Tag: participation

  • Félix Bingui jugé pour trafic de stupéfiants

    Félix Bingui jugé pour trafic de stupéfiants

    Les regards convergeront lundi dans le box vers Félix Bingui, 35 ans, alias « Le chat » ou « Féfé », présenté comme « le chef incontestable » d’un important réseau de stupéfiants du clan Yoda, ce qu’il nie. Le principal point de deal de la Fontaine à La Paternelle (14e) générait autour de 100 000 euros de recettes par jour. 19 autres prévenus répondent aussi à des degrés divers de trafic de stupéfiants, d’association de malfaiteurs, de blanchiment et de non-justification de ressources.

    Le 2e arrondissement a d’abord constitué la matrice de l’équipe dite des Carmes qui s’est ensuite donnée pour nom « Yoda » en se confrontant dès février 2023 à sa puissante rivale la « DZ Mafia » qui l’a depuis supplantée au terme d’une longue série de règlements de comptes se soldant par une effroyable hécatombe.

    Longtemps au vert à l’étranger pour échapper à la guerre qui faisait rage à Marseille et sous le coup d’un mandat d’arrêt international, Félix Bingui a été arrêté en mars 2024 au Maroc puis extradé vers la France en janvier 2025. Estampillé dans le « haut du spectre » du narcobanditisme, il est incarcéré à la prison de haute de sécurité de Vendin-le-Vieil surnommée la « prison des narcos » et mis à l’isolement en cellule ultra-sécurisée.

    Félix Bingui est un franco-camerounais né en 1990 à Alès dans le Gard. Il a grandi à Nîmes avant de s’installer à Marseille à la fin des années 2000, de se mettre au charbon dans le quartier des Carmes puis d’être incarcéré en 2010. Le casier judiciaire de Bingui porte depuis trace de 13 mentions notamment pour vols, association de malfaiteurs, trafics de stupéfiants.

    Les investigations de l’Office antistupéfiants ont conduit au démantèlement de ce réseau d’envergure particulièrement organisé, hiérarchisé, avec des rôles répartis entre les différents acteurs pour les convois, le conditionnement de la cocaïne et du cannabis, la collecte de l’argent, le recours à des appartements « nourrices » disséminés pour le stockage des stupéfiants, de l’argent et des armes, l’utilisation de lignes téléphoniques dédiées et changeantes et de communications cryptées, le recours à des prête-noms, l’équipement en armes et munitions dans l’optique de la confrontation avec le clan adverse.

    Pour les enquêteurs, Félix Bingui se positionne en chef d’équipe, prodigue instructions et conseils. C’est celui à qui chacun rend compte, celui qui règle les conflits, celui qui bénéficie de transferts d’argent internationaux, celui qu’on sollicite parfois pour la fourniture d’armes. II possède deux villas à Dubaï où il jouit du statut de résident et circule en Ferrari. À Dubaï, le cercle des affidés vit grand train dépensant 300 000 euros en un mois en restaurants et boites de nuit, locations de voiture de sport. Aux enquêteurs, il explique son train de vie par ses économies, son activité de revente de véhicules depuis la prison, se disant aussi très doué en paris sportifs.

    Des écoutes rapportent un accident de la route survenu en 2022 à Dubaï ayant causé la mort d’un tiers. Pour protéger Mohamed H dit « Pirate » qui serait l’auteur, décrit comme son bras droit, son collecteur d’argent, son responsable pour l’approvisionnement en résine, le clan désigne un autre membre pour endosser la responsabilité, en échange de quoi « Pirate » lui verse 200 000 euros pour sa caution et ses frais d’avocat, l’entretient à hauteur de 10 000 par mois pendant un an et demi.

    « Le chat » se sait menacé. En novembre dernier, 9 membres présumés de la DZ Mafia ont été interpellés pour avoir tenté de l’assassiner en Espagne. C’était le 17 mai 2023, deux individus cagoulés ouvraient le feu sur Bingui et Zino, un comparse, attablés en terrasse d’une cafétéria près de Marbella, les blessant légèrement.

  • Vincent Bouget remet la mairie au contact des Nîmois

    Vincent Bouget remet la mairie au contact des Nîmois

    C’était l’un des fils rouges de la campagne de « Nîmes en commun » : ne plus faire la ville sans ses habitants. À peine installé à l’Hôtel de Ville, Vincent Bouget veut donner corps à cette promesse. À partir du jeudi 7 mai et jusqu’au 2 juillet, le nouveau maire de Nîmes lance « Bonjour Nîmes », une série de sept rencontres publiques dans les grands secteurs de la ville. Une première séquence politique qui dit déjà beaucoup de la méthode revendiquée par la nouvelle majorité : sortir des bureaux, écouter, faire parler les quartiers et tenter de recoudre une ville fracturée.

    La première rencontre a lieu ce jeudi 7 mai, à 18h30, à la Maison des associations, pour le secteur Costières. Suivront Garrigues nord, Garrigues ouest, Nîmes centre, Grézan-Chemin bas d’Avignon, Courbessac-Mas de Mingue, puis Nîmes Ouest-Saint-Césaire. À chaque fois, le maire, sa première adjointe Amal Couvreur et des élus municipaux viendront échanger avec les habitants. Au programme : la projection d’un film-enquête réalisé auprès de Nîmois du secteur concerné, puis une discussion sur les attentes, les urgences et les priorités du quotidien.

    Pour Vincent Bouget, l’enjeu dépasse le simple exercice de communication. « Les Nîmoises et les Nîmois ont beaucoup dit que la ville n’était pas assez unie, que les élus étaient trop distants », rappelle la municipalité. Le nouveau maire, lui, insiste sur la nécessité de repartir de la parole habitante : « Parce que nous ne ferons rien seuls, nous avons besoin de nous écouter et de travailler tous ensemble. C’est la seule façon de réussir la transformation en profondeur de notre cité. »

    Une méthode héritée

    de la campagne

    Ces rendez-vous s’inscrivent directement dans la continuité de la campagne municipale victorieuse de mars. Nîmes en commun avait bâti son projet à partir de milliers de contributions, de réunions publiques et d’arpentages dans les quartiers. Le collectif promettait alors de « rendre le pouvoir aux Nîmois », de renforcer les conseils de quartier et de rompre avec une gestion jugée trop verticale après vingt-cinq ans de majorité Fournier.

    La différence avec l’ancienne municipalité se joue donc d’abord sur le rapport au pouvoir. Vincent Bouget ne veut pas seulement gérer les dossiers depuis l’Hôtel de Ville : « On peut très rapidement se retrouver enfermé dans son bureau et ne voir personne », confie-t-il. Depuis le début du mandat, il dit chercher à rester « au contact des habitants, des entreprises, des associations, dans tous les quartiers ». Même dans les gestes simples : « J’essaye le maximum de venir en mairie à pied. Les gens nous interpellent sur leurs problèmes personnels, leurs problèmes plus globaux, ou parfois juste pour un bonjour. C’est déjà une belle première étape. »

    Des attentes concrètes

    Ces réunions ne devraient pas rester dans les grands principes. Voirie abîmée, vitesse automobile, fossés à nettoyer, manque de lieux pour se réunir : dans les quartiers, les demandes s’annoncent concrètes. Mais Vincent Bouget veut éviter le simple guichet à doléances. Ces rencontres doivent aussi servir à refonder une démocratie locale, à commencer par des conseils de quartier dont le fonctionnement, estime-t-il, « est à revoir ». L’objectif affiché est d’aboutir, à l’automne, à de nouveaux fonctionnements capables de mieux traiter l’ensemble des problèmes du quotidien.

    Reste à transformer l’écoute en décisions. C’est là que la nouvelle majorité sera jugée, après avoir promis une ville « où chacune et chacun compte. » Sept rendez-vous pour faire connaissance, mais aussi pour prouver qu’un changement de mairie peut signifier un changement de méthode.

    Inscription aux rencontres et dates sur www.nimes.fr

  • L’association Surfrider a ramassé des kilos de déchets

    L’association Surfrider a ramassé des kilos de déchets

    Quand on aime la nature, plus que quiconque, on tient à la préserver. Surfrider, association fondée en 1990 par des surfeurs amoureux de l’océan, en a fait son credo. Engagée dans la lutte contre la pollution par les déchets (particulièrement plastiques), la préservation des écosystèmes aquatiques, et la gestion des risques côtiers face au changement climatique, elle s’emploie à travers différents moyens d’action (science participative, lobbying, art, éducation, etc.), mais aussi la participation citoyenne.

    Projet Retrace ! : une collecte à but scientifique

    C’est à ce titre que Surfrider a lancé le projet « Retrace ! », qui vise à fédérer des acteurs locaux (associations, structures éducatives, citoyens, etc.) autour de campagnes de ramassage de déchets. Derrière l’objectif de dépollution d’espaces naturels, celui de retracer la provenance des déchets, analysés et catégorisés puis intégrés dans une base de données, les transformant ainsi en informations stratégiques pour comprendre les mécanismes des pollutions et les localiser. Cela, pour pouvoir « alimenter nos plaidoyers politiques et exiger des actions concrètes pour préserver nos océans », soutient l’association.

    Samedi, environ 120 personnes ont ainsi participé à deux collectes organisées au mont Faron (en partenariat avec l’association des Chercheurs en herbe) et à la plage de la Gorguette à Sanary. Des dizaines de kilos de déchets ont été ramassés. Certains (mégots, canettes, bouchons) seront par ailleurs recyclés et revalorisés par des associations partenaires. De nouvelles actions se tiendront bientôt dans le département, notamment le 2 mai à la Seyne et le 30 mai près de l’Eygoutier, dans le quartier de la Rode à Toulon.

  • Déjà 31 affaires traitées en six mois par la cellule anticorruption du parquet de Marseille

    Déjà 31 affaires traitées en six mois par la cellule anticorruption du parquet de Marseille

    « La cellule anticorruption a vocation à regrouper les dossiers de corruption et d’atteinte à la probité pour avoir une vision transversale et panoramique, assurer un traitement centralisé pour mettre en œuvre des stratégies face à l’infiltration et la pénétration du crime organisé », pose solidement le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessonne, qui a dévoilé hier les premiers résultats de cette « COC » créée il y a six mois, le 1er octobre 2025.

    « Détecter et poursuivre » sont les pivots de cette cellule qui traite tous les corps de métier impactés par un phénomène corruptif en expansion : agents pénitentiaires, policiers, militaires, gendarmes, auxiliaires de justice, avocats, notaires, opérateurs privés à des postes stratégiques, dockers, agents de sécurité, élus, agents publics « jusqu’aux personnels des services judiciaires car nous ne sommes pas épargnés », se désole le procureur dont la cellule a lancé plusieurs enquêtes flash pour des levées de doute rapides. Si les signalements abondent chaque semaine, il n’y a pas toujours au bout des infractions. « On imagine le pire et on trouve de l’incompétence, une erreur de bonne foi, du je-m’en-foutisme, l’absence de tout repère professionnel », observe aussi le procureur.

    « On est très fortement impactés à Marseille »

    « Jusqu’alors on s’arrêtait à l’écume des choses, la face émergée de l’iceberg, que sont les violations de secrets, les consultations de fichiers, les remises illicites d’objets, l’objectif de cette cellule est d‘aller au-delà. » La montée en puissance a été rapide. Partant d’un portefeuille de 17 dossiers récupérés dans différents services, la cellule est montée à 31 dossiers. Le stock actuel est de 28 dossiers, trois dossiers ayant été clôturés : un classement sans suite, une condamnation d’un policier syndicaliste marseillais corrompu (La Marseillaise du 3 avril) et un transfert à la Jirs.

    « On est très fortement impacté par le phénomène à Marseille », reconnaît le procureur qui passe en revue les cas : un élu dont il ne dira rien, deux auxiliaires de justice, six agents des services judiciaires, neuf affaires impliquant des agents pénitentiaires et treize affaires concernant des policiers. Les infractions vont du détournement de fichiers à la corruption passive, de la participation à association de malfaiteurs à la violation du secret professionnel ou de l’instruction. Deux dossiers vont bientôt toucher la barre de la 6e chambre correctionnelle.

    Cartographie des risques

    Une problématique généralisée se dégage sur des recrutements rapides sans enquête sérieuse de moralité, mais surtout la consultation de fichiers avec détournement de données. « C’est un vrai sujet qui impose des réflexions au niveau de l’administration centrale sur la traçabilité, les contrôles aléatoires surtout dans une société totalement numérisée. L’inspection des services judiciaires et l’Agence française anticorruption sont venues la semaine dernière cartographier les risques et les points de fragilités. On attend un retour de cet audit sur les failles de sécurité », explique Nicolas Bessone.

    Cette cellule a pour mérite de redresser des pratiques. Le président du tribunal judiciaire s’est emparé du sujet de l’accès des agents du tribunal aux différents fichiers d’État. La directrice de greffe a procédé à un audit et une remise à plat des droits d’accès des agents, droits qui finissaient par rester ouverts après des mutations internes.

    « Désormais chaque agent du tribunal qui ouvre son ordinateur voit une fenêtre s’ouvrir l’avertissant qu’il traite des données sensibles qui ne doivent faire l’objet d‘aucunes compromissions et dont on pourra vérifier l’utilisation irrégulière », observe le procureur. « La multiplication en quelques années des applicatifs et des fichiers a amélioré le fonctionnement des services mais il a aussi banalisé l’importance des fichiers », note Jean-Yves Lourgouilloux, le vice-procureur chargé de la grande délinquance économique et financière.

  • Mobilité, sécurité et logement : les grandes priorités du préfet

    Mobilité, sécurité et logement : les grandes priorités du préfet

    Municipales

    « On sort d’un cycle électoral réussi » se félicite le préfet. « Je ne parle pas des choix politiques qui sont faits, mais de l’organisation et du déroulement. Je laisse les analyses et les commentaires politiques. La participation est décevante pour un cycle municipal qui traditionnellement appelle plus d’électeurs que d’autres élections politiques. Pour les petites communes moins nombreuses, moins peuplées et où il y a plus de proximité, la participation est restée conforme. »

    Sénatoriales

    Le renouvellement des 8 sénateurs est dans 4 mois, le 27 septembre. « On va commencer les réunions préparatoires. Il y aura environ 3 600 grands électeurs dans ce département. La liste sera arrêtée en juin. »

    Carburants

    « Il n’y a pas de pénurie » souligne le préfet, mais un certain nombre de stations ont été en difficulté notamment Total. « Environ 8% des stations ont eu une difficulté de réapprovisionnement sur un carburant, donc il n’y a rien d’inquiétant. » « Sur les conséquences économiques, les batteries d’aides sont là. On s’est mis en veille, en contact et en déploiement des mesures gouvernementales avec les secteurs économiques concernés en début de semaine dernière. » Un point devait être fait hier matin avec la ministre de la Mer pour la totalité des pêcheurs sur la façade Méditerranée. D’évoquer le cas d’un producteur de fraises dont le fournisseur de barquettes en plastique avait multiplié ses prix par trois, sans pouvoir répercuter cette hausse sur le prix final.

    Ligne THT des bassins ouest du GPMM

    Suspense. « On est dans une phase très imminente de communication de l’État sur ce dossier d’importance nationale et européenne. »

    Sécurité

    Le préfet met en avant de bons résultats avec, au premier trimestre, une baisse des cambriolages et des violences crapuleuses mais une hausse en zone police de 2,51% des violences intrafamiliales et de 3,62% en violences conjugales dans le département. Les violences sexuelles baissent de 2%. Le recours à la violence dans les rapports humains continue d’augmenter. « On a un recul de la capacité à prendre en compte la santé mentale. Le nombre de psychiatres et de psychologues en ville a beaucoup baissé. Sur l’agression d’un infirmier de l’hôpital psychiatrique Édouard-Toulouse, j’ai demandé à comprendre. L’ARS a déclenché des vérifications pour comprendre comment un patient au passé extrêmement violent a pu se retrouver en possession d’un couteau. »

    Narcotrafic

    « Ma stratégie reste fondée sur le maximum de présence de terrain, pour être le plus visible possible et utiliser tous les outils à disposition », pose le préfet. « On porte des coups sur les cartels et ce n’est pas fini. » Les saisies judiciaires depuis le début de l’année atteignent les 100 millions d’euros en comptant avec l’opération du Marché du Soleil.

    Logement

    C’est la « priorité absolue » qui exige de consacrer beaucoup de moyens à la production. Sur la lutte contre l’insalubrité, « on commence à taper, à monter sur des astreintes financières ». Le volume d’insalubrité constaté est important. « Dans le département, la moitié de l’habitat doit être rénovée. Cela demande du temps et c’est tous ensemble qu’il faut le gérer sur le temps et avec soin. »

    Relogement

    Les victimes d’habitat insalubre dans le parc social ne sont pas prioritaires en réattribution de logement, déplore le préfet. « Un vide juridique que je déplore à titre personnel. »

    Réquisitions

    Avec 57 000 logements vides à Marseille quid de la réquisition ? « Je ne pense pas que ce soit une solution. Il faut repartir sur une production et la remise à niveau de logement. C’est presque 200 millions d’euros qui ont été mis dans la remise en état de logements anciens dans le centre-ville de Marseille depuis les événements de la rue d’Aubagne. »

    Logements sociaux

    Avec 116 000 demandes de logements sociaux fin 2025, la situation se tend. « Le taux de rotation de 4% est faible. Peu de gens quittent le parc social pour beaucoup qui demandent à y entrer avec une production qui de 11 000 est descendue à 9 000. Il faut remettre de la tonicité sur la production tout en rénovant un parc ancien. » Le préfet a publié les arrêtés de pénalités à l’encontre de communes carencées dont « certaines ont fait le choix cynique local de préférer payer » (lire page 6).

    EPF Paca

    L’État a relancé un appel à candidatures pour le recrutement du directeur de l’Établissement public foncier Paca. « La directrice actuelle a donné entière satisfaction mais après 12 ans passés, on peut considérer que sur un poste d’État il faut passer la main. On a plein de candidats. Un certain nombre seront auditionnés. » La désignation est attendue pour cet été.

    Cité judiciaire

    L’État a tranché sur l’engagement d’études de faisabilité dans le quartier d’Arenc en signant avec les collectivités une convention de cofinancement des études de l’ordre de 10 millions d’euros soit 750 000 euros par collectivité. « C’est un projet majeur qu’il faut faire vite. Une justice moderne passe aussi par des bâtiments dignes. C’est un besoin impératif, car on ne peut pas laisser la justice fonctionner dans des conditions dégradées. Les études vont prendre du temps, une bonne année, et il faudra ensuite une décision politique centrale. »

    Marseille en Grand

    Pas de changement en vue. « Les projets sont préfinancés et préétudiés. L’enjeu de la mobilité et des transports en commun est vital à l’échelle de la 2e métropole de France » insiste le préfet qui consent qu’il puisse y avoir « quelques modifications sur des tracés ». Quid du tramway des Catalans ? « Je suis ouvert à toute discussion pour améliorer et faire vivre les projets pour une meilleure acceptabilité. Sur les mobilités, l’État sera au rendez-vous et ne lâchera pas le morceau. »

    Spem

    Le préfet a demandé et obtenu de la Spem (Société publique des écoles marseillaises) « une présentation de la totalité de leur process de sécurisation des marchés publics. Mes deux services experts m’ont répondu que cette présentation était conforme à leurs attentes. Donc il n’y a pas de difficultés à poursuivre notre travail avec eux ». Cet audit fait suite à la polémique sur un signalement effectué par son prédécesseur, Georges-François Leclerc, au parquet sur l’achat de préfabriqués sans mise en concurrence.

    Halte soins addictions

    La création repoussée de cette structure d’accueil fait toujours débat et c’est un bus qui va au contact des consommateurs de drogues dures. « Il a repris ses activités avec un lieu de déploiement inadapté qui sera déplacé en mai, rue de Blidah (3e) près de l’église », annonce le préfet. Sur la Halte soins, « l’ARS est prête à accompagner sur une expérimentation. D’un point de vue social, j’en vois l’utilité, mais je redis que ce n’est pas moi qui irais chercher un site. C’est un sujet compliqué, essentiellement médical. Il faut gérer les voisins. Je ne veux pas de point de fixation autour de la gare Saint-Charles. L’accompagnement à l’hôpital ne pose pas de difficultés ».

  • [Rue de la République] Nicolas Isnard : « Je veux qu’on pointe la Métropole pour ses réussites, pas ses dysfonctionnements »

    [Rue de la République] Nicolas Isnard : « Je veux qu’on pointe la Métropole pour ses réussites, pas ses dysfonctionnements »

    Ce week-end, Nicolas Isnard (LR), maire de Salon-de-Provence et candidat à la présidence de la Métropole Aix-Marseille-Provence.

    Sa Candidature

    Didier Gesualdi : Avant le vote de mardi pour choisir le futur président de la Métropole, vous avez construit votre candidature depuis longtemps. Pourquoi souhaitez-vous que ça change ?

    Avant d’être candidat, il faut savoir si la candidature que l’on veut porter a du sens. Je voulais être, j’espère être, je veux être, le candidat des 92 maires de cette Métropole. L’idée était de savoir ce qu’ils voulaient, s’ils avaient la même vision de ce qu’ils espèrent pour la Métropole. Donc, oui, j’ai essayé de voir le maximum de mes collègues sur ces dernières semaines, ces derniers mois, et j’ai même envie de dire, ces dernières années. J’ai pu échanger, j’ai senti qu’il y avait l’espérance d’une autre Métropole. C’est cette candidature que je veux porter, celle d’une Métropole des maires.

    Didier Gesualdi : La Métropole ça a l’air compliqué mais c’est le quotidien des habitants.

    Aujourd’hui, la Métropole est souvent pointée pour ses dysfonctionnements, j’espère qu’un jour elle sera pointée pour ses réussites. La Métropole s’occupe de beaucoup de choses qui font notre qualité de vie au quotidien, le meilleur exemple étant la propreté de nos rues, mais il y a aussi la voirie, l’environnement, les transports… C’est pour ça qu’il faut améliorer le service qu’elle rend. Pourquoi ça doit être la Métropole des maires ? Parce que lorsque vous êtes maire vous voulez que vos concitoyens vivent bien, qu’ils vous disent que la ville est propre, entretenue, qu’on circule bien… On veut le meilleur pour nos habitants.

    Léo Purguette : Si on vous entend bien, vous êtes porteur d’une rupture. Martine Vassal était pourtant de votre famille politique. Vous en avez parlé avec elle ?

    Oui, on a parlé de cela avec Martine à plusieurs reprises et avec Jean-Claude Gaudin avant elle. Il faut remettre en perspective ce qu’ils ont eu à faire : installer la Métropole que personne ne voulait, moi le premier. Fusionner de force les six intercommunalités, nous n’en voulions pas. Nous avions un fonctionnement en bassins de vie qui était optimal. On nous a imposé un changement. Jean-Claude Gaudin et Martine Vassal ont eu à gérer cette installation, ils ont fait ce qu’ils ont pu dans les conditions que je viens d’énoncer. On ne va pas refaire l’histoire mais ils ont eu le mérite d’installer cette Métropole. Maintenant qu’elle est là et que nous allons la garder, il faut la transformer pour qu’elle soit plus efficace, à notre service.

    la Métropole « des maires »

    Léo Purguette : Vous défendez un fonctionnement réellement intercommunal, qu’est-ce que cela signifie concrètement ?

    La Métropole, avec le temps, est passée au-dessus des maires, imposant sa vision technocratique. On va la remettre en dessous des maires. La Métropole, demain, sera un outil. C’est-à-dire, par exemple, que lorsqu’un camion-poubelle va passer dans une rue, il va passer à la demande d’un maire, à l’horaire que souhaite le maire…

    Léo Purguette : C’est possible sans évolution de la loi ?

    Bien sûr. Prenons la propreté. Les décharges, le traitement des déchets, les incinérateurs, ça restera une compétence métropolitaine, et nous devrons le décider ensemble mais le passage des cantonniers dans nos rues, certaines villes comme la mienne ont la chance de l’avoir en gestion directe, d’autres ne l’ont pas. Demain, les villes qui voudront récupérer la gestion de ces hommes et de ces femmes méritants, qui nettoient nos rues au quotidien, auront la possibilité de le faire. En gestion directe, ils pourront décider des jours et des heures où passeront les cantonniers. Il n’y a pas besoin de révolution législative pour cela.

    Didier Gesualdi : Vous avez vu les maires de Marseille ? Aix ? Martigues ?

    J’ai vu tous les gros, tous les grands mais aussi le maire de La Barben, d’Aurons, de Saint-Paul-lès-Durance. J’ai vu ceux qui sont là depuis 30 ans et ceux qui viennent d’arriver. J’ai vu tous ceux que je pouvais, mille excuses à ceux que je n’ai pas encore rencontrés. Dans une Métropole des maires, tout le monde sera considéré. Il n’y a pas les uns contre les autres. Les ruraux contre les urbains, l’ouest contre l’est, Marseille contre le département… Tout ça, c’est fini. On est 92 ensemble, condamnés à réussir et à avancer dans un pack, un front commun.

    Didier Gesualdi : Les gens ont voté et élu des majorités différentes selon les communes. Il faudra quand même faire des choix, ce n’est pas pareil quand on est de droite ou de gauche ?

    Je ne suis pas du tout d’accord. Il y a des sujets sur lesquels la droite et la gauche, ça compte. Par exemple, l’âge de départ à la retraite, on a des visions différentes. Mais pardon, quand il s’agit de circuler, tout le monde veut la même chose : qu’on aille le plus vite, le plus sereinement, le plus respectueusement possible d’un point à un autre. Qui dit aujourd’hui qu’il trouve très bien de mettre 2h30 en partant de Salon pour aller voir un match de foot au stade Vélodrome ? Et à l’intérieur des villes, les maires élus décideront comment on circule dans leur commune. Ce sont des sujets ni de droite ni de gauche.

    Léo Purguette : Quid de la gratuité en Pays d’Aubagne ? C’est un débat droite-gauche.

    C’est un débat à 92 maires. La gratuité, sur le papier c’est bien mais derrière il y a quelqu’un qui paye, donc il faut voir les avantages et les inconvénients. Je n’ai surtout pas à dire « ça va être comme ça », la Métropole des maires, c’est 92 qui décident œcuméniquement, dans l’intérêt général.

    le RN

    Didier Gesualdi : Que ferez-vous avec le RN qui pèse dans l’assemblée métropolitaine comme il a pesé dans ces élections ?

    Le RN et ceux qui le représentent dans cet hémicycle seront respectés. Pour qu’il n’y ait pas de malentendu : moi président de la Métropole, on ne va pas arrêter de ramasser les poubelles à Rognac ou d’y faire passer des bus. Les Rognacais seront traités comme les autres. Pour autant, la participation du RN dans l’exécutif n’est pas possible. Tout le monde en convient. D’ailleurs ils ne l’ont pas demandé. Le RN a choisi lors des dernières élections de faire le maximum de listes dans le maximum d’endroits pour s’opposer au maximum à ceux qui sont maires aujourd’hui. On ne peut pas essayer de changer les maires en place et puis leur dire ensuite « on vient travailler avec vous ». Il faut être dans la cohérence, ils ne peuvent bien évidemment pas participer à l’exécutif.

    le Logement

    Léo Purguette : Le logement était attribué à David Ytier, un Salonnais, à qui reviendra-t-il ? Pour mener quelle politique ?

    Comme dans tous les autres domaines, c’est un expert qui s’en occupera. Je suis président de l’établissement public foncier, dans cette région il faudra construire 30 000 logements par an pour satisfaire les demandes locales, on n’en produit que 18 000. Nous n’avons même plus de quoi loger nos enfants, il faut produire du logement, c’est mon avis. Pas n’importe comment. Des logements, oui. Dans le respect des maires, oui.

    Léo Purguette : On vous accuse d’avoir freiné la rénovation des copropriétés dégradées.

    L’établissement public foncier marche très bien, c’est une de mes fiertés personnelles. Cela fait 10 ans que j’en suis aux commandes. On travaillait avec 150 villes, c’est maintenant 300. On avait 1,4 milliard de budget, c’est 2,5 aujourd’hui. C’est un outil utile mais on l’a chargé. Au début on lui a dit de faire du logement social, puis du logement tout court, puis du développement économique et maintenant les copropriétés dégradées. Attention à ne pas charger la mule. On a trouvé un compromis avec l’État pour éviter de tirer vers le bas cet établissement avec une mission trop lourde pour lui.

    Salon-de-Provence

    Didier Gesualdi : Ce vendredi vous avez annoncé l’arrivée d’une grande enseigne à Salon, qu’est-ce que cela dit de votre ville ?

    C’est extraordinaire. C’est le reflet d’une ville qui avance et qui réussit. Decathlon qui ouvre un magasin en cœur de ville, c’est une reconnaissance pour le dynamisme de Salon. Nous avions déjà eu des locomotives remarquables comme la Fnac, Nature & Découvertes, et désormais parmi les 600 commerces de cœur de ville, nous compterons Decathlon, qui figure parmi les deux enseignes préférées des Français. Avoir un tel aspirateur à clients, ça va être énorme. Pour moi, le commerce de proximité est un bien sacré. Salon ne sera pas ce qu’elle est sans lui, c’est un art de vivre, un vivre ensemble. J’en suis très fier.

    le rapport à Marseille

    Didier Gesualdi : Benoît Payan s’estimait maltraité par la Métropole. Vous en pensez quoi ?

    Chacun interprétera ce mot comme il l’entend. Effectivement, on peut se demander s’il est bien légitime qu’un maire – quel qu’il soit – n’ait pas la possibilité de décider de la surface des terrasses dans sa ville. Dans la mienne, je les gère et j’entends bien continuer à le faire. Il n’est peut être pas normal que dans sa ville, le maire ne puisse pas décider des heures auxquelles passent le métro ou le tramway… On va remettre l’église au centre du village. Ce sont désormais les maires qui décideront chez eux ce qui est bon pour leur commune, parce qu’ils sont légitimes. Derrière les maires, il y a les habitants qui les ont choisi. Ceux qui portent la voix du peuple seront respectés, nous suivrons leur desiderata, avec le plus d’efficacité et de loyauté possibles.

    Léo Purguette : Il faut tout de même construire un exécutif métropolitain. Y aura-t-il des Marseillais ?

    Oui, il y aura des Marseillais parce que Marseille, c’est une grande ville et qu’elle mérite d’être respectée. L’idée c’est qu’il y ait des représentants de tous les territoires à l’origine de la création de la Métropole. Il y aura des petits, des gros, des gens de l’ouest, de l’est, des sans étiquette, des sensibilités différentes mais il y aura surtout, ce sera le maître-mot, des compétences. Personne ne peut avoir la prétention de maîtriser tous les domaines, mais les élus qui vont s’occuper de chaque domaine auront toutes les compétences pour le faire. Ce qui m’a fait plaisir, c’est que personne n’a dit « je veux X place » mais que tout le monde se demande qui est la meilleure candidature dans chaque domaine. Il y a beaucoup de talents vous verrez.

    Léo Purguette : Souhaitez-vous que le maire de Marseille lui-même participe à l’exécutif ?

    C’est à lui que revient la réponse à cette question mais pour que les choses soient clairement dites, oui je le souhaite. Pour autant, il a beaucoup de responsabilités, la deuxième ville de France à gérer. S’il est avec moi, comme le maire d’Aix et les grands maires du territoire, je crois que ce serait un joli signal. Après je comprends que les responsabilités quotidiennes ne sont pas les mêmes à Marseille ou Aix qu’à Lamanon, sans faire offense à quiconque.

    Didier Gesualdi : La présidence de la RTM reviendra-t-elle à un Marseillais ?

    C’est réglé. La question ne se pose même pas. Il y aura dans le conseil d’administration des représentants d’autres communes mais la RTM sert essentiellement à déplacer des Marseillais, c’est normal que ce soit un Marseillais qui pilote cette maison. Elle s’est posée par le passé, elle ne se posera plus parce que ces outils seront aux mains des maires qui en ont besoin. Idem pour le centre de formation des apprentis d’Aix. Idem pour les conseils de surveillance de chaque hôpital. Trouveriez-vous normal qu’à celui de Salon, les deux représentants de la Métropole soient le maire de Cadolive et celui de Peynier ? Moi je ne me mêlerai pas de la gestion de l’hôpital d’Aubagne ou de Martigues. C’est du bon sens. On va remettre tout ça en ordre.

    Didier Gesualdi : Toucherez-vous aux « attributions de compensation », utiles aux maires mais parfois au détriment de l’intérêt métropolitain ?

    On ne touchera jamais un euro des attributions de compensation. C’est l’intérêt d’avoir un maire qui soit président de la Métropole. Nous avons bâti nos budgets sur cette recette, si on nous l’enlève, ce sont des services publics en moins. Ce n’est pas possible.

    Léo Purguette : Et l’État ?

    Même s’il les a regretté, je pense qu’il a profité des fameuses chicayas dénoncées par le président de la République pour dire « on versera de l’argent quand vous vous serez mis d’accord ». Ça tombe bien : nous sommes d’accord. L’État va venir nous aider, aider ce territoire. Le nerf de la guerre c’est la mobilité, l’habitat, l’environnement, le développement économique. Nous avons deux millions d’habitants c’est autant que la Slovénie, c’est un pays ici !

    la question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Diane :

    Bonjour, Monsieur Isnard, si vous êtes élu à la présidence de la Métropole, qui vous remplacera à votre fonction de Maire de Salon-de-Provence ?

    Personne, parce que c’est le plus beau mandat que je puisse avoir, être maire de sa ville c’est vraiment le mandat suprême que l’on puisse espérer. D’ailleurs, si je suis intéressé pour piloter la Métropole c’est parce que ce mandat est compatible avec la continuité de mon mandat de maire.

    Je pense d’ailleurs qu’il est essentiel que ce soit un maire, qui vit le quotidien de la Métropole, qui puisse la piloter. Je pense que c’est particulièrement complémentaire. Je resterai maire de Salon-de-Provence, cette ville à qui je dois tout, qui m’a fait. J’essaye au quotidien de lui rendre ce qu’elle m’a donné. Je pense qu’en étant président de la Métropole, je pourrai faire bénéficier cette institution de la vie quotidienne d’un maire pour en améliorer le fonctionnement au jour le jour.

  • Les Istréens formulent un vœu de renouveau

    Les Istréens formulent un vœu de renouveau

    C’est un petit séisme dans la vie politique locale. Dimanche, le candidat menant une liste divers droite, Robin Prétot (LR), a détrôné François Bernardini (DVG), après plus de deux décennies de pouvoir. Jusque-là conseiller municipal d’opposition, un rôle qu’il avait endossé dès 2014, l’Istréen de 36 ans a obtenu 59,84% des suffrages au second tour, contre 31,4% pour le maire sortant. Le tout avec un taux de participation de 67,30%, dépassant largement le niveau national. Un résultat net, voire « un renversement total », preuve d’« un système qui arrivait à bout de souffle » pour Cécile Tivoli, l’une des colistières (SE) du nouvel édile, présente sur le marché du centre-ville, ce mardi matin.

    Elle qui s’est beaucoup investie dans la campagne l’assure : « Le besoin de changement revenait souvent lors des actions de tractage ou de porte à porte. » Depuis peu installée dans le quartier de la Bayanne, à proximité de la base aérienne 125, Audrey confirme : « Le renouveau peut être bénéfique. » Élu conseiller municipal dès 1977 puis adjoint, conseiller général des Bouches-du-Rhône de 1988 à 1998, député, député européen, conseiller général et enfin maire à partir de 2001 avant d’être déclaré inéligible puis de revenir à la tête de la ville en 2008, François Bernardini était l’un des piliers du paysage politique de l’Ouest des Bouches-du-Rhône.

    Une adhésion au projet de Robin Prétot

    Alors que cette page se tourne, les habitants saluent son bilan. « Il a fait beaucoup de choses bien. Moi, j’ai vu se construire Dinosaur’Istres, j’ai trouvé ça super », reconnaît Audrey. Amanda, de la pâtisserie Émotions sucrées, note les animations estivales comme « les Jeudis étoilés et le marché de nuit qui faisaient bouger la ville ». Cécile Tivoli affirme : « Tout n’est pas à jeter, au contraire. J’ai bénéficié des services publics, des activités à bas prix pour les enfants, j’en suis vraiment reconnaissante, mais on était sur la pente descendante. »

    Audrey l’assure : son vote n’était pas tant contre François Bernardini que pour Robin Prétot. « J’adhère plus à sa vision de l’urbanisation de la ville », explique-t-elle. C’était le point qui cristallisait les débats entre les deux candidats. L’un estimait : « Istres étouffe sous le béton », tandis que l’autre, maire sortant, considérait que « la construction est un signe de développement et une réponse à la demande », alors que de grands projets industriels devraient créer des milliers d’emplois dans la zone, d’ici quelques années. « Effectivement, il faudra toujours faire des habitations, mais là, c’est trop, dénonce l’Istréenne. J’espère que Robin Prétot reverra les règles pour n’avoir que des bâtiments bas, parce que c’est ce que j’ai aimé dans cette commune, quand je suis arrivée de région parisienne, il y a douze ans. »

    Deux jours après l’élection de leur nouveau maire, les habitants attendent ses premières actions, notamment pour le centre-ville « qui dépérit », d’après une commerçante. « On verra, lâche-t-elle, dubitative. C’est du sang neuf et il est motivé, mais bon. La situation est aussi due au contexte national, je sais pas s’il pourra faire des miracles. » Amanda et Alicia voudraient que « Robin Prétot exploite le plein potentiel d’Istres » : « C’est vrai que c’est un beau village, l’été c’est génial, mais l’hiver, c’est mort. »

    Alors que le conseil municipal d’installation est prévu ce samedi 28 mars à 10h dans l’hôtel de ville, Robin Prétot promet d’être « le maire de ceux qui ont voté pour nous et de ceux qui ont voté pour d’autres » : « Le meilleur moyen de les considérer sera de permettre aux élus qu’ils ont choisis de faire entendre leurs voix. »

  • À Septèmes, André Molino enfile de nouveau son écharpe de maire

    À Septèmes, André Molino enfile de nouveau son écharpe de maire

    La victoire fut nette et le conseil d’installation serein. Une semaine après l’avoir emporté au 1er tour des élections municipales avec plus de 60% des suffrages (2627 voix), la liste « Ensemble pour Septèmes » à reélu ce dimanche matin à la tête la commune, le maire sortant, André Molino (PCF). C’est lui, même en tant que doyen (79 ans) du conseil municipal, qui a eu l’honneur et le plaisir de l’annoncer dans une salle pleine à craquer. De chaleureux applaudissements s’en suivront.

    Humilité et émotion

    Aux 27 voix de sa majorité d’union de la gauche, des écologistes et des citoyens, est venue s’associer celle de Smahane Mebarki. La candidate de la France insoumise, créditée de 6,51% des suffrages le 15 mars, a obtenu un siège. Le fruit d’un joli score dans le quartier de la Gavotte d’où elle est originaire. Les nouveaux conseillers municipaux d’extrême droite, eux, ont voté blanc. Créditée de 32% des suffrages dimanche dernier, la liste du ciottiste Adrien Duché (UDR) occupe cinq sièges. Ils n’étaient toutefois que trois présents pour ce symbolique premier rendez-vous de la nouvelle mandature.

    « Je reçois cette responsabilité avec humilité et reconnaissance mais aussi, sachez-le, beaucoup d’émotions », a lancé André Molino. Installé dans le fauteuil de maire depuis 1999, il s’est dit fier de voir fructifier l’héritage de « celles et ceux qui nous ont précédés » et a eu une pensée toute particulière pour Marc Ferrandi et Fernand Ros. Comme eux, il promet d’être le maire de tous les Septémoises et les Septémois, « quelle que soit leur opinion politique et quel eut été leur vote la semaine dernière ».

    Devant une salle attentive où plusieurs membres du conseil municipal des jeunes étaient présents, le communiste rappelle les grandes lignes d’un programme « concret et réaliste » basé sur « une ambition claire et partagée » : réduction des inégalités, réponse à l’urgence climatique, renforcement des services publics locaux pour garantir justice sociale et solidarité intergénérationnelle, et soutien à la participation citoyenne. Des engagements qui se traduiront en direction de l’école communale, de la petite enfance, de la jeunesse, des seniors, du sport, de la culture et de la santé.

    Trois entrants dans

    le nouvel exécutif

    « Bien que compétence de l’état », André Molino n’en oublie pas « la sécurité des biens et des personnes ». Au-delà du renforcement annoncé de la police municipale, il promet que sa majorité pèsera de tout son poids pour l’installation d’un commissariat de plein exercice à Plan de campagne. Un projet qui sera vivement applaudi. « Place à l’action ! Un programme ambitieux ne demande qu’à être décliné en actes », lance un peu plus tard, le maire espérant une opposition « constructive et objective dans le seul intérêt de notre ville », en connaissance du choix exprimé par les habitants.

    Dans la foulée, le conseil municipal procède à la désignation des neufs nouveaux adjoints au maire. Un vote là encore validé par 28 voix sur les 33 du conseil municipal. La première écharpe, celle de première adjointe, est remise à Sylvie Laurent. Elle succède à Sophie Celton qui a tenu avec mérite ce rôle lors des deux derniers mandats, et continuera de porter des « dossiers fondamentaux » sur les sept prochaines années, assure le maire.

    Sept autres adjoints étaient déjà élus sur la dernière mandature. Gérard Guerrero (2e adjoint), Louisa Hammouche (3e), Hocine Ben Saïd (4e), Sophie Celton (5e) et Carole Halgand (9e), tous cinq adjoints sortants, sont reconduits. Conseiller municipaux sortants, Jérémy Martinez (6e) et Audrey Cermolacce (7e) entre eux dans l’exécutif septémois. Non élu, en 2020, Hervé Vaquier-Tolinos, éducateur spécialisé dans le civil, est le seul en fin de compte à y faire ses premiers pas. Il occupera le poste de 8e adjoint. Les délégations de chacun seront prises par arrêté du maire. Le travail pourra alors définitivement commencer.

  • À Arles, un duel opposant de Carolis à Koukas au cœur d’une quadrangulaire

    À Arles, un duel opposant de Carolis à Koukas au cœur d’une quadrangulaire

    À Arles, le second tour a beau prendre la forme d’une quadrangulaire, il sera plutôt de l’ordre du duel. D’un côté, le maire sortant Patrick de Carolis (Horizons), arrivé en tête au premier tour avec 34,09 %. De l’autre, le candidat de l’Union pour Arles, Nicolas Koukas (PCF), qui a su fédérer neuf partis autour de lui après avoir été désigné par une démarche citoyenne. Il a obtenu 25,38 % des suffrages dimanche.

    L’ancien adjoint Jean-Michel Jalabert (DVD), qui a choisi de présenter une liste dissidente, et l’agriculteur investi tardivement par le Rassemblement national Rémy Benson complètent le podium, avec des scores respectifs de 13,69 % et
    16,37 %. Dimanche soir, à l’annonce des résultats, Patrick de Carolis s’inquiétait déjà d’un « éparpillement des voix » qui pourrait provoquer « le retour des communistes à la tête de la ville » et avait appelé son ancien élu à retirer sa candidature.

    Jean-Michel Jalabert sur la ligne de départ

    Le concerné avait directement annoncé qu’il serait sur la ligne de départ au second tour, renvoyant la responsabilité à son ancien patron et tout en le taclant son score : « 88% des maires sortants ont été réélus dès le premier tour, c’est un désaveu de la population parce qu’une majorité ne veut pas continuer dans cette voie-là. »

    Sur ses réseaux sociaux, Patrick de Carolis a réagi : « Jean-Michel Jalabert choisit la politique du pire, préférant risquer de sacrifier l’avenir d’Arles sur l’autel de ses rancœurs. Je déplore ce choix irresponsable. Il choisit de prendre le risque de servir de marchepied au retour du parti communiste et de l’extrême gauche à la tête de notre ville. »

    Report de voix et soutien des Écologistes

    De son côté, Nicolas Koukas devrait pouvoir compter sur le report de voix de l’électorat d’Anne Testut, qui menait une liste Lutte ouvrière (0,65%) et de Jecilla Regad. La tête de liste LFI rejointe par les Écologistes, qui a obtenu 9,81% des suffrages au premier tour, a néanmoins refusé de donner de consigne de vote, déclarant dimanche : « Nos électeurs sont intelligents (…). Ils savent qui sont nos ennemis et pour qui ne pas voter. »

    Dès mardi, le sénateur écologiste des Bouches-du-Rhône Guy Benarroche était quant à lui sorti du silence, appelant « à se mobiliser massivement en faveur de Nicolas Koukas lors du second tour », prenant acte du résultat de Jecilla Regad. « Si les trajectoires évoluent, notre objectif demeure inchangé : mettre fin à la gestion actuelle de la ville, écrit le parlementaire. Lorsque l’essentiel est en jeu – l’avenir écologique, social et démocratique d’un territoire – le rassemblement devient une nécessité. (…) Nous dénonçons une méthode de gouvernance marquée par un manque de concertation et des orientations qui accentuent la gentrification, au détriment de l’équilibre social des quartiers. »

    Pour mettre fin au « système de Carolis », Nicolas Koukas invoque la participation des citoyens. « Les résultats se joueront à quelques centaines de voix près », annonce-t-il, alors que l’abstention a atteint 43,65% au premier tour. « L’unité fait notre force, et demain, elle fera la victoire et la réussite collective d’Arles. Il est grand temps de rendre Arles aux Arlésiennes et aux Arlésiens. »

  • Sprint final pour Marc Pena au Jas de Bouffan

    Sprint final pour Marc Pena au Jas de Bouffan

    Sprint final et dernier temps fort de campagne pour Marc Pena, le candidat d’Aix Avenir, liste d’union de la gauche, en lice pour le second tour de l’élection municipale dans la cité du roi René. Ce jeudi soir, à la salle du Cèdre au cœur du Jas de Bouffan, quartier populaire d’Aix aux dizaines de milliers d’habitants, le candidat a fait salle comble pour une réunion publique placée « sous le signe de l’échange ». Laquelle a débuté avec la manière via la lecture d’une déclaration du secrétaire de l’Union locale CGT de la ville (lire ci-dessous). Puis une prise de parole attendue du candidat, ce quartier étant le lieu de son premier meeting de campagne, manière de boucler la boucle : « On avait commencé au Jas de Bouffan, nous terminons au Jas de Bouffan. C’est un quartier emblématique, avec plus de 30 000 personnes ». Avant de regretter : « Il n’y a pas eu la mobilisation souhaitée ici avec un taux de participation qui n’atteint pas 30% dans certains bureaux, pendant qu’on vote à 65% à Puyricard [quartier du nord d’Aix, Ndlr.] » Mais rien n’est perdu à ses yeux, puisqu’il se remémore son élection comme député aux dernières législatives : « Dans un autre contexte, il y avait eu une forte mobilisation. Il faut donc à nouveau expliquer que le niveau communal est très important. Il faut rappeler que tout commence par là. » L’idée est donc de provoquer la mobilisation dans les quartiers jugés délaissés. Il développe le raisonnement en pointant « un problème d’égalité dans les territoires aixois ».

    Mobiliser les abstentionnistes

    « Le Jas de Bouffan peut s’interroger sur sa place dans la politique municipale, comme l’ensemble des quartiers populaires », poursuit-il. Et prévient : « Cela fait déjà 25 ans qu’on est gouverné par les Joissains, avec 7 ans de plus, la municipalité accentuerait ses politiques discriminatoires. » À l’inverse, il assure : « Notre liste est la seule qui peut changer Aix. »

    Et il énumère des raisons d’y croire. Arrivé 2e avec plus de 20% des suffrages exprimés, Marc Pena peut potentiellement espérer un report de voix de la liste insoumise (8%) et celle de Révolution écologique pour le vivant (Rev, 4,72%) qui n’étaient pas en capacité de se maintenir pour le 2nd tour (lire notre article du 19/03). Laquelle a clairement affiché son soutien à Marc Pena. « Il est encore possible de gagner. Il faut que nous allions convaincre les abstentionnistes mais pas avec des “y a qu’à et faut qu’on” mais en leur expliquant concrètement ce que signifie des services publics de qualité. » Il prend l’exemple de mesures concrètes de son programme : « Des logements étudiants pour qu’ils ne paient pas de loyer exorbitant pour un taudis, c’est ça la solidarité qu’on porte. » Ou encore « créer des maisons de quartier pour coconstruire les choses avec les citoyens, alors que Sophie Joissains ne consulte même pas ! ».

    « Des valeurs de progrès »

    Même si Sophie Joissains, la maire sortante le devance à l’issue du premier tour, il martèle : « Il y a des réserves de voix, il n’y a qu’une liste qui peut battre Sophie Joissains, nous devons tous nous être rassemblés ». « Les Joissains gouvernent depuis 25 ans, certains disent que c’est une fatalité, comme un vieux roi qui ne veut pas mourir », dénonce-t-il. Mais pas de fatalité de son côté : « N’ayons pas peur de rappeler nos valeurs de gauche, nos valeurs de progrès. Une fois élus, ce sera à nous de ne pas décevoir. »

    Des valeurs qui comptent vu le contexte aixois : « En face de moi, j’ai trois candidats de droite et d’extrême droite. (…) Hier, j’avais des croix gammées sur mon visage sur les affiches, ce n’est pas innocent. » D’où l’espoir d’Aix Avenir de changer la ville de l’intérieur.