Tag: police

  • L’appel à la prudence de Benoît Payan avant le couvre-feu

    L’appel à la prudence de Benoît Payan avant le couvre-feu

    Le maire de Marseille qui avait salué le «calme» et un dispositif policier «à la hauteur de l’enjeu» appelle les Marseillais à la prudence ce soir dans un post sur le réseau X : «À la fin de la journée, plusieurs groupes d’individus tentent de se livrer à des pillages dans différents secteurs de la ville. La Police Municipale et le Bataillon de Marins-Pompiers interviennent aux côtés de la Police Nationale. Je demande à l’ensemble des Marseillais de rester prudent et de faciliter le travail des forces de l’ordre et de secours.La priorité est de préserver la sécurité des habitants, des commerces et de ramener le calme dans la ville.»

    Le maire est actuellement au centre de supervision urbain avec la directrice de la police municipale pour suivre la situation avec attention et assister le commandement. Quelques commerces à ce stade ont été victimes de tentatives d’effraction. La police municipale est mobilisée aux côtés de la police nationale et du bataillon des marins pompiers qui fait preuve d’une grande réactivité pour intervenir dans le cadre de ses missions.

    Un couvre feu est instauré de 23h à 5h du matin dans le centre-ville et les principales zones commerciales de Marseille.

  • [Revivez le direct] Samedi 24 octobre, journée de mobilisation nationale

    [Revivez le direct] Samedi 24 octobre, journée de mobilisation nationale

    Bouches-du-Rhône

    À Marseille

    10h50 Le kiosque à journaux de la Joliette a dû fermer sur injonction de la police. « On ne comprend pas, samedi c’est notre meilleur jour », déplore Sylvie la responsable du point de vente. Sans compter l’importance de la presse pour la démocratie.

    13h40 Plusieurs centaines de manifestants sont déjà rassemblés aux Réformés. Alia et Ludivine, mère et fille, sont venues de Carpentras « déterminées à manifester dans une grande ville » avec leurs pancartes : «Tout nous motive : le pouvoir d’achat, les services publics, l’interdiction du voile.»

    13h42 Les manifestants arrivent à Réformés. Les forces de l’ordre ont déployé un important dispositif de sécurité sur la Canebière, dont un engin lanceur d’eau.

    13h45 Eugène, 19 ans, en banane et tutu rose, étudiant en cybersécurité, a tenté un selfie avec les policiers. « Ils ont refusé mais franchement ils étaient très corrects, pourvu que ça dure. Je suis là pour l’amélioration des conditions matérielles d’études. »

    13h45 Des forces de l’ordre avec gros engins sont prépositionnées à hauteur du cinéma Artplex sur la Canebière et filtrent les piétons.

    14h Oscar jeune chômeur : «Franchement tout me motive depuis ces 10 dernières années, le gouvernement Macron, la gestion de la crise Covid, les gilets jaunes et l’ignorance des cahiers de doléance, le pouvoir d’achat, tout ! »

    14h05 Ce sont déjà plusieurs milliers de manifestants qui sont rassemblés aux Réformés. Le début du cortège encore statique est conduit par Marc Pietrosino, secrétaire général de l’UD CGT 13 avec des centaines de militants et un service d’ordre.

    14h05 Les totally spies font partie du cortège marseillais.

    14h05 Le cortège marseillais se forme avec l’intersyndicale en tête et de nombreux élus communistes.

    14h08 «Marseille, Marseille antifas ! Tutti antifascisti !» crient les jeunes juchés sur la fontaine repris par la foule.

    14h10 Le parcours de la manifestations marseillaise n’empruntera pas la Canebière.

    14h12 Marc Pietrosino, secrétaire général de l’UD CGT 13 en tête de cortège !

    14h15 360 parents des lycées de Marseille ont créé leur groupe.

    14h19 Émilie et son père Pierre sont venus manifester en famille. « La répression policière fait peur, mais ça fait longtemps qu’on a pas ressenti des émotions aussi fortes en manif, témoignent-ils. Ça redonne de l’espoir d’être tous ensemble. »

    14h20 Un jeune poing levé sur le monument des Mobiles.

    14h25 Jessie, une mère venue de Vitrolles avec ses trois enfants « vraiment pour exprimer le droit de manifester après la répression des jeunes samedi dernier. La justice est vraiment à deux vitesses. »

    14h30 Les communistes qui avaient déposé un référé liberté contre l’interdiction de manifester sont présents en nombre à Marseille.

    14h30 Céline, éducatrice spécialisée : « Je suis là pour soutenir les lycéens mais aussi tout le manque de moyens que nous subissons dans notre secteur. Non, je n’ai pas peur de manifester. Nous sommes tous ensemble. »

    14h40 Le cortège arrive au pied des escaliers de la gare Saint Charles. Pas d’écho d’incidents.

    14h55 Eva et son ami sont venus d’Aix-en-Provence pour manifester à Marseille. Ils dénoncent leurs conditions d’apprentissage à la faculté de droit Schuman, où « il n’y avait pas de clim à la rentrée alors qu’ils faisaient 40 degrés », racontent-ils. « On n’arrive pas à joindre les deux bouts en étant étudiants, on a peur de l’avenir », ajoutent-ils.

    15h « Manu, Manu, jusqu’à la victoire ! » entonnent les militants CGT avant d’amorcer l’avenue du général Leclerc.

    15h10 Les Scop-TI (ex Fralib) sont dans la manifestation marseillaise.

    15h20 Ça défile en bon ordre boulevard Camille Pelletan.

    15h30 Marc Pietrosino, secrétaire général de l’UD CGT 13 : « On ne va pas crier victoire tout de suite mais c’est une manifestation réussie. On a réuni 100 000 personnes. C’est un grand ouf de soulagement pour la CGT d’avoir emmené cette manifestation pour exprimer nos revendications.»

    15h40 Encore énormément de monde aux escaliers de la gare Saint-Charles et sur tout le boulevard d’Athènes.

    16h Encore beaucoup de monde dans les rues dans une ambiance joyeuse.

    16h25 Les manifestants se sont engagés boulevard des Dames avant de reculer face aux forces de l’ordre qui ont fait usage de lacrymogènes.

    16h38 Premières tensions à Porte d’Aix.

    17h La porte d’Aix, devenue blanche sous les lacrymogènes, se vide.

    À Aix-en-Provence

    11h20 La ligne 50 reliant Aix- Marseille a été suspendue sur décision préfectorale ce samedi 24 octobre

    11h40 Le marché du cours Mirabeau, situé juste en face de la Rotonde, reste maintenu. Les commerçants y sont installés depuis 6h pour les plus matinaux et les Aixois sont bien au rendez vous.

    12h Pour le moment, seulement quelques voitures de police ont été déployées à la Rotonde, lieu d’où était partie la manifestation samedi dernier.

    14h55 L’interdiction de manifester est contestée en actes.

    15h Pourtant interdite par la Préfecture, un groupe de manifestants commence à se créer. Entre sittings et chants, le cortège se déplace actuellement vers la gare routière.

    15h La manifestation poursuit son chemin toujours animée par les chants et colorée par les centaines de pancartes. Le cortège pourtant pacifique reste cependant très encadré par les forces de l’ordre.

    15h30 Les manifestants tentent de bloquer la route de Galice, départementale qui permet de rejoindre l’autoroute A51 en direction de Gap.

    16h45 Finalement délogés de l’autoroute A51 par les forces de l’ordre, le cortège a perdu quelques manifestants en cours de route. Mais ceux encore présents dans les rues aixoises maintiennent malgré tout leur énergie et leur ferveur.

    17h Les manifestants font une nouvelle minute de silence en hommage aux victimes de l’attentat de Trappes.

    17h10 La manifestation poursuit sa marche pacifique. Elle se dirige peu à peu vers la Rotonde, point de départ du cortège.

    Après presque 4h de marche à travers les rues, le cortège des manifestants prend fin à la Rotonde.

    Après l’arrestation d’un jeune homme par les forces de l’ordre pour un motif inconnu, les Aixois haussent le ton.

    18h C’est la fin de la manifestation. Les participants s’éparpillent pour regagner le centre-ville.

    Vaucluse

    À Avignon

    9h45 À Avignon, la Sud PTT a décidé de maintenir son rassemblement contre la fermeture du bureau de poste de la place Pie, prévu depuis plusieurs semaines, malgré l’interdiction de manifester en centre-ville. « On est pacifiques donc il ne devrait pas y avoir de soucis ni d’amendes. Les luttes se rejoignent », confie Bruno Verdi , secrétaire du syndicat. Il est prévu qu’ils se joignent à la manifestation devant la préfecture entre 10 et 11 heures.

    10h10 Les représentants de la CGT sont allés échanger avec les forces de l’ordre, en nombre, postées devant la préfecture. Le représentant de la police nationale qui rappelle l’interdiction, tout en affirmant qu’il laissera passer le cortège, peut recevoir des ordres de faire évacuer la place.

    10h50 Un millier de personnes sont rassemblées devant la porte Saint Lazare. La CGT a décidé de ne pas aller devant la préfecture, à une centaine de mètres, pour l’heure. « On fait valoir nos droits et on nous arrête. Je ne comprends pas », confie Marie, étudiante à l’université locale.

    11h15 Faute de pouvoir aller devant la préfecture, les manifestants ont organisé une chenille « contre l’extrême droite » dans une ambiance festive.

    13h10 Manif sauvage en cours à Avignon sans but précis. D’après des manifestants, le but est de rentrer en centre-ville alors que les forces de l’ordre bloquent toutes les entrées. « C’était un peu une idée de merde. Ça sent mauvais » glisse un étudiant.

    13h12 Des policiers casqués et équipés de boucliers suivent de près et empêchent les manifestants de passer.

    14h25 Alors que quelque dizaines de manifestants tentent de se rassembler sur place de l’horloge malgré l’interdiction du préfet, les forces de l’ordre commencent à contrôler les personnes devant l’hôtel de ville. Tandis que le maire Olivier Galzi (DVD) boit un café au restaurant en face.

    15h25 Empêchés de passer sur la rue de la République, le cortège s’engouffre rue de la Bonneterie. « On nous fait passer dans les rues avec toutes les boutiques, ça ne va pas avec tous les discours qu’on a entendus cette semaine », réagit Anne-Marie, aide soignante. Tout en pointant « que la vraie casse, elle est dans nos lycées où les plafonds s’effondrent. »

    Var

    À Toulon

    11h15 L’audience du référé liberté déposé par l’Union syndicale Solidaires.s du Var et l’association Résistance Handi Droits devant le tribunal administratif de concernant le droit de manifester s’est achevée il y a quelques instants. Le verdict est attendu dans les prochaines minutes.

    13h20 40 minutes avant le début du rassemblement auquel ont appelé plusieurs organisations ce samedi (14h place de la Gare), le tribunal administratif de Toulon n’a toujours pas rendu sa décision concernant le référé liberté déposé par l’Union syndicale Solidaires.s du Var et l’association Résistance Handi Droits.

    14h Une cinquantaine de vigiles ont été déployés par la CCI du Var à proximité des commerces du centre ville de Toulon, et des centres commerciaux Avenue 83 et Grand Var, pour prévenir de potentielles violences et rassurer les commerçants.

    14h20 Suite au référé liberté déposé par l’Union syndicale Solidaires du Var et l’association Résistance Handi Droits, le Tribunal administratif de Toulon lève l’interdiction totale de manifester, mais maintient l’interdiction concernant le centre-ville. Un cortège se dirige de la Bourse du travail vers la place Martin Bidoure, d’où la manifestation va officiellement s’élancer.

    14h30 Plusieurs centaines de manifestants arrivent place Martin Bidoure, dans le quartier du Pont du Las à Toulon.

    14h40 Olivier Rosay, secrétaire départemental Solidaire.s du Var, qui a porté le référé liberté devant le tribunal administratif concernant l’interdiction de manifester, sa suspension partielle et l’autorisation d’un parcours alternatif « n’est pas une vraie victoire car on souhaitait manifester en centre ville. Même si on avait proposé ce parcours au préfet hier, ce n’était pas ce qu’on voulait obtenir.» Il se réjouit tout de même de voir «qu’il y a quand même du monde» malgré un verdict rendu tardivement, «mais le déferlement médiatique a dissuadé quelques collègues et manifestants, le gouvernement a réussi ce qu’il voulait en montrant en boucle des images de violence. On continue notre mobilisation, qu’on appellera à amplifier davantage car il y a une profonde colère sociale dans le pays, des salariés et couches populaires qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts. »

    14h55 Le cortège s’élance dans les rues du Pont du Las. Des dizaines de personnes le rejoignent en route.

    15h50 1200 personnes traversent actuellement, dans le calme, le quartier du Pont du Las à Toulon, en se dirigeant vers la porte Castigneau. Les syndicalistes, parmi lesquels la CGT et Solidaire.s, sont nombreux à avoir revêtu leurs chasubles, contrairement à la semaine dernière.

    16h Plusieurs soignantes, qui composent l’équipe de street medics bénévoles de la manifestation, affirment que « certains policiers ont emmené des collègues dans les camions, et leur ont enlevé leur matériel », car celui-ci était composé de masques, contraires à l’arrêté préfectoral interdisant le port d’objets pouvant dissimuler le visage. « D’autres sont plus compréhensifs et nous ont laissé passer », précisent-elles, tandis qu’une responsable négocie actuellement avec des membres de forces de l’ordre pour récupérer ce qui a été intercepté.

    16h05 Stoppé par les forces de l’ordre à la sortie du pont du Las, le cortège se disperse. Certains manifestants ont regagné la place Martin Bidoure, quand d’autres s’engagent par petit groupe dans des rues attenantes.

    16h20 Plusieurs centaines de manifestants se sont dirigés vers le boulevard Lazare Carnot, bloqués par des policiers. Ils repartent en direction du Pont du Las.

    Finalement les manifestants s’engagent sur le Boulevard de Strasbourg, en direction de la place Liberté, et donc du périmètre interdit par la Préfecture.

    16h30 Arrivés à hauteur du lycée Bonaparte, les manifestants sont repoussés par de premiers tirs de grenades lacrymogènes des policiers.

    16h38 Une vingtaine de policiers bloquent le boulevard de Strasbourg, porte d’entrée du centre-ville, et ont procédé à une dizaine de tirs de grenades lacrymogènes. Un manifestant a été arrêté.

    17h «Vous avez des salaires de misère. Vous êtes des travailleurs comme nous. Rejoignez-nous ! », crie une manifestante à l’attention des policiers.

    17h40 Les manifestants, jeunes pour la plupart, sont repoussés vers la porte Castigneau, à l’entrée de la ville. Plusieurs d’entre eux ont été interpellés.

    18h Une jeune manifestante toulonnaise demande aux auteurs de jetés de pierres « d’arrêter de donner des images pour la télé », alors que les affrontements avec les forces de l’ordre se poursuivent. La BAC a effectué des tirs de LBD dont certains semblaient tendus.

    18h30 La centaine de manifestants toujours présente à Toulon a été repoussée jusqu’à son point de départ, au Pont du Las.

    18h35 Les forces de l’ordre ont encerclé le quartier du Pont du Las en s’établissant dans les rues parallèles et pris les manifestants par surprise. Plusieurs d’entre eux ont été interpellés.

    19h Les quelques manifestants restants ont été dispersés dans le quartier du Pont du Las, à Toulon. Les forces de l’ordre restent positionnées sur l’avenue du 15e Corps.

    Alpes-de-Haute-Provence

    À Manosque

    10h20 Environ 70 personnes sont pour l’instant réunies sur le rond-point de l’A51, où une cyclo-chorale militante et itinérante est arrivée à vélo et apprend des chants aux manifestants. Plusieurs jeunes rejoignent le mouvement ce samedi.

    10h30 Alors que les manifestants chantent calmement, les policiers viennent à leur rencontre pour les informer que la préfète est en train de prendre un arrêté d’interdiction et leur ordonner de se disperser, sous les protestations des manifestants, qui n’avaient pas déclaré le rassemblement.

    La préfecture vient de confirmer un arrêté d’interdiction de manifester à Manosque à partir de 12h.

    Hautes-Alpes

    À Gap

    9h25 À Gap, une cinquantaine de personnes sont rassemblées, pour le moment, place Desmichels.

    10h10 De nombreux manifestants trouvent l’interdiction de manifester au centre ville « disproportionnée ». « On vient à chaque manif depuis des années à Gap et il n’y a jamais eu de violences, ce sont des mobilisations familiales. Tous ces policiers et un drone pour nous surveiller, c’est n’importe quoi », déplore Léa, une manifestante.

    10h20 La nouvelle est tombée : la manifestation est finalement autorisée dans le centre ville. Les manifestants ont donc annoncé un cortège vers le centre ville.

    10h45 Même si l’interdiction a été levée, la manifestation n’est pas déclarée. La police ne laisse pas passer le cortège rue Carnot dans le centre-ville. Il y a environ 200 personnes dans le cortège.

    11h10 Le cortège défile calmement entre les allées du marché sous les regards étonnés des commerçants et clients.

    12h45 La manifestation touche à sa fin, il y a eu jusqu’à environ 380 personnes. Quelques manifestants restent pique-niquer sur un rond point.

  • L’extrême droite RN sous haute protection de l’État pour son congrès

    L’extrême droite RN sous haute protection de l’État pour son congrès

    Le ministre de l’Intérieur a raison. « On parle de la vie démocratique de notre pays, ce n’est pas rien, c’est une liberté constitutionnelle » a-t-il déclaré vendredi, à la veille de la tenue du congrès du RN qui doit lancer officiellement la campagne de la candidate de l’extrême droite à l’élection présidentielle, Marine Le Pen. Sauf que ces propos interviennent alors que la quasi-totalité des manifestations contre la vie chère et pour l’éducation ont été interdites ce samedi 24 octobre. Et que des couvre-feux, apanage des mairies RN, ont été décrétés par des préfets de la République.

    « Il y a une liberté de manifester, il y a une liberté de réunion politique, il faut savoir concilier les deux maintenant ; ça n’est pas tout à fait normal que, pour chaque meeting, on déploie des dispositifs policiers aussi importants », a déclaré le ministre, tandis qu’entre 20 000 et 30 000 opposants au congrès du RN sont attendus samedi, à six mois de l’élection présidentielle.

    Le congrès du Rassemblement national doit réunir quelque 5 000 participants samedi puis jusqu’à 10 000 personnes dimanche lors du lancement officiel de la campagne présidentielle de Marine Le Pen. « Il est hors de question qu’on ne sécurise pas une réunion, une formation politique (…). Et c’est vrai pour toutes les formations politiques », a encore déclaré Laurent Nuñes. Le parcours de la manifestation organisée samedi à l’appel d’une cinquantaine d’organisations, a par ailleurs été modifié car « le préfet du Loiret, à juste titre, a considéré que, compte tenu de la montée en tension des appels à manifester contre la réunion politique du Rassemblement national, la présence d’individus d’ultragauche, d’extrême gauche radicalisés, justifiait qu’on définisse un parcours qui soit un peu plus sécurisé », a détaillé Laurent Nuñez.

    « Des moyens massifs »

    Toute manifestation est en revanche interdite à Orléans dimanche, selon le préfet du Loiret, Hugues Moutouh. « Des moyens absolument massifs ont été mobilisés par le ministère de l’Intérieur » pour assurer la sécurité à Orléans, dont « une quinzaine d’unités de forces mobiles » tout le week-end, « soit près de 2 000 CRS et gendarmes mobiles supplémentaires », a-t-il assuré jeudi. Un blindé Centaure de la gendarmerie et des engins lanceurs d’eau seront également déployés.

  • Après avoir tout verrouillé la veille, le préfet lâche finalement du lest

    Après avoir tout verrouillé la veille, le préfet lâche finalement du lest

    « Lorsqu’une organisation syndicale reconnue, et je crois que la CGT en fait partie, qu’elle a une capacité de déclarer, de discuter en itinéraire, d’amener des éléments d’encadrement, d’accompagnement et de sécuriser l’événement, il n’y a aucune raison de ne pas accepter ce type de manifestation. » Après être revenu sur la suspension des transports à Marseille, ce vendredi 23 octobre, le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, a autorisé la manifestation organisée par l’intersyndicale CGT-FSU et Solidaires ce samedi, malgré l’interdiction de toute manifestation, déclarée ou non, la veille.

    « Nous avons trouvé en milieu de matinée un itinéraire qui satisfait à la fois la possibilité à tout un chacun de pouvoir venir manifester et nous, de pouvoir sécuriser un itinéraire qui évite le centre commercial tout en restant en ville, pour permettre à chacun de s’y déplacer », a-t-il justifié. Pour lui, « les commerçants doivent pouvoir travailler », et les gens « faire des emplettes (…) en toute quiétude ». La mobilisation « initialement autorisée » à Aix-en-Provence a, elle, été interdite à l’heure où nous écrivons ces lignes, « parce que l’organisateur refusait, conformément aux doctrines nationales, de changer son itinéraire, qui passait par l’hyper-centre-ville commerçant ».

    Les transports publics marseillais en circulation

    Un peu plus tôt dans la matinée, la préfecture avait reculé sur la suspension des transports marseillais pour la journée de samedi, « faute de consensus ». « J’avais souhaité, et non pas décidé de façon autoritaire, de pouvoir réguler les transports publics », explique le préfet, pas pour « mettre la ville sous cloche » assure-t-il, mais « parce que lorsqu’on est en gestion de mouvements importants, en cours de journée, il nous arrive de demander à l’opérateur de transport de couper les lignes ». Et les gens partis au travail le matin « ne peuvent pas rentrer », poursuit-il. L’idée était d’anticiper pour permettre « à chacun de prendre ses dispositions », assure le représentant de l’État. Dans le reste des Bouches-du-Rhône, les transports en commun sont suspendus à la demande des maires précise-t-il, comme sur l’axe Marseille-Aix-en-Provence, ou entre Aix-en-Provence et Salon-de-Provence, entre Marseille et Salon-de-Provence et entre Marseille et Miramas.

    Sur le dispositif de sécurité mis en place, le ministre de l’Intérieur ayant annoncé le déploiement du Raid, du GIGN et même de l’armée, Jacques Witkowski n’a pas souhaité s’exprimer.

  • [Entretien] Anthony Caillé, CGT-Intérieur : « En tant que service public, nous sommes le dernier rempart »

    [Entretien] Anthony Caillé, CGT-Intérieur : « En tant que service public, nous sommes le dernier rempart »

    Policier de terrain, le syndicaliste dénonce depuis le début une doctrine répressive menée par le gouvernement à l’encontre des lycéens et étudiants, avec des effets désastreux, entre éborgnages et mains arrachées. Les événements de ce week-end confortent ses craintes.

    La Marseillaise : Comment en est-on arrivé là ? Peut-on parler d’amateurisme ?

    Anthony Caillé : Tout laisse à penser qu’il y a eu un gros souci dans la gestion de la foule. Je ne me l’explique pas. Je sais que beaucoup de policiers sont extrêmement fatigués. Ce serait intéressant d’avoir les chiffres sur le nombre de policiers en arrêt de travail, pour savoir si ça a déshabillé les compagnies de CRS ou de gendarmerie mobile. Moins on aura d’effectifs, plus on aura de LBD et on aura tendance à vouloir s’en servir pour se protéger. Et impossible de le faire quand il y a des mouvements de foule, les conditions ne sont pas bonnes, on atteint difficilement sa cible. Cela ajoute au danger. Il va y avoir un drame.

    Le ministre de l’Intérieur
    évoque une sous-estimation
    du mouvement de samedi par
    le renseignement.
    A-t-il été défaillant
     ?

    A.C. : On est censé avoir un renseignement assez opérant. La collecte de l’information reste, en règle générale, plutôt bonne. Reste que depuis la présidence de Nicolas Sarkozy, les renseignements territoriaux doivent suivre plusieurs secteurs quand ils n’en avaient qu’un auparavant. À partir du moment où on a plus de matière à travailler, on est moins performant, on connaît moins les gens. Après, il faut que l’institution policière ou gendarmesque travaille cette information, qu’elle en prenne la mesure, que le corps préfectoral y travaille aussi. Cela demande du temps et de l’expertise.

    En attendant, les manifestants témoignent de « gazage » tandis que des pilleurs s’en prenaient aux commerces, impunément…

    A.C. : C’est clairement un choix politique, celui du préfet de département. C’est lui qui décide de l’usage et de l’emploi de la force.

    Même s’il assure que la doctrine est décidée au niveau national ?

    A.C. : La doctrine actuellement, c’est nous contre les autres. C’est la posture qu’on demande à la police d’avoir. Cela ne peut pas durer. Mais tant qu’on aura un Macron qui préfère aller voir le concert de Céline Dion plutôt que d’aller en cellule de crise et de discuter avec les différents corps sociaux et les lycéens… La police ne peut pas régler le problème. Nous sommes, en tant que service public, le dernier rempart avec les pompiers. Et on est complètement désorganisés. Au moins un tiers, voire la moitié du maintien d’ordre est assuré par des policiers dont ce n’est pas le métier. Un manque de formation, mais aussi d’effectifs. Là encore, rappelons que Nicolas Sarkozy voulait supprimer les CRS et les gardes mobiles. Ils ont été dégraissés.

    D’aucuns évoquent également une mobilisation sans organisation, illisible pour les forces de l’ordre…

    A.C. : Oui, il y a 20 ans, on avait un service d’ordre dans les manifestations parce qu’il y avait des syndicats forts. Là, ils sont affaiblis, le rapport de force est moindre. Avant, les autonomes et autres « énervés » étaient en queue de cortège, aujourd’hui, ils sont devant le carré de tête.

    Quelles solutions alors ? Changer de doctrine avec la désescalade ?

    A.C. : La désescalade, c’est savoir laisser casser un abribus pour ne pas faire monter la violence d’un cran. Mais c’est l’autorité civile qui doit mesurer ça. Par exemple, j’ai vu, à Belfort, un jeune commissaire de police qui a demandé à ses effectifs d’enlever casques et boucliers. C’est courageux, surtout vis-à-vis de sa hiérarchie, cela peut être mal vu. Mais on pourrait avoir les policiers les mieux formés du monde avec le meilleur équipement du monde, et à un moment, ça ne marchera pas. Il faut une parole politique. Elle ne peut venir que du chef du gouvernement, du président de la République. Qu’ils disent « ok, on vous a entendu, on va mettre tout le monde autour de la table ». Mais pour l’instant, ce n’est que mépris. Quand on a la chefferie policière et préfectorale qui nous dit, à propos d’un corps social qui manifeste : « Qui est disponible ce week-end pour aller voir ce qui se passe dans le zoo social ? » Ces gens sont des monarques, n’ont aucun sentiment, cela va mal finir. Je sens arriver l’état d’urgence…

  • Vers un dispositif plus mobile pour sécuriser Marseille

    Vers un dispositif plus mobile pour sécuriser Marseille

    « Je ne peux pas croire que le ministre de l’Intérieur ne sera pas là d’ici quelques heures, parce que cela voudrait dire que c’est un déserteur, et je ne crois pas que Laurent Nuñez soit un déserteur », lâchait le maire (DVG) de Marseille face à la presse, ce lundi soir, en attente de réponses après les violences qui ont secoué la ville, ce samedi 17 octobre. Initialement attendu en début d’après-midi, le résidant de la place Beauvau est finalement arrivé sur les coups de 21h30 sur le perron de l’hôtel de ville, pour un entretien avec l’édile marseillais de plus de trois quarts d’heure.

    « J’ai eu des réponses sur toutes les questions que j’ai posées, j’avais des questions claires, j’ai eu des réponses claires », appréciait Benoît Payan à l’issue d’une discussion « franche et salutaire ». Face aux appels à manifester, « il appartient désormais à ceux qui sont en charge de l’ordre républicain de prendre toutes les mesures ». Et d’annoncer : « Marseille doit être protégée à la hauteur de ce qu’elle mérite, les forces de l’ordre seront là en nombre. »

    « Je suis ici pour répondre en toute franchise et transparence aux questions légitimes de Monsieur le maire », commençait pour sa part le ministre de l’Intérieur. Il décrit les évènements de la journée de samedi, avec une mobilisation de « l’ultra gauche » plus importante que prévue en matinée, puis l’arrivée de « délinquants en plusieurs points de Marseille, très mouvants ». « Les forces de sécurité intérieure ont fait un travail remarquable », défend-il. En annonçant un prochain dispositif « en extrême réactivité ». « Le président de la République m’a donné mandat pour que ce qui s’est passé samedi ne se reproduise plus », résume-t-il. La mise en place d’un couvre-feu reste en discussion avec le préfet.

    « Chair à canon »

    Plus tôt dans la soirée, le maire avait une fois de plus dénoncé face à la presse la gestion du maintien de l’ordre à Marseille, ce samedi 17 octobre, « un fiasco du début à la fin ». « Ce que j’ai vu samedi, c’est le contrat social déchiré, dénonçait-il. C’est d’avoir fait des forces de l’ordre et des lycéens de la chair à canon, avoir demandé aux forces de l’ordre de gazer des lycéens pendant qu’au même moment, en toute impunité, des dizaines de magasins étaient pillés pendant des heures sous les caméras de vidéosurveillance. » Il appelait à revenir sur les doctrines de maintien de l’ordre, face à « la déliquescence des valeurs républicaines ». « Quand j’entends des représentants de l’État confondre les manifestants et les casseurs, j’ai honte pour eux », appuyait-il en rappelant de « justes revendications ». Il l’assure, la municipalité enverra au gouvernement la facture des commerçants, mais aussi des services municipaux déployés en urgence ce week-end. « Quand nous nous substituons à l’État, que l’État paye, parce qu’il est en carence », réclamait-il.

  • Liberté, Égalité… abandonnés

    Liberté, Égalité… abandonnés

    Dans notre région comme à travers tout le pays, les maires ont conduit des rassemblements républicains à la suite des émeutes et des pillages qui ont eu lieu en marge des manifestations de ce week-end.

    Alors que le maire de Marseille, ville particulièrement touchée par ces violences, a reçu le soutien de ses homologues de la Métropole, il continue de demander des comptes au ministre de l’Intérieur sur les raisons pour lesquelles les pillages et l’intrusion dans la mairie n’ont pas pu être empêchés par la force publique, alors même que des manifestants pacifiques ont été réprimés.

    État d’urgence sociale

    Le ministre, dont la démission a été refusée par le président de la République, est resté une large partie de la journée à Paris, auprès de Sébastien Lecornu, pour annoncer des couvre-feux localisés. Avant, finalement, de venir à Marseille dans la soirée. Rien, en revanche, n’a été esquissé pour répondre à l’état d’urgence sociale dans lequel se trouve notre pays. Rien pour répondre à la colère légitime contre la vie chère et l’envolée du prix des carburants. Rien pour satisfaire les revendications tout aussi légitimes des lycéens et des étudiants.

    Casseurs et les pillards ont pleinement joué leur rôle d’idiots utiles en polarisant l’attention sur leur méfaits. Ils doivent être mis hors d’état de nuire sans que l’on porte atteinte à la liberté constitutionnelle de manifester. Le gouvernement peut instaurer des couvre-feux partiel, il n’étouffera pas ainsi la colère populaire.

    Quant aux maires et aux communes qui sont laissés en première ligne, ils forment l’indispensable « République de proximité » que le projet de budget promet d’affaiblir encore.

    Eux aussi doivent cesser d’être abandonnés.

  • À Montpellier, des mesures réparatoires et des questions en suspens

    À Montpellier, des mesures réparatoires et des questions en suspens

    « Au lendemain des destructions (…), ma priorité est claire : être aux côtés de nos commerçants, les accompagner et leur permettre de reprendre leur activité ». En mission économique au Canada ce lundi 19 octobre, Michaël Delafosse (PS) n’avait pas encore chiffré le coût des dégradations de l’avant-veille, post-mobilisation pour le pouvoir d’achat, que le maire avait déjà pris trois mesures solidaires avec le groupe public de la Métropole, Altemed, la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) et la préfecture de l’Hérault.

    D’abord un fonds d’urgence va être ouvert pour les commerces dégradés ou pillés. Ce dispositif d’aide complémentaire avec les assurances est en préparation avec la CCI et les services déconcentrés de l’État. Ensuite des locaux sont mis à disposition des commerçants pour placer leurs stocks de marchandises à l’abri, en cas de nouveaux incidents. Enfin, l’aménageur de la Métropole, Altemed, propose des locaux vacants pour permettre la poursuite ou la reprise d’activité en lien avec les assurances.

    « Face aux violences, notre réponse doit être celle de la solidarité, de la protection et de l’action. Nous serons aux côtés des commerçants pour les aider à se relever et à faire vivre notre centre-ville ». Cette déclaration de Michaël Delafosse fait directement écho à l’indignation exprimée par le Medef Montpellier le 19 octobre. « Derrière chaque vitrine brisée, il y a un commerçant. Derrière chaque commerce contraint de fermer, il y a des salariés, des familles des emplois et parfois le travail de toute une vie qui part en fumée », déplore Thierry Marc. Et le président montpelliérain du Medef de réclamer des « réponses fermes » des pouvoirs publics au premier rang desquels l’État.

    Lequel a une fois de plus failli, à Montpellier comme ailleurs (en atteste la démission refusée du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez), à empêcher quelques groupes de casseurs de venir saccager 20 magasins (5 pillés) et ainsi décrédibiliser un défilé de 40 000 personnes tenu sans incident majeur.

    Comment des cibles faciles telles que des enseignes de sport dans l’Écusson n’ont-elles pas fait l’objet de surveillance ? Pourquoi avoir mobilisé des forces de l’ordre à la circulation routière plutôt qu’à la sécurisation du périmètre place de la Comédie ? Le communiqué de la préfecture n’évoque aucun de ces choix douteux. Il se contente de condamner les « violences graves » d’individus « cagoulés, armés de projectiles » et de compter les interpellations : 63 à Montpellier 6 à Béziers (sur 1 300 manifestants). Ainsi que 38 policiers blessés dont 2 à Béziers.

    De son côté, l’Observatoire des libertés et pratiques policières a remarqué un « dispositif policier allégé » comparé aux journées d’action précédentes. « Aucun barrage rue de la loge, avenue Foch ni au Polygone alors qu’un arrêté d’interdiction de rassemblement au centre-ville avait été pris ». L’Observatoire évoque des « violences inutiles » des forces de l’ordre qui ont d’abord « chargé et divisé le cortège à la gare ». Puis, après 16h, fait usage de LBD et de grenades de désencerclement, visant et blessant notamment un journaliste identifié et des observateurs.

    Un acte 2 des « gilets jaunes » est prévu en France samedi 24 octobre.

  • La Ligue des droits de l’Homme sur tous les fronts

    La Ligue des droits de l’Homme sur tous les fronts

    À en croire le dernier communiqué de la préfecture de l’Hérault du 9 octobre, le maintien de l’ordre à Montpellier est exemplaire. La préfète a en effet tenu « à saluer le professionnalisme des forces de sécurité intérieure » qui « ont procédé à un usage proportionné de la force » et qui n’ont « pour seule boussole que la protection des lycéens manifestants ». Elle s’est également félicitée des 130 interpellations, sans préciser que la plupart sont des mineurs. Pas un mot non plus pour la jeune fille souffrant d’une double fracture au visage suite à une charge policière. Un discours bien loin des témoignages et des slogans affichés sur les pancartes des lycéens et bien loin de l’analyse effectuée par la Ligue des droits de l’Homme (LDH).

    En effet, après avoir dénoncé de nombreuses situations problématiques depuis le début du mouvement lycéen (charge sans sommation, journaliste percuté par un policier à moto, absence de RIO [numéro d’identification individuel] visible, usage de gaz lacrymogène abusif etc.), l’Observatoire des
    libertés publiques (OLP) de Montpellier, créé par la LDH s’est intéressé au rôle de la police municipale. Dans un document de 28 pages, l’OLP montre, photos à l’appui, que la police municipale participe à des opérations de maintien de l’ordre, ce qui lui est interdit. L’OLP dit avoir observé des policiers municipaux « équipés de casques, de boucliers anti-émeutes, de protège-tibias et de genouillères » agir aux côtés et parfois « sous les ordres » de la Brigade anticriminalité. « Nos observateurs ont constaté que la BAC dirigeait, à plusieurs reprises, la police municipale, leur indiquant les positionnements, les lieux sur lesquels se déplacer », ajoute-t-il. Une charge de cette unité de la police municipale, « se déplaçant en formation militaire de défense », a également été observée sur l’avenue Jean-Mermoz. Et l’OLP de conclure : « Ces deux unités de police municipale sont présentes lors des manifestations, non pas dans le cadre de fonctions de police administrative, de circulation notamment, mais dans le cadre de fonctions de maintien de l’ordre. Les membres de ces deux unités sont dépourvus de RIO, permettant l’identification des forces de l’ordre. Qui plus est, certains membres de la police municipale ont pris l’habitude de se couvrir le visage, rendant les identifications impossibles. »

    L’observatoire s’est également ému de la présence de policiers nationaux lourdement armés aux abords des lycées mardi 13 octobre avant le début de la manifestation. « C’est de l’intimidation et ça génère l’intimidation de toute la population. Je pense que les jeunes se disent qu’ils ne vont jamais tirer, mais ça intimide beaucoup plus les parents et les adultes », s’inquiète Sophie Mazas, la présidente de la LDH 34.

    Éducation civique

    À chaque manifestation, la LDH pratique aussi la pédagogie pour alerter sur les règles à respecter et sur les droits des participants. Un travail qu’il a fallu décupler avec les lycéens. Pour cela, la LDH a créé une petite fiche récapitulative avec un QR code permettant aux mineurs d’être informés sur leurs droits en manifestation, en cas d’interpellation et sur la manière d’agir s’ils sont témoins de violences policières. « On leur rappelle qu’il faut qu’ils connaissent le numéro de téléphone d’un proche car bien souvent cette génération n’apprend plus les numéros. On explique comment on peut demander un avocat en garde à vue, qui est plus courte pour des mineurs de moins de 16 ans. On voit des gamins tétanisés lorsqu’ils sont embarqués donc on leur explique comment ça peut se passer. On explique aussi les périmètres de manifestation », détaille Sophie Mazas qui conclut avec humour : « C’est un cours d’éducation civique avec application directe, une sorte de travaux dirigés pour les préparer à la fac. »

  • [Manifestations] 4 000 personnes à Toulon

    [Manifestations] 4 000 personnes à Toulon

    C’était sans compter sur l’inconséquence de quelques casseurs venus jouer les idiots utiles de l’extrême droite et du gouvernement. Le communiste André De Ubeda déplore déjà à 16h34 « confusion et incidents évitables et prévisibles en fin de manifestation ». Et ce alors que les casseurs ne sont pas encore entrés en action. Il dénonce « une mauvaise organisation et un parcours improvisé et improbable ». « Pourquoi la police a-t-elle laissé la manifestation s’engager sur l’autoroute ? », interroge l’ancien conseiller municipal d’opposition. Et d’insister : « On aurait voulu entacher l’élan populaire qu’on ne s’y serait pas pris autrement. »

    T.T.