Tag: police

  • Quand les chauffeurs VTC se ruent sur les stations balnéaires

    Quand les chauffeurs VTC se ruent sur les stations balnéaires

    Violences verbales et physiques entre conducteurs, délits routiers, escroquerie envers la clientèle… » C’est le constat établi par la préfecture du Var après les remontées de terrain des communes de Saint-Tropez et de Ramatuelle et des professionnels locaux aux prises avec une très « importante présence de VTC extérieurs à la région », précise-t-elle.

    Aussi, « ces deux communes en lien avec les services de l’État ont mis en place des mesures de police administrative pour réguler le transport payant de personnes et limiter l’augmentation du trafic automobile dans le centre-ville et sur la route des plages », indique le représentant de l’État. L’afflux de VTC extérieurs, est considéré par les locaux comme « une concurrence déloyale » d’autant qu’un certain nombre ne respectent pas la réglementation. De récentes opérations de contrôle ont donné lieu à des dizaines de constats d’infraction dans le golfe de Saint-Tropez depuis le premier juin : maraude irrégulière, absence de signalétique ou de vignette, non-apparition de la carte professionnelle ou du macaron ou, carrément, exercice illégal de la profession, sans omettre les infractions au code de la route… Face à cette situation, la sous-préfète de Draguignan recevra ce lundi les représentants de l’union des VTC 06-83 pour réfléchir à des pistes d’actions.

  • Des CRS bien occupés assurent la sécurité sur la plage des Catalans

    Des CRS bien occupés assurent la sécurité sur la plage des Catalans

    Venue du Sud Ouest, la CRS 14 assure depuis le 14 juillet la surveillance d’une des plages les plus fréquentées de la ville, les Catalans. Les 5 policiers, maîtres-nageurs sauveteurs et Vttiste ont fort à faire, ont-ils expliqué ce mercredi 5 août à la préfète de police déléguée, Corinne Simon, venue leur rendre visite.

    Pas moins de 200 amendes forfaitaires spécifiques, des vols, des malaises et beaucoup d’incivilités, dont les enceintes à fond, le tout par 31 à 38 degrés, sept jours sur sept, de midi à 19h30, raconte le brigadier-chef Jean-François. Dans un seau, il a rassemblé un tas de matériel confisqué, destiné à la consommation de stup’, sur le mois. Quelques minutes auparavant, un homme complètement ivre et sous l’emprise de drogue a été arrêté.

    « Jusqu’à présent, il y avait deux plages surveillées par les CRS, Sormiou et La Ciotat », explique la préfète, « une demande a été faite auprès du cabinet du ministre de l’Intérieur pour avoir des effectifs supplémentaires parce qu’à chaque bilan que nous faisons en fin de saison, on s’aperçoit que la plage des Catalans est énormément fréquentée, il était important de mieux sécuriser ». Les CRS travaillent en partenariat avec la police municipale, précise Joël Canicave (PS), adjoint au maire en charge des finances. À l’ombre du mur du poste de secours, Simone, Albert, Pierrette, Corinne, Chantal, Lucie et Sabrine, qui « viennent là depuis 50 ans » sont ravis. « Cela fait du bien de les avoir, on va les regretter », déplore la bande de copines.

  • Fabienne Decottignies nommée préfète du Gard

    Fabienne Decottignies nommée préfète du Gard

    Avec Anne Levasseur au Vigan, Lucie Roesch désormais à Alès et dans quinze jours Fabienne Decottignies à Nîmes, c’est un trio de femmes qui va désormais représenter l’État dans le département gardois. Arrivé à l’été 2023, Jérôme Bonet laisse la trace d’un préfet sérieux, efficace et à l’écoute mais qui aura aussi démontré toute l’impuissance de l’État sur les sujets de désindustrialisation, à l’image de la fermeture de la verrerie à Vergèze.

    Comme Jérôme Bonet, Fabienne Decottignies possède un profil atypique puisqu’elle n’a pas enchaîné les postes de sous-préfète avant d’arriver dans le Gard. Si son prédécesseur a principalement travaillé dans les plus hautes instances policières, Fabienne Decottignies a longtemps occupé des responsabilités au sein de l’administration centrale, notamment dans le domaine de la santé.

    Née en 1971 à Tourcoing, elle suit un parcours universitaire brillant (hypokhâgne, khâgne, maîtrise d’histoire moderne, Institut d’études politiques et Institut régional d’administration) avant de multiplier les postes dans l’administration. En 2007, elle devient cheffe du bureau du budget, de la performance et du contrôle interne à la Direction générale de la santé. Elle rejoint ensuite la préfecture de police de Paris en 2012 et entre dans le corps préfectoral en 2015 en devenant sous-préfète dans l’Oise. Après un retour à Paris, elle est ensuite sous-préfète de Lille (2022-2024) puis devient préfète de la Nièvre. Elle est également officier de l’Ordre national du Mérite et a reçu la Légion d’honneur. T.A.

  • Le chassé-croisé estival sous haute surveillance à La Ciotat

    Le chassé-croisé estival sous haute surveillance à La Ciotat

    Bonjour, mettez-vous sur le côté s’il vous plaît, on va procéder à un rapide contrôle. » Comme tous les ans, la période des chassés-croisés est particulièrement accidentogène. en cause notamment, la forte densité du trafic et les bouchons qu’elle peut créer, ou la fatigue liée aux longues distances parcourues.

    C’est pourquoi sous le soleil de La Ciotat, ce vendredi 31 juillet, une opération de contrôle des véhicules et de leurs usagers a eu lieu. celle-ci a commencé aux alentours de 10h. C’est la deuxième de ce type depuis le début de l’été. Sur place, les agents ont fermé plusieurs voies de péage pour filtrer les véhicules, et créer un couloir dans lequel ces derniers peuvent être arrêtés.

    Une vingtaine de CRS sont sur place. Commencent ensuite les contrôles. Carte rose, carte grise, assurance, contrôle technique. en quelques minutes, les premières infractions sont repérées. C’est la fin du voyage pour cette jeune femme partie à la plage. Arrêtée dans sa citadine grise sans assurance ni permis, elle a vu sa voiture emmenée par la dépanneuse. « On va la présenter à un officier de police judiciaire qui va regarder en fonction de ses antécédents, du défaut d’assurance et du défaut de permis, si on va l’amener chez nous pour une audition, ou peut-être un placement en garde à vue », explique un agent de police. D’autres contrevenants ont eux aussi été interpellés pour des motifs similaires.

    « Voir du bleu »

    Arrivés en renfort à la fin de l’opération, les motards de la police ont de leur côté intercepté plusieurs chauffards en excès de vitesse.

    Pierre Gilardeau, sous-préfet, s’est rendu sur les lieux : « Le mot d’ordre qu’on a pour toutes les forces de police, c’est de multiplier partout les contrôles pour faire respecter les principes de base qui permettent à tout le monde de partir et d’arriver sur leur lieu de vacances en toute sécurité », affirme ce dernier sans omettre que « la vitesse est la première cause de mortalité. Associée à des comportements à risques, elle tue. » Alors que l’aiguille tourne, les voitures immobilisées se multiplient, mais le brigadier-chef présent rappelle que l’objectif n’est pas de sanctionner à tout prix. « Si on est là, c’est aussi pour faire de la prévention, pour expliquer aux gens que la ceinture, c’est important, les pneus gonflés aussi… Ça peut être sur plein de choses. De plus, c’est important de montrer qu’on est présents, sinon les gens en profitent... » Les forces de l’ordre sont aussi présentes sur les axes secondaires complète le sous-préfet, « là où les accidents sont les plus graves et les plus mortels ».

    Levé à 12h30, le dispositif aura été encore une fois très efficace. De par les interpellations effectuées, mais aussi la simple mobilisation des autorités, qui ont pu montrer leur assiduité au travers de ce dispositif. « L’important, c’est de voir du bleu sur les autoroutes, sur la route en général », indique le brigadier-chef sur les lieux. Des opérations similaires seront réitérées régulièrement pendant l’été.

  • Déménager pour fuir les violences conjugales

    Déménager pour fuir les violences conjugales

    Elle s’est garée à l’écart du point de rendez-vous, dans un coin du parking d’une résidence dont nous tairons le nom à sa demande, quelque part dans une ville des Bouches-du-Rhône. Parce qu’Alice* a peur. Peur de son ex-compagnon qui est là, en haut des escaliers qui mènent au domicile qu’elle souhaite quitter.

    « Elle ne lui a pas dit qu’il y avait la police », nous explique Clara Agnello, coordinatrice de projet de l’association Une Voix pour Elles au sein de l’antenne Provence. Entendre le département 13 et le Vaucluse. Créée en 2019 à Grasse, dans les Alpes-Maritimes, l’association se composait au départ de bénévoles qui proposaient des groupes de libération de la parole aux victimes de violences conjugales, précise-t-elle. Le Covid a réorienté son action. « On a collecté des produits d’hygiène pour aller les distribuer dans les hôtels de mise à l’abri auprès des femmes victimes de violences conjugales pour continuer à apporter un support », raconte Clara. Puis la cofondatrice de l’association, Loëtitia Mas, qui est toujours la déléguée générale « s’est rendue compte qu’il y avait ce besoin qui existait de soutenir les femmes pour qu’elles puissent récupérer leurs affaires personnelles ».

    Concrètement, Une Voix pour Elles propose de mobiliser des bénévoles pour faire les cartons, met à disposition un véhicule pour les charger et offre un box de stockage gratuit. Et dans les cas plus « délicats » comme celui de cet après-midi-là, un équipage de police, une agente et deux agents, est venu du commissariat voisin pour faire en sorte que tout se passe bien, dans le cadre d’une convention passée avec la police nationale 13. Le mot d’ordre : apaiser la situation, éviter « la montée en pression », indique le brigadier-chef Yann.

    Avec sa collègue la commandante Catherine, au sein de la délégation départementale d’aide aux victimes du SIPJ (Service interdépartemental de la police judiciaire) 13, ils ont rencontré les représentantes de l’association voilà deux ans, dans le cadre de la présentation d’un dispositif déployé par la préfecture et coordonné par la CAF pour simplifier le parcours des femmes qui sont victimes de violences conjugales, baptisé « pack nouveau départ. »

    Un service unique

    « Ça nous a semblé intéressant dans la mesure où ils sont positionnés sur un service qui n’est offert par aucune administration ou aucune structure de l’État », détaille le policier, « on leur a proposé de leur trouver des équipages pour sécuriser leurs interventions quand ils sentent qu’il y a potentiellement un risque que ça dégénère au moment du déménagement ». Parce que souvent aussi, ajoute-t-il, les auteurs de violences conjugales « ne reconnaissent pas les faits. Devant la police, ils se font même passer parfois un peu pour les victimes. Ils retournent la situation, en nous disant je l’ai pas touché ».

    C’est aussi une autre façon de faire son métier, qui va parfois dans la continuité. « On a eu le cas de policiers qui étaient présents au départ sur l’interpellation du conjoint violent et qui ont été missionnés quelques jours après sur le déménagement de la personne, » relate le brigadier-chef. Une expérience pilote dont il aimerait avec sa collègue qu’elle soit étendue au reste du pays. « C’est la province qui montre un peu l’exemple pour une fois », se félicite-t-il.

    D’emblée, l’équipage présent ce jour-là va discuter avec monsieur, tandis que madame monte dans les étages avec les cartons et les bénévoles présents. Les interventions de l’association sont « en dehors de toute procédure judiciaire, ça veut dire que dans tous les cas, on ne va pas pouvoir forcer les accès, il faut que soit madame soit sous le contrat de location, qu’elle ait les clés, soit que monsieur soit présent et qu’on nous ouvre la porte », a précisé Clara au préalable.

    Tremblante, Alice rentre dans l’appartement où sont également présents les deux ados de monsieur. L’équipe ne perd pas de temps. Il faut emballer vêtements, cartables, vaisselle, mais aussi la machine à laver et démonter le lit des plus petits. Les policiers l’accompagnent pour faire le tour des pièces. Entre la cuisine et la salle de bains, le ton monte. « Ne me raconte pas de bêtises », intime le mari. Puis aux policiers : « Je la connais par cœur hein, c’est bon là il n’y a rien à regarder ! » On apprendra plus tard qu’il revendique la propriété des sacs-poubelle qu’il assure avoir achetés. Intimidés, ses enfants qui n’ont jamais vu des policiers d’aussi près, se sont cantonnés dans le salon tandis que les cartons sont déposés à un bon rythme dans l’ascenseur. Les agents plaisantent, tentent de rassurer tout le monde. Des valises, une plante en plastique, un ballon de basket… Les vestiges d’une vie de famille s’entassent dans le couloir avant de finir dans la camionnette stationnée sur le parking.

    L’opération va durer près de deux heures, finalement dans le calme. Alors que les bénévoles organisent le chargement, Alice va chercher sa voiture. Elle respire, enfin. « C’était dur mais c’est la fin de quelque chose, je suis soulagée », nous confie-t-elle dans un souffle. Pour Clara et les bénévoles aussi, c’est le sentiment d’avoir pu mener à bien leur mission. « Si on pense qu’une femme fait sept tentatives de départ avant effectivement de quitter la relation d’emprise et la situation de violence conjugale, pouvoir effectivement partir avec ses affaires, c’est assez central », insiste Clara.

    *Le prénom a été changé

    REPÈRES

    62%

    des femmes aidées par Une Voix pour Elles considèrent comme un obstacle à leur départ du foyer le manque de ressources financières et la dépendance économique au conjoint, indique l’association dans une étude qu’elle a réalisée en 2024 sur les bénéficiaires de son aide au déménagement. Arrivent ensuite les difficultés à trouver un autre logement puis la peur des représailles.

    Peu de places

    « En 2025, les solutions de mise en sécurité ont évolué dans les Bouches- du-Rhône, au détriment des places d’hébergement d’urgence. Cette nouvelle organisation a induit un engorgement et une augmentation des délais de prise en charge », note dans son rapport d’activité 2025 Solidarité Femmes 13. L’association a dû redoubler d’engagement pour accompagner les victimes.

    4

    interventions par semaine en moyenne sont effectuées par Une Voix pour Elles sur son antenne Provence. Cela peut être pour un départ du domicile mais aussi une aide à la réinstallation. Pour 76% des femmes qui ont participé à l’étude d’impact de l’association, elles estiment que déménager leur a permis à elles et à leurs enfants de se reconstruire plus vite.

    Au pire, la rue

    Selon l’étude d’impact d’Une Voix pour Elles, 9% des femmes secourues sont passées par la rue après leur départ, 58% n’avaient personne à proximité sur qui compter au moment où elles ont été contraintes de déménager, le conjoint faisant souvent le vide autour de madame. À noter que 97% des agresseurs étaient en liberté, dans 68% des cas sans aucune contrainte judiciaire.

  • [Entretien] Issam El Khalfaoui : « Supprimer le recours à l’enquête systématique organise l’impunité »

    [Entretien] Issam El Khalfaoui : « Supprimer le recours à l’enquête systématique organise l’impunité »

    La Marseillaise : Votre pétition a déjà obtenu plus de 600 000 signatures. Vous attendiez-vous à ce soutien ?

    Issam El Khalfaoui : On savait qu’on serait suivis, mais on ne pensait pas arriver à 500 000 aussi vite. On ne s’attendait vraiment pas à ça. Je tiens à préciser que le site de l’Assemblée nationale oblige à déposer les pétitions de manière nominative, mais il s’agit d’un texte rédigé par Save (Stop aux violences d’État), l’association que j’ai cofondée, et l’ONG Flagrant Déni.

    Vous évoquez dans votre pétition un « bilan humain inadmissible » et rappelez que, d’après un expert de l’ONU, la France est le pays de l’Union européenne avec le plus grand nombre de personnes tuées par les forces de l’ordre. Comment l’expliquer ?

    I.E.K. : Ce bilan est largement dû à l’article L435-1 du Code de sécurité intérieure. C’est la loi qui a été votée en 2017 et qui élargit les conditions de tir pour les policiers [dans cinq situations au-delà de la légitime défense, Ndlr]. Juste sur les refus d’obtempérer, on s’aperçoit qu’il y a cinq fois plus de tirs mortels [selon les chercheurs Sébastian Roché, Paul le Derff et Simon Varaine, Ndlr]. C’est énorme.

    Avant, sur un refus d’obtempérer, on tirait sur des véhicules qui arrivaient à pleine vitesse. En général, on ratait sa cible. Il y avait un tir, mais il n’y avait pas de mort. Aujourd’hui, sur tous les refus d’obtempérer, on l’a vu sur l’affaire Nahel [adolescent de 17 ans, tué par un policier en juin 2023 lors d’un contrôle routier à Nanterre, Ndlr], il s’agit de tirs à bout portant sur des véhicules qui démarrent. Les tirs sont donc beaucoup plus létaux. C’est une conséquence directe de la loi qui permet aux policiers de tirer sur quelqu’un s’ils pensent qu’il peut représenter un danger plus tard. Le problème, c’est que cette évaluation du danger potentiel est complètement liée à la personnalité des policiers. Et aujourd’hui, dans une société de plus en plus à l’extrême droite, le racisme systémique peut leur faire croire qu’un jeune racisé est potentiellement dangereux dans un véhicule.

    La proposition de loi (PPL) inverse la charge de la preuve : ce sera désormais aux victimes ou à leurs proches de démontrer que l’usage des armes n’était pas justifié. Quel danger cela représente-t-il ?

    I.E.K. : Aujourd’hui, il y a un grand mensonge qui est propagé par Laurent Nuñez [ministre de l’Intérieur et ancien préfet de police des Bouches-du-Rhône, Ndlr] et par toute la droite : ils assurent qu’on pourra à tout moment renverser la force de la preuve. Mais Laurent Nuñez est bien placé pour le savoir, les 24 premières heures sont essentielles. Or, avec cette nouvelle loi, comme le tir du policier est présumé légal, il n’y aura pas d’enquête automatique. Elle peut être déclenchée plus tard, si un proche de la victime décide de se constituer partie civile par exemple, mais ça peut prendre plusieurs mois. Le temps de rendre l’accès à des informations capitales beaucoup plus compliqué : les vidéos de surveillance peuvent avoir été supprimées, les témoins peuvent être plus difficiles à retrouver… Supprimer le recours à l’enquête systématique revient à organiser l’impunité. Rappelons par ailleurs que cette loi est, à l’origine, une proposition de Jean-Marie Le Pen, [fondateur du Front national, Ndlr].

    Vous avez assisté, le 7 juillet, avec d’autres familles de victimes, aux débats qui ont eu lieu à l’Assemblée nationale à propos de cette PPL. Comment l’avez-vous vécu ?

    I.E.K. : On a assisté aux débats sans avoir le droit de parler. On nous a montrés du doigt, traités de racailles [Laure Lavalette, députée (RN) a réemployé ce terme sur un plateau de BFM TV, Ndlr]. Lorsque le député des Verts [Pouria Amirshahi] a lu la lettre que j’ai écrite, nous avons été hués par les députés de droite et d’extrême droite. À aucun moment on a considéré notre statut de victimes. À la fin, lorsque la loi a été votée, je n’ai pas pu rester sans rien faire et j’ai crié « Pas de justice, pas de paix ». J’ai été immédiatement évacué par des huissiers mais les autres familles ont pu continuer de chanter. Les députés de gauche ont applaudi et les députés de droite et d’extrême droite les ont insultés. On nous a dit qu’on était la honte de la République. Pour moi, la honte de la République, c’est de nous avoir sifflés et hués quand on parlait de nous.

  • La SNCF veut rendre sa police ferroviaire plus efficace

    La SNCF veut rendre sa police ferroviaire plus efficace

    Tout sourire, Jean Castex déboule en gare centre d’Avignon, ce jeudi, ravi d’avoir emprunté la Virgule qui assure la liaison avec la gare TGV. Le PDG de la SNCF se remémore l’histoire de ces gares, à l’époque où il était secrétaire général de la préfecture de Vaucluse, au début des années 2000. Mais l’ancien Premier ministre époque Covid est surtout là pour signer une convention de partenariat avec le parquet d’Avignon et la police nationale pour le compte de sa police ferroviaire [Suge, pour service de surveillance générale de la SNCF].

    Un dispositif déjà à l’œuvre dans une dizaine de territoires. Le principe doit à la fois rendre plus confortable le parcours des victimes, tout en simplifiant les procédures pour les agents de la police ferroviaire. « L’enjeu, derrière cette simplification, est de permettre à nos agents d’être plus sur le terrain et moins dans la paperasse », expose Jean Castex. Sur 3 200 agents en poste sur le réseau national, une brigade de 35 est affectée à Avignon. Il est important de souligner que la convention porte sur des interpellations en flagrant délit lors d’incidents à bord de trains, que ce soit agressions, violences sexistes ou vol de valises.

    Là où, jusque-là, la police ferroviaire devait enclencher une procédure assez lourde, devant être entendue par l’officier de police judiciaire par exemple, désormais, un protocole a été établi, qui reste évidemment dans le cadre légal juridique. « C’est très pratico-pratique avec un rapport d’observations type car parfois, il pouvait manquer des informations dans le passage de relais entre la Suge et la police, ce qui ne permettait pas au parquet de pouvoir caractériser l’infraction », détaille la procureure d’Avignon, Stéphanie Aouine.

    Le passager devra toujours déposer une plainte, mais pourra, par exemple, récupérer sa valise plus rapidement là où la rétrocession pouvait être longue. « On essaye d’immobiliser les gens le moins possible alors qu’ils sont déjà contrariés comme victimes et perturbés dans leur voyage », souligne Stéphanie Aouine.

    Canicule : comment la SNCF s’adapte

    Ce week-end marque le premier grand départ des vacances estivales avec 15 000 trains en circulation, ce vendredi. Le tout dans un contexte météo caniculaire. « Lors du précédent épisode, on a maintenu 9 trains sur 10 avec un taux de régularité de 80% », souligne Jean Castex. Pour viser le 10/10, le PDG de la SNCF annonce « qu’en 2028, on va augmenter de 30% le remplacement des caténaires ». « Il faut rendre nos voies plus solides, les caténaires, c’est ma hantise car certaines ont 40 ans d’âge et sont sensibles à la chaleur, pouvant entraîner l’arrêt du train faute de jus ». Des épisodes de train longtemps à l’arrêt avec des passager suffoquant ont marqué les esprits. Autre avancée, l’arrivée de TGV nouvelle génération [TGV-M en circulation à partir de septembre], équipés de batteries capable de prendre le relais en cas de panne de courant « et maintenir le chauffage, la clim voire amener le TGV en gare suivante à allure réduite », promet Jean Castex.

  • Les cent jours de mandat qui ont déjà changé Nîmes

    Les cent jours de mandat qui ont déjà changé Nîmes

    Vincent Bouget réussit-il une entrée en matière quasiment parfaite ? Pour l’heure, ni l’opposition de droite, toujours fracturée par les divisions, ni la démagogie du RN ne sont parvenues à faire tanguer la nouvelle équipe.

    Pourtant, après 25 ans sans alternance, lancer une nouvelle dynamique dans une administration centrale peu habituée à s’adapter était un véritable défi. Mais le nouveau maire de Nîmes s’est attaché en premier lieu à travailler avec les agents de la collectivité. C’est d’ailleurs sur ce point que Vincent Bouget a ouvert sa conférence de presse consacrée aux cent premiers jours de son mandat. « Nous avons réalisé huit réunions, organisé 60 ateliers avec 1 300 agents où la parole a été libre. Il fallait entendre les agents qui portaient des questions personnelles et globales. Ils ont fait 1 600 propositions pour rendre un meilleur service public », a présenté l’édile en précisant qu’un projet d’administration serait réalisé à l’automne.

    Ce dialogue, Vincent Bouget l’a également lancé avec les habitants de la Ville grâce à l’organisation de sept réunions publiques. Une restitution publique de ces discussions se tiendra d’ailleurs le 8 juillet à 18h30 au Parnasse.

    Des avancées concrètes

    Outre la méthode, Vincent Bouget s’est aussi félicité de plusieurs réalisations concrètes malgré « un budget 2026 décidé par l’ancienne équipe ». Parmi elles, le maire note la bonne organisation de la feria avec la mise en place des transports gratuits le week-end, expérience qui sera renouvelée pour la feria des Vendanges.

    « Nous sommes aussi allés plus vite que prévu pour le déblocage de fonds et de moyens humains pour le poste de police de Pissevin », s’est-il félicité. En effet, lors de son déplacement dans la capitale du Gard, Laurent Nuñez, le ministre de l’Intérieur, avait annoncé le déblocage d’une enveloppe de 620 000 euros pour la construction du poste de police dans le quartier populaire nîmois et l’arrivée de 16 policiers au 1er septembre au commissariat de Nîmes. Vincent Bouget a également confirmé que les élus de la majorité avançaient sur « les projets au long cours » comme la végétalisation de la ville et de ses écoles, la création des fameuses places communes, les questions de mobilité et la réhabilitation du stade des Costières.

    S’il n’a pas voulu s’éterniser sur les squelettes laissés dans le placard par l’équipe précédente, il a confirmé qu’en plus du fort endettement de Nîmes Métropole et de la situation du stade des Costières, qui étaient connus, la Ville connaît une « dette grise », c’est-à-dire que nombre d’infrastructures n’ont pas été entretenues ou rénovées. « Deux écoles ont connu une rénovation énergétique, il en reste 81. Ici, au Carré d’art, le toit fuit quand il pleut », a-t-il illustré.

    Gratuité des bibliothèques

    Si Vincent Bouget a tenu à réunir la presse au Carré d’Art, c’est surtout pour annoncer plusieurs nouveautés concernant la culture et l’éducation. Ainsi, les bibliothèques seront gratuites à partir du 1er septembre « comme dans 60% des collectivités de France ». Le coût de la mesure est estimé à 75 000 euros. En parallèle, tous les enfants entrant en CP recevront désormais une carte de bibliothèque. Concernant la jeunesse érigée en « priorité », 10 euros de fournitures scolaires ont aussi été débloqués par élève de primaire, s’ajoutant aux 50 euros de dotation totale par enfant déjà consentis. La mesure coûtera 50 000 euros.

    Vincent Bouget a aussi confirmé la gratuité totale du musée des cultures taurines à la rentrée et l’extension de la gratuité dans les trois autres musées municipaux (musée des beaux-arts, muséum d’histoire naturelle et musée du vieux Nîmes) pour les moins de 26 ans. Toutes ces mesures seront votées lors du conseil municipal du 4 juillet.

    Vincent Bouget a conclu en donnant rendez-vous aux habitants le 13 juillet aux Jardins de la Fontaine pour un nouveau rendez-vous : « À la Table de Marianne ». Le principe est simple, les Jardins seront ouverts jusqu’à minuit pour un « pique-nique géant familial », où le partage autour des valeurs républicaines sera à l’honneur, avec en prime des animations culturelles.

  • [MAJ] L’alerte de niveau 2 de pollution de l’air est levée ce mardi 30 juin

    [MAJ] L’alerte de niveau 2 de pollution de l’air est levée ce mardi 30 juin

    Considérant que les conditions météorologiques de ces derniers jours ne génèrent plus une pollution de l’air à l’ozone. Le Préfet a pris un arrêté de levée de la circulation différenciée à Marseille à partir de ce mardi 30/06 minuit.

    Dans le département :

    Abaissement de 20km/h des vitesses maximales autorisées sur les voiries, sans toutefois descendre en dessous de 70km/h.

    À Marseille :

    Mise en place la circulation différenciée depuis 6 heures jusqu’à ce soir 23h59 (attention, la reconduction du dispositif sur les prochains jours est très probable). Les véhicules autorisés à circuler à l’intérieur du périmètre défini (ZFE-m), sont les véhicules équipés des certificats : classe électrique et hydrogène (vignette crit’air verte) ; classe 1 (vignette crit’air violette) ; classe 2 (vignette crit’air jaune).

    A ce titre et dès aujourd’hui, la préfète de police déléguée a demandé un renforcement des contrôles de vitesse sur l’ensemble du département et des contrôles concernant la circulation différenciée à Marseille.

    Le non-respect de ces mesures pourra entraîner des verbalisations tout au long de la période concernée.

  • Une police renforcée par la loi narcotrafic

    Une police renforcée par la loi narcotrafic

    Un an après son adoption en juin 2025, la préfète de police déléguée, Corinne Simon a fait le point sur les effets de la loi narco dans le département des Bouches-du-Rhône, à l’occasion de contrôles administratifs de commerces de bouche à Noailles, ce mercredi 24 juin. « Ce n’est pas une loi parmi tant d’autres qui vient s’empiler, elle arrive en complémentarité avec tout ce qui se passait avant », insiste la préfète en préambule tandis que des agents des douanes, impôts, Urssaf et direction départementale de la protection des populations font fermer le rideau à certains commerces près de la place du marché des Capucins (1er), notamment pour manquement à l’hygiène et travail dissimulé. Un travail « coordonné » qu’a permis cette loi poursuit Corinne Simon.

    « Une mesure par jour »

    Disposant de trois leviers administratifs, elle peut prendre des interdictions administratives de paraître, fermer des établissements qui reçoivent du public et expulser des narcotrafiquants qui sont dans les logements sociaux détaille-t-elle. Bilan : « 340 mesures prises, une par jour » avec 51 établissements fermés, du garage qui recèle autour de Berre à la salle de sport qui deale à Arles, et 49 expulsions locatives en cours. Côté narcotrafic, c’est « plus 17% d’interpellations par rapport à l’année dernière à la même période, 3,2 kg, de résine de cannabis [saisis], 30% de plus qu’en 2025 » se réjouit Corinne Simon.

    Au niveau des saisies des avoirs criminels pour le trafic stupéfiants, entre argent, villas et produits de luxe, on atteint les 81 millions contre 10 l’an dernier. « On voit bien que ça marche ! » martèle la préfète qui en veut aussi pour preuve la baisse des narchomicides, même si elle reste « prudente » : 49 en 2023, 9 en 2025 à la même époque, et 4 cette année.