Tag: PCF

  • À Septèmes, André Molino enfile de nouveau son écharpe de maire

    À Septèmes, André Molino enfile de nouveau son écharpe de maire

    La victoire fut nette et le conseil d’installation serein. Une semaine après l’avoir emporté au 1er tour des élections municipales avec plus de 60% des suffrages (2627 voix), la liste « Ensemble pour Septèmes » à reélu ce dimanche matin à la tête la commune, le maire sortant, André Molino (PCF). C’est lui, même en tant que doyen (79 ans) du conseil municipal, qui a eu l’honneur et le plaisir de l’annoncer dans une salle pleine à craquer. De chaleureux applaudissements s’en suivront.

    Humilité et émotion

    Aux 27 voix de sa majorité d’union de la gauche, des écologistes et des citoyens, est venue s’associer celle de Smahane Mebarki. La candidate de la France insoumise, créditée de 6,51% des suffrages le 15 mars, a obtenu un siège. Le fruit d’un joli score dans le quartier de la Gavotte d’où elle est originaire. Les nouveaux conseillers municipaux d’extrême droite, eux, ont voté blanc. Créditée de 32% des suffrages dimanche dernier, la liste du ciottiste Adrien Duché (UDR) occupe cinq sièges. Ils n’étaient toutefois que trois présents pour ce symbolique premier rendez-vous de la nouvelle mandature.

    « Je reçois cette responsabilité avec humilité et reconnaissance mais aussi, sachez-le, beaucoup d’émotions », a lancé André Molino. Installé dans le fauteuil de maire depuis 1999, il s’est dit fier de voir fructifier l’héritage de « celles et ceux qui nous ont précédés » et a eu une pensée toute particulière pour Marc Ferrandi et Fernand Ros. Comme eux, il promet d’être le maire de tous les Septémoises et les Septémois, « quelle que soit leur opinion politique et quel eut été leur vote la semaine dernière ».

    Devant une salle attentive où plusieurs membres du conseil municipal des jeunes étaient présents, le communiste rappelle les grandes lignes d’un programme « concret et réaliste » basé sur « une ambition claire et partagée » : réduction des inégalités, réponse à l’urgence climatique, renforcement des services publics locaux pour garantir justice sociale et solidarité intergénérationnelle, et soutien à la participation citoyenne. Des engagements qui se traduiront en direction de l’école communale, de la petite enfance, de la jeunesse, des seniors, du sport, de la culture et de la santé.

    Trois entrants dans

    le nouvel exécutif

    « Bien que compétence de l’état », André Molino n’en oublie pas « la sécurité des biens et des personnes ». Au-delà du renforcement annoncé de la police municipale, il promet que sa majorité pèsera de tout son poids pour l’installation d’un commissariat de plein exercice à Plan de campagne. Un projet qui sera vivement applaudi. « Place à l’action ! Un programme ambitieux ne demande qu’à être décliné en actes », lance un peu plus tard, le maire espérant une opposition « constructive et objective dans le seul intérêt de notre ville », en connaissance du choix exprimé par les habitants.

    Dans la foulée, le conseil municipal procède à la désignation des neufs nouveaux adjoints au maire. Un vote là encore validé par 28 voix sur les 33 du conseil municipal. La première écharpe, celle de première adjointe, est remise à Sylvie Laurent. Elle succède à Sophie Celton qui a tenu avec mérite ce rôle lors des deux derniers mandats, et continuera de porter des « dossiers fondamentaux » sur les sept prochaines années, assure le maire.

    Sept autres adjoints étaient déjà élus sur la dernière mandature. Gérard Guerrero (2e adjoint), Louisa Hammouche (3e), Hocine Ben Saïd (4e), Sophie Celton (5e) et Carole Halgand (9e), tous cinq adjoints sortants, sont reconduits. Conseiller municipaux sortants, Jérémy Martinez (6e) et Audrey Cermolacce (7e) entre eux dans l’exécutif septémois. Non élu, en 2020, Hervé Vaquier-Tolinos, éducateur spécialisé dans le civil, est le seul en fin de compte à y faire ses premiers pas. Il occupera le poste de 8e adjoint. Les délégations de chacun seront prises par arrêté du maire. Le travail pourra alors définitivement commencer.

  • Laurent Belsola élu maire de Port-de-Bouc, l’opposition absente

    Laurent Belsola élu maire de Port-de-Bouc, l’opposition absente

    D’habitude c’est nous qui les installons, cette fois c’est eux qui nous installent », s’amuse Laurent Belsola en référence au conseil municipal des jeunes installé au premier rang de la salle Gagarine samedi matin. Élus avec plus de 70% des voix au premier tour des élections municipales dimanche dernier, les candidats de la liste de Laurent Belsola (PCF) ont installé leur conseil municipal en public à la salle Gagarine, bien remplie. Sous la présidence éphémère du doyen de l’assemblée Christian Torres, accompagné du benjamin et nouvel entrant Samuel Lozano, le conseil municipal a évidemment élu Laurent Belsola maire de Port-de-Bouc à l’unanimité.

    Mais déjà, pour cette première séance d’installation, les cinq conseillers municipaux d’opposition d’extrême droite (RPR, allié au RN) conduite par Pascal Spanu et défaite au premier tour ne se sont pas présentés. « Cinq élus qui bafouent littéralement les valeurs de notre démocratie et méprisent ouvertement les Port-de-Boucains qui ont décidé de voter pour eux » tacle Laurent Belsola, accompagné par les huées de l’assistance lors de l’appel.

    L’extrême droite démissionne en chaîne

    Pire, le maire annonce que plus d’une dizaine de démissions en cascade ont eu lieu au sein de la liste opposante, dont les trois seuls maintenus sont Pascal Spanu (RPR), Véronique Martinez et Dominique Michelini, ce qui amène la 14e de liste Sabrine Mansouri à être appelée pour siéger. En cas de démission de cette dernière, les suivants « seront appelés au fur et à mesure dans l’ordre, et on verra s’ils siégeront » explique Laurent Belsola, qui estime que « la victoire massive qui a été la nôtre, à plus de 70% des suffrages exprimés, semble avoir ôté le goût de la chose publique à nos opposants ».

    À l’issue du conseil municipal, l’ancien 1er adjoint René Giorgetti, véritable mémoire de la ville du haut de ses sept mandats d’élu de 1977 à 2020, n’en revient pas : « Je n’ai jamais vu l’opposition s’absenter ! » affirme-t-il. « C’est un signal fort qui est envoyé » lance l’ancien élu pendant qu’au même moment une de ses connaissances l’apostrophe : « Vous avez vu ça le manque de respect ? C’est une honte ! » s’étonne cet habitant en direction des déserteurs. À noter que Virginie Pepe, élue sous l’ancien mandat, à la 6e place de la liste de Pascal Spanu et directrice de sa campagne fait partie des démissionnaires.

    Après que Laurent Belsola ait rappelé la charte de l’élu local, la présidence provisoire a procédé à l’élection de neuf adjoints au sein de son équipe, le maximum autorisé au regard de la taille de la commune, un choix que justifie Laurent Belsola par « l’inflation législative » à laquelle font face les élus locaux.

    Neuf adjoints élus

    L’équipe d’adjoints élue à l’unanimité est composée de Rosalba Cerboni (PCF) qui continue comme 1ère adjointe déléguée à la citoyenneté, Patrice Chapelle monte 2e adjoint délégué à la culture et à l’éducation populaire, Laurence Casandri devient adjointe déléguée à l’insertion sociale. Akrem M’Hamdi (PCF) qui enfile son écharpe le poing levé, passe 4e adjoint aux finances et au développement durable, Floriane Sotta (PCF) monte comme 5e adjointe au logement, David Guiot reste 6e adjoint au tourisme, aux festivités et au jumelage, Martine Muller devient 7e adjointe à l’éducation, Frédéric Bolano (PCF) nouvellement élu devient adjoint à la sécurité et Marie-France Nunez (PCF) passe adjointe déléguée au personnel et aux mobilités. Avec cette équipe, Laurent Belsola compte « continuer à défendre les piliers qu’ils [l’opposition, Ndlr] ont vilement tenté de dynamiter : le vivre-ensemble, la solidarité, le partage, la paix et l’émancipation des individus ».

    Le prochain conseil municipal aura lieu mardi 24 mars à 17h30. Contactée, l’équipe de Pascal Spanu n’a pas répondu à nos sollicitations.

  • À Martigues, la gauche en bonne posture

    À Martigues, la gauche en bonne posture

    C’est une triangulaire qui se présente aux électeurs martégaux dimanche 22 mars. Le maire sortant Gaby Charroux (PCF), meneur d’une liste d’union de la gauche et citoyenne (Pour Martigues !) est arrivé en tête du 1er tour à Martigues avec 35,71% des voix, talonné par le député RN Emmanuel Fouquart, à 28%, suivi de Jean-Luc Di Maria (LR) et sa liste (DVD) Un avenir pour Martigues.

    Dès l’annonce des résultats, l’élément perçu par les différents candidats comme décisif à l’approche du second tour est celui de l’abstention, avec 42,41% des inscrits qui ne se sont pas allés voter. « Depuis lundi matin, on est en contact avec tous ceux qui n’ont pas voté pour leur demander de cette fois ne pas oublier […] » évoquait Gaby Charroux dans son entretien avec La Marseillaise du 19/03. Le candidat de droite Jean-Luc Di Maria en a tiré la conclusion qu’« une grande partie des électeurs ne croient plus en la politique telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui » dans sa vidéo de mardi justifiant son maintien au second tour.

    Outre l’abstention, la mobilisation des électeurs des listes éliminées est également au centre du jeu. Particulièrement pour ceux du Collectif citoyen martégal qui a réalisé un score de 7,90 %, et d’une partie de ceux d’Anne-Marie Sudry (GRS), qui était alliée à Thierry Boissin, candidat d’Emmanuel Macron aux législatives de 2022.

    La clé du report de voix favorable

    Le report de voix pourrait être favorable au candidat en tête du classement, même en considérant une marge d’erreur. Les 1 603 voix du Collectif citoyen martégal pourraient ainsi compléter les 7 249 voix de Gaby Charroux au premier tour, pour atteindre les 8 883 voix que le candidat de la gauche avait récolté au 1er tour en 2020, en pleine période covid. Les abstentionnistes compteront pour approcher le plus haut score de quelque 12 911 voix atteint au second tour des municipales de 2014, marqué par une abstention de 33%. Du reste, cette année-là, le RN et Jean-Luc Di Maria avaient réalisé des résultats similaires à ceux du premier tour en 2026. En 2014, au second tour, le RN comptait 5 073 voix, contre 4 076 pour J.-L. Di Maria, à comparer aux 5 684 (RN) et 5 144 (J-L D.M) respectivement récoltés au 1er tour de 2026.

    L’élément de bascule recherché est celui de l’électorat progressiste en recherche d’unité de son offre, traditionnellement plus mobilisateur au second tour. Pour rappel, lors des élections législatives de 2024, les plus récentes, le candidat du Nouveau Front populaire Pierre Dharréville (PCF) offrait une spectaculaire poussée au second tour à Martigues, passant de 8 600 voix à 11 065, soit à opposer aux 10 243 voix d’Emmanuel Fouquart (RN) qui ne récoltait que 1 037 de plus au second tour.

    Un large soutien à gauche

    Le maire sortant dispose d’autres atouts. Comme l’unanimité des soutiens à gauche avec le PCF, PS, EELV (au départ partie prenante du Collectif Citoyen), L’après, Debout !, Place Publique, Génération Écologie. Unanimité sauf la France insoumise, dont le communiqué du 19 mars indique que « l’époque n’est plus à donner des consignes de votes », mais que « pas une voix ne doit aller au RN, aucun bulletin ne doit se porter sur les listes qui propagent le rejet de l’autre et le recul social ». Du reste, le monde syndical s’est clairement positionné avec le soutien de l’Union locale CGT et des syndicats des agents territoriaux de la Ville et du complexe pétrochimique de Lavéra. «  Quand Kem One ou Total étaient menacés, c’est Gaby Charroux qui était là en dehors des élections » rappelait Daniel Bretonès de l’UL CGT mardi. Un élu allié des luttes, particulièrement pour l’hôpital de Martigues : « Sans lui pas de rendez-vous en préfecture, ni d’interpellation à l’ARS » souligne le syndicaliste. La triangulaire révèle, au fond, un duel entre deux mondes.

  • [Entretien] Bertrand Perrin : « La perte de ces municipalités demeure un moment difficile »

    [Entretien] Bertrand Perrin : « La perte de ces municipalités demeure un moment difficile »

    La Marseillaise : Comment vivez-vous les résultats des élections municipales dans les Alpes-de-Haute-Provence ?

    Bertrand Perrin : Les résultats de ces élections municipales sont difficiles pour l’ensemble des forces progressistes dans les Alpes-de-Haute-Provence, particulièrement pour les communistes. Dans plusieurs communes où nous exercions des responsabilités, parfois depuis de nombreuses années, les électeurs ont choisi l’alternance. Durant cette campagne, des femmes et des hommes se sont mobilisés pour défendre une vision commune de la société : celle de la solidarité, de la justice sociale et de la démocratie.

    Que souhaitez-vous dire aux maires sortants de votre famille politique qui n’ont pas été réélus ?

    B.P. : Nous voulons adresser un remerciement particulier aux maires comme à l’ensemble des élus qui quittent aujourd’hui leurs fonctions. Pendant des années, parfois des décennies, ils ont consacré leur énergie et leur vie au service de leurs concitoyens, incarnant une certaine idée de la politique : proche des habitants, et fidèle aux valeurs de la gauche authentique. Leur action, qui a marqué durablement la vie de leur commune, constitue un héritage précieux pour toutes celles et ceux qui continueront à faire vivre ces valeurs dans les années à venir.

    Comment vivez-vous la perte de plusieurs communes communistes ?

    B.P. : La perte de ces municipalités demeure un moment difficile. Ces villes ont longtemps été des lieux cherchant à répondre concrètement aux besoins : défense des services publics, soutien au tissu associatif, solidarité, accès à la culture pour tous, au travers de politiques sociales et démocratiques permettant à chacun de vivre dignement. Les communistes conservent et gagnent néanmoins des élus et des adjoints dans plusieurs communes du département. Leur présence continuera de porter la voix de celles et ceux qui refusent l’état actuel des choses et défendent l’intérêt général. Nous le disons avec force : nous refusons toute résignation.

    Comment analysez-vous plus largement ces résultats ?

    B.P. : Ce résultat s’inscrit dans un contexte politique plus large : celui d’une campagne que nombre d’observateurs, à l’aube de la présidentielle, ont qualifié de « nationalisée ». C’est la situation d’un pays profondément bousculé par les politiques libérales, par la crise sociale, et par la progression inquiétante de la droite extrême et de l’extrême droite. C’est aussi un climat politique national où le refus persistant de certaines forces de travailler ensemble, où les affrontements et les stratégies électoralistes ou populistes de division ont contribué à brouiller l’image même de la gauche à travers le pays, nourrissant la défiance envers l’ensemble des organisations progressistes. Dans ce contexte, la responsabilité des forces de gauche est immense.

    Restez-vous déterminé malgré tout ?

    B.P. : Les communistes continueront à prendre toute leur part dans la bataille qui s’ouvre : celle du rassemblement populaire et de la reconstruction d’une perspective de gauche capable de répondre aux attentes du monde du travail et de la jeunesse, et de montrer qu’une autre voie est possible pour notre pays. Nos idées vivent dans les luttes sociales, les mobilisations citoyennes et l’engagement quotidien de ceux qui font vivre nos communes. Cette période n’est qu’une étape dans la bataille politique : l’histoire des mouvements de transformation sociale est faite de combats longs, parfois de reculs, mais toujours portés par la conviction profonde que la justice sociale, la démocratie et l’écologie constituent des nécessités concrètes.

  • Gaby Charroux défend le bouclier martégal, menacé par le RN

    Gaby Charroux défend le bouclier martégal, menacé par le RN

    C’est un Gaby Charroux mobilisateur qui a tenu son dernier meeting ce jeudi soir. Le maire sortant (PCF), qui brigue un quatrième mandat, fait l’unanimité chez ses sympathisants, venus remplir le gymnase des Salins à 72 heures du second tour.

    Mais il a surtout réussi à « rassembler tout le camp du progrès dans l’intérêt de Martigues », souligne la sénatrice des Bouches-du-Rhône Marie-Arlette Carlotti, venue « apporter le soutien de ma famille politique, le parti socialiste » à cette équipe renouvelée à 50%. Son collègue de la chambre haute du Parlement Guy Benarroche (les Écologistes) a également tenu à apporter sa force à Gaby Charroux, appelant les électeurs à « se déplacer pour défendre ces valeurs de justice sociale, ces valeurs de démocratie, cette transition écologique ».

    Au-delà de la sphère politique départementale, le député François Ruffin (Debout !) adresse également un message aux Martégales et aux Martégaux, les invitant à voter pour la liste de l’édile sortant « pour qu’il puisse s’occuper au mieux de la République du quotidien, qui s’occupe des cantines du périscolaire, des cimetières, des transports, de la vie ordinaire ». « Pour ça, il faut des gens qui soient soucieux des gens plutôt que de l’argent », affirme l’élu. L’ancienne insoumise Clémentine Autain aussi, appelle à la mobilisation, pour que « l’égalité soit au rendez-vous des politiques municipales ».

    La « supercherie du RN » dénoncée

    Sans compter l’antenne locale du Collectif solidarité Palestine ou encore l’Union locale CGT de Martigues. Son secrétaire général Daniel Bretonès rappelle : « Martigues n’est pas une ville neutre. Martigues est une ville ouvrière marquée par les luttes, construite par des générations de travailleuses et de travailleurs de l’industrie, de l’énergie, du port, de la pétrochimie, des services publics, du commerce. Une ville où le rouge n’est pas une couleur abstraite. C’est le rouge de la résistance, de celles et ceux qui ont refusé la soumission qui ont combattu le fascisme. (…) Ce rouge-là, camarades, nous oblige à prendre nos responsabilités. »

    Car si Gaby Charroux est arrivé en pole position à l’issue du premier tour, avec 35,71% des suffrages, le RN poursuit sa progression avec la candidature d’Emmanuel Fouquart, qui a obtenu 28% des voix après avoir raflé la députation à Pierre Dharréville en juillet 2024 (52,87% au second tour). « À Martigues, comme partout en France, l’extrême droite progresse en s’appuyant sur une détresse sociale qu’elle n’a pourtant jamais combattue », dénonce le syndicaliste.

    À propos de son adversaire, le candidat d’union de la gauche assène : « Voilà un député RN élu ici dont la première décision, est de tourner le dos aux Martégales et aux Martégaux [Emmanuel Fouquart avait préféré son mandat régional à son mandat municipal, Ndlr.]. Sur la rénovation de l’hôpital, dont nous avons tant besoin et que j’ai porté avec force et conviction, rien. Sur la sécurité, rien non plus. Et à l’Assemblée nationale, il vote contre les communes et fait perdre à la Ville 6 millions d’euros. » Mercredi 14 janvier, le RN a voté un amendement visant à amputer de près de 5 milliards d’euros la dotation globale de fonctionnement aux collectivités.

    Venu lui aussi apporter son soutien à Gaby Charroux, le sénateur communiste Jérémy Bacchi pointe l’enjeu du scrutin de dimanche : « Martigues fait office d’exemple dans sa gestion des services publics, dans l’accès à la culture, au sport, à la santé, dans la défense des travailleuses, des travailleurs, de l’environnement et de notre industrie. Vous avez une chance historique, il ne faut pas la gâcher. Je salue le courage de Gaby Charroux de son équipe de n’avoir jamais cédé aux sirènes de l’austérité. »

    Jean-François Mauffrey, conseiller municipal délégué à l’industrie et à l’environnement lors du précédent mandat et colistier du maire sortant, affirme non sans émotion : « Cette ville elle m’a créé. (…) J’ai bénéficié de l’école, du conservatoire gratuit, des différents types de clubs, de l’athlétisme, de la gym et finalement du club de volley. (…) J’ai aussi grâce à l’intergénérationnel. (…) Il nous faut continuer de défendre ce modèle martégal qui a fait le choix d’investir dans le bonheur et la vie des gens et qui propose des activités diverses à tous les âges. »

    Pour parvenir à le préserver, l’équipe d’union de la gauche tend la main « à tous ceux et celles qui ne se sont pas exprimés dimanche dernier », assure le co-listier Pierre Dharréville, alors que le taux d’abstention a atteint 42,4% lors du premier tour, mais aussi « à celles et ceux qui ont fait un autre choix au premier tour, qui ont voté par exemple pour le Collectif citoyen martégal ». L’appel est passé.

  • À Arles, l’union fait la force autour de Nicolas Koukas

    À Arles, l’union fait la force autour de Nicolas Koukas

    « Ici c’est Fournier ! » clame Nicolas Koukas à l’ouverture de son meeting de second tour des élections municipales, jeudi soir, pour la liste de l’Union pour Arles. Le gymnase a vibré au son d’Eminem et d’AC/DC à l’énumération des noms des colistiers, avant de laisser place à la voix légèrement enrouée du candidat communiste, qui ne laisse aucune suspension à sa confiance : « ce second tour va nous mener à la victoire dimanche » affirme-t-il devant ses soutiens gonflés à bloc.

    Arrivé en deuxième position du scrutin avec 25,38 % des voix, derrière le maire Horizons Patrick De Carolis à 34%, Nicolas Koukas estime être « en ballotage favorable » au milieu du maire sortant et des autres adversaires que sont Rémy Benson (RN) à l’extrême droite avec 16,37% des voix et Jean-Michel Jalabert (DVC) à 13,69%. Le chef de file de l’Union pour Arles analyse le 1er tour en pointant que « deux tiers des Arlésiens qui se sont exprimés ont dit non au maire […] qui, ne vous y trompez pas, a subi un sérieux revers », mais ne s’en satisfait pas pour autant. « L’abstention est trop forte quand un Arlésien sur deux ne ssest pas déplacé pour voter. Ce n’est pas une fatalité, c’est le symptôme d’une crise démocratique » relève le candidat qui veut la « combattre de manière unie ».

    La force de l’union

    Car « La force de l’union » n’est pas qu’un slogan écrit sur les affiches et tracts du candidat, mais une somme de réalités. Outre les neuf partis politiques mobilisés au sein de cette union, ainsi que les « 600 Arlésiens qui ont construit le projet » porté par sa liste, dont ceux de l’Appel d’Arles, Nicolas Koukas emporte avec lui de nouveaux alliés dans ce deuxième round.

    À commencer par des anciens membres de l’équipe De Carolis comme le Dr Serge Meyssonnier de Mas Thibert, ancien adjoint et Sophie Aspord, ex-3e adjointe à l’urbanisme, tous deux présents dans la salle, le candidat est fort du « consensus de tous bords sur l’incapacité à rassembler et diriger » du maire sortant, « y compris dans son ancienne équipe ». Mais aussi du soutien des Écologistes qui étaient sur la liste de Jecilla Regad (LFI) au 1er tour, dont Nicolas Koukas (PCF) a salué la « belle campagne de gauche ».

    De gauche, comme Fernand Fournier, dont Nicolas Koukas a souhaité « rappeler qui il était : un résistant, cheminot, mort en déportation ». Une précision utile face au discours du maire sortant, qui fait feu de tout bois sur le communiste et son équipe. « Des dangereux bolcheviques avec un couteau entre les dents ! » caricature Nicolas Koukas, qui se dit « fier de nos parents et grands-parents qui ont chassé les nazis eux-mêmes en 1944 et ont mené tant de combats depuis ».

    Plus que l’anticommunisme primaire, le candidat pointe « les intimidations » sur des agents communaux de la part du maire sortant, les « divisions systématiques » au sein de « l’ancien monde en déroute » du « candidat macroniste » qui a été jusqu’à « faire pression sur Jean-Michel Jalabert pour qu’il se retire, en appelant jusqu’à Jean-Pierre Camoin, ancien maire de droite (RPR) dans les années 1980 pour ce faire ». « Quel spectacle, quel cirque nous offre-t-il après nous avoir tant critiqué tout le mandat ? Comment avoir confiance en un homme pareil ? Notre ville mérite mieux » tranche Nicolas Koukas.

    « Notre devoir est de mettre fin au système De Carolis » lance-t-il, y opposant « l’urgence de la démocratie participative pour rendre Arles aux Arlésiens » et « refuser les décisions prises entre amis ou dans un bureau fermé ». Mais aussi « Les 12 millions d’euros que nous allons dédier à l’éducation et aux écoles, la lutte contre l’habitat indigne » entre autres mesures que Nicolas Koukas espère faire gagner par le « réveil de la flamme populaire pour une ville plus humaine, chaleureuse et prospère ».

    La chaleur, elle, était déjà là.

  • Les communistes satisfaits d’avoir joué les traits d’union à Avignon

    Les communistes satisfaits d’avoir joué les traits d’union à Avignon

    Début janvier, en avalisant un accord avec la liste insoumise de Mathilde Louvain, la section avignonnaise du Parti communiste avait fait grincer des dents à gauche et au sein de la direction nationale. Une décision allant à rebours de la présence du PCF au sein de la majorité sortante, dont le candidat naturel était David Fournier (PS). « De manière générale dans la section il y a un clivage historique entre une gauche réformiste et une gauche révolutionnaire, cette fois le choix s’est porté sur la seconde », décrypte Julien De Benito, secrétaire départemental du PCF 84. Avec la fusion des listes à gauche, les communistes présentent trois colistiers, dont le conseiller départemental Rémy Blanc et l’actuelle élue à l’action sociale, Anne-Catherine Lepage amenée, en cas de victoire, à prendre une délégation élargie sur le sujet.

    « On est fiers du chemin pris, l’histoire nous donne raison, livre Rémy Blanc. On peut se satisfaire d’avoir été un peu ce trait d’union, d’avoir rendu les choses possibles pour ce second tour. » Même tonalité pour Julien De Benito, adjoint au maire sortant, qui ne se représente pas. « Il fallait garantir une fusion entre les deux tours, un rapprochement des deux gauches », estime-t-il. Avoir mené « une campagne propre », qui a ménagé les uns les autres ainsi que les personnalités peu clivantes de Mathilde Louvain et de David Fournier ont contribué à s’entendre. Mais pas que. « On a travaillé toute la campagne à relocaliser le débat, à lui donner du contenu par les dossiers avignonnais, Mathilde a su très bien s’en saisir, et ça aussi, c’est un facteur d’union, ça passe toujours mieux quand tu parles de dossiers qu’à coups de slogans. » Assez affligés par la tournure de la campagne prise par Olivier Galzi (DVD) accusant la gauche de « violence », Rémy Blanc et Julien De Benito répondent par le fond : « On doit rassurer par rapport à toute cette instrumentalisation de notre union, il n’y a rien de violent à vouloir des bas tarifs à la cantine, des logements dignes, des transports en commun gratuits ou une régie publique de l’eau. »

    En cette fin de campagne, le PCF insiste sur les « questions de solidarité, de justice sociale au regard des difficultés dans les quartiers populaires », conclut Rémy Blanc.

  • [Entretien] Gaby Charroux : « Le RN, c’est l’opposé de ce que nous prônons »

    [Entretien] Gaby Charroux : « Le RN, c’est l’opposé de ce que nous prônons »

    La Marseillaise : Vous êtes arrivé en tête pour le premier tour, comment abordez-vous le second ?

    Gaby Charroux : Avec confiance et satisfaction parce que les scores ont été ceux qu’on connaît. Les trois listes représentant les trois candidats là, qui restent, nous placent en tête avec huit points d’avance sur le Rassemblement national, et près de 11 sur le candidat de la droite. C’est bien, chacun joue son jeu et son rôle. Et nous avons le soutien d’une grande partie de la gauche, le sénateur Guy Benarroche (EELV) sera là demain [ce soir, Ndlr].

    Reste une menace de l’extrême droite particulièrement forte…

    G.C. : Bien sûr, c’est une menace parce que le Rassemblement national, c’est l’opposé de ce que nous prônons. C’est un programme dont on sait combien les Martégales et les Martégaux souffriraient si par malheur ils étaient au pouvoir. Leur programme est très clair, très simple : les services publics pour eux, c’est l’ennemi. L’argent, il faudra qu’ils le trouvent, il sera pris aux associations, au personnel municipal, donc aux services publics.

    En clair, tout l’inverse de ce que vous avez bâti au cours de vos précédents mandats ?

    G.C. : Oui, c’est ce que l’on appelle nous « le bouclier martégal », avec des tarifs gratuits ou les plus bas possibles, par exemple pour la restauration scolaire, mais aussi des impôts fonciers parmi les plus bas de tout le département, des services qui permettent l’accès à la culture, au sport, aux solidarités, les meilleurs possibles. La première chose qu’il ait faite, Monsieur Fouquart, lorsqu’il a été élu député, c’est qu’il a abandonné Martigues. Il avait déjà quitté le conseil municipal pour garder son poste de conseiller régional parce que là-bas il y a une rémunération et ici il n’y en avait pas, évidemment. Et il dit que là-bas il a défendu les intérêts de la ville. C’est faux et archifaux ! Année après année, les seules aides qu’on ait de la Région, c’est les 180 000 euros pour louer… enfin on ne va pas dire louer s’agissant d’une collectivité, mais pour faire utiliser par les lycéens des trois lycées de Martigues, lycées dont la Région possède au passage la compétence, nos gymnases municipaux. À l’Assemblée nationale, il a voté avec son groupe la diminution de 5 milliards d’euros pour les collectivités, ce qui fait pour Martigues 5 à 7 millions en moins.

    Le maintien de la droite est-il pour vous une bonne nouvelle ?

    G.C. : Oui, c’est l’opposant historique, on le connaît. Il a quand même voté 65% de nos délibérations dans les six dernières années, ce qui contribuait à faire un vote à l’unanimité. C’est dire qu’il considère que les choses se passent bien ici, en approuvant aux deux tiers notre travail. Le même qui dit aujourd’hui d’ailleurs dans La Provence, encore ce matin : « Ils ont détruit la ville »…

    À Martigues avec 42,41%, le taux d’abstention reste dans la moyenne nationale mais élevé. Comment comptez-vous aller à la pêche aux abstentionnistes ?

    G.C. : Depuis lundi matin, on est en contact avec tous ceux qui n’ont pas voté pour leur demander de cette fois ne pas oublier. C’est ce qu’ils nous disent parfois, « Ah ben on a oublié. » On nous dit aussi « Non, on ne veut pas », soyons clairs. On espère être encore plus efficaces dans ce domaine-là. On a continué notre travail avec les dizaines et dizaines de militants ici, avec le porte-à-porte, le boîtage et la rencontre. Là cet après-midi, dans deux quartiers, on met un petit barnum, et puis les gens peuvent venir à notre rencontre et nous, on va à la leur et on distribue nos derniers documents, notre profession de foi, et surtout au dos de cette profession de foi, on a noté ce qui était en jeu et les pertes qui pouvaient arriver.

    Quel message principal souhaitez-vous faire passer ce soir ?

    G.C. : Il faut que les électeurs, ouvrent les yeux sur ce qui est fait et ce qui est mis à leur disposition dans cette ville. Bien sûr, on peut faire autrement encore, on peut faire plus dans un certain nombre de secteurs, mais l’essentiel est déjà en place et il faut qu’ils mesurent ce qu’ils risquent de perdre demain, de solidarité, de bien-vivre ensemble ici et de réponse à leurs désirs d’épanouissement pour leur famille et leurs enfants.

    Meeting ce jeudi 19 mars à 18h au gymnase des Salins, chemin de Paradis.

  • L’extrême droite aux portes de la mairie de Bagnols-sur-Cèze

    L’extrême droite aux portes de la mairie de Bagnols-sur-Cèze

    Entre un maire sortant complètement décrédibilisé et une gauche totalement désunie, le scrutin dans la troisième ville du Gard s’annonçait déjà favorable au RN avant le vote du premier tour. L’ampleur de la vague brune s’est confirmée dimanche 15 mars : la députée (RN) Pascale Bordes caracolait en tête avec 44,26%. Derrière, le maire sortant Jean-Yves Chapelet (soutenu par la macronie) arrivait tout juste en deuxième position avec 18,25%, devant Jérôme Jackel (Debout!) à 15,93%, Philippe Broche (soutenu par le PCF) à 14,43% et Michel Cegielski (PRG) à 7,13%.

    Mais malgré ce désaveu criant pour le maire sortant et l’incapacité pour un autre candidat de le devancer, Jean-Yves Chapelet a appelé la population à l’union « pour le progrès et l’avenir » pour ne pas « laisser les clés de la ville à un parti ». Sauf que son opposant au conseil municipal, Jérôme Jackel, se maintient au second tour. L’élu municipal membre du parti de François Ruffin, a aussi lancé un appel à l’union et a proposé une fusion à Philippe Broche. Une réunion s’est déroulée le 16 mars entre les colistiers de Philippe Broche qui ont finalement décidé de se retirer. Jugeant l’offre de fusion « pas à la hauteur », Philippe Broche a refusé de s’allier avec Jérôme Jackel et, devant l’absence de coup de fil du maire sortant, n’a pas donné de consigne de vote. Le Parti communiste qui le soutenait a de son côté appelé à ce qu’ « aucune voix n’aille au Rassemblement National ».

    Avec deux listes face à Pascale Bordes, les jeux semblent donc déjà pliés. « J’estime qu’à 160 voix du maire sortant je suis légitime », explique Jérôme Jackel. « J’irai chercher l’opposition. Les oppositions sont nécessaires. Si le maire avait été plus démocrate, je l’aurais suivi mais là, il règne seul. Si le RN doit prendre la ville, je serais là pour préparer l’avenir et être une opposition au RN, ce que Jean-Yves Chapelet est incapable d’incarner ».

    RN : une équipe très familiale

    Malgré les forts résultats de l’extrême droite à Bagnols-sur-Cèze, la liste de Pascale Bordes montre à nouveau qu’il est plus facile au RN d’atteindre les 40 % que de trouver 33 noms pour constituer une liste. Ainsi, Objectif Gard dénombrait pas moins de sept couples dans la liste de la députée. Aussi, trois colistiers sont ou seront durant le mandat, nonagénaires. « Quant à certains jeunes de la liste, une petite recherche sur les réseaux montre qu’ils vont quitter ou ont déjà quitté la ville pour étudier ailleurs. Ainsi, une jeune femme explique qu’elle sera en septembre 2026 à Paris », ajoute Elian Cellier, secrétaire de la section communiste de Bagnols-sur-Cèze.

    Cette liste, tout comme l’absence de Pascale Bordes en conseil municipal depuis 2021 alors qu’elle avait été élue dans l’opposition l’année précédente, n’a pourtant pas empêché les Bagnolais de plébisciter la députée d’extrême droite au premier tour.

  • Le PCF Var interpelle la droite au second tour

    Le PCF Var interpelle la droite au second tour

    Après un premier tour difficile pour les listes progressistes, le PCF Var partage son analyse. Pointant « une participation en baisse par rapport à 2014 », qui n’a pas joué en faveur de la gauche, et qu’il explique par « le contexte anxiogène des guerres et les trop nombreuses affaires judiciaires concernant des élus varois », il salue malgré tout « les campagnes dynamiques » menées par les partis de gauche « avec des citoyens engagés dans la plupart des villes varoises ».

    Le PCF regrette cependant la division de la gauche, qui ne lui a pas permis de « peser fortement » à La Seyne, où « chacun peut juger de l’irresponsabilité des uns et des autres face au danger du RN qui pourtant était annoncé », notant toutefois qu’« après une très bonne campagne de la liste de gauche PCF-GRS-Après-MRC, Stéphane Sacco arrive nettement en tête de la gauche ».

    « Empêcher l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite »

    Autre responsable « des résultats contrastés » : le « vote utile pour faire barrage au RN et ne permettant à la gauche de se maintenir qu’à La Seyne, La Garde, Solliès-Pont ». Toulon en Commun en a ainsi fait les frais au profit de Josée Massi selon le PCF Var, qui ajoute que cette dernière « a besoin des voix de gauche pour être élue, et doit en tenir compte ». Et enjoint, de manière générale, « les candidats de la droite sous la menace du RN » à prendre en considération « le vote des électeurs de gauche au premier tour ».

    « L’extrême droite peut conquérir plusieurs communes : Toulon, La Seyne, Draguignan, Six-Fours, Solliès-Pont, Salernes… Il est impératif d’empêcher son arrivée au pouvoir », martèlent les communistes, qui continueront « à défendre après les élections les intérêts de la population en matière de logement, de santé, d’éducation, de sécurité… »