Tag: policier

  • La police aux frontières agit aussi sur le port

    La police aux frontières agit aussi sur le port

    Ouverture de conteneurs à la recherche de clandestins, contrôle de permis de conduire, du poids du chargement des voitures, des passagers qui débarquent… Comme dans 21 autres départements, une vaste opération était menée ce mercredi 15 octobre par la police aux frontières (PAF) sur le port de Marseille, donnant à voir tous les aspects du métier, explique Laurène Capelle, commissaire divisionnaire, cheffe du Service interdépartemental de la police aux frontières (Sipaf).

    Dans la ligne de mire d’une dizaine d’agents, un cargo en provenance de Tunisie chargé de 51 remorques. « Avec le renfort des douanes pour les cibler, nous ouvrons des conteneurs de façon aléatoire, nous contrôlons aussi les membres de l’équipage », explique la commissaire. Une bâche arrachée attire l’attention de l’équipe. Armé d’une grosse pince, un policier coupe le plomb qui enserre la poignée du conteneur. Le signe qu’un « contrôle a été effectué au départ, nous en mettrons un nouveau en refermant », précise-t-il. À travers les palettes bien serrées, avec sa lampe torche, il examine soigneusement l’intérieur. « Elles vont jusqu’au fond, il n’y a personne », annonce-t-il avant de passer à la suivante.

    La Turquie, une voie

    de passage

    Les passagers clandestins qui arrivent par voie maritime ne sont pas légion reconnaît Laurène Capelle. « Il faut bénéficier d’une complicité extérieure, que les gens qui embarquent soient assurés de ne passer que 48 heures maximum entre le Maghreb et la France », quand une étape à Amsterdam serait bien trop risquée, explique Alain Sénès, commissaire divisionnaire, chef du SPAFP, service de police spécialisé dans la lutte contre l’immigration irrégulière à la frontière maritime sur le port de Marseille. Le plus souvent les exilés se cachent dans le bateau, « profitant de l’ouverture du garage pour s’extraire du navire », ajoute-t-il.

    Des filières ont été repérées, notamment en provenance de la Turquie. La PAF se dit particulièrement attentive à la mise en place d’une nouvelle liaison commerciale avec Marseille depuis septembre. « Le port de Sète a été précurseur, il a passé un contrat avec une société turque qui utilise des navires rouliers de ce type, des clandestins se cachaient à bord », précise le chef du SPAFP. De 300 à 400 personnes sont détectées en situation irrégulière par an sur le port de Marseille indique-t-il.

    Mais qu’on ne s’y trompe pas « notre métier c’est l’humain », insiste-t-il. Un agent confirme : les candidats à ce voyage forcé peuvent être dans un piteux état. Pour éviter le pire, des contrôleurs thermiques ne seraient pas de refus conviennent les policiers qui ont bien fait remonter le besoin. Mais ces équipements restent rares…

    Pas le temps de s’attarder, direction l’embarquement passagers où la PAF passe au crible les véhicules prêts à embarquer pour l’Algérie. Parmi eux, les « voitures chameau », savants amoncellements de bagages, sont pesées. « On regarde le poids par essieu puis on additionne pour voir si ça correspond à ce qui est autorisé », détaille un brigadier. Les permis de conduire sont littéralement examinés à la loupe, avec ultraviolet, pour repérer les faux, vendus de « 400 à 500 euros au marché noir ».

    Plus loin, la frontière se matérialise par une série d’aubettes. « Là, je scanne la pièce d’identité, elle est néerlandaise, je n’ai pas besoin de composter son passeport car il n’est pas ressortissant d’un pays tiers », explique Yannick, qui fait partie des gardes-frontières civils recrutés en 2023. Pas moins de 600 000 personnes empruntent les ferries à Marseille chaque année, le trafic étant multiplié par 6 voire 7 en période estivale avec 3 000 ou 4 000 passagers par jour…

  • Une chambre vide pour juger des conducteurs

    Une chambre vide pour juger des conducteurs

    « Mais c’est incroyable, ils sont où ? ! » Sur 30 dossiers inscrits au rôle de la « chambre de police » du tribunal judiciaire dédié aux infractions routières, seuls deux prévenus sont présents. « Ils ont su que c’était moi », ironise le nouveau magistrat. En réalité, de moins en moins de justiciables réceptionnent les convocations qui repartent ainsi à l’étude de l’huissier et y restent.

    Conduite à scooter sans gants. « Ce n’est pas moi ce jour-là » assure Adem venu contester une ordonnance pénale. « Le PV fait foi », objecte la procureure qui lui rappelle son « gros passif ». Il écope de 68 euros d’amende. « Pourquoi ces béquilles ? », demande le juge. « Je me suis blessé à scooter » clopine le jeune vers la sortie.

    Mathis, 24 ans, reconnaît finalement que c’était bien lui au volant sans ceinture, boulevard de Lesseps. « J’étais persuadé du contraire. C’est la première fois », susurre le réceptionniste de nuit qui en sera quitte pour 150 euros d’amende. « Si vous payez dans le mois vous avez 15% de réduction mais si vous ne pouvez pas payer, téléphonez à la Trésorerie, ils vous échelonneront », prend soin de l’informer le juge.

    « Au contraire c’est un super conducteur ! »

    « Mon client était persuadé que c’était limité à 130 », plaide Me François Sastre pour un chef d’entreprise en voyage à l’étranger, flashé sur l’A52 à Auriol à 165km/h pour 110 autorisés dans la plus grosse des Mercedes. La procureure évoque le « mauvais profil » de ce conducteur avec 9 excès de vitesse anciens et demande 300 euros d’amende et 6 mois de suspension du permis. « Un mauvais profil ? Au contraire c’est un super profil, un super conducteur ! Pas quelqu’un qui roule bourré », veut convaincre l’avocat. « On fait tous des petits excès de vitesse, moi-même qui ai un devoir d’exemplarité, je n’y arrive pas. Lui, en 33 ans, il n’a eu que 9 amendes depuis 1992 ! » Son client écope de 250 euros contre 300 requis et 4 mois et demi de suspension.

    Alissa, 35 ans, conteste l’excès de vitesse qui l’a flashé dans Peypin à 88km/h. « Le mari virulent n’a rien trouvé de mieux à faire que de s’interposer avec les gendarmes pour contester que sa femme a signé le PV ! » lance la procureure qui annonce qu’il sera cité pour cela à l’audience. La conductrice écope de 300 euros et de 6 mois suspension du permis avec sursis.

    Un terminal mobile de la police municipale a flashé Camille, 45 ans, avenue de Bonneveine, téléphone au volant. « Je ne souhaite ni signer, ni payer, j’irai devant le tribunal ! » a plastronné le conducteur absent dont le casier comporte une mention pour conduite en état alcoolique. « Je demande 300 euros vu sa réponse ! », cingle la procureure.

    « T’es pas ma mère, t’as pas de leçon à me donner »

    Thalissa, 21 ans, roulait à 140km/h au lieu de 70 sur la rocade L2 et s’est insérée sur la bretelle de sortie sans clignotant, ni respect de la distance de sécurité. La jeune conductrice s’était déjà distinguée 5 mois avant par un dépassement par la droite. « En plus elle roulait dans un véhicule profondément endommagé à la suite d’un accident et elle a eu un comportement désobligeant à la limite de l’outrage en plus. La demoiselle a lancé au policier “t’es pas ma mère t’as pas de leçon de morale à me donner” », rumine le ministère public. Elle écope de 500 euros d’amendes.

    La police municipale de La Ciotat a surpris Thierry, 57 ans, téléphonant au volant. « Il conteste, dit être injustement pénalisé, explique qu’il tenait sa cigarette électronique », résume le juge devant une salle vide. « Il a signé le PV. Il est de particulière mauvaise foi », insiste la procureure qui obtient sa condamnation à 135 euros.

    L’histoire de Capucine, 28 ans, a obligé à une instruction précise de la procédure. Il est reproché de nouveau – elle a été condamnée en 2023 pour cela – à cette conductrice deux nouvelles infractions d’usage du téléphone au volant. « Elle conteste, soutient qu’elle ne pouvait pas être à deux endroits au même moment. » Alors on reprend les procès-verbaux. La première infraction est relevée par un CRS à 18h41 quai de Rive Neuve alors qu’elle écrivait un SMS avec ses deux mains dans un embouteillage. La seconde infraction relevée par un autre CRS à 18h43 à hauteur du 148, rue Sainte le téléphone à l’oreille. « Elle n’a pas eu de chance, mais ce sont bien deux infractions distinctes. Il n’y a pas de doublon. Cela justifie 2 amendes à 135 euros. »

    Fausse plaque

    Salim, 42 ans, conteste un PV pour « stationnement très gênant sur trottoir » au 8, rue Octave Teissier (3e). « Il dit qu’il n’était pas stationné sur un trottoir, qu’il suffit de regarder sur GoogleView et qu’il déchargeait les courses de sa voisine âgée. Mais si, c’est un trottoir, la photo montre bien. Il dit vouloir souhaiter s’expliquer devant le tribunal mais il n’est même pas là ! » tique le magistrat. « On veut bien tout entendre mais ce monsieur n’habite pas là mais avenue de la Croix rouge ! » Il écope de 200 euros.

    Mohamed conteste 7 stationnements gênants. Curiosité de l’affaire, la police municipale a mis en fourrière son véhicule découvrant que la plaque arrière est rattachée à un véhicule de société censé avoir été détruit dans une casse automobile… Il écope de 50 euros par PV et 300 euros pour « plaque non conforme ».

    « Il dit qu’il n’était pas stationné sur un trottoir, qu’il suffit de regarder sur GoogleView »

  • Un homme menaçant et armé d’une machette abattu

    Un homme menaçant et armé d’une machette abattu

    Jeudi après-midi, peu après 16h30, un homme a été abattu par les policiers de la Seyne-sur-Mer, dans le quartier Berthe. L’individu aurait été vu en train de déambuler avec une machette à la main. Il aurait également menacé et giflé des enfants de 10 ans devant l’école maternelle Pierre Semard.

    Les policiers de la Brigade Spécialisée de Terrain de la Seyne-sur-Mer, prévenus par une mère de famille, sont rapidement intervenus et ont tenté de maîtriser l’individu, à proximité du Collège Henri-Walon. Celui-ci proférant des propos incompréhensibles et se montrant toujours agressif et menaçant au moyen de son arme, et ce, même après avoir subi deux tirs de taser, les policiers ont ouvert le feu en sa direction à six reprises, dans le jardin d’une maison désaffectée, tentant, selon les informations transmises par le procureur de la République de Toulon, d’atteindre le suspect au niveau des jambes. Malgré l’intervention des sapeurs pompiers, qui ont tenté de le réanimer, l’homme est décédé quelques minutes plus tard.

    Deux enquêtes ouvertes par le procureur

    Aucun policier n’a été blessé et le suspect ne serait pas entré en contact avec les élèves de l’établissement scolaire tout proche. Pour l’instant, aucune information concernant son profil, son âge, ses antécédents judiciaires ou toute prise de substance psychoactive n’a pu être confirmée. Pas davantage que les motivations de l’individu.

    Le Procureur de la République de Toulon a décidé d’ouvrir deux enquêtes pour établir les circonstances de ce drame : la première pour les violences commises par le suspect à l’encontre des policiers, confiée à la division de la criminalité territoriale de la Direction interdépartementale de la Police nationale du Var (DIPN). La seconde, confiée en co-saisine à l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN) et au cabinet de discipline du directeur interdépartemental de la Police nationale, sur les circonstances de l’ouverture du feu par les fonctionnaires de police.

  • À la Valentine, les automobilistes sont réceptifs

    À la Valentine, les automobilistes sont réceptifs

    Il est 6h30 du matin ce mercredi. Sur le rond-point du Lieutenant-Colonel Piollet qui mène à l’A50, ils sont une trentaine à ralentir la circulation et à tracter pour faire connaître le mouvement du 10 septembre aux automobilistes. Les profils sont variés : retraités, enseignantes, libraires ou personnes au RSA, tous ont fait le déplacement pour montrer leur ras-le-bol face à la politique actuelle.

    « On se fait traiter n’importe comment par le gouvernement. On travaille comme des acharnés et ils ne veulent même pas nous aider. On est en colère », s’indigne une salariée de la mairie de Marseille. Jean-Marc, photographe, ne mâche pas non plus ses mots contre le gouvernement : « la classe dirigeante est une bourgeoisie boulimique. Plus ils ont d’argent, plus ils en veulent. Et ils continuent à aller chercher l’argent chez les plus pauvres, pendant que les grandes fortunes n’ont jamais fait autant de bénéfices. »

    Un barrage filtrant est plutôt bien accueilli par les automobilistes, dont beaucoup récupèrent le tract et manifestent leur soutien. Certains poids lourds s’arrêtent même pour bloquer la circulation et klaxonner au rythme du chant des militants : « Macron démission ». Un accueil qui s’explique facilement selon l’un des manifestants sur place : « les gens sont super réceptifs. Quand on leur parle de la vie chère, tout le monde se reconnaît ».

    Après quelques heures au rond-point du Lieutenant-Colonel Piollet, le groupe se déplace pour tracter au rond-point d’entrée de l’A50, puis celui devant le centre commercial de la Valentine.

    Une action sans violence tout de même encadrée par la police. Dès le début du barrage, une quinzaine d’agents étaient présents avec casque et bouclier anti-émeute. « Au moins, ils sont bloqués ici et ils ne sont pas dans le centre », plaisante une participante. à partir de 11h30, l’effectif policier diminue, mais ils commencent à menacer de verbaliser les automobilistes qui s’arrêtent trop longtemps pour échanger avec les manifestants. « C’est un moyen pour eux de décourager les gens de faire grève ou de manifester. Un des automobilistes s’est pris une contravention de 640 euros pour entrave à la circulation », se désole l’un des grévistes.

    Vers 12h30, le groupe a décidé, en votant à mains levées, d’aller prêter main-forte au blocus de l’entreprise de vente d’armes Eurolink. Certains sont allés rejoindre les cortèges aux Réformés.