 après avoir invité Bernard Lugan, un historien africaniste d’extrême droite qui ne fait autorité qu’auprès des militaires. En 2012, il trouve refuge auprès de Sud-Radio, moins regardante sur la nature des invités. L’année même où il est mis un terme à l’existence de la revue Médias qu’il dirige avec Emmanuelle Duverger, son épouse et dont RSF est actionnaire avec Stéphane Courbit, producteur de télévision. Tous deux jettent l’éponge après la perte par la revue de 80% de ses annonceurs après l’ouverture de ses colonnes à Jean-Marie et Marine Le Pen, Alain Soral (antisémite proclamé), Renaud Camus (théoricien du « grand remplacement »), entre autres.

    L’année 2012 est riche pour Ménard. Il rejoint le Comité consultatif de Channel 9, fondé par Bidzina Ivanichvili, oligarque géorgien totalement inféodé à Moscou. En parallèle, il lance avec son épouse le site Boulevard Voltaire, où se retrouve une brochette de collaborateurs de droite extrême, voire conspirationniste.

    Ils sont bel et bien plusieurs dans sa tête. Au premier tour de la présidentielle de 2007, il dit avoir voté Bayrou et Sarkozy au second. En 2012, c’est Dupont-Aignan au premier et Sarkozy (« en se bouchant le nez ») en finale. On note une inflexion en 2022, lorsqu’il appelle à faire bloc derrière Emmanuel Macron. Avec le secret espoir d’entrer au gouvernement ?

    Mais « l’apothéose » de sa carrière tient à la conquête de la mairie de Béziers. Une victoire à la Pyrrhus face à une UMP essoufflée et le manque de légitimité de son candidat, une gauche affaiblie qui a maintenu son candidat dans une élection triangulaire.

    Sacré maire, la veine populiste Robert Ménard se déchaîne par voie d’affiches ou de décrets plus ou moins loufoques. Les murs se couvrent d’appels à vilipender le Midi Libre ou Ginette Moulin, propriétaire des Galeries Lafayette, qui a eu l’outrecuidance de fermer son magasin biterrois. La police municipale, armée, est mise à l’honneur par un pistolet semi-automatique légendé « Désormais la police municipale a un nouvel ami ». Inscrit dans une logique droitière, il abaisse les impôts de 2 millions avant de s’en mordre les doigts : « Si c’était à refaire, je baisserais moins les impôts car ça pénalise la Ville. »

    Le fichage des chiens…

    Les arrêtés municipaux se multiplient. Il en est un qui impose le fichage de l’ADN des chiens de manière à remonter la piste des déjections. Un autre interdit de pendre du linge aux fenêtres ou interdit la floraison des paraboles. Vingt ans plus tard, il y a toujours autant de linge aux fenêtres et de paraboles sur les terrasses. Il en est un aussi pour verbaliser les crachats, qui ne fait que reprendre un décret du gouvernement de Vichy du 1942. Moins folklorique, il annonce en décembre 2015 la création d’une « garde biterroise » composée d’anciens gendarmes, militaires ou pompiers, qui a pour mission de signaler les actes suspects. L’existence de cette milice de bénévoles est retoquée par le tribunal administratif, comme le sont la plupart des arrêtés précédents. Autant d’échecs qui ont un coût pour la collectivité. On chiffre à 880 000 euros (dont 320 000 pour des affaires personnelles) les honoraires payés entre 2014 et 2019 aux très droitiers avocats parisiens Gilles-William Goldnadel et Jean-Marc Florand.

    Ramené sur les bancs de l’église par son épouse, il entreprend une croisade contre « l’islamisation de la France » et le « grand remplacement », chers à Renaud Camus et son épigone Éric Zemmour, qui passe par l’interdiction d’ouverture de nouveaux kebabs dans le centre-ville, accusés de contrevenir à la tradition judéo-chrétienne. Une tradition qui vire à l’obsession lorsqu’il installe une crèche dans l’enceinte de la mairie (contraire aux lois de la République et interdite à huit reprises par le tribunal administratif).

    L’inscription de Ménard dans la ligne de son ami Zemmour trouve pourtant ses limites. Lui qui a chiffré à 69,4% le nombre d’enfants musulmans en se fondant sur les prénoms a, lors d’un dîner parisien en sa compagnie, jugé « stupide » sa proposition d’interdire les prénoms musulmans. La rupture a été consommée lorsqu’il a accordé en 2022 sa signature à Marine Le Pen plutôt qu’à Zemmour.

    De Bayrou à Le Pen, en passant par Dupont-Aignan, Sarkozy et Macron, la girouette Ménard n’a pas fini de tourner au gré des vents venus de droite ou d’extrême droite.

  • Municipales en Vaucluse : une unité à géométrie variable à gauche selon les villes et profils

    Municipales en Vaucluse : une unité à géométrie variable à gauche selon les villes et profils

    En Vaucluse, les deux principales villes, Avignon et Carpentras, sont actuellement détenues par la gauche avec des maires à la tête de larges majorités. Sans trop de surprises, c’est là que les appétits, et appréciations différentes, sont les plus marqués, ne permettant pas de présenter aux électeurs une seule large et unique liste de rassemblement.

    Dans la ville-centre, le panorama s’éclaircit, près d’un an après l’annonce de Cécile Helle (PS) de ne pas briguer de 3e mandat. Si, au centre gauche, l’adjoint à l’urbanisme Paul-Roger Gontard est toujours en lice, David Fournier (PS), autre adjoint, est aujourd’hui le candidat qui agrège le plus de soutiens et incarne la continuité. Mathilde Louvain, pour La France insoumise (LFI), tentera de lui disputer le leadership à gauche et pourrait se prévaloir aussi de l’appui de Génération.s et d’un collectif Avignon citoyen. Le PCF oscille encore entre les deux options et doit se déterminer définitivement d’ici à la fin de semaine.

    À Carpentras, le maire Serge Andrieu (DVG) repart pour un second mandat sous son nom propre, en bénéficiant des soutiens de partis de gauche, comme le PS ou le PCF, à l’inverse de 2020 pour les communistes. Les Écologistes, sous tutelle, sont dans l’attente alors que l’une de leurs co-référentes, Olivia Adoplhe-Laroubi, est l’épouse de l’ex-maire Francis Adolphe (ex-PS), à nouveau candidat après avoir purgé son inéligibilité. Là aussi, LFI ambitionne de monter une liste.

    Dans le reste du Vaucluse, ce sont les profils des candidats et implantation de la gauche de manière générale qui font ou défont l’unité. Les donnes sont semblables à Orange et Cavaillon, guère propices à la gauche. En 2020, elle n’était même pas représentée dans la cité cavare. Cette fois-ci, Patrick Blanès (PS), candidat pour le NFP aux dernières législatives, portera une liste divers gauche, mais sans soutien de LFI. À Orange, face à la guerre que se livre l’extrême droite version Bompard et le RN, un collectif citoyen « Tous orangeois », incarné par Antoine Boudet (SE), est le plus à même de séduire la gauche. Dans la mairie RN du Pontet, c’est aussi une sorte de front républicain qui s’organise autour de Jean-Firmin Bardisa (DVD), qui balaye du PCF à l’UDI.

    À Bollène, LFI sera bien en soutien de la liste « Bollène à gauche », défendue par Daniel Barrière (PCF). Le candidat sera opposé au maire sortant Anthony Zilio (SE), pourtant issu de la gauche, mais « plus assez aujourd’hui » aux yeux de certains. Les insoumis discutent aussi à Morières avec Annick Dubois (PS), qui porte l’unité de la gauche, pour tenter de reprendre la mairie au RN. Enfin, à l’Isle-sur-la-Sorgue, l’ensemble de la gauche se range derrière un non encarté, Christophe Baudet, autour de la liste Peps (Participatif, écologique populaire et solidaire).