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  • Municipales en Occitanie : l’avenir de la jeunesse est aussi un enjeu local

    Municipales en Occitanie : l’avenir de la jeunesse est aussi un enjeu local

    « Les jeunes nous disent qu’ils ont d’abord confiance dans les citoyens eux-mêmes pour changer les choses, dans la famille perçue comme un refuge, dans les acteurs locaux et dans l’entreprise. »* Interrogé en février 2022, le directeur général de l’institut de sondage Ifop, Frédéric Dabi, brossait le portrait de la jeunesse française à l’occasion de la publication d’un livre, La Fracture (Les Arènes, 2021) détaillant 60 ans d’enquête auprès de la jeunesse c’est-à-dire plus d’un demi-siècle d’un même questionnaire posé aux générations, toutes classes sociales confondues, de 1957 à 2020.

    Si l’auteur constate, chez les jeunes générations d’aujourd’hui, une montée des individualités et, surtout, une non-expérience (autre que livresque) des grandes mobilisations collectives spécifiques à la jeunesse – la dernière en date, contre le Contrat Première Embauche (CPE), remonte à 2006 – Frédéric Dabi souligne qu’en 60 ans « les questions sociales, le chômage, les inégalités, la vie chère sont des préoccupations importantes qui ressortent toujours de l’enquête. Le mot capitalisme est un des plus rejetés par les jeunes. »

    Quelques années plus tard, en 2025, une autre enquête menée par l’institut IPSOS** a sondé « l’état d’esprit des jeunes français ». Ses auteurs résument l’étude en ces termes : « À l’instar des Français dans leur ensemble, la première préoccupation des jeunes est le pouvoir d’achat (38%). En revanche, les inégalités sociales arrivent en seconde position (27%), marquant ici une différence importante avec les Français toutes tranches d’âges confondues. Fait notable, les femmes sont plus préoccupées par les inégalités sociales que les hommes (34% contre 20 %) ». À la veille des élections municipales des 15 et 22 mars, les préoccupations de la jeunesse ne peuvent donc rester sur le bord du chemin et en dehors des programmes (lire ci-contre). L’emploi est la première des préoccupations des jeunes. Dans l’enquête de l’Ipsos, 70% des 20-21 ans estiment que le monde du travail « est plus stressant qu’épanouissant ».

    Autre résultat, seuls 38% pensent que « l’école donne la même chance de réussite à tout le monde » et 39% que « les études supérieures sont accessibles à tout le monde. » D’une manière générale, soulignent les auteurs, « les inégalités liées aux origines sociales, géographiques, culturelles ou ethniques sont importantes en France pour 82% » des 20-21 ans et « sont un frein dans l’accès à l’emploi pour 80%. » d’entre eux.

    Des jeunes de plus en plus endettés

    Et lorsqu’emploi il y a, la précarité ne s’évanouit pas pour autant. Une récente étude de la Banque de France***, publiée le 17 février, révèle qu’entre 2024 et 2025, les dossiers de surendettement déposés par les jeunes de 18 à 29 ans ont bondi de 36% et représentent 12% de la totalité des dossiers de surendettement sur la période, soit 17 000 en 2025 contre 12 500 en 2024. La hausse est de 65% pour les 18-25 ans. Leur profil ? « Ces jeunes sont plus souvent des femmes, davantage au chômage, souvent hébergés chez leurs parents et en grande partie employés ou ouvriers ». Les difficultés d’accès à l’emploi et au logement, indispensables pour démarrer dans la vie, expliquent en grande partie la dureté de la condition de nombreux jeunes. Une question de choix politiques qui doit irriguer la campagne des municipales.

    *Entretien dans Cause commune, janvier-février 2022.

    **Avoir 20 ans, état d’esprit des jeunes, Ipsos pour Article 1, 2025.

    ***Les Échos, 18 février 2026.

  • Michaël Delafosse, atouts pour un 2e mandat à Montpellier

    Michaël Delafosse, atouts pour un 2e mandat à Montpellier

    Philippe Saurel, Patrick Vignal ou Michaël Delafosse ? Des trois prétendants à la succession de Georges Frêche, Montpellier serait-elle sur le point de choisir le dernier ? « L’empereur de Septimanie » n’ayant pas désigné d’héritier politique, il règne depuis sa disparition le 24 octobre 2010 une instabilité chronique à gauche sur « le Clapas ». Mais après les échecs de Patrick Vignal à s’imposer ou de Philippe Saurel à confirmer en 2020, Michaël Delafosse a l’occasion de s’installer pour de bon dans le fauteuil de maire de la 7e ville de France.

    Le professeur d’histoire/géo a peut-être déjà fait le plus dur. Outsider en 2020, il réussit son pari et devient maire à 43 ans, soit quatre de plus que Georges Frêche qui avait fait basculer Montpellier à gauche en 1977. Est-ce le début d’une nouvelle ère pour la capitale héraultaise ? Le retour en force du PS qui donne des vertiges au milliardaire Mohed Altrad ? On disait Georges Frêche « bâtisseur » et « visionnaire ». Il est trop tôt pour dire si telle ou telle réalisation a fait basculer dans une nouvelle dimension Montpellier qui séduit 4 000 habitants de plus par an. Mais M. Delafosse a réveillé « La Surdouée ». A la gestion financière conservatrice de Saurel, ont succédé les investissements tous azimuts de Michaël Delafosse et de sa majorité de gauche. En plein Covid, le maire, qui préside la Métropole, met la ville en chantiers : 5e ligne de tramway, extension de la ligne 1 vers la gare TGV, bustram… Pari osé. La dette se creuse mais pour mieux parier sur l’avenir, assure l’édile socialiste qui veut incarner une gauche moderne, plus pragmatique que dogmatique, tout en refusant de faire l’autruche sur la sécurité, la laïcité. Au risque d’acter le divorce post-NFP avec la gauche radicale.

    Ses adversaires reprochent à Michaël Delafosse de décider seul. Il n’a jamais dégainé le Référendum d’initiative citoyenne qu’il avait promis. Mais il aime pourtant consulter, arpenter le terrain, aller à la rencontre. A la différence de son prédécesseur, il ne s’est pas fâché avec de nombreux maires de la Métropole. Montpellier travaille à nouveau avec la Région et le Département. Au conseil municipal, le maire s’appuie sur les communistes et des écologistes. Autant de forces politiques qui, en 2026, lui renouvellent sa confiance avec une place de choix faite à la société civile.

    Son premier mandat a connu des ratés. Faute de financements, seule une demi-ligne de bustram a pu être finalisée (les 4 autres doivent l’être d’ici 2032). La tarification incitative n’a pas été mise en place sur les déchets qui sont un point noir de longue date. La Ville a échoué à devenir capitale européenne de la culture 2028. Mais la plupart des promesses ont été tenues : mutuelle communale, police des transports, tarification éco-solidaire de l’eau, encadrement des loyers, sécurisation des écoles… 50 000 arbres ont beau avoir été plantés, le grignotage des terres agricoles et l’urbanisation galopante restent un angle d’attaque majeur pour les opposants. Mais la gratuité des transports change à ce point la vie des gens qu’aucun prétendant à la mairie n’ose dire qu’il y mettrait un terme.

    Michaël Delafosse l’affirme : « J’ai un cap pour Montpellier ». Conscient que les habitants ont besoin de souffler, il souhaite ralentir sur les grands travaux (hors renouvellement rbain) pour se concentrer sur « l’embellissement » des quartiers, leurs places et leurs trottoirs pour une « ville marchable » en plus d’être cyclable. Une « ville-parc respirable » et rafraîchie avec des chemins de l’eau (Arceaux, Antigone, Lez…). Une ville « à hauteur d’enfants » suivant le chemin de l’écolier. Une ville « qui protège » (1000 caméras, 100 policiers de plus, une agence municipale du logement), « attractive » et qui prenne soin du pouvoir d’achat.

    A deux semaines du scrutin, rien n’est fait pour le favori des sondages. Aux électeurs de dire s’ils veulent transformer l’essai.

  • « Les Montpelliérains » : une déclaration d’amour en images

    « Les Montpelliérains » : une déclaration d’amour en images

    C’est un pan d’histoire contenu dans un regard. 330 images, 330 tirages pour un hommage. Celui d’un photoreporter qui a puisé, dans 34 ans d’archives, des pépites sensibles brossant, couleurs et noir et blanc, le portrait multiple d’une ville adoptée et aimée : Montpellier.

    « C’est un hommage aux gens qui sont venus en visite, qu’ils soient célèbres ou non, artistes, politiques, sportifs ou rien, comme dirait d’aucun », livre Jean-Michel Mart. C’est aussi « une lettre d’amour, si si, à cette ville devenue grande qu’est Montpellier, ses rues et leur lumière et surtout à ses habitants toujours plus nombreux et toujours plus divers, si divers qu’on ne se sent jamais rejeté par eux ». Au détour d’une image, certains se reconnaîtront peut-être, « jeunes, vieux, riches, pauvres, sur deux ou quatre pattes, solitaires ou en foule mais fiers d’être de cette ville faite de toutes les autres, qui les vaut toutes et dans laquelle j’ai été tout simplement heureux. »

    Après une expérience à L’Indépendant, à Perpignan, Jean-Michel Mart débute en 1991 une longue carrière de photographe de presse au sein du quotidien régional Midi Libre, où il exerce toujours. Plus de trois décennies à pratiquer ce métier de localier, son art de la proximité. Des gens. Un art qu’affectionne ce taiseux, et dont ses photos sont pleines. En équilibre entre l’intime et la pudeur, Jean-Michel Mart porte sur ce qui l’entoure un regard tendre et affûté, où affleure souvent l’humour. Il saisit un geste, une situation, une émotion, un hasard.

    Présentées en tandem dans des juxtapositions qui prêtent à sourire ou à réfléchir, ses photos offrent une autre lecture de l’ordinaire. Un pas de côté nécessaire. Poétique. Parfois mélancolique. Ou subversif. Son regard révèle les angles morts du quotidien. « Picasso disait : je ne peins pas ce que je vois, je peins ce que je pense. Je fais pareil avec la photo. Pour moi, il y a une écriture photographique », exprime-t-il.

    Une ville arpentée durant 34 ans

    C’est son ami et ancien confrère Michel Marguier qui parle le mieux de cet « élégant sentimental et talentueux », « aussi discret que possible, mais tellement présent » dans un texte en exergue de l’exposition. Ensemble – « lui au Nikon, moi au calepin » – ils ont connu les grandes heures de ce métier de localier. 30 ans de terrain, 30 ans tous terrains à arpenter la ville, ses quartiers, ses rues, ses commerces, ses manifestations, ses lieux culturels, ses institutions… À sonder la vie des gens, « chez eux, mais sans salir leur intimité. Ou dans la rue agitée, voire furieuse, mais sans se laisser marcher sur les pieds. Au troquet du coin, à n’importe quelle heure, pour écouter et voir, sentir et laisser s’épancher. Dans le salon du consul de Grande-Bretagne, à parler whisky et entente cordiale sous le portrait de la reine. De nuit, à regarder dormir les TGV de l’hôtel terminus et y besogner, pour peu de sous, le personnel de nettoyage. Sous l’œil du Maréchal, dans le bureau tout en ordre moral d’un pathétique ancien pétainiste. Devant la tente igloo d’un SDF que le bruit de la rocade toute proche et indifférente n’empêche même plus de dormir… »

    Ce sont tous ces visages de Montpellier que racontent ces rencontres, ces événements, ces émotions, ces détails capturés dans un cadre professionnel ou non. Une exposition qui rend toute sa noblesse à la photographie de presse, « boulot qui, j’en ai peur, est en train de disparaître », souffle Jean-Michel Mart. Cette moisson d’une vie, longtemps mûrie, est aussi un hommage, en creux, « à tous ces gens avec lesquels j’ai travaillé, photographes et rédacteurs. C’est une époque où on vivait les uns sur les autres. On faisait les trois huit… Huit heures à bosser, huit heures à boire, huit heures à dormir ! J’ai connu la fin de ce genre de journalisme. »

    À vous, maintenant, de visiter ce regard, goûter ces instants. Et faire vivre « Les Montpelliérains ».

    * 1, place Paul-Bec. Entrée libre.

  • [Entretien] Radioscopie de la violence d’extrême droite par Nicolas Lebourg

    [Entretien] Radioscopie de la violence d’extrême droite par Nicolas Lebourg

    La Marseillaise : Pourquoi l’administration pénitentiaire vous a commandé ce rapport ?

    Nicolas Lebourg : Il y a eu une première étude sociologique sur les djihadistes et j’avais proposé de faire pareil sur les violences d’ultra droite. Ça intéresse l’administration parce qu’on connaît la quatrième vague de tentation de terrorisme à l’ultra droite depuis 2017. En 2015 et 2024, il y a 3 personnes sous écrou à l’ultra gauche, ça reste stable. Alors qu’à l’ultra droite, on passe de 1 à 64 en juillet 2024. Ils étaient encore 58 sous écrou, en comptant des activistes pour des ratonnades, en octobre 2025. C’est donc une réalité de plus en plus croissante pour l’administration, qui voulait savoir comment les gérer en prison.

    Qu’avez-vous étudié ?

    N.L. : Il s’agissait d’abord de faire un historique pour voir la façon dont on les avait gérés par le passé. Pour les djihadistes, l’administration avait appliqué des processus utilisés pour les Basques et les Corses, sauf que ça ne marchait pas. Ils ont donc inventé de nouveaux processus. L’administration a voulu savoir rapidement comment s’adapter aux détenus liés à l’ultra droite. Pour cela, on a donc étudié 104 personnes, la moitié arrêtée pour des projets terroristes et l’autre écrouée pour de l’activisme. Nous voulions savoir qui ils sont, où ils sont, sur quel type de faits et avec quel type d’idéologies.

    Qu’en ressort-il ?

    N.L. : D’abord, au niveau idéologique, le racisme est très clairement la question centrale. Il y a l’idée d’un complot de grand remplacement de la population française blanche. C’est structurel et c’est ce qui motive l’essentiel des personnes. Du côté des activistes, c’est plutôt des jeunes d’une grande ville, ce qui est classique dans la sociologie de la violence politique. Mais pour les projets terroristes, l’autre moitié, les gens sont beaucoup plus diplômés (j’ai par exemple deux agrégés de mathématiques), beaucoup plus seniors et il y a une inscription profonde dans la ruralité. Il y a aussi 10% de femmes, ce qui est le classique des groupuscules de l’extrême droite radicale, mais elles sont quasiment toutes du côté terrorisme. Au niveau de la géographie, il y a aussi une transformation complète. Jusqu’à fin 2016, elle était stable. En gros, c’est la zone Lyon-Marseille-Nice, la région parisienne, les Flandres françaises, la région nantaise, avec l’essentiel des violences à l’est de l’axe Le Havre-Perpignan. Depuis 2016, cette ligne n’existe plus et la pénétration dans la ruralité est profonde.

    Vous démontrez aussi que ces individus ne sont pas issus de territoires pauvres…

    N.L. : Exactement. Tout le discours sur la radicalisation violente qui vient de territoires où il y a plus de chômage, plus de familles monoparentales etc. Rien ne matche. C’est même l’inverse. Ces auteurs de violence proviennent de territoires qui vont mieux que la moyenne. Sauf qu’eux sont du bas de la classe moyenne et sont dans des territoires plus inégalitaires. Ils sont donc sensibles au discours sur les élites pourries. Pour eux, il y a les parasites d’en haut et les parasites d’en bas, les immigrés accapareurs etc… Ici, l’inégalité ne favorise pas des idées de gauche mais des idées de désir de hiérarchie légitime.

    Comment l’expliquez-vous ?

    N.L. : Ce sont des représentations que l’on retrouve à l’extrême droite au XIXè siècle sauf qu’elles viennent se greffer sur de nouvelles structures sociales. Drumont expliquait déjà qu’on allait augmenter les salaires des ouvriers en récupérant les 100 milliards d’or volés par les juifs. Depuis 2015, il y a deux pics d’augmentation des violences. Le premier après 2015, c’est une violence de revanche après les attentats. Ensuite c’est 2021 avec la campagne présidentielle et les dissolutions des groupes d’ultra droite. Sur un siècle, 29% des dissolutions ont été effectuées sous Emmanuel Macron ce qui a transformé la radicalité de droite. Aujourd’hui, plus personne ne monte des groupes nationaux, il n’y a plus que des groupes communaux. Ça va parfaitement avec la simplification idéologique. Avant, chaque groupe national avait sa spécificité idéologique. Aujourd’hui, ils sont tous ensemble dans un groupe local et ils s’en foutent que l’un soit nazifiant, l’autre royaliste etc… La montée de l’activisme est donc liée à cette politique de dissolution.

  • Pour sortir de la crise, la Région Occitanie mise sur la souveraineté alimentaire

    Pour sortir de la crise, la Région Occitanie mise sur la souveraineté alimentaire

    Si pour la première fois depuis le début du Salon international de l’agriculture, aucun bovin n’était présent pour cause de dermatose nodulaire contagieuse (DNC), la Région Occitanie, elle, est bien là. Pas moins de 130 producteurs régionaux étaient présents pour mettre en valeur les produits du terroir, sous l’œil de Carole Delga, présidente (PS) de la Région. Car la collectivité socialiste a mis la main à la poche depuis plus de dix ans pour sauver un secteur victime de crises successives : aléas climatiques (gel, sécheresse, etc.) ou encore épizooties. Une nécessité tant la filière agricole représente un poids considérable dans l’économie occitane : avec 165 000 actifs et 17 milliards d’euros de chiffre d’affaires, elle est le premier secteur employeur régional. Ainsi, depuis dix ans [date de l’élection de Carole Delga à la tête de la Région], pas moins de 1,63 milliard d’euros a été investi dont 750 millions d’euros de fonds européens. Le budget régional dédié à l’agriculture a lui doublé sur la même période, passant de 30 à 74 millions d’euros.

    Des filières déficitaires

    Malgré ces efforts, les agriculteurs peinent à joindre les deux bouts. Leurs revenus sont parmi les plus faibles de France avec 13 200 euros par an, soit deux fois moins que la moyenne nationale. Dès lors, il devient urgent d’amplifier cette aide. « Depuis plusieurs années, je rencontre des agriculteurs fatigués, parfois découragés et en colère, qui ont le sentiment de devoir encaisser crise après crise sans jamais souffler. Trop souvent, on leur demande de changer, de s’adapter toujours plus vite, sans leur donner les sécurités nécessaires. Je refuse que celles et ceux qui nous nourrissent deviennent les oubliés d’un système qui exige beaucoup et protège trop peu », soutient Carole Delga.

    Alors, la Région entend mettre en place un Pacte de souveraineté alimentaire qui devrait être adopté à l’été 2026 – dont 16 millions d’euros seront mobilisés cette année. Nourri par les contributions de professionnels du secteur et de citoyens, ce dernier vise à assurer une meilleure souveraineté alimentaire. « Il fixera une ambition claire : structurer nos filières, sécuriser les revenus et renforcer la valeur ajoutée sur nos territoires », poursuit la présidente. Car si l’agriculture occitane compte nombre de filières, certaines sont déficitaires – telles les poires, les œufs, la viande bovine – or, les capacités de productions sont possibles. Ainsi, la collectivité prévoit d’accompagner ces filières via un contrat d’objectifs de production ou encore soutenir les initiatives souhaitant développer, produire ou commercialiser ces produits locaux, à l’instar de la Brique rose, brique de lait collectée, conditionnée et transformée en Haute-Garonne.

    Mais produire nécessite des terres. En ce sens, la Région mise sur la foncière agricole d’Occitanie. « La Région achète des terres, les garde un certain temps, les met à disposition des agriculteurs. Au bout de quelques années, quand les agriculteurs ont l’argent, ils rachètent leurs terres au même prix où nous les avons achetées, il n’y a pas de spéculation », détaille Carole Delga. Créée il y a trois ans, la foncière a permis de venir en aide à 26 agriculteurs en acquérant 620 hectares pour 2,7 millions d’euros. Nouveauté cette année, la foncière s’ouvre au financement participatif citoyen. L’autre levier que la Région souhaite mobiliser est l’accès à l’eau, ressource se raréfiant sous l’effet de la sécheresse. « Nous allons multiplier par deux le nombre de retenues collinaires aidées [100 projets ont été soutenus depuis 2024, Ndlr], remettre en service d’anciennes retenues collinaires qui ont 30, 40 ans, en créer de nouvelles dans certains territoires. Nous allons aussi étendre le tuyau Aqua Domitia », précise Carole Delga. Assez pour résorber la crise agricole en Occitanie ?

  • Finances : le rôle important de la Région dans le Gard

    Finances : le rôle important de la Région dans le Gard

    Dix ans après la fusion du Languedoc-Roussillon et de Midi-Pyrénées, la Région Occitanie célèbre un anniversaire politique fondateur. À l’occasion d’une conférence de presse tenue à Nîmes, les élus régionaux gardois ont dressé le bilan de cette décennie d’actions et présenté les grandes orientations des projets à venir, dans un contexte budgétaire contraint mais assumé.

    Pour Fabrice Verdier, conseiller régional, l’enjeu était clair : « La Région a dix ans, il était important de faire un bilan après cette décennie. Ce choix fondateur a été réussi, nous avons fait région, nous sommes ensemble et cela apporte aux concitoyens de véritables réponses. » Malgré les débats initiaux, notamment dans le Gard, l’Occitanie s’est imposée comme un échelon incontournable de l’action publique. Avec un budget 2026 de 3,54 milliards d’euros, dont 1,15 milliard d’investissements, la Région reste la première de France en investissement par habitant. « Chaque euro dépensé est un euro utile », insiste Fabrice Verdier, rappelant la ponction de près de 500 millions d’euros opérée par l’État ces dernières années. Une contrainte forte qui n’empêche pas l’exécutif régional d’afficher ses ambitions.

    Vice-président chargé de l’économie, Jalil Benabdillah souligne une stratégie fondée sur l’anticipation : « L’environnement, la technologie et le social sont nos trois grands secteurs d’action. » Dans le Gard, 325 millions d’euros ont été mobilisés en faveur des entreprises, contribuant à l’implantation d’usines, à la création d’emplois et à l’attractivité d’un territoire qui accueille chaque année de nouveaux habitants. « Nous sommes la Région la plus innovante d’Europe », affirme-t-il.

    « Un budget d’action » face aux défis

    La transition écologique occupe une place centrale dans les politiques régionales. Aurélie Genolher, en charge de ces questions, défend « un budget d’action, de résistance et d’espoir qui place l’écologie au cœur de chacune de nos actions ». Gestion de l’eau, biodiversité, zones Natura 2000 ou énergies renouvelables : le Gard bénéficie d’investissements ciblés dans un territoire particulièrement exposé au changement climatique. « Parler de transition, c’est aussi parler de biodiversité », rappelle-t-elle.

    Autre priorité régionale : l’agriculture. Katy Guyot revendique une constance politique depuis dix ans : « Nous sommes attachés à l’agriculture occitane, nourricière. » Le budget agricole a doublé en une décennie et plus de 1 300 aides ont été attribuées dans le Gard. L’objectif est clair : relocaliser la production, garantir la souveraineté alimentaire et préserver les paysages.

    La mobilité reste le premier poste budgétaire de la Région. Jean-Luc Gibelin met en avant les résultats concrets : « Nous avons multiplié par trois la desserte de Beaucaire » et enregistré une hausse de fréquentation de 43% sur la liaison Nîmes-Alès. Réouverture de gares, plan vélo, train à 1 euro : la politique régionale se veut à la fois sociale et écologique.

    Enfin, la santé illustre la volonté régionale d’intervenir là où l’État se désengage. Julie Delalonde évoque « l’action au quotidien pour un meilleur accès aux soins », notamment à travers les centres de santé régionaux. Dans le Gard, plus de 55 000 consultations ont déjà été réalisées. « Le combat continue ! », conclut Fabrice Verdier, résumant l’état d’esprit d’une Région qui entend à la fois protéger les habitants et préparer l’avenir.

  • [Entretien] Pascale Eugène et Karine Montenez : « Cette idée de duo que nous formons à La Grand’ Combe a plu à tout le monde »

    [Entretien] Pascale Eugène et Karine Montenez : « Cette idée de duo que nous formons à La Grand’ Combe a plu à tout le monde »

    La Marseillaise : Comment se déroule la campagne ?

    Pascale Eugène : Nous avons un très bon accueil à chaque fois que l’on rencontre la population. Nous travaillons depuis le 13 juillet, dès que la liste a été complète, à rassembler les Grand-combiens. Début septembre nous avons invité à la constitution d’un comité de soutien où immédiatement il y a eu une centaine de personnes. On sent qu’il y a de l’envie.

    Karine Montenez : Il y a quinze jours nous avons fait des rencontres dans tous les quartiers de la ville, c’est-à-dire dix rencontres. Nous avons aussi diffusé un questionnaire à la population sur ses attentes. Nous avons eu une centaine de retours. Nous allons désormais présenter la liste et le programme vendredi 20 février à 18 heures à la salle Marcel Pagnol.

    Quelles sont les attentes qui sont ressorties du questionnaire ?

    E.P. : Il est ressorti des questionnements sur l’attractivité du territoire, l’activité économique, le marché etc. Sur la sécurité, il est demandé plus de caméras de vidéoprotection et plus de surveillance autour des écoles. On nous demande aussi plus de ralentisseurs pour lutter contre la vitesse excessive. Il y a également la demande du maintien du service public. Certains sujets ne relèvent pas de la compétence de la municipalité, mais ça nous permet de faire remonter aux services compétents. On nous réclame aussi plus de festivités avec notamment le retour du Corso comme il se faisait avant, le 8 mai.

    Quels seront les projets structurants de votre mandature si vous êtes élues ?

    P.E. : Nous voulons d’abord travailler au développement économique et touristique, avec la commercialisation du Parc régional d’activités économiques. Il y a un projet de nouvelles filières économiques et commerciales sur Pise 2030 Porte Sud avec le réaménagement de l’entrée de la ville. Nous voulons aussi redynamiser le marché hebdomadaire, où nous avons beaucoup de monde qui vient chaque samedi l’été. Nous souhaitons également développer la clause d’insertion sociale et environnementale dans nos marchés publics. Concernant la culture, nous proposons aussi le retour des « Jeudis de l’été ».

    K.M. : Il y a également la volonté d’aménager l’ancien centre Afpa aux Pelouses pour en faire le quartier sportif et culturel, en rassemblant les associations dans cet espace qui est grand, avec un extérieur magnifique. Le premier projet sera l’installation du club de boxe et la rénovation des salles de danse. Nous avons la chance d’avoir un riche tissu associatif et nous voulons les regrouper pour favoriser encore plus les échanges. Nous allons poursuivre les rénovations énergétiques dans les écoles et leur végétalisation. Nous allons aussi mettre en place la cantine à un euro. L’un de nos gros projets sera également la création d’une unité protégée à la maison de retraite pour les personnes désorientées, qui coûte tout de même 15 millions d’euros.

    Que proposez-vous pour renforcer la sécurité ?

    P.E. : Nous allons mettre en place une police municipale de proximité du quotidien car nous n’avons pas de police municipale à La Grand-Combe. L’idéal serait d’avoir deux agents de police municipaux et deux ASVP (agent de surveillance de la voie publique). Le projet n’est pas de se substituer à la gendarmerie, on ne sera pas dans la répression. L’idée, c’est qu’ils soient là aux abords des écoles par exemple quand les gens se garent un peu d’une manière anarchique ou pour les conflits de voisinage. Ils seront là pour les petits tracas du quotidien et les petites incivilités.

    Dans quelle situation sont les finances de la ville ?

    P.E. : Nous sommes dans une situation confortable et saine. Les dépenses de fonctionnement sont maîtrisées, celles d’investissement aussi. Il y a des emprunts qui se terminent et qui vont nous permettre de réinvestir. Les finances nous permettront d’investir sur des projets structurants. C’est facilitateur de se projeter quand on a des finances saines. Tout ce qui est dans notre projet municipal est réfléchi et budgétisé. On ne dépensera pas ce qu’on n’a pas car nous avons bien conscience qu’avec la baisse de l’engagement de l’État et le fait qu’on soit passé sous la barre des 5 000 habitants, les recettes vont diminuer.

    Depuis juillet, vous vous présentez vraiment comme un duo. Comment comptez-vous exercer les fonctions de maire et de Premier adjoint si vous êtes élues ?

    K.M. : Nous travaillons déjà ensemble depuis 2008 donc les choses se font vraiment naturellement. Pascale était adjointe aux finances durant le dernier mandat, moi à l’éducation donc on a l’habitude de travailler ensemble. Et nous avons construit une liste très rapidement, il y a eu beaucoup d’enthousiasme. Les gens nous connaissent et ils ont vite adhéré à nos valeurs. Cette idée de duo que nous formons a plu à tout le monde. Et nous ne partons pas dans l’inconnu parce que nous avons eu deux mandats d’adjointe chacune. Pour l’instant tout est fluide.

  • Protoxyde d’azote : le préfet du Gard durcit le ton

    Protoxyde d’azote : le préfet du Gard durcit le ton

    Le département du Gard reste meurtri par le tragique accident survenu début décembre à Alès. Trois jeunes de 14, 15 et 19 ans avaient perdu la vie après que leur véhicule a percuté un mur et s’est retrouvé dans une piscine. Après analyse, il s’avère que le conducteur avait consommé de l’alcool, du cannabis mais aussi du protoxyde d’azote. Cet accident avait ainsi remis sous les projecteurs l’utilisation du protoxyde d’azote aussi appelé « gaz hilarant », qui n’est pas considéré comme une drogue.

    Utilisé dans la santé en tant qu’analgésique ou en pâtisserie, il est stocké dans des cartouches pour siphon à chantilly ou dans des aérosols. Depuis plusieurs années, il est aussi utilisé dans un contexte récréatif car il provoque une ivresse légère et des fous rires incontrôlables dont les effets peuvent durer quelques dizaines de secondes. Si, comme à Alès, plusieurs auteurs d’accidents mortels avaient consommé du protoxyde d’azote en France ces derniers mois, son usage répété peut aussi avoir de lourdes conséquences comme des asphyxies, des pertes de connaissance et des atteintes neurologiques irréversibles. La multiplication des bonbonnes jetées dans la nature crée également des problèmes environnementaux car leur traitement coûte extrêmement cher. La mairie de Nîmes a ainsi évalué à « 18 euros le coût du traitement par bouteille ».

    Nouvel arrêté dans le Gard

    Face à cette situation, la préfecture du Gard avait interdit depuis le 28 novembre 2025 la vente de protoxyde d’azote aux mineurs, la détention dans l’espace public par des mineurs de cette substance, le dépôt des contenants dans les lieux publics et sa vente dans les débits de boissons et les débits de tabac. L’utilisation « de manière détournée du protoxyde d’azote à des fins récréatives dans l’espace public » était aussi devenue illégale.

    Le 2 février, le préfet du Gard a renouvelé cet arrêté et est même allé encore plus loin en signant un nouvel arrêté interdisant le transport du protoxyde d’azote sans motif légitime dans un véhicule. Cet arrêté limite aussi la vente à de petites cartouches de 8,6 grammes maximum, avec un plafond de dix unités par achat.

    « La consommation détournée de protoxyde d’azote est un problème de santé publique en pleine expansion, touchant particulièrement les mineurs et entraînant des effets dévastateurs, voire mortels », a justifié Jérôme Bonet.

  • Parité, fin du panachage : des avancées non sans difficultés

    Parité, fin du panachage : des avancées non sans difficultés

    Pour les quelque 25 000 communes françaises de moins d’un millier habitants dont 175 (sur 341) dans l’Hérault et 208 (sur 351) dans le Gard, ces municipales auront le parfum de la nouveauté. Pour la première fois la parité sera obligatoire et le panachage, cette pratique qui permettait de rayer ou d’ajouter des noms sur les listes, interdit.

    Pour l’Association des maires de France, la réforme adoptée au printemps 2025 est positive. Avoir autant de femmes que d’hommes élus dans les mairies est bien entendu progressiste. Quant à la fin du panachage, le nouveau mode de scrutin permet de « voter pour une liste et un projet » plutôt que de se livrer à un « règlement de comptes », estime Frédéric Roig, président de l’AMF de l’Hérault.

    La fin du « tir au pigeon »

    « Le panachage, c’était un peu le tir au pigeon », explique Michel Crespy. « Les voisins mécontents réglaient leurs comptes au détriment des idées », illustre le politologue.

    Pour autant, ce changement drastique n’est pas sans conséquences. « On ne peut pas parler de bouleversement du scrutin mais la parité rend plus compliquée la constitution des listes. Plus la commune est petite, plus c’est difficile », résume Michel Crespy. Par ailleurs, les conseils municipaux des petites communes étant majoritairement constitués d’hommes, il va falloir apprendre laisser la place. « C’est très bien, cela va renouveler les conseils municipaux et mettre fin au male gaze [le regard masculin, Ndlr]. »

    En 2020, la réforme s’était déjà imposée aux communes de 1 000 à 3 500 habitants. La conséquence avait été une baisse des candidatures avec 48% des communes concernées avec une seule liste. Couplé à la fin du panachage, le risque pour l’électeur en l’absence de suspens est une perte d’intérêt au vote qui peut se traduire par une abstention en hausse. D’un autre côté, « s’il n’y a qu’une liste déclarée c’est que les citoyens ne sont pas si mécontents que cela de la municipalité en place », tempère Michel Crespy.

    Dernière conséquence et pas des moindres, une crise des vocations pourrait toucher certains villages. Actuellement plusieurs dizaines de communes françaises (contre seulement 17 en 2020) pourraient se retrouver sans aucune liste. Pour elles, le risque serait d’être placées sous administration provisoire de la préfecture voire d’être rattachées à une autre commune.

  • Ces villes que le RN veut rafler et utiliser comme marchepied en Occitanie

    Ces villes que le RN veut rafler et utiliser comme marchepied en Occitanie

    Robert Ménard à Béziers, Louis Aliot à Perpignan, Nelson Chaudon à Beaucaire. À ce jour, seules trois Villes d’Occitanie sont dirigées par le Rassemblement national ou ses alliés d’extrême droite. Mais à l’issue des élections municipales (15-22 mars), la tache brune pourrait se répandre davantage.

    Pour l’heure donné favori à la Présidentielle 2027 en dépit de graves affaires judiciaires, le RN n’a pas l’intention d’enjamber ces élections locales où d’ordinaire il apparaît peu crédible. Ce n’est pas un hasard si Jordan Bardella a débuté samedi 7 février son tour de France des villes à conquérir à Agde puis à Carcassonne. Tournée qui va se poursuivre jusqu’à mi-mars pour soutenir les principales têtes d’affiche du parti à la flamme.

    Voilà plusieurs mois que le parti lepéniste a dressé la liste des villes qu’il rêve de voir tomber dans son escarcelle. La plupart sont situées dans le Nord ou à l’instar de Marseille, Toulon, sur la façade méditerranéenne (Sud Paca, Occitanie), socles forts de l’extrême droite qui se renforcent à chaque scrutin.

    Les villes à haut risque RN

    En Occitanie, outre Perpignan, Béziers et Beaucaire qui ont déjà rendu les armes en 2014 ou 2020, deux villes audoises sont particulièrement menacées : Narbonne (par le député RN Frédéric Falcon) et Carcassonne (avec le député RN Christophe Barthès qui ne croit pas au réchauffement climatique). Il faut dire qu’aux législatives provoquées par Emmanuel Macron en 2024, l’Aude n’a élu que des députés d’extrême droite. C’est le cas aussi du Gard où, à quelques exceptions près (Le Vigan, La Grand-Combe…), l’extrême droite étend sa toile.

    Au prix d’un travail minutieux compilant plusieurs statistiques, StreetPress a mis au point un « fachoscore » pour classer les principales communes sur un risque de A (faible) à E (élevé). Outre Beaucaire (E) qui a déjà basculé, Bagnols-sur-Cèze, Pont-Saint-Esprit ou Vauvert sont classés D. Le RN a envoyé l’artillerie lourde avec les députés Nicolas Meizonnet (Vauvert) et Pascale Bordes (Bagnols). Du côté d’Alès, c’est le policier Anthony Bordarier qui s’y colle. Méconnu, ce cadre du RN depuis 2020 est néanmoins soutenu par les députés Yoann Gillet et Pierre Meurin. Enfin à Nîmes, où le risque RN ne semblait pas écarté dans le dernier sondage, le député européen et ancien maire de Beaucaire Julien Sanchez fait figure d’épouvantail.

    Dans l’Hérault, plusieurs villes, particulièrement mal gérées par une droite affairiste, pourraient se tromper de colère. C’est le cas d’Agde où l’ancien maire Gilles d’Ettore (LR) a dû démissionner, embourbé dans l’affaire de la voyante. Le député RN Aurélien Lopez-Liguori est à l’affût. Situation comparable à Sète où Sébastien Pacull, en dépit d’une campagne discrète, pourrait tirer son épingle du jeu après la démission forcée de François Commeinhes (Divers droite). À l’image de Mèze (classée D par StreetPress) ou Frontignan, la menace est forte dans le bassin de Thau. Mais pas seulement. Des terres de bouvine (Mauguio) ou proches du bastion de gauche Montpellier (Lattes, Gignac…) auront des candidats d’extrême droite. Quant à Béziers, si le RN de Julien Gabarron venait à échouer, ce serait sans doute au profit de Robert Ménard (EXD). Quoi qu’il en soit, l’objectif est moins de s’emparer de villes pour lesquelles le RN nourrit rarement un réel intérêt que d’en faire un tremplin pour préparer la suite. Jordan Bardella en convient d’ailleurs lui-même. « Il faut gagner un maximum de communes et prouver dans le cadre de ces municipales que le changement n’attend pas l’élection présidentielle », a confié dans son bain de foule à Agde, celui qui l’an prochain pourrait concourir à l’Élysée à la place de Marine Le Pen.

    Avant l’ultime étape qui terrorise le camp républicain, les Sénatoriales de septembre 2026 seront une autre étape importante, souligne Michel Crespy. « Le RN pense pouvoir gagner quelques villes sur les triangulaires, des quadrangulaires ou bien avoir des élus d’opposition. Mais surtout le RN vise les sénatoriales car il aura besoin du Sénat [où le RN est inexistant, Ndlr] s’il arrive à l’Élysée. » Pour le camp des progressistes, il est plus que jamais temps de se ressaisir dès les élections municipales.