Tag: Patrimoine

  • À Marseille, le livre blanc des CIQ aux candidats

    À Marseille, le livre blanc des CIQ aux candidats

    Un rôle « politique, au sens premier du terme » qu’ils comptent bien jouer lors des municipales. La fédération des comités d’intérêt de quartiers (CIQ) a remis aux candidats son livre blanc. Organisé en neuf items, il reprend les propositions de ces 168 associations, à Marseille, qui s’estiment plus que jamais représentatives des habitants.

    « Nous sommes une force de par notre maillage qui n’existe nulle part ailleurs », estime Philippe Yzombard, président de la fédération. Contrairement aux idées reçues, les CIQ sont loin d’être un « truc de vieux », assure-t-on à la fédération avec des néo-Marseillais qui s’investissent, même si face « à l’individualisme croissant, on souffre d’un manque de mobilisation », comme le monde associatif en général, constate Philippe Yzombard.

    Au premier rang des inquiétudes et des demandes d’action, on retrouve la « tranquillité publique. » « Des choses ont été faites, mais le travail reste immense » estime-t-il, pointant notamment les problèmes de prostitution et de drogue dans l’hyper-centre, qui irriguent les autres quartiers. Le livre blanc propose d’intensifier la politique de prévention et le soutien sanitaire et social aux toxicomanes, il revient aussi sur l’implantation d’une halte soins addictions (HSA), qu’il « faut probablement face au problème, mais dans la concertation », analyse Philippe Yzombard.

    Deuxième priorité : les déplacements. Vélos, piétons, voitures, transports en commun… Il faut « arrêter d’opposer les gens », considère Philippe Yzombard et « partager l’espace public », ajoute Geneviève Canicave, secrétaire générale de la fédération.

    Pas de parti pris

    Et celle-ci de s’indigner de l’arrêt de la desserte des bus à 21h. Propreté, commerces, urbanisme, équipement, environnement et patrimoine sont des thématiques également abordées. « On n’attend pas de retour ou de signature, ajoute Philippe Yzombard. On leur offre cette réflexion, à eux de voir comment ils répondent, nous ne sommes d’aucun parti pris ». Reste que certains ont décidé de franchir la ligne rouge. Comme Frédéric Pinatel, ex-président du CIQ de Château-Gombert, qui a rejoint le Printemps marseillais sur la liste du 7e secteur, Claude Goulon ex-présidente de celui du Cabot (9e), candidate sur la liste de l’extrême droite, ou Christine La Rocca, présidente de celui de Bonneveine (8e) qui se présente sur la liste de Martine Vassal (DVD). « Cela se comprend, cela s’entend, mais ils démissionnent ou se mettent en retrait quand ils font acte de candidature », commente Philippe Yzombard. « Et nous avons demandé aux candidats de ne pas mentionner, sur les professions de foi, qu’ils ont été présidents de CIQ, nous sommes apolitiques », ajoute Geneviève Canicave.

  • L’automobile ancienne avec un accent british à Motor Passion à Avignon

    L’automobile ancienne avec un accent british à Motor Passion à Avignon

    Rendez-vous au premier virage, mais pas besoin de monter le volume. Motor Passion, salon des véhicules anciens, de collection et de prestige, revient les 20, 21 et 22 mars au Palais des Expositions d’Avignon pour sa 22e édition.

    Seront à retrouver pas moins de 2 000 véhicules plus ou moins anciens, 400 exposants et une centaine de clubs auto-moto. Et il y en a pour tous les goûts. De l’ancêtre 1900 aux youngtimers des années 80, des véhicules de sport et de rallye aux marques automobiles de luxe, des motos de légende aux camions décorés, Motor Passion déroule « 150 ans d’histoire et un merveilleux voyage au cœur du patrimoine automobile », listent les organisateurs, à savoir Avignon Tourisme et Cam’s Organisation, en collaboration avec les Amis du circuit d’Avignon Vaucluse (Acav) et la Fédération française des véhicules d’époque (FFVE), dans un communiqué. Les 12 halls couverts et 80 000 mètres carrés seront pleins de surprises pour les férus de mécanique.

    Deux thèmes principaux sont identifiés. Après un focus sur les véhicules ayant participé au Paris-Dakar et les automobiles de luxe l’an dernier, l’édition 2026 sera marquée tout d’abord par deux plateaux dédiés aux prestigieuses marques britanniques Rolls-Royce et Bentley. Outre la mise en valeur de ces deux firmes de nos voisins britanniques, une exposition atypique sera dédiée aux véhicules inspirés par la marque franco-italienne Simca entre les années 40 et 60. Mais aussi des motos classiques des « sixties », des sportives de F2 et un « voyage dans le temps sur la Route Nationale 7 ».

    Démonstration de dragsters et cascades

    Mais les habitués n’ont pas à s’inquiéter, ce qui fait la recette du salon sera bien évidemment à retrouver aussi. Tels que les îlots de collection et de prestige, la bourse aux accessoires et pièces détachées, les tracteurs avec notamment un modèle à gazogène, des bateaux, des camions, des engins utilitaires et militaires, des miniatures et des véhicules télécommandés. Des ventes de véhicules sont aussi prévues entre particuliers. Sans oublier les démonstrations de dragsters, les défilés et autres cascades automobiles ainsi que des déambulations théâtrales et musicales dans les allées du parc.

    Billetterie et renseignements sur www.motorpassion.com. Tarif plein à 15 euros. Gratuit pour les moins de 12 ans

  • Une nouvelle lumière pour magnifier le Palais des Papes

    Une nouvelle lumière pour magnifier le Palais des Papes

    Fiat lux. Un nouvel éclairage du Palais des Papes et de sa place, avec tous les bâtiments autour tels que le Petit Palais et l’Hôtel de la Monnaie, a été inauguré ce vendredi 27 février à la tombée de la nuit.

    Ou tout du moins la première moitié du projet, avec évidemment la devanture de la résidence pontificale. Et ce, avec une « mise en lumière à la fois sobre et innovante », grâce à un dispositif qui « joue sur les équilibres entre lumière et pénombre », assure la municipalité. Un projet dont le coût est estimé à 2,7 millions d’euros : 2,2 millions de la part de la Ville d’Avignon, mais aussi 420 000 euros de l’État et 100 000 euros de la fondation LVMH, qui avait fait un défilé dans le lieu l’an dernier.

    Dispositif spécial

    Un éclairage qui sera allumé à la tombée de la nuit jusqu’à environ une heure du matin, « mais cela peut changer selon la saisonnalité », précise Cécile Helle, maire (PS) d’Avignon. Elle se réjouit du « choix d’éclairer la place par sa périphérie avec une meilleure illumination aussi de la place. Car avant, on était vraiment dans la pénombre, ce qui pouvait donner une impression de peur », ajoute-t-elle. « Il y avait avant beaucoup de lumière parasite. Et on ne pouvait pas faire n’importe quoi en rapport avec le patrimoine mondial de l’Unesco », glisse la première édile.

    Ainsi, quatre mâts ont été installés avec des projecteurs spéciaux dits « projecteurs gobo » qui « suppriment les fuites de lumière en dessous et au-dessus et limitent la pollution lumineuse », précise Jean-Yves Soëtinck, concepteur lumière pour l’entreprise Acte Lumière, qui s’est chargée du projet. Une entreprise qui s’est occupée également de l’illumination de la cathédrale de Strasbourg et de celle de Lausanne. Des engins dont la longévité est comprise entre 50 000 et 100 000 heures de fonctionnement.

  • L’Union pour Arles veut réguler Airbnb et recréer du logement

    L’Union pour Arles veut réguler Airbnb et recréer du logement

    « Notre constat est clair : on refuse qu’il soit plus facile de se loger un week-end qu’à l’année à Arles », assène Nicolas Koukas (PCF), à l’occasion de la conférence de presse de l’Union pour Arles dédiée au logement, mardi matin.

    Le candidat avance le chiffre de 3 500 meublés touristiques disponibles à la location sur des plateformes comme Airbnb ou Booking. Face au « phénomène Airbnb » décrit dans notre édition du 28 janvier, Nicolas Koukas veut réguler la location saisonnière selon « un quota par quartier, comme à l’Hauture ou à la Roquette qui sont asphyxiés », et en limitant le nombre de location par immeuble : « Dans le cas où un multipropriétaire aurait plusieurs appartements, il ne pourrait en louer qu’un seul en meublé touristique », développe-t-il.

    Régulation, aussi, sur la durée, avec l’instauration d’un plafond de « 90 nuitées discontinues », précise Richard Vidal (SE), au regard de la « tendance à louer d’un coup l’été et plus rien en hiver ». Le chef de file de l’Union pour Arles parle également d’« instaurer un principe d’un meublé locatif pour un logement annuel pour rééquilibrer le marché ».

    « Les loueurs Airbnb sont l’électorat de de Carolis »

    Pour cadrer les locations existantes, Nicolas Koukas souhaite que les propriétaires d’Airbnb « s’engagent à faire signer une charte de bonne conduite à leurs locataires » pour éviter « les bruits des valises et les apéros jusqu’à 3h du matin ». Pour faire respecter cet engagement, le candidat compte créer une « brigade du logement », en lien avec la police municipale, à cet effet et pour recenser les locations qui ne le sont pas.

    Est-il question de vouloir interdire Airbnb ? Le candidat réfute « cette petite musique » qu’il attribue au maire sortant, Patrick de Carolis (Hor.). « On ne peut pas : c’est le marché privé », rétorque Nicolas Koukas, fustigeant celui « qui refuse de réguler, car il nous a toujours dit que les loueurs d’Airbnb étaient son électorat ».

    Outre la location saisonnière, les candidats de l’Union pour Arles veulent recréer du logement. D’abord en remettant sur le marché les « 3 400 logements vacants » recensés sur le territoire de la ville. « Nous souhaitons relancer une opération programmée d’amélioration de l’habitat [OPAH] sur 5 ans », annonce-t-il en ce sens, ce qui consiste en une convention passée avec l’État et l’Agence nationale pour l’amélioration de l’habitat (Anah) pour mener un diagnostic des problèmes, étudier les solutions et les financer. Le candidat argue que la précédente opération, achevée en 2020, a permis « de réhabiliter 1 500 logements sur 20 ans, de remettre 720 logements vacants sur le marché dont 200 à loyer maîtrisé, de rénover 880 façades et de mobiliser 38 millions d’euros pour des travaux, dont 8 millions de subventions ».

    Concertation avec la population

    De telles opérations urbaines ne sauraient se réaliser sans concertation avec la population, selon l’équipe de l’Union pour Arles. « Nous allons remettre en place la commission extra-municipale urbanisme avec tous les CIQ, tous les projets seront abordés avec le temps nécessaire », affirme Nicolas Koukas, prenant l’exemple du projet de rénovation « imposé d’en haut » sur la friche EDF de la rue Mireille, réputée polluée (La Marseillaise du 06/05/2025).

    « On fera confiance aux Arlésiens pour les projets », promet le candidat.

  • Pépites patrimoniales à Marseille : deux ventes et un bail

    Pépites patrimoniales à Marseille : deux ventes et un bail

    Dévoilement lundi des lauréats de l’appel à projets baptisé « Pépites patrimoniales », destiné à « réinventer des usages » à des édifices municipaux à l’abandon pour les rouvrir aux Marseillais.

    Trois biens sur les six propositions ont trouvé leur lauréat. D’abord, le fleuron Art Déco du 90 boulevard des Dames (2e) dessiné en 1928 par l’architecte Jean Rezan pour le siège de la compagnie de navigation Paquet. Racheté en 1972 par la Ville, c’était sa direction des ressources humaines jusqu’en 2020. Le lauréat est le groupement conduit par Adim Provence (Vinci Construction) avec l’entreprise de restauration Girard, l’agence Rougerie + Tangram, Indigo Energie, EODD, ICD Energies, Alpes Contrôles, le Collectif Marseille Devant ! et d’autres futurs exploitants. Tangram avait racheté en 2015 au Département le beau bâtiment des Affaires maritimes, rue des Phocéens, pour le rénover et y installer son agence.

    Surprise de taille, c’est une « vente sous conditions » de l’édifice qui est annoncée pour un prix non encore dévoilé et un montant de travaux inconnu à ce stade. Aucun calendrier prévisionnel n’est publié. Le montage contractuel qui reste à élaborer devra être validé par une délibération du conseil municipal de la prochaine mandature. D’où l’incertitude sur ce projet de reconversion en un lieu totem nommé « Les Dames » dédié au cinéma, à la formation des métiers du 7e Art. Benoît Payan s’est réjoui que cette belle endormie « soit dédiée à des métiers d’avenir, à une filière qui a besoin d’avoir un bâtiment totem que seront “Les Dames” dans le respect de l’histoire de ce bâtiment. On va aussi permettre à des jeunes en formation, à des apprentis, des compagnons de dévoiler leurs talents, et pour nous c’est quelque chose de magnifique. Ce n’est pas rien d’avoir le droit de rêver et vous nous avez montré que c’est possible », a-t-il dit aux lauréats.

    Même configuration pour le lauréat du 62, corniche Kennedy (7e), une maison en contrebas du pont du Vallon des Auffes qui sera cédée pour le projet retenu « La Pointe » porté par Joseph Legrand, Stephen Grives, Michel Athenour et La Confraglation, avec MOA Architecture, Marsxelles, Polymer, Pièce à part, BET Collet et Index Structures. Il s’agit, après requalification lourde du site, de créer « un lieu ouvert, culturel et convivial » avec une offre de restauration, une programmation culturelle, l’accueil d’artistes, des espaces ouverts au quartier.

    Quant au Pavillon de partage des eaux des Chutes-Lavie de 1901, le projet « Les gardiens de la mémoire et de l’eau à Marseille » est retenu. Il est porté par le collectif Objectif Tore avec Valentine Pilliard, Corrado de Giuli Morghen (l’architecte du patrimoine bien connu qui a restauré le Palais Longchamp et les fabriques du parc), Isabelle Miard et John Morin pour un lieu pédagogique autour de l’eau. Pour ce joyau architectural, un « bail de longue durée » associé à une phase préparatoire de construction avec les habitants serait l’option retenue.

    En revanche, ni la bastide de Château-Gombert (13e), ni la Villa Athéna (13e), ni le 63 rue Sauveur-Tobelem (7e) n’ont trouvé de lauréat, faute de propositions ou de projets qualitatifs.

  • Le Comité du Vieux-Marseille pose la question du patrimoine

    Le Comité du Vieux-Marseille pose la question du patrimoine

    En matière de patrimoine, les sujets ne manquent pas à Marseille. Le Comité du Vieux-Marseille, qui a pris l’habitude d’interroger les candidats lors de chaque scrutin municipal, a choisi cette année plusieurs dossiers emblématiques, du château Pastré au projet immobilier Bourbon-Lamy, en passant par la Caserne du Muy, le fort d’Entrecasteaux, l’hippodrome Borély, le Boulevard urbain sud ou la statue Ganay.

    À Pastré, Benoît Payan propose l’inscription de l’ensemble de la campagne aux Monuments historiques et la création d’une résidence d’artistes. Sur le site Bourbon-Lamy, l’extrême droite se prononce pour un refus de vente de la parcelle municipale qui bloquerait le projet, le maire sortant préférant une mise en suspens, dans l’attente des décisions de justice. À la caserne du Muy, le RN imagine un musée national type « Louvre-Lens » ou « Orsay Marseille », quand Benoît Payan défend une requalification urbaine après acquisition. Pour le fort d’Entrecasteaux, le premier propose de réaffirmer « le caractère historique et mémoriel » du lieu quand le second mise sur une médiation culturelle enrichie et des événements commémoratifs.

    La divergence la plus nette porte sur le Boulevard urbain Sud (BUS), susceptible de détruire jardins familiaux et pinède protégée. L’extrême droite se dit favorable à un tracé revu, incluant « un passage en souterrain » et, si nécessaire, des compensations végétales alors que la gauche marseillaise, opposée au BUS, souhaite un nouveau projet concerté avec la Métropole qui ne porterait pas atteinte aux espaces naturels.

    La Maison Diamantée pour point d’ancrage

    En matière de politique patrimoniale, l’extrême droite vend du spectaculaire avec la transformation du Centre Bourse en vitrine de l’histoire de Marseille, un projet « Marseille Pagnol » et de grands rendez-vous. La gauche fixe un cap : 100 édifices protégés d’ici 2030, renforcement de l’archéologie municipale, ouverture des sites au public et intégration du patrimoine aux projets urbains.

    Tous deux sont favorables à une commission extra-municipale du patrimoine. Benoît Payan imaginant un « espace de travail coopératif pour construire une politique patrimoniale partagée » qui se réunirait à la Maison Diamantée, « point d’ancrage de cette dynamique patrimoniale », dépeinte comme « un espace ouvert sur la ville, lieu ressource et de débat, d’accueil des associations et de valorisation des initiatives citoyennes ». Une sorte de maison du patrimoine…

  • « Marsiho e mar » prolongée au château de la Buzine

    « Marsiho e mar » prolongée au château de la Buzine

    L’exposition « Marsiho e la mar » occupera les galeries du Château de la Buzine encore jusqu’au 26 mars. Au fil d’un voyage provençal ponctué de 200 objets (peintures, gravures, céramiques, objets, cartes postales ou encore photographies), les visiteurs ont une nouvelle chance de se plonger dans la relation entre Marseille et la Méditerranée, illustrée à travers le prisme de ses habitants. L’installation raconte la cité phocéenne bercée par sa côte et « la relation intime et poétique nouée entre les Marseillais », d’après Alexandre Mahue, commissaire de l’exposition.

    Des ateliers pour occuper les vacances scolaires

    Le parcours amène à redécouvrir un patrimoine récolté au cours des derniers siècles et les mœurs qui les ont animés, « pas comme un horizon commercial ou des rêves, nuance le docteur en histoire de l’art, mais plutôt comme un espace de travail, et même un emblème ».

    Pour compléter ce voyage le long des côtes phocéennes, des animations spécialement conçues pour les enfants de 6 à 12 ans sont organisées pendant les vacances scolaires. Jusqu’à vendredi, des ateliers culinaires, d’écriture, d’art, de théâtre exploreront divers pans du patrimoine marseillais.

    Inscription gratuite et obligatoire aux ateliers (environ 1h30) du mardi au vendredi sur le site https://labuzine.marseille.fr/jeunesse/stages-et-ateliers

  • Créer une culture nîmoise vivante…

    Créer une culture nîmoise vivante…

    Fondateur du Triptyk Théâtre, metteur en scène et figure reconnue du paysage culturel nîmois, Denis Lanoy ne conçoit pas la culture comme un supplément d’âme ni comme une variable d’ajustement budgétaire. Elle est le socle même de l’action politique. Engagé de longue date aux côtés de Vincent Bouget, Leader de la liste municipale Nîmes en commun rassemblant la gauche sociale et écologiste, communiste convaincuil défend au sein de Nîmes en commun une ambition culturelle claire et assumée : « Il n’y a pas de réflexion politique sans réflexion culturelle ».

    Dans un contexte de désengagement massif de l’État et de fragilisation du monde artistique, la situation nîmoise apparaît, à ses yeux, préoccupante. « La culture est souvent le premier domaine, avec le sport, où les aides publiques sont retirées », constate-t-il. À Nîmes, le diagnostic est sans appel : l’absence de politique culturelle clairement définie par la municipalité actuelle. « Il n’y a pas aujourd’hui de politique publique de la culture à Nîmes. C’est cela qu’il faut remettre en question. » Cette carence a des conséquences concrètes : précarisation des associations, fragilité des artistes, manque de lisibilité pour les pratiques amateurs comme professionnelles, et une politique éducative artistique jugée trop timide. Pour Denis Lanoy, une politique culturelle digne de ce nom doit embrasser l’ensemble de ces dimensions : soutien à la création, éducation artistique, accès aux savoirs, reconnaissance du patrimoine dans toutes ses strates.

    Doubler la capacité d’accueil du conservatoire

    Car c’est aussi là que se joue une autre critique majeure : la réduction de Nîmes à une « ville-musée », tournée presque exclusivement vers sa romanité et son attractivité touristique. « On ne peut pas réduire Nîmes à une carte postale », insiste-t-il, rappelant la richesse de l’histoire médiévale, moderne et contemporaine de la ville, trop souvent reléguée au second plan. Du menhir de Courbessac aux fresques du XIXe siècle de l’église Saint-Paul, en passant par le patrimoine du XXe siècle, c’est toute une mémoire urbaine que Nîmes en commun souhaite réinvestir avec et pour les habitants.

    Le metteur en scène va plus loin : « Nîmes est un carrefour méditerranéen. Elle reçoit des influences venues du sud, de l’est, de l’ouest, et les transforme. Ce n’est pas une identité figée, c’est une richesse faite de circulations, de croisements et de métissages ». Une vision en rupture avec les discours identitaires, qu’il associe aux logiques de repli et aux offensives de l’extrême droite contre le savoir, la recherche et la liberté d’expression. Défendre une culture ouverte, plurielle, traversée par les contradictions, devient alors un véritable rempart démocratique. « La culture, ce n’est pas pour me sentir seulement Nîmois, c’est pour me sentir un être humain », résume-t-il.

    Cette ambition culturelle repose sur une méthode claire : la concertation. Avec la création d’un office culturel municipal, Nîmes en commun entend bâtir une politique coconstruite avec les acteurs et les habitants, afin de « mettre les expériences, les envies et les projets en commun ». Fondée sur la confiance accordée aux artistes, cette vision se cristallise dans un dossier emblématique, celui du conservatoire : face à un projet municipal qui organise le rétrécissement, le collectif défend un nouvel équipement capable de doubler sa capacité d’accueil et de viser un conservatoire à rayonnement régional. Une « cité de la musique » pensée pour le long terme, qui tranche avec la logique de vitrine et d’austérité, et affirme un choix politique clair : faire de la culture un service public essentiel, au cœur du projet démocratique nîmois.

  • Deux procédures lancées contre la mairie de Solliès-Toucas par Univers Mentor

    Deux procédures lancées contre la mairie de Solliès-Toucas par Univers Mentor

    Blasco Mentor a laissé une trace importante dans l’histoire de l’art au XXe siècle. Né en 1919, peintre virtuose, à 14 ans il obtient l’entrée aux Beaux-arts de Barcelone, dont il est l’un des trois seuls médaillés (avec Picasso et Clavé). Engagé dans l’armée républicaine, il fuit la dictature franquiste pour la France, puis rallie le Var où il est pris en charge par des réfugiés espagnols, dont Nieves, sa future épouse, qui habite Solliès-Toucas.

    Après la guerre, il s’installe à Paris et obtient une renommée internationale, gardant une forte attache à Solliès, où il fait bâtir une maison – la Casa Nieves – qu’il enrichit de ses œuvres au fil du temps pour en faire une « œuvre totale ». Il meurt en 2003, son épouse 4 ans plus tard. Avant cela, ils font don à la commune de la Casa Nieves et de centaines d’œuvres. Ils attachent des obligations à cette donation, dont « l’inaliénabilité de l’ensemble, la garde, l’entretien et l’assurance, la création d’une fondation », détaille Isabelle Rollin-Royer, directrice d’Univers Mentor, fondation créée en 2011, exécutrice testamentaire, titulaire du Droit moral et de l’expertise de l’œuvre de Mentor.

    La mairie condamnée

    Jusqu’en 2020, la collaboration avec la mairie est fructueuse. Mais tout change avec l’élection de Jérémie Fabre : « Il annonce publiquement que la peinture ne l’intéresse pas, comme Mme Addou, sa directrice de cabinet, qui déclare que ce qui l’intéresse, c’est uniquement la Casa Nieves », affirme l’exécutrice testamentaire. S’ensuit une bataille juridique autour des obligations de la donation, la mairie « prétendant ne pas être propriétaire des œuvres mais seulement de la Casa Nieves ».

    Des travaux y sont engagés en 2023. Et selon Isabelle Rollin-Royer, « après ceux-ci, nous découvrons beaucoup d’œuvres et objets endommagés, détruits, d’autres disparus. » En novembre 2024, Univers Mentor lance deux procédures judiciaires : une en référé à Marseille, pour contraindre la mairie à respecter les termes de la donation, l’autre « au fond », à Toulon pour demander la nullité de la donation. De son côté, pour obtenir que la Casa Nieves soit débarrassée de son contenu, la mairie lance une procédure administrative contre Univers Mentor à l’issue de laquelle le juge refuse sa demande, la condamnant à verser 2 000 euros de dommages et intérêts à la fondation. La mairie s’est pourvue en cassation.

    Quant aux deux procédures entamées par Univers Mentor, la première, dont l’audience avait été reportée au 21 janvier dernier, a été à nouveau repoussée en vertu du pourvoi en cassation.

    Pour la seconde, la mairie souhaiterait dépayser l’affaire à Marseille. Univers Mentor constate que depuis plus d’un an la mairie cherche à gagner du temps. Contactée, la mairie dit se garder de tout commentaire concernant des affaires en cours.

  • A Marseille, la fontaine Estrangin doit reculer devant le tramway

    A Marseille, la fontaine Estrangin doit reculer devant le tramway

    La Métropole Aix-Marseille Provence est bien décidée à déplacer la fontaine Estrangin implantée depuis 135 ans devant la Caisse d’épargne et la Banque de France. L’édifice emblématique où trône en majesté l’allégorie de Marseille appuyée sur le Génie du commerce sur une Méditerranée source d’abondance, gène le tracé du futur tramway du Quatre Septembre pour lequel l’enquête publique préalable à la déclaration d’utilité publique n’a toujours pas eu lieu.

    Ce n’est certes pas le premier monument marseillais à devoir déménager. De l’Hôtel de Cabre (1954) à la fontaine Fossati (1825) en passant par l’obélisque de Mazargues (1911), les monuments historiques ont la bougeotte à Marseille. Pourtant l’ancienne ligne historique du tramway au siècle dernier contournait ce magnifique ouvrage sculpté inauguré en 1890 et qui a été inscrit en totalité au titre des monuments historiques en mars 2025.

    La fontaine s’apparente à une « table d’orfèvrerie » tant l’élégance de sa vasque et de ses groupes sculptés de plusieurs dizaines de tonne en pierre blanche de Lens et de son bassin en granit rose d’Écosse est affirmée. L’ouvrage néo-baroque a été réalisé par les meilleurs artistes marseillais de la Troisième République : l’architecte Joseph Letz et Gaudensi Allar pour les dessins et le sculpteur André Allar, Grand Prix de Rome en 1869, rappelle l’historien de l’art Laurent Noet dans le guide Fontaines de Marseille.

    Pour libérer la courbe et la contre-courbe des voies ferrées reliant le boulevard Paul Peytral au cours Pierre Puget, les bureaux d’études tablent sur un déplacement de 7,57 mètres de l’ensemble monumental pour le rapprocher de la Banque de France et de l’entrée du métro. L’opération est délicate sinon périlleuse. Une maîtrise d’œuvre est prévue sur 5 ans pour concevoir de A à Z cette délicate opération. Le choix de l’architecte en chef des monuments historiques pour la piloter sera déterminant.

    Le projet prévoit aussi l’abattage de la couronne d’arbres autour de la fontaine qui sera restituée par la suite. Le démontage minutieux durant 8 semaines du monument et de sa dalle de fondation aurait lieu en 2027. Il faudra décider si la restauration sur 16 mois qui inclut le système de fontainerie intégrée se fera in situ ou en atelier. Le repositionnement et le remontage pièce par pièce de la fontaine se feraient en 2028 sur une durée de 12 semaines.

    Un diagnostic patrimonial de la Ville de Marseille est attendu d’ici mars. Car c’est à sa ville natale que le négociant Henri Estrangin avait offert la fontaine. La future maîtrise d’ouvrage devra réaliser une étude de faisabilité et d’ingénierie structurelle pour élaborer la méthodologie du déplacement, sa conformité au protocole patrimonial fixé par la Conservation régionale des Monuments historiques qui délivrera l’autorisation de travaux. L’ardoise promet déjà d’être salée. L’enveloppe prévisionnelle des travaux table sur 672 000 euros TTC.

    Le projet inquiète l’association nationale Sites & Monuments pour qui « c’est une opération à haut risque patrimonial » et pour « un projet qui ne met pas en valeur la mémoire et la lecture historique des espaces urbains de Marseille ». Sa déléguée Sandrine Rolengo considère que « l’implantation du futur tramway sur cette place risque d’en altérer profondément la vocation paysagère, en substituant à un espace ouvert, lisible et patrimonial un aménagement principalement fonctionnel. Une telle transformation porterait atteinte à la qualité du cadre de vie ainsi qu’à la cohérence historique et esthétique du site ».

    « C’est une opération
    à haut risque patrimonial »