Tag: participation

  • Jean-Pierre Meyer fixe les enjeux de la liste de gauche

    Jean-Pierre Meyer fixe les enjeux de la liste de gauche

    Candidat de la gauche aux élections de 2020, ce qui lui avait permis de glaner un poste au conseil municipal, Jean-Pierre Meyer ne va pas tout bouleverser en 2026, mais tout de même apporter quelques retouches à sa liste. Celle-ci, et les 33 colistiers, s’inscrivent dans la continuité de la précédente, tout en s’offrant un vent de fraîcheur nécessaire, et parfois contraint : « C’est une liste renouvelée à plus de 50%. Un certain nombre de personnes qui étaient avec nous en 2020 nous ont quittés, d’autres sont partis. Mais il était évident de prendre appui sur ceux qui, depuis 2020, m’accompagnent dans cette mission. Je ne sais pas s’il faut les citer, mais il y a un noyau dur très diversifié de citoyens encartés ou pas », décrit l’élu de 70 ans.

    Une continuité qui s’exprime également dans les orientations du projet politique, qui « s’appuie sur celui de 2020, qui n’a pas pris une ride. Il est en cours de finalisation. On se donne jusqu’au 19 février, date de la réunion de présentation du programme, pour l’affiner », explique-t-il. Avec une volonté affirmée de favoriser la démocratie de proximité : « Il s’inscrit dans une vision municipale qui associe les citoyens à la vie de la cité. On veut favoriser la participation citoyenne. Nous voulons réconcilier les gens avec la vraie politique, pas celle qui consiste en des intérêts personnels, mais celle qui agit pour concrétiser un slogan qui nous est cher : mieux vivre tous ensemble à Sanary. Il y a également toute une série de propositions qu’on va réactualiser, car certaines de 2020 se réalisent, comme le projet d’accession sociale à la propriété, un sujet sensible notamment pour la jeunesse qui a du mal à rester à Sanary eu égard aux prix des logements. »

    « Rééquilibrage générationnel »

    La jeunesse, un facteur important pour Jean-Pierre Meyer, pour qui ce sera la dernière campagne : « La campagne et le mandat seront ceux de la relève. On doit laisser notre place aux plus jeunes car ils constituent l’avenir. Nous aurons donc une représentation des 35-45 ans. Ce ne sont pas des tout jeunes, ils sont encore en nombre insuffisant, mais nous comptons sur eux pour gagner des personnes de leurs générations et de celles qui les précèdent. Il faut qu’ils soient en situation de prendre de plus en plus la parole pour porter leur vision de la place que doit avoir la jeunesse à Sanary. Ça fait partie de nos objectifs : créer les conditions du rééquilibrage générationnel. On a ce problème à Sanary comme dans beaucoup de stations balnéaires méditerranéennes, à cause des prix et l’insuffisance des infrastructures pour la petite enfance, le manque de transports en commun. L‘échelon municipal nous paraît être le plus évident pour permettre de renouer entre citoyens et politiques, car les communes ont encore assez de pouvoirs pour mettre en place des décisions proches de la volonté populaire », veut croire l’élu.

    Enfin, la liste revendique une vertu, sa transparence : « Comme en 2020, nous avons opté pour une liste de rassemblement de citoyens et de citoyennes adhérents ou pas à un parti politique, mais soutenus par le PCF, les Écologistes et le PS, et qui ont le même idéal progressiste et écologique. Et nous avons tous considéré qu’il était primordial de dire aux électeurs qui nous sommes et qui nous soutient. Contrairement aux six listes qui risquent de se présenter en face, qui sont soit DVD, soit sans étiquette. Nous, on fait le choix de marcher à visage découvert, c’est la moindre honnêteté qu’on doit aux électeurs », conclut la tête de liste de Renouveau pour Sanary.

  • Le collectif Réfléchissons Vitrolles restitue ses idées

    Le collectif Réfléchissons Vitrolles restitue ses idées

    Ce moment de la fin de mandat permet de voir en arrière le chemin parcouru et en avant ce qu’il reste à faire » pour le maire (PS) de Vitrolles Loïc Gachon, entouré de participants à la soirée de restitution qui s’est déroulée, vendredi soir, à l’espace Mandela. Depuis septembre, plusieurs ateliers participatifs ont été organisés avec la population sur plusieurs thèmes.

    Les propositions fusent. Martine Miglior rapporte celles de « créer une mutuelle communale de proximité » ainsi qu’une « bourse au bénévolat pour aider les associations et les bonnes volontés qui se cherchent ». Anthony Moreau, militant PS, indique pour l’atelier vie de quartier qu’« il faut développer la communication et l’organisation dans les quartier » par l’intermédiaire de « gens qui s’impliquent et des comités d’intérêt de quartier ».

    « Un travail essentiel »

    Attentif aux propositions, le maire de Vitrolles salue la participation « entre 80 et 100 personnes par atelier », parlant d’« un travail collectif essentiel » qui doit « se mêler avec ce qui se fait déjà ou qui va se faire » notamment en réponse à une proposition d’aménagement du plateau qui est en cours de réflexion selon Loïc Gachon.

    Toutes ces propositions seront ensuite « chiffrées afin de les rendre réalistes », explique l’édile, « c’est le travail qui suit pour aboutir au projet de mandat 2026 ». Car si plusieurs candidats se sont déjà déclarés face au maire sortant, ce dernier l’affirme : « Il n’y a pas de suspens ni de doute me concernant », mais « le temps de la candidature et de la campagne électorale débutera après la trêve des confiseurs. » Loïc Gachon donne comme prochain rendez-vous le 18 janvier dans un lieu à déterminer.

    Aucun suspens, mais du temps pour cogiter.

  • Nicolas Koukas en campagne pour « un mandat de la proximité » à Arles

    Nicolas Koukas en campagne pour « un mandat de la proximité » à Arles

    « On rentre dans le vif du sujet. » Baptiste Guéri, de l’équipe de campagne de Nicolas Koukas (PCF), ne croit pas si bien dire, alors que la tête de liste de l’Union pour Arles a lancé la campagne, jeudi soir, dans l’école André-Franck de Trinquetaille avec plus de 200 participants annoncés.

    La participation est justement l’un des enjeux majeurs développés par l’équipe de l’Union pour Arles. Le directeur de campagne, Jean-Frédéric Déjean, a introduit cette aventure comme « n’appartenant pas à une tête de liste, ni aux partis, ni à personne, mais à chaque participant ». Nicolas Koukas a répété que « les Arlésiens en ont assez que des décisions soient imposées sans concertation », à l’image du contournement autoroutier d’Arles, pour lequel il réitère sa proposition de consultation citoyenne.

    Même constat dans les quartiers. Comme à Barriol, où cet habitant conteste un programme immobilier : « On veut un square et du vert, plus de béton ni de grands immeubles qui nous ont été imposés sans concertation. » « On ne peut pas passer en force comme ça », lui répond le candidat.

    Une charte d’engagement

    Au-delà de la consultation, le candidat insiste sur la proximité et la démocratie participative. « Les gens veulent discuter, échanger, voir leurs élus en physique », insiste la tête de liste. C’est sur ce fondement que Nicolas Koukas annonce de premières mesures. « Nous réouvrirons des mairies annexes pour renforcer notre présence dans tous les quartiers, hameaux et villages » de même que « nous demanderons à nos élus d’être présents et de tenir une permanence chaque semaine ». Pour ce faire, le candidat souhaite également « une charte de déontologie et d’engagement des élus avec présence obligatoire dans les quartiers ».

    Un volet financier est prévu à ce sujet. Nicolas Koukas propose de construire « un budget participatif avec les habitants », dont la participation serait « organisée sous forme de conseil de quartier ». « Ce sont les quartiers les plus difficiles qui ont été abandonnés, il leur faut une enveloppe à la hauteur des enjeux », souligne le candidat, en réaction à une habitante évoquant la perte de subventions pour de nombreuses associations.

    Pour le financement, l’équipe vise notamment les fonds européens.

  • « Femmes solidaires marque un changement »

    « Femmes solidaires marque un changement »

    La Marseillaise : Exposition, repas, que propose Femmes solidaires pour cet anniversaire ?

    Annick Karsenty : D’abord de revenir sur notre histoire depuis la fondation de l’Union des femmes françaises (UFF) en 1945 avec une exposition faite par nos amies de Nîmes, avec de nombreux panneaux explicatifs. Elles ont été chercher les événements, les lois, les bagarres… Il y aura aussi la projection d’un film et une table ronde avec deux anciennes qui l’ont vécu, cette histoire, pour qu’elles nous racontent ce que nous, nous n’avons pas connu.

    Comment mesurez-vous le chemin parcouru en 80 ans ?

    A.K. : On peut dire qu’il y a vraiment eu un changement d’orientation, une évolution dans la décennie 1984-1992, une évolution quand nous avons changé de nom. En 1992, le 17e congrès de l’UFF porte le slogan « femmes solidaires pour défendre nos droits et la paix » et on passe d’une association féminine et familiale qui portait des revendications sur notamment le droit au travail des femmes à un mouvement féministe solidaire. On commence à parler de loi anti-sexiste, de culture du viol. On passe à des questions plus sociétales. On avance aussi un mot d’ordre contre la féminisation de la pauvreté. Après il va y avoir la participation à la conférence mondiale des femmes de Pékin [en septembre 1995 Ndlr]. On intervient également au niveau de l’Afghanistan, où nous allons financer des écoles clandestines pour les petites filles et nous faisons la connaissance de Shoukria Haidar [présidente fondatrice de l’association Negar-Soutien] qui participera à la création du RIFL, notre réseau international féministe et laïc. En 2004, on obtient aussi le statut international spécial à l’ONU dans lequel on siège toujours.

    Et quel chemin reste-t-il selon vous à parcourir ?

    A.K. : Beaucoup de choses restent à faire. En particulier sur les violences dans la famille. Au niveau des féminicides, le chiffre ne descend pas. Avec les suicides forcés, on en est à trois femmes par jour qui décèdent. Il y a aussi le retour des masculinistes qui font que nous retournons en arrière. On le voit bien quand nous intervenons dans les salles de classe. Les garçons portent des propos de recul… Même si les filles se rebiffent et c’est aussi à prendre en compte. La loi de 2016 qui fait que la France est un pays abolitionniste de la prostitution est menacée aussi et il y a tout le combat contre le courant transactiviste qui vise dans tous les domaines à gommer le mot femme…

  • Patrick Chini mènera une liste d’union de la gauche à Salon-de-Provence

    Patrick Chini mènera une liste d’union de la gauche à Salon-de-Provence

    Il y avait du monde dans le local de campagne de la gauche salonaise rassemblée autour de Patrick Chini (PS), à l’occasion de l’inauguration de leur QG pour les élections municipales de 2026. Le PCF, PS, Génération.s, les Écologistes, Place publique et Génération écologie sont parties prenantes de cette alliance.

    Patrick Chini, ingénieur retraité depuis avril dernier, est la tête de liste de ce rassemblement « pour un autre avenir » en « mettant de côté nos divergences sur des sujets nationaux pour travailler au local » avec « bon nombre de citoyens » au-delà des militants politiques, d’après le candidat qui insiste sur sa volonté d’« intégrer systématiquement la participation citoyenne » dans les réflexions et les décisions pour construire une ville « plus transparente et inclusive ».

    L’écologie en pilier

    Le collectif met en avant plusieurs orientations avant de présenter son programme fin janvier. « Notre premier souci est de faire face à la transformation écologique et économique au regard du changement climatique et tout ce qu’il implique en termes de santé et d’alimentation » détaille Patrick Chini, qui lie cet enjeu à celui de « rendre la ville autonome en énergie et en eau dans la mesure du possible ». « Nous voulons aussi favoriser une alimentation saine et locale car nous avons la chance d’avoir des agriculteurs et des producteurs bio qui nous accompagnent », complète le candidat.

    La campagne sera jalonnée de rencontres dans les quartiers. La liste au complet sera dévoilée le 11 février tandis que le meeting de fin de campagne est déjà programmé au 9 mars à la Maison de la vie associative.

    Local au 21 avenue
    du Maréchal Joffre.

  • [En immersion avec les jeunes de La Martine 3/4] Un centre social comme « une deuxième maison »

    [En immersion avec les jeunes de La Martine 3/4] Un centre social comme « une deuxième maison »

    De la liberté, de l’autonomie, mais aussi découvrir le monde en collectif pour pouvoir se construire… L’accueil jeunes, mis en place au centre social La Martine (15e), en mars 2025, c’est tout ça à la fois. Des critères établis par la Caisse d’allocation familiale qui subventionne ce secteur. Kader Allem, coordinateur jeunesse, en a tiré la substantifique moelle pour donner la possibilité aux enfants âgés de 12 à 17 ans de participer aux activités.

    Son leitmotiv : faire en sorte que les ados s’ouvrent aux autres. « Tant que je serai là, les projets seront ouverts aux 12-17 ans de La Martine, explique-t-il. L’accueil jeunes, c’est un lieu de rencontres et de création. Tout le monde a le droit de s’inscrire et l’idée est que chacun prenne sa place. Ce qui m’intéresse, c’est que les jeunes prennent confiance en eux. » Ce qui n’est pas toujours chose facile.

    Nasser, 15 ans, le reconnaît bien volontiers : lui, ce qu’il aime, c’est « rester avec ses potes ». « On est soudés », explique-t-il. Alors accueillir les plus petits dans le groupe avec ce que l’on appelle, au centre social, « les passerelles », où les 11 à 13 ans se mélangent avec les plus grands de temps en temps, il a encore du mal. « On voit pas trop pourquoi, on est bien entre nous », insiste-t-il. « C’est un peu bizarre, il faut s’adapter », abonde Jhany, 14 ans. Petit à petit, Kader les a convaincus des bienfaits du collectif, même si par moment, il faut encore faire des piqûres de rappel.

    Ensemble, c’est plus facile

    La réflexion a néanmoins fait son chemin chez Chemsy, 16 ans. « Ici, on sait qui on va voir, y a pas de prise de tête. Mais, quand on se met à la place des petits, c’est pas la même. Moi, quand j’étais ici au centre, j’aurais aimé être avec les grands de temps en temps. » Quand Kader est arrivé, « cela se voyait à sa tête qu’il était gentil. Mais on s’est dit, il va changer des choses », poursuit-elle. « Alors que pour nous, c’était très bien comme ça », balance Nasser à ses côtés.

    Briser l’entre soi aura donc été le premier chantier avant de s’attaquer à l’accès pour tous aux activités. Du paiement en fonction du quotient familial, on est passé « à une nouvelle politique tarifaire où on ne paie que 30% des sorties, une petite participation est demandée pour les séjours », précise Kader.

    Résultat : « on fait des choses qu’on pourrait pas se payer », s’enthousiasme Jhany, et aussi « des sorties pédagogiques qu’on pourrait pas faire ailleurs ». « Le musée d’histoire de Marseille, j’y serai jamais allé tout seul », ajoute-t-il, tandis qu’un quiz sur la visite est justement en cours dans la salle à côté. Ce que nos ados préfèrent : « Partir ensemble, c’est plus facile », analyse Chemsy. « C’est bien qu’on se retrouve ensemble, autre part, pour découvrir d’autres mondes », insiste la jeune fille.

    Libres d’aller et venir au sein de cet accueil jeunes, devenu plus souple administrativement et techniquement, s’ils font le choix de rester, c’est aussi parce que la politique éducative menée est efficace. « On met tout en place pour qu’ils aient envie de rester toute la journée », lance Kader. Et de s’adresser aux ados : « La réussite éducative, c’est ce que nous, on peut faire pour vous en complémentarité de l’école et de votre famille. Pour que vous vous épanouissiez et arriviez à l’âge adulte. »

    Des expériences

    qui servent au quotidien

    Pour certains, le centre a pris une importance vitale. « Cela m’apporte du bonheur. C’est une des seules choses qui me plaît dans ma vie, en ce moment, avec la danse. Cela me permet de m’évader de mon quotidien. J’ai grandi ici, je venais déjà à l’âge de 5 ans, j’ai rencontré des personnes », témoigne Chemsy. À ses côtés, Jhany acquiesce. « Si j’avais pas ça, je pense que je me serais ennuyé, je serai resté sur la play[station] », estime-t-il, quand Nasser pense au pire. « Si j’ai pas le centre, c’est sûr, je vais faire plus de conneries. » « Oui, il serait livré à lui-même », commente Chemsy, parce que « chez soi, on gamberge, alors que là, on sait où aller », précise Maïssa, 16 ans.

    Elle revient sur le coup de foudre amical avec Chemsy. « Moi, ce centre, cela m’a permis des rencontres. Avec Chemsy, la première fois qu’on s’est vues, on est devenu copines comme si on se connaissait depuis 100 ans. Alors que, dans la vie de tous les jours, jamais je serais allée lui parler », raconte-t-elle, un peu émue. Le centre, c’est aussi « des trucs qui nous servent au quotidien, comme le concours d’éloquence, les ateliers radio », insiste la jeune fille. Bref, c’est comme « une deuxième maison », résume Nasser, « avec de nouveaux co-locataires », s’amuse Chemsy.

  • Avignon : le réseau du Ponzo, où les femmes mènent le jeu

    Avignon : le réseau du Ponzo, où les femmes mènent le jeu

    Le procès de 16 membres du réseau du point de deal du Ponzo, dans le quartier de Monclar à Avignon, dont notamment trois femmes et une identifiée comme la gérante, Anaïs E., s’est ouvert ce lundi 13 octobre, au tribunal judiciaire d’Avignon.

    Tous sont poursuivis pour des faits d’acquisition, détention, transport, offre ou cession non autorisée de stupéfiants, et pour la plupart, participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime ou encore possession d’une arme de catégorie D.

    Anaïs E., Avignonnaise de 27 ans, se serait occupée du point de deal pendant environ quatre ans, jusqu’au coup de filet des forces de police en juin 2023. Un réseau qui était l’un des plus importants du Vaucluse et qui pouvait rapporter jusqu’à 20 000 euros par jour. Le président, Johan Dennis, évoque également une « guerre des clans » contre le réseau de la Reine Jeanne, avec plusieurs personnes tuées et de nombreux blessés. Des soupçons se portent également sur un règlement de comptes au sein même du réseau du Ponzo.

    Des arrestations qui font suite à des années d’enquêtes et d’écoutes. Ce qui a permis d’identifier la jeune femme comme la gérante, devant tout de même rendre des comptes à un supérieur, identifié comme Faycal J., absent car en fuite, dont le frère, Badr, est lui également sur le banc des accusés. Le procès devrait se tenir jusqu’à ce vendredi 17 octobre. Tous risquent jusqu’à 10 années de prison pour ces faits.

    « Tirer dans les pieds »

    L’après-midi a commencé avec le premier interrogatoire, celui de Camila C., qui est identifiée comme l’ex-compagne d’Anaïs E. pendant plus de huit ans. Elle concède avoir connaissance des activités de sa compagne, sans pour autant y participer activement, assurant qu’elle n’a jamais « touché aux armes ou à la drogue ». Des messages cités par le président, Denis Johan, laissent pourtant penser à une participation plus poussée, en qualifiant ces SMS de « discours qui n’est pas celui d’une figurante », en évoquant un échange autour d’un vol de plusieurs dizaines de milliers d’euros par une troisième femme, Myriam S., qui fut également une membre active haut placée du réseau. Elle évoquera une « euphorie de la situation » à propos de messages où elle dit vouloir « tirer dans les pieds » de celle qui est partie avec la grosse somme d’argent. Elle a elle-même été touchée par des tirs en compagnie d’Anaïs E. Touchée à un bras, elle est aujourd’hui déclarée en incapacité à 80 %. Myriam S., qui s’est présentée en visio, sera entendue ce mardi 14 octobre au matin. L’interrogatoire d’Anaïs E. est prévu le mercredi 15 octobre en matinée.

    Ce fut ensuite au tour de Hamid M., ou « le vieux », notamment soupçonné de servir de nourrice pour le réseau. Plusieurs kilos de résine de cannabis et des sachets de cocaïne ont été retrouvés à son domicile. Diagnostiqué schizophrène, il n’avait pas été interpellé lors de la première vague d’arrestations en juin 2023, car il était hospitalisé. Il assure ne pas avoir stocké de produits chez lui, tout en expliquant avoir « voulu rendre service ».

  • Les conseils citoyens veulent peser sur la rénovation urbaine

    Les conseils citoyens veulent peser sur la rénovation urbaine

    Pour les dix ans de leur création à Marseille, les conseils citoyens, réunis depuis 2020 en une fédération pour répondre au retrait progressif de l’État et de la Métropole, ont profité de la tenue des Rendez-vous annuels du logement pour faire entendre leur voix. Réunissant à parité habitants et acteurs locaux (associations, commerçants…) des Quartiers politique de la ville, ce dispositif a été créé par la loi Lamy (2014) pour porter la parole citoyenne au cœur de l’élaboration des politiques publiques, à travers un dialogue avec les institutions et un suivi des projets du contrat de ville.

    « Pas un simple slogan »

    « Le conseil citoyen n’est pas une association classique, c’est une instance de démocratie participative créée par la loi qui est censée être incontournable », rappelle ainsi Guy Luchesi, membre du conseil du 14e. Mais, malgré cette reconnaissance légale, la réalité est tout autre. « Vous n’êtes pas une association, vous n’êtes pas reconnus, nous a dit récemment un bailleur », déplore Anissa Bouanani, des Escourtines (11e). « On ne nous donne aucuns moyens. Depuis dix ans, personne n’a joué le jeu, alors que la loi précise que ce doit être inscrit dans le contrat de ville », reprend Pierre Luchesi. Ni locaux, ni financements malgré deux décrets réaffirmant en 2024 leur rôle central. « Je ne parle pas de subventions, mais de l’argent de la politique de la Ville pour nous permettre d’assumer notre autonomie. »

    À l’origine, à Marseille, dix conseils citoyens couvraient les 35 quartiers prioritaires. Ils sont aujourd’hui 16, fruits d’un redécoupage géographique autour des « lieux de vie », initié par les citoyens concernés, habitants, associations de locataires, parents d’élèves, CIQ, tables de quartiers…

    Ce « plan de relance » intervient alors que les chantiers de rénovation urbaine lancés sur la ville laissent déjà poindre des dysfonctionnements dans la prise en charge des habitants. Comme d’autres, Rachida Haddouche (la Cabucelle), regrette, par exemple, « l’absence de maisons de projet », censées faire participer les habitants à l’amélioration de leur cadre de vie. « La participation citoyenne ne doit pas être un simple slogan, mais une réalité concrète à chaque étape du projet », abonde Fatiha Ziani, de Frais Vallon (13e).

    à Marseille, près de 2 700 logements sociaux sont en cours de démolition, plus de 6 000 logements sont en réhabilitation et 1 000 logements du parc privé font l’objet d’interventions lourdes, selon les chiffres de la Ville. « Il n’y a pas assez de programmes neufs qui sortent. Les campagnes de destruction sur les dix quartiers en renouvellement urbain vont démarrer, on va se retrouver dans une impasse », reprend Pierre Luchesi. « On va sortir de la période de négociation. Les habitants, aujourd’hui, sont protégés par une charte, mais après, le droit commun s’appliquera : ce sera trois propositions et au revoir… »

  • Des avocats dénoncent les arrestations devant Eurolinks

    Des avocats dénoncent les arrestations devant Eurolinks

    « C’était une manifestation pacifique qui ne troublait pas l’ordre public », affirme Adrien Mawas, avocat de trois personnes interpellées et membre du Syndicat des avocats de France (SAF). Jeudi, en marge d’un rassemblement contre l’entreprise marseillaise Eurolinks, qui vend des composants d’armes à Israël, 123 personnes ont été placées en garde à vue. Quatre avocats, qui ont accompagné certaines des personnes interpellées, dénoncent une grave atteinte à la liberté de manifester.

    « La grande majorité des suites, ce sont ce qu’on appelle des alternatives aux poursuites, explique Mathilde Lanté, avocate et membre du SAF. C’est-à-dire qu’on propose des peines extrêmement faibles pour que les gens reconnaissent les faits, alors que la grande majorité d’entre eux ne les reconnaissent pas. C’est du chantage. »

    Un grand nombre de gardés à vue qui n’a pas permis aux avocats de tous les prendre en charge. « Certains ont eu des commis d’office et d’autres n’ont carrément pas eu d’avocat », se désole Adrien Mawas. Pour lui, « l’objectif est d’intimider et de priver d’une liberté fondamentale des personnes qui ne commettent aucune infraction ».

    La préfecture affirme les avoir arrêtés pour « participation à un attroupement après sommation et certains pour dégradations et violences sur personne dépositaires de l’autorité publique ». Les avocats affirment que leurs clients n’ont pas entendu les sommations.

  • Le Conseil Communautaire de Sud Sainte-Baume vote une aide sur l’eau

    Le Conseil Communautaire de Sud Sainte-Baume vote une aide sur l’eau

    C’était un effort attendu par l’ensemble des habitants de la communauté d’agglomération Sud Sainte-Baume, au sein de laquelle la colère était considérablement montée ces derniers mois, notamment du côté du Beausset où se sont tenues des réunions publiques houleuses durant l’été.

    Le conseil communautaire, réuni lundi, a voté une subvention aux CCAS des neuf communes, pour aider les personnes en difficulté, à payer leur facture d’eau. Suite au passage d’une régie communautaire à une délégation de service publique (DSP, gérée par Véolia au nord du territoire, et Suez au sud) au 1er janvier 2025, la facture de juillet comporte deux abonnements (1er janvier-30 juin et 1er juillet-31 décembre), et la grille de tarification a changé, occasionnant dans certains cas un doublement du montant de la facture. Les aides ont été allouées en fonction de la taille de la commune (de 13 449 euros à Sanary, à 1 472 euros pour Evenos), et seront réparties par les CCAS, en vertu du quotient familial des bénéficiaires.

    Nouvelle aide pour la dette du GP du Castellet

    Sud Sainte-Baume a aussi annoncé la mise en place d’un service de covoiturage à destination de ses citoyens. Depuis le 1er octobre, ceux-ci peuvent trouver des automobilistes effectuant les mêmes trajets quotidiens qu’eux via l’application Karos. Le conducteur perçoit une indemnité de 2 euros par trajet, sur laquelle l’agglo finance 1,50 euro, ce qui ramène le coût pour l’usager à 50 centimes. Un bon coup de pouce, quand on sait que deux tiers des salariés de la zone d’activités de Signes vivent hors du territoire. Sud Sainte Baume a budgété 12 450 euros pour une année, soit environ 8 300 trajets.

    Enfin, la communauté d’agglomération a également voté une seconde contribution au remboursement de la dette du GIP Grand Prix de France F1 du Castellet. Organisé de 2018 à 2022 après 26 ans d’absence, il reste endetté à hauteur de 12 millions d’euros (30 millions originellement). Le 31 mars dernier, Sud Sainte Baume avait proposé de procéder, via une délibération, à un premier versement 72 017 euros.

    Ce versement correspond à deux critères : la participation de Sud Sainte Baume dans le GIP (2,2%) et aux sommes remboursées par les autres partenaires (le département et la Métropole toulonnaise, qui participent à hauteur de 14,8%, ne s’étaient vus demander que 484 000 euros). Le Conseil d’Administration du GIP a déposé un recours pour faire annuler cette délibération, demandant à ce que l’Agglo verse 750 000 euros. Aujourd’hui, même si le recours n’a pas été retiré, il est demandé un second versement fixé à 183 880 euros, « ce qui correspond à notre participation à due proportion, puisqu’il est demandé au département et à la métropole 1 236 113 euros » se satisfait le président de Sud Sainte-Baume Jean-Paul Joseph.