Tag: Palestiniens

  • L’espoir d’une paix durable renaît

    L’espoir d’une paix durable renaît

    De Khan Younès à Jérusalem, des scènes de liesse, de l’espoir. Deux ans et trois jours après le début de la guerre entre Israël et le Hamas, Israéliens et Palestiniens se permettent de croire à la fin de la guerre. Ce jeudi, une étape est franchie : « la version finale de la première phase a été signée, ce matin en Égypte, par toutes les parties en vue de la libération de tous les otages » retenus à Gaza, selon une porte-parole du gouvernement israélien. L’accord devait encore être validé, jeudi, par le cabinet de sécurité israélien, a dit la porte-parole du gouvernement, ajoutant qu’un cessez-le-feu entrerait en vigueur dans les 24 heures suivant cette approbation. Le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, devait ensuite réunir son gouvernement au complet pour le valider. Le ministre d’extrême droite des Finances, Bezalel Smotrich, a déjà annoncé qu’il ne le soutiendrait pas.

    La version finale de la première phase du plan du président américain Donald Trump prévoit un cessez-le-feu entre les belligérants, un échange dans les 72 heures des otages israéliens contre plus de 2 000 détenus palestiniens. Membre élu du Conseil législatif palestinien et du Fatah, Marwan Barghouti, considéré par certains comme le « Nelson Mandela palestinien », emprisonné depuis 23 ans, ne fera pas partie de l’échange, a indiqué une porte-parole du gouvernement israélien.

    Frappes israéliennes

    sur Gaza ce jeudi

    Le plan américain prévoit, par ailleurs, le retrait par étapes de l’armée israélienne à Gaza et le désarmement du Hamas. L’attaque terroriste du 7-Octobre a provoqué la mort de 1 219 personnes, en majorité des civils, en Israël. Sur les 251 personnes enlevées et emmenées à Gaza, 47 y sont toujours retenues, dont au moins 25 sont mortes selon l’armée. En riposte, l’offensive de Tsahal, qualifiée de génocide, a tué plus de 67 194 personnes – en majorité des civils – et dévasté la bande de Gaza notamment par la famine, utilisée comme arme de guerre. « L’Unrwa (Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient) dispose de nourriture, de médicaments et d’autres fournitures de base prêts à être acheminés vers Gaza. Nous avons suffisamment de provisions pour nourrir toute la population pendant les trois prochains mois », insiste, dans un post sur X, le chef de l’agence onusienne, Philippe Lazzarini.

    Si cet accord de paix fait renaître l’espoir, reste que les bombardements n’ont pas cessé. Plus tôt dans la journée de jeudi, la Défense civile locale a fait état de la poursuite des frappes israéliennes à Gaza. Deux précédentes trêves, en novembre 2023 et début 2025, avaient permis le retour d’otages ou de corps de captifs en échange de prisonniers palestiniens, avant de s’effondrer. « J’exhorte toutes les parties prenantes à saisir cette occasion unique pour établir une voie politique crédible vers la fin de l’occupation, en reconnaissant le droit à l’autodétermination du peuple palestinien, afin de parvenir à une solution à deux États permettant aux Israéliens et aux Palestiniens de vivre en paix et en sécurité. Les enjeux n’ont jamais été aussi importants », pousse le patron de l’ONU, Antonio Guterres.

    Lors d’une réunion à Paris sur « le jour d’après » dans les territoires palestiniens, le président français, Emmanuel Macron, a souligné la nécessité de préserver l’unité de Gaza et de la Cisjordanie sous le contrôle de l’Autorité palestinienne. « L’accélération de la construction des colonies (juives) en Cisjordanie constitue une menace existentielle pour l’état de Palestine », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « elle est non seulement inacceptable et contraire au droit international. Elle alimente les tensions, la violence, l’instabilité et, de fait, elle vient d’abord contredire le plan américain et notre ambition collective d’une région en paix. »

    Les négociations pour la deuxième phase du plan Trump devaient commencer « immédiatement » après la signature de l’accord sur la première phase, avait annoncé un responsable du Hamas.

  • La paix maintenant

    La paix maintenant

    La signature par « toutes les parties » d’un accord de cessez-le-feu prévoyant la libération de tous les otages israéliens et de nombreux prisonniers palestiniens est un soulagement pour tous les peuples du Proche-Orient. Cela peut être une première étape vers l’arrêt du conflit.

    La paix n’est pas l’absence de guerre, « c’est une vertu, un état d’esprit, une volonté de bienveillance, de confiance, de justice », écrivait à juste raison Spinoza. Après tant d’horreurs vécues depuis le 7 octobre, tant de sang versé depuis des décennies, la paix ne pourra se faire que dans la justice, dans le respect du droit international, dans la reconnaissance mutuelle.

    Un État palestinien viable, sur la base des frontières de 1967, aux côtés de l’État d’Israël, est une nécessité. C’est la condition d’une paix juste et durable. Le poids de la France s’ajoute désormais aux 151 pays qui ont déjà reconnu l’État palestinien, à la différence des États-Unis.

    Sociétés civiles

    Il faudra aussi des femmes et des hommes pour faire la paix. Les sociétés civiles palestiniennes et israéliennes ont la ressource pour prendre le dessus sur les extrémistes religieux, les terroristes islamistes, les colons messianiques, à condition que des figures de paix émergent.

    Dans les deux peuples, seule la voie démocratique peut y parvenir. Dans cet esprit, Marwan Barghouti doit être libéré pour une Palestine libre, démocratique et laïque.

    Enfin, la solidarité internationale sera essentielle pour panser les plaies de la guerre et accompagner les efforts de paix dans une région du monde où une seule étincelle peut les réduire à néant.

  • Vassal rend hommage aux victimes du 7 octobre

    Vassal rend hommage aux victimes du 7 octobre

    Devant un olivier fraîchement planté, Sylvain Souvestre (LR), maire des 11e et 12e arrondissements, Romain Simmarano, président du collectif de droite « Une génération pour Marseille », Martine Vassal, présidente de la Métropole et candidate DVD à la mairie de Marseille ou encore Valérie Boyer, sénatrice LR, ont rendu hommage aux victimes du 7 octobre, deux ans après l’attaque terroriste.

    « On a inauguré le 4 avril ce parc Sarah-Halimi, le jour même de la date anniversaire de son assassinat », rappelle Sylvain Souvestre, ayant « à cœur d’être aux côtés de la population juive », car « nous sommes de racine judéo-chrétienne ». Pour Romain Simmarano, à l’heure des « pourparlers de paix en Égypte » qu’il voit comme « une petite lumière au bout du tunnel », il s’agit aussi de penser aux otages « qui doivent être libérés », avec une minute de silence.

    Évidemment, Martine Vassal ne dit pas autre chose. « Hier, lors de la séance du conseil métropolitain, nous avons rendu hommage à toutes les victimes », indique-t-elle, à la fois celles « du plus gros massacre depuis la Shoah », mais aussi « des victimes palestiniennes qui en ont découlé », les « terroristes » s’en servant « comme des boucliers humains ». Et de soutenir, même si elle n’en partage pas toutes les idées, le plan de Trump, se félicitant d’une « décision courageuse, qui va dans le bon sens ». Le « premier élément de paix », restant la « libération inconditionnelle des otages qui restent ». Et d’avertir : « Il ne faut surtout pas confondre la position des juifs de France avec le gouvernement israélien. » Des « juifs de France stigmatisés et pointés du doigt, attaqués pour ce qu’ils sont. Ce n’est pas acceptable » sur « un territoire du bien vivre ensemble ».

  • Un exemple de convergence des luttes contre l’impérialisme

    Un exemple de convergence des luttes contre l’impérialisme

    La colère populaire monte. Après le mouvement « Bloquons tout » du 10 septembre, la manifestation du 18 et avant la grève 2 octobre, organisées par les syndicats, les actions citoyennes continuent de se multiplier. Ce 28 septembre, deux cortèges se sont rejoints sur la Canebière. Le premier, venu de la Porte d’Aix, défile tous les dimanches depuis près de deux ans à l’appel du collectif Urgence Palestine Marseille (UPM). Les mots d’ordre : la fin du génocide à Gaza, et donc de la complaisance de l’État français envers Israël. L’association réclame également la fin du jumelage de Marseille avec Haïfa, qui date 1958, alors que le maire Benoit Payan a annoncé un jumelage avec la ville palestinienne de Bethléem il y a quelques jours.

    Le second cortège est une première : la marche des résistances, inscrite dans l’initiative internationale « Draw The Line » portée par des peuples autochtones du Brésil et du Pacifique et appelée de leurs vœux par une centaine d’organisations locales. Les revendications sont claires : « Un changement radical de notre système avec l’instauration d’une justice climatique qui doit faire payer les plus riches », résume Laurent de Greenpeace, qui détaille « taxer les profits sur les énergies fossiles pour des recettes dirigées vers le service public, vers le logement, vers le bâti scolaire, la mise en œuvre d’une politique tournée vers le bien commun ». Hendrik Davi, député (L’Après) de la 5e circonscription des Bouches-du-Rhône souhaite un « budget à la fois social et écologique pour répondre aux injustices » et salue cette « pression, notamment sur la taxe Zucman ».

    Au moment de la rencontre des deux processions, un rugissement s’élève. « L’union fait la force. On n’a qu’un seul but : lutter contre l’impérialisme, lutter contre le capitalisme, contre toutes les dominations et les oppressions ! », s’écrie Fadela El Miri, pilier d’UPM.

    Contre la « machine coloniale capitaliste »

    Morgane, membre du même collectif, explique cette convergence des luttes : « Tant que le système colonial capitaliste pourra maintenir ses bastions comme Israël, il conservera sa capacité à piller les ressources et à détruire les écosystèmes dans le monde. La Palestine est un front décisif de cette bataille. » La jeune femme pointe la « logique froide » d’Israël : « Exterminer les Palestiniens pour exploiter les combustibles fossiles sous leurs pieds puis nous vendre ce gaz pour la consommation énergétique européenne », évoquant les gisements gaziers de Léviathan et Tamar et les nouvelles licences d’exploitation accordées « quelques semaines après les premières attaques » de l’armée sur la bande de Gaza.

    Ce qui se passe à Gaza est pour elle une « répétition du spectacle de l’avenir, car cette machine coloniale capitaliste sacrifie systématiquement les peuples et les écosystèmes pour ses profits ». Voilà pourquoi articuler les luttes.

  • « Il faut mettre un terme à l’impunité d’Israël »

    « Il faut mettre un terme à l’impunité d’Israël »

    La Marseillaise : Lundi dernier, la France, suivie par d’autres pays, a enfin annoncé sa reconnaissance de l’État de Palestine devant les Nations unies. Qu’est-ce que cela change pour vous, et est-ce que ce n’est pas trop tard ?

    Hala Abou-Hassira : Tout d’abord, nous saluons cette reconnaissance par la France et l’ensemble des États qui l’ont suivie, ainsi que la tenue de cette conférence des Nations unies pour le règlement pacifique de la question de Palestine et de la concrétisation de la solution à deux États. Cette reconnaissance est une étape très importante pour reconnaître les droits inaliénables du peuple palestinien à l’autodétermination dans un État souverain au sein des frontières du 4 juin 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale. Déjà, elle a réussi à déclencher une dynamique politique avec pour seul objectif de répondre à l’avis consultatif de la Cour de Justice internationale afin de mettre un terme à l’occupation israélienne illégale et au régime d’apartheid.

    L’étape suivante doit être de mettre un terme à l’impunité d’Israël qui a violé chaque article du droit international, qui continue de perpétrer le génocide dans la bande de Gaza contre le peuple palestinien, qui vise à expulser et déporter par la force l’ensemble du peuple palestinien. Et qui continue sa colonisation en Cisjordanie, sa politique de nettoyage ethnique, le blocus imposé à la Cisjordanie et ses checkpoints, dont le nombre dépasse aujourd’hui 1 200, ce qui renforce la main de l’occupation, qui est la vraie menace pour la solution à deux États. Maintenant, il faut continuer dans cette dynamique politique créée à New York, grâce aux efforts de l’Arabie Saoudite, de la France et derrière eux l’ensemble de la communauté internationale, par des actions concrètes. Il faut imposer des sanctions contre l’occupation, imposer un embargo sur la vente d’armes pour Israël, des armes utilisées pour massacrer des femmes et des enfants. Il faut rompre l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël.

    Des mesures partielles ne répondent pas aujourd’hui à un génocide déjà déclaré par les spécialistes et la commission d’enquête des Nations unies. Il faut rompre les relations diplomatiques et économiques avec l’État d’Israël jusqu’à ce que cet État, devenu un État paria, respecte le droit international.

    Comment construire aujourd’hui cet État de Palestine?

    H.A.-H. : L’État de Palestine doit étendre sa souveraineté sur l’ensemble du territoire palestinien occupé. Nous sommes prêts à assumer notre pleine et entière responsabilité dans la construction de nos institutions étatiques et dans nos réformes. C’est un processus continu depuis longtemps. Mais surtout, l’urgence est de pouvoir secourir notre peuple dans la bande de Gaza, sauver ceux que l’on peut sauver. Pour l’État de Palestine, il doit y avoir dans l’ensemble du territoire palestinien occupé un seul gouvernement, une seule loi et une seule armée. Ce sont les forces de sécurité palestiniennes qui assureront la protection du peuple palestinien, les services sociaux, éducatifs dans la bande de Gaza. Nous le ferons bien sûr avec l’appui des partenaires internationaux. Mais toute présence internationale dans la bande de Gaza serait en appui au gouvernement palestinien, et elle doit être mandatée par une résolution du Conseil de sécurité avec un mandat clair qui assure la protection du peuple palestinien, et limitée dans le temps. La terre appartient aux Palestiniens, et ce sont les Palestiniens qui assumeront leurs responsabilités vis-à-vis de notre peuple, à Gaza comme en Cisjordanie.

    Il y a une semaine, Israël a lancé une nouvelle offensive « d’une force sans précédent » contre la ville de Gaza. Comment obtenir la paix, comment stopper ce génocide ?

    H.A.-H. : Il faut comprendre le projet israélien, qui ne date pas du 7-Octobre. C’est un projet colonial, basé sur le nettoyage ethnique du peuple palestinien depuis 1947, depuis la Nakba palestinienne. Ce projet est assumé par l’État même avec toutes ses institutions, tous ses dirigeants, et par l’ensemble des gouvernements israéliens successifs. Aujourd’hui, Netanyahu et ses ministres fascistes, suprémacistes, assument ce projet. Comment faire face à la volonté israélienne de raser complètement l’existence du peuple palestinien, en Cisjordanie, à Jérusalem-Est comme à Gaza ? Comment faire face à ce projet qui vise à déraciner le peuple palestinien et le raser complètement ? Par le renforcement du droit international, par les sanctions, le renforcement des institutions judiciaires internationales comme la Cour pénale internationale et la Cour de Justice internationale. Mais aussi par une volonté politique internationale, qui doit dire : “on arrête la politique du deux poids, deux mesures, on arrête d’invisibiliser et déshumaniser le peuple palestinien, et on arrête avec l’impunité accordée à Israël”.

    C’est le moment pour la communauté internationale, à leur tête les pays membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, les pays membres du G7, de dire qu’il est temps de mettre un terme à l’occupation. Il faut permettre la viabilité de l’État de Palestine par un appui économique et financier au gouvernement palestinien qui voit ses recettes fiscales et douanières confisquées par Israël. Nous parlons de plusieurs milliards de dollars !

    Donald Trump, jeudi soir, s’est dit optimiste pour un accord de paix. Est-il encore possible de travailler avec la diplomatie israélienne ?

    H.A.-H. : C’est à l’ensemble de la communauté internationale d’agir. Nous entendons le discours de la diplomatie israélienne et de ses dirigeants, qui refusent toute solution pacifique, toute voie de paix, toute initiative politique pour mettre un terme à l’occupation. Leurs éléments de langage soutiennent la destruction, les massacres, le nettoyage ethnique. Ils n’ont qu’une seule logique, l’utilisation de la force militaire. Nous disons à l’ensemble du monde entier, ainsi qu’aux Israéliens, qu’il n’y a pas de solution militaire dans notre région. La seule solution est politique, basée sur l’octroi des droits inaliénables à tous les peuples, y compris le peuple palestinien. Il faut une voie politique, basée sur les résolutions des Nations unies, sur le principe qui a engagé tout le processus de paix en 1991 à la Conférence de Madrid, la terre contre la paix. Et non pas les massacres, l’annihilation de tout un peuple contre la paix !

    Quel espoir vous reste-t-il aujourd’hui ?

    H.A.-H. : J’ai espoir en la résilience de mon peuple. Il a la conviction fondamentale d’appartenir à cette terre, et il n’en partira pas.

    Le peuple palestinien est déterminé à arracher ses droits fondamentaux, à commencer par leur droit à l’autodétermination et le droit à la liberté. Il y a aussi une responsabilité individuelle comme collective. Il y a une mobilisation extraordinaire de la part des peuples de la Terre entière, de la jeunesse mondiale, de chaque homme et femme libre. Je veux saluer la mobilisation extraordinaire du peuple français, de ses forces politiques, de la société civile, des collectivités territoriales, des députés et des sénateurs qui n’ont pas cédé devant l’injustice infligée au peuple palestinien, et qui ont continué à soutenir ses droits fondamentaux.

    Mais il y a également la responsabilité collective des États partie à la charte collective des Nations unies. Il faut agir aujourd’hui. Il y a un génocide qu’il fallait prévenir quand la Cour de Justice internationale a exigé des mesures provisoires, le 27 janvier 2024, il y a un an et demi déjà. Les États, par la force du droit international, ont le devoir d’agir immédiatement pour arrêter le génocide en cours, et de mettre un terme à la source de l’injustice et de l’insécurité de notre région, qui est l’occupation, la colonisation, l’apartheid et le génocide. C’est la seule voie de sortie aujourd’hui. Il faut protéger le peuple Palestinien.

    « La diplomatie israélienne refuse toute solution pacifique. »

  • Citoyens et gouvernement ensemble contre le génocide

    Citoyens et gouvernement ensemble contre le génocide

    Le mouvement de dénonciation du génocide perpétré en Palestine par Israël ne cesse de s’amplifier en Espagne. La récente et spectaculaire action de dizaines de milliers de Madrilènes en faveur de la Palestine qui mit fin prématurément à la Vuelta cycliste a résonné dans le monde entier. Une Espagne qui montre aujourd’hui ses plus belles valeurs sous l’impulsion des citoyens et du gouvernement de gauche présidé par le socialiste Pedro Sanchez.

    Un gouvernement fortement aiguillonné et appuyé par Sumar, la coalition incluant notamment le PCE et Izquierda Unida dont la seconde vice-présidente communiste Yolanda Diaz est issue. Un exécutif qui a reconnu l’État de Palestine depuis plus d’un an, qui a décrété un embargo sur l’importation et l’exportation d’armes d’Israël et qui la semaine dernière a envoyé, comme l’Italie, un navire de l’Armada (marine espagnole) en protection et en soutien à la Flotille Global Sumud qui se dirige vers Gaza pour ouvrir un corridor humanitaire et récemment victime d’attaques de drones israéliens. L’Espagne a contribué largement à faire bouger les lignes en Europe, désormais 150 pays dénoncent le génocide et soutiennent l’État de Palestine. Israël ne trouvant un soutien inconditionnel qu’en la personne de Trump son dernier bouclier.

    Le mouvement de soutien au peuple palestinien, et la dénonciation du génocide, s’est à ce point enraciné dans le peuple espagnol, que la droite commence à prononcer le mot « génocide », le Parti populaire n’en oublie pas pour autant d’attaquer Pedro Sanchez à propos de son épouse Begoña Gomez soupçonnée d’avoir utilisé une assistante rémunérée par l’État pour des activités professionnelles privées. Celle-ci assure que son assistante ne l’a aidée que ponctuellement, et jamais dans ses activités professionnelles extérieures. Le juge Alberto Peinado qui instruit cette affaire est quant à lui fortement soupçonné de « rouler » pour le Parti populaire.

    Embargo sur les armes

    Alors que la droite continue de gesticuler, et harceler le chef du gouvernement, le Conseil des ministres a récemment donné le feu vert au décret-loi qui doit réguler l’embargo des armes pour Israël. Il s’agit de l’interdiction de l’importation et exportation d’armement et du transit par l’Espagne du combustible utilisé par les forces armées israéliennes et du matériel défensif.

    Pour sa part, Sumar dépose un projet de loi complémentaire à ce décret-loi afin que le gouvernement puisse inspecter les navires à destination de pays qui commettent un génocide. Sumar, lors de sa réunion de coordination samedi a appelé à une grande journée de mobilisation pour le 4 octobre en solidarité avec le peuple palestinien face à l’authentique génocide d’Israël à Gaza et jusqu’à son arrêt.

    Lara Hernandez, la coordinatrice, a dit sa fierté de voir ce gouvernement porter la voix de la lutte pour la dignité, et qu’il soit devenu un exemple pour les autres puissances mondiales qui ont reconnu l’État de Palestine. La coordinatrice de Sumar a attribué le positionnement actuel du gouvernement espagnol, à l’action de son organisation au sein de l’exécutif, elle a ajouté : « Aujourd’hui le gouvernement d’Espagne dénonce en toutes lettres le génocide. Tout cela a été obtenu par Sumar grâce à une alliance clé et stratégique avec la société civile mobilisée. Quand Sumar bouge, le gouvernement agit. Et quand le gouvernement agit, notre pays avance (…) en Espagne il y a un peuple digne qui veille sur le droit international, qui défends les droits humains et qui crie avec orgueil “Vive la Palestine libre !” »

  • « Les Palestiniens demandent à être reconnus comme des êtres humains »

    « Les Palestiniens demandent à être reconnus comme des êtres humains »

    La Marseillaise : Pourquoi était-il important pour vous, en tant que Palestinienne, de participer à ce forum pour la paix ?

    Huda Abu Arqoub : Il est essentiel pour chaque Palestinien de faire entendre sa voix. Parfois les gens pensent que nous sommes tous du Hamas ou avec l’Autorité palestinienne corrompue. Ce n’est pas le cas et nous, nous pouvons parler de la vie des Palestiniens sur le terrain. Je suis juste une femme de 55 ans qui vit en Cisjordanie à Al Khalil [Hébron en hébreu, Ndlr] avec ma mère qui a 85 ans et qui est terrifiée. Elle voit tout le monde, y compris les personnes de son âge, être arrachées à leurs maisons à Gaza et périr. Je suis ici aussi pour être reconnue par le reste du monde comme une égale, comme un être humain qui a les mêmes droits que les autres. Je ne veux pas d’un monde qui se partage en deux camps, l’un pour Israël, l’autre pour la Palestine. Je veux d’un monde qui se réveille et reconnaisse les uns comme les autres en tant qu’êtres humains, en rejetant la propagande, l’expression de la haine et des frustrations. Nous sommes les peuples, nous devons nous unir pas nous diviser.

    De quelle manière les femmes peuvent-elles jouer un rôle dans l’arrêt des conflits ?

    H.A.A. : Nous avons le courage, les voix, les outils pour cela. Mon engagement vise à créer des modèles de leaders différents des hommes politiques que nous connaissons. Cela commence par se départir des intérêts étroits et de l’obsession du pouvoir, pour faire primer la justice, la paix, la sécurité, l’amour de son prochain. Les êtres humains ne peuvent pas s’épanouir dans la haine. Les femmes sont souvent des mères. Si un seul enfant souffre dans le monde, nous le ressentons comme une douleur. Cela commence par là : ne pas perdre son humanité, son âme, son cœur. C’est une longue lutte dans laquelle il nous faut faire beaucoup d’efforts pour changer le système qui domine aujourd’hui.

    Pouvez-vous témoigner de la situation humanitaire à Gaza
    mais aussi en Cisjordanie
     ?

    H.A.A. : Comme beaucoup de Palestiniens j’ai perdu de la famille à Gaza dans des conditions terribles. Moi je vis en Cisjordanie et c’est devenu une prison géante. Venir ici, c’est prendre un risque pour ma vie. Je vais devoir passer à travers des territoires jordaniens, israéliens, à travers le système de check-points mis en place par les colons. J’ai perdu mon travail parce que je parle avec franchise. Notre système de santé s’est complètement écroulé. Conduire ma mère à l’hôpital est devenu quasiment impossible. Tout cela est source d’angoisse et de peur du lendemain. J’espère seulement que le jour venu, elle pourra mourir dans la dignité. Ce n’est pas trop demander. Quant à la nouvelle génération de Palestiniens, elle grandit dans un environnement où la haine est partout. C’est ce monde qui leur enseigne la haine, pas nous. En tant que femme éduquée, je sais que si nous laissons nos jeunes dans cette haine, c’est notre cause qui perdra à la fin. C’est la raison pour laquelle après ce Forum je retournerai là-bas. Je ne veux pas être une réfugiée, je ne veux pas être un objet de charité. Je veux juste être un être humain comme tout le monde. Je pense tout le temps aux enfants de Gaza. Tout est détruit, beaucoup ont perdu leurs parents, ils n’ont plus de maison. La maison c’est essentiel pour se construire soi-même. C’est un refuge quand on est triste, quand on a peur, c’est le lieu où on peut être heureux aussi. Le monde voit tout cela mais ne fait rien. Comment pourront-ils se reconstruire dans ce monde ? Comment pourront-ils grandir ? Cela me préoccupe profondément.

    Que pensez-vous de l’initiative française pour la reconnaissance de la Palestine ?

    H.A.A. : Je pense que c’est important. J’ai toujours pensé que la solution ne peut être qu’internationale. En tant que Palestinienne je ne peux que soutenir l’initiative conduite par la France et l’Arabie saoudite. Je sais que dans le quotidien elle ne changera pas la situation du tout au tout mais j’espère qu’elle contribuera à stopper le génocide en cours. La Palestine a le droit d’être un État, la question qui doit se poser maintenant pour les Européens c’est comment aider les Palestiniens concrètement alors que les États-Unis ont perdu toute chance d’apparaître comme un intermédiaire honnête. Ce que je veux dire au peuple français, c’est de ne pas se diviser sur cette question. Reconnaître la Palestine ne veut pas dire nier Israël, c’est reconnaître les deux.

    Quel est votre regard sur la flottille ?

    H.A.A. : Cela ne date pas d’hier, il y en a eu dans les années précédentes. C’est une marque d’attention du monde à ce qu’il nous arrive, nous les Palestiniens. Cela ne changera rien sur le terrain mais c’est une façon de montrer que nous ne sommes pas seuls, nous qui faisons face à la mort.

    Quelle place pour les droits humains et les droits des femmes dans le futur État palestinien ? Craignez-vous les extrémistes religieux ?

    H.A.A. : Oui absolument. Je n’ai pas peur de dire que le Hamas a aidé les extrémistes israéliens à croître. Ils se nourrissent mutuellement. J’ai grandi dans un milieu laïque, je pratique l’islam en dialoguant avec mon âme, cela rejoint de bien des façons ce que font les juifs ou les chrétiens. Ce qui m’inquiète c’est l’extrémisme insufflé par des gens dont le pouvoir réside dans la violence et dans les armes. Cela fait 25 ans que je me bats pour la paix, et cela n’a rien donné. C’est très difficile de convaincre. Et pour autant je crois en l’avenir de la Palestine. Les armes ne règlent rien. Ce n’est pas seulement en imposant des élections maintenant ou en comptant sur un leader qu’on y parviendra. Cet avenir, il est entre nos mains à tous. C’est notre nation qui se bat pour sa liberté qui doit le construire.

  • À Marseille, l’espoir d’une paix mondiale

    À Marseille, l’espoir d’une paix mondiale

    « C’est dans le crépitement des armes que notre gouvernement, autoritaire et illégitime, prend des décisions coupables, même s’il tente de se racheter en reconnaissant tardivement l’État de Palestine. » Michel Dolot, porte-parole du Mouvement de la paix des Bouches-du-Rhône donne le ton du rassemblement marseillais à l’occasion de la Journée internationale de la paix.

    « Du Congo au Yémen, de la Birmanie au Soudan, de l’Ukraine à la Palestine, des millions d’êtres humains sont massacrés. Rien ne peut justifier de telles atrocités », tonne le pacifiste. Il est entouré par de nombreux militants du mouvement social et d’associations diverses : CGT, FSU, Libre Pensée et organisations politiques. Les élus communistes étaient d’ailleurs présents en nombre : Nathalie Tessier et Jean-Marc Coppola, adjoints PCF au maire de Marseille, ou encore la conseillère municipale Marie-José Cermolacce et l’élue martégale Camille Di Folco. « Solidarité avec le peuple palestinien et sa lutte contre la colonisation et pour un État reconnu internationalement », a plaidé Florian Le Pape pour le PCF. Quand Jessica Jadé, pour l’UD CGT 13, a insisté : « La reconnaissance de l’État palestinien est une étape mais nous devons exiger la fin du génocide, du blocus et de la famine à Gaza. »

    Même raisonnement pour la FSU 13. « La paix ne doit plus être vue comme la “non-guerre mais, pour reprendre Bertrand Badie, comme l’art de la coexistence. Ainsi, en Palestine, il n’y aura pas de paix sans la reconnaissance du droit des Palestiniens à construire un État, sans la coexistence des peuples palestinien et israélien », analyse Franck Balliot, co-secrétaire départemental. En bref, une matinée d’échanges et de prises de position résolument en faveur de la paix pour ce rassemblement solidaire.