Tag: Olivier Galzi

  • À Avignon, rassemblée, la gauche peut espérer

    À Avignon, rassemblée, la gauche peut espérer

    La semaine dernière, nous notions que David Fournier devra déjouer les statistiques. Car au cours des quatre dernières décennies, chaque maire nouvellement élu à Avignon était issu d’un bord politique différent du sortant. Ce dimanche, l’actuel adjoint de la maire Cécile Helle (PS) – qui ne se représente pas après deux mandats -, a un fort espoir de faire mentir l’histoire politique. Arrivé 3e au premier tour (19,89%), il a devancé de seulement 234 voix, l’insoumise Mathilde Louvain (19,03%) avec qui il a fusionné sa liste à l’issue d’une nuit blanche d’échanges, lundi matin. Devant, Olivier Galzi (DVD) a fait la course en tête (27,04%), suivi par le RN d’Anne-Sophie Rigault (25,52%). Plus loin derrière, pas en position de se maintenir, Stéphan Fiori (DVD, 7,39%) et Stéphane Geslin (Parti des travailleurs, 1,14%) ont fermé la marche.

    Mais le vrai vainqueur de ce 1er tour reste l’abstention, largement majoritaire (52,34%). Avec de fortes disparités. En centre-ville, là où Olivier Galzi a souvent fait le plein, on atteint par exemple 64% de participation avec 40% des suffrages pour le candidat de droite à l’école Bouquerie. À l’inverse, dans les quartiers populaires, les urnes ont été boudées avec certains bureaux à plus de 70% d’abstention. Comme aux Olivades, où le cumul gauche arrive à 60%. Le regain citoyen attendu sera une des clés d’un scrutin qui s’annonce malgré tout indécis. Dès dimanche, chaque candidat annonçait partir à la quête aux abstentionnistes, réservoir de voix bien plus important que les 7% d’électeurs de Stéphan Fiori et les 310 voix de Stéphane Geslin.

    Alliance « de la honte » vs « justice sociale »

    « Aux urnes citoyens », tel est également le message d’Olivier Galzi qui a paraphrasé et chanté, jeudi soir devant l’Hôtel de ville, l’hymne national. L’ex-journaliste TV a, dans cet entre-deux tours, misé sur un rejet de l’alliance « de la honte » PS-LFI qu’il n’a eu de cesse de dénoncer avec force, caricature et parfois « propos diffamatoires » selon David Fournier et Mathilde Louvain. Côté RN, Anne-Sophie Rigault est restée dans son couloir, renvoyant la gauche et Olivier Galzi, « un Macron local », dos-à-dos.

    À gauche, l’union est apparue comme une évidence tant par l’étiage similaire du 1er tour que par les personnalités non clivantes des deux têtes de listes. « On a fait ce que nous devions faire en tant que leaders responsables, c’est-à-dire l’union des gauches », assume David Fournier qui a reçu l’aval national du PS bien que ce dernier récusait tout accord PS-LFI à l’échelle du pays. Notons déjà qu’en cas de victoire, les 9 élus possibles issus des insoumis ont annoncé vouloir faire un pas de côté en créant un groupe autonome, sans revendiquer de délégations, mais promettant « loyauté » tant que le cap du programme est maintenu. Un projet de « justice sociale » martelé encore toute la semaine.

    Reste à voir comment cette addition se traduira dans les urnes. Bien souvent, arithmétique ne rime pas totalement avec politique. Surtout, comme l’espère Olivier Galzi, si des électeurs du RN préfèrent finalement tabler sur un vote utile à droite en choisissant le candidat le mieux placé pour l’emporter au détriment de leur favorite initiale. Une chose est sûre, « ce dimanche, Avignon sera scruté », conclut Olivier Galzi.

  • À Avignon, Galzi joue le front anti gauche

    À Avignon, Galzi joue le front anti gauche

    Au premier tour, on choisit, au second on élimine », lâche, un fin observateur de la vie politique locale ce jeudi soir à Avignon. Et ce quelques minutes après la fin du rassemblement organisé par Olivier Galzi. Là où le candidat DVD, dans son propos, fait tout pour éliminer l’alliance de gauche, scellée lundi soir entre les listes de David Fournier (PS) et Mathilde Louvain (LFI).

    À trois jours du terme de l’élection, l’heure n’est plus à convaincre sur son programme mais à dénigrer les adversaires dont la fusion donne, en théorie, des chances à la gauche de conserver la ville. « Les deux listes ont décidé de mettre leur force en commun pour contrer cet élan populaire », déplore Olivier Galzi, arrivé en tête (27,04%) devant le RN (25,52%) et les listes de gauche à un peu plus de 19% chacune. Si cette fois, le candidat évite de reparler de « sang sur les mains », il garde un ton inquisiteur.

    « David Fournier a vendu notre ville et les idéaux de son parti, ceux de Jaurès et de Blum, qui prônaient l’universalisme, le républicanisme et la laïcité », fustige l’ex-journaliste TV pour qui le PS s’est compromis avec LFI, « un parti qui justifie la violence en politique et en s’alliant avec une candidate extrémiste, soutenue par un député condamné pour violences volontaires en réunion ». En clair, voter David Fournier serait faire entrer le chaos à l’Hôtel de ville. Ce dernier s’est déjà défendu (lire page suivante) : « J’en appelle au sens des responsabilités que ce monsieur se calme un petit peu, parce qu’il va diviser les Avignonnais », réplique David Fournier.

    Alors que LFI en cas de victoire aura un groupe autonome sans délégations, Olivier Galzi prédit que « la moitié de la liste de David Fournier entrerait dès le lendemain en opposition avec lui ». La réalité est plus nuancée car ce groupe ne concernait que les insoumis, soit 9 potentiels élus, les autres étant des partenaires engagés au sein de l’exécutif municipal. Qu’importe, en grossissant le trait et jouant sur les peurs, le candidat DVD espère rallier à sa cause et siphonner une partie de l’électorat RN qui miserait sur un vote utile d’alternance quand bien même Olivier Galzi ne serait pas leur premier choix. « Le prochain maire dont Avignon a besoin, ce n’est pas un maire qui sera la marionnette d’une petite frappe, mais d’un maire qui protège », n’hésite-t-il pas à clamer. Sans fournir de protection aux coups portés à la gauche.

  • Olivier Galzi accuse la gauche « d’avoir du sang sur les mains »

    Olivier Galzi accuse la gauche « d’avoir du sang sur les mains »

    Changement de cap radical, ce mardi, pour Olivier Galzi. Dimanche soir, le candidat DVD arrivé en tête du 1er tour (27,04%) assurait ne « jamais se positionner par rapport aux autres ». Le ton est différent dans son local de campagne. Une affiche, avec son visage sombre en noir et blanc, appelle à « la mobilisation générale ». Un rassemblement citoyen est annoncé ce jeudi (18h, place de l’Horloge) adressé à tous « ceux qui refusent l’alliance de la honte entre le PS et LFI ». Arrivées quasi à égalité David Fournier (19,89%) et Mathilde Louvain (19,03%) ont annoncé lundi leur fusion, permettant à la gauche d’espérer conserver la Ville.

    « On assiste à une tambouille politicienne, le PS trahit ses valeurs et donne les pleins pouvoirs à un parti antisémite qui soutient le principe de violence en politique », vitupère l’ex-journaliste TV. Et tant pis s’il use de raccourcis, car Mathilde Louvain a précisé que les insoumis ne revendiquent aucune délégation ni poste d’adjoint et auront un groupe autonome pour faire vivre la majorité. « La ville va devenir ingouvernable, c’est une annulation de leur alliance », estime Olivier Galzi, bien que ce groupe autonome ne concernerait que LFI. Qu’importe, Olivier Galzi ne mâche pas ses mots : « Mathilde Louvain est comptable de Raphaël Arnault [député LFI], en photo sur ses affiches, dont les plus proches collaborateurs sont impliqués dans le meurtre de Quentin Deranque, donc ils [Mathilde Louvain et David Fournier] ont du sang sur les mains par complicité morale et politique. »

    Jouant son va-tout, l’ex-journaliste TV hystérise les débats : « On est dans une atmosphère pré séditieuse, là où certains en appellent aux armes et à la violence, nous on en appelle aux urnes », n’hésite-t-il pas à soulever. Il se pose même en rempart et, sans parler d’union des droites, fait un appel du pied à ceux qui ont voté Anne-Sophie Rigault (RN, 25,52%) : « Le RN ne prendra jamais Avignon, ce n’est pas l’âme de la ville. Donc voter RN, c’est voter Fournier-LFI. Ceux qui ne seraient pas nécessairement dans une adhésion à mon programme, mais qui ne veulent surtout pas de LFI, c’est chez nous que ça se passe », exhorte-t-il. À voir si cette stratégie de la peur et du vote utile sera payante dans les urnes.

  • À Avignon, la gauche à jeu égal devra batailler ensemble

    À Avignon, la gauche à jeu égal devra batailler ensemble

    Depuis le début de la campagne, une des certitudes partagées résidait dans le fait que le scrutin serait serré. Cela s’est vérifié, ce dimanche à l’issue du premier tour où il est délicat de prédire qui prendra la succession de Cécile Helle, maire (PS) sortante qui ne se représente pas. D’une courte tête avec 27,04%, Olivier Galzi (DVD) arrive en tête devançant de 1,5% la candidate d’extrême droite Anne-Sophie Rigault (25,52%). Ce duo profite d’un âpre duel à gauche où finalement David Fournier (PS), issu de la majorité sortante, coiffe d’une courte tête (19,89%) l’insoumise Mathilde Louvain (19,03%). Soit 234 voix d’écart sur plus de 5 000 chacun.

    Derrière, l’entrepreneur Stéphan Fiori (DVD) qui caressait l’espoir d’accéder au second tour, reprendra le chemin de son cabinet d’assurances ce lundi matin puisqu’il n’obtient que 7,39%. Candidature de témoignage, Stéphane Geslin (parti des travailleurs) émarge à 1,23%. Côté participation, moins d’un électeur sur 2 s’est déplacé (52,34% d’abstention) avec de fortes disparités selon les quartiers, parfois avec seulement 25% de participation dans le quartier populaire des Olivades.

    Une alliance en bonne voie à gauche ?

    À gauche, le scénario tant redouté des deux listes au coude-à-coude est donc arrivé. Sur le pur papier arithmétique, elle est en mesure de conserver la ville à gauche. « Cet aspect est inédit et incroyable », se réjouit Mathilde Louvain, « fière d’avoir quadruplé » le score de 2020 porté à l’époque par Farid Faryssy, aujourd’hui candidat avec David Fournier. « On va avoir des discussions », promet la candidate insoumise, soutenue notamment par le PCF et Génération.s. Du côté de David Fournier, qui n’a jamais fermé la porte, ce dimanche soir l’heure était encore à la réflexion entre colistiers quant à une alliance. Rappelons que Place publique ou le PRG, soutiens de David Fournier, ont fait un casus belli de ce rapprochement. « Je pense qu’il y aura une majorité pour une alliance, on est confronté à principe de réalité si on ne le fait pas, c’est la défaite assurée face à la droite et l’extrême droite », confiait-on dans l’entourage du candidat peu après 23h30. Avec la perspective d’une très longue nuit quant à la mise en place d’une nouvelle liste devant respecter les équilibres de chacun. Dimanche soir, Olivier Faure, patron des socialistes, a récusé tout « accord national » avec LFI mais a laissé la place à des ententes au cas par cas.

    Loin de ces maux de tête, Olivier Galzi savoure. « Ils feront bien ce qu’ils veulent, je ne me suis jamais positionné par rapport aux autres mais dans l’intérêt des habitants qui, dans tous les quartiers m’ont placé en tête, constate l’ex-journaliste TV. Mettre en tête un mouvement qui n’existait pas il y a six mois et sans étiquette politique est inédit et prouve qu’il y a une volonté de renouveau. » Quant à Anne-Sophie Rigault, elle semble une nouvelle fois vouer à jouer les opposantes lors du prochain mandat.

  • À Avignon, la gauche entend rester papesse en son palais

    À Avignon, la gauche entend rester papesse en son palais

    Depuis les années 80 et la fin de l’époque Henri Duffaut -maire PS de 1958 à 1983-, Avignon aime bien pratiquer l’alternance. Un coup à gauche, un coup à droite avec parfois plusieurs mandats, comme les trois de Marie-Josée Roig (UMP) ou les deux de Cécile Helle, maire PS sortante qui ne se représente pas. Si l’on s’en réfère à l’histoire politique, David Fournier devra déjouer les statistiques. Actuel adjoint (PS) à l’administration municipale, il s’inscrit dans le sillage de Cécile Helle. Mais chaque maire élu pour la première fois a remplacé un maire d’un autre camp politique.

    David Fournier est le dernier rescapé des prétendants internes à la succession de Cécile Helle. Il y a plus d’un an, à la surprise générale, la maire avait annoncé ne pas briguer de 3e mandat, laissant le champ libre aux ambitions de sa majorité. Une très longue séquence, qui s’est décantée il y a un mois lorsque Paul-Roger Gontard s’est retiré de la course. David Fournier a compilé les soutiens de partis (les Écologistes, Génération écologie, l’Après, PRG, Place publique, Parti animaliste). Pourtant pas son favori initial, Cécile Helle a fini par apporter son soutien à David Fournier, acté notamment par sa présence à deux meetings, dont le dernier ce jeudi. « Il incarne la continuité politique mais c’est à David d’écrire la 2e étape de l’histoire », a-t-elle fait valoir. Tout en assumant le bilan, David Fournier promet des pas de côté, misant sur la proximité et une gestion plus concertée et transversale.

    Une autre partie du terrain à gauche est occupée par Mathilde Louvain (LFI), qui a aussi reçu le soutien de partis de la majorité (PCF, Génération.s) ou d’un mouvement citoyen, Avignon collectif. Encore inconnue il y a six mois, cette jeune salariée d’une structure culturelle a su se faire une place dans la campagne, malgré les tensions internes initiales sur sa désignation (son concurrent et insoumis historique Farid Faryssy ayant ensuite rallié David Fournier) et l’impact du drame de Lyon, impliquant des collaborateurs du député Raphaël Arnault (LFI), fort soutien de Mathilde Louvain. Avec un programme « de rupture », elle compte capitaliser sur la mobilisation née des législatives de juin 2024.

    Toutefois, pour que la ville reste à gauche, l’option la plus crédible reste une entente entre les deux listes au second tour. Comme Cécile Helle l’avait fait en 2014 avec le Front de gauche. Ce jeudi en meeting, Mathilde Louvain a posé l’alliance sur la table, récusant tout désistement en cas de seconde place. David Fournier, lui, louvoie à dessein sachant que certains sur sa liste (PRG, Place publique) sont fermement opposés à un tel rapprochement. Notons enfin, la candidature de dernière minute de Stéphane Geslin pour le Parti des travailleurs.

    En face, difficile de dire que la droite est en reconquête tant le cadre classique a évolué. Ni LR, ni Renaissance ne sont officiellement engagés dans la campagne qu’Olivier Galzi a largement préemptée. L’ex-journaliste TV, qui a passé sa jeunesse à Avignon et se retrouve continuellement taxé de parisianisme, s’est lancé, souhaitant mettre « aux vestiaires » les étiquettes politiques mais incarnant la droite locale. En tête d’un dernier sondage serré, il se pose en apôtre du « bon sens ». Il appelle au « vote utile », concurrencé par Stéphan Fiori, lui aussi DVD, un entrepreneur avec des colistiers sans passé politique. S’il dépasse les 10%, il martèle son intention de se maintenir et refuse toute alliance. Enfin, Anne-Sophie Rigault (RN) est la dernière rescapée du scrutin de 2020 où elle était déjà tête de liste. La conseillère régionale, qui a mené un mandat d’opposition de dénigrement permanent, aime à se montrer en reine du quotidien. Preuve d’une absence de totale confiance, le parachutage d’un cadre national du RN avait été envisagé.

  • À Avignon, Olivier Galzi reçoit les critiques adverses

    À Avignon, Olivier Galzi reçoit les critiques adverses

    En descendant de tribune, jeudi dernier, à l’issue de la présentation de sa liste, Olivier Galzi souffle. Et note l’âpreté d’une fin de campagne. Si le candidat (DVD) n’est pas avare de critiques sur ses adversaires, l’ex-journaliste TV concentre, ces derniers jours, de vives critiques. Le fait que le dernier sondage le place légèrement en tête n’y est certainement pas étranger.

    À l’issue du débat de mercredi dernier, Anne-Sophie Rigault (RN) s’est fendue d’un post sur les réseaux sociaux, le qualifiant de « méprisant », dénonçant « les petites phrases et les attaques personnelles » d’Olivier Galzi. Dans le week-end, par deux vidéos distinctes, Stéphan Fiori (DVD) a, lui, ciblé, la composition de la liste de son rival à droite. « Pas moins de 20 de ses colistiers sur 53 ont un passé politique, il affirme le contraire avec une assurance déconcertante », analyse le candidat, égrenant le pedigree de la plupart d’entre eux. Olivier Galzi se targue d’incarner pourtant un « renouveau des pratiques et des visages ».

    À gauche, si les sujets de divergences et débats enflammés entre soutiens sur les réseaux sociaux sont légion avec les équipes de David Fournier (notre édition du 28/02), Mathilde Louvain (LFI) a, dans un communiqué lundi, épinglé Olivier Galzi au sujet de son passé professionnel, « dont il a vanté le bilan », chez Edeis, entreprise de conseil et gestion auprès des collectivités. Notamment les monuments et aéroport de Nîmes, déficitaires. « Il est à craindre qu’Olivier Galzi avance au service de ses anciens camarades d’Edeis », redoute Mathilde Louvain, alors que l’aéroport d’Avignon, géré par la Région, cherche son futur délégataire. Sentant peut-être la pression monter, Olivier Galzi a republié, lundi, un message de Dominique Santoni, présidente LR du Département. Il est écrit : « Le courage politique n’est pas d’attaquer l’adversaire, mais d’élever le débat et de proposer pour l’avenir. »

  • À Avignon, Olivier Galzi et sa liste qui cadre à droite

    À Avignon, Olivier Galzi et sa liste qui cadre à droite

    Assis au premier rang, jeudi soir à la salle de Montfavet, le sénateur LR Jean-Baptiste Blanc, et l’un de ses prédécesseurs Alain Dufaut, viennent applaudir Olivier Galzi, qui présentait sa liste. « Je les découvre », assure le candidat (DVD) à Avignon, satisfait du soutien « avec l’étiquette laissée au vestiaire ». Si le Cavaillonnais Jean-Baptiste Blanc prospecte en vue des sénatoriales de septembre en quête de grands électeurs, sa présence vient confirmer que l’ex-journaliste TV est le candidat de la droite.

    Un créneau que préempte aussi Stéphan Fiori, l’entrepreneur qui ici même un mois plus tôt, dévoilait une liste très pro business. « Ce n’est pas mon sujet, on ne discute pas ensemble ni avant, ni après le premier tour », répond Olivier Galzi alors que Stéphan Fiori a assuré vouloir se maintenir, hypothéquant de fait une possible victoire de la droite. Mais avant cela, il y a un premier tour et 52 colistiers, de 18 à 77 ans. « Ils se sont engagés sans rien négocier, pas par calcul électoral ou personnel, la seule promesse que l’on s’est faite, c’est de donner notre temps et notre énergie », revendique Olivier Galzi.

    Le candidat, qui met en place une charte éthique pour ses colistiers, liste six principes : transparence, équité, lisibilité, responsabilité, intégrité et consultation. Des promesses distillées sous forme de critiques à l’endroit de la majorité sortante et de celui qui entend la poursuivre, David Fournier (PS). En parlant de transparence, Olivier Galzi aurait pu être un peu plus clair sur certains profils de colistiers, dont plusieurs ont déjà été élus (Valérie Wagner, Christian Paly, Isabelle Altayrac) sous la majorité de droite de Marie-Josée Roig (UMP). Jamais dans leur présentation, cela n’a été évoqué. Le seul dans ce cas fut Florian Borba-Da Costa, adjoint au commerce de la maire Cécile Helle lors du premier mandat. Ou Marc Serein, antépénultième de liste, et maire (PS) de Bollène (2000-2008). Les possibles délégations n’ont pas été confirmées, mais Jean-Luc Queyla (3e de liste) et ancien chef des pompiers d’Avignon [candidat en 2020 avec Michel Bissière (LR)] devrait s’occuper de la sécurité.

    On note beaucoup de cadres, consultants, entrepreneurs, directeurs, responsables. Un manque de diversité ? « Non, coupe court Olivier Galzi. On a énormément de gens qui sont issus de la méritocratie, qui ont des compétences et ont, comme point commun dans leur parcours, de s’être mis au service des autres. » À l’instar de sa « moitié, bien qu’elle ne soit pas là pour ça », Anaïs Haussmann.

  • À Avignon, des associations toujours inquiètes

    À Avignon, des associations toujours inquiètes

    Avignon, ville où s’est tenu le procès des « viols de Mazan », est-elle irréprochable en matière de droits des femmes ? Des projets, il y en a eu. Comme l’annonce qui avait fait grand bruit fin 2022 de la création de cinq logements pour les femmes victimes de violence. Mais celui-ci est tombé à l’eau par la suite. L’association Rhéso, qui devait gérer le projet, avait été placée en redressement judiciaire et les logements ont finalement servi à une autre structure. En dehors de ça, les projets n’ont pas réellement fleuri, tout en sachant que le tissu associatif est bien fourni localement en la matière. Tissu dont on peut imaginer qu’il s’est étoffé suite au procès ultra médiatisé où Gisèle Pelicot est devenue une figure de la libération de la parole. Mais ce n’est pas vraiment le cas d’après les associations qui constituent le collectif Droit des femmes 84. « On n’a pas vu de gros changements. Cela fait même plusieurs mois que l’on entend que le maintien des subventions va être difficile », glisse Karine Malaval, militante du mouvement Le Nid.

    Bouton d’alerte et lutte contre

    les discriminations

    « Depuis 2014, la cause des femmes est une priorité pour la majorité municipale : la toute première mesure prise par Cécile Helle a été, dès son arrivée, de nommer une conseillère municipale, déléguée aux droits des femmes et à la lutte contre les discriminations » pose la municipalité en place, une nomination « qui permet une action continue en direction du public féminin. »

    Dans les programmes des candidats à la mairie, le sujet est abordé à différents degrés. L’insoumise Mathilde Louvain dédie tout un pan à « combattre le patriarcat sous toutes ses formes ». Du côté de David Fournier (PS), on évoque le renforcement de structures d’aide et une lutte « contre toutes les formes de discrimination », sans réellement évoquer la question des femmes en tant que telle. Olivier Galzi (DVD) soumet l’idée d’une application avec un « bouton d’alerte » pour les personnes âgées et les femmes, sans plus. Pas de mention particulière dans celui de Stephan Fiori (DVD). Toutefois, l’association les Resi-liantes, membre du collectif Droit des femmes 84, assure que le dernier nommé s’est rapproché d’elle pour s’informer sur la question. Tout comme Mathilde Louvain. Cette même association a d’ailleurs fait circuler un questionnaire sur la question, auquel ont répondu Stephan Fiori, Mathilde Louvain et David Fournier. « Et les réponses nous conviennent. Mais on verra si ce sera le cas après les élections », glisse Sabah Boutahar, membre de l’association.

  • [Entretien] Renaud Muselier : « Il n’y aura pas de vague brune dans notre région »

    [Entretien] Renaud Muselier : « Il n’y aura pas de vague brune dans notre région »

    La Marseillaise : Les trois principales villes de la région peuvent basculer au RN selon les derniers sondages, qu’est-ce que cela dit de la situation politique ?

    Renaud Muselier : Je ne crois pas qu’il y aura de vague brune dans la région. Partout où les candidats du bloc central sont unis, ils sont en bonne position pour gagner. Il y a eu un raz-de-marée RN aux législatives, il n’y en aura pas aux municipales. Par contre, il y a des symboles. Commençons par Nice : la situation est bien particulière. Celui qui a trahi tout le monde se débrouille pour fédérer et celui qui a plutôt un très bon bilan se retrouve touché par une forme de dégagisme alors que l’autre est là avec lui depuis le début. C’est intéressant à analyser. Nice est propre, bien organisée, il y a des caméras partout. Pour un candidat de droite on peut difficilement faire mieux. Le match n’est pas fini. En revanche, il y a une ville qu’on va vraisemblablement perdre, c’est Menton. Parce que notre camp est divisé.

    Avec un symbole : il y a un Sarkozy dans la course.

    R.M. : La ville était perdue. Le maire ne peut plus se représenter, son premier adjoint, ils sont tous empêtrés dans des histoires là bas… Il y a trois candidats de droite. La greffe ne prend pas avec le fils Sarkozy. On a tenté mais je ne vois pas comment on peut récupérer cette ville.

    À Toulon votre camp est coupé en deux. N’allez-vous pas offrir la ville au RN du fait de votre division ?

    R.M. : Je ne crois pas beaucoup aux sondages, pour autant la preuve est faite que Mme Massi, si tout le monde est avec elle, dans l’unité, au second tour, elle gagne.

    Les blessures ne sont-elles pas trop profondes pour y parvenir ?

    R.M. : On en revient à ma thèse : quand on additionne et qu’on le fait le plus longtemps possible en amont, c’est plus facile pour gagner. La seule qui est capable de gagner, je le constate dans les sondages, c’est Mme Massi. Elle met 10 points d’avance à son partenaire de jeu, M. Bonnus. Ils ont été élus ensemble toute leur vie quand même…

    Vous en avez parlé avec Michel Bonnus ? Avec Hubert Falco ?

    R.M. : Oui, j’en ai parlé à M. Falco, à M. Masson. J’en ai parlé aussi dans nos instances nationales au niveau de notre famille politique en espérant que ça ne dérape pas trop entre candidats pour faciliter l’union au second tour. Je pense que si on y arrive, on peut gagner.

    À Marseille, l’union de la droite et du centre a été faite mais la dynamique ne semble pas être du côté de la liste de Martine Vassal.

    R.M. : Le match n’est pas fini non plus. Je suis intimement convaincu que si nous ne gagnons pas, le RN ne gagnera pas non plus. Après tout, si on ne gagne pas, on n’aura pas gagné quelque chose que l’on avait pas. Ce n’est pas dramatique par rapport aux extrêmes.

    Vous dites qu’à Marseille « le match n’est pas plié ». Qu’est-ce qui vous fait dire ça ?

    R.M. : On voit à quelle vitesse les choses changent. J’ai suivi tous les débats, honnêtement, la meilleure c’est Martine…

    … Vous savez bien que ce n’est pas l’avis général s’agissant de celui de BFM TV avec cette polémique sur la devise de Vichy.

    R.M. : Il y a 40 secondes qui ne sont pas bonnes mais sur le reste, la meilleure c’est Martine. Et quand je vois le débat sur l’économie, la meilleure c’est Martine, sur l’immobilier, les transports, la meilleure c’est Martine. Et pourtant elle n’est pas la mieux placée dans les sondages, tant s’en faut. Et pourtant je suis très inquiet sur la Culture : l’adjoint sortant est en 37e position ! Je mets de côté M. Delogu, mais sinon celui qui est le plus mauvais en tout, c’est M. Allisio. Je parle du programme, de la compétence, je ne parle même pas de son étiquette.

    Alors comment expliquez-vous l’état du rapport des forces ? Il n’y a que des facteurs nationaux ? Pas d’autocritique ?

    R.M. : Avant de faire des analyses, on va voir les résultats. Pour Mme Vassal, ça a été une campagne difficile. Il y a des 2e et 3e couteaux qui n’existait même pas chez Gaudin et qui ont été présenté comme des champions du monde parce qu’ils sont partis chez Allisio. Il y a la réforme PLM qui pèse, j’étais contre. Et chez Renaissance, il y en a qui ont arrêté la vie politique mais qui ne font que la commenter.

    Lionel Royer-Perreaut faisait des voix.

    R.M. : Mais il a été battu. Il a arrêté. Il commente. Des amis comme ça, ça n’aide pas. Et puis vous avez aussi des courants qui pèse. Aujourd’hui il y a un courant pro-RN quelque soit les candidats. Je me permets quand même quelques rappels : M. Allisio était conseiller municipal, il a abandonné Marseille pour rester à la Région, puis il s’est fait élire député à Marignane et il a dissout le groupe RN au conseil municipal parce qu’il ne pouvait plus s’y exprimer. Il se représente ici et dans son programme, il dit des choses que nous avons fait à la Région et pour lesquelles il a voté contre. Je reste bouche bée devant autant d’incohérence, d’inconstance et d’inconsistance.

    La question de la présence de votre liste au second tour ne se pose pas pour vous ?

    R.M. : Je regarde ce qu’il se passe. Je suis avec Martine sans être directement dans le match et je constate que pour le moment la gauche n’a pas demandé notre départ mais que part l’intermédiaire du JDD de Bolloré, l’extrême droite nous dit ne nous retirer pour faire gagner Allisio. Quand les mecs d’extrême droite me disent de me retirer pour les faire gagner, je me dis qu’il faut faire attention quand même. Moi je ne veux pas d’extrêmes pour ma ville.

    Il y a une ancienne RN qui tient des propos très choquants sur la liste des 11-12 et le porte-parole de votre parti qui est accusé d’agression sexuelle. Ce n’est pas un problème pour vous ?

    R.M. : Il y a des gens condamnés sur les listes Payan et RN, quant à LFI, c’est la tête de liste qui l’est. Ce n’est pas le cas chez nous. Sur ce qui vient d’arriver à un membre de Renaissance je suis très surpris. Est-ce un fait politique ou un fait divers ? Est-ce que dans un ville gangrenée par le narcotrafic comme Marseille, un problème entre deux personnes dans une boite de nuit sans bagarre, débouche souvent sur une garde à vue trois jours après ? Cerise sur le gâteau : on découvre que celui qui a porté plainte est sur la liste de l’extrême droite… Ça sent le traquenard à plein nez.

    Il y a un scrutin dans le scrutin avec les Métropoles ? Certains s’activent déjà en coulisse y compris Nicolas Isnard élu de votre majorité. Faut-il s’attendre à un coup de Trafalgar comme vous en avez vous-même fait les frais ?

    R.M. : J’avais gagné ! J’avais permis à Gaudin de gagner et ils se sont débrouillés pour donner le pouvoir à ceux que les électeurs avaient battu. Ce n’était pas moi le sujet, c’était un déni démocratique !

    Donc si on vous suit, si Martine Vassal perd elle ne peut plus présider la Métropole ?

    R.M. : Je n’ai pas dit ça. J’invite chacun à beaucoup de calme et de modestie. Qu’est-ce qu’il va se passer à Aubagne, à Gardanne, à Martigues, à Fos ? Oh les gars un peu de prudence ! Dans tous les cas, Martine gardera le Département et on connaît la puissance technique et financière de cette institution.

    À Avignon, il y a un homme de droite, Olivier Galzi, qui s’avance sans les partis. Qu’en dites-vous ?

    R.M. : J’ai un œil bienveillant sur lui mais je trouve qu’il a fait des erreurs importantes quand même. Il n’a pas voulu parler à LR, il n’a pas voulu parler à Renaissance… L’addition ce n’est pas de repousser les autres.

    Est-ce que selon vous ça risque de lui coûter la victoire au second tour ?

    R.M. : Moi je suis issu de la droite, j’ai gagné en additionnant et en me faisant respecter de la gauche. Après, je plais ou je ne plais pas mais c’est ça ma mécanique. Si quelqu’un arrive et dit aux anciens candidats LR « je ne vous veux pas », il dit au responsable de Renaissance « toi tu es macroniste je ne te veux pas », il y a 10-15 points qui manque dès le départ. Ce n’est pas terrible pour gagner. Il a besoin de ces voix-là, il est sur les mêmes parts de marché. Les gens qui doivent voter pour vous, il ne faut pas leurs cracher dessus. Quand on fait de la politique, il faut connaître les mécanos politiques. On verra si ça marche mais je ne crois pas que ça facilite la tâche.

    Le gouvernement français s’apprête à boycotter la cérémonie des Jeux paralympiques de Milan-Cortina. Quelle est votre position ?

    R.M. : J’organise les Jeux olympiques et paralympiques avec le gouvernement français en 2030 et je serai à Cortina pour la passation de pouvoir. C’est le CIO qui décide. Je ne vois pas ce que veut dire ce boycott. Pourquoi ils n’empêchent pas nos athlètes d’y aller ? On respecte le droit international et les instances internationales. La France ne boycotte pas l’ONU parce que les Russes y sont. Ça n’empêche pas que je suis pour l’Ukraine et que je pense que la Russie est un danger majeur pour l’Europe. J’invite à la désescalade et à la mesure.

  • À Avignon, passage en revue des colistiers des différents candidats

    À Avignon, passage en revue des colistiers des différents candidats

    Dans moins de deux semaines, les Avignonnais auront le choix entre six bulletins de vote dans l’isoloir. Si la candidature de Stéphane Geslin est une surprise (lire ci-dessous), Stéphan Fiori avait jusque-ici été le seul candidat à présenter officiellement sa liste (notre édition du 12/02), très pro-business avec des proches, qu’ils soient amis ou collaborateurs. Zoom sur les quatre autres candidats.

    Mathilde Louvain (LFI)

    « Loin des caricatures, d’une moyenne d’âge de 49 ans, notre liste se compose notamment de 4 étudiants, 5 retraités, 6 professionnels du secteur culturel, 7 de la santé, environ 10 cadres, 12 professionnels de l’éducation et 9 issues d’horizons divers », résume dans un communiqué la liste insoumise. Mais pas que. Soutiens, le PCF et Génération.s sont représentés. Comme attendu, Julien De Benito adjoint au maire et secrétaire du PCF 84 n’est pas candidat. Rémy Blanc, conseiller départemental (PCF), est 2e de liste, Anne-Catherine Lepage, autre élue actuelle (PCF) est 11e. Adjointe aux sports représentant Avignon collectif, Zinèbe Haddaoui est numéro 3. Autre adjoint, Éric Deshayes (G.s) figure en 8e position. Suspendue des Écologistes, l’ex-cheffe de file, Sabah Badji est 5e. Pas de Raphaël Arnault sur la liste, mais son collaborateur vauclusien, Lounes Djoumer est 26e. Parmi les autres colistiers, on note la présence de militants syndicaux (Emmanuel Loubier, CGT hôpital de Montfavet) ou associatifs comme Aurélie Créa du pôle LGBT ou de Rosmerta, Guy Chenevier et leur avocate Véronique Marcel.

    David Fournier (PS)

    Soutenu par plusieurs partis de gauche, le candidat PS a dû mesurer les différents équilibres politiques. C’est une socialiste, secrétaire de section à Avignon, qui est pourtant numéro 2, Marilyne Croyet. Sans surprise, la liste compte un total de 17 élus actuels, dont les 4 écologistes, aujourd’hui divisés dans l’opposition (Mouloud Rezouali 3e ; Christine Lagrange 8e ; Annie Rosenblatt 28e ; Jean-Pierre Cervantès 35e) mais aussi le conseiller départemental Samir Allel (15e). Le premier adjoint Claude Nahoum (5e), les adjoints et conseillers départementaux Fabrice Tocabens (11e) et Laurence Lefèvre (12e) sont là tout comme les élus Marie-Anne Bertrand (l’Après, 14e), Christian Rocci (19e), Lilou Quenesson (20e) ou, plus loin, Claude Tummino (39e). Benoît Belvalette (Place publique, 9e) et l’ex-insoumis Farid Faryssy (7e) figurent en bonne position. La sœur de ce dernier, Yasmine Faryssy (34e) est aussi candidate. Les nouveaux visages figurent principalement au-delà de la 20e place.

    Olivier Galzi (DVD)

    L’ex-journaliste TV présentera officiellement ses colistiers jeudi soir. Mais on trouve en 2e de liste une commerçante, Corinne Chatriot. Un ex-adjoint au commerce de Cécile Helle sous le premier mandat, Florian Borba Da Costa, figure en 15e position. D’anciens des mandats de Marie-Josée Roig sont investis comme Christian Paly, Isabelle Altayrac ou Valérie Wagner. Comme annoncé, l’ex-entraîneur de foot, Claude Le Roy, candidat en 2001 avec Elisabeth Guigou (PS) change de banc et sera candidat (37e). Pas en revanche de Christian Perramond (LR) et référent d’Avignon passion, le mouvement lancé par Julien Aubert, qui a rejoint ensuite Olivier Galzi. Le candidat a aussi investi sa compagne, Anaïs Hausmann (15e).

    Anne-Sophie Rigault (RN)

    Déjà tête de liste en 2020, la conseillère régionale a conservé près d’elle Murielle Magdeleine. Actuel élu, Paul Ruat est relégué à la 20e place quand Arnaud Renouard, autre élu n’est plus sur la liste. En juin lors d’un conseil municipal, il s’était ému que la Ville débaptise une rue au nom d’un médecin eugéniste proche du régime nazi. Nous reviendrons dans une prochaine édition sur d’autres profils de la liste.