Tag: photographie

  • [Exposition] Genre, sexe et transgression chez Negpos

    [Exposition] Genre, sexe et transgression chez Negpos

    Patrice Loubon n’a pas oublié cette journée du 27 avril 2025 où il a découvert sa galerie vandalisée. Mais le président et fondateur de l’association NegPos, qui a toujours associé son travail culturel à la politique, loin d’être impressionné, a récidivé. D’abord en accueillant à nouveau l’exposition féministe de Kamille Lévêque, puis en proposant à partir du 8 mai, une exposition autour du genre, du sexe et de la transgression.

    « C’est une exposition que l’on a déjà montrée en Espagne mais je me suis dit qu’elle était une bonne réponse au saccage de l’année dernière. Ça permet d’en remettre une couche et de parler de questions qui nous préoccupent tous, à savoir le genre, la liberté sexuelle, la liberté d’expression et de création. Cette exposition concentre tout cela à travers une grande diversité d’expressions », précise Patrice Loubon.

    Six photographes

    La galerie a en effet rassemblé le travail de six photographes dont quatre internationaux. Parmi eux, le Cubain Yomer Montejo Harrys (Cuba), radiographe, propose une série de radios pour illustrer la violence sexuelle engendrée par le tourisme sur son île. « C’est un travail original qui évoque la soumission chimique, la prostitution et la prostitution des mineurs. C’est un travail très fin parce que la radiographie permet de mettre à distance ces questions. Avec la radiographie, on touche vraiment au corps parce qu’on est dans le squelette même », explique Patrice Loubon. Alejandro Perez Alvarez, également cubain, présente lui son reportage réalisé durant trois ans au sein d’un cabaret transformiste de La Havane.

    Carla Yovane propose de son côté un travail rare, réalisé avec les hommes prostitués de Santiago au Chili après qu’ils ont eu des relations sexuelles avec leurs clients dans des chambres d’hôtel. La sud-africaine Noncedo Gxekwa, elle, multiplie les clichés de femmes puissantes à la force physique déroutante, presque menaçante. Un travail qui évoque fortement l’exposition de Kamille Lévêque « Benzine cyprine ». Côté français, Pauline Sauveur suit une personne en transition de genre, entre traitements hormonaux et démarches administratives, alors que Fabien Dupoux propose un reportage en noir et blanc sur des hommes déguisés en femmes.

  • À Vauvert,la culture sabrée par la mairie RN

    À Vauvert,la culture sabrée par la mairie RN

    L’offensive du Rassemblement national contre la culture est loin d’être terminée à Vauvert. En effet, l’un des premiers actes du nouveau maire Nicolas Meizonnet a été d’annuler l’exposition photos de Sylvain Brino (pourtant très consensuelle puisqu’elle mettait à l’honneur la Camargue) pour des prises de position contre l’extrême droite sur ses réseaux sociaux. Puis, ce fut au tour de Jazz à Vauvert d’être tout simplement annulé pour des « raisons économiques ». « Jazz à Vauvert fonctionnait très bien. Il y avait des Vauverdois mais aussi des gens de l’extérieur. Ils disent qu’il n’y avait pas de retombées économiques mais ce n’est pas vrai parce qu’il y a des gens qui venaient de loin et qui logeaient et mangeaient à Vauvert », explique l’élue d’opposition Magali Nissard, qui constate également que « la droite soutient Nicolas Meizonnet aussi car ils n’ont pas supporté que nous ayons modifié ce festival où nous avions ajouté un concert dans chaque école et des animations gratuites dans la ville ». Face à cette censure, le festival jazz à Vauvert sera accueilli par la commune de Vergèze les 26 et 27 juin.

    Les associations bientôt visées ?

    Nicolas Meizonnet tente en effet de justifier cette politique en s’appuyant sur les finances de la ville qui serait « quasiment ruinée ». Sauf que beaucoup y voient plutôt la volonté d’écarter tout ce qui ne convient pas au RN qui préfère axer sa politique culturelle sur la défense des traditions taurines et camarguaises.

    Après ces annulations, la municipalité cherche en effet à couper dans les subventions aux associations, notamment culturelles. Elle aurait trois associations dans le collimateur puisque le RN a toujours fustigé lorsqu’il était dans l’opposition Jazz à Junas (qui portait le festival Jazz à Vauvert), l’association Les avocats du Diable et Atout philo. Benjamin Rouvière, son fondateur, a été convoqué par le maire mais n’a pas souhaité se rendre au rendez-vous : « On m’impose l’heure et le jour et on ne me donne pas le motif donc je n’y suis pas allé. Mais j’ose imaginer ce qu’on allait me dire, c’est-à-dire ce qu’ils disaient lorsqu’ils étaient dans l’opposition, à savoir que notre subvention était trop élevée alors qu’on fait des petits concerts l’été et qu’on mobilise des auteurs, des philosophes, des sociologues, le reste de l’année. Cela fait six ans que nous existons et nous proposons en moyenne une manifestation par mois. » Atout philo touchait en moyenne 2 000 euros par an de la part de la mairie mais Benjamin Rouvière ne « serait pas surpris si elle était sucrée cette année ».

    Le dessinateur Eddie Pons, président de l’association littéraire Les avocats du Diable, a, de son côté, honoré sa convocation lundi 4 mai où le maire lui a annoncé que la subvention serait baissée de 30%, soit une coupe de 1 000 euros. « On n’a pas encore pris de décision mais on s’interroge sur notre engagement vis-à-vis de la ville de Vauvert », confirme-t-il.

    « Pour l’instant, le maire ne nous a pas donné le détail du budget 2026 mais il faut lire entre les lignes et on voit que pour les subventions aux associations, une baisse de 93 000 euros est prévue. Une association culturelle m’a contacté et ils lui ont annoncé une baisse de 30% de la subvention. Dans les 93 000 euros, il y a les 63 000 euros de Jazz à Junas mais il en manque donc d’autres associations vont être touchées », prévient Magali Nissard qui remarque qu’aucune baisse de budget ne concerne, par contre, les festivités.

  • La 10e édition du concours photo Toulon forever ouverte

    La 10e édition du concours photo Toulon forever ouverte

    Le concours photo Toulon forever, invitant les habitants volontaires à poster sur Instagram des clichés représentatifs de « l’âme de [leur] ville », s’est ouvert vendredi 1er mai. Les photographes en herbe intéressés ont jusqu’à la fin du mois pour publier sur leurs réseaux, avec un maximum de deux photos par catégorie. Car, pour être sélectionnés, les clichés devront répondre à l’une des quatre thématiques proposées cette année : « Mon endroit préféré », « Côté mer », « Architecture et patrimoine » ou « Noir et blanc ». Un retour au format carré, traditionnel format d’Instagram, est également imposé. Un prix sera décerné au vainqueur de chaque catégorie, auxquels s’ajouteront trois autres récompenses, pour la photo la plus likée, le coup de cœur du jury et enfin pour « la photo de la décennie ». Pour participer : ne pas oublier, en dessous de sa publication sur un compte Instagram public, de préciser la catégorie dans laquelle on concoure et de taguer Toulonforever2026.

    Le concours se clôtura par une grande exposition en mairie d’honneur, du 17 juillet au 4 septembre. L’occasion, pour cette édition anniversaire, de présenter une rétrospective des gagnants des 10 dernières années. Le public pourra alors choisir, parmi les 65 lauréates, la fameuse « photo de la décennie ».

  • En prévision des travaux d’extension, le musée Fabre sera fermé du 4 au 22 mai

    En prévision des travaux d’extension, le musée Fabre sera fermé du 4 au 22 mai

    En préambule de ces travaux d’extension, qui se tiendront à partir de 2028, une courte phase préparatoire de sondages géotechniques va être réalisée à partir du 4 mai. Ils seront réalisés à l’entrée du musée, au niveau de la bibliothèque et de la librairie-boutique, où se tiendra le futur escalier menant aux nouveaux espaces d’exposition créés sous le musée.

    Afin de limiter les nuisances pour les visiteurs, et avant la mise en place d’une entrée secondaire temporaire en 2028, le musée fermera donc ses portes du 4 au 22 mai, le temps de cette phase préparatoire. La réouverture aura lieu le 23 mai pour la Nuit des musées.

    Un nouvel écrin

    C’est l’Atelier d’architecture Emmanuel Nebout, déjà lauréat du premier projet d’extension du musée réalisé en 2007, qui mènera à bien cet ambitieux projet d’agrandissement et de rénovation,
    avec l’agence bordelaise BLP.

    Sous la cour Soulages, sera creusée la grande salle d’exposition. Elle présentera une surface de 940 m², composée d’une nef centrale sous un tamis de lumière. Ce vaste espace sera complété par une allée latérale pour les espaces d’interprétation indispensables aux expositions temporaires. Enfoui sous le sol de la ville, il sera relié par un vaste escalier de deux volées. Situé en continuité directe avec le hall, il se déploiera à l’emplacement de la bibliothèque actuelle et amorcera le parcours vers la salle des expositions temporaires. De son côté, le parvis sera repris pour redonner sa splendeur à la porte Buren et intégrer, dans le prolongement de l’esplanade récemment repensée, un jardin des sculptures.

    LM

  • L’art contemporain sur les traces de la mémoire à Toulon

    L’art contemporain sur les traces de la mémoire à Toulon

    Des photogrammes travaillés sur du papier photosensible, grâce aux étincelles d’une disqueuse, pour créer des traces prenant la forme d’« une pluie de flammes » : une technique mise au point par Nicolas Daubanes pour le projet « Aujourd’hui, les dix hauts lieux de la mémoire nationale », proposé par l’Office national des combattants et des victimes de guerre et mené depuis 2024 par l’artiste dans les dix hauts lieux de la mémoire nationale. Son exposition « Allons voir les avions décoller », dont le vernissage a lieu ce samedi à 11h30 au Mémorial du Mont Faron, en est la conclusion.

    Celle-ci propose sept œuvres qui mettent en scène deux figures : « Le Génie de la Navigation », communément appelé « Cuverville », statut iconique du port de Toulon, et des navires bombardés lors de la Seconde guerre mondiale. Deux emblèmes évoquant l’histoire d’une ville et de son port militaire, entre sabordage et bombardements, que Nicolas Daubanes usite pour « questionner la notion de résistance ». À travers sa technique novatrice et étincelante, pensée au hasard de ses bricolages personnels, il y a « l’idée de montrer le bruit de la guerre », et « peut-être, de palper ce moment présent de la bataille ».

  • « Les Montpelliérains » jouent les prolongations

    « Les Montpelliérains » jouent les prolongations

    L’occasion de découvrir, puisés parmi 34 ans d’archives, 330 clichés qui dessinent, à travers le temps, le portrait tendre et attachant d’une ville mouvante et diverse. Présentées deux par deux dans des juxtapositions qui font sourire ou interpellent, ces photos drôles, tendres, poétiques, décalées livrent une autre lecture de l’ordinaire, cultivent le pas de côté et offrent une visite guidée inédite, improbable et délicieuse, « de cette ville faite de toutes les autres, qui les vaut toutes et dans laquelle j’ai été tout simplement heureux », confie Jean-Michel Mart. Capturés dans un cadre professionnel ou non, ces instants, visages, rencontres, hasards, émotions écrivent « une lettre d’amour à cette ville devenue grande qu’est Montpellier, ses rues et leur lumière et surtout à ses habitants toujours plus nombreux et toujours plus divers, si divers qu’on ne se sent jamais rejeté par eux. Vous les reconnaîtrez peut-être, jeunes, vieux, riches, pauvres, sur deux ou quatre pattes, solitaires ou en foule (…). »

    Vous serez nombreux à dénicher un souvenir et à repartir le sourire au cœur de cette expo qui rend aussi un bel hommage au métier de photographe de presse « en train de disparaître, j’en ai peur »…

    A.G.

    * Du mardi au dimanche de 10h à 13h et de 14h à 18h, aux Echelles de la ville, 1 place Paul-Bec à Montpellier. Entrée libre.

  • Des récits qui décentrent le regard aux Rencontres d’Arles

    Des récits qui décentrent le regard aux Rencontres d’Arles

    « Vous n’êtes pas sans avoir ressenti les tentatives de simplification et de réduction des narrations et récits en ce moment », rappelle d’emblée Christoph Wiesner. « Nous ne tenons pas à adoucir la violence du réel, mais en accueillons sa profondeur à travers les récits que nous présentons, à la croisée des routes, passages et fractures des territoires que nous explorons », situe le directeur des Rencontres de la photographie d’Arles, dont la 57e édition propose de « nouvelles cartographies » du monde, du 6 juillet au 4 octobre. Comme un immense carnet photographique dont le premier chapitre, intitulé « Indépendances », mettra le cap sur l’Afrique.

    Au Palais de l’Archevêché, Damarice Amao est la commissaire de l’exposition « Ghana ! », qui « revisite l’indépendance de ce pays de 1957 à 76 », dans le but de « redécouvrir le rôle que la photo a joué pour l’élaboration d’une nouvelle image d’une nouvelle nation ». Un panorama aussi bien dessiné par des clichés du moment, comme ceux de Paul Strand, issus de Ghana, an african portrait (1979), que plus contemporains.

    Père de la photographie ivoirienne, dont l’objectif a été témoin de la libération du pays du joug colonial français, Paul Kodjo (1939-2021) sera quant à lui mis en lumière à l’espace Croisière, particulièrement les décennies post-indépendance, où son travail « avant-gardiste » s’est fait « miroir la société » et de ses évolutions à travers le genre du photo-roman qu’il affectionnait.

    Indépendances encore, à la salle Henri-Comte, avec Thato Toeba, artiste vivant entre « Amsterdam, le Lesotho et l’Afrique du Sud. Elle utilise le collage, le photomontage et travaille à partir d’archives de seconde source pour découvrir de nouveaux récits et échapper à ceux des puissances coloniales », décrit Christoph Wiesner.

    La photographe franco-algérienne Katia Kameli présentera quant à elle le 4e chapitre du Roman algérien, œuvre iconographique conséquente amorcée il y a dix ans dans laquelle elle recoud la grande histoire aux petites. « Entre Afrique et Méditerranée, de nombreuses expositions donnent de nouvelles voies et perspectives pour notre futur. »

    « Traversées »

    Les Rencontres d’Arles seront donc irriguées par de nombreuses « traversées, comme autant de voyages autour du monde et en particulier de la Méditerranée », résume Aurélie de Lanlay. à l’Abbaye de Montmajour, la photographe française contemporaine Anne-Lise Broyer, qui « retouche ses photos à partir de crayons à papier », dixit la directrice adjointe du festival, proposera « un voyage d’Alger à Beyrouth, de Tipasa à Baalbek, en passant par Pompéi, Marseille et Césarée, qui explore le motif de la ruine pour interroger les héritages historiques, drames et conflits qui s’y déroulent ».

    De ruines, il sera aussi question à la Maison des peintres, avec une exposition de la peintre marseillaise Orianne Cintar Olive, fruit de sa « traversée des désastres du Nord au Sud du Liban ». Bruno Boudjelal racontera pour sa part, à la Commanderie Sainte-Luce, « son impossible voyage entrepris en Afrique », dans Goudron : Tanger-Le Cap, où « cadrages décentrés et photos floues évoquent une longue errance à travers des frontières impalpables ».

    Ovnis en série

    Promesse des 77e Rencontres d’Arles, « relire la complexité du monde » passera aussi par la « mise en valeur de fonds d’archives », par exemple de figures tutélaires comme Ming Smith, première photographe afro-américaine dont une partie du travail a été acquise par le Musée d’art moderne de New York. à voir à l’église Sainte-Anne. Un pas de côté et un décentrage des regards qui ira même lorgner jusque dans le monde extraterrestre avec un parcours imaginé par Philippe Baudouin à Croisière, Nous ne sommes pas seuls, où il « présente images d’archives et contemporaines pour explorer l’imaginaire » lié à cet univers.

    Les thèmes de dame nature et de nos amies les bêtes seront aussi au cœur de la programmation, notamment à La Mécanique générale, théâtre de l’exposition Modèle animal, qui revient sur « 200 ans de photographie » qui, depuis son invention, « a capté la vie animale », pointe Christoph Wiesner à propos de ce parcours nourri par les clichés de 160 photographes, parmi lesquels « Jane Evelyn Atwood, Sophie Calle, Salgado ou encore Sugimoto ».

  • Béziers vibre au rythme du flamenco

    Béziers vibre au rythme du flamenco

    C’est sur le parquet du théâtre des Franciscains que danseurs, chanteurs et amateurs de flamenco ont rendez-vous depuis le 10 mars et jusqu’au 21. Au programme : des spectacles de danse, chants, musiques, des ateliers, des expositions et même une nouvelle animation.

    Cette année le festival du flamenco revient avec une nouveauté : une masterclass de guitare. Animé par Antoine « Tato » Garcia, ce cours de rumba catalane à la guitare est ouvert aux adultes et aux enfants dès 12 ans. Un concert de fin de cours ouvert au public est même prévu le mercredi 18 mars
    à 16h. Côté spectacle, le festival n’est
    pas non plus en reste avec sept représentations programmées.

    En ouverture, mardi 10 mars, Quentin Buffier a présenté sa création « Moire ». Guitare acoustique en main, accompagné d’une pédale de boucle, le musicien français a oscillé entre musique classique et flamenco. Un mélange artistique que reprend aussi Basilic Swing, groupe de flamenco et de jazz marseillais. Ce vendredi 13 mars, la troupe se produit
    au théâtre municipal. Orchestré par l’association du Jazz Club de Béziers,
    le spectacle revisite les racines du jazz français initié par le guitariste Django Reinhardt. Aussi pour cette édition, Alberto Garcia, chanteur, présente ce dimanche 15 mars à la chapelle des Pénitents son programme « Récital
    de Cante ». Expert du chant flamenco, l’interprète espagnol est accompagné
    à la guitare par Pepe Fernandez, lauréat du prix du meilleur guitariste de flamenco du concours d’Albi en 2015. Enfin, pour clôturer le festival cette année, la tête d’affiche Alfonso Losa, maître de flamenco madrilène, présente son spectacle « Espacio Creativo » accompagné de Paula Comitre le samedi 21 mars.

  • Les trois expositions de la Galerie Negpos à Nîmes

    Les trois expositions de la Galerie Negpos à Nîmes

    D’abord, elle a reprogrammé « Benzine Cyprine », l’exposition de la photographe Kamille Lévêque Jégo. Puis elle a lancé dans la foulée son festival « Les Villes Invisibles ». « Ça s’est très bien passé, nous avons eu beaucoup de monde et beaucoup de soutiens de la part de nombreux partenaires. Maintenant, le rendez-vous est tellement apprécié, qu’il va être ritualisé », s’enthousiasme Patrice Loubon, directeur et fondateur de l’association NegPos.

    Pour clôturer ce festival, le centre d’art et de photographie organise deux expositions. La première, « De l’autre côté du périphérique » est accessible jusqu’au 31 mars au Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE) du Gard à Nîmes. Elle traite principalement des questions d’architectures et d’urbanisme et rassemble le travail de plusieurs photographes. « Il y a aussi des pratiques un peu différentes, il n’y a pas que de la photographie. Cette exposition veut montrer comment la ville de Nîmes se développe, sur des perspectives très commerciales aux dépens des terres agricoles, notamment au sud de la ville », prévient Patrice Loubon.

    La deuxième, ARTXINÎM, explore de son côté de l’urbex (l’exploration urbaine) local à travers, là encore, le regard de plusieurs photographes, à découvrir au sein de la galerie Negpos.

    Toujours dans sa galerie, Negpos vient également d’inaugurer la huitième édition de « Ceci n’est pas une photo » qui met à l’honneur l’artiste cubain Jorge Luis Marrero Carbajal. Celui-ci s’est fait connaître en ajoutant ses mains sur des photographies pour leur donner un sens poétique.

    « Comme la main est l’outil premier de l’artiste Jorge Luis Marrero Carbajal met en scène ses mains dans des contextes divers. C’est vraiment un jeu avec les mains. On découvre ainsi l’imaginaire de cet artiste. C’est très introspectif mais c’est aussi très abordable parce qu’il y a beaucoup d’humour », précise Patrice Loubon. Le public a désormais deux mois pour découvrir cette exposition intitulée « Plaisir intime ».

  • Sylvie Fleury au Mrac de Sérignan, le glamour comme regard sur le monde

    Sylvie Fleury au Mrac de Sérignan, le glamour comme regard sur le monde

    Cette artiste suisse, figure majeure de la scène contemporaine, a exposé dans des institutions internationales comme le musée Guggenheim de Bilbao ou le Kunsthal de Rotterdam, et est présente dans de grandes collections publiques comme celle du MoMA de New York. Elle brouille, depuis plus de trente ans, les frontières entre art et consommation, luxe et critique sociétale. L’Occitanie a encore quelques semaines pour plonger dans son univers.

    Trente ans de création sont aujourd’hui revisités dans un parcours immersif avec « Thunderb ». Son célèbre vaisseau spatial donne le ton. Une fusée, symbole traditionnel de puissance masculine, est ici bleu et rose, nacrée, glossy. Le détournement et l’ironie étant pleinement assumés. Tout autour, des comptoirs épurés sur lesquels reposent des objets du quotidien : un rouge à lèvres, de la poudre… comme posés là par inadvertance. L’ensemble se veut minimaliste, presque discret, avant que certaines pièces ne vous frappent de plein fouet. Des néons multicolores aux slogans hypnotiques des marques de cosmétiques éclairent le parcours. Ses œuvres fascinent parce que l’artiste croise le féminin et le masculin, l’art et la mode, la puissance et la frivolité supposée. Elle met en scène les codes pour mieux révéler leur artificialité. Son travail agit comme un diagnostic visuel de notre société de consommation. Ceci sans qu’elle ne se revendique moraliste.

    « Mon travail est souvent perçu comme une critique, et il l’est en partie. Mais c’est avant tout une observation de ce qui m’entoure, de ce qui me fascine. Je suis attirée par la perfection des surfaces laquées, par l’éclat d’un chrome, par la promesse contenue dans un emballage. Je ne porte pas de jugement, je présente des faits. Le spectateur est libre de ressentir la séduction, l’agacement, ou les deux à la fois. C’est dans cette tension que l’art opère », déclarait Sylvie Fleury lors du vernissage de l’exposition.

    * 146, avenue de la Plage, à Sérignan.
    Ouvert du mardi au vendredi
     10-18h et le week-end 13-18h.