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  • [Passerelle interculturelle] Jingdezhen et Gien : deux villes façonnées par la céramique

    [Passerelle interculturelle] Jingdezhen et Gien : deux villes façonnées par la céramique

    Lorsque je suis arrivée à Gien, petite ville du Loiret située au bord de la Loire, une ville chinoise m’est immédiatement venue à l’esprit : Jingdezhen.

    Les deux villes sont très différentes par leur taille et leur histoire. Pourtant, toutes deux ont construit une part essentielle de leur identité autour de la terre, du feu, de la couleur et du savoir-faire des artisans.

    Située dans la province chinoise du Jiangxi, Jingdezhen est souvent appelée la « capitale de la porcelaine ». Son histoire de la céramique remonte à plus de 1 700 ans. Pendant des siècles, ses porcelaines ont voyagé à travers l’Asie, le Moyen-Orient et l’Europe.

    Elles ont fait connaître dans le monde les techniques, les formes et les motifs de la culture chinoise. Les porcelaines bleu et blanc ont largement contribué à sa renommée. Mais Jingdezhen ne se résume pas à son passé.

    Aujourd’hui, la ville attire des artistes, des étudiants, des designers et de jeunes artisans venus de Chine et de l’étranger.

    D’anciennes fabriques ont été transformées en ateliers, en galeries et en espaces culturels. La tradition y devient ainsi une source de création contemporaine.

    Un geste qui semble presque universel

    À Gien, la faïence occupe elle aussi une place importante dans l’identité locale. Dans les collections et les boutiques, les assiettes, les services de table et les objets décoratifs racontent l’évolution des goûts français. Leurs motifs s’inspirent souvent de la nature, des animaux et de la vie quotidienne.

    Jingdezhen possède une histoire beaucoup plus ancienne et Gien permet de comprendre comment une ville peut être durablement façonnée par un savoir-faire artisanal. Entre la Loire et le Jiangxi, la distance est grande. Pourtant, lorsqu’un artisan pose son pinceau sur une pièce encore blanche, le geste semble presque universel.

    L’été est la saison des voyages. Depuis mon arrivée en France il y a un peu plus d’un an, j’ai moi aussi beaucoup voyagé, de Paris à Marseille, de Lyon à Gien, en passant par plusieurs villes grandes ou petites. Au fil de ces découvertes, j’ai souvent été frappée par les ressemblances qui existent entre certaines villes françaises et chinoises, malgré la distance, la différence d’échelle et des histoires parfois très éloignées. Ces correspondances permettent peut-être de comprendre pourquoi tant de Français qui se rendent en Chine s’attachent à certaines villes chinoises. Cet été, je vous propose donc une série de cinq voyages croisés entre la France et la Chine. Chaque étape rapprochera deux villes autour d’une histoire, d’un paysage ou d’une identité commune, tout en vous invitant à mieux découvrir une ville chinoise.

    Dong Qiao, correspondante de China Media Group à Paris

    « Passerelle interculturelle », est un espace dédié aux échanges d’idées et de perspectives entre la France et la Chine. Chaque lundi, grâce à des entretiens avec des personnalités françaises et chinoises ou des sujets sur les deux pays, notre ambition est de créer un pont entre deux traditions intellectuelles, deux sensibilités et deux visions du monde.

  • [Passerelle interculturelle] La vision et les actions de la Chine pour la gouvernance mondiale de l’IA

    [Passerelle interculturelle] La vision et les actions de la Chine pour la gouvernance mondiale de l’IA

    L’intelligence artificielle ouvre une nouvelle étape dans le développement de l’humanité. Elle renforce notre capacité à comprendre et à transformer le monde, tout en devenant un moteur majeur du progrès scientifique, technologique et industriel.

    Mais l’IA présente aussi des risques, notamment en matière de sécurité, d’éthique et d’inégalités technologiques. La communauté internationale doit donc trouver un équilibre entre innovation, prévention des risques et partage équitable des bénéfices de l’IA. Dans ce contexte, la Chine défend une gouvernance mondiale de l’IA centrée sur l’être humain et fondée sur le principe d’une « IA au service du bien commun ». Elle soutient l’égalité entre les pays, la coopération, le développement inclusif et un meilleur équilibre entre développement et sécurité.

    La Chine accorde une grande importance au développement et à la gouvernance de l’IA. Elle soutient le multilatéralisme et appelle à une coordination internationale plus forte.

    Aujourd’hui, les pays ont encore des positions différentes sur la sécurité, l’éthique, les responsabilités, les règles de gouvernance et les normes techniques.

    Réduire les inégalités technologiques

    En 2023, la Chine a proposé l’Initiative mondiale pour la gouvernance de l’intelligence artificielle. Celle-ci défend une IA au service du bien commun, sûre, contrôlable, inclusive et équitable. Elle appelle aussi à la création de mécanismes de gouvernance ouverts, efficaces et applicables.

    Tous les pays doivent pouvoir développer et utiliser l’intelligence artificielle. Pourtant, de nombreux pays en développement, notamment dans le Sud global, manquent encore de technologies, de compétences et de capacités de gouvernance.

    La Chine place donc le renforcement des capacités et l’accès aux technologies au centre de son action. Elle a proposé plusieurs initiatives, dont un plan d’action pour une IA au service de tous et l’Initiative de coopération internationale « IA+ ». Elle a également contribué à l’adoption de la première résolution de l’Assemblée générale des Nations unies consacrée au renforcement des capacités dans le domaine de l’IA, ainsi qu’à la création d’un réseau mondial soutenu par l’ONU. À travers des échanges et des formations, la Chine aide les pays en développement à renforcer leurs compétences et à réduire la fracture numérique.

    Transformer les principes

    en actions

    La communauté internationale a déjà adopté de nombreux principes sur la gouvernance de l’IA, mais ceux-ci doivent encore être transformés en actions concrètes.

    La Chine souhaite renforcer la coopération dans les stratégies de développement, les règles de gouvernance et les normes techniques. Son objectif est de fournir davantage de biens publics dans le domaine de l’IA et de contribuer à un système mondial de gouvernance plus ouvert, plus inclusif et plus équitable.

    « Passerelle interculturelle », est un espace dédié aux échanges d’idées et de perspectives entre la France et la Chine. Chaque lundi, grâce à des entretiens avec des personnalités françaises et chinoises ou des sujets sur les deux pays, notre ambition est de créer un pont entre deux traditions intellectuelles, deux sensibilités et deux visions du monde.

  • [Passerelle interculturelle] « Dear You » : un film chinois sur la mémoire des familles d’outre-mer présenté en avant-première à Paris

    [Passerelle interculturelle] « Dear You » : un film chinois sur la mémoire des familles d’outre-mer présenté en avant-première à Paris

    Organisée conjointement par l’Amicale des Teochew de France et le distributeur Trinity CineAsia, cette projection a réuni près de 200 invités, dont des représentants de la communauté chinoise en France, des personnalités locales et de nombreux spectateurs venus découvrir une œuvre profondément ancrée dans la mémoire des Chinois d’outre-mer.

    Réalisé par Lan Hongchun, Dear You est un film familial tourné principalement en dialecte teochew. À travers l’histoire d’un jeune homme qui part en Thaïlande à la recherche de son grand-père disparu, le film fait remonter à la surface un passé longtemps enfoui : celui des familles originaires de Chaoshan, dans le sud de la Chine, séparées par l’émigration, le travail outre-mer et le silence des générations précédentes.

    Au cœur du récit se trouve le « qiaopi », une forme particulière de correspondance qui associait lettre familiale et envoi d’argent. Pendant des décennies, ces lettres ont relié les émigrés chinois installés en Asie du Sud-Est à leurs familles restées au pays. Dans le film, ces fragments de papier deviennent les témoins d’une histoire intime, mais aussi collective : celle de l’exil, de l’attente, du devoir familial et des sentiments rarement exprimés. Sans grands effets spectaculaires ni casting de vedettes, Dear You a rencontré un fort écho en Chine grâce à la sincérité de son récit, à l’usage du dialecte local et à la force émotionnelle de son sujet.

    Résonance particulière dans le 13e arrondissement de Paris

    La tenue de cette avant-première dans le 13e arrondissement de Paris revêt une signification particulière. Quartier emblématique de la présence asiatique dans la capitale française, il constitue un lieu de mémoire, de transmission et de rencontre entre les générations. Pour de nombreux spectateurs issus de la diaspora chinoise, le film ne raconte pas seulement une histoire venue de Chine : il fait écho à des trajectoires familiales, à des langues parfois transmises à voix basse, et à des souvenirs que le cinéma permet de rendre visibles. À travers cette projection, Dear You ouvre également une fenêtre sur la diversité du cinéma chinois contemporain. Il montre qu’une œuvre profondément locale, enracinée dans une langue régionale et une histoire familiale spécifique, peut toucher un public bien au-delà de son territoire d’origine. En France, où le film doit sortir en salles au début du mois de septembre 2026, cette première rencontre avec le public parisien marque une étape importante dans la circulation internationale d’un récit chinois à la fois intime, populaire et universel.

    Plus qu’un simple film familial, Dear You apparaît ainsi comme une lettre adressée aux générations passées, mais aussi aux descendants qui cherchent aujourd’hui à comprendre d’où ils viennent.

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  • [Passerelle interculturelle] Un mois en orbite : l’équipage de Shenzhou-23 poursuit ses expériences scientifiques et sa vie quotidienne dans l’espace

    [Passerelle interculturelle] Un mois en orbite : l’équipage de Shenzhou-23 poursuit ses expériences scientifiques et sa vie quotidienne dans l’espace

    Le vaisseau habité Shenzhou-23 a été lancé le 24 mai 2026, depuis le Centre de lancement de satellites de Jiuquan. Il s’est ensuite amarré avec succès au module central Tianhe de la Station spatiale chinoise, le 25 mai. Les astronautes Zhu Yangzhu, Zhang Zhiyuan et Lai Ka-ying sont entrés dans la station spatiale, où ils ont rejoint l’équipage de Shenzhou-21.

    La mission Shenzhou-23 est la septième mission habitée de la phase d’application et de développement de la Station spatiale chinoise. Elle est aussi la 40e mission de lancement depuis le début du programme spatial habité chinois, ainsi que le 23e vol d’un vaisseau Shenzhou.

    Cette mission montre que la Station spatiale chinoise est entrée dans une phase d’utilisation plus régulière et plus stable. L’équipage mène des expériences dans plusieurs domaines, comme les sciences de la vie, la médecine spatiale, la physique en microgravité et les nouvelles technologies spatiales. Pendant cette mission, un astronaute doit aussi rester environ un an en orbite. Cette expérience permettra d’accumuler des connaissances pour les futurs séjours longs dans l’espace et pour les futures missions d’exploration plus lointaines.

    Au cours de la semaine passée, les trois astronautes ont réalisé plusieurs tâches scientifiques et techniques en orbite. Leur travail montre aussi comment la recherche scientifique et la vie quotidienne peuvent se combiner dans l’espace. Dans la cuisine spatiale, les astronautes ont placé des morceaux de citrouille dans le four de la station. Ils ont ensuite goûté cette nourriture chaude et sucrée. Ce moment simple leur a apporté un goût familier de la vie sur Terre, dans leur maison en orbite.

    Dans le domaine de la médecine spatiale, l’équipage a utilisé un appareil d’échographie pour faire des examens croisés. Les astronautes ont examiné le cou, le poignet et l’abdomen les uns des autres. Les données collectées serviront à mieux comprendre la circulation du sang, son évolution dans le temps et dans l’espace, ainsi que les changements de certains groupes musculaires sensibles. L’équipage a également travaillé avec le robot intelligent Xiaohang. Les astronautes ont réalisé des tests d’interaction tactile avec ce robot. Ces essais aideront à améliorer les futurs systèmes de planification des mouvements des robots à bord de la station. Xiaohang est en orbite depuis plus d’un an et a déjà travaillé avec quatre équipages différents. Il continue ainsi à accumuler de l’expérience dans l’environnement spatial.

    De Shenzhou-1 à Shenzhou-23, le programme spatial habité chinois est passé d’une phase de vérification technologique à une phase de présence humaine régulière en orbite. Aujourd’hui, la Station spatiale chinoise fonctionne comme un laboratoire spatial national. La mission Shenzhou-23 illustre cette nouvelle étape : il ne s’agit plus seulement de construire la station, mais aussi de bien l’utiliser pour la recherche scientifique, la santé des astronautes et le développement des futures technologies spatiales.

  • [Passerelle interculturelle] Le dialogue entre les civilisations, une voie pour rapprocher les peuples

    [Passerelle interculturelle] Le dialogue entre les civilisations, une voie pour rapprocher les peuples

    En juin de cette année, une série d’événements, notamment des spectacles artistiques, des expositions de peinture et des ateliers culturels, ont été organisés dans des institutions des Nations unies à New York, Vienne et Paris pour célébrer cette journée.

    Les participants ont salué l’Initiative pour la civilisation mondiale, proposée par la Chine, ainsi que sa contribution à la promotion du dialogue entre les civilisations. Ils ont souligné l’importance de renforcer la solidarité par le dialogue, de construire un monde plus juste et plus pacifique, et ont appelé tous les pays à promouvoir davantage la compréhension mutuelle, l’amitié entre les peuples et la coexistence harmonieuse entre les différentes civilisations. L’Initiative pour la civilisation mondiale a été proposée par le président chinois Xi Jinping en mars 2023, lors de la Réunion de haut niveau du Parti communiste chinois en dialogue avec les partis politiques du monde. Elle constitue un bien public important offert par la Chine à la communauté internationale dans la nouvelle ère. Elle vise à favoriser le dialogue entre les civilisations et à dépasser les divisions grâce aux échanges et à la compréhension mutuelle.

    À l’approche du 105e anniversaire de la fondation du Parti communiste chinois, le 1er juillet, c’est aussi un bon moment pour revenir sur le rôle des partis politiques dans les échanges et l’apprentissage mutuel entre les civilisations. Lorsque l’éloignement entre les civilisations, les frictions culturelles et les oppositions de valeurs alimentent les tensions et les conflits entre les pays, de nombreux problèmes apparaissent souvent : l’écart de développement se creuse, les règles internationales s’affaiblissent et la gouvernance mondiale devient plus désordonnée.

    Face à ces défis urgents, l’Initiative pour la civilisation mondiale propose une base culturelle commune pour aider les pays à répondre ensemble aux difficultés qu’ils rencontrent. Elle met l’accent sur les échanges plutôt que sur l’éloignement, sur l’apprentissage mutuel plutôt que sur les affrontements, et sur l’inclusion plutôt que sur la supériorité culturelle.

    La Chine respecte profondément la diversité des civilisations et encourage des échanges plus approfondis et plus concrets entre elles. Elle a lancé et soutenu plusieurs plateformes de dialogue multilatéral, comme la Conférence sur le dialogue des civilisations asiatiques, le Forum de Liangzhu, la Conférence mondiale des classiques et la Réunion ministérielle du dialogue mondial des civilisations.

    Elle construit également de nombreuses plateformes de coopération dans les domaines de l’éducation, de la culture, du sport et de la santé.

    « Passerelle interculturelle », est un espace dédié aux échanges d’idées et de perspectives entre la France et la Chine. Chaque lundi, grâce à des entretiens avec des personnalités françaises et chinoises ou des sujets sur les deux pays, notre ambition est de créer un pont entre deux traditions intellectuelles, deux sensibilités et deux visions du monde.

  • [Passerelle interculturelle] Traditions chinoises, zongzi et courses de bateaux-dragons

    [Passerelle interculturelle] Traditions chinoises, zongzi et courses de bateaux-dragons

    Il s’agit de l’une des grandes fêtes traditionnelles chinoises. À cette occasion, les familles ont coutume de manger des zongzi, de petits paquets de riz gluant enveloppés dans des feuilles végétales, de suspendre de l’armoise chinoise aux portes des maisons, et surtout d’assister ou de participer à des courses de bateaux-dragons.

    Le zongzi est l’un des aliments les plus emblématiques de cette fête. Il est préparé avec du riz gluant, parfois garni de différentes farces, puis enveloppé dans des feuilles de bambou, de lotus, de roseau, de maïs ou encore de bananier. Chaque type de feuille apporte au riz un parfum particulier et donne au zongzi une saveur unique.

    Dans la Chine ancienne, ces feuilles ne servaient pas seulement à parfumer les aliments. Elles permettaient aussi de mieux conserver les zongzi pendant les chaleurs de l’été, grâce à certaines propriétés naturelles antibactériennes. C’est ainsi que les anciens Chinois ont développé cette méthode consistant à envelopper le riz dans des feuilles, puis à conserver les zongzi dans l’eau fraîche.

    Mais la fête de Duanwu est surtout connue pour ses spectaculaires courses de bateaux-dragons. Cette tradition chinoise très ancienne remonterait à plus de 2 000 ans. Aujourd’hui encore, elle reste l’un des moments les plus attendus des célébrations.

    Le long du fleuve Yangtsé

    Il existe plusieurs explications sur l’origine de ces courses. Selon l’une des théories les plus répandues, elles seraient nées parmi les communautés de pêcheurs installées le long du fleuve Yangtsé, dans le centre-sud de la Chine. À l’origine, il s’agissait d’un rituel populaire destiné à demander aux divinités de la pluie des récoltes abondantes.

    Plus tard, cette tradition a été associée à la mémoire de Qu Yuan, poète de la période des Royaumes combattants, au IIIe siècle avant notre ère. Connu pour son patriotisme et ses œuvres poétiques, Qu Yuan fut exilé après avoir été écarté de la cour par un souverain corrompu. Selon la légende, lorsqu’il apprit que son pays avait été vaincu par ses ennemis, il se jeta dans la rivière Miluo, désespéré. Les habitants auraient alors lancé leurs bateaux sur la rivière pour tenter de retrouver son corps. Ils auraient également jeté des zongzi dans l’eau afin d’empêcher les poissons de s’en approcher. C’est de cette légende que viendrait l’association entre les courses de bateaux-dragons, les zongzi et la fête de Duanwu.

    Au fil des siècles, les courses de bateaux-dragons sont devenues à la fois une tradition culturelle, une activité sportive et un symbole fort de l’esprit collectif. Aujourd’hui, elles sont pratiquées bien au-delà de la Chine, dans de nombreux pays, où elles attirent un public de plus en plus large.

    À travers ses saveurs, ses légendes et ses courses animées, la fête de Duanwu témoigne de la richesse des traditions chinoises et de leur capacité à traverser le temps tout en s’ouvrant au monde.

  • À Sorgues, le Pont centenaire des Arméniers entame sa cure de jouvence

    À Sorgues, le Pont centenaire des Arméniers entame sa cure de jouvence

    Le Mistral fait quelque peu bouger les haubans et câbles rouillés du pont des Arméniers, qui relie Sorgues à l’île de l’Oiselay, alors que deux ouvriers casqués et vêtus d’un gilet orange martèlent vigoureusement les charpentes métalliques de l’ouvrage, dans un Mistral qui fait lever quelques vaguelettes sur le fleuve qui passe en dessous. Ce sont les débuts des premiers vrais travaux sur la construction inscrite aux monuments historiques, qui fête ses 100 ans cette année, depuis sa fermeture en 1975 pour des raisons de sécurité.

    L’occasion pour le Département de Vaucluse, qui supervise le projet, de présenter les modifications et rénovations ce jeudi 11 juin. Au pied des pylônes hauts de 44 mètres, la présidente Dominique Santoni (DVD) évoque ainsi un chantier « qui dépasse le seul côté technique ». En effet, de nombreux paramètres compliquent la tâche des architectes et autres conducteurs de travaux. Le fait d’être un monument historique contraint à réutiliser une grosse partie des matériaux d’origine ; seuls les 200 câbles, haubans et suspentes vont être remplacés d’ici avril 2027. Tandis que la zone classée inondable et Natura 2000 réduit également la liberté d’action des entreprises qui s’emploient à la restauration.

    « Ce n’est pas le plus facile des chantiers, mais on fait beaucoup d’études. Ce sera long et beau », ajoute la présidente. « Cela a été une conception longue et difficile. On a aussi vu que la passerelle est très sensible au vent. Avec du Mistral comme il y en a aujourd’hui, ça bougeait tellement qu’on ne pouvait presque pas marcher dessus », précise Thomas Tamisier, conducteur d’opération pour le Département de Vaucluse.

    Plusieurs phases

    Le pont avait été construit en 1926 pour pouvoir faire passer les marchandises des maraîchers d’un côté à l’autre de la Sorgue, avec parfois des camions « jusqu’à 7 tonnes », assure Robert Reboul, petit-fils de l’un des maraîchers de l’îlot qui avait lancé le projet dans les années 1920.

    Deux ans et demi seront nécessaires pour pouvoir, plus de 50 ans après sa fermeture, repasser à nouveau sur le pont suspendu. Celui-ci permettra de compléter la ViaRhôna, voie cyclable qui traverse le Vaucluse. Deux années de travaux divisées en plusieurs phases, donc, jusqu’en 2028. Après les travaux préparatoires lancés en mars, dont l’installation d’une plateforme d’accès sur l’eau, place désormais au démontage de la structure suspendue. D’ici octobre, 25 tronçons du tablier vont être levés, ainsi que les suspentes et les câbles de suspension. Puis, d’octobre à avril 2027, ce sera au tour des pylônes d’être remis à neuf. Ce, avec la mise en place de nouvelles passerelles de visite, une restructuration des parements en béton, mais aussi la construction de quatre massifs de câbles au vent. De mai à octobre 2027, la nouvelle suspension va être installée tout en réinstallant le tablier. Avant de terminer, entre octobre 2027 et juin 2028, par la pose du système de garde-corps, la mise en peinture de l’ouvrage puis les travaux de voirie.

    De quoi réjouir les descendants des instigateurs du projet initial. Avec tout de même la petite crainte « que cela ne ramène une fréquentation accrue autour de cette terre préservée et des élevages », glisse Claude Reboul, autre petit-fils qui possède toujours des cultures sur l’Oiselay.

  • [Passerelle interculturelle] La présélection française du concours linguistique « Pont vers le chinois » organisée à Paris

    [Passerelle interculturelle] La présélection française du concours linguistique « Pont vers le chinois » organisée à Paris

    Organisé par l’Ambassade de Chine en France et le Centre culturel de Chine à Paris, l’événement avait pour thème « Une seule famille sous le ciel ». Dix candidats, représentant notamment les Instituts Confucius de NEOMA Business School, de La Réunion, de l’Université Paris Cité, de Pau et de La Rochelle, ainsi que l’ESCP Business School, l’Université Clermont Auvergne et l’INALCO, ont participé à cette finale nationale. Les épreuves comprenaient un test écrit, un discours thématique, des questions-réponses improvisées et une démonstration artistique, afin d’évaluer à la fois leur maîtrise du chinois, leurs connaissances sur la Chine et leur compréhension de la culture chinoise.

    Lors des discours, les candidats ont raconté leur parcours d’apprentissage et leur rencontre avec la Chine. Justus König, de l’ESCP Business School, a évoqué son séjour dans une famille d’accueil à Quanzhou, soulignant la chaleur humaine qui l’avait marqué. Marieme Achille, de l’Institut Confucius de l’Université Paris Cité, a présenté son intérêt pour les caractères chinois à travers les idéogrammes anciens du « soleil » et de la « lune ».

    La partie artistique a ensuite offert au public un aperçu vivant de la culture chinoise. Chants, musique instrumentale, calligraphie, récitation, costumes traditionnels et mise en scène autour du Hanfu se sont succédé. Elise Lelédy, de l’Institut Confucius de l’Université Paris Cité, a remporté le premier prix et représentera la France lors de la finale mondiale en Chine. Marieme Achille, également de l’Université Paris Cité, et Rania Konga Konga, de l’INALCO, ont reçu le deuxième prix.

    La cérémonie de remise des prix s’est déroulée en présence de Chen Li, ministre de l’Ambassade de Chine en France, de An Yan, ministre-conseillère chargée de l’éducation, et de Zhu Xiaoyun, directrice adjointe du Centre culturel de Chine à Paris. Dans son discours, Chen Li a rappelé que le concours « Pont vers le chinois » n’était pas seulement une compétition linguistique, mais aussi un pont de compréhension entre les jeunes Français et Chinois.

    Moment d’échange

    Il a encouragé les candidats à poursuivre leur apprentissage et à devenir eux-mêmes des passerelles entre les cultures. Cette édition française du concours a été à la fois une compétition de langue, une rencontre culturelle et un moment d’échange. À travers leurs mots, leurs talents et leurs expériences personnelles, les participants ont montré l’intérêt croissant des jeunes Français pour la langue et la culture chinoises, contribuant ainsi à renforcer le dialogue et l’amitié entre la Chine et la France. Les lauréats se rendront ensuite en Chine pour participer à la finale mondiale annuelle du concours, aux côtés des candidats venus des autres zones de sélection.

  • [Passerelle interculturelle] Valentin Debise, le pilote moto français qui fait vibrer la Chine

    [Passerelle interculturelle] Valentin Debise, le pilote moto français qui fait vibrer la Chine

    Ici, loin du bruit des circuits et de l’image spectaculaire que l’on se fait souvent d’un pilote moto, Valentin mène une vie simple et discrète. Et pourtant, à plusieurs milliers de kilomètres de là, en Chine, son nom circule de plus en plus sur les réseaux sociaux. À 34 ans, ce pilote français est devenu l’un des visages les plus suivis de la saison. Pourquoi ? Parce qu’il enchaîne les belles performances avec ZXMOTO, une marque chinoise encore peu connue du grand public français, mais qui commence à se faire une place sur la scène internationale.

    Valentin Debise n’est pourtant pas un nouveau venu. La moto l’accompagne depuis l’enfance. Valentin Debise m’a dit « Moi, je ne suis pas né avec un talent de pilote moto. J’étais même assez nul, c’est la vérité. Il m’a toujours fallu plus de temps que les autres pour comprendre les choses. Quand j’étais jeune, à l’école de moto, je voyais les autres y arriver facilement, et moi, je n’y arrivais pas. Mais finalement, c’est aussi ce qui m’a aidé dans ma carrière : j’ai toujours appris, même si j’ai mis plus de temps. »

    Son parcours touche particulièrement les internautes chinois. Beaucoup découvrent un pilote qui n’a jamais vraiment cessé d’y croire. Cette saison, Valentin Debise participe au Championnat du monde Supersport, l’une des catégories importantes de l’univers WorldSBK. Dans cette discipline, la réussite ne dépend jamais d’un seul homme. Il faut un pilote, une moto, une équipe, une stratégie, et surtout une vraie alchimie entre tous.

    Une manière très naturelle d’échanger avec les internautes

    Avec ZXMOTO et Evan Bros Racing, cette alchimie semble fonctionner. Ensemble, ils ont déjà signé plusieurs victoires cette saison. Mais en Chine, l’histoire dépasse vite le simple résultat sportif. Les fans commentent ses courses, bien sûr, mais aussi sa personnalité, sa simplicité, son humour, et sa manière très naturelle d’échanger avec les internautes chinois.

    Ce qui plaît, c’est peut-être justement ce contraste : un pilote discret dans les Pyrénées, encore relativement peu connu du grand public français, mais suivi avec passion par de nombreux fans chinois. Pour beaucoup, cette histoire raconte aussi autre chose : la rencontre entre un pilote français expérimenté, qui a longtemps attendu son moment, et une marque chinoise qui cherche à se faire une place dans un univers dominé depuis longtemps par les constructeurs européens et japonais.

    En septembre, le Championnat du monde Supersport fera étape en France, sur le circuit de Nevers Magny-Cours. Ce rendez-vous attirera sans doute encore plus d’attention autour de Valentin Debise. Pour la suite de la saison, on lui souhaite surtout de continuer à prendre du plaisir, comme il le dit lui-même : « Je vis ma passion. »

  • [Passerelle interculturelle] Mini-séries chinoises : le nouveau phénomène mondial venu d’Internet

    [Passerelle interculturelle] Mini-séries chinoises : le nouveau phénomène mondial venu d’Internet

    Depuis deux ans, un nouveau format audiovisuel connaît une croissance fulgurante en Chine : les « mini-séries », ou micro-dramas. Courtes, rythmées, pensées pour le téléphone portable et les réseaux sociaux, ces séries, dont les épisodes durent de quelques dizaines de secondes à quelques minutes, sont devenues un véritable phénomène culturel et économique.

    Contrairement aux séries télévisées traditionnelles, les mini-séries chinoises adoptent un rythme extrêmement rapide. Chaque épisode dure généralement entre une et trois minutes, avec une narration très condensée : intrigue immédiate, rebondissements fréquents, suspense permanent et émotion directe.

    Un format né pour le mobile

    Leur mode de diffusion correspond parfaitement aux habitudes numériques actuelles. Elles sont principalement regardées sur smartphone, via des plateformes de vidéos courtes ou des applications spécialisées. Le spectateur peut ainsi enchaîner plusieurs épisodes dans les transports, pendant une pause ou avant de dormir.

    Le modèle économique repose souvent sur un système « freemium » : les premiers épisodes sont gratuits afin d’attirer le public, puis les suivants deviennent payants ou accessibles par abonnement.

    Derrière cette apparente simplicité se cache une véritable industrie. En Chine, certaines mini-séries sont tournées en seulement quelques jours, avec des budgets relativement modestes par rapport aux productions télévisées classiques.

    Les équipes privilégient l’efficacité : scénarios courts, décors limités, tournage intensif et montage rapide. Mais cette production accélérée ne signifie pas absence de professionnalisation. De nombreuses plateformes utilisent désormais des outils d’analyse de données pour identifier les thèmes les plus populaires : romance, revanche sociale, histoires familiales, fantasy, entrepreneuriat ou encore drames historiques.

    L’intelligence artificielle commence également à jouer un rôle, qu’il s’agisse de recommander les contenus, d’analyser les tendances ou, parfois, d’accompagner l’écriture des scénarios.

    Un nouveau moteur de l’industrie culturelle numérique

    Le phénomène dépasse désormais le simple divertissement. Les micro-dramas deviennent à la fois un outil d’influence culturelle et un nouveau relais de croissance économique. Leur succès attire aussi l’attention à l’international, notamment aux États-Unis, où ce format est déjà considéré par certains observateurs comme l’un des futurs terrains de conquête de l’industrie audiovisuelle.

    Dans la ville de Quzhou, dans la province du Zhejiang, dans l’est de la Chine, un véritable pôle industriel dédié aux micro-dramas est en train d’émerger. À la Meigao Short Drama Super Factory, plus de 200 décors prêts à tourner – hôpitaux, aéroports, villas, tribunaux – sont réunis dans une même zone de production. Les jeunes créateurs peuvent y entrer et commencer à filmer presque immédiatement.

    Le modèle est simple : produire vite, tourner efficacement, raconter sans interruption. Pour les autorités locales, il s’agit aussi d’une stratégie de transformation industrielle : associer les ressources traditionnelles du territoire à la créativité numérique, afin de faire des micro-dramas un nouveau levier de développement culturel et économique.