Tag: Palestine

  • L’UD de la CGT 13 au soutien de Fadwa Barghouti

    L’UD de la CGT 13 au soutien de Fadwa Barghouti

    Fadwa Barghouti poursuit sa visite marathon à Marseille. À la Bourse du Travail, des syndicalistes de la CGT 13 ont échangé, ce vendredi, avec la militante palestinienne. Keffieh sur les épaules et entourée de drapeaux palestiniens, elle est revenue sur le sens de sa venue en France : « On veut relancer la campagne internationale pour la libération de Marwan. »

    Épouse de Marwan Barghouti, emprisonné depuis 2002 en Israël, elle rappelle qu’une dizaine de villes françaises – dont Marseille – lui ont accordé la citoyenneté d’honneur, distinction « qui honore tout le peuple palestinien ».

    Un soutien qui doit en appeler d’autres selon la CGT. « Le gouvernement français doit poser des actes concrets pour pas être complice du génocide », martèle Marc Piétrosino, secrétaire général de l’UD CGT 13.

    « Une leçon d’humanisme et de militantisme »

    Chargée par son époux de porter sa voix, Fadwa Barghouti laisse entrevoir sa fatigue. « Parfois, je perds espoir, je me sens seule », confie-t-elle. Avant d’assurer, d’un ton grave : « On tiendra le coup jusqu’à sa libération et celle de tous les prisonniers palestiniens. »

    Les échanges se sont ensuite tournés vers l’éducation. Mouna, enseignante syndiquée, alerte sur des « générations sacrifiées », convaincue que l’avenir palestinien passe par « l’émancipation de sa jeunesse ». « La plus grande punition, c’est de priver ce peuple d’accès à l’éducation », répond Fadwa Barghouti, avant d’évoquer son mari, qui « donne 4 heures de cours de politique par jour à des prisonniers à travers sa fenêtre ».

    Une anecdote qui conclut une rencontre saluée comme « une grande leçon d’humanisme et de militantisme » par Marc Piétrosino, sous les applaudissements et les chants « Libérez Marwan, libérez la Palestine ». La militante conclut sa visite marseillaise ce samedi à 14h, sous l’Ombrière du Vieux-Port, à l’occasion de l’événement Palestine United 2.

  • Jérémy Bacchi accueille Fadwa Barghouti à Marseille

    Jérémy Bacchi accueille Fadwa Barghouti à Marseille

    Après une liesse populaire l’attendant dès son arrivée gare St Charles, Fadwa Barghouti s’est rendu dans la Maison des communistes jeudi. Sur place, les militants qui manifestent chaque dimanche porte d’Aix déploient une banderole représentant son époux. Sa visite à Marseille a été organisée dans le cadre de la campagne internationale pour la libération du leader palestinien Marwan Barghouti par la fédération PCF des Bouches-du-Rhône. Pour son chef et sénateur Jérémy Bacchi : « Le combat pour la libération de Marwan Barghouti est essentiel, à la fois pour l’homme mais également pour l’espoir de paix en Palestine. De notre point de vue il est le seul à tenir les clés d’une solution à deux États en Palestine, qui pourrait ouvrir la voie à une souveraineté du peuple palestinien sur ses terres », martèle-t-il.

    À ses côtés, l’épouse de celui qui est considéré comme le « Mandela de Palestine », insiste : « Marwan est un symbole de dignité nationale palestinienne. Ce n’est pas qu’un homme politique, c’est un être humain qui croit à la démocratie, aux droits, à la liberté et aux femmes », appuie-t-elle, « la responsabilité qu’il m’a donnée d’être sa représentante c’est un symbole de son respect », tient-elle à souligner. Alors, elle se fait sa porte-parole, partout dans le monde, appelant, depuis près de 25 ans à sa libération. Retenu dans les geôles israéliennes, Marwan Barghouti est constamment l’objet de violences physiques et psychologiques. Si l’on cumule ses périodes d’isolement il y aura passé plus de 10 ans. Sa femme ne l’a pas vu depuis quatre ans, il n’a pas vu grandir ses enfants, ne connaît pas ses petits-enfants. L’air grave, elle l’assure : « Il n’y aura pas de paix sans sanction. »

    Sur les murs de la fédération, l’une des affiches du Parti communiste en faveur de la reconnaissance de l’État palestinien. Celle-ci a été annoncée par Emmanuel Macron en septembre 2025. « Le combat ne s’arrête pas là pour nous, communistes. Il s’agit d’avoir maintenant une véritable représentation diplomatique de la Palestine en France avec une ambassade à Paris et des consulats en région », assène le sénateur.

    La veille, Marwan Barghouti a été fait citoyen d’honneur de Saint-Denis. Les maires communistes du département en discutent pour faire voter des délibérations en conseils municipaux. « Mais cette figure doit être défendue plus largement », insiste Jérémy Bacchi. C’est ce qui sera fait jusqu’à samedi, date de départ de Fadwa Barghouti. D’ici là, le programme est riche. « Nous sommes arrivés à une situation très difficile pour notre peuple. Cette solidarité que vous manifestez ici à Marseille arrive au bon moment. C’est ce qui prouve aux Palestiniens qu’ils ne sont pas seuls face à l’occupation et au génocide », glisse-t-elle.

    Où la rencontrer

    Fadwa Barghouti sera honorée vendredi matin en mairie des 15-16 puis participera à une conférence de presse avec l’UD CGT 13, à la Bourse du Travail dès 15h30. Elle devrait rencontrer dans la journée Solidaires 13 et les élus insoumis locaux. À 17h, elle sera accueillie par l’association Schebba. À 19h30, la militante palestinienne sera au Gyptis pour la diffusion de Tomorrow’s Freedom, où Sawt Palestine préparera un repas. Enfin, Fadwa Barghouti participera samedi à 14h à Palestine United 2 que le collectif Union pour la Palestine Marseille coorganise sur le Vieux Port.

  • Ciné-Palestine célèbre la convergence des luttes

    Ciné-Palestine célèbre la convergence des luttes

    Cette année, le festival porte le focus sur la « Solidarité des luttes ». Une membre de l’association Ciné-Palestine explique : « Chaque année, on consacre une partie de la programmation à un focus spécifique. En 2026, l’idée est de montrer que les luttes anticapitalistes, antiracistes, anti-impérialistes et antifascistes sont connectées. » C’est aussi une manière, pour le festival, d’expliquer « comment les pratiques de production ou de diffusion participent à mettre les gens en action ».

    La sélection du festival inclut Palestine vaincra, le premier documentaire français réalisé en soutien au mouvement de libération palestinien et diffusé pour la première fois depuis 50 ans en France, ce vendredi (19h), à Vidéodrome 2. à la Baleine, la soirée se poursuivra avec « une séance de courts-métrages expérimentaux. Dans ce programme, il y a trois films qui parlent directement de Gaza, dont deux de Mahmoud Alhaj, arrivé en France dans le cadre du Programme Pause. »

    Des luttes internationalistes

    En clôture, ce dimanche à l’Alhambra et en présence de la réalisatrice Amal Ramsis, le festival diffuse You come from far away, film qui traverse les frontières de l’Espagne au Liban. Un moment musical conclura cette édition marseillaise, dimanche soir au Denis bar, « pour se retrouver, se donner la force et continuer la lutte », précise l’adhérente. Ciné-Palestine est à retrouver du 5 au 14 juin, en Île-de-France.

  • La venue de Joann Sfar suscite une polémique

    La venue de Joann Sfar suscite une polémique

    L’auteur du célèbre Chat du rabbin est programmé dans le cadre du festival littéraire « Oh les beaux jours ! » pour un « concert dessiné », vendredi à 20h30, à La Criée.

    En réaction, le collectif « cultures en lutte 13 » a lancé un appel au boycott sous le mot d’ordre « Sionistes hors de nos villes », recevant le soutien de l’eurodéputée LFI Rima Hassan.

    Bruno Benjamin, président du Crif Marseille Provence, a aussitôt réagi : « Joann Sfar n’est pas un représentant d’un État. Il n’est ni un gouvernement, ni une armée. C’est un écrivain, un dessinateur, un cinéaste, un homme de culture dont l’œuvre a toujours été traversée par le dialogue, l’identité, la mémoire et la complexité humaine. Le désigner comme une cible à boycotter en raison de ses convictions supposées ou revendiquées constitue une dérive inquiétante. »

    « Le courage du dialogue »

    De son côté, la maire de secteur, Sophie Camard (GRS), a apporté son soutien à l’auteur de bandes dessinées : « Non à la haine, un jour contre les Arabes, un jour contre les juifs ! Je soutiens Joann Sfar menacé de boycott à Marseille. Achetez son album “Terre de sang” avec des témoignages de Palestine. Rien à voir avec Netanyahu ! Le courage, c’est aussi le dialogue entre les peuples. » Serge Tavitian, président de la Licra Marseille Métropole, indique dans un communiqué, ce mercredi : « La Licra saisit ce jour les autorités judiciaires d’une plainte pour provocation à la discrimination. L’antisionisme est un antisémitisme qui ne s’ignore pas ! »

    Joann Sfar n’a pas souhaité réagir à la polémique. Dans un entretien accordé à La Marseillaise, en juin dernier, il expliquait apprécier les « lieux de rencontre, de débat, où contrairement à ce qu’on voit sur les réseaux sociaux, les gens prennent le temps de se parler. Il y a parmi mes lecteurs beaucoup de personnes d’origine arabe, c’est l’occasion d’échanger. Et quand on laisse s’exprimer les gens, on se rend compte qu’il y a beaucoup moins de désaccords que ce que l’on imagine. »

  • À Miramas, l’Union locale CGT invite Meriem Laribi pour son deuxième livre

    À Miramas, l’Union locale CGT invite Meriem Laribi pour son deuxième livre

    «J’ai décidé d’écrire ce deuxième livre comme un plaidoyer contre la solution à deux états. » C’est de cette manière que la journaliste indépendante Meriem Laribi motive l’écriture de son deuxième livre, Palestine, le droit à l’existence (Éditions critiques, 128 pages). À l’occasion de sa sortie, l’écrivaine collaboratrice du Monde Diplomatique, d’Orient XXI et de Politis, est invitée par l’Union locale CGT de Miramas, ce vendredi soir.

    Meriem Laribi pose une question épineuse : « Comment est-il possible de mettre en place une solution à deux états alors que le projet sioniste ne l’envisage pas ? ». Elle parle d’un projet qu’elle juge « colonial, raciste et suprémaciste ». « On ne peut pas envisager une décolonisation à moitié », affirme-t-elle, renvoyant à une histoire autant personnelle que partagée. « Je suis née et j’ai grandi en Algérie. On ne pourrait pas imaginer un État algérien et français en Algérie », compare-t-elle. La question centrale, selon l’autrice, est de « laisser les dominés trouver leurs solutions », à condition « d’inverser le rapport de force » et de « libérer tous les prisonniers politiques ».

    « Contre la guerre »

    L’Union locale CGT propose cette initiative car « les premières victimes de la guerre sont des gens de notre classe, les travailleurs », selon Jérémy Zucchelli, secrétaire de l’UL. « La CGT est internationaliste, contre la guerre et le colonialisme », ajoute le responsable, autant pour Gaza que Cuba. Il insiste sur le fait que « faire la guerre ailleurs nous impacte ici, où on détruit nos services publics et on nous fait travailler plus longtemps ».

    Le rendez-vous est donné à 18h30, ce vendredi, au local de la CGT des cheminots de Miramas, 15 rue Voltaire.

  • Un colloque pour décrypter l’anéantissement de Gaza

    Un colloque pour décrypter l’anéantissement de Gaza

    Faire face à l’anéantissement de Gaza. C’est le thème du colloque organisé durant deux jours au Mucem (2e), ces 21 et 22 mai. Tenu dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026, le rendez-vous ambitionne de réunir « des artistes et chercheurs de Gaza (…), des institutions culturelles et artistes engagés pour la Palestine, ainsi que des spécialistes de la région et des migrations artistiques ».

    La journée de jeudi, après un accueil introductif d’une trentaine de minutes le matin, s’est ouverte avec un « état des lieux » de l’anéantissement à Gaza. Animée par la journaliste d’Orient XXI Sarra Grira, la rencontre a été l’occasion de revenir sur la destruction du patrimoine gazaoui. Une présentation assurée par Ahmed Ashour, chercheur à l’Université de Tours, spécialiste des politiques culturelles et de l’apprentissage communautaire dans des contextes marqués par la guerre et l’oppression.

    Aïda Delpuech, journaliste indépendante, a évoqué l’écocide en cours à Gaza, d’après elle outil important de la destruction durable de l’enclave. « Attaquer l’écosystème palestinien fait partie du mode opératoire israélien. Il faut comprendre que l’écocide est d’abord un outil du génocide à court terme, car si on prive une population de ses outils de production agricole, on alimente la famine et donc le génocide en cours, détaille-t-elle. Mais aussi à long terme : les bombardements rendent Gaza inhabitable pour une longue durée. On détruit les écosystèmes sur le moment, mais aussi après, avec des ressources, comme les sols, l’eau, l’air, qui sont durablement contaminées. »

    Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les territoires palestiniens occupés, est également intervenue, en visioconférence. « Nous devons accepter que nous vivons une destruction totale de ce qui est la Palestine en tant qu’identité », martèle-t-elle. Et de rappeler la définition des termes qu’elle emploie : « On parle de génocide lorsqu’il y a volonté de détruire totalement ou partiellement un groupe et religieux. Ici, la volonté n’est pas cachée. » D’après le ministère de la Santé du Hamas, plus de 70 000 personnes sont mortes dans l’enclave palestinienne, chiffre jugé fiable par l’ONU, depuis l’attaque terroriste du 7-Octobre du Hamas sur le sol israélien, qui a déclenché la guerre à Gaza.

    Protestations

    C’est notamment pour protester contre la présence de Francesca Albanese que le président du Crif Marseille, Bruno Benjamin, avait appelé, en début de semaine, à un rassemblement devant les portes du Mucem, qualifiant la rapporteuse de l’ONU d’« antisémite notoire ». Il reproche aussi à l’événement d’être trop orienté politiquement et exige qu’il y ait « la même chose pour le 7-Octobre ». Lui et une trentaine de soutiens, dont le collectif Nous vivrons, sont venus manifester, jeudi matin, devant le musée. En réaction, plusieurs collectifs de défense de la Palestine sont, eux aussi, venus protester. « Mettre sur le même plan le dominant et le dominé, le colonisateur et le colonisé, ça n’a strictement aucun sens », s’est indigné Pierre Stamboul, membre de l’Union des juifs français pour la paix, collectif pro-palestinien.

    Les 428 militants de la flottille pour Gaza expulsés d’Israël

    Les quelque 430 militants de la Global Sumud flotilla, interceptés entre lundi et mardi au large de Chypre par les forces israéliennes, ont finalement été renvoyés en Turquie. Jusque-là détenus dans la prison israélienne de Ktziot, ils ont, jeudi, « tous été expulsés », a indiqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères israélien. Mercredi, le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, avait provoqué un tollé international en publiant une vidéo montrant des militants agenouillés et les mains liées.

  • Ce « musée embarqué » solidaire avec Gaza

    Ce « musée embarqué » solidaire avec Gaza

    Le voilier Hétérotope, devenu centre culturel embarqué de la flottille pour Gaza, a permis samedi de livrer des témoignages sur le blocus naval illégal de la Palestine alors qu’Israël menace à nouveau d’arraisonner dans les eaux internationales les 50 navires de la flottille partie vendredi de Grèce.

    « C’est ici un petit coin d’humanité et de Palestine et vous savez combien pour la Ville de Martigues la question de la paix, du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est importante surtout quand on voit ressurgir des fantômes » a dit Florian Salazar-Martin (PCF), adjoint au maire en charge de la culture.

    « Gaza vit sous blocus hermétique depuis 20 ans », énonce Pierre Stambul de l’Union juive française pour la paix, qui présente son livre Du projet sioniste au génocide. « Les Gazaouis sont punis collectivement, ont subi des bombardements incessants. Plus personne ne peut douter du mot “génocide” et l’Europe et les États-Unis en sont coauteurs. Il ne reste plus que les sociétés civiles du monde entier et ces flottilles sont un exemple formidable. Elles se substituent à la lâcheté, à la complicité de nos politiques. »

    Le collectif d’habitants de l’Estaque est présent. « Plus de 150 habitants sont venus à soutenir la flottille Thousands Madeleens To Gaza qui s’était amarrée en mars à l’Estaque et qui a rejoint en avril la flottille Global Sumud partie de Barcelone le 31 août. Nous exposons les dessins réalisés par des enfants de l’Estaque pour les enfants de l’école El-Watan à Gaza », montre Fathi Bouaroua qui souhaite ardemment un jumelage avec Marseille. « Ces dessins ont été très appréciés des petits Gazaouis. Ils ont tout imprimé et affiché sur leur tente », explique Maeva, une des enseignantes qui a participé à cette correspondance de dessins, de poèmes et de lettres avec l’association Education For Gaza pour des enfants qui vivent et sont scolarisés dans des conditions matérielles et morales épouvantables.

    « Il y a tout un processus d’invisibilisation de la culture palestinienne » rappelle l’organisateur Émilien Urbach, journaliste à l’Humanité, arrêté et arbitrairement retenu par les Israéliens. « Ce n’est pas pour rien que les journalistes sont les premières cibles à Gaza, que les chercheurs, les enfants sont tués à Gaza et de plus en plus en Cisjordanie. C’est un processus qui participe de tuer cette culture, de tuer l’existence de ce peuple, sa vitalité, sa créativité. C’est pour ça qu’on a créé ce bateau le centre culturel embarqué et qui comme, une criée après la pêche donnent tout ce qu’ils ont récolté. »

    Doyenne de la flottille attaquée le 8 octobre, Isaline Choury, 82 ans, a témoigné de la violence inouïe de l’armée israélienne qui a kidnappé 176 militants. « Un type très massif me frappait en criant en français “bienvenue en enfer !” » a relaté la fille du résistant corse, Maurice Choury et nièce de Danielle Casanova, la résistante communiste assassinée à Auschwitz. « Il y a eu pire. Trois de ma flottille ont été dénudés, un chien leur a pissé dessus et ils ont été violés (…). Depuis, je milite. Ils n’ont pas gagné. Je suis debout et vivante. Ils n’ont pas fini de m’entendre. Ils ne gagneront pas ! »

  • Les 78 ans de la Nakba, dans les mémoires et le présent

    Les 78 ans de la Nakba, dans les mémoires et le présent

    Devant la Cité administrative d’Avignon, sur le cours Jean-Jaurès, une douzaine de drapeaux palestiniens flottaient, portés par un mistral frais de début de soirée, ce vendredi 15 mai, soit exactement 78 ans après la Nakba. Le mot, qui signifie « la catastrophe » en arabe, renvoie à l’expulsion massive des Palestiniens de leurs terres par les forces israéliennes en 1948.

    Organisé par l’association Stop génocide 84, environ une centaine de personnes se sont rassemblées pour l’occasion. Et pour Carol Alarcon, l’une des membres de l’organisation qui a pris la parole, « la Nakba n’est pas juste la suite historique de la guerre qui accompagne la création de l’État d’Israël à la suite de la colonisation britannique » et « désigne plus que le processus qui a produit et accompagné les déplacements de populations sous la contrainte, les dépossessions massives, les occupations illégales qui s’en sont suivies ».

    Plusieurs revendications sont portées par le collectif. À savoir le « respect des droits humains et du droit international en Palestine », la fin de « la colonisation, de l’apartheid » et « le droit au retour des réfugiés », ce à quoi correspond la résolution 194 de l’ONU, prise quelques mois après la Nakba, en décembre 1948.

    Et les militants pointent également la responsabilité des pays européens dans la poursuite de la guerre. « Des entreprises privées ou bien les États-Unis, la France, l’Allemagne ou le Royaume-Uni participent, par des soutiens militaires et politiques, ce qui affaiblit profondément l’application du droit international », poursuit Carol Alarcon, qui réclame la suspension de l’accord entre l’UE et Israël ainsi que les échanges d’armes et de composants militaires.

  • Un voyage solidaire et agricole en Palestine

    Un voyage solidaire et agricole en Palestine

    Nicolas* et Juliette* ont raconté, jeudi soir, leur voyage en Cisjordanie, pendant lequel ils ont aidé des Palestiniens à produire sur leurs fermes. Ils ont évoqué leurs histoires et projeté leurs portraits, avec l’objectif de documenter l’avancée de la colonisation israélienne. Vivant tous deux dans une communauté agricole autogérée, ils ont pu échanger leurs savoirs avec les Palestiniens.

    Parmi eux, Bayan, une Palestinienne, professeure à l’université, qui « ne sait jamais combien de temps elle va mettre pour aller à l’université avec tous les checkpoints », et « qui a peur d’être tuée à chaque checkpoint », rapporte Juliette. « Dès qu’elle a une voiture israélienne derrière elle, elle est en panique. » Dans leurs fermes, les Palestiniens « ne peuvent pas utiliser de grosses machines, sinon, le bruit attirerait les colons, a-t-elle expliqué. Ils cultivent pour être autonomes de l’occupation et pouvoir manger leur propre production. »

    Nicolas a également relaté son voyage dans le village encerclé de colonies israéliennes, Al Mughayyir, où il s’est rendu avec ISM (International solidarity movement) pour faire de la « présence solidaire ». Il y a par exemple effectué des rondes pour éviter les attaques de colons pendant la nuit. « C’est l’un des endroits où la colonisation est la plus avancée en Cisjordanie », explique-t-il. « La colonisation prend plein de formes différentes, comme faire pâturer des moutons dans des vergers d’oliviers appartenant à des Palestiniens pour ruiner la récolte », relate-t-il. Il a également décrit les « jeunes des collines », ces enfants israéliens « qui ont des problèmes à l’école et qu’on envoie coloniser la Palestine ».

    *Les prénoms ont été changés

  • [Entretien] Pat Sheehan : « Des similitudes existent entre l’Irlande et la Palestine »

    [Entretien] Pat Sheehan : « Des similitudes existent entre l’Irlande et la Palestine »

    La Marseillaise : 45 ans après la mort de Bobby Sands en détention lors des grèves de la faim de 1981, vous continuez à perpétuer sa mémoire. Pourquoi est-ce important ?

    Pat Sheehan : Les Républicains irlandais ont une longue tradition de garder vivant le souvenir des héros de cette lutte. Il n’y a pas de héros plus grands dans notre génération que les dix hommes qui sont morts durant cette grève de la faim. Le gouvernement britannique avait mis en place une stratégie de criminalisation. Ils voulaient dépeindre notre lutte ici, en Irlande, comme une espèce de conspiration criminelle et voyaient les prisonniers comme le maillon faible de notre mouvement. Avant l’élection de Bobby Sands en tant que député, la Première ministre britannique de l’époque, Margaret Thatcher, disait que les prisonniers n’avaient pas de soutien et que l’IRA non plus. Ce qu’ils n’ont pas pris en compte dans leur raisonnement c’est qu’il y a une tradition, depuis des siècles, des prisonniers irlandais qui résistent à n’importe quel effort pour les criminaliser. Avant Bobby Sands, le prisonnier politique le plus connu à être mort en détention c’est Terence MacSwiney en 1920, il était le maire de Cork. Il est décédé alors qu’il était emprisonné en Angleterre à l’issue de 74 jours en grève de la faim. En avril 1981, Bobby Sands a été élu comme membre du Parlement du Royaume-Uni et le Sinn Féin n’a fait que se renforcer. Après la mort des dix grévistes, leur sacrifice et leur courage ont inspiré des milliers de jeunes à s’impliquer dans notre lutte. Le but de la criminalisation, c’était d’isoler et de marginaliser les Républicains. L’exact opposé est arrivé. Nous sommes désormais le plus grand parti dans le Nord et la première force d’opposition dans le Sud.

    Le Sinn Féin vise la tenue d’un référendum pour l’unité de l’Irlande d’ici 2030. Comment y parvenir ?

    P. S. : Nous souhaitons faire pression sur le plan politique. L’accord de paix de 1998, Accord du Vendredi saint, prévoit la possibilité d’un référendum sur notre unité. Les critères qui devaient être remplis avant que ce référendum ne soit mis en place ne sont pas clairement stipulés. C’est une des demandes que nous formulons au gouvernement britannique, même si nous pensons que Dublin doit tenir le rôle principal dans tout cela.

    Quels sont les liens entre votre lutte et celle du peuple palestinien ?

    P. S. : Notre relation avec les Palestiniens date de plusieurs décennies, depuis les années 1970, quand nous avions une relation avec l’OLP (Organisation de libération de la Palestine). La solidarité existe dans la similitude des situations. Même si l’Irlande se trouve à la périphérie de l’Europe occidentale, que nous avons la peau blanche et sommes une société supposément chrétienne, c’est la première des colonies britanniques. Une partie de notre pays est toujours sous contrôle, sous occupation britannique. Nous avons connu une situation similaire avec les colons, lorsque les natifs irlandais ont été chassés de leurs terres qui ont ensuite été attribuées à des fidèles à la Couronne. Des centaines d’années plus tard, cette situation persiste. Économiquement, ceux qui sont loyaux à la Couronne ont un plus grand pouvoir économique. Nous sommes à différents stades de lutte et de colonisation mais les similitudes qui existent entre l’Irlande et la Palestine sont très claires. Si vous analysez les deux luttes à travers un prisme de colonialisme et d’impérialisme, vous les verrez clairement. C’est un partage d’expériences et de souffrance. Nous continuons de rester en contact avec tous les principaux organismes politiques palestiniens. C’est pour cela que nous participons à la campagne pour la libération de Marwan Barghouti dont le fils a pris la parole lors de notre dernier Congrès.

    *La conférence se tiendra samedi à 14h à LaboFriche (3e)

    Un conflit à la Une

    La mort du militant irlandais de l’IRA en détention eut un retentissement mondial. Le 7 mai 1981, « La Marseillaise » titrait « Ils ont assassiné Bobby Sands », dénonçant la responsabilité du gouvernement britannique alors dirigé par Margaret Thatcher. Les jours suivants, le journal rendait compte des manifestations organisées à Marseille en solidarité avec le peuple irlandais.