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  • [Entretien] Gabriel Zucman : « Ce que je propose, c’est une taxe sans échappatoire »

    [Entretien] Gabriel Zucman : « Ce que je propose, c’est une taxe sans échappatoire »

    La Marseillaise : Quel message délivrez-vous pour cette conférence aixoise ?

    Gabriel Zucman : Je donne une série de conférences à travers la France pour parler de mon livre Les milliardaires ne paient pas d’impôt sur le revenu et nous allons y mettre fin avec deux objectifs. Le premier, c’est de permettre une appropriation citoyenne des savoirs. C’est-à-dire de permettre à tout le monde de s’approprier les connaissances qui ont été établies, ces dernières années, sur le montant réel d’impôts payés par les plus grandes fortunes du pays. C’est une question sur laquelle il y a beaucoup d’opacité, il n’y a pas de statistiques publiques sur ces sujets. Mais, cette opacité, elle a commencé à être dissipée très récemment. Ce sont de nouveaux travaux de recherche qui ont été menés depuis 3-4 ans, dont je rends compte dans le livre. Le deuxième objectif, c’est de permettre à tout le monde de s’armer intellectuellement pour les débats sur l’impôt plancher que je défends, qui ne font que commencer. Certes, il y a eu un vote négatif à l’Assemblée nationale en octobre, mais la proposition va revenir très vite dans le débat : on a des problèmes très lourds de finances publiques, donc on a besoin de recettes fiscales. Donc dès 2026, on va en reparler. Et si ce n’est pas adopté en 2026, ce sera un enjeu majeur de l’élection présidentielle de 2027. Donc, je veux permettre à tous les citoyens de se faire leur propre avis et de connaître les arguments, les contre-arguments et de s’armer pour ce débat.

    Avez-vous le sentiment qu’entre les discours autour de la dette qui justifient l’austérité et votre proposition de taxe, les lignes bougent sur la fiscalité des plus riches ?

    G.Z. : Oui, je pense que le débat en matière fiscale, le débat sur la question de l’imposition des très grandes fortunes, est beaucoup mieux posé aujourd’hui qu’il y a encore six mois ou un an. Il y a beaucoup plus de gens qui comprennent l’anomalie que j’explique dans mon livre : les milliardaires ne paient quasiment pas d’impôts sur le revenu et qu’en conséquence, tout prélèvement obligatoire compris, ils paient deux fois moins que le Français moyen. Ça commence à être beaucoup mieux compris, connu. Ce n’était pas le cas encore il y a un an. Et puis surtout, qu’il y a une solution efficace et juste à ce problème qui consiste à créer un taux minimum, un plancher incompressible d’imposition pour les ménages ultra-riches, qui ont plus de 100 millions d’euros de patrimoine. C’est une idée assez nouvelle. Ce n’est pas du tout le retour de l’ISF (Impôt de solidarité sur la fortune), c’est l’inverse, ça n’a rien à voir. Ça touche beaucoup moins de gens. Il n’y a pas d’échappatoire, il n’y a pas de niche fiscale, etc. Cette proposition-là, elle commence à être connue aussi. Donc, il y a eu des gros progrès, dont je me félicite.

    Quel regard portez-vous sur la version « allégée » de votre taxe que porte actuellement le Parti socialiste ?

    G.Z. : La version light proposée par le PS était très problématique parce qu’elle venait répéter l’erreur principale qui avait miné l’ISF. L’ISF exonérait les mal nommés « biens professionnels ». C’est-à-dire que si vous possédiez plus de 25% du capital d’une entreprise, toutes ses actions étaient exonérées d’ISF. C’est ça qui faisait que les milliardaires ne payaient pas l’ISF. À la veille de son abolition en 2016, le taux effectif d’ISF pour les milliardaires, c’était 0,005%. Il y avait quand même une déroute, un échec dramatique en matière économique, budgétaire, qui s’agira de ne pas reproduire. Moi, dans mon travail de chercheur, j’essaie de tirer les leçons de cet échec pour produire autre chose précisément. Ce que je propose, c’est de créer un dispositif sans échappatoire. Dans la version light du PS, il y avait une exonération pour les gens qui possédaient plus de 50% de leur entreprise. Donc, si vous êtes très très gros, vous étiez exonérés de l’impôt plancher. Alors que le principe que je défends, fondamental, c’est celui de dire que si vous êtes immensément riche, vous devriez payer un minimum incompressible, sans exonération quelconque. Et on peut débattre [de la notion d’immense richesse Ndlr] : est-ce que c’est 100 millions, 200 millions, 50 millions, à la rigueur…

    Vous dites, dans « L’Humanité », que votre taxe est un « minimum syndical ». Est-ce qu’on ne doit pas aller plus loin ?

    G.Z. : C‘est le minimum syndical au sens où 2%, c’est le taux qui permettrait de s’assurer que tout prélèvement obligatoire compris, les milliardaires ne payent pas moins que le Français moyen. Donc, avec un taux de moins de 2%, ça veut dire que les milliardaires continueraient à payer moins d’impôts que le Français moyen. Et ça, c’est une violation de notre principe fondamental d’égalité devant l’impôt, principe constitutionnel en France. C’est comme ça que le taux de 2% a été calculé. Si on veut mettre nos lois fiscales en conformité avec notre principe d’égalité devant l’impôt, pris dans son exception minimaliste, alors on a besoin de ce taux plancher de 2%. Évidemment, il y a de très bonnes raisons de vouloir aller au-delà de 2%, avec des taux plus élevés. Parce que beaucoup de gens aimeraient que les milliardaires payent plus d’impôts en proportion de leurs revenus que le Français moyen. Dans ce cas-là, il faudrait des taux de 3%, 4%, 5%, enfin des taux plus élevés que 2%. Mais 2%, c’est une proposition pensée pour être consensuelle. C’est-à-dire que personne n’accepte, personne ne devrait accepter, que les milliardaires puissent payer moins que le Français moyen. On peut corriger cette anomalie avec 2%.

    Vous faites le lien entre cette extrême richesse et le rapport sénatorial sur les aides publiques aux entreprises qui les estime à 211 milliards d’euros ?

    G.Z. : Il y a plusieurs liens, mais d’une façon générale, en France, on a une fiscalité qui est mitée d’échappatoires, de niches fiscales, d’avantages divers et variés. Ça prend la forme, par exemple pour les milliardaires, qu’on les laisse toucher leurs revenus via des sociétés holding qui font écran à l’impôt et qui leur permettent donc d’échapper à l’impôt sur le revenu. Mais ça prend d’autres formes aussi, et ce maquis d’aides publiques aux entreprises, de crédit d’impôt de recherche, d’exonération, etc. C’est une autre illustration de ce mal fondamental qui ronge le système fiscal français, et du coup aussi le consentement à l’impôt, qui est la multiplication des régimes préférentiels dans lesquels s’engouffrent inévitablement les personnes qui sont les plus fortunées ou les grandes entreprises, bien conseillées par des armées d’avocats fiscalistes. Tout cela alimente l’injustice fiscale, en plus d’avoir un coût budgétaire très élevé.

    à Sciences Po, 25, rue Gaston-de-Saporta
    à Aix-en-Provence. Inscriptions closes,
    le rendez-vous affiche complet

  • [Rue de la République] Gaby Charroux : « Les services publics sont le cœur du pacte démocratique de notre pays »

    [Rue de la République] Gaby Charroux : « Les services publics sont le cœur du pacte démocratique de notre pays »

    L’entrée en campagne

    Didier Gesualdi : Vous êtes candidat à votre succession, vous avez mis du temps à vous décider. Ne craignez-vous pas le mandat de trop ?

    Vous savez, en 2019, j’avais annoncé que ce mandat pouvait être le dernier. On a décidé collectivement que ce ne serait pas le cas. J’en suis très content, heureux, même si je sais la charge qui pèse sur un maire d’une ville de 50 000 habitants. C’est une charge très lourde qui prend 7 jours sur 7, jour et nuit. Nous l’avons démontré, dans tous les moments y compris les moments de crise, nous sommes au rendez-vous.

    Didier Gesualdi : Certains évoquent votre âge, êtes-vous en forme ? Vous pourrez aller jusqu’au bout de votre mandat ?

    Je crois oui ! La forme est là, l’enthousiasme est là, l’engagement est là, l’humilité aussi et l’envie également ! L’envie de poursuivre une action qui, d’ailleurs, était menée avant moi-même.

    Didier Gesualdi : C’est dur une bataille municipale, vous en avez conscience ?

    Ce qui est le plus dur, ce n’est pas la bataille municipale, c’est la vie du maire s’il veut être à tous moments dans le travail avec et pour les citoyens. Je pense qu’une campagne électorale, c’est un formidable moment démocratique dans le pays. Je souhaite et j’invite chaque citoyen à venir dans la campagne, profiter pour dire ce qu’ils ont sur le cœur, ce dont ils ont envie pour leur ville. Ce n’est pas une contrainte ni une punition, c’est enthousiasmant !

    Léo Purguette : Ce sont aussi des moments durs, ça a commencé avant votre déclaration de candidature. À l’appui de l’affaire de la Semivim, un climat de suspicion s’est installé dans une partie de la ville. Comment allez-vous y répondre ? Le débat démocratique sera-t-il serein ?

    On a besoin d’un débat serein. Ce n’est pas le ton donné par un certain nombre d’opposants au conseil municipal qui ont même été dans un comportement indigne. D’ailleurs cela a fait l’objet de procédure et d’une suite. Les choses sont ainsi. Je ne veux pas parler de ces gens. Mais je vais parler du sujet en revanche. Nous nous appuyons sur des valeurs et des engagements qui ont été les nôtres depuis des années. Sur ce qu’ils essayaient d’instrumentaliser, les choses sont très simples : j’ai toujours dit que je n’avais rien à voir avec cette affaire. Croyez-vous que je serais dans le déshonneur d’aller me présenter à une élection si j’avais eu la moindre culpabilité dans une telle affaire ? C’est aussi simple et clair que cela. Nous sommes sereins avec mes camarades élus de la majorité municipale qui sont des gens formidables qui font un travail extraordinaire pour les habitants, chacun dans sa délégation, et qui continueront à le faire.

    Les adversaires

    Didier Gesualdi : La composition de l’échiquier politique vous a-t-elle incité à vous présenter avec une droite qui ne s’interdit rien et un député RN qui est candidat ?

    Ce que je remarque, c’est le travail que nous avons réalisé et pour qui. Mais aussi le non-travail des opposants qui sont présents. Je le disais, c’est la démocratie qui s’exprime, donc chacun peut aller participer. Chacun prend ses responsabilités. Nous, ce à quoi nous tenons, les citoyens peuvent le constater chaque jour, c’est leur intérêt. Toutes nos décisions sont prises pour leur bien-être, leur épanouissement, leur qualité de vie. Pour les jeunes, la perspective d’avoir un avenir désirable. Oui, on a envie que les jeunes, les familles, les anciens soient protégés. On ne part pas de rien, nous avons tout ce qui a été réalisé, porté par ces valeurs de fraternité, de solidarité et d’égalité. Chaque citoyen de Martigues compte pour moi. J’invite les citoyens qui peuvent avoir l’illusion qu’ailleurs l’herbe pourrait être plus verte dit-on, à s’interroger sur ce qui a été réalisé pour eux, ce qui existe déjà dans cette ville. Nous sommes les garants de la poursuite et du développement de cela.

    Léo Purguette : Quel est l’arc des forces qui vous soutiennent et qui souhaitez-vous rassembler ?

    Tous les citoyens de Martigues sont les bienvenus dans notre grand rassemblement. Nous avons besoin de chacun d’entre eux et nous comptons sur chacun d’entre eux. Nul n’ignore quel est mon engagement, pourquoi j’ai envie de continuer à porter cette lourde responsabilité. Parce qu’avec mes camarades de gauche, progressistes, démocrates, qui sont des républicains acharnés, dans le sens le plus beau et le plus large, nous voulons faire progresser la ville, ne jamais reculer sur les valeurs.

    Le RN

    Didier Gesualdi : Entendez-vous ceux qui disent « tous pourris », « on n’a pas essayé le Rassemblement national » et comment vous y répondez ?

    Oui j’entends ça. Ces propos sont d’une injustice terrible. Je vois beaucoup de maires, notamment des maires de notre sensibilité, la gauche, qui sont dévoués, désintéressés, qui donnent de leur temps, de leur force, de leur santé parfois. Je dis à ces citoyens-là, regardez ce qui a été fait ici. Dans les conseils de quartiers, je prends soin d’expliquer à quoi je passe mon temps. C’est du concret : les trous dans la chaussée, la propreté, la sécurité, l’accès aux droits, à la santé pour tous, l’école de qualité partout tout le temps, la prévention des risques, le développement économique… Pas parce que j’ai envie de faire enrichir de grands industriels mais parce que ce sont des emplois pour notre territoire…

    Léo Purguette : Les citoyens de la circonscription ont « essayé le RN » en élisant un député d’extrême droite. Quel regard portez-vous sur ses premiers mois ?

    D’abord j’analyse la campagne électorale. Elle n’était pas pour un député de la circonscription mais pour envoyer le chef du RN à Matignon en attendant mieux. Donc les candidats locaux étaient des candidats de l’ombre, non-connus, sans aucun programme capable d’être exprimé. On a vu la différence qu’il y a entre les députés qui sont engagés, qui portent les valeurs et qui sont capables d’être présents et actifs à l’Assemblée et puis les autres. J’invite chacun à regarder les votes de ceux-là. On trouve les progressistes d’un côté et les défenseurs du grand capital de l’autre. Ce sont ceux-là aussi, ils l’ont montré par leurs votes.

    La guerre

    Léo Purguette : Qu’avez-vous pensé des propos du chef d’état-major sur la France qui devait consentir au sacrifice de ses enfants en Ukraine ?

    C’est juste terrible. C’est une calamité. Pardon d’évoquer des choses personnelles mais j’ai touché du doigt ce qu’était la guerre avec la disparition de mes deux grands-pères et de mon père. Je sais ce qui manque ensuite dans la vie. Je l’ai subi et je ne le souhaite à personne. Je n’ai pas envie que les enfants de France aillent mourir pour des guerres qui ne sont pas les nôtres. Voilà, tout simplement. Cessons d’agiter les peurs. C’est vrai aussi pour la dette, qu’on arrête avec ça. Martigues donnera entre 7 et 8 millions d’euros pour le budget de l’État mais pour faire quoi ? Sa dette abyssale, jamais il ne la remboursera. Quand on dit qu’il n’y a plus d’argent, je n’y crois pas une seconde. Seulement, il faut avoir la volonté d’aller trouver cet argent où il est. Y a-t-il besoin de revenir sur l’enrichissement des plus riches de ce pays en quelques années ?

    L’attractivité de Martigues

    Didier Gesualdi : Si je vous dis que Martigues a perdu de son lustre, de son rayonnement, vous répondez quoi ?

    Que c’est une manipulation qui appartient à ceux qui la portent.

    Didier Gesualdi : Pourquoi le pensent-ils ?

    Il faut le leur demander. Moi, je pense l’inverse : notre ville n’a jamais été aussi attractive qu’aujourd’hui. Mais ce n’est pas qu’une opinion, il y a des faits. Premièrement, elle a su préserver et même développer les emplois de l’industrie. Il y a en plus des projets de décarbonation, le pôle chimique et pétrochimique de Lavéra. Et je vois avec grand plaisir qu’une grande entreprise de ce site vient d’annoncer un investissement de 250 millions d’euros. C’est énorme, très important pour l’emploi ici. Deuxièmement, Provence Studios, avec une réussite d’une personne formidable : Olivier Marchetti, avec son équipe. Ils ont pu faire rejoindre leur amour du cinéma avec ce qu’est Martigues, une terre de cinéma depuis plus d’un siècle. Troisièmement, les services publics implantés ici, qu’ils soient nationaux ou communaux. C’est une richesse incroyable, un atout pour le territoire. Voilà pourquoi je suis acharné à défendre l’hôpital public, l’école publique, la Poste et aussi les services publics communaux.

    Léo Purguette : N’êtes-vous pas entravé sur les services publics par le débat budgétaire qui est dominé par les partisans de l’austérité ?

    Oui. Absolument. J’entends toujours dans leur bouche qu’il faut diminuer la dépense publique. Mais la dépense publique à diminuer c’est quoi ? L’armée ? La police ? La justice ? L’Éducation nationale ? La santé ? La petite enfance ? L’accès aux sports, à la culture, aux solidarités ? Il n’y a pas un euro de dépense inutile à Martigues. J’ai bien l’intention de continuer dans cette voie et de développer les services publics. Pour nous, c’est le cœur du pacte démocratique de notre pays.

    Didier Gesauldi : Comment voyez-vous Martigues dans les prochaines années ?

    Nous travaillons depuis plusieurs années au Martigues de 2050. On a des opportunités pour le faire par exemple avec le plan d’urbanisme intercommunal qui permet de planifier l’équilibre entre les zones agricoles, les espaces naturels protégés, la construction de logements… Nous exigeons des bailleurs qu’ils rénovent tous les logements sociaux…

    Didier Gesualdi : À l’issue d’une bataille municipale qui promet de faire rage, sera-t-il possible d’être le maire de tous les Martégaux ?

    Je veux être le maire de chacun et chacune. J’appelle à venir dans les ateliers que nous organisons pour construire le projet de mandat. Bien sûr, on a des bases et des pistes, c’est clair. Tout ce qui se fera dans cette ville par l’équipe que je mène, sera dans l’intérêt des Martégales et des Martégaux. Quelqu’un m’a dit récemment, « vous partagez avec moi la défense de l’intérêt général mais vous, vous avez épousé Martigues ». Oui, c’est un joli mot. Quand on est dans un couple, on a envie du meilleur. J’ai envie du meilleur pour la ville de Martigues et pour tous ses habitants, sans distinction. Les maîtres-mots, ce sont : fraternité, solidarité, égalité pour tous les citoyens de Martigues.

    Les collectivités

    Léo Purguette : Quel est votre sentiment sur l’instabilité politique ?

    Les pôles de stabilité, on les trouve dans les communes, les départements, les régions.

    Léo Purguette : Le président du Sénat a plaidé à Aix pour un nouvel acte de décentralisation. Est-ce que ça vous inquiète ?

    Nous, ce dont on a besoin, c’est des moyens de fonctionner. Nous les avions. Ils ont été supprimés par un président de la République -chacun retrouvera ses petits- qui, en 2009, a supprimé la taxe professionnelle qui ne gênait en rien les grandes entreprises mais qui était une source de financements pour les actions municipales et pour les services publics locaux.

    Léo Purguette : L’État joue-t-il son rôle sur le narcotrafic ?

    Le narcotrafic est un problème national et international. Il est présent dans les très grandes villes et leurs quartiers, dans les villes moyennes comme nous et leurs quartiers, dans les campagnes, partout, dans le moindre recoin du territoire national. Il faut une action conjuguée, une volonté politique au niveau de l’État.

    La question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Jean-Michel :

    Bonjour Monsieur le maire, on annonce 10 000 emplois supplémentaires avec les nouvelles usines. Où va-t-on les mettre ?

    Merci Jean-Michel pour cette question. D’abord où vont être installés les emplois et puis ensuite les hommes et les femmes qui vont les occuper. Les emplois iront sur le grand port maritime de Fos, mais peut-être aussi alentour, je pense à la zone de Lavéra aussi. J’ajoute que les emplois sont annoncés avec une ambition d’industrie décarbonée. Pourquoi sommes-nous intéressés par des nouveaux emplois ? D’abord parce que nous en voulons ici, chez nous, en France. Ensuite parce que nous avons besoin à l’Ouest de l’étang de Berre, d’emplois bien rémunérés, défendus par les salariés eux-mêmes et qui feront vivre beaucoup de monde. Aurons-nous 10 000 emplois ? Je n’en sais rien à ce stade. Il y a déjà des premières avancées, des entreprises qui ont annoncé leur implantation. C’est très bien. Où vont habiter les gens qui travailleront dans ces industries ? Une bonne partie viendra sans doute d’autres régions. Il faudra les loger. Ils vont s’installer un peu partout à Fos, à Saint-Martin-de-Crau, à Port-de-Bouc, à Istres, à Port-Saint-Louis et à Martigues aussi. Nous travaillons à créer les conditions d’un accueil. Pour maintenir le nombre de logements pour la population actuelle de Martigues, il faut construire à peu près 150 logements par an. Si on veut anticiper des nouveaux salariés de l’industrie mais aussi des services publics qui devront aller avec, car il y aura plus de classes dans les écoles, plus de besoins au centre hospitalier de Martigues, il faudra environ 100 logements de plus par an, donc au total 250 logements par an à construire, publics et privés. Les emplois les mieux rémunérés sont ceux de l’industrie, on a envie que les ouvriers qualifiés, les ingénieurs, les techniciens vivent à Martigues pour profiter de cette ville bien équipée dans laquelle on vit.

  • Aix-Luynes : le quartier des radicalisés n’a jamais fait le plein

    Aix-Luynes : le quartier des radicalisés n’a jamais fait le plein

    Reflet de la suroccupation carcérale, le contentieux de la détention est important au tribunal administratif de Marseille qui statue régulièrement sur les refus de permis de visite, de transfèrement, de permis de sortie ou de parloir, de contestation de fouilles à nu répétées, de placement en quartier disciplinaire ou pour l’anecdote de refus de location de téléviseur à un détenu.

    Le tribunal vient de trancher -trois ans après son dépôt- sur la requête portée par un détenu radicalisé qui conteste le renouvellement pour 6 mois de son placement au quartier de prise en charge de la radicalisation (QPR) du centre de détention d’Aix-Luynes. Ce QPR étanche de 19 places, conçu dans une aile séparée de la détention ordinaire, a été ouvert en 2019. Il accueille après leur évaluation, des détenus majeurs radicalisés pouvant se désengager de leur idéologie après une prise en charge adaptée. Les plus dangereux, les plus prosélytes partent en quartier d’isolement pour prévenir les passages à l’acte violent.

    L’homme dont on ne sait ni l’identité ni l’âge a vu sa requête rejetée. Il est incarcéré depuis 2021, d’abord en quartier d’évaluation de la radicalisation (QER) dans le Val-d’Oise puis a été affecté en 2023 au QPR d’Aix-Luynes. Le jugement rappelle qu’il a été condamné à 15 ans de réclusion pour meurtre précédé d’un autre crime et un an pour dégradation d’un bien. Il a en outre menacé depuis de mort et d’agression le personnel pénitentiaire de Bourg-en-Bresse et par écrit la directrice interrégionale des services pénitentiaires de Lyon.

    Le jugement souligne que lors de son évaluation, il a tenu « des propos inquiétants sur l’État islamique », légitimant le recours à la violence et les attentats perpétrés en France, évoquant sans complexe du djihad. « Son positionnement idéologique oscille entre le salafisme quiétiste et politique. » S’il donne « la sensation d’être une personne ingénue et crédule », le rapport d’évaluation retient sa « pratique religieuse intensifiée », sa volonté de convertir ses parents, sa barbe « plus longue et taillée ». Il fait preuve d’un repli sur soi et refuse les entretiens proposés.

    « Ce QPR n’a jamais été occupé entièrement. Il y a 10 détenus en ce moment pour 19 places et on tourne en moyenne autour de la douzaine. Par définition, on ne peut pas y transférer des détenus ordinaires alors que le taux d’occupation au CP de Luynes est de 172% », explique Olivier Caquineau, secrétaire départemental du Snepap-FSU. Le QPR dispose de deux cours de promenades avec vue limitée vers le ciel, deux petites salles de sport et une bibliothèque. Un « médiateur du fait religieux » y intervient ainsi que deux mi-temps de conseiller d’insertion et de probation alors qu’en détention ordinaire, c’est 1 CPIP pour 130 détenus. « Depuis la fin du mois de mai 2024, les détenus boycottent les activités et le suivi du Spip. Ils expriment leur mécontentement en raison de l’évolution des règles de sécurité qui, si elles sont plus individualisées, leur donnent un sentiment d’injustice. En outre, ils estiment que leurs efforts pour évoluer sont mal récompensés », notait en juin 2024 un rapport du Contrôleur général des lieux de privation de liberté.

    Cette situation de sous-occupation interroge l’administration pénitentiaire qui envisage de réduire la capacité du QPR alors qu’un Quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) de 30 places doit voir le jour au premier trimestre 2026.

  • Des personnels pénitentiaires inquiets ont prêté serment

    Des personnels pénitentiaires inquiets ont prêté serment

    Un rassemblement d’une cinquantaine de conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation, de personnels de direction, de personnels administratifs, de personnels de surveillance, personnels socio-éducatifs, psychologues venus prêter serment comme un décret le leur impose désormais, s’est tenu jeudi à 12h45 devant le tribunal judiciaire d’Aix-en-Provence, boulevard Carnot, pour dénoncer les « pressions et intimidations » dont ils sont l’objet en haut lieu.

    La CGT insertion probation et le Snepap-FSU, avec le soutien du Syndicat des avocats de France (section de Marseille) et du Syndicat de la magistrature (section régionale Aix-en-Provence) ont voulu ainsi dénoncer les « attaques et dénigrements » dont ces agents sont l’objet. Depuis le début de l’année, « Gérald Darmanin a multiplié les interventions et instructions dénigrant et fragilisant le travail des personnels chargés de l’application des peines, qu’il s’agisse des personnels de surveillance, des services d’insertion et de probation ou des juridictions de l’application des peines », dénoncent-ils dans un communiqué commun.

    « Des attaques

    sans précédent »

    « À Aix ou à Marseille, un conseiller de probation suit 130 personnes. Est-ce que le garde des Sceaux qui parle de sécurité à tout va devant les caméras de télévision va parler de ça alors que 200 détenus à Luynes dorment sur un matelas au sol ? », déclare Olivier Caquineau, secrétaire départemental du Snepap-FSU. « Des collègues sont KO quand ils entendent les déclarations de leur ministre de tutelle dénonçant des “activités ludiques et provocantes”. Ils ont le sentiment d’être insultés, eux qui travaillent depuis des semaines en amont. Des permis de sortir sont annulés au dernier moment que personne ne comprend. »

    Sentiment partagé par Élodie Bartolini de la CGT Insertion Probation selon laquelle « le moral des agents est très très bas car ils se sentent dans le viseur. Il faut sortir des réactions à chaud et retrouver un cadre de travail serein. Pour cela, il faut faire confiance aux professionnels. Notre métier, c’est d’accompagner les gens, de travailler sur le passage à l’acte, la gestion des émotions pour les réintégrer, pour qu’ils redeviennent des citoyens. On ne peut pas continuer à mettre au ban de la société des gens, les entasser en détention. Trois personnes dans une cellule de 9 m², c’est indigne. »

    Marie-Blanche Régnier, co-déléguée de la section régionale du Syndicat de la magistrature, les comprend. « On est là pour soutenir les agents face aux attaques sans précédent sur les permissions de sortir sous couvert dans la communication politique d’être des narcotrafiquants, alors qu’en fait les personnes en détention sous main de justice ne sont pas majoritairement de ce profil. » Ces attaques qui ont débuté en février se sont accentuées ces dernières semaines. Le garde des Sceaux critique les activités socio-éducatives culturelles en détention qui sont freinées voire ont disparu. « La hiérarchie pénitentiaire ajoute des critères pour contrecarrer des permissions de sortie accordées par les juges d’application des peines. Les détenus étrangers en situation irrégulière sont particulièrement visés même lorsqu’ils ne font même pas encore l’objet d’une obligation de quitter le territoire français », observe-t-elle.

  • Gaby Charroux (PCF) candidat pour « défendre le modèle martégal »

    Gaby Charroux (PCF) candidat pour « défendre le modèle martégal »

    « On a une forte envie et une forte énergie ! » Le « je suis candidat » prend une tournure plurielle pour Gaby Charroux, ce jeudi soir, à l’heure de présenter sa candidature pour les prochaines élections municipales de 2026, à Martigues.

    Entouré de sa majorité et de près de deux cents soutiens issus du monde politique, économique, associatif, culturel et sportif, l’actuel édile martégal, candidat à sa succession, l’affirme : « C’est une aventure collective que nous menons avec notre équipe, qui se constitue dans le plus large rassemblement citoyen et républicain, comme nous le faisons depuis 1989. » Et d’insister : « Notre ambition est toujours la même, faire de Martigues une ville qui protège ses concitoyens. »

    « Une liste citoyenne »

    Cette candidature se veut participative. Gaby Charroux appelle d’emblée : « Chacun d’entre vous, dans votre secteur, sportif, économique ou culturel, que vous soyez jeune, ou vieux, femmes ou hommes, nous avons besoin de vos propositions, y compris vous qui faites partie des près de 1 000 associations de Martigues. Notre liste sera citoyenne », affirme le candidat.

    « Nous sommes à une étape charnière pour le développement de notre territoire et nous cherchons à ce que notre ville donne à chacun un avenir dont il a envie », poursuit Gaby Charroux, parlant d’un « travail avec la majorité et les services municipaux pour les années à venir, une vision de Martigues 2050 ».

    Dans « un monde de plus en plus violent », « quand à l’extérieur du pays il y a la guerre et à l’extérieur le narcotrafic, ce fléau », Gaby Charroux considère que « les communes sont devenues les vrais pôles de stabilité dans le pays », face à « un État qui a oublié sa boussole ». Mais il demeure « positif et optimiste, car j’ai foi en la nature humaine ».

    De nombreux défis

    Le mandat remis en jeu en 2026 est celui « des défis » pour l’actuel maire. Ceux « du service public, notamment postal, pour lequel nous avons bataillé avec le comité de vigilance pour maintenir la Poste de Ferrières ». Mais aussi « le défi majeur de l’hôpital public qui se pose actuellement ». Comme celui de conjuguer « la réalisation du contournement autoroutier avec notre exigence de compensation territoriale sur le territoire martégal, en figeant 70 hectares d’espaces naturels intouchables », détaille Gaby Charroux. Sans oublier l’enjeu « de la décarbonation. Nous voulons conforter les emplois industriels de notre territoire, dans lesquels se trouvent les meilleurs salaires. »

    Ces défis convergent, selon l’édile, vers « la préservation du modèle martégal et la transition écologique », pour « continuer à faire de Martigues une ville pas comme les autres », où l’« on porte la solidarité, la fraternité, l’égalité, où tous les combats sont les nôtres, dont celui des femmes ».

    Les outils pour y parvenir ? « Les services publics, les associations, l’industrie et le cinéma, qui sont les pôles d’attractivité de notre ville que nous devons protéger comme des joyaux », conclut Gaby Charroux.

    TÉMOIGNAGES

    Olivier Marchetti, président de Provence Studios

    « Martigues est un territoire incroyable, le cinéma prospère. Plein de films y sont tournés, dans des espaces naturels, des décors variés, tout en étant proche d’une grande ville, sans les contraintes. Toutes les conditions sont réunies pour développer la filière cinéma. En 2023, on est monté à 1 600 personnes travaillant sur site. Il reste le défi de pouvoir se déplacer plus facilement, particulièrement quand on accueille un gros tournage avec de gros castings. »

    Clémence Calvin, athlète de course de fond

    « La ville prend soin de ses habitants sans laisser personne de côté. On est gâtés. La singularité tient à la politique sociale et ça me tient à cœur qu’elle dure, en premier lieu pour mes enfants. C’est pour eux que je suis là et que je soutiens Gaby Charroux. Mes enfants font les centres d’initiation sportive (CIS), font du VTT sans être empêchés par l’argent, ont des cours d’art plastique. Tout le monde n’a pas accès à ces activités, mais à Martigues, c’est le cas ! »

    Thomas Vaïsse, doctorant en sociologie

    « Il y a deux originalités à Martigues. La diversité du territoire d’abord, avec un centre-ville provençal traditionnel marqué par les canaux, aux côtés du rural et de l’industrie. Une richesse et une possibilité d’imaginer plein de choses. L’enjeu de la gratuité est aussi central, elle permet d’installer une base pour tout le monde. La société décide qu’il y a certains éléments communs et tout le monde doit participer à son existence et sa reproduction. »

    Florence Dantin, militante du droit au logement

    « Gaby Charroux et son équipe sont très sensibles et réactifs sur le sujet du logement. Quand les gens ont de graves problèmes, il faut aller les voir chez eux, ce qu’on a pu voir à Notre-Dame-des-Marins. Le collectif est bon, le volet social de Martigues est énorme, le maire a beaucoup donné pour les associations. Son discours est aussi très ouvert, on sent que tout le monde peut venir et participer. Il y croit, et ça s’entend ! »

  • Nation indivisible, un débat qui prend racine dans la Révolution

    Nation indivisible, un débat qui prend racine dans la Révolution

    En septembre dernier, peu après sa nomination à Matignon, Sébastien Lecornu promet un « grand acte de décentralisation ». Deux mois plus tard, en clôture du 107e Congrès des maires de France, le Premier ministre confirme qu’un projet de loi sera présenté en Conseil des ministres « avant Noël ». Ce texte pourrait reposer sur un rapport transmis par le Sénat – dominé par la droite – au gouvernement.

    Quelle forme pourrait-il prendre ? Le président (Ren.) de la Région Sud, Renaud Muselier, pousse pour un fédéralisme « à la française » (lire en page 2). « L’idée que les Régions puissent avoir un moyen de faire leurs propres lois contrevient à toute la tradition politique et juridique sur laquelle s’est fondée la République », alerte Côme Simien, maître de conférences en histoire moderne à l’Université Paris 1-Panthéon Sorbonne, « et aussi aux principes fondateurs de la République que sont l’unité et l’indivisibilité de la nation, encore une fois articulée au principe de l’égalité devant la loi », renchérit-il. C’est d’ailleurs ce qui est formulé dès l’article 1 de notre Constitution actuelle.

    « C’était l’idée de dire qu’il y a une nation qui est souveraine, qui se choisit des représentants formant la représentation nationale », poursuit l’historien. Ces élus, « font des lois qui doivent s’appliquer partout de la même façon, qu’on soit dans les Bouches-du-Rhône, en Ille-et-Vilaine, dans le Bas-Rhin ou le Haut-Rhin. Au nom d’un autre principe fondateur qui est aussi celui de l’égalité en droits. »

    Jacobins porteurs d’ambitions sociales

    Loin des idées reçues, les Girondins, qui ont été dépeints comme décentralisateurs voire fédéralistes, « sont très attachés à ce principe-là de dire qu’on n’interprète pas les lois quand on est une autorité locale. On n’a pas de pouvoir de faire des lois propres à un espace infranational », poursuit-il.

    Pour Côme Simien, l’opposition avec les Jacobins est plus nuancée. « Il y a certes l’idée des Jacobins centralisateurs, mais ces attaques sont souvent en arrière-plan une autre critique qui est là depuis deux siècles, moins visible : celle des ambitions sociales qu’ils portaient, notamment en 1793-1794 », insiste-t-il, avant d’ajouter : « C’est une certaine façon de critiquer le principe que l’État puisse être à l’origine de politiques sociales qui devraient permettre de tendre vers une plus grande égalité des citoyens ».

    C’est ce qu’il expose dans l’ouvrage qu’il a co écrit, Haro sur les Jacobins ! Essai sur un mythe politique français XVIIIe-Xe siècle. Plus que jamais d’actualité dans le débat actuel : « Cela revient depuis deux siècles, parce que la Révolution est le moment un peu matriciel de notre vie démocratique contemporaine auquel on n’arrête pas de revenir pour utiliser des façons de concevoir la République, la démocratie. »

     Haro sur les Jacobins ! » co- écrit avec l’historien Guillaume Roubaud-Quashie, aux éditions PUF.

  • La République décentralisée oui, centrifugée non

    La République décentralisée oui, centrifugée non

    Prenant au mot la déclaration de politique générale du Premier ministre, Gérard Larcher et Renaud Muselier ont décidé de pousser ensemble une nouvelle loi de décentralisation, depuis Aix où les maires étaient réunis à l’initiative de la Région.

    Le président du Sénat dit vouloir une loi « simple à horizon bref » alors que le gouvernement minoritaire et très affaibli par la crise politique cherche à réaliser des économies substantielles.

    Un élément de contexte qui a de quoi inquiéter les élus des collectivités locales déjà mis à contribution depuis plusieurs années pour compenser le déficit de l’État.

    Liens de proximité

    La Marseillaise qui avait lancé l’appel « Sauvons la République de proximité » en novembre 2024, tandis que se profilait un budget Barnier synonyme de potion amère pour les collectivités, peut en témoigner : toutes tendances confondues, les élus ne réclament pas plus de missions mais plus de moyens.

    Une décentralisation réussie passe par une réforme de la fiscalité renouant notamment le lien entre activités économiques et collectivités rompu par la suppression de la taxe professionnelle par Nicolas Sarkozy.

    Oui, elles l’ont démontré, les collectivités savent faire plus et mieux que l’État dans toute une série de domaines grâce à leur relation de proximité avec les citoyens.

    Les Français n’en demeurent pas moins attachés à l’égalité républicaine et au rôle de l’État.

    La République décentralisée oui, centrifugée non.

  • [Rue de la République] Posez vos questions à notre invité Gaby Charroux

    [Rue de la République] Posez vos questions à notre invité Gaby Charroux

    [#RueDeLaRépublique] Posez vos questions à notre invité Gaby Charroux. Martigues, municipales, actualité sociale, enjeux industriels, proximité, services publics…

    À vous la parole ⬇️

  • Mobilisation pour l’égalité sur les primes au Grand Avignon

    Mobilisation pour l’égalité sur les primes au Grand Avignon

    « Certains sont dans le même service, font le même travail et ne touchent pas la même prime. Ce n’est pas normal », confie Jean-Philippe Quiot, agent autonome au Grand Avignon et représentant du syndicat PFA. Quelques heures plus tôt, lui et une vingtaine d’autres agents de l’intercommunalité avaient interpellé les élus sur cette « rupture du principe d’égalité », rappelant que sur 650 agents, 350 ne bénéficient pas de la prime annuelle de 900 euros.

    Dans un tract distribué le matin même, ils renvoient le président de la communauté de communes, Joël Guin, à sa déclaration lors de son élection en 2021 où il promettait de « gommer les inégalités de prime entre agents ». « Or, aujourd’hui, ce n’est toujours pas le cas. Dans le contexte actuel, c’est dommage », regrette le représentant syndical.

    Pas cette année

    Déjà mobilisés en juillet dernier, leur demande de mise à égalité n’avait pas été acceptée par le Grand Avignon. Contactée par La Marseillaise à l’époque, l’intercommunalité assurait que, « soucieuse des conditions de travail et de vie de ses agents », elle privilégiait « des dispositifs améliorant le pouvoir d’achat de tout son personnel en augmentant, par exemple, la valeur faciale des tickets-restaurants et la prise en charge de la part employeur ».

    « C’est un choix politique et on sait qu’on ne l’aura pas cette année, mais il faut rester mobilisés », constate Jean-Philippe Quiot, qui demande à ce que soient mises en place des mesures compensatoires. « On nous dit que ce n’est pas possible, mais cela a déjà été fait pour 132 agents. Et c’est possible financièrement », ajoute-t-il, en chiffrant la mesure à environ 330 000 euros.

  • Les violences sexistes et sexuelles dans le sport passées au crible

    Les violences sexistes et sexuelles dans le sport passées au crible

    La faculté d’économie et de gestion d’Aix accueillait, mercredi, une journée régionale de formation dédiée à la prévention des violences sexistes et sexuelles (VSS) dans le sport. Une initiative proposée par la Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains (Miprof). Le Centre de ressources, d’expertise et de performance sportive (Creps), situé à côté de la fac et relais institutionnel sur le sujet, et la Délégation régionale académique à la jeunesse, à l’engagement et aux sports (Drajes) ont également piloté cette journée.

    Des ateliers se sont tenus l’après-midi alors que la matinée était consacrée à des interventions de professionnels. Parmi eux, Roxana Maracineanu, ancienne championne de natation et ministre des Sports entre 2018 et 2022. Secrétaire générale de la Miprof, elle mène la lutte pour former les personnes qui entoureront les victimes de violences sexistes et sexuelles : « On crée des outils de formation et nous pilotons ça avec l’Observatoire national des violences faites aux femmes pour délivrer une réalité que personne ne peut contester, qui est celle des données et des chiffres. »

    La championne du monde du 200m nage libre 1998 a évoqué ses combats lorsqu’elle était au gouvernement et la difficulté de libérer la parole : « Ce n’est pas un travail facile que de parler des violences, parce que personne n’a envie de les aborder. On va rencontrer des victimes, les entendre. Et dire aussi aux personnes qui étaient autour de ces victimes et qui ont dit ne pas avoir su “qu’est-ce que vous faites encore là, Monsieur ? Vous n’avez pas agi, votre rôle, ce n’est pas que de rapporter des médailles”. »

    Les rôles détaillés

    Cette matinée de sensibilisation a offert aux 250 personnes installées dans le nouvel amphithéâtre de la faculté, un point global sur les VSS, avec chaque spécialiste, dans chaque domaine. La Miprof a d’abord expliqué les formes de violence et leurs impacts avec, en point d’orgue, une définition générale des VSS : actes et comportements à caractère sexuel exercés sous la contrainte, en raison du genre, dans le but de dominer.

    Deux gendarmes et une magistrate spécialistes de la jeunesse ont détaillé leur champ d’action, avant que l’une des juristes du Comité national et olympique du sport français (CNOSF), Anne-Sophie Weisz, s’étende sur les sanctions pour les agresseurs. Cette journée, riche en échanges, a permis de sensibiliser et d’informer sur un sujet majeur.