Tag: police

  • À Istres, blocage et tensions devant le lycée Arthur-Rimbaud

    À Istres, blocage et tensions devant le lycée Arthur-Rimbaud

    Vers 7h, selon plusieurs personnes présentes sur place, la police municipale aurait fait usage de gaz lacrymogène contre le barrage. La tension est montée d’un cran lorsque des élèves du lycée Latécoère ont rejoint le mouvement. Face aux CRS, mobilisés sur les lieux, les lycéens ont maintenu leur action jusqu’à sa dispersion, sans usage de la force, vers midi. Une poignée d’élèves ont fait part de leurs revendications au maire (LR) Robin Prétot, en marge. « On veut juste qu’on nous écoute quand on parle des salles à 35° et des profs manquants », explique l’un d’eux. « La manifestation partait bien ce matin, j’ai demandé un maximum d’interpellations pour ceux qui viennent casser du flic », assure le maire.

  • À Aix, la tension s’est déplacée dans les rues du centre-ville

    À Aix, la tension s’est déplacée dans les rues du centre-ville

    Les premiers mouvements se sont manifestés dès 7h du matin. Au lycée Duby, les élèves se sont rassemblés aux aurores devant les grilles de l’établissement. Parmi leurs revendications figurent des journées longues ponctuées de plages horaires vides, le manque d’enseignants dès la rentrée ou encore la dégradation des locaux. Plusieurs feux d’artifice ont été tirés et un début de feu de poubelle a nécessité une intervention rapide des pompiers.

    Dans la foule, plusieurs lycéens rappelaient le mot d’ordre « d’un mouvement pacifique ». Dans le centre-ville d’Aix en revanche, les tensions se sont cristallisées jusqu’à la mi-journée. Les premières mobilisations, selon les lycéens sur place, ont commencé à émerger des lycées Cézanne et Vauvenargues. Dans ce dernier établissement, la manifestation s’est conclue par une intervention des forces de l’ordre. Un camion de pompiers a aussi été bloqué par la foule de lycéens, dont certains venus d’établissements voisins…

    Selon des manifestants, les policiers ont dispersé la foule vers 9h30. Plus tard dans la matinée, des centaines d’élèves issus des établissements du centre-ville se sont rejointes place Bellegarde, formant un cortège qui a ensuite emprunté la rue Mignet, la rue Gaston-de-Saporta puis le boulevard Jean-Jaurès. « On ne nous écoute pas quand on est 100, peut-être qu’on nous écoutera si l’on est 2 000 », estime un lycéen qui déplore, comme beaucoup, la « répression policière ». Dans la foule, les revendications mêlent manque de moyens, conditions d’enseignement dégradées, « soutien aux profs » et solidarité avec les « peuples opprimés par la guerre ». C’est sur le cours Saint-Louis et aux abords du lycée Cézanne que les tensions se sont concentrées, tandis que les forces de l’ordre repoussaient la mobilisation. Plusieurs dégradations, notamment des abribus détruits, ont été constatées. Des faits régulièrement dénoncés par les manifestants pacifiques rencontrés sur place…

    RÉACTIONS

    Sophie Joissains, Maire (UDI) d’Aix-en-Provence

    « Aucune cause ne peut justifier les dégradations, les violences ou la destruction du bien public, qui appartient à tous les Aixois. »

    Martine Vassal, présidente (DVD) du Département des Bouches-du-Rhône

    « Je condamne fermement les dégradations et les agressions qui touchent actuellement Marseille et le pays tout entier. Le mouvement lycéen se transforme en chaos urbain et appelle à la plus grande fermeté. »

  • À Toulon, une mobilisation itinérante devant les établissements

    À Toulon, une mobilisation itinérante devant les établissements

    Dès 7h jeudi à Toulon, plusieurs centaines de lycéens se sont mobilisés devant leurs établissements. Les lycées du Parc Saint-Jean, Bonaparte, Dumont-Durville et de la Rouvière ont été bloqués pendant environ une heure, mais l’intervention des forces de l’ordre a rapidement dispersé les manifestants, après l’allumage de feux de poubelles. Ces derniers se sont rejoints, bloquant divers axes de circulation, tout en se rendant devant plusieurs lycées de la ville, dont les directions ont confiné leurs élèves dans l’enceinte des bâtiments.

    « On veut une vie normale, pas faire du 8h-18h, métro-boulot-dodo », revendique Enzo, élève de première à Bonaparte. Alexis (nom d’emprunt), parle de « ras-le-bol général de la jeunesse. Ça faisait longtemps qu’elle ne s’était pas mobilisée de la sorte à Toulon, ça peut créer un renouveau. Mais il faut que ça continue ». S’il considère « qu’il n’y a pas de revendication politique extrêmement forte », il parle de « prise de conscience générale » et d’une « violence légitime, qui vient d’en bas. Ce n’est pas un mouvement bourgeois ».

    Lycées ouverts vendredi

    D’autres mobilisations ont eu lieu dans plusieurs communes varoises (Fréjus, La Seyne, Brignoles, Hyères…). On recensait 2 250 manifestants dans l’ensemble du département. 45 d’entre eux (68 depuis mardi) ont été interpellés, tandis que 10 blessés (6 policiers, 3 lycéens et une personne âgée) ont été signalés. Les lycées varois resteront ouverts ce vendredi. Le préfet a toutefois décidé d’interdire toute manifestation non déclarée, ainsi que le transport de carburant, d’engins pyrotechniques et de produits corrosifs aux abords des établissements scolaires, où le dispositif policier sera renforcé.

  • À Manosque, les lycéens demandent des moyens et regrettent les violences

    À Manosque, les lycéens demandent des moyens et regrettent les violences

    « Financez l’école, pas l’armée », « on voit + nos profs que nos parents », « désolé du dérangement, on essaye de sauver notre avenir », « un lycée en ruine et des profs sous payés, mais pour eux le problème c’est le voile »… Plus de 400 lycéens se sont rassemblés devant les lycées de Manosque, munis de pancartes, jeudi matin.

    « Nos emplois du temps sont trop chargés, il n’y a pas de clim dans les classes, il fait trop chaud, on ne peut pas travailler », déplore Eden, en classe de seconde au lycée Esclangon. « Les classes sont en ruines, les profs sont sous-payés. Déjà, en troisième, il y avait un manque de moyens dans notre établissement au collège de Forcalquier. Dès qu’il pleuvait, un escalier entier était condamné », ajoute Lucie, sa camarade.

    « On est trop nombreux par classe, on a très froid l’hiver et très chaud l’été », regrette Zoé, 17 ans, élève au lycée Esclangon. Si plusieurs lycéens faisaient brûler des poubelles, des meubles, des sommiers et lançaient des projectiles, des bouteilles en verre et des explosifs en direction des policiers et de leurs camarades, la plupart d’entre eux condamnaient ces actes et regrettaient l’image que cela donne de leur mobilisation. « On va pas nous prendre au sérieux si on fait tout brûler et exploser des choses, c’est énervant ! », lance Laura, 17 ans, lycéenne à Esclangon. « C’est violent, ça décrédibilise la cause, c’est dommage », abonde Meryl, elle aussi élève de 17 ans à Esclangon. Un manifestant a été blessé à l’œil par le tesson d’une bouteille de gaz lancée dans un feu et a été évacué par les pompiers. Une journaliste de BFM DICI a été prise à partie, menacée, agressée et exfiltrée par les forces de l’ordre. Un artifice lancé dans la mairie a cassé une vitre et enflammé la moquette.

    « Un mouvement qui fait suite à l’austérité »

    « Comme nous, les enseignants, ils souffrent du manque de moyens chronique. On comprend ce mouvement qui fait suite à des années de politique d’austérité dans l’éducation », regrette éric Gauthier du Snes FSU, présent en début de matinée pour assurer la sécurité des lycéens.

    D’autres lycéens des Iscles, comme Assia, dénonçaient « la pression de Parcoursup ». « Il y a beaucoup de suppressions de postes, c’est ingérable pour les profs. Ceux qui arrivent en retard n’ont même pas de table ou de chaise où s’asseoir. On doit faire cours dans le couloir tellement il fait chaud », a déploré Léon, 15 ans, lycéen à Esclangon.

    Sept lycéens ont été placés en garde à vue et trois ont été interpellés et seront convoqués ultérieurement.

    Jeudi soir, la préfète, Isabelle Tomatis, a dénoncé « des exactions » et une « radicalisation du mouvement ». Elle a regretté « le mouvement d’aller vers les forces de l’ordre, qui étaient en retrait, pour jeter des mortiers, des aérosols dans les flammes pour provoquer des explosions et des boules de feu ».

    Au total, 950 lycéens étaient mobilisés sur le département jeudi : 800 à Manosque et Digne, et 150 à Barcelonnette.

    Lisa Défossez

    Des blocus annoncés à Gap

    Aucun lycée de Gap n’était bloqué ce jeudi, mais des appels au blocus sont relayés sur les réseaux sociaux.

    Un blocus au lycée professionnel Sévigné est annoncé ce vendredi 2 octobre. Un autre est prévu le jeudi 8 octobre au lycée Dominique-Villars. Un appel à étendre la mobilisation aux autres établissements a été lancé, même s’il est peu relayé : « Parcoursup, le 8h-18h, notre santé mentale ou une volonté de rébellion : rejoignez-nous. »

    Agathe Di Lenardo

    400 lycéens mobilisés à Digne

    400 lycéens des établissements Beau de Rochas et Alexandra David-Néel se sont mobilisés à Digne, jeudi. Un incendie a été allumé entre les deux lycées et des tirs de projectiles ont visé des policiers. Quatre interpellations ont eu lieu dans la ville préfecture.

    L.D.

    RÉACTIONS

    Fédération PCF des Hautes-Alpes

    « Face à cette mobilisation, le gouvernement choisit une nouvelle fois la répression plutôt que de répondre aux revendications. La jeunesse doit être entendue, pas réprimée. »

    Bertrand Perrin, secrétaire départemental du PCF 04

    « Ce mouvement appartient aux lycéens. Il ne doit devenir ni le marchepied d’une récupération au service d’un agenda politique, ni l’épouvantail agité par d’autres pour instrumentaliser les peurs et transformer quelques incidents en procès de toute une génération. »

    Camille Galtier, maire (DVD) de Manosque

    « Bloquer les lycées, dégrader le mobilier urbain, enflammer les espaces publics : c’est de la bêtise, voire de l’inconscience. Des interpellations ont eu lieu et les identifications sont en cours : ces actes ne resteront pas impunis. »

  • La préfète de police s’empare de la loi Ripost contre le stup’ et la délinquance

    La préfète de police s’empare de la loi Ripost contre le stup’ et la délinquance

    Pas moins de 300 gendarmes et policiers dans les quartiers, sur les routes et dans les transports en commun, dans les commerces, ont été mobilisés ce mercredi 30 septembre pour « lutter contre la délinquance en règle générale, et contre le trafic de stupéfiants », explique la préfète de police déléguée Corinne Simon, qui compte bien utiliser tous les leviers légaux mis à sa disposition. Dont la toute nouvelle loi Ripost promulguée en août.

    Le texte sanctionne notamment les rodéos urbains, la consommation de protoxyde d’azote, jusqu’à un an de prison, et rehausse le tarif de l’amende forfaitaire spécifique (AFD) de 200 à 500 euros, cette dernière figurant au casier judiciaire en cas de consommation de stupéfiant. Car c’est le consommateur qui est aussi visé, « le premier maillon de la chaîne », insiste Corinne Simon. Ripost permettant de suspendre le permis de ce dernier, même s’il est à pied, pour six mois en cas de « réitération », soit après deux contrôles, précise-t-elle. Des outils efficients et complémentaires à ceux existant considère la préfète.

    Une belle prise

    Une loi « fourre-tout » et qui porte atteinte aux libertés publiques dénonçait la CGT Intérieur. Quant aux AFD, le montant de leur règlement peine à être connu et leur taux de classement sans suite par les parquets locaux atteint 79% pointait la Cour des comptes dans un rapport publié en avril dernier.

    Mais ce jour-là, l’opération a néanmoins permis de mettre au jour un des maillons de la chaîne du trafic. Un commerce d’emballages du 15e arrondissement qui fournit au réseau voisin les sachets pour conditionner la drogue. « C’est ce que l’on retrouve sur nos points de deal », commente la commandante Laure Gambini de la division Nord, ravie de cette prise. À raison de 10 euros le sachet, chaque paquet en contenant 100, « cela représente des milliers d’euros » ajoute-t-elle, avant de lancer une vaste perquisition. Elle soupçonne également du travail dissimulé. L’employé se présentant comme le gérant ne l’étant pas franchement, il est embarqué en garde à vue. Un premier commerce du genre dans le 14e a été condamné en mars. « Ils se sentent un petit peu au-dessus des lois, disant qu’ils ne font que du packaging », constate Sébastien Lautard, directeur adjoint de la police des Bouches-du-Rhône, « mais ils sont dans le collimateur ».

  • La mairie RN de Carpentras veut facturer le transport de personnes ivres par la police

    La mairie RN de Carpentras veut facturer le transport de personnes ivres par la police

    Si vous êtes interpellé en état d’ébriété à Carpentras à partir de ce 1er octobre, en plus d’une amende, il vous sera également facturé le transport vers l’hôpital ou le poste de police à hauteur de 120 euros.

    Ce jeudi 17 septembre au conseil municipal de Carpentras une délibération actant la « facturation du coût de transport » des personnes en état d’ébriété sur la voie publique a été votée. Dans celle-ci, la municipalité souhaite ainsi fixer la facture à 120 euros « au regard des frais engagés par la collectivité » pour chaque interpellation à partir du 1er octobre, au lendemain de la fin de la période couverte par un arrêté qui poursuit « les troubles à l’ordre public provoqués notamment par les actions de mendicité ». En complément, l’auteur de l’infraction « se verra remettre par la mairie un dépliant mentionnant des numéros utiles, dans le but de l’orienter sur les organismes spécialisés dans la prévention des conduites addictives, notamment en alcoologie et produits stupéfiants », assure Thierry d’Aigremont, adjoint au maire, délégué départemental du Rassemblement national et candidat aux élections sénatoriales.

    Pas suffisant pour l’opposition. Un amendement a été déposé par le groupe d’opposition de gauche « Ensemble, fiers de Carpentras » afin de « garantir une application objective, équitable et impartiale de cette mesure, tout en prévoyant un bilan d’évaluation annuel », explique la conseillère d’opposition Pauline Cittadini (Parti animaliste). Qui estime que cet amendement « sanctuarise le principe républicain d’égalité devant le service public ». « La situation de précarité, l’absence de domicile fixe ou le niveau de ressources des personnes interpellées ne doivent en aucun cas influencer la mise en œuvre de ce dispositif », pousse-t-elle. Voté, fait rare, par toute l’opposition, l’amendement a été rejeté par la majorité. Le maire estimant que « ces précisions ne sont pas utiles au regard de la loi ».

    Noël « traditionnel »

    D’autres moments de tension ont animé la soirée. En fin de conseil, alors qu’était votée une aide exceptionnelle de 3 000 euros pour la ville de Pomas (Aude), touchée par une tornade, le conseiller municipal d’opposition Frédéric Olive rappelait que cette somme était la même que celle de la subvention retirée au Planning familial il y a quelques mois. Mais il finira tout de même par voter pour.

    Puis, interrogé lors des questions orales par Olivia Laroubi à propos du noël plus « traditionnel » que le maire souhaite mettre en place, ce dernier confirme. Fini donc les noëls insolites et son dragon bleu. « C’est un concept que l’on va essayer de vendre s’il est si porteur », lâche le premier édile.

  • Mobilisation nationale contre le « permis de tuer »

    Mobilisation nationale contre le « permis de tuer »

    « Marche ou crève ». C’est le slogan des manifestations qui doivent s’organiser ce week-end dans toute la France pour protester contre la proposition de loi (PPL) sur la présomption de légitime défense des forces de l’ordre, avec, pour Marseille, un départ prévu dimanche à 14h du Vieux-Port (2e). C’est aussi le slogan que porte sur son tee-shirt Issam El Khalfaoui, père de Souheil
    – 
    jeune homme tué par la police lors d’un contrôle routier à la Belle de Mai (3e) en 2021 – jeudi, au pied de la préfecture des Bouches-du-Rhône, à l’occasion d’une conférence de presse pour annoncer les marches prévues en fin de semaine. Il est le cofondateur de Stop aux violences d’État (Save), association à l’origine de l’appel national à la mobilisation. « À peu près 100 marches sont prévues ce week-end en France contre le Permis de tuer XXL, rappelle-t-il. C’est une version de la loi qui dit qu’à chaque fois que les policiers feront usage de leurs armes, ils seront considérés comme étant dans leur bon droit. Il n’y aura donc pas d’enquête automatique, pas de garde à vue. (…) Ce week-end des 19-20 est le début d’un mouvement qui a décidé d’en finir avec ces lois qui nous stigmatisent tous ». Et d’ajouter : « Je demande aussi, à Marseille comme ailleurs, aux premiers concernés par cette loi, les jeunes racisés et des quartiers populaires, de rejoindre cette marche », avant d’interpeller Benoît Payan, maire (DVG) de Marseille, pour qu’il prenne position. Un temps d’échange sur la loi est prévu dès 12h sur le Vieux-Port, avant le départ de la marche.

    Une loi approuvée

    par l’Assemblée

    Inspirée par une proposition de Jean-Marie Le Pen pour la présidentielle de 2007, la PPL, portée par un député LR des Alpes-Maritimes, a été approuvée à l’Assemblée nationale le 7 juillet, avec le soutien du gouvernement et grâce aux votes de la droite et du centre. Concrètement, elle stipule que les agents qui font usage de leur arme sont « présumés avoir agi » dans un cadre légal. Cette présomption peut théoriquement être « renversée », si une preuve contraire est apportée. La PPL doit désormais être examinée par le Sénat.

    ET AUSSI

    Aix-en-Provence

    Rassemblement prévu dimanche à 11h à la place des Prêcheurs.

    Avignon

    Manifestation dimanche à 17h au départ du 14 boulevard Saint-Roch.

    Digne

    Manifestation samedi à 10h30, au départ du rond-point du 11-novembre.

    Toulon

    Manifestation dimanche à 10h30 au départ de la place Louis-Blanc.

    Gap

    Manifestation samedi à 10h au départ de l’esplanade de la Paix.

  • Fibre Excellence sous protection des salariés

    Fibre Excellence sous protection des salariés

    « Il y a une ouvrière avec nous, qui élève seule ses deux enfants et n’est plus en mesure de payer son loyer », explique Jean-Michel Bulinge, délégué syndical CGT du site à un des administrateurs judiciaires, au téléphone. Ce dernier vient d’annoncer aux salariés qu’ils ne seront pas en mesure de payer leurs indemnités et qu’il leur faudra attendre le 5 octobre pour pouvoir prétendre à leurs droits au chômage.

    Un peu plus tôt dans la matinée, les salariés ont constaté que des ordinateurs étaient chargés dans les conteneurs, devant l’usine. La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, s’est rendue sur le site. Elle a effectué une visite de l’usine avec une délégation de représentants syndicaux CGT et FO ainsi que des médias. Le constat est sans appel : « Là, le débit actuel est de 1,3 m3 par heure », précise Moukhtar Kadadi, technicien électricité, devant les graphiques sur les écrans. La délégation passe en revue les cuves encore pleines de liqueurs, les 18 000 tonnes de bois qui pourrissent dans le parc. « Avec un risque d’incendie énorme, car s’il pleut, les copeaux fermentent et ça devient très inflammable », souligne Nicolas, dont le grand-père, le père et l’oncle ont tous travaillé à l’usine. « Sans compter les 270 licenciements, c’est une catastrophe pour Tarascon et pour toute la région », déplore-t-il.

    Dans les locaux de la maintenance, les placards ont été éventrés et les ordinateurs ont disparu des bureaux. « C’est un véritable scandale, on est sur un cocktail Molotov et rien n’est fait en termes de sécurité. Ce sont des méthodes de voyous, s’indigne Sophie Binet. Notre colère est immense car cette catastrophe environnementale, économique et sociale était annoncée. Le gouvernement n’a rien anticipé. » Sur le site, Marc Pietrosino, secrétaire de l’UD CGT 13, considère : « Avec la ligne ferroviaire et le Rhône, ce site intéresse les groupes de logistique, mais dans ce cas on passe de 270 à 30 salariés. »

    L’usine occupée

    Alors que les six employés de Realtec s’activent à charger les conteneurs, la délégation revient devant les grilles. Sophie Binet s’adresse aux salariés et à leurs soutiens venus de Saint-Gaudens, de la CGT Énergie de Marseille, d’Istres et d’Avignon, leur assurant que le syndicat ne les lâchera pas : « L’État ne peut pas laisser les liquidateurs envoyer l’usine aux ferrailleurs, il faut racheter les actifs. Il y a un avenir industriel pour Tarascon. » Elle précisait, avant de rejoindre Arles : « Le liquidateur leur annonce qu’ils ne seront pas payés en septembre car il n’en a plus les moyens. Ils sont sans salaires, sans chômage. Comment vont-ils payer la rentrée de leurs enfants ? C’est une honte de les traiter comme des kleenex ! »

    « Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? », interroge un des ouvriers. Réunis sur le parking, les syndicats CGT et FO et les salariés font le point. Jean-Michel Bulinge résumait ainsi la situation : « Ils se font du pognon sur notre dos et ne nous paient pas ! Soit on reprend l’outil, soit on laisse faire. » Vers 16h, une quinzaine sont entrés dans l’usine sans intervention de la police. Ils ont remis en sécurité le site alors que les employés de Realtec avaient déclenché l’alarme incendie. Et ils comptent bien le protéger.

  • [Occitanie ] Une loi « permis de tuer » selon la gauche

    [Occitanie ] Une loi « permis de tuer » selon la gauche

    Des partis politiques de gauche (du NPA au PS) et assos (LDH, Libre Pensée, Mrap…) qui appellent à manifester, dimanche 20 septembre (14h au Peyrou à Montpellier) contre la loi sur la présomption de légitime défense des forces de l’ordre, tous ne placent pas le curseur au même niveau.

    Au PCF, Clara Gimenez rappelle le désengagement de l’État qui « n’investit plus dans les services publics, ni la police ni la Justice ». La secrétaire du PCF héraultais estime qu’il faudrait un « renforcement des moyens de la police nationale en l’encadrant et la contrôlant » et ceux de la Justice pour avoir des « moyens d’enquête » garantissant in fine des « procès équitables ». Du côté du NPA, le jeune anticapitaliste surnommé « Kiks », appelle à « la fin des LBD et grenades de désencerclement », au « désarmement de la police municipale » et même à la « dissolution de corps spéciaux » tels que la BAC.

    Quoi qu’il en soit, tous s’accordent à rejeter en bloc les prétextes de cette loi adoptée (par la droite et le RN avec le soutien du gouvernement) à l’Assemblée nationale dans l’attente de son examen au Sénat. À savoir que le texte controversé serait un « bouclier juridique » nécessaire pour protéger les policiers dont la vie peut être mise en danger ou qu’il s’agirait d’une simple « protection fonctionnelle renforcée ».

    Un « pas vers le fascisme »

    Christine Maillard (Amnesty International), y voit une « remise en cause de l’État de droit ». « Qu’auraient donné les cas de Nahel, assassiné à Nanterre en 2023 ou d’Olivier Gomes abattu en 2020 par un policier condamné à 10 ans de prison, s’il n’y avait pas eu d’enquête ? »

    Le fait qu’un policier ou un gendarme qui use de son arme soit présumé avoir agi de manière légitime jusqu’à preuve du contraire, ce qui « n’existe nulle part en Europe », constitue une « inversion de la charge de la preuve », alerte Alban Desoutter (Libre Pensée 34). Un basculement au vu de la loi actuelle (l’agent doit prouver que son tir était absolument nécessaire et proportionné) qui choque Coralie Mantion. « Ce n’est pas aux familles en deuil d’enquêter et de prouver que le tir était disproportionné », recadre l’écologiste pour qui « la police est là pour protéger la population et la Justice pour contrôler la police ». Elle pense notamment aux dérapages verbaux d’un policier violent à Carcassonne. « Toute la police n’est pas raciste mais on voit le besoin de plus de contrôles. »

    Gilet jaune historique du rond-point des Prés d’arènes, Gilbert Rigal se souvient que trop de ses collègues de lutte ont été éborgnés. « C’est une incitation à plus de violence contre les gilets jaunes de demain. La répression devient la seule réponse aux mouvements sociaux », s’insurge celui qui évoque une sorte de « permis de tuer ».

    À l’instar des contrôles au faciès qui les ciblent déjà, les populations racisées des quartiers populaires semblent elles aussi fragilisées. « Des jeunes, notamment des musulmans, risquent d’être tués. Cette loi va aggraver la situation, c’est un pas de plus vers le fascisme », alerte Stéphan Steiner (LP 34). Christine Maillard n’en pense pas moins. « Cette loi a une origine fasciste, cette proposition figurait dans le programme de Jean-Marie Le Pen dans les années 2000. » Dans l’histoire, ce n’est pas un détail.

    « Il s’agit d’une inversion de
    la charge
    de la preuve »

  • Le plan de financement de la maison de santé des Mées adopté

    Le plan de financement de la maison de santé des Mées adopté

    La majorité municipale des Mées a présenté, mardi soir en conseil municipal, un dispositif de participation citoyenne qui a pour objectif de « prévenir la délinquance » et de « développer auprès des habitants de la commune une culture de la sécurité et de la remontée d’information ».

    Les habitants sont invités, à travers ce dispositif, à signaler des « événements suspects » ou des « situations anormales ». Ce que l’ancien maire et candidat aux municipales Frédéric Puech (PCF), désormais conseiller d’opposition, a considéré comme « subjectif ». Cela « peut mener à des signalements sur la base de préjugés », a-t-il déploré. Il s’est par ailleurs montré étonné de découvrir des critères « d’honorabilité » pour choisir les citoyens référents.

    L’opposition a également déploré la suppression d’un poste d’encadrement de chef de service au sein de la police municipale. La majorité a expliqué « supprimer un poste de catégorie B pour le remplacer par deux postes de catégorie C », avec la « volonté de renforcer les effectifs de police municipale » et de pallier deux départs.

    Lors du vote du plan de financement de la maison de santé, la majorité municipale a annoncé avoir obtenu « un certain nombre d’aides » : des fonds européens, du département et de l’ARS. La majorité a ainsi atteint « 73,96% de taux de financement ». « On est en train de voir avec la Région pour avoir des financements pour le matériel et les salles d’attente », a ajouté le maire, Max Eymard. Alors que le conseil municipal votait pour nommer la future structure « Maison de santé des Pénitents », Frédéric Puech a exprimé sa volonté de « féminiser les noms » et proposé de lui donner un nom de femme.

    Concernant le règlement du marché, également voté mardi soir, Frédéric Puech a exprimé le souhait de son groupe d’opposition de supprimer l’interdiction absolue de distribuer tout document ou tract dans le périmètre du marché.

    La majorité a par ailleurs proposé de régulariser la situation des animateurs, notamment mineurs, qui travaillaient pour certains « 50 heures par semaine », selon la majorité. « Heureusement que l’inspection du travail ne nous est pas tombée sur le dos », a lancé le premier adjoint au maire, Philippe Lehoux.