Tag: Patrimoine

  • [C’est l’été] Une soirée pizza dédiée à l’emblématique moit-moit

    [C’est l’été] Une soirée pizza dédiée à l’emblématique moit-moit

    C’est sous les rayons d’un coucher de soleil estival que la Ville de Marseille dans le cadre de sa programmation de l’été, organise une soirée unique où l’histoire rime avec la fête. L’occasion aussi de célébrer le patrimoine culinaire et culturel de cette ville de Méditerranée. Sur l’esplanade de la Major petits et grands se rassembleront pour un moment de partage, de plaisir et de gourmandise. Bien que l’ensemble des trois créneaux proposés pour participer à ce moment festif soit complet, rien ne vous empêche d’aller y faire un tour et de découvrir ou redécouvrir l’histoire de la naissance de cette pizza devenue aussi culte que mythique et qui suscite toutes les convoitises.

    Entre Naples et Marseille

    Bien que cette spécialité gastronomique ait été introduite par les familles napolitaines venues à Marseille pour fuir la paupérisation de l’Italie à la fin du XVIIIe siècle, c’est dans la cité phocéenne en 1962 que Jean Méritan, steward sur les bateaux en Méditerranée, a eu l’idée de transformer un camion en temple de la pizza. Aujourd’hui, cette innovation répandue en France et dans le monde entier fait côtoyer ambiance festive et régal pour les papilles.

    Pâte fine, ingrédients frais et art de vivre méditerranéen seront donc à l’honneur lors de cet événement accompagné de musique pour vous déhancher jusqu’au bout de la nuit.

    Quant à la pizza moitié-moitié ou moit-moit aussi appelée mezzo mezzo elle a aussi vu le jour à Marseille et se compose d’une moitié de la pizza aux anchois et l’autre moitié au fromage, traditionnellement de l’emmental à Marseille, sur une base de sauce tomate.

    La légende marseillaise

    Née de la forte influence de la culture napolitaine et populaire marseillaise, cette pizza regroupe les deux ingrédients les plus appréciés et les plus populaires à l’époque.

    La légende qui circule dans les rues de Marseille raconte que c’est Chez Sauveur, pizzeria qui existe toujours dans le quartier de Noailles. Deux seuls choix de pizzas existaient dans le temps et pour commander il fallait appuyer sur un bouton mais un client se serait trompé en appuyant sur les deux boutons en même temps créant la moit-moit…

  • Barbegal, la meunerie du Bas-Empire

    Barbegal, la meunerie du Bas-Empire

    À la fin du Ier siècle av. J.-C., Arles, devenue colonie romaine en 46 avant J.-C., est approvisionnée en eau par un aqueduc dont deux branches captent des sources dans les Alpilles. Elles se rejoignaient à Fontvieille, au Vallon des Arcs. L’eau traversait ce vallon sur un pont-aqueduc de 325m de long et continuait sa course vers Arles par le marais des Baux. C’est au début du IIe siècle après J.-C., que les Romains construisent à Barbegal un second pont-aqueduc parallèle au premier et exclusivement dédié à une meunerie hydraulique.

    Les visiteurs de ce site en accès libre découvrent comment l’aqueduc traversait le rocher de la Pène par une large entaille. L’eau descendait à travers deux canalisations étagées en 8 chutes qui mettaient en marche les roues à aube qui faisaient tourner de 16 à 32 meules de pierre en lave de basalte. Avec un débit estimé entre 240 et 1 000 litres par seconde, cette meunerie, la mieux conservée du monde romain, pouvait produire 4,5 tonnes de farine par jour. Pour l’archéologue Fernand Benoit qui a fouillé le site en 1937, ce complexe a pu être réalisé par l’ingénieur gallo-romain Quintus Candidius Benignus.

    Envahi par la végétation, le site inscrit en zone Natura 2000 manque de lisibilité, de médiation et d’accueil pour le public. La commune prépare sa restauration et sa mise en valeur dans le respect de son classement au titre des monuments historiques.

  • [C’est l’été] Cluedo au musée de Bormes-les-Mimosas

    [C’est l’été] Cluedo au musée de Bormes-les-Mimosas

    À l’occasion du centenaire du musée d’histoire et d’art, plongez dans une expérience immersive inédite mêlant patrimoine, théâtre et enquête grandeur nature !

    Au fil des salles, partez à leur rencontre et tentez de reconstituer la mémoire du musée… À vivre dès 7 ans.

    Lundi 3 août de 19h30 à 22h.
    10 à 15
     euros

  • Les forteresses du Languedoc inscrites à l’Unesco

    Les forteresses du Languedoc inscrites à l’Unesco

    C’est la reconnaissance de plus d’une décennie de préparation et de travaux historiques menés par l’association Mission patrimoine Mondial composée notamment des Départements de l’Aude et de l’Ariège. « Le système de forteresses de la sénéchaussée de Carcassonne (XIIIe-XIVe siècles) » a été classé, dimanche 26 août au patrimoine mondial de l’Unesco. La proclamation a été faite de Busan (Corée du Sud) où le comité de l’Unesco était réuni en session. Derrière l’intitulé un peu âpre le « bien culturel » désormais classé est constitué des remparts et du château de Carcassonne et d’une sélection de sept châteaux établis dans sa périphérie. Cette série de fortifications, contemporaines les unes des autres, témoigne de la conquête du Languedoc par le roi de France et ses vassaux, dans la première moitié du XIIIe siècle, et de son objectif : le contrôle d’un vaste ensemble territorial par l’affirmation du pouvoir royal. Au sein d’un ensemble de châteaux qui répondaient aux mêmes objectifs politiques et militaires et avaient les mêmes caractéristiques architecturales, la série sélectionnée présente les sites les mieux conservés et les plus authentiques. Elle reflète une homogénéité thématique et une cohérence historique, à l’échelle d’un large territoire.

    Chaque élément constitutif est porteur d’une partie spécifique de la valeur universelle exceptionnelle du bien. Les caractéristiques majeures de cet ensemble militaire, politique et symbolique du XIIIe et du début du XIVe siècles sont les suivantes : une approche territoriale d’ensemble du système défensif qui fut mis en place par le roi de France, à l’issue de la Croisade contre les Albigeois (1209-1229), et dont Carcassonne était le centre militaire, politique et administratif aux XIIIe et XIVe siècles ; un témoignage unique, par son homogénéité architecturale de ce que pouvait être un réseau fortifié capétien aux XIIIe et XIVe siècles ; un exemple remarquable d’importation et d’adaptation des principes de la fortification capétienne à des sites escarpés ; une situation paysagère exceptionnelle.

    Un « levier »

    de développement

    La présidente du Département de l’Aude, Hélène Sandragné, a salué le classement des Forteresses royales du Languedoc à l’Unesco, le qualifiant de « levier » pour le développement touristique et économique. « Il va accroître notre attractivité et l’Aude en a besoin », a-t-elle déclaré.

    Souvent perchées en haut de pitons rocheux escarpés, les huit forteresses, celles de Montségur en Ariège et celles de Peyrepertuse, Quéribus, d’Aguilar, de Lastours, de Peyrepertuse, de Puilaurens, de Termes et de Carcassonne dans l’Aude, ont été édifiées à l’issue de la croisade contre les Albigeois (1209-1229), lorsqu’une partie du Languedoc tombe dans le domaine royal. Certains de ces sites avaient servi auparavant de refuge aux Cathares accusés d’hérésie.

    Avec ces forteresses, le roi de France voulait garder un œil sur la population locale encore considérée comme dissidente et surveiller le royaume d’Aragon, situé à quelques dizaines de kilomètres à peine de Quéribus ou Peyrepertuse.

    Les forteresses étaient administrées par un sénéchal installé dans la Cité de Carcassonne, elle aussi reconstruite à la même époque et déjà inscrite au patrimoine mondial de l’humanité en 1997. Considérés comme un « élément central du système défensif », son château et ses remparts font aussi partie de ces huit monuments désormais sur la liste de l’Unesco. « Ces forteresses témoignent de l’adaptation exceptionnelle de l’architecture militaire aux contraintes topographiques et de l’émergence de nouvelles formes d’organisation du territoire par la monarchie française », a estimé l’Unesco.

    « Ironie de l’histoire, ces forteresses qui hier ont brisé la fougue rebelle du peuple languedocien lui donneront demain un nouvel élan », a encore déclaré Hélène Sandragné qui voit dans cette distinction un atout pour la « préservation et la restauration » de ces citadelles.

    Pour Fabrice Chambon, guide-conférencier au château de Montségur, où plus de 200 « hérétiques » ont été brûlés en 1244 avant la construction de la forteresse qu’on visite aujourd’hui, l’effacement du mot « cathare » a « ému pas mal de personnes ». Une pétition d’opposants à ce changement de dénomination a été signée par près de 9 400 personnes.

    Mais la polémique ne peut masquer l’immense atout que représente ce classement au patrimoine mondial de l’Unesco d’un ensemble unique. « L’Association mission patrimoine mondial est au cœur du dispositif de gestion. Composée de l’ensemble des collectivités propriétaires et autres gestionnaires territoriaux elle coordonne et anime le présent système de gouvernance, mobilisant instances et partenaires, et constitue l’interface de gestion principale du bien en série », précise le dossier soumis à l’Unesco. L’organisme de l’ONU a été convaincu.

  • [C’est l’été] Le jardin du Rocher des Doms à Avignon

    [C’est l’été] Le jardin du Rocher des Doms à Avignon

    À quelques encablures de la bouillante et minérale place du palais des Papes, il faut se donner encore un peu la peine de monter vers la cathédrale et découvrir ce jardin, véritable promontoire sur la ville mais surtout le Rhône. Créé en 1865 par l’architecte-paysagiste Jean-Pierre Barillet-Deschamps [concepteur du parc Borély à Marseille], le jardin a récemment fait l’objet d’une profonde réhabilitation nécessitant un an et demi de fermeture : désimperméabilisation, reprise du bassin, nouvelle vue vers le palais des Papes, renouvellement de 90% des arbustes et 30% des arbres ont notamment été réalisés. La grande fontaine rocheuse est toujours là, de même qu’une aire de jeux pour enfants.

  • [C’est l’été] Fraîcheur et découverte à la Bambouseraie de Sulauze à Istres

    [C’est l’été] Fraîcheur et découverte à la Bambouseraie de Sulauze à Istres

    C’est un lieu qui recèle de secrets que vous propose de découvrir Frédéric, le propriétaire du domaine agricole de Sulauze dans lequel se trouve la Bambouseraie. Les pieds dans l’eau et à l’ombre des bambous, petits et grands embarqueront pour une balade dont le dernier rendez-vous est donné ce lundi à Istres.

    Animaux et foin de Crau

    Un royaume créé au XIXe siècle et niché au bout d’une grande allée de platanes vous attend. Après un accueil chaleureux et convivial autour d’un café, la singulière et verdoyante bambouseraie s’offrira aux visiteurs qui pourront ensuite marcher pieds nus dans les champs de foin gorgés d’eau. C’est pourquoi il vous est demandé de venir avec des chaussures ouvertes pour cette visite.

    Vient ensuite la rencontre avec les animaux de la ferme des veaux aux cochons en passant par les vaches Aubrac. Ce qui aura de quoi séduire les plus jeunes !

    Entrée du domaine à gauche
    de la RN569 en direction de Miramas.

  • [C’est l’été] Le Château d’If, partagé entre Histoire et histoires

    [C’est l’été] Le Château d’If, partagé entre Histoire et histoires

    « Et voici le château d’If, rendu célèbre par le comte de Monte-Cristo […] Il était réputé impossible de s’en évader » scande un haut-parleur alors que le bateau s’approche de l’île. Après une vingtaine de minutes de traversée, du vieux port à l’ancienne prison politique, il ne reste qu’à débarquer et monter à l’entrée des fortifications. Une fois le billet d’entrée en poche, (7 euros pour les adultes, gratuit pour les moins de 18 ans), se trouve le château d’If.

    Construit au XVIe siècle sur ordre du roi François 1er pour protéger la côte des attaques, le lieu a ensuite été transformé en prison d’exception, aussi appelée prison politique. Entre histoire et fiction, l’édifice a abrité les plus célèbres des détenus de l’époque. Mais le plus connu reste sans doute Edmond Dantès du célèbre livre d’Alexandre Dumas. « J’ai lu le livre et vu le film, il fallait que je visite le château » déclare comme une évidence Laure, retraitée en visite avec son mari, avant de franchir la grande porte du lieu. Celle-ci débouche directement sur une petite cour carrée. En son centre un puits et tout autour s’articulent les cellules, sur deux étages. L’entrée de ces dernières est surmontée d’une plaque indiquant les noms des condamnés. Parmi lesquels l’Homme au masque de fer, l’Abbé Faria, codétenu du comte de Monte-Cristo, ou encore le comte de Mirabeau. Sur les murs, les ancêtres des graffitis actuels, réalisés par les prisonniers au marteau et au burin : date d’incarcération, nom, fonction.

    Imprégnés d’histoire et de légendes, ces lieux se découvrent aussi grâce aux guides, qui partagent avec passion anecdotes et récits pour en dévoiler les moindres détails. Une fois les deux premiers étages, leurs cachots et leurs expositions visités, le clou du spectacle reste à venir. Tout en haut des escaliers en colimaçon, le point culminant, une vue à 360° autour de l’île, depuis laquelle on peut voir le Frioul ou encore observer Marseille, de l’Estaque aux Goudes. « Ce que j’aime particulièrement ici, c’est la vue en haut, on connaît le château d’If vu de Marseille mais Marseille vu du château d’If est bien différent » retiennent Christelle et Océane, venues entre mère et fille.

  • [Unesco] La Camargue officiellement sur les rangs

    [Unesco] La Camargue officiellement sur les rangs

    Les protagonistes de cette candidature ne partent pas de rien. « La Camargue a été reconnue par l’Unesco comme réserve de biosphère et inscrite sur la liste indicative en 2002 », rappelle Véronique Jullian, la vice-présidente de l’association La Carmague à l’Unesco. C’est ce même périmètre, du Delta du Rhône et toutes ses activités qui allient « nature et culture », que souhaite faire reconnaître la structure, « au plus haut niveau ». « Notre action s’inscrit dans un temps long, précise-t-elle. Car nous sommes dans une coévolution, une cohabitation avec l’humain, ses activités, sa diversité », insiste Véronique Jullian. Et qui nécessite que « tout le monde se mette autour de la table » : Régions, Départements, EPCI, mairies, habitants, professionnels… Sachant que « cette reconnaissance aura des effets positifs en termes de tourisme, mais aussi de financements européens et internationaux pour faire face à la salinité et au changement climatique », détaille-t-elle.

    L’association a également demandé une étude sur l’impact de la ligne à très haute tension sur la candidature à l’Unesco.

  • [Patrimoine] L’Hôtel de Pesciolini et ses atlantes baroques

    [Patrimoine] L’Hôtel de Pesciolini et ses atlantes baroques

    L’hôtel de Pesciolini est classé au titre des monuments historiques depuis l’an dernier en tant que « rare témoignage de l’urbanisme, de l’architecture et de la sculpture baroques à Marseille, placé dans la scénographie urbaine exceptionnelle du Cours Belsunce issue de l’agrandissement urbain du dernier tiers du XVIIe siècle ». Sa porte a d’abord été inscrite au titre des monuments historiques en 1929. L’immeuble a subi il y a deux ans un incendie qui a heureusement vite été circonscrit.

    L’historien Georges Reynaud a retracé l’identité de cette demeure de la noblesse marchande qu’il qualifie de « pièce maîtresse du baroque marseillais ». En avril 1672, Amant de Venerosi-Pesciolini, issu d’une lignée de banquiers et de négociants toscans ayant fait souche à Marseille, achète à son beau-père un terrain à bâtir d’environ 180m2 près du couvent des Récollets qui alors fait face au cours à l’angle de la rue de Dauphine, actuel rue National. Ce beau-père, c’est Barthélemy Cousinéry, un conseiller du commerce élu second échevin de Marseille en 1668.

    Amant engage les entrepreneurs César Portal et Alexandre Casteau pour construire son hôtel particulier avec des boutiques au rez-de-chaussée au prix convenu de 10 200 livres. La pierre vient des carrières de la Couronne. Initialement, il demande aux bâtisseurs de prendre exemple sur les atlantes sculptés par Pierre Puget pour l’hôtel de ville de Toulon en 1657. En cours de projet, le commanditaire se ravise et veut des atlantes semblables au luxueux hôtel d’Espagnet bâti en 1651 au 38, cours Mirabeau à Aix-en-Provence. Les atlantes de l’hôtel de Pesciolini avaient leur pendant de l’autre côté de la rue d’Aix avec deux cariatides portant le balcon d’un hôtel disparu. Leur symétrie composait un fond de scène à l’extrémité montante de ce cours royal.

    On ne sait pas si Pesciolini y a vécu. Jean-Paul de Foresta, juge de paix, louait la demeure en 1692. L’hôtel est vendu en 1708 à Joseph Villet, un courtier royal qui le revend en 1714 à Gantel-Guitton, futur seigneur de Mazargues. Durant la Révolution, son fils qui fut maire de Marseille de 1779 à 1782, s’enfuit à Lyon après l’incendie de son château de Mazargues. L’hôtel particulier est alors vendu en 1794 aux enchères à Barthélémy Girard, un ancien charcutier, puis en 1806 à Jean-Sylvestre Reynard, raffineur de sucres et négociant en denrées coloniales. Endetté jusqu’au cou, il le revend quinze ans plus tard à Jean-Joseph Martin, le savonnier le plus riche de Marseille. L’historien Georges Reynaud identifie trois commerces en 1848 dont des bains publics coté rue d’Aix et un débit de tabac à l’angle. Une salle de billard est sans doute installée selon lui dans l’entresol.

    À présent, son propriétaire, l’important professionnel de l’immobilier Auguste Lafon, a prévu de restaurer l’édifice pour établir un commerce et un restaurant en pied d’immeuble, un local de stockage au premier étage, des bureaux associatifs au second, et des logements du 3e au 5e étage. Une autorisation de travaux a été délivrée par la conservation régionale des monuments historiques. Le permis prévoit de restituer les chapiteaux ioniques. Les pierres de parement et les modénatures seront restaurées en pierre de la Couronne. Les seuils des portes et commerces, et les soubassements, le seront en pierre de Cassis. Un protocole de restauration des sculptures doit être élaboré. Le Centre interdisciplinaire de conservation et de restauration du patrimoine sera associé aux protocoles de nettoyage des parties sculptées. Les menuiseries de fenêtres anciennes XVIIe et XVIIIe en façade et les impostes seront restaurés. Les vantaux de la porte d’entrée seront remplacés sur modèle du XVIIe. Un ferronnier d’art bichonnera le garde-corps de ce somptueux balcon.

  • Le ministre des Affaires étrangères soutient la démarche du Camp des Milles à l’Unesco

    Le ministre des Affaires étrangères soutient la démarche du Camp des Milles à l’Unesco

    Le Camp des Milles connaît deux actualités majeures : une présidence renouvelée et des démarches lancées pour l’inscription du dernier site d’internement et de déportation français au patrimoine mondial de l’Unesco. En avril, Alain Chouraqui, alors à la tête de la Fondation du Camp des Milles, lançait les procédures, quelques semaines avant de passer la main à Claude Kupfer, ancien préfet, frère et fils de déporté, qui occupait jusqu’ici des fonctions de trésorier.

    C’est dans ce contexte que Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, a fait étape au Camp des Milles, vendredi, avant de se rendre sur le site du Grand port maritime. À ses côtés, Isabelle Rome, ambassadrice de la France pour les droits de l’Homme et pour la mémoire internationale de la Shoah.

    Sa visite répondait à un double enjeu : la signature d’une convention pluriannuelle d’objectifs entre l’état et le site mémoriel, mais aussi réitérer le soutien du ministère et de l’État au travail mené par la fondation, notamment dans le cadre de sa candidature au patrimoine mondial de l’Unesco. Début juillet, Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, s’était également rendue sur place pour apporter son soutien à cette démarche.

    « Équipes déterminées »

    « Notre soutien ne faiblira pas pour ce lieu de mémoire majeur de notre histoire et de transmission », a martelé, en début de visite, Jean-Noël Barrot. En rappelant que l’an passé, à Jérusalem, « nous avons été élus à l’unanimité (à la présidence) de l’Alliance internationale pour la Mémoire de l’Holocauste (IHRA) pour 2027, qui tiendra, comme vous l’avez rappelé, sa réunion plénière ici ». Moment d’autant plus « important », pour le ministre, à l’heure ou les actes antisémites se multiplient en France comme à l’international. Pour le Camp des Milles, le congrès de l’IHRA, prévu en mars prochain, serait idéal pour annoncer « l’inscription du Camp des Milles sur la liste indicative. C’est une première étape nécessaire pour ensuite aller au-delà », glisse Claude Kupfer.

    Cette candidature représente un enjeu majeur. « C’est pour nous un dossier de toute première importance. On sait que c’est un dossier lourd, long, qui nécessitera le franchissement d’un certain nombre d’étapes, mais nos équipes sont totalement déterminées à les franchir. Ce serait une reconnaissance pour ce lieu. à l’égard de son patrimoine matériel, le lieu qu’il représente, mais aussi pour son patrimoine immatériel (…), rappelle Claude Kupfer. On a commencé à nouer un certain nombre de contacts avec l’organisme chargé de la mise en œuvre de la convention pour le Patrimoine de l’humanité. Un premier contact encourageant. On va le poursuivre avec un entretien à la rentrée au ministère de la Culture et nous allons en attendant poursuivre notre travail. » Le ministre a qualifié la démarche « d’ambitieuse » : « C’est un chemin long et exigeant et en ce qui concerne le ministère des Affaires étrangères, nous serons évidemment à vos côtés ».