Tag: photographie

  • Redécouvrir Béziers hors cadre

    Redécouvrir Béziers hors cadre

    Les esthétiques de trente photographes seront exposées dans une vingtaine de sites. « Les lieux hôtes ont sélectionné une exposition avec laquelle il y avait une résonance », explique Thomas Langlois Meurinne, le président du festival.

    Le musée des Beaux-Arts Fayet compte parmi les nouvelles étapes du parcours. L’exposition introductive, proposée dans le cloître de la cathédrale Saint-Nazaire, est une autre innovation de cette édition 2026. Les visiteurs pourront découvrir une image clé de chaque artiste.

    « Exigeant sans être élitiste » : telle est l’ambition de ce jeune festival. Pour preuve, des photographes amateurs ont été sélectionnés pour exposer leurs travaux dans un ancien pub, le Korrigan. En conclusion, Thomas Langlois-Meurinne glisse ce conseil pratique : avant de venir, il faut bien vérifier les horaires car ils sont différents dans chaque lieu.

    Julien Bramy

  • Une « reconnaissance historique » pour le collectif Saint-Jean 24 janvier 1943

    Une « reconnaissance historique » pour le collectif Saint-Jean 24 janvier 1943

    « C’est un moment longtemps espéré qui a fini par aboutir » résume Gérard Agresti au sortir de près de deux heures de réunion avec le Procureur national. Son père, Roger Agresti, était revenu du camp de Sachsenhausen. « On va s’appuyer sur cette reconnaissance pour que cette rafle oubliée ou éludée soit enseignée dans les livres scolaires. C’est un fait qui entre dans l’Histoire de France. » Il souhaite que le Président de la République vienne reconnaître publiquement qu’un crime contre l’Humanité a été commis par les Allemands et malheureusement des Français.

    « C’est une délivrance »

    « C’est un moment exceptionnel aujourd’hui, une délivrance je le dis. Pour moi, aujourd’hui, c’est la fin d’une quête, la reconnaissance de ce que 20 000 Marseillais chassés ont subi. » Rose-Marie Roger, 72 ans, bouleversée, serre fort dans ses mains la photographie encadrée de son grand-père, Vincenzo Ottaviano qu’elle n’a pas connu, mort le 12 avril 1943 au camp d’internement de Royallieu. « Il habitait rue des Honneurs. La Gestapo est venue le chercher. Ma grand-mère ne l’a jamais revu. Depuis toujours, je cherchais sa trace et grâce au collectif, j’ai pu voir son nom sur la stèle de Compiègne. »

    « C’est beaucoup d’émotion. C’est extraordinaire ! Je n’en ai pas dormi tellement je savais l’importance de ce que j’allais vivre » confie Antoine Mignemi, le président du Collectif Saint-Jean 24 janvier 1943, un des derniers survivants de la rafle. « Il a fallu attendre 83 ans pour que la souffrance des victimes puisse être reconnue. Je pense à mes parents et aux 20 000 personnes qui sont parties, la souffrance dans le ventre. »

    Antoine Mignemi espère maintenant qu’une nouvelle étape soit franchie. « Il faut que le président de la République française Emmanuel Macron, comme l’a fait Jacques Chirac pour la rafle du Vél d’Hiv, vienne reconnaître qu’à Marseille il y a eu cette tragédie et que cette mémoire soit transmise dans les écoles pour que cela ne se reproduise pas. Cette reconnaissance a absolument une portée politique. Car la vigilance est nécessaire face aux forces réactionnaires fascistes qui reviennent en France et entrent dans les gouvernements en Europe. »

    « Cette reconnaissance est un premier pas. J’avais 6 ans, ma mère enceinte pleurait. Un gendarme l’a vue et a eu un geste d’humanité en nous mettant dans le ferry-boat pour passer sur l’autre rive. Si je suis là aujourd’hui, c’est parce qu’il y a eu un gendarme pour nous sauver » tient à dire Guy Nassi, 89 ans. « On va se battre pour que l’État crée un fonds d’indemnisation » réclame Me Michel Pautot, avocat d’Antoinette et Gilbert Castagno qui avait respectivement 9 ans et 11 ans le jour de la rafle. « Ça fait plaisir mais un classement sans suite vraiment ça me choque » grimace Antoinette.

  • À Nimes, deux nouvelles expos chez Negpos

    À Nimes, deux nouvelles expos chez Negpos

    La galerie présente d’abord « La vie défigurée », un travail d’Erent Lock (gravure) et Jean-Pierre Hercourt (textes) qui traite de portraits d’hommes revenus mutilés de la guerre. « C’est le cri sans voix de ceux que l’on a sacrifiés, les “Gueules cassées”, soldats du peuple envoyés à l’abattoir. L’admirable travail d’Erent Lock est dessiné et gravé, les cisaillements de sa pointe sont autant de scarifications sur des visages ravagés par la violence du conflit », présente Eric Roth, historien de l’art.

    En parallèle, Patrice Loubon, qui est également président et fondateur de l’association NegPos, propose un travail photographique sur la Jeune Fille au Chevreau, œuvre du sculpteur Marcel Courbier, qui était présente aux Jardins de la Fontaine à Nîmes et dont les vestiges ont disparu après 1944. Patrice Loubon « passe par une collecte de pièces à conviction, d’images, de courriers et par une autre tendance vers une rhizomisation à la Perec, où les histoires surgissent les unes après les autres, les unes dans les autres, se connectant entre elles, ne faisant s’éloigner que davantage l’artiste de son point de départ mais nourrissant une épopée du siècle, des années 1920 aux années 1970 », précise Eric Roth.

    Les deux expositions sont à découvrir jusqu’au 9 octobre.

  • Le musée de Lodève invite au voyage intérieur avec l’expo d’Anouck Manzoni

    Le musée de Lodève invite au voyage intérieur avec l’expo d’Anouck Manzoni

    Des œuvres qui trouvent une résonance singulière avec les collections de géologie et de paléontologie du musée de Lodève. « Élaborées par un processus de sédimentation, elles mettent en jeu des temporalités lentes et des transformations de la matière qui rappellent celles à l’œuvre dans les phénomènes géologiques. Entre dépôt et empreinte, elles donnent forme à une matière traversée par le temps, évoquant des traces végétales, minérales ou cosmiques », décrit le musée dans sa présentation de l’exposition.

    « Anouck Manzoni crée un médium à base d’encres et de pigments qui, une fois appliqués au pinceau sur le papier, dessine des Rhizomes. (…) Tel le test de Rorschach ou la paréidolie, ses dessins et peintures sur papier s’adressent à l’inconscient collectif. Ils invitent le spectateur à l’introspection, la quête de son essence, sa nature profonde. Anouck Manzoni questionne notre relation au vivant et l’interconnexion de tous les éléments, sans hiérarchie aucune. »

    Le vernissage se déroulera samedi 19 septembre à 11h, en pleine effervescence des Journées européennes du patrimoine.

    Ce même jour, l‘artiste animera, à 14h et 16h, des visites commentées pour dévoiler les secrets de ses mystérieuses sédimentations colorées (gratuit sur réservation). Une expérience visuelle et sensorielle à ne pas manquer cet automne.

  • Au gré d’une balade insolite et photographique à Martigues

    Au gré d’une balade insolite et photographique à Martigues

    Captez l’âme de l’Île », tel est l’intitulé de cette balade photographique proposée par l’office de tourisme de la ville ce samedi à partir de 9h30 dans le quartier de l’Île.

    Aux côtés d’un professionnel et passionné de la photographie, membre du Photo club de Martigues, embarquez pour une découverte de deux heures. « Cette année, le thème des Journées européennes du patrimoine c’est le patrimoine photographique. C’est pour cela que nous avons mis en place cette balade, afin d’inviter les participants à poser un regard nouveau sur le patrimoine martégal », explique Mélissa Eliet, responsable au sein de l’office de tourisme.

    Apprendre à voir ce
    que l’on ne regarde plus

    L’occasion de se laisser guider dans les ruelles secrètes du quartier à la recherche de détails patrimoniaux qui pourraient se révéler sous votre objectif. Vous apprendrez à regarder de nouveau ce que l’on ne voit plus, une façade léchée par le sel et le temps, un volet bleu craquelé par l’été, le reflet d’un canal qui tremble dans la lumière dorée…

    « Les participants auront un itinéraire défini et ils partiront à la chasse aux détails sur les façades ou les monuments par exemple », continue-t-elle. « Et pour participer, nul besoin d’être un photographe aguerri ou d’avoir un appareil photo dernier cri parce qu’on peut faire de très beaux clichés avec un téléphone aussi ! »

    Au-delà des belles découvertes ou redécouvertes qui vous attendent lors de cette visite guidée insolite, le professionnel accompagnateur vous donnera aussi quelques conseils et astuces pour avoir des photographies de meilleure qualité et mieux révéler la poésie et l’histoire qui se cache derrière chaque pierre. « Le cadrage, la lumière, la profondeur photographique ou encore la composition et les détails sont autant de conseils précieux que délivrera le photographe au cours de la balade afin de joindre l’utile à l’agréable », souligne Mélissa Eliet.

    12 euros par participant. Rendez-vous devant l’office
    de tourisme.

    La réservation est conseillée.

  • Une jungle dans nos jardins

    Une jungle dans nos jardins

    Une tête d’épingle, un cerveau minuscule et pourtant des capacités qui pourraient faire bugger certaines intelligences artificielles. C’est avec les abeilles que Marie-Geneviève Guiraud travaille au quotidien. Chercheuse postdoctorale à AMU et au CNRS, spécialiste de la neurocognition des insectes, elle étudie leurs visions et leurs capacités d’apprentissage.

    Mais pour raconter les insectes, la scientifique ne s’est pas tournée vers un autre laboratoire. Elle a appelé son père, photographe naturaliste. Deux regards différents, réunis dans une même exposition : « Pollinisateurs : regards croisés entre science et photographie ». But affiché : comprendre le rôle des insectes dans les écosystèmes et leurs capacités cognitives.

    De la thèse à la macrophotographie

    À l’origine de cette collaboration, il y a une histoire familiale. Lorsque Marie-Geneviève Guiraud commence sa thèse, à Londres, elle doit régulièrement préparer des présentations scientifiques. Il lui faut des images. Son père, passionné de nature, commence alors à faire de la macrophotographie pour répondre à ses besoins.

    « Mon père, c’est un poète », raconte-t-elle. Un homme qui passe beaucoup de temps dehors à observer les paysages, les animaux et les insectes. Aujourd’hui, selon sa fille, il est « au top de son art » avec la collection présentée dans le cadre du festival.

    Derrière cette complicité familiale se cache aussi une volonté scientifique : rendre visible ce que l’on ne regarde pas. Car les insectes souffrent d’un paradoxe. Ils sont partout, mais restent largement méconnus. La chercheuse rappelle que les insectes représentent une part considérable de la biomasse et alerte sur leur déclin. Elle évoque notamment une diminution de 75 % sur les quinze dernières années. Un constat qui, selon elle, reste difficile à mesurer pour le grand public.

    Quand les abeilles défient l’intelligence artificielle

    Pour Marie-Geneviève Guiraud, changer le regard passe d’abord par la familiarité. « On a plus tendance à vouloir protéger ce qu’on connaît mieux », explique-t-elle. Les chiens et les chats nous sont familiers. Les insectes, beaucoup moins.

    Pourtant, derrière leurs centaines de milliers de neurones se cachent des capacités surprenantes. En moins d’une trentaine d’essais, les abeilles peuvent reconnaître des visages humains et les généraliser à d’autres. Une performance que la chercheuse compare à celle des IA, qui nécessitent selon elle des centaines d’images pour apprendre.

    À Marseille, cette découverte du monde minuscule prend aussi une dimension locale. L’exposition entend mettre en lumière les espèces présentes dans la région, notamment l’abeille noire, et rappeler la richesse des écosystèmes des Calanques. Pour la chercheuse, il s’agit de montrer que la biodiversité n’est pas une réalité lointaine : elle se trouve aussi « autour de chez nous ».

    Au fond, le duo père-fille ne cherche pas seulement à montrer de beaux insectes. Il cherche à provoquer un réflexe : celui de s’arrêter, d’observer et de s’émerveiller « comme quand on est enfant ».

    Sarah Aït Ouazzi

    Être(S) lié

    Tisser des liens. Entre l’humain et l’animal. Entre la science et la société. Entre les étudiants et le public. Tel est l’objectif de l’exposition collective « Être(s) lié » organisée par Lalie Chassaigne et Noémie Raskin, stagiaires au sein de la Mission Interdisciplinaire d’Aix-Marseille Université. En collaboration avec le programme d’Engagement Étudiant, ce projet a réuni neuf œuvres de la communauté universitaire qui seront exposées jusqu’à demain, au forum du Mucem. Au printemps 2026, une question s’invite dans toutes les boîtes mail des étudiants et du personnel d’amU : « Comment définiriez-vous votre lien à l’animal ? ». Cet appel à projet artistique propose à chacun d’y répondre selon le support de son choix. Lalie et Noémie, étudiantes en Master de Médiation Scientifique, reçoivent alors une vingtaine de photos, illustrations, collages et textes qui tentent à leur manière de qualifier cette relation. Les thèmes sont variés et offrent une grande diversité de regards posés sur le vivant qui nous entoure.

    Tania Carde Bernheim Le Coeur

  • Visa, la référence en image du cœur du monde

    Visa, la référence en image du cœur du monde

    « Les photographes sont mes yeux sur le monde ». C’est ainsi que Jean-François Leroy aimait définir ses choix, son regard. « Je suis aux côtés des photographes professionnels qui informent et témoignent. […] Certes, c’est un poncif, mais une image vaut réellement mille mots. » Il nous a quittés à 69 ans ce 31 août, quelques jours à peine le début de la 38e édition du Festival. Depuis 1989, il était cofondateur et directeur du festival international de photojournalisme, Visa pour l’Image à Perpignan.

    Chaque année plus de 40 pays sont représentés à travers les expositions et reportage, soit plus de 100 reportages photo, couvrant des sujets du monde entier. C’est aussi plus de 220 000 visites sur l’ensemble du festival dont 22 000 scolaires. Un incontournable.

    Ukraine, Soudan, Syrie, Israël, Afghanistan, Iran, Liban, Cambodge, Thaïlande… 2026 donne à voir les grands bouleversements qui traversent la planète et également leurs terribles conséquences humaines. Les terrains de guerre occupent la plus grande partie de la programmation. Le Visa d’or News la plus haute distinction du festival, a été attribué à Luis Tato, photojournaliste de l’AFP pour son travail sur les soulèvements de la génération Z à Madagascar. Sans oublier que malgré le déferlement de l’IA sur la fiabilité de l’information, son fondateur y voyait là « la plus belle opportunité que le journalisme a de se sauver ».

    Entrée libre, tous les jours de 10h à 20h, du 29 août au 13 septembre .

  • Deux cents ans de photographie de Marseille à l’Algérie

    Deux cents ans de photographie de Marseille à l’Algérie

    C’est en 1826 que Point de vue du Gras devient, la première photographie réussie et existante encore de nos jours. 200 ans plus tard, à l’ère du numérique, c’est grâce à un projet du ministère de la Culture que la France célèbre cet anniversaire, de septembre 2026 à septembre 2027.

    À Marseille, ce sont deux expositions qui ont été labellisées, afin de participer à cette manifestation autour de l’histoire de la photo : Marseille vue par les Detaille – 164 ans de photos au Musée de l’Histoire de Marseille, ainsi que AFRICA au Musée d’Art Contemporain.

    L’exposition Marseille vue par les Detaille – 164 ans de photos, retrace le travail de trois générations de la famille de photographes Detaille à Marseille. À travers les 225 images exposées, c’est toute une œuvre qui met à l’honneur l’histoire de la ville de Marseille. Un récit qui témoigne de l’évolution architecturale, sociale et humaine de la cité phocéenne, de 1860 à nos jours. Cette exposition a vu le jour grâce au don de Hélène et Gérard Detaille d’un fond photographique de plus de 50 000 images et documents, archivés par le musée. Un trésor historique et mémoriel.

    « Une fréquentation historique »

    Programmée initialement du 31 octobre 2025 au 31 octobre 2026, l’exposition a connu un tel succès qu’elle a été prolongée jusqu’au 20 juin 2027. Pour Fabrice Denise, président du Musée d’Histoire de Marseille, c’est une « fréquentation historique », avec plus de 6 000 visiteurs lors des dix premiers jours de l’exposition. La gratuité du musée a attiré les foules tout autant que ces photos, qui créent « un grand album de famille », explique-t-il, qui lie les habitants à leur ville, à travers toutes les générations.

    Le président met aussi en avant l’importance de cette exposition : les musées doivent « permettre de comprendre, d’analyser et de développer l’esprit critique », notamment chez les plus jeunes, dans un monde submergé par les contenus produits par l’intelligence artificielle.

    Au Musée d’Art Contemporain (MAC), AFRICA, l’exposition de Louisa Babari, visible jusqu’au 3 janvier 2027, retrace quant à elle l’histoire antique des civilisations berbères et numides sur le territoire actuel de l’Algérie. Elle s’appuie notamment sur un corpus d’œuvres photographiques, plastiques et sonores, en mêlant arts visuels, histoire et mémoire. Le Musée d’Art Contemporain de Marseille décrit l’exposition comme « une réflexion esthétique et quasi “scientifique” sur une Algérie antique, précoloniale et mythologique, encore largement absente des représentations dominantes ».

    Lauréate du prix AWARE Nouveau Regard en 2023, cette récompense a été un véritable tremplin pour Louisa Babari, même si c’est l’acquisition de plusieurs de ses œuvres par les Musées de Marseille qui a confirmé leur collaboration.

    Dans un entretien avec le Musée d’Art Contemporain, Louisa Babari évoque le contexte particulier dans lequel se place l’exposition : « le projet s’est construit autour de deux axes principaux de ma pratique : d’une part, une réflexion sur la généalogie, les archives familiales, réelles ou frictionnelles ; d’autre part, une exploration historique plus large qui remonte jusqu’à l’Antiquité et interroge l’histoire de l’Algérie et de l’Afrique du Nord ».

    Dans ce même entretien elle revient également sur la place importante qu’occupe la photographie dans son œuvre, et l’évoque comme « un moyen de faire dialoguer passé et présent, de faire apparaître une présence humaine à travers la minéralité de ces objets antiques ».

    Plus d’informations sur musees.marseille.fr

  • Dimanche de rentrée gratuit dans les musées

    Dimanche de rentrée gratuit dans les musées

    En ce premier dimanche de rentrée, l’entrée gratuite des expositions temporaires des musées municipaux marseillais* offre l’occasion de s’accorder une parenthèse culturelle… et fraîcheur, en famille, entre amis ou en solitaire. Un moment privilégié pour découvrir une programmation mêlant patrimoine, photographie, art contemporain et questions de société.

    Au Château Borély, l’exposition « Art nouveau – Art déco. Marseille au cœur des styles » met à l’honneur une période foisonnante de la création artistique et industrielle. Mobilier, céramiques, objets décoratifs, vêtements et pièces rares racontent une ville ouverte aux influences et à l’innovation. Un voyage élégant dans le Marseille du tournant du XXe siècle.

    Direction ensuite le Centre de la Vieille Charité où Adrien Vescovi déploie son exposition « Dormir comme le soleil ». Entre tentures monumentales et jeux de lumière, l’artiste transforme l’espace en paysage poétique. Une expérience immersive qui invite à prendre le temps de regarder et de ressentir.

    Derniers jours pour La vie climatique

    Les amateurs d’art contemporain trouveront leur bonheur au [mac]. La grande exposition « La vie climatique. Histoires sensibles des collections privées », présentée dans le cadre de la Triennale De leur temps, s’achève bientôt. Elle réunit une centaine d’artistes autour des bouleversements environnementaux et des nouvelles manières d’habiter le monde. Dans un autre registre, « AFRICA » de Louisa Babari propose une immersion sensible où dialoguent héritages antiques, cultures berbères et créations contemporaines.

    Le Musée d’Histoire n’est pas en reste avec « Marseille vue par les Detaille, 164 ans de photos ». À travers plusieurs générations de photographes, c’est toute l’évolution de la cité phocéenne qui y défile. Visages, rues, événements et paysages composent un récit fascinant de la mémoire de Marseille.

    Pour ceux qui préfèrent explorer le vivant, le Muséum d’Histoire naturelle propose « Biodiversité marseillaise, entre mer et collines », un parcours consacré aux richesses naturelles qui entourent la ville. Tandis qu’au MAAOA, « Rendez-vous manqués ? » questionne les regards portés sur les collections africaines, océaniennes et amérindiennes.

  • L’empreinte de Martin Parr à travers les décennies à Toulon

    L’empreinte de Martin Parr à travers les décennies à Toulon

    Une belle réussite que cette exposition qui réunit neuf séries réalisées par Martin Parr, décédé en décembre dernier et devenu au fil des décennies une figure majeure de la photographie.

    Dès les années 70 et son immersion dans la communauté méthodiste du Yorkshire, en noir et blanc, il y a déjà ce regard documentariste rehaussé d’une pointe d’ironie, de moquerie sans méchanceté. Et cette envie de capturer l’essence du moment et ses vapeurs. Les activités balnéaires de New Brighton restent à la fois cocasses et touchantes, mais le ton se fait tout de même plus mordant, voire féroce lorsqu’il s’agit des classes plus aisées qui offrent aux regards de tous les signes extérieurs de leur richesse, comme ce somptueux cliché cannois en point d’orgue de l’exposition. Tout aussi frappant que l’autoportrait de 2018, à Amsterdam, d’une autodérision peu commune.

    Maison de la photographie,
    rue Nicolas Laugier, Toulon.