Tag: Politique

  • [Entretien] Roger Didier : « Nous sommes droit dans nos bottes »

    [Entretien] Roger Didier : « Nous sommes droit dans nos bottes »

    La Marseillaise : Quel bilan faites-vous de cette campagne ?

    Roger Didier : Il faut tout d’abord remercier les 7 114 électeurs qui nous ont accordé leur confiance. Nous avons obtenu un score considérable avec 14 points d’avance sur la deuxième liste. Liste qui a fusionné avec la troisième, aboutissant à une liste de compromis et de compromission. Pour moi, c’est une alliance de la carpe et du lapin. Parmi leurs électeurs, il y a des personnes qui doivent se sentir trahies. Ils se sont opposés, et j’en suis témoin, pendant des années au conseil municipal, avec des démissions et des créations de groupes. Ce rassemblement de circonstances est-il sérieux et pérenne ? Dans l’équipe que j’ai l’honneur de présider, il n’y a jamais eu de démission. Mais ce rapprochement ne conduira pas une addition arithmétique. Aux élections, un plus un ne fait pas deux. Nous, nous sommes droits dans nos bottes et n’avons fait aucune compromission avec le RN, dont les électeurs doivent comprendre qu’en votant pour son candidat, ils permettent à la gauche de prendre les rênes de la ville.

    Pourquoi une entrée en campagne tardive ?

    R.D. : On me le reproche alors que j’ai été élu pour mon dernier mandat le 15 mars 2020, à la veille du premier confinement. En termes d’efficacité municipale, l’année 2020 a quasiment été gommée. Nous voulions donc vivre notre mandat de maire jusqu’au bout. Nous avons commencé notre campagne le jour de son ouverture officielle, le 1er mars. Aurait-on trouvé normal que je m’agite sur mon siège comme un candidat un an et demi à l’avance alors que j’ai un mandat de maire à mener ?

    Pensez-vous que votre bilan joue en votre faveur ?

    R.D. : On peut au moins reconnaître que nous avons transformé la ville, nous l’avons embellie, et avons apporté de la sécurité et du confort. Nous avons géré la ville comme une entreprise et je ne crois pas que ce soit une mauvaise chose. Quand je suis devenu maire en 2007, l’endettement de la commune représentait 18 années de désendettement. Cette durée a été ramenée à deux ans. En même temps, nous avons continué d’investir, à hauteur de 110 millions d’euros entre 2020 et 2025. Nous avons préservé la qualité du centre-ville. Il ne se paupérise pas et la délinquance ne s’y installe pas. C’est pourquoi j’appelle les Gapençaises et les Gapençais à se mobiliser pour ne pas perdre ce à quoi nous sommes attachés, cette qualité de vivre et ce dynamisme qui sont reconnus par tous.

  • Pour son ultime meeting, Agir ensemble pour Gap donne le tempo

    Pour son ultime meeting, Agir ensemble pour Gap donne le tempo

    « Demain je vous demande de nous retrouver, au moment où vous le pourrez, pour nous aider à faire la dernière chose, la plus précieuse… convaincre les dernières Gapençaises et Gapençais à aller voter. » Face aux quelque 400 personnes réunies ce jeudi soir dans la salle, Elie Cordier a sonné une ultime charge, peut-être la plus importante : utiliser la dernière journée de campagne pour mobiliser les abstentionnistes.

    La nouvelle liste Agir ensemble pour Gap, est une alliance de la liste d’union de la gauche d’Elie Cordier, arrivée deuxième au premier tour (26,91%) et de la liste citoyenne de gauche de Charlotte Kuentz (18,68%). Elles espèrent ainsi battre au second tour le maire sortant Roger Didier (DVD) en poste depuis 2007 et en tête au premier tour avec 40,58% des suffrages.

    Une partition à deux voix

    Le but était aussi de montrer concrètement les propositions qui émergent de la fusion des projets des deux listes. « On tenait à montrer qu’il y a une vraie synergie sur notre programme, explique Charlotte Kuentz. On sait que les Gapençais ont beaucoup d’attentes à ce niveau-là, ils veulent voir ce que l’on peut proposer ensemble. Nous avons un projet commun, nos deux équipes ont travaillé et étaient déjà prêtes à gérer la ville, donc ensemble on est d’autant plus préparés. »

    Plusieurs personnalités de la nouvelle liste sont venues dresser les grands objectifs pour la ville. Sophie Delfino a présenté les projets pour soutenir l’action sociale et aider les personnes vulnérables. Axel Berriaux a lui défini les ambitions de la liste pour que les jeunes puissent « étudier, travailler, sortir et vivre pleinement à Gap » et ne pas se sentir contraints de partir une fois adultes. Sylvie Servel a annoncé le projet d’une maison de santé et d’une future mutuelle communale. Charlotte Kuentz a elle dressé les contours d’un office municipal des solidarités destiné à mieux répondre aux besoins des personnes les plus vulnérables, jeunes, personnes âgées, à mobilité réduite ou femmes victimes de violences. Loup-Maëlle Besançon a elle évoqué le tourisme, aspect vital pour l’économie gapençaise, en promettant le soutien à un tourisme plus durable concentré sur les quatre saisons, et une mise en valeur du patrimoine naturel qui profite aussi aux personnes vivant sur le territoire. Au total, ce sont onze futurs adjoints en cas de victoire qui ont défilé sur la scène.

    Pour conclure la soirée, la tête de liste Élie Cordier a tenu à avoir une pensée pour celles et ceux qui ont « fait le choix de se retirer pour permettre à la nouvelle alliance de voir le jour », des colistiers que la salle a applaudi. En marge du meeting, Elle a aussi loué le travail des équipes « qui ont réussi à mobiliser 400 personnes en 24 heures à peine puisque la soirée a été annoncée la veille ». Pour lui et son équipe, la balle est dans le camp des électeurs : « Maintenant, c’est à eux de se mobiliser, d’aller voter et de convaincre autour d’eux. »

    « Essayer autre chose »

    Dans le public, c’est la volonté de changement après quatre mandats de Roger Didier qui motivait en majorité le soutien à la nouvelle liste. « Je sais que Roger Didier aime sincèrement sa ville mais il est resté trop longtemps, il faut du changement maintenant, plus de social et plus d’écologie. Je connais bien les deux équipes qui ont fusionné, ils travaillent depuis des années sur ces sujets », affirme Michel, retraité venu assister au meeting. Pour Katia, enseignante en collège, c’est surtout le manque de perspective offerte à la jeunesse qui la pousse à vouloir une alternance. « Tous les jeunes de ma tranche d’âge ont quitté la ville et ne sont jamais revenus. Il n’y avait pas d’emploi pour eux une fois diplômés, regrette-t-elle. D’aussi loin que je puisse me souvenir, je n’ai connu que Roger Didier à la tête de la ville, il faut laisser la place à ceux qui veulent faire autrement, il est temps d’essayer autre chose. » Seules les urnes diront si la majorité des Gapençais partagent cet avis.

  • [Entretien] Bertrand Perrin : « La perte de ces municipalités demeure un moment difficile »

    [Entretien] Bertrand Perrin : « La perte de ces municipalités demeure un moment difficile »

    La Marseillaise : Comment vivez-vous les résultats des élections municipales dans les Alpes-de-Haute-Provence ?

    Bertrand Perrin : Les résultats de ces élections municipales sont difficiles pour l’ensemble des forces progressistes dans les Alpes-de-Haute-Provence, particulièrement pour les communistes. Dans plusieurs communes où nous exercions des responsabilités, parfois depuis de nombreuses années, les électeurs ont choisi l’alternance. Durant cette campagne, des femmes et des hommes se sont mobilisés pour défendre une vision commune de la société : celle de la solidarité, de la justice sociale et de la démocratie.

    Que souhaitez-vous dire aux maires sortants de votre famille politique qui n’ont pas été réélus ?

    B.P. : Nous voulons adresser un remerciement particulier aux maires comme à l’ensemble des élus qui quittent aujourd’hui leurs fonctions. Pendant des années, parfois des décennies, ils ont consacré leur énergie et leur vie au service de leurs concitoyens, incarnant une certaine idée de la politique : proche des habitants, et fidèle aux valeurs de la gauche authentique. Leur action, qui a marqué durablement la vie de leur commune, constitue un héritage précieux pour toutes celles et ceux qui continueront à faire vivre ces valeurs dans les années à venir.

    Comment vivez-vous la perte de plusieurs communes communistes ?

    B.P. : La perte de ces municipalités demeure un moment difficile. Ces villes ont longtemps été des lieux cherchant à répondre concrètement aux besoins : défense des services publics, soutien au tissu associatif, solidarité, accès à la culture pour tous, au travers de politiques sociales et démocratiques permettant à chacun de vivre dignement. Les communistes conservent et gagnent néanmoins des élus et des adjoints dans plusieurs communes du département. Leur présence continuera de porter la voix de celles et ceux qui refusent l’état actuel des choses et défendent l’intérêt général. Nous le disons avec force : nous refusons toute résignation.

    Comment analysez-vous plus largement ces résultats ?

    B.P. : Ce résultat s’inscrit dans un contexte politique plus large : celui d’une campagne que nombre d’observateurs, à l’aube de la présidentielle, ont qualifié de « nationalisée ». C’est la situation d’un pays profondément bousculé par les politiques libérales, par la crise sociale, et par la progression inquiétante de la droite extrême et de l’extrême droite. C’est aussi un climat politique national où le refus persistant de certaines forces de travailler ensemble, où les affrontements et les stratégies électoralistes ou populistes de division ont contribué à brouiller l’image même de la gauche à travers le pays, nourrissant la défiance envers l’ensemble des organisations progressistes. Dans ce contexte, la responsabilité des forces de gauche est immense.

    Restez-vous déterminé malgré tout ?

    B.P. : Les communistes continueront à prendre toute leur part dans la bataille qui s’ouvre : celle du rassemblement populaire et de la reconstruction d’une perspective de gauche capable de répondre aux attentes du monde du travail et de la jeunesse, et de montrer qu’une autre voie est possible pour notre pays. Nos idées vivent dans les luttes sociales, les mobilisations citoyennes et l’engagement quotidien de ceux qui font vivre nos communes. Cette période n’est qu’une étape dans la bataille politique : l’histoire des mouvements de transformation sociale est faite de combats longs, parfois de reculs, mais toujours portés par la conviction profonde que la justice sociale, la démocratie et l’écologie constituent des nécessités concrètes.

  • Sur la Rocade, la gauche veut résister « aux fascistes et réactionnaires »

    Sur la Rocade, la gauche veut résister « aux fascistes et réactionnaires »

    Le tout en musique. Environ 150 personnes étaient présentes autour de David Fournier (PS) et Mathilde Louvain (LFI) qui ont fusionné leurs listes. « À l’heure où certains font le jeu dangereux de la division et de la haine de l’autre, nous avons choisi le rassemblement », prônent les candidats.

  • L’appel des Écologistes pour contrer la droite et l’extrême droite à La Seyne

    L’appel des Écologistes pour contrer la droite et l’extrême droite à La Seyne

    « La désunion (…) de la gauche et des écologistes aboutit à un désastre. Ce 22 mars, les électrices et électeurs de la 2e ville du Var auront trois choix possibles : une gauche écologique, l’extrême droite ou la droite divisée et poreuse aux idées extrémistes. Les écologistes varois appellent chacun, chacune, en conscience, à rejeter tous les projets portés aujourd’hui à La Seyne, par l’extrême droite et les deux listes de droite. Les écologistes et la gauche se doivent de tirer les conséquences de cette situation seynoise », souligne le mouvement.

  • À Gardanne, Claude Jorda appelle à voter J.-M. La Piana

    À Gardanne, Claude Jorda appelle à voter J.-M. La Piana

    Les deux hommes s’étaient affrontés lors des municipales de 2020, laissant Hervé Granier rafler la mairie à la gauche. Mais cette année, le rassemblement à gauche est complet à Gardanne.

    À la veille du second tour, le communiste Claude Jorda lance un appel à faire gagner le rassemblement. « Dimanche 22 mars pour le deuxième tour des élections municipales j’appelle les Gardannaises et Gardannais, les Bivéroises et les Bivérois à se rassembler pour la liste conduite par Jean-Marc La Piana », écrit-il dans une déclaration.

    Ville protectrice

    « Liste de rassemblement elle réunit des représentant.es des différentes formations de gauche ainsi que des habitantes et des habitants de notre ville engagés, qui ont à cœur de lui redonner une place dans notre département, de mettre en avant la justice sociale et le vivre ensemble », ajoute-t-il avant de rappeler qu’« avec mes amis élus du Collectif Citoyen Gardanne Biver nous avons combattu sans relâche ces dernières années en conseil municipal les dérives de la municipalité Granier, ses mensonges et rappelé ses promesses non tenues, nous avons dénoncé le mal-être au travail vécu par les agents de la Ville ainsi que son refus d’associer la population aux décisions municipales et de donner aux associations les moyens de se développer ».

    Pour l’élu sortant « les choix municipaux impactent notre vie au quotidien: dans la défense des services publics, le développement culturel, les moyens pour l’école, le logement, la lutte contre les discriminations… À un moment où le monde va si mal, où les bruits de bottes se font de plus en plus inquiétants nous avons besoin d’une ville protectrice et fraternelle ».

    « Alors ensemble dimanche faisons le choix d’un meilleur avenir pour notre ville, votons Jean-Marc La Piana », conclut-il.

  • « Quand on est un travailleur à Aix… »

    « Quand on est un travailleur à Aix… »

    Important signal en direction du monde du travail envoyé depuis le plus important quartier populaire de la cité du Roi René : en introduction de l’ultime réunion publique de la liste Aix Avenir conduite par Marc Pena, une prise de position de François Canu, responsable syndical, est venue appuyer la démarche de rassemblement des progressistes.

    C’est Agnès Daures, élue sortante, candidate de la société civile, elle-même militante syndicale qui l’a transmis aux participants. « Quand on est un travailleur à Aix, on a besoin d’une politique sociale et environnementale, qui garantit l’égalité d’accès aux droits pour toutes et tous, une ville solidaire », indique la lettre.

    « On doit pouvoir se loger. Le prix au mètre carré et la pénurie de logement social excluent les travailleurs de notre ville. Ceux et celles qui travaillent à Aix doivent pouvoir vivre à Aix », mais aussi « pouvoir se déplacer » et « pouvoir se soigner », poursuit le texte.

    Ennemi mortel

    François Canu rappelle que « quand on est un travailleur, n’en déplaise au grand patronat, on ne fait pas que travailler. On se cultive, on fait du sport, on a des activités syndicales et associatives. On a besoin d’un accès pour tous aux pratiques culturelles et sportives, d’une ville qui soutient la vie associative et qui consulte les syndicats ».

    Il critique le désengagement financier de l’État vis-à-vis des collectivités et asphyxie les communes car quand les communes disposent de moins de moyens, ce sont les services publics qui reculent, les inégalités territoriales qui se creusent.

    Mais c’est quand le message du syndicaliste rappelle « que l’ennemi mortel des travailleurs, c’est l’extrême droite », que la salle applaudit le plus fort. Et de conclure :« Pas une voix du monde du travail ne doit aller à l’extrême droite. Leur politique raciste, antisémite, sexiste, LGBTQIAphobe, liberticide ne répond en rien aux urgences sociales, de plus, tous leurs votes, que ce soit à l’Assemblée nationale ou au Parlement européen, l’ont été contre le progrès social : contre l’augmentation du Smic, contre la réforme des retraites à 60 ans, contre l’imposition des plus riches, les droits des femmes et dernièrement contre la nationalisation d’Arcelor ? En conséquence, moi François Canu syndicaliste, j’appelle à voter pour la liste d’union de la gauche emmenée par Marc Pena, afin de battre la droite et l’extrême droite. »

  • Sprint final pour Marc Pena au Jas de Bouffan

    Sprint final pour Marc Pena au Jas de Bouffan

    Sprint final et dernier temps fort de campagne pour Marc Pena, le candidat d’Aix Avenir, liste d’union de la gauche, en lice pour le second tour de l’élection municipale dans la cité du roi René. Ce jeudi soir, à la salle du Cèdre au cœur du Jas de Bouffan, quartier populaire d’Aix aux dizaines de milliers d’habitants, le candidat a fait salle comble pour une réunion publique placée « sous le signe de l’échange ». Laquelle a débuté avec la manière via la lecture d’une déclaration du secrétaire de l’Union locale CGT de la ville (lire ci-dessous). Puis une prise de parole attendue du candidat, ce quartier étant le lieu de son premier meeting de campagne, manière de boucler la boucle : « On avait commencé au Jas de Bouffan, nous terminons au Jas de Bouffan. C’est un quartier emblématique, avec plus de 30 000 personnes ». Avant de regretter : « Il n’y a pas eu la mobilisation souhaitée ici avec un taux de participation qui n’atteint pas 30% dans certains bureaux, pendant qu’on vote à 65% à Puyricard [quartier du nord d’Aix, Ndlr.] » Mais rien n’est perdu à ses yeux, puisqu’il se remémore son élection comme député aux dernières législatives : « Dans un autre contexte, il y avait eu une forte mobilisation. Il faut donc à nouveau expliquer que le niveau communal est très important. Il faut rappeler que tout commence par là. » L’idée est donc de provoquer la mobilisation dans les quartiers jugés délaissés. Il développe le raisonnement en pointant « un problème d’égalité dans les territoires aixois ».

    Mobiliser les abstentionnistes

    « Le Jas de Bouffan peut s’interroger sur sa place dans la politique municipale, comme l’ensemble des quartiers populaires », poursuit-il. Et prévient : « Cela fait déjà 25 ans qu’on est gouverné par les Joissains, avec 7 ans de plus, la municipalité accentuerait ses politiques discriminatoires. » À l’inverse, il assure : « Notre liste est la seule qui peut changer Aix. »

    Et il énumère des raisons d’y croire. Arrivé 2e avec plus de 20% des suffrages exprimés, Marc Pena peut potentiellement espérer un report de voix de la liste insoumise (8%) et celle de Révolution écologique pour le vivant (Rev, 4,72%) qui n’étaient pas en capacité de se maintenir pour le 2nd tour (lire notre article du 19/03). Laquelle a clairement affiché son soutien à Marc Pena. « Il est encore possible de gagner. Il faut que nous allions convaincre les abstentionnistes mais pas avec des “y a qu’à et faut qu’on” mais en leur expliquant concrètement ce que signifie des services publics de qualité. » Il prend l’exemple de mesures concrètes de son programme : « Des logements étudiants pour qu’ils ne paient pas de loyer exorbitant pour un taudis, c’est ça la solidarité qu’on porte. » Ou encore « créer des maisons de quartier pour coconstruire les choses avec les citoyens, alors que Sophie Joissains ne consulte même pas ! ».

    « Des valeurs de progrès »

    Même si Sophie Joissains, la maire sortante le devance à l’issue du premier tour, il martèle : « Il y a des réserves de voix, il n’y a qu’une liste qui peut battre Sophie Joissains, nous devons tous nous être rassemblés ». « Les Joissains gouvernent depuis 25 ans, certains disent que c’est une fatalité, comme un vieux roi qui ne veut pas mourir », dénonce-t-il. Mais pas de fatalité de son côté : « N’ayons pas peur de rappeler nos valeurs de gauche, nos valeurs de progrès. Une fois élus, ce sera à nous de ne pas décevoir. »

    Des valeurs qui comptent vu le contexte aixois : « En face de moi, j’ai trois candidats de droite et d’extrême droite. (…) Hier, j’avais des croix gammées sur mon visage sur les affiches, ce n’est pas innocent. » D’où l’espoir d’Aix Avenir de changer la ville de l’intérieur.

  • [Tribune] Extrême droite aux portes de Carpentras : l’histoire n’est pas un détail

    [Tribune] Extrême droite aux portes de Carpentras : l’histoire n’est pas un détail

    « Justine, ô mon amour […] tes restes sont ici, lieu saint que je révère. » Par ces mots datés de 1861, mon aïeul, le Grand Rabbin d’Avignon Benjamin Mossé, rend hommage à son épouse. Ce poème est gravé sur sa tombe, dans le cimetière juif de Carpentras, dont quelques-uns seulement possèdent aujourd’hui la clé.

    L’histoire de la capitale du Comtat Venaissin est indissociable de celle des Juifs en Provence. Une présence plurimillénaire. Une vie organisée dans la « carrière », ce ghetto provençal longtemps lieu de contraintes mais aussi de culture et de transmission. Une synagogue, la plus ancienne de France encore en activité.

    Et puis, il y a l’indicible. En 1990, le cimetière juif de Carpentras fut le théâtre d’une profanation d’une ignominie macabre : 34 tombes éventrées, des corps exhumés, une violence méthodique et glaçante, dont furent jugés coupables des membres de groupes néonazis. Au-delà de l’abjection de cet acte antisémite, ce fut un moment politique charnière où l’affaire fut instrumentalisée, notamment par Jean-Marie Le Pen et par des journaux d’extrême droite, qui y virent l’acte de communistes, du KGB ou de mouvements islamistes palestiniens.

    C’est aussi de cette tragédie qu’est née la loi Gayssot, du nom du député communiste à son initiative, première loi mémorielle visant à réprimer tout acte raciste, antisémite ou xénophobe, longtemps critiquée pour son atteinte supposée à la liberté d’expression. Une résonance particulière à l’ère actuelle, marquée par le trumpisme et un chevauchement des idéologies libertariennes et néo-fascistes.

    Aujourd’hui, c’est dans cette même ville que le risque de l’extrême droite se précise : le député RN Hervé de Lépinau, arrivé en tête au premier tour, a fusionné avec deux autres listes d’extrême droite. Ancien du mouvement de Philippe de Villiers, adhérent au Front national depuis 2014, le catholique libéral-conservateur est, entre autres, un fervent opposant à l’IVG, allant jusqu’à comparer, sur Twitter en 2020, l’avortement à la Shoah.

    Que signifie alors confier les clés de Carpentras à ceux qui s’inscrivent dans l’héritage politique d’un courant qui a si souvent flirté avec le révisionnisme, l’antisémitisme et la haine des minorités ?

    Si les Juifs ne sont plus aujourd’hui la minorité ciblée par l’extrême droite vauclusienne et nationale, focalisée sur l’islam, il ne doit pas nous échapper que, lorsqu’ils parlent des « étrangers », c’est bien de nous qu’il s’agit. Racisme et antisémitisme reposent sur les mêmes mécanismes.

    Pour moi, Justine, née à Carpentras, dont les aïeux reposent dans ce cimetière israélite, il est inconcevable que la présence plurimillénaire des Juifs à Carpentras, les valeurs universalistes défendues à travers les siècles, et le traumatisme de la profanation de ce cimetière soient réduits à des « détails de l’histoire ».

    À la veille d’un choix décisif, rappelons-nous ce qui se joue derrière ce scrutin local : la responsabilité de ne jamais fermer ne serait-ce qu’un œil face au visage de la haine, y compris lorsqu’elle avance masquée.

  • [Tribune] Le monde du travail a tout à perdre avec l’extrême droite !

    [Tribune] Le monde du travail a tout à perdre avec l’extrême droite !

    Le premier tour des élections municipales l’a montré sans ambiguïté, l’extrême droite est aux portes de nombreuses mairies, y compris à Marseille et dans notre département. C’est un danger réel, immédiat, pour le monde du travail.

    Nous sommes syndicalistes, présents dans les entreprises, dans les services publics, sur le terrain. Ce que nous voyons chaque jour, c’est une colère sociale profonde et légitime : salaires insuffisants, services publics fragilisés, logements inaccessibles, conditions de travail qui se dégradent. Cette colère, nous la comprenons mais nous refusons qu’elle soit confisquée et détournée contre ceux qui la vivent.

    Car l’extrême droite n’apportera aucune réponse à ces réalités. Elle s’oppose à l’augmentation des salaires, à la justice fiscale, au renforcement des services publics. Son seul moteur, c’est la division, opposer les travailleurs entre eux, désigner des boucs émissaires, détourner la colère vers les plus fragiles plutôt que vers les véritables responsables. Pendant ce temps les droits reculent. C’est pourquoi nous combattons le racisme, l’antisémitisme et toutes les formes de discrimination. Notre syndicalisme se bat pour l’égalité réelle des droits, quand l’extrême droite promeut une société fondée sur les inégalités et les injustices sociales.

    Ce n’est pas une hypothèse. Partout où l’extrême droite exerce des responsabilités, les conséquences sont concrètes : subventions aux associations réduites, politiques sociales remises en cause, services publics locaux fragilisés, habitants dressés les uns contre les autres… Ce qui se décide dans les communes touche directement nos vies, qu’il s’agisse de l’accès aux soins, au logement ou à l’éducation. Laisser l’extrême droite s’en emparer, c’est accepter que ces choix soient utilisés contre nous !

    Nous appelons l’ensemble des citoyennes et des citoyens à se mobiliser massivement dans les urnes le 22 mars.

    Dimanche, notre responsabilité est claire, ne laisser aucune ville à l’extrême droite là où elle peut être battue

    Signataires

    Ryad AOUADI, Secrétaire général adjoint CGT Lyondellbasel Berre

    Stéphane BERTOLINO, Secrétaire général CGT Chantier naval de La Ciotat

    François CANU, Secrétaire général de l’UL CGT d’Aix-en-Provence/Secrétaire UD CGT

    Christophe CLARET, Secrétaire général CGT Dockers de Fos

    Serge COUTOURIS, Secrétaire général adjoint Fédération CGT Ports et docks

    Stella ESTAQUE, Secrétaire générale CGT La Poste

    Pascal GALÉOTÉ, Secrétaire général CGT GPMM/Secrétaire UD CGT 13

    Nicolas GUGLIELMACCI, Secrétaire général CGT CPMM

    Monia HADDAOUI, Co-secrétaire générale CGT Educ13

    Renaud HENRY, Secrétaire général
    CGT Energie

    Rémy HOURS, Secrétaire général CGT Cheminot

    Noël KOUICI, Secrétaire général CGT Réparation navale de Marseille

    Frédéric LARIVÉE, Secrétaire général CGT Finances publiques

    Ludovic LOMINI, Secrétaire général CGT Dockers de Marseille

    Sabrina MANCA, Secrétaire UD CGT

    Stéphane MARTINS DE ARAUJO, Secrétaire général CGT Arcelors

    Claude MAS, Secrétaire général CGT USR

    Marc PETROSINO, Secrétaire général UD CGT 13

    Jean-Michel ROCCASALVA, Secrétaire général CGT Centrale de Gardanne

    Marie RUGGIU, Co-secrétaire générale CGT Territoriaux de Marseille

    Messaoudi ZOHEIR, Secrétaire général UL CGT Quartier nord