Tag: Occitanie

  • Au Sitevi, à Montpellier, la solution miracle de l’arrachage

    Au Sitevi, à Montpellier, la solution miracle de l’arrachage

    À l’occasion de la tenue du Sitevi (Salon international des filières vitivinicoles), qui se déroulait à Montpellier du 25 au 27 novembre, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard était attendue de pied ferme par les viticulteurs pour répondre à la crise que traverse le secteur. En effet, dix jours plus tôt, entre 4 000 et 7 000 vignerons avaient exprimé leur colère dans les rues de Béziers. La veille de l’inauguration du salon, la locataire de la rue de Varenne s’était entretenue avec les représentants syndicaux afin de présenter un énième paquet de mesures pour relever la viticulture française.

    Au premier rang desquelles une enveloppe de 130 millions d’euros destinés à l’arrachage. « La viticulture française souffre à la fois de surproduction et de déconsommation, ce qui est source de grands déséquilibres économiques. Il nous faut donc, dans certaines régions, pas partout, diminuer le potentiel de production », souligne Annie Genevard. 70 millions devraient être déployés en 2026, « on fera à ce moment-là une première évaluation pour déployer le reste ensuite », poursuit la ministre, faisant valoir le fait qu’il « n’y a absolument aucun doute sur la somme sur laquelle le gouvernement s’est engagé ». À deux conditions néanmoins : un budget doit être adopté par les parlementaires et le « paquet vin » -permettant l’arrachage- doit être validé par l’UE.

    Suspendus à Bruxelles

    « Ce dispositif d’arrachage était attendu par une grosse partie de la viticulture, notamment ceux qui sont à bout et ceux qui doivent se restructurer », se félicite Jérôme Despey, numéro 2 de la FNSEA et président de la Chambre d’agriculture de l’Hérault. Le dispositif devrait concerner 34 000 hectares dans toute la France. Si la FNSEA semble satisfaite de cette principale mesure, c’est un tout autre son de cloche du côté de la Coordination rurale (CR). « On poursuit une solution qui ne fonctionne pas depuis des années et qui coûte beaucoup d’argent, c’est encore un pansement sur une hémorragie », soutient Laurent Crouzet, coprésident de la CR34, craignant « ne pas être au rendez-vous quand le marché va reprendre, laissant plus de place aux importations ».

    À cela s’ajoutent 15 millions d’allègements de cotisations ainsi qu’une demande de fonds européens pour la distillation de crise. Comme souvent, les viticulteurs se retrouvent tributaires de Bruxelles. « Cela nous permettrait de répondre aux difficultés géopolitiques, comme les taxes Trump ou encore le conflit avec la Chine. Nous avons besoin immédiatement de cette réponse de l’UE. On n’est pas au rendez-vous », reprend Jérôme Despey. Une manière, selon lui, de faire remonter les prix en aval du fait « de ce plan qui élimine les excédents. J’appelle à la responsabilisation de la part des metteurs en marché et de la distribution. » Après la main invisible, la bouteille invisible ?

  • Combiner engagement et culture, le défi du 2030 festival à Montpellier

    Combiner engagement et culture, le défi du 2030 festival à Montpellier

    Fort du succès de ses deux premières éditions, le 2030 festival entend s’imposer un peu plus dans le monde culturel montpelliérain en revenant dans la capitale héraultaise, du 30 novembre au 7 décembre. Un « nouvel acte » faisant toujours la part belle au festivalier puisque ce dernier est au cœur de la manifestation. « En 2023, lors de la première édition, on avait fait le constat qu’il y a plein de lieux, de structures, d’associations, de personnes engagés sur des sujets écologiques, sociétaux, de solidarité. Mais il n’y avait aucun événement qui réunissait toutes ces personnes pour se donner de la force. L’idée de ce festival était de co-construire ensemble avec des personnes et des structures de la ville », souligne Jean-Paul Deniaud, cofondateur du festival.

    Cette troisième édition pousse la coopération un peu plus loin. « On a construit la programmation avec des associations de Montpellier. On leur a demandé à chacune de se dire : qu’est-ce que ça donnerait si vous donniez le meilleur de vous-même au même moment, pendant une semaine dans différents lieux de la ville ? Et en fait c’est vraiment ça le projet du 2030 Festival, c’est à l’inverse d’un festival classique de production verticale où on vient chercher des moyens supplémentaires, des financements extérieurs », fait valoir Jean-Paul Deniaud. Par ces actions, le but affiché de ce festival célébrant l’engagement citoyen est de laisser une trace durable, un impact réel sur Montpellier. « Si on réussit, on arrête le festival en 2030 », promet le cofondateur.

    Et pour marquer durablement son empreinte sur le territoire de Montpellier, le 2030 festival célèbre la semaine de l’engagement du 1er au 5 décembre.

    Yann Tiersen invité

    « On a proposé cette année des formulaires d’inscription pour que des personnes proposent des activités en lien avec l’écologie, le social ou la culture. Il va y avoir des ateliers, des balades et visites. On repropose cette année notamment la balade philosophique dans les Jardins des Plantes [le 2 décembre, Ndlr] avec Denis Nespoulous et Guillaume Bagnolini, deux chercheurs, pour aller à la rencontre de la nature mais de manière double, à la fois très scientifique et philosophique », détaille Pierre Kimpe, coordinateur du 2030 festival. Également au programme, des ateliers pour apprendre à économiser l’eau (03.12, à 18h) ou une journée découverte de l’agroforesterie avec l’Oasis Citadine (03.12, 10h).

    Cette sensibilisation à l’engagement passe également par la culture. « On est sur un triptyque « mise en action, sensibilisation et célébration », insiste Pierre Kimpe. Pour ce faire, le festival a invité l’artiste engagé Yann Tiersen qui inaugurera cette troisième édition, le 30 novembre à la Halle tropisme. « La musique et la culture en général sont porteuses d’un engagement historique pour certains. Du coup il y a plein de petits moments comme ça qui vont illustrer cette chose-là. Venir écouter Yann Tiersen parler de son engagement, c’est fort. On a aussi besoin d’autre chose que des messages universitaires », soutient Jean-Paul Deniaud. Au vu des deux dernières éditions, la formule semble fonctionner.

    Programmation complète à retrouver sur 2030festival.org.

  • [Quoi de neuf] « Lever les freins à l’embauche des travailleurs handicapés »

    [Quoi de neuf] « Lever les freins à l’embauche des travailleurs handicapés »

    À l’occasion de la semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées (SEEPH), se tenant jusqu’au 23 novembre, le délégué régional de l’Agefiph Daniel Dias et Ludovic Petiteau, fondateur de l’entreprise adaptée Talaron Services, spécialisée dans l’informatique, reviennent sur les avancées du monde de l’entreprise en faveur de l’handicap.

    Louis Dupin : Cette édition s’ouvre 20 ans après la loi handicap de 2005 qui visait à promouvoir l’égalité des droits et des chances pour tous. 20 ans plus tard, quel bilan en tirer ?

    Daniel Dias : La loi de 2005 posait un cadre qui était ambitieux et qui était nécessaire. Elle comporte dans son contenu une dimension emploi assez forte. Où est-ce qu’on en est aujourd’hui ? Il y a des avancées réelles. Le taux de chômage est passé de 17% à 12%. Alors il reste deux fois supérieur à celui de la population en général mais il a baissé de manière assez significative. Autre donnée chiffrée, on a aujourd’hui 1,3 million de personnes handicapées qui sont en emploi. Avant la loi elles étaient 600 000. Cette loi elle était ambitieuse. Est-ce que les résultats qu’on a obtenus collectivement aujourd’hui sont à la hauteur de ses ambitions ? Malheureusement pas tout à fait. Il reste encore énormément de choses à accomplir. Pour appuyer la semaine de l’emploi, on a, avec le concours de l’Ifop, publié une étude montrant que si 60% des personnes en situation de handicap reconnaissent des avancées depuis la loi 2005, elles ne sont que 12% à parler d’avancées majeures. Les personnes en situation de handicap elles-mêmes disent aussi que c’est insuffisant.

    Olivier Nottale : Qu’a apporté cette loi pour votre entreprise ?

    Ludovic Petiteau : Talaron Services est une entreprise de développement informatique donc on réalise des sites web, tout type d’application pour nos clients. C’est une société que j’ai créée en 2010, 5 ans après la loi de 2005, le monde de l’handicap n’était pas encore beaucoup porté sur les entrepreneurs comme moi, mais plutôt sur le monde associatif, les Centres d’aide par le travail [ex-Esat, Ndlr.]. Mais la loi de 2005 a voulu justement les attirer en créant un type d’entreprise qu’est l’Entreprise Adaptée. On a un accord avec l’État qui fait que notre entreprise s’engage à avoir minimum 55% de notre personnel en situation de handicap. Pour notre part, nous chez Talaron Service, on est à 90% à peu près de personnel en situation de handicap sur une cinquantaine de collaborateurs.

    Louis Dupin : La loi de 2005 met en place des quotas obligeant que 6% de l’effectif d’une entreprise soient des travailleurs handicapés. Aujourd’hui, seules 55% des entreprises la respectent, comment l’expliquer ?

    Daniel Das : Il y a plusieurs freins à l’embauche d’une personne en situation de handicap. D’abord, même s’ils ont diminué, restent des a priori, des préjugés qu’il faut arriver à lever collectivement. Il faut donner à voir que c’est possible, que l’entreprise n’est pas seule pour embaucher une personne en situation de handicap. Le deuxième obstacle qui demeure aujourd’hui, même si sur ces dernières années le fossé s’est aussi réduit, c’est le décalage entre les attentes des entreprises en matière de formation et de niveau de qualification et le public handicapé. Ce public est plus âgé, moins formé, moins qualifié et il a une durée d’inscription plus longue à France Travail que le reste des publics. Sur le sujet de la formation, il s’agit aujourd’hui de créer toutes les conditions pour qu’une personne en situation de handicap puisse accéder à une offre de formation qui corresponde aux besoins des entreprises. Aujourd’hui, 10% des publics qui accèdent à l’offre de formation en Occitanie sont en situation de handicap.

    Ludovic Petiteau : Pour la majorité des personnes en situation de handicap, l’handicap arrive en cours de vie – le handicap de naissance représente qu’une petite partie. Pour que ces personnes puissent continuer à travailler, elles passent par une période de reconversion professionnelle. Et effectivement, ce qui fait peur souvent dans l’entreprise, c’est de prendre quelqu’un qui a une quarantaine d’années, mais qui est débutant dans le métier alors qu’elle pourrait embaucher un jeune sortant d’école. Or, le travailleur handicapé a déjà une expérience professionnelle, un savoir-être, un savoir-vivre dans l’entreprise que le jeune débutant n’a pas forcément.

    Lousi Dupin : La question de la formation fut au centre du salon Handijob, qui s’est tenu à Montpellier, dans le cadre de la SEEPH. Ces événements sont importants ?

    Ludovic Petiteau : C’est vraiment un moyen pour les différents entreprises de la région de rencontrer un public dédié au monde du handicap. Du personnel les aide à communiquer, il y a des interprètes des langues des signes, des accompagnants, des éducateurs qui vont pouvoir mettre en place une relation avec les entreprises. En plus des entreprises, sont aussi présents des centres de formation sur ces journées-là. Et ça permet d’échanger entre personnes, entre professionnels, pour avoir des idées de métier à faire plus tard.

    À écouter sur divergence-fm.org.

  • Violences faites aux femmes : une journée pour réfléchir au rôle de l’entreprise dans l’Hérault

    Violences faites aux femmes : une journée pour réfléchir au rôle de l’entreprise dans l’Hérault

    Quel rôle pour les entreprises face aux violences faites aux femmes ? Un sujet important qui sera au centre de tables rondes*, le 25 novembre, au siège d’IBM à Montpellier. Portée par l’association Les créateurs d’énergies positives, la journée sera l’occasion de sensibiliser directions et salariés à ce fléau présent aussi bien dans la sphère privée que professionnelle.

    Une première table ronde sera consacrée aux violences conjugales. « Elles ont un impact sur la vie professionnelle, il s’agit de voir comment les entreprises peuvent aider », soutient Sandrine Musel, directrice de l’association. Satya Goetz Lancel, responsable du programme de protection des salariés victimes de violences conjugales des Magasins U, y partagera son expérience. Confrontée à plusieurs féminicides de salariées, cette dernière a mis au point une bopite à outils interne à l’entreprise. « C’est un dispositif de “droits exceptionnels” – qui n’existe pas dans le droit du travail – ne coûtant rien. Le temps de travail peut être aménagé avec plus ou moins de télétravail, on peut avoir des autorisations spéciales pour aller à l’audience de son agresseur, une mobilité géographique d’urgence, etc. », énumère celle qui est aussi membre de l’association organisatrice. Des propositions reprises dans un guide de l’Association nationale des DRH, mis à disposition des entreprises.

    Mais ces violences se retrouvent également au sein de l’entreprise, sujet qui fera l’objet d’une seconde table ronde. « Des règles juridiques existent, pour autant, ça n’est pas suffisant, parfois ces comportements sexistes ne sont pas bien identifiés. On met en place des méthodes soft, voire ludiques – comme des formations – pour faire passer des messages de prévention et d’éradication de ces comportements », détaille Michèle Tisseyre, membre de l’asso et présidente de Face Occitanie, soulignant le caractère « volontaire » de certaines entreprises. Les outils sont là, il n’y a plus qu’à.

    * Ouverts à tous, billetterie, infos sur lescreateursdemotionspositives.com.

  • Cinq chercheuses victimes des coupes de Trump accueillies en Occitanie

    Cinq chercheuses victimes des coupes de Trump accueillies en Occitanie

    « Je suis tellement en colère et triste que Trump détruise la science américaine. Je pense que peu de gens pourront partir, mais beaucoup de ceux qui auraient émigré aux États-Unis ne le feront pas. Parallèlement, les programmes qui encouragent les talents locaux sont supprimés, car Trump n’est pas seulement contre l’immigration et la science, mais aussi contre l’enseignement supérieur en général. La science, la technologie et la santé en pâtiront », écrit sur son blog Pleuni Pennings, qui vient de commencer une nouvelle vie en France.

    Professeure en écologie, spécialiste de la bio-informatique et de l’IA appliquée à la santé, la chercheuse, qui étudie la résistance des microbes et virus aux traitements (sida, paludisme, E.coli), a quitté l’Université de San Francisco pour rejoindre, le 1er octobre, l’Université de Montpellier, avec laquelle elle a signé un contrat de trois ans. « Je vais travailler sur mon sujet de recherche préféré (l’évolution de la résistance aux médicaments) à l’Institut des sciences de l’évolution de Montpellier. Cet hiver, je vais postuler au CNRS dans l’espoir qu’ils m’accordent un poste de chercheuse permanente dans le même institut », se réjouit-elle.

    « Grâce à Trump, mon département a perdu les subventions de formation du NIH qui soutenaient les étudiants de mon laboratoire depuis dix ans. Et s’il était déjà difficile d’obtenir des fonds pour la recherche avant Trump, cela semble désormais impossible », assure-t-elle. Le fait que son « travail déjà stressant à San Francisco le devienne encore plus en raison du programme anti-DEI (diversité, équité et inclusion) et anti-science de Trump », a poussé Pleuni Pennings, confie-t-elle toujours dans son blog, à saisir la main tendue par l’Université de Montpellier.

    Dans le cadre des programmes « Choose Montpellier » et « Toulouse Safe Place for Science », les universités des deux principales villes occitanes ont en effet lancé des appels à candidatures via leurs réseaux et partenaires pour accueillir une quinzaine de chercheurs basés aux États-Unis. Dès le mois de mai, la Région Occitanie s’est engagée à leurs côtés en mobilisant une aide de 2 millions d’euros, « pour notamment participer à la prise en charge de leurs salaires, aux recrutements ou à l’acquisition d’équipements ».

    « L’esprit de résistance et de solidarité scientifique »

    Car les effets du second mandat de Donald Trump se font déjà sentir outre-Atlantique, en particulier auprès de la communauté scientifique et des universités américaines qui subissent de plein fouet les coupes budgétaires et l’arrêt des financements. « Ce sont environ 6 000 suppressions de postes qui sont intervenues, touchant des domaines stratégiques comme le climat, la préservation de la biodiversité, la santé et les maladies émergentes, ou encore les sciences sociales », souligne la Région. Outre Pleuni Pennings à Montpellier, quatre autres chercheuses en provenance des États-Unis rejoindront l’Université de Toulouse d’ici l’été prochain : Ankita Jha, chercheuse en biologie cellulaire, Cecily Sunday, ingénieure mécanicienne et docteure en astrophysique, Alexandra E. Hui, historienne des sciences, du son et de l’environnement et Caroline Sequin, historienne, spécialiste de l’histoire sociale et politique de la France et de l’Empire.

    « En choisissant de poursuivre leurs travaux en Occitanie, elles incarnent l’esprit de résistance et de solidarité scientifique que nous défendons. Leurs compétences viendront renforcer nos dynamiques dans des domaines stratégiques : lutte contre le changement climatique, énergies renouvelables, santé et maladies émergentes, sciences humaines et sociales… L’Occitanie se place à l’avant-garde de la défense des libertés académiques et de la coopération scientifique internationale », estime la présidente socialiste de la Région, Carole Delga.

  • [Grand entretien] Amal Couvreur : « Ma bataille, c’est l’égalité des territoires »

    [Grand entretien] Amal Couvreur : « Ma bataille, c’est l’égalité des territoires »

    PARCOURS

    La Marseillaise : Votre parcours en quelques mots ?

    Amal Couvreur : Mon engagement fut d’abord professionnel. Pendant vingt-sept ans, j’ai été assistante sociale, notamment auprès des personnes sans domicile fixe, à Nîmes et à la Croix-Rouge. Ensuite, j’ai coordonné un réseau de parentalité, ce qui m’a permis de rencontrer énormément de familles gardoises. En 2015, on est venu me chercher pour être conseillère départementale sur le canton Nîmes-2. J’ai accepté au lendemain des attentats de Charlie, qui m’ont beaucoup marquée et convaincue d’agir. Et depuis dix ans, je suis vice-présidente du Gard en charge des quartiers prioritaires et de la jeunesse, et conseillère régionale pour la solidarité.

    ENGAGEMENT

    LM : On vous qualifie régulièrement de « femme d’action », ça vous correspond ?

    A.C. : Je ne sais pas si c’est le terme exact, mais ce qui me porte, c’est d’améliorer le quotidien des gens, quand je le peux. Je garde toujours en tête que je veux pour les enfants des autres ce que je veux pour les miens. J’ai besoin de répondre aux gens : même si je ne sais pas, je me renseigne. L’écoute active, c’est essentiel. Le problème, c’est que le temps des habitants n’est pas celui de l’administration, ni celui des politiques. Mais je veux que les réponses soient rapides, sincères, et qu’on cherche réellement des solutions. Pour moi, l’action, c’est ça : répondre, accompagner, ne jamais laisser quelqu’un sans retour.

    Comment concilier écoute du terrain et décisions politiques ?

    A.C. : C’est un aller-retour incessant. Certains trouvent étonnant qu’on reçoive autant individuellement, mais c’est ce travail en face-à-face qui permet de construire du collectif. Avec nos permanences cantonales, que nous avions promises dès 2015 avec Christian Bastid, je vois entre dix et douze personnes par séance : plus de 3 000 personnes reçues. Ça donne une vision très précise du quotidien : logement, emploi, formation. Et parfois, quelqu’un me dit : « Vous n’avez rien fait », et ajoute aussitôt : « Mais vous avez écouté, vous avez appelé. » C’est ça ma façon de faire de la politique : partir du réel, comprendre les situations concrètes et ne jamais décider depuis un bureau sans entendre d’abord la parole des habitants. Ces échanges sont modestes mais essentiels pour bâtir une réponse collective. C’était notre seule promesse de mandat, et nous l’avons tenue.

    MUNICIPALES 2026 ET NÎMES EN COMMUN

    LM : Pourquoi être devenue n°2 sur la liste de Vincent Bouget ?

    A.C. : Je n’ai pas une grande culture partisane, je le reconnais, mais je fais partie des gens engagés. Et dans cette ville, il y a des centaines de bénévoles, d’associations, de citoyens qui aiment profondément Nîmes. C’est eux que je veux représenter. Dans le travail mené par Vincent et les équipes, avec le questionnaire citoyen, les réunions publiques et d’appartement, il y a cette idée de rassembler des personnes engagées pour leur ville, pas un « gros mot » de société civile, mais des gens qui agissent vraiment. C’est ce que je veux apporter : une ville où l’engagement individuel est reconnu et valorisé, où chacun peut se sentir légitime à participer, à proposer, à contribuer à l’avenir collectif.

    Vos priorités pour Nîmes en tant que n°2 de la liste ?

    A.C. : D’abord, aller au bout de la consultation : plus de 250 propositions ont été remontées, et tant que les questionnaires ne sont pas totalement analysés, on ne peut pas décréter des priorités. Mais je parle souvent de trois axes. Le premier : les services de proximité, indispensables pour la vie quotidienne et la sécurité globale. La sécurité, c’est être bien chez soi, sur le trottoir, avec un travail commun entre médiateurs, éducateurs, police municipale, et tous ceux qui connaissent vraiment le terrain. Le deuxième axe, ce sont les associations, qu’il faut soutenir et simplifier : trop passent plus de temps à remplir des dossiers qu’à agir, alors qu’elles sont l’un des piliers de la cohésion nîmoise. Le troisième, c’est l’éducation : notre parc scolaire est délabré, et chaque été ou hiver, on repart des mêmes constats. Il faut agir vite, vraiment, et remettre la jeunesse au centre des décisions municipales.

    MANDATS

    LM : Comment articulez-vous vos mandats actuels ?

    A.C. : Mes deux mandats, départemental et régional, sont très complémentaires, et ils me passionnent. Mais si nous sommes élus en 2026 – il paraît que je dois dire « quand nous serons élus » – je devrai choisir entre les deux. Je prendrai le temps nécessaire, car ce choix doit être réfléchi. Ce qui compte, c’est que chaque échelon permet une vision différente et utile : le département pour la proximité, la région pour la cohérence et l’ensemble. L’enjeu, ce sera de mettre ces expériences au service de la commune.

    Avez-vous un mot d’ordre qui relie ces mandats ?

    A.C. : Ma grande bataille, c’est l’égalité des territoires. Le centre-ville de Nîmes est magnifique, personne ne le nie. Mais notre problème, c’est que les enfants ne se rencontrent plus comme avant. Il y a une vraie fracture territoriale. Je veux que le gamin de Vacquerolles ait les mêmes conditions que celui du Mas de Mingue. On ne peut pas avoir une ville où tout se concentre dans un périmètre restreint et où les autres quartiers décrochent. Une ville apaisée, c’est une ville où les habitants se croisent et vivent dans des conditions équitables. Et c’est la même chose pour toutes les échelles où je travaille.

    UN MESSAGE AUX NÎMOIS ?

    A.C. : Je pense sincèrement que la politique n’est pas faite pour commenter les problèmes, mais pour trouver des solutions. Ce qu’on vit à Nîmes en ce moment ne donne pas un bon exemple. Pour moi, la politique est un service public, pas un spectacle. Le seul engagement que je prends, c’est une attention égale pour toutes les Nîmoises et tous les Nîmois, pas seulement pour nos électeurs. Je veux une ville qui protège, qui rassure, qui ne divise pas.

  • Occitanie : une ordonnance verte pour le Printemps montpelliérain

    Occitanie : une ordonnance verte pour le Printemps montpelliérain

    À cinq mois des municipales, ça bouge du côté de Montpellier. Le Printemps montpelliérain, liste regroupant plusieurs partis de gauche, vient de dévoiler dix propositions afin de changer de politique alimentaire. « Avec les évolutions de la société, la perte du pouvoir d’achat, l’alimentation devient un sujet politique important. 13% des Français sont en insécurité alimentaire  », souligne Jean-Louis Roumégas, tête de liste et député les Écologistes de l’Hérault.

    Des propositions issues d’un forum sur l’alimentation et l’agriculture conduit par le mouvement, le 18 octobre. Tout d’abord, une « ordonnance verte  ». « Dès que le bébé est en route, nous distribuerons des paniers bio hebdomadaires et gratuits à toutes les femmes enceintes, sans condition de revenus », détaille Julia Mignacca, membre du Printemps. L’objectif à terme serait que cette ordonnance bénéficie à 1 600 Montpelliéraines. Également présenté par le Printemps afin de mieux se nourrir, la création d’un réseau d’épiceries municipales. « Nous proposerons des produits à prix coûtant grâce à une centrale d’achat. Cela coûtera peu car nous vendrons sans marge, ce qui permettrait aux agriculteurs d’avoir un prix décent », reprend Jean-Louis Roumégas. À cela s’ajoute le soutien à des caisses alimentaires et aux circuits courts.

    Un office métropolitain

    Si ces mesures concernent uniquement la ville de Montpellier, d’autres ont une visée plus large en s’adressant à toute la métropole, comme la création d’un office agricole. « À Montpellier, nous devons lutter contre les lobbies de l’immobilier et sanctuariser les terres agricoles. Cet office nous permettra de les acquérir puis d’installer des paysans », précise Boris Chenaud. Pour les agriculteurs en herbe, le Printemps propose la mise en place de jardins partagés. « Cela permettra de créer du lien social entre les gens dans les quartiers et de redécouvrir la saisonnalité », insiste Coralie Mantion. Dans le même genre, le Printemps espère créer une ferme pédagogique à Malbosc.

    Une sensibilisation au bien manger qui passera également par l’école puisqu’il est prévu de mettre fin aux plastiques à la cantine et de tendre vers le 100% bio et local – contre 30% actuellement. Enfin, pour lutter contre la malbouffe, l’équipe ambitionne de mettre en place des ateliers autour du goût sur le temps périscolaire. Les enfants ne sont pas les seuls visés puisque le grand public est aussi invité à travers l’organisation d’une journée sans sodas. « Nous voulons répondre aux besoins du quotidien en apportant des réponses concrètes », soutient Jean-Louis Roumégas.

  • L’Occitanie vote un plan de 15 milliards pour dompter l’avenir

    L’Occitanie vote un plan de 15 milliards pour dompter l’avenir

    « Protéger, anticiper, transformer », tel est le triptyque du plan « Occitanie résiliente » en 9 axes stratégiques à l’horizon 2026-2035 dont la Région a voté les deux premiers volets, vendredi 14 novembre, sans les voix des oppositions de droite ni du RN qui ont fustigé des « bavardages » et un « flou artistique ».

    La feuille de route qui ambitionne de proposer un « nouveau modèle de développement » aux habitants de la région, est pourtant précise. Neuf piliers sont identifiés comme autant de défis à relever dans la décennie à venir : l’eau à préserver et partager, les mobilités à décarboner tout comme l’énergie, le tourisme qui doit devenir durable, l’agriculture qui doit garantir la souveraineté alimentaire, le numérique qui se doit lui aussi d’être souverain ou les déterminismes sociaux contre lesquels il faut lutter sans relâche.

    Les deux thématiques restantes – la préservation de la nature et les métiers de demain – ont déjà été validées par l’assemblée plénière. « Notre plan biodiversité doit être un stabilisateur, un tampon aux effets du réchauffement climatique », insiste la vice-présidente Agnès Langevine, dans une région méditerranéenne hotspot du dérèglement. À l’heure où la réalité scientifique est contestée, l’élue écologiste entend « combattre les climatosceptiques » et soutenir les associations pro-environnementales ou de l’éducation populaire. Un défi collectif qui passera, insiste-t-elle par davantage de moyens de l’État. « On manque de compétences financières par exemple sur les aires protégées. »

    Un flux d’1 milliard d’euros ?

    Tandis qu’à l’image de la SAM à Rodez ou de la verrerie de Vergèze, des fleurons pourtant rentables mettent la clé sous la porte par pur opportunisme capitaliste, Jalil Benabdillah a l’intention « d’accompagner les territoires et les écosystèmes qui veulent créer de l’emploi industriel ». Pour cela, la Région s’attache à proposer du foncier, des financements ou encore de la formation aux entreprises. « On a gagné 8 points de PIB industriel, créé 22 000 emplois, on est passé de 26 000 à 30 000 ingénieurs et on vise les 400 entreprises de taille intermédiaire [plus de 250 salariés] », illustre le vice-président régional. Souhaitant soutenir les entreprises industrielles dans leur transformation, qu’elle soit environnementale, technologique (avec l’intelligence artificielle) ou sociale, Jalil Benabdillah espère atteindre un flux d’investissements d’un milliard d’euros au lieu des 650 millions actuels.

    Dans sa totalité, le plan régional se chiffre d’ailleurs à 14,5 milliards d’euros dont 2 mobilisés par la Région elle-même, 4,6 demandés à l’État, 5,3 à l’Union européenne et 2,6 mobilisés par les partenaires (collectivités, banques…). Autant dire que pour financer de grands projets tels que la LGV Montpellier-Perpignan, l’éolien en mer, le réseau hydraulique pour l’irrigation des cultures ou la création des Services express régionaux métropolitains (Serm) promis par Emmanuel Macron, l’enveloppe du plan France 2030 n’y suffira pas.

    Des simplifications administratives sont aussi réclamées par Carole Delga, y compris à l’Europe invitée à s’inscrire dans le Green New Deal. « Il faut agir sans attendre ». De son côté, la présidente socialiste promet de « rester au contact du terrain » et de prendre sa part avec l’installation d’un comité régional du dialogue citoyen en 2026. À l’heure où le populisme d’extrême droite gagne du terrain, Carole Delga veut redonner confiance et espoir aux citoyens parfois désabusés. « Nous ne sommes pas paralysés par l’ampleur des défis, ni les circonstances. Notre ambition est intacte, nous ne manquons pas de courage ni de cohérence dans l’action », positive-t-elle. Dans une région en pleine croissance démographique, aux forts taux de pauvreté et de chômage, ce challenge nécessite que le volontarisme de la Région soit épaulé.

    « Nous ne sommes pas paralysés par l’ampleur des défis ni les circonstances »

  • Les violences envers les femmes s’aggravent

    Les violences envers les femmes s’aggravent

    « Jeudi 13 novembre 2025, à Malakoff (92, Hauts-de-Seine), une femme a été poignardée à mort par son ex-compagnon au domicile de celui-ci alors qu’elle venait récupérer ses affaires. Il a ensuite menacé de se suicider avant d’être interpellé ». En cette fin d’année, sur le mur numérique de femmages (terme qui prend le contre-pied du mot hommages), l’association Nous toutes recense les féminicides en redonnant aux victimes une identité, un âge et les circonstances de leur assassinat ou meurtre.

    Selon Nous toutes, au 17 novembre, « on dénombrait 142 féminicides depuis le début de l’année ». Parmi eux, celui perpétré le dimanche 29 juin à Avignon (84, Vaucluse) : « Jessica, 37 ans, a été poignardée à mort par son mari devant leurs 4 enfants. Leur fille de 16 ans a également été blessée. Il avait déjà fait preuve de violence envers les enfants. » Depuis le début de l’année, au moins 42 enfants sont désormais orphelines ou orphelins suite à un féminicide, complète Nous toutes. Élise, elle, avait 80 ans. Le mercredi 29 janvier, à Portiragnes dans l’Hérault, l’octogénaire, « a été assassinée par son mari qui a été retrouvé pendu à proximité. L’auteur se serait plaint à de multiples reprises du comportement ” agressif” de sa femme. Rien ne justifie un féminicide, et ce, quelles que soient les raisons invoquées : la maladie, les troubles psychiatriques » martèle Nous toutes.

    Pour toutes ces femmes, le samedi 22 novembre, à l’occasion de la journée internationale « pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes », Nous toutes sera dans la rue « contre les féminicides, les violences patriarcales, sociales et d’État, la destruction des services publics qui impacte plus fortement les femmes et les personnes minorisées, les guerres, les génocides et la montée des fascismes partout dans le monde. » Plusieurs organisations, syndicats et associations se mobilisent pour la même cause dans le Gard et dans l’Hérault (lire page 6). Cette journée revêt une dimension internationale. Fixée le 25 novembre par l’ONU partout dans le monde, elle donne lieu à de vastes mobilisations à l’heure où le masculinisme prospère notamment sur la toile. Dans l’Union européenne « 30,7 % des femmes ont subi des violences physiques ou des menaces et/ou des violences sexuelles » selon une enquête « menée de 2020 à 2024 sur les expériences subies par des femmes âgées de 18 à 74 ans vivant dans l’Union européenne en matière de violence physique, sexuelle et psychologique, y compris la violence au sein du couple mais aussi hors couple, ainsi que les violences subies sur le lieu de travail », expliquent les auteurs de l’enquête dont Eurostat (office statistique de l’Union européenne). En France, En 2024, « les services de sécurité ont enregistré 272 400 victimes de violences commises par leur partenaire ou ex-partenaire, un niveau quasi stable par rapport à 2023 (+0,4 %) » selon les chiffres publiés le 10 octobre par le ministère de l’Intérieur. Sachant que seule 1 victime sur 6 porte plainte auprès des services de sécurité, la « stabilité » doit être interrogée. Il est trop tard pour une jeune gardoise. Jeudi 9 octobre à Cornillon, « Lætitia, 37 ans, handicapée, a été retrouvée morte dans le coffre d’une voiture. Elle a été poignardée. Son compagnon a été interpellé », renseigne le mur de femmages 2025. « Près de 80% des femmes handicapées sont victimes de violences. Elles sont 4 fois plus susceptibles de subir des violences sexuelles que le reste de la population féminine », précise Nous toutes.

    Victime de violences, appelez :

    Enfance en danger : 119

    Violences femmes info : 3919

    Par sms, si vous ne pouvez pas parler : 114

    En cas d’urgence : 17

  • Béziers étudie une usine de dessalement

    Béziers étudie une usine de dessalement

    C’est un des effets du dérèglement climatique : face à la sécheresse, la ressource en eau se raréfie en France. Pire, sur le bassin méditerranéen, les scientifiques s’accordent à dire que les effets du dérèglement sont deux fois plus rapides que dans le reste de l’Hexagone.

    Béziers ne déroge pas à la règle. Surtout que les prévisions ne sont guère reluisantes. « La majorité de la ressource en eau utilisée sur l’Agglo de Béziers provient des nappes souterraines d’accompagnement de l’Orb. Or, selon les prévisions, d’ici une vingtaine d’années, le débit de l’Orb pourrait chuter de 45% », précise Olivier Sarlat, directeur de Veolia Eau en Occitanie et Provence-Alpes-Côte d’Azur. En ce sens, la multinationale
    – qui a conclu un contrat de gestion du service public d’eau potable avec l’Agglo de Béziers de 138 millions d’euros pour 12 ans à partir de 2027 – planche notamment sur l’étude d’un projet d’usine de dessalement d’eau saumâtre. « On viendrait pomper l’eau dans l’estuaire de l’Orb pour pouvoir alimenter une partie des besoins supplémentaires auxquels la collectivité devra faire face », poursuit Olivier Sarlat. Le dessalement se ferait par traitement membranaire, permettant ainsi de séparer le sel de l’eau.

    Un projet vertueux ?

    Si le projet n’est pas certain d’arriver à terme – l’étude, au stade d’ébauche, s’inscrit dans une stratégie globale de sobriété menée par Veolia aux côtés de la réutilisation d’eaux usées ou encore la lutte contre les fuites dans les réseaux – ses porteurs mettent en avant son caractère novateur. L’usine serait en effet une première en France. « Cette eau pompée dans l’estuaire n’a pas la même concentration en sel que la Méditerranée, qui est de l’ordre de 30 à 35 g de sel/L. Ici, on serait entre 5 et 10 g/L, ce qui fait que les rejets en sel seront moindres que si l’on pompait directement dans la mer. Ce dessalement est vertueux, car moins énergivore et respectueux de l’environnement », détaille le directeur occitan de Veolia.

    Pour autant, certains semblent circonspects quant à l’utilité d’un tel projet. « Encore une fois, on essaye de trouver une solution technique sans changer notre façon de faire. Mais il va falloir s’adapter, on ne peut plus vivre comme avant. On est dans le déni du dérèglement climatique », soupire Thierry Antoine, élu Les Écologistes à Béziers. Et celui qui est aussi candidat du Printemps de Béziers à la mairie de s’inquiéter de la pollution : « Où iront les rejets de saumures, des produits chimiques ? On connaît les conséquences que cela a sur la biodiversité marine. » Sur ce point, Olivier Sarlat se veut rassurant : « l’étude va explorer l’endroit où les rejets auraient le moins d’impact sur l’environnement. Ce ne sera pas dans l’estuaire. Une fois que l’on aura exploré toutes les pistes, l’Agglo de Béziers prendra sa décision. »

    Or, connaissant l’opportunisme du président d’extrême droite de l’Agglo Robert Ménard, il se pourrait que ce dernier surfe sur cette vague (un peu) verte afin de choyer son électorat et de parfaire sa communication. « Ce n’est pas la première fois qu’on nous promet une solution miracle dont on ne voit jamais le début de la queue, où l’on serait la première usine en France, que c’est fantastique, etc. Il y a eu tellement d’effets d’annonce – on a eu le colosse, le cinéma – que je me demande qui peut encore y croire  », s’amuse Thierry Antoine.