Tag: passerelle

  • Vigouroux veut poursuivre la mutation de Miramas

    Vigouroux veut poursuivre la mutation de Miramas

    Un tantinet malade mais remonté comme jamais, le maire sortant de Miramas (DVG) a présenté son programme et sa liste ce jeudi 19 février devant une salle Tristani remplie. « Ce projet, c’est le vôtre, il est issu d’un travail collectif mené depuis des mois avec les questionnaires, les rencontres de terrain, les réunions thématiques et les porte-à-porte », affirme Frédéric Vigouroux, élu depuis 2008.

    Les dix pages de propositions qui seront distribuées dans les prochains jours dans les boîtes aux lettres de 26 000 habitants s’inscrivent dans la continuité de la transformation de la commune pour qu’elle « continue de protéger » tout en « s’adaptant et en innovant ». Alors que la gare SNCF est en travaux et que la passerelle est en passe d’être installée, l’éco-quartier Oasis sera réalisé, offrant 350 logements avec de « l’accession sociale ». La cité cheminote sera également réhabilitée. « ICF Habitat a accepté le projet », assure le candidat, qui compte, si prochain mandat il y a, penser l’aménagement de Miramas en co-construction avec les administrés, que ce soit pour le boulevard Aristide Briand ou pour le Plan local d’urbanisme intercommunal.

    La santé comme priorité

    À proximité de la gare, le candidat souhaite requalifier la place Jourdan et y installer notamment une halle des marchés couverts. « L’appel à manifestation d’intérêt a été lancé par établissement public foncier », annonce-t-il. L’objectif : « Penser aux agriculteurs et producteurs locaux mais aussi aux habitants. Ce lieu aura une capacité d’attractivité important pour le centre-ville. Nous voulons aussi faire en sorte que le soir il puisse y avoir des activités, qu’on puisse y faire la fête. » Une mesure qui ne manquera pas de parler aux jeunes, tout comme le projet de multiplexe avec cinéma, e-sport et padel.

    La santé est aussi l’une des priorités de la liste de Frédéric Vigouroux, qui entend appuyer l’arrivée d’un centre d’imagerie médicale alors que le centre mutualiste, anciennement occupé par Oxance, sera bientôt rénové pour accueillir des médecins et notamment des dentistes. « Ça ouvrira en avril, annonce l’édile sortant. Nous avons aussi dialogué avec l’hôpital de salon pour mettre en place des consultations de spécialistes en gynécologie, en obstétrique, en chirurgie et en orthopédie à Miramas. »

    Avec ce projet et sa nouvelle équipe, rajeunie et renouvelée pour un tiers, Frédéric Vigouroux ne cache pas son ambition : « Être élu dès le premier tour, pour pouvoir se mettre au travail dès le 16 mars. »

  • Et dans la nuit, la passerelle de la gare SNCF prend forme à Miramas

    Et dans la nuit, la passerelle de la gare SNCF prend forme à Miramas

    Aucun train ne circulait à Miramas, de samedi à dimanche. Dans la soirée, quelques badauds s’arrêtaient néanmoins à proximité de la gare pour observer le chantier qui s’y déroulait. Deux grues s’y relayaient pour faire passer une partie des piles de la future passerelle, qui permettra de relier les quartiers nord du centre-ville aux quartiers sud dès le mois de juillet prochain. Dans le même temps, au sol, les quais étaient rehaussés d’une dizaine de centimètres pour permettre une meilleure accessibilité des personnes à mobilité réduite aux trains.

    Ce chantier, d’un coût global de 26,83 millions d’euros financé par la Métropole (7,62), la Région (11,3), l’État (5,65) et la SNCF Gare et Connexions (2,26), présente quelques difficultés. Cécile Fredin, directrice de projet, explique : « On réalise les opérations exclusivement de nuit, et on doit rendre les quais opérationnels tous les matins. Les plages de travail sont donc réduites, entre 3 et 4 heures. » Son collègue Jérôme Bini, directeur régional des gares Sud, ajoute : « L’idée, c’est d’impacter le trafic le moins possible. » Chaque opération coup de poing, c’est donc une « course contre la montre » qui s’opère pour les travailleurs. La prochaine aura lieu les 15 et 16 mars, avant une dernière nuit de travaux du 22 au 23 mars.

    Tous les jours, près de 110 trains transitent par la gare de Miramas. Chaque année, 800 000 voyageurs passent par la commune construite autour de son réseau ferroviaire. « L’objectif, c’est de passer à 1,5 million d’ici 2030 », révèle Jérôme Bini. Cette nouvelle infrastructure, la végétalisation et le nouveau mobilier qui viendront avec, apportera « un meilleur confort » aux usagers.

  • [Passerelle interculturelle] Chine-France : une relation d’équilibre dans un monde en transition

    [Passerelle interculturelle] Chine-France : une relation d’équilibre dans un monde en transition

    Avec ce premier numéro de « Passerelle interculturelle », nous inaugurons un espace dédié aux échanges d’idées et de perspectives entre la France et la Chine. Chaque lundi, grâce à des entretiens avec des personnalités françaises et chinoises, notre ambition est de créer un pont entre deux traditions intellectuelles, deux sensibilités et deux visions du monde.

    Alors que le contexte international demeure marqué par l’instabilité, les relations sino-françaises continuent de progresser avec une constance remarquée. Pour Peng Shuyi, chercheuse à l’Institut d’études européennes de l’Académie chinoise des sciences sociales, cette dynamique s’inscrit dans une profondeur historique unique. « Les liens entre la Chine et la France demeurent parmi les relations bilatérales les plus structurantes entre grandes puissances », affirme-t-elle. Malgré les aléas géopolitiques, elle estime que ces relations se distinguent par leur capacité « à dépasser le simple cadre commercial » pour toucher aux questions de souveraineté et de gouvernance mondiale. Les deux pays, souligne-t-elle, « défendent l’indépendance stratégique, le multilatéralisme et s’opposent à l’unilatéralisme », tout en partageant des visions proches en matière de climat, de biodiversité ou de développement du Sud.

    Sur le plan économique, la coopération connaît une vitalité nouvelle, notamment dans la transition écologique, l’aéronautique et l’innovation technologique. Mais pour Peng Shuyi, un domaine s’impose désormais comme moteur majeur : l’intelligence artificielle. « La France dispose d’une recherche fondamentale solide », explique-t-elle, rappelant qu’elle abrite le plus grand nombre de laboratoires du continent. La Chine, à l’inverse, possède « des atouts en matière d’applications et de données ». Cette complémentarité, qu’elle résume par l’opposition entre « innovation théorique » et « innovation appliquée », ouvre selon elle un potentiel considérable pour bâtir un partenariat scientifique plus ambitieux. Les deux pays, ajoute-t-elle, partagent « des préoccupations communes quant à la gouvernance des risques liés à l’IA », un terrain propice à une coordination plus étroite.

    Au-delà des échanges d’État à État, la coopération régionale s’est imposée comme un pilier essentiel de la relation. Peng Shuyi cite les exemples de Jingdezhen et Limoges, unies par la porcelaine, de Zhuhai et Nice liées par leur identité maritime, ou encore de Zigong et Gaillac, rassemblées autour de l’art des lanternes. Cette mosaïque partenariale constitue selon elle un véritable « réseau capillaire », nourrissant en continu les interactions économiques, humaines et culturelles. Ces dynamiques locales contribuent à renforcer « les bases sociétales de l’amitié sino-française », consolidant la relation à long terme.

    Face aux défis globaux, la France et la Chine ont également la capacité, selon la chercheuse, de peser conjointement sur la gouvernance internationale. « Acteurs résolus du multilatéralisme », elles peuvent promouvoir des règles communes dans les enceintes onusiennes, mais aussi coopérer dans le nucléaire civil pour développer une énergie propre fiable. Peng Shuyi souligne également les opportunités offertes par l’Unesco, où les deux pays peuvent renforcer la protection du patrimoine culturel et accélérer le développement des musées numériques. Dans le domaine des énergies renouvelables, enfin, elle voit dans leurs compétences complémentaires un moyen d’accompagner efficacement la transition bas-carbone des pays en développement.

    Pour Peng Shuyi, cette relation ancienne demeure ainsi l’une des plus prometteuses pour répondre aux défis du siècle. « Dans une période agitée, les liens sino-français continuent d’avancer », rappelle-t-elle.

  • [Entretien] Robin Matta : « Le réseau ferré national est vieillissant »

    [Entretien] Robin Matta : « Le réseau ferré national est vieillissant »

    La Marseillaise : Quelles conséquences pourrait avoir la baisse de la taxe « versement mobilité », passée de 0,15% à 0,08% en octobre sur décision de la Région ?

    Robin Matta : Cet impôt avait été décidé au moment où on avait fait le bilan de l’état du réseau ferré national qui est vieillissant, puisqu’on considère qu’il a trente ans de retard de rénovations. Le fonds constitué par cette taxe devait aider à financer les infrastructures. À Miramas, on est concernés non seulement pour la gare de triage mais aussi, du côté voyageurs, pour la création de la passerelle. On craint que ces investissements-là ne puissent pas arriver à terme, ou en tout cas que ce soient les derniers. Or on a la ligne de la Côte Bleue qui est encore en partie à réhabiliter. Avec cette baisse de la taxe, la Région brosse dans le sens du poil le patronat et abandonne toute perspective de développement.

    Sans oublier le développement des bassins ouest du Grand Port maritime de Marseille-Fos.

    R.M. : Il n’y a toujours qu’une voie ferrée pour sortir de la zone indstrialo-portuaire en train, ce qui est un problème. Il faut mettre ça en parallèle avec le grand débat sur la décarbonation. Sans financement de l’infrastructure, on ne pourra rien faire. Jean-Pierre Farandou avait déclaré qu’il manquait 1 milliard d’euros par an pour l’entretien et la régénération du réseau ferroviaire. Où va-t-on le trouver si ce n’est en taxant le capital ?

    Le Contrat plan État Région (CPER), signé lundi, alloue 47 millions d’euros au fret ferroviaire. Est-ce suffisant ?

    R.M. : Le CPER dépend de la validation du budget. Cette somme n’est de toute façon pas suffisante. 47 millions d’euros peuvent à la rigueur permettre de maintenir l’existant, mais c’est sous-évaluer le besoin. Une grande partie de ce contrat va en fait être fléché sur des lignes qui seront prochainement ouvertes à la concurrence, comme la ligne des Alpes en lien avec les JO d’hiver. L’idée, c’est de faire le lit à la concurrence alors que pour le coup, maintenant, on a un bilan qui est que Transdev assure 84% de régularité sur Marseille-Nice, contre les 93% annoncés.