Tag: Politique

  • Du covoiturage plutôt que le projet de liaison Fos-Salon

    Du covoiturage plutôt que le projet de liaison Fos-Salon

    « Notre idée c’est d’abord de privilégier le covoiturage en le rendant le plus pratique possible », estime Pascal Bazile, coprésident Istréen de l’association des Vélos des étangs. Alors que la réalisation de la liaison Fos-Salon se profile pour 2032, l’association propose un contre-projet à cette route à 566 millions d’euros devant accueillir 40 000 véhicules par jour selon l’État, dont 10 000 camions.

    C’est pourquoi Pascal Bazile défend l’idée « de réduire les voitures sur cet axe » pour éviter les travaux. « Nous trouvons que ce projet ne se justifie pas », assume-t-il, « aux Pays-Bas, chaque gros carrefour dispose d’une aire de covoiturage, de ranges-vélos et d’arrêt de bus, on est vraiment en retard », estime le militant écologiste.

    Une application

    pour covoiturer

    Défenseur du vélo, mais pas ayatollah. « Évidemment que les gens qui viennent bosser à Fos depuis Salon vont pas le faire à vélo », reconnaît Pascal Bazile, « mais quelqu’un de Miramas doit pouvoir accéder à une aire de covoiturage en vélo ou en bus et se faire récupérer par son collègue de Salon », illustre-t-il. Pour compléter, l’association a créé une carte reprenant la liaison Fos-Salon pour y montrer les emplacements stratégiques pour ces futurs carrefours intermodaux. « Il faut cesser d’être seul en voiture » reprend le cycliste, « réaliser les aires et adapter le transport est une chose, mais créer une application comme cela se fait à Chambéry ou bien d’autres endroits, est nécessaire », estime Pascal Bazile.

    Reste à porter cette politique. La Métropole propose déjà un dispositif de covoiturage avec application en lien avec les entreprises. Le plan de déplacement urbain prévoit notamment la réduction de 68 à 60% des déplacements en voiture particulière sur cet axe.

  • À Orange, un projet hôtelier de luxe fait bondir les riverains

    À Orange, un projet hôtelier de luxe fait bondir les riverains

    Un complexe hôtelier haut de gamme d’une centaine de chambres, avec résidences de tourisme dédiées au vélo et spa, la « Baie des Princes », espère voir le jour d’ici 2030, là où se trouvait l’ancienne carrière Saint-Eutrope, à Orange. Mais non sans opposition.

    Sur un emplacement de 17 hectares, en friche depuis les années 60, la société Immobilis, qui pilote l’ouvrage, avance pas à pas. Le terrain est entré dans le Plan local d’urbanisme (PLU) en 2023 après deux années de concertation. Les porteurs mettent en avant la dimension écologique avec, en parallèle, la réhabilitation de l’ancienne carrière. Et l’attrait touristique qu’il pourrait y avoir avec une vue sur le Ventoux, l’accueil de cyclotouristes ou encore les vignobles à proximité. Pour un coût total estimé entre 120 et 160 millions d’euros. Et 200 à 250 emplois créés pour le fonctionnement du site.

    Et ce jeudi 30 juillet s’est achevé l’avis de consultation du public « ayant pour objet une demande d’autorisation environnementale relative aux travaux d’aménagement urbain ». Une consultation qui portait notamment sur la loi sur l’eau et le « rejet d’eaux pluviales dans les eaux douces superficielles ou sur le sol ou dans le sous-sol ». Lors de la dernière réunion publique, le jeudi 23 juillet, le commissaire rapporteur a fait état de 563 avis favorables, 532  défavorables, 68 sans avis et 71 hors sujet. Le préfet devra ensuite valider après consultation suite à une demande d’autorisation environnementale, puis au maire d’accepter le projet suite au dépôt d’une demande de permis d’aménager auprès de la commune en 2025.

    Vive opposition

    Après la publication du compte rendu de cette consultation, la suite est dans les mains du préfet de Vaucluse, puis du maire d’Orange pour valider le lancement de potentiels travaux. Alors que la mairie de Jean-Dominique Artaud (RN) affirme qu’elle « se doit de respecter une position de neutralité concernant le projet immobilier de la Baie des Princes », associations et groupes d’opposition clament leur désaccord depuis plusieurs années. Christian Gastou, élu d’opposition (DVC) du Printemps pour Orange, pointe que ce projet « met en danger la biodiversité du site ». L’Association de défense de l’environnement orangeois (Adeo) abonde dans ce sens, en s’appuyant notamment sur l’avis laissé par le Conservatoire d’espaces naturels de Provence-Alpes-Côte d’Azur (CEN). « C’est un environnement sableux très particulier, très rare en Vaucluse et encore plus dans la région. Avec des espèces particulières, protégées. Et donc, au moindre dérangement, même minime, cela met en danger leur survie. Même si le projet prévoit d’en tenir compte, je ne vois pas comment il est possible d’éviter d’abîmer le milieu définitivement », explique Thierry Joumard, président de l’Adeo. Avec des espèces telles que le criquet des dunes, « le seul endroit où il a été observé en dehors du littoral », explique le responsable associatif, ou encore le scorpion languedocien.

    Une pétition contre le projet a également récolté plus de 2 000 signatures. Le risque d’inondation, d’incendie et d’effondrement est également pointé. « Il y a eu un feu sur la colline la semaine dernière. Mais le site se trouve aussi à flanc de falaise et le seul conduit qui doit évacuer l’eau, car c’est un bassin fermé, est en mauvais état », résume Christian Gastou.

  • Fabienne Decottignies nommée préfète du Gard

    Fabienne Decottignies nommée préfète du Gard

    Avec Anne Levasseur au Vigan, Lucie Roesch désormais à Alès et dans quinze jours Fabienne Decottignies à Nîmes, c’est un trio de femmes qui va désormais représenter l’État dans le département gardois. Arrivé à l’été 2023, Jérôme Bonet laisse la trace d’un préfet sérieux, efficace et à l’écoute mais qui aura aussi démontré toute l’impuissance de l’État sur les sujets de désindustrialisation, à l’image de la fermeture de la verrerie à Vergèze.

    Comme Jérôme Bonet, Fabienne Decottignies possède un profil atypique puisqu’elle n’a pas enchaîné les postes de sous-préfète avant d’arriver dans le Gard. Si son prédécesseur a principalement travaillé dans les plus hautes instances policières, Fabienne Decottignies a longtemps occupé des responsabilités au sein de l’administration centrale, notamment dans le domaine de la santé.

    Née en 1971 à Tourcoing, elle suit un parcours universitaire brillant (hypokhâgne, khâgne, maîtrise d’histoire moderne, Institut d’études politiques et Institut régional d’administration) avant de multiplier les postes dans l’administration. En 2007, elle devient cheffe du bureau du budget, de la performance et du contrôle interne à la Direction générale de la santé. Elle rejoint ensuite la préfecture de police de Paris en 2012 et entre dans le corps préfectoral en 2015 en devenant sous-préfète dans l’Oise. Après un retour à Paris, elle est ensuite sous-préfète de Lille (2022-2024) puis devient préfète de la Nièvre. Elle est également officier de l’Ordre national du Mérite et a reçu la Légion d’honneur. T.A.

  • Le PCF sétois célèbre les 90 ans du Front populaire

    Le PCF sétois célèbre les 90 ans du Front populaire

    « Un anniversaire qui résonne avec les combats sociaux et démocratiques d’hier comme d’aujourd’hui », soulignent les organisateurs de cette fête annuelle de la section sétoise du PCF.

    Le débat politique ouvrira la soirée autour de l’héritage du Front populaire et de son actualité. Parmi les invités figurent Vincent Bouget, maire PCF de Nîmes, et Raphaëlle Primet, coprésidente du groupe communiste au Conseil de Paris, qui témoignera notamment de sa participation à la Flottille pour Gaza.

    Pour Vincent Bouget, cet anniversaire intervient dans un contexte qui appelle à regarder l’Histoire sans céder aux raccourcis. « Il faut faire attention avec les comparaisons entre les moments de l’Histoire, parce que forcément tout change. On n’est jamais sur les mêmes choses. Pour autant, effectivement, on peut se dire que les années 30, par un certain nombre d’aspects, notamment les crises qui peuvent exister, les impérialismes à l’échelle de la planète et la montée de courants d’extrême droite qui prônent la recherche d’une identité renfermée sur elle-même, les divisions, une forme d’autoritarisme, qui tournent le dos à l’esprit des Lumières, tout ça fait écho à la situation qu’on a actuellement. Et sans doute que l’anniversaire du Front populaire, les 90 ans, vient rappeler le danger, mais aussi les opportunités, et ce que le Front populaire a marqué dans la mémoire collective. »

    Au-delà de son contexte historique, Vincent Bouget souligne l’héritage social laissé par le gouvernement de 1936, des avancées qui, près d’un siècle plus tard, demeurent des références dans les combats sociaux. « Le fait même de poser la reconnaissance des droits syndicaux, la réduction du temps de travail, je pense aussi à la possibilité pour tous d’avoir un temps hors du travail pour vivre, ça, ce sont évidemment des acquis fondamentaux qui marquent une rupture avec ce qui se faisait avant. » Des conquêtes qui, selon lui, continuent de structurer notre modèle social.

    Une fête fidèle

    à l’esprit populaire

    La soirée entend aussi renouer avec l’esprit des fêtes populaires qui jalonnent l’histoire du mouvement communiste. « Je pense que c’est peut-être l’esprit du Parti communiste, où il y a à la fois des repas partagés, du débat politique et de la culture. Oui, c’est généralement ce qu’on aime bien mélanger. C’est le modèle de la Fête de l’Humanité d’ailleurs, évidemment toutes proportions gardées. »

    Une dimension historique qui, selon Vincent Bouget, dépasse les seules mesures sociales adoptées en 1936. « C’est aussi la considération qui a été donnée à tous, et notamment aux ouvriers, à ceux qui ne l’avaient pas et qui étaient considérés comme des gens avec moins de droits, moins de considération », estime-t-il. Une mémoire qui reste, selon lui, particulièrement actuelle alors que les débats sur le travail, les droits sociaux et la place de chacun dans la société demeurent au cœur des préoccupations.

    À Sète, cette célébration prendra donc la forme d’un rendez-vous à la fois politique et festif, dans la continuité d’une tradition qui dure depuis 57 ans. Des rassemblements qui permettent de faire vivre une certaine conception de la politique, où la réflexion collective côtoie la convivialité et la culture. Une manière également de rappeler, à travers l’histoire du Front populaire, que les conquêtes sociales sont le fruit de mobilisations collectives.

    Après le débat, les participants pourront partager un apéro-tapas, une sardinade et une brasucade avant de se retrouver autour d’un bal populaire. La section sétoise du PCF invite les habitants à venir partager « une soirée festive, populaire et engagée, fidèle à l’esprit de fraternité qui anime cette fête depuis cinquante-sept ans ».

  • L’usine Fibre Excellence de Tarascon bloquée par les syndicats

    L’usine Fibre Excellence de Tarascon bloquée par les syndicats

    Le tas d’imposants rondins de bois, les plots en béton et les pierres disposés devant la sortie du site, ainsi que la tractopelle placée derrière les barrières de l’usine Fibre Excellence de Tarascon, ne laissent guère de doute : au lendemain de la liquidation judiciaire du site, qui laisse sur le carreau 270 salariés, tout ce qui s’y trouve y reste. Pour le moment.

    « On part du principe que cette usine, elle a encore des possibilités », résume Jean-Michel Bulinge, délégué syndical CGT Fibre Excellence Tarascon, qui regrette également d’avoir appris la décision du tribunal de commerce de Toulouse par l’intermédiaire d’un journaliste, mercredi. « On bloque l’accès à l’usine. Il ne faut surtout pas commencer à la démanteler et qu’on voit partir le matériel de valeur qui s’y trouve. C’est hors de question », abonde quelques mètres plus loin Frédéric Sanchez, secrétaire général CFDT du site. Un comité social et économique (CSE) est prévu, ce vendredi dans la matinée, à Tarascon. Des mandataires devraient alors annoncer leur venue sur le site dans les prochains jours. « Mais pour l’instant, il n’y a rien qui rentre, rien qui sort », rappelle le représentant de la CGT.

    Une banderole avec l’inscription « Le voyou de l’Élysée et ses sbires ont encore frappé » orne l’entrée de l’usine. L’occasion pour les syndicats de charger « les grands discours pour pas grand-chose ». « C’est la politique de notre gouvernement : il parle de réindustrialisation mais, depuis des mois, on ne fait que compter les entreprises qui perdent. Je n’ai pas vu d’annonce de presse avec de grandes créations », poursuit Jean-Michel Bulinge.

    « Le maximum pour

    les salariés »

    Malgré la liquidation, les représentants syndicaux restent actifs. Et pas qu’un peu. Présents depuis le jeudi 23 juillet sur place, ils se mobilisent dans un premier temps pour « aller chercher le maximum pour les salariés ». « Qu’ils partent dans la dignité », glisse Jean-Michel Bulinge. Cela passe par le maintien de la mutuelle ou encore l’obtention de primes de reclassement. « Tant qu’on n’aura pas obtenu quelque chose, quoi que ce soit, on ne lâchera pas. Pour nous, c’est primordial. Les gens méritent quelque chose. Et pas uniquement les miettes que peuvent nous donner les indemnités conventionnelles ou légales. Mais ça va être dur », prévient Frédéric Sanchez.

    L’organisation est au rendez-vous. Des dizaines de bonbonnes d’eau sont stockées sur une installation dédiée tandis que, à proximité, une cafetière et un micro-onde permettent aux salariés de tenir dans la durée. Sans oublier les grillades du midi. Mais cela ne peut pas durer éternellement. « On se débrouille entre syndicats ou avec le personnel. Mais au bout d’un moment, ça va tirer la langue », confie le secrétaire CFDT, qui appelle à la solidarité de la population tarasconnaise. Implantée dans les années 1950, l’usine fait partie du quotidien des habitants, dont plus d’une centaine y travaillent.

    Des discussions sont en cours pour tenter de maintenir une activité sur le site. La CGT assure travailler sur un « projet alternatif » qu’elle présentera à la Région Sud et aux préfectures concernées en début de semaine prochaine. L’objectif est « d’essayer de trouver une solution de redémarrage du site dans les conditions actuelles ou avec un fonctionnement peut-être différent », afin « de sauvegarder les emplois sur le bassin ». Une « bataille jusqu’au bout » menée aussi en intersyndicale, avec FO. Mais les représentants n’étaient pas sur site ce jeudi en fin de matinée.

    Le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, indiquait dans un communiqué publié le mercredi vouloir « préparer l’avenir du site, engager sa reconversion et favoriser l’émergence de nouvelles activités ».

    Par ailleurs, la menace d’une liquidation judiciaire sur l’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) subsiste, mais un nouveau délai a été consenti, jeudi, par le tribunal de commerce de Toulouse, un industriel étant en train de formaliser un plan de reprise. Les offres seront examinées le 8 septembre et la décision communiquée dans les jours suivants.

  • La gauche arlésienne mobilisée pour l’avenir de Fibre Excellence

    La gauche arlésienne mobilisée pour l’avenir de Fibre Excellence

    La décision du tribunal de commerce de Toulouse, attendue ce mercredi quant à l’avenir de Fibre Excellence, laisse place aux prises de position de la classe politique locale. Les réactions se sont multipliées depuis l’annonce, lundi à la mi-journée, du sursis de 48 heures accordé par le tribunal pour le site de Saint-Gaudens (Haute-Garonne), en raison de l’émergence d’un potentiel repreneur. Quant à l’usine de pâte à papier de Tarascon, le tribunal a requis la liquidation judiciaire.

    « Une catastrophe sociale pour le territoire »

    Les élus de l’Union pour Arles, au conseil municipal et communautaire Arles-Crau-Camargue-Montagnette (ACCM), dont Tarascon fait partie, ont rapidement réagi en parlant d’une « catastrophe sociale et industrielle pour notre territoire ». « L’État ne peut pas se contenter d’accompagner les conséquences. Il doit agir pour prévenir les fermetures, soutenir les projets industriels crédibles et protéger les filières stratégiques », considère le groupe d’opposition. Ce dernier affirme « rester pleinement mobilisé aux côtés des salariés et de leurs syndicats pour défendre chaque emploi et préserver une activité industrielle sur ce site ».

    Le maire d’Arles et président de l’Agglomération, Patrick de Carolis (Horizons), parle également d’une « perspective d’une gravité exceptionnelle » quand « un site industriel majeur, des centaines d’emplois directs et indirects et une part essentielle de l’avenir économique de Tarascon et du territoire arlésien » pourraient disparaître.

    Le vice-président du Département des Bouches-du-Rhône et ancien maire (DVD) de Tarascon, Lucien Limousin, s’est quant à lui tourné vers la préfecture de région. Dans un message adressé au préfet, l’élu rappelle qu’au-delà des 270 emplois directs concernés, la fermeture représenterait une « perte pour l’intercommunalité d’une recette annuelle de près de 800 000 euros et, selon le directeur de l’usine, de 100 millions d’euros pour les finances publiques ». D’autre part, l’ancien édile pointe le fait que « l’usine consomme plus d’un million de tonnes de bois par an provenant essentiellement de la forêt française » et s’interroge sur le devenir de cette ressource à l’heure où les grands incendies se multiplient.

    De son côté, la section du PCF de Beaucaire, sur l’autre rive du Rhône, dénonce « l’hypocrisie d’un gouvernement qui prône la réindustrialisation du pays, alors qu’il mène une politique opposée à cet objectif ». Elle estime que « le démantèlement de l’usine, la dépollution et l’indemnisation des salariés auront un coût supérieur à celui du sauvetage de ce fleuron de notre indépendance économique ». Au niveau national, le PCF appelle à « une prise de participation publique du site de Tarascon pouvant aller jusqu’à la maîtrise, afin de préserver les emplois, les compétences et les machines et construire une solution industrielle. Il faut sécuriser durablement l’avenir de la filière, notamment par un prix de l’énergie compatible » avec son activité, une décision qui relève de l’État.

    Le RN chasse la CGT et FO de la maison des syndicats

    S’il est possible de trouver des mots de soutien dans son communiqué à l’égard des salariés, le maire (RN) de Tarascon, Alexandre Ducouret, a parallèlement décidé de chasser les syndicats CGT et FO de la maison des syndicats qu’ils occupent depuis 2014. Selon La Provence du 23 juillet, une procédure a été engagée par l’élu d’extrême droite afin de récupérer ce bâtiment. Selon le maire, il s’agit d’une décision budgétaire, visant à « récupérer les bâtiments donnés gratuitement à la CGT », qui « fait de la politique », explique-t-il à La Provence. Peut être n’a-t-il pas apprécié le cordon sanitaire dressé autour de lui lors de la conférence de presse tenue par les salariés, le 18 juin, à laquelle il avait tenté de s’inviter.

    Mais « défendre les emplois, c’est aussi défendre ceux qui les défendent », tance l’opposant arlésien Nicolas Koukas. « Les syndicats sont indispensables, ils sont en première ligne pour défendre l’avenir de Fibre Excellence et des emplois », estime l’élu d’opposition, considérant « préoccupantes » les situations de la Bourse du travail d’Arles et de la maison des syndicats de Tarascon, où les syndicats sont mobilisés pour conserver leurs locaux. « La cohérence, c’est défendre les travailleurs et les outils qui leur permettent de se mobiliser », conclut-il.

  • Les salariés de Fibre excellence interpellent l’État

    Les salariés de Fibre excellence interpellent l’État

    Pour les salariés de l’usine Fibre Excellence de Tarascon, ce lundi marque une entrée en résistance. Le tribunal de commerce de Toulouse a requis, lundi matin, la liquidation judiciaire de l’usine de pâte à papier occupée (lire ci-contre), depuis jeudi. Près de 270 emplois directs et plus d’une centaine d’intérimaires et de sous-traitants sont directement concernés par cette liquidation. Pour l’ensemble de la filière bois-papier, l’activité représente entre 8 000 et 10 000 emplois induits, du bûcheronnage au bobinage.

    Autant d’enjeux que les salariés du site de Tarascon sont allés porter à la sous-préfecture d’Arles, lundi matin, alors même que le sort de leur usine se décidait à 300 km de là. Après moins d’une heure de rendez-vous, c’est le point mort. « Nous n’avons pas eu de réponse. L’État attend une décision du tribunal, mais comme vous le savez, le tribunal attend une décision de l’État », ironise Florian Berthon, délégué FO de l’usine. L’accueil lui-même est dénoncé par René Sale, de l’Union départementale FO. « Ni la sous-préfète, ni sa secrétaire n’étaient là. Quand il y a le feu à Tarascon, on peut déplacer son agenda », tance-t-il à l’égard des représentants de l’État, auxquels il demande de « nationaliser de manière provisoire » Fibre Excellence, comme « issue immédiate à ce scandale d’État ».

    Jonathan Bastid, du syndicat Filpac-CGT de Tarascon, est revenu sur la possibilité de « prendre un arrêté pour rehausser le prix du mégawattheure d’électricité » produit par l’usine pour ses propres besoins et dont elle réinjecte l’excédent dans le réseau. Une mesure « comme pour la centrale de Gardanne » complète-t-il. « Si c’était fait, cela permettrait à notre usine de repartir. Il suffit de ça ! », martèle le syndicaliste. « Plus de 300 personnes vont se retrouver au Pôle emploi d’Arles sinon. Il faut que l’État prenne ses responsabilités. On était une entreprise indispensable pour sauver la France durant le Covid, mais aujourd’hui, on est abandonnés. »

    Sauver l’usine

    pour sauver des vies

    Sauver Fibre Excellence, c’est littéralement sauver des vies, à écouter les salariés rassemblés. « Des vies se sont construites autour de l’usine, quand on croise nos collègues, on a toujours un petit mot. Moi, j’ai mon surnom. On est des collègues, des amis », illustre Thierry Boldrinei, opérateur sur le parc à bois. « Mon père travaillait dans cette usine. Pour d’autres, c’est même la 4e génération qui y travaille. On connaît tous quelqu’un qui a connu nos pères et nos grands-pères », poursuit-il, les yeux humides.

    Une culture ouvrière marquée par l’attachement à l’outil de travail. « On est habitués à notre usine et à nos salaires, on a galéré pour y rentrer », rappelle Khaled El Hajjouji, « 25 ans de boîte » et opérateur process sur la ligne de fibres. « Des usines qui payent comme ça, il n’y en a plus dans le coin », considère-t-il. Son illustration du drame social qui pèse sur les salariés est singulière : « Quand j’emmène mon fils de 3 ans à la crèche, je suis obligé de passer à côté de l’usine. À chaque fois, il me dit : “ça fume !”. Mais depuis six mois, il me demande pourquoi ça ne fume plus ». Pire, « mes autres enfants me demandent si on va vendre la maison, peuchère. Je leur dis qu’on va redémarrer, je reste fort ».

    « Dès qu’on a su qu’on était en redressement, c’était l’angoisse. On avait toujours des solutions, mais là, c’est le coup de semonce », renchérit son collègue, Thierry Boldrinei. « On est que des salariés. Mais si on part en liquidation, on bloquera tout. On embarquera pas nos outils de production comme ça ! », assure Khaled El Hajjouji.

    L’impact d’une liquidation sur la filière et le territoire peut se mesurer à ce qui a déjà pu être observé par le passé. « C’est mon 2e licenciement en deux ans, après Smurfit Kappa au Pontet », peste Hubert Costa, manifestement en colère. L’ancien salarié de l’entreprise spécialisée dans l’emballage en carton et papier, aujourd’hui affecté au mélange de la pâte à papier, ne s’imagine pas « repartir à zéro avec trois enfants », après « des années d’intérim pour un CDI qui dure deux ans chez Smurfit, et deux ans à Fibre Excellence pour obtenir un nouveau CDI que j’ai signé qu’en janvier ». Une « double peine » qui se profile pour le travailleur. « Le chômage et plus de mutuelle. Comment je vais faire pour mes enfants si je perds l’emploi et le droit à la santé ? », s’inquiète-t-il.

    Cette colère promet d’être le moteur de la lutte sociale à venir. « Pour l’instant, les choses se sont passées calmement », observait René Sale (FO) à la sortie du rendez-vous en sous-préfecture. « Mais la violence de la décision politique du gouvernement de ne pas sauver la filière et les emplois met en danger les populations de Tarascon, Beaucaire et Arles », considère-t-il. La Filpac-CGT du site inscrit son occupation « dans la durée » depuis la « mise en sécurité » des installations, jeudi dernier.

  • LFI à la conquête des Alpes avec sa caravane et ses candidats

    LFI à la conquête des Alpes avec sa caravane et ses candidats

    Ce n’est pas par hasard que le quartier de Beaulieu, à Sisteron, a été choisi comme étape par LFI pour la tournée de sa « caravane populaire » : c’est un quartier populaire, et surtout, un quartier qui vote très peu. Le taux d’abstention y est particulièrement élevé. Et LFI a choisi de mettre l’accent sur la mobilisation des abstentionnistes, ou des personnes non inscrites sur les listes électorales.

    C’était le cas de très nombreux habitants croisés en porte à porte par les militants lundi soir, pour certains difficiles à convaincre. « Avoir une députée d’extrême droite ? Cela ne me dérange pas, c’est pas grave, chacun vote comme il veut », répond un habitant à Léo Walter, ancien député LFI du département. D’autres, plus réceptifs, apprennent avec les militants à s’inscrire sur les listes électorales. « 20% des gens sont mal inscrits ou pas inscrits », déplore Juliette Lanos, militante LFI à Clermont-Ferrand, qui s’est lancée dans la tournée de la caravane du Sud de la France. Trois autres caravanes populaires parcourent le Nord, l’Est et l’Ouest. L’idée est également de « montrer que les insoumis ne partent pas en vacances » et restent actifs même en dehors des périodes électorales, avance Édouard Richard, militant lillois. « Quand on discute, qu’on parle de fond, du programme, très vite, la diabolisation du personnage de Mélenchon passe au second plan », affirme Juliette Lanos.

    LFI a également profité de cette journée pour annoncer ses candidats pour les sénatoriales : Marianne Mougey, maraîchère et conseillère municipale de Thoard et Maxime Mazi, responsable d’une biscuiterie-chocolaterie à Volx.

  • Une délégation du PCF s’est rendue en Palestine

    Une délégation du PCF s’est rendue en Palestine

    Pour Sylvain André, le voyage en Palestine n’était pas une première. Le maire communiste avait déjà participé à un périple organisé par l’Association France-Palestine solidarité en 2014 où il avait déjà pu mesurer la colonisation de la Cisjordanie par Israël. « À l’époque, j’avais visité plus de villages et la situation était déjà dramatique. Mais la situation s’est profondément aggravée. Il y a eu plus de créations de colonies en trois ans que depuis 1967. Ce chiffre a été confirmé par le vice-consul de France », explique l’élu gardois qui représentait la Coopérative des élus communistes, républicains et citoyens.

    Pendant cinq jours, Sylvain André a en effet accompagné une délégation du PCF composée notamment de Vincent Boulet, responsable du secteur international du PCF et de la sénatrice Silvana Silvani. Ils ont ainsi visité Ramallah, Jérusalem et Naplouse où ils ont rencontré des dirigeants de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), le comité pour la libération de Marwan Barghouti (incarcéré depuis 2004 qui a de nouveau subi des violences ces derniers jours), le président du syndicat des journalistes palestiniens, d’anciens compagnons de route de Yasser Arafat, le secrétaire général du Parti du peuple palestinien (PPP), un responsable du Fatah, un député du PC israélien et même le consul et vice-consul de France avec qui ils ont fêté le 14 juillet. Une gerbe du PCF a également été déposée au mausolée de Yasser Arafat.

    « Le génocide continue »

    Tous ont confirmé l’accélération de la colonisation en Cisjordanie. « En plus, ce sont des colons particulièrement agressifs et violents. Il y a des bagarres avec les Palestiniens, ça peut aller jusqu’au drame, c’est arrivé plusieurs fois. Et ils sont toujours protégés par l’armée israélienne qui harcèle régulièrement les Palestiniens. Il y a plus de 800 checkpoints en Cisjordanie, qu’Israël ferme pour un oui ou pour un non », précise Sylvain André qui a également évoqué à plusieurs reprises la situation toujours dramatique à Gaza : « Les journalistes internationaux ne sont toujours pas autorisés à rentrer à Gaza et pendant ce temps, Israël en profite pour nettoyer toutes les preuves de crimes contre l’humanité. Le génocide continue. On n’en parle plus mais il y a encore beaucoup de morts. La situation sanitaire est catastrophique : beaucoup d’hôpitaux ont été touchés et le système d’assainissement a été détruit. Aujourd’hui, il y a des rats partout, des maladies reviennent… La gale est présente. »

    Ce voyage devait également renforcer l’alliance entre le PCF et l’OLP qui avait été signée par Fabien Roussel il y a plus d’un an. « L’idée c’est de pouvoir continuer à développer des coopérations avec les collectivités territoriales et des échanges de jeunes notamment autour du sport qui peut être un bon vecteur », conclut Sylvain André qui souhaite aussi que la population fasse pression sur l’État français pour qu’il engage des sanctions contre l’État d’Israël.

  • [Chroniques méditerranéennes] Regard sur l’Espagne : de la communion nationale à l’indignité régionale

    [Chroniques méditerranéennes] Regard sur l’Espagne : de la communion nationale à l’indignité régionale

    La victoire de l’Espagne remportant la Coupe du Monde de football avec une équipe de jeunes, au jeu rigoureux et collectif, représentative d’une Espagne métissée, diverse, fraternelle, solidaire et cette victoire fêtée par tout un peuple heureux de communier, de se rassembler, laissant au vestiaire les différences, les animosités, l’individualisme, et sur la touche le racisme, donne de l’espoir à ceux qui désespèrent de l’être humain et déplorent la dérive vers un monde guerrier et fascisant.

    Ça, c’était en début de semaine. Mercredi, à peine trois jours plus tard, les tenants de la haine, les disciples de Trump, les propagateurs d’une idéologie nauséabonde, les champions de l’exclusion et du racisme qui jouent dans la même équipe que Marine le Pen et Jordan Bardella, se sont illustrés au parlement de la communauté autonome de Valencia en faisant voter, une première en Espagne depuis Franco, une loi régionale, indigne, de « Priorité nationale ».

    La droite (Parti Populaire) et l’extrême droite (Vox) votent donc la « priorité nationale » et les budgets qui vont avec dans cette communauté de 5,4 millions d’habitants. L’extrême droite dans toutes les régions où elle participe à l’exécutif essaye de faire adopter cette loi, alors qu’elle n’y parvient pas au niveau national. C’est donc par le biais des régions, que ce parti pro franquiste instille son poison raciste, et donc la communauté valencienne aura le triste privilège de mettre en place cette politique d’exclusion d’une partie de la population. Une région qui devient première au classement des champions de l’indignité régionale. Cette loi de « priorité nationale » défendue par Vox concerne notamment l’accès au logement et les aides sociales. Avec ces budgets votés ce mercredi c’est la troisième fois que votent ensemble la majorité constituée par le Parti Populaire et Vox depuis 2023. Voilà qui, après l’euphorie de cette belle fête autour de cette jeune et belle équipe d’Espagne, a de quoi rappeler la réalité politique du pays. D’une part une Espagne exemplaire en Europe, parce que progressiste et le démontrant en portant une politique volontariste, en faveur des migrants et des Palestiniens, une politique sociale dans le pays avec des avancées certes insuffisantes mais qui n’ont jamais été aussi loin, une Espagne qui refuse à Trump l’usage de ses bases pour bombarder les populations civiles en Iran, et d’autre part une droite et extrême droite qui mine le terrain de la démocratie, un PP qui jure qu’il ne s’alliera pas avec Vox pour gouverner au plan national, mais qui use de l’autonomie des régions pour expérimenter une alliance droite extrême droite déjà en place. Alors pour revenir à cet événement sportif, cette victoire, qui a enthousiasmé toute l’Espagne et bien au-delà, on se prend à rêver d’un monde sans guerres, humain et solidaire, je partage ce commentaire que j’ai relevé sur les réseaux sociaux après le match de la finale : « Ce soir, beaucoup de citoyens à travers le monde n’ont pas seulement vu onze joueurs en maillot rouge soulever une coupe : ils ont vu un symbole, une revanche, un petit moment où le récit du monde semblait pencher du côté des justes. » Mais aussi on a pu voir un grossier personnage, président des États-Unis déçu de la défaite de l’Argentine qui a voulu s’imposer sur la photo de l’équipe espagnole triomphante. Insupportable pour ce va-t’en guerre, obligé de remettre des médailles aux joueurs de l’équipe d’un pays qu’il ne supporte pas.

    Finalement, Trump fut « exfiltré » du champ des caméras, la fête a pu continuer pour les champions heureusement débarrassés de l’intrus. Encore une belle image porteuse d’espérance.