Tag: Occitanie

  • En Occitanie, « l’industrie tient la barre, les ménages accusent le coup »

    En Occitanie, « l’industrie tient la barre, les ménages accusent le coup »

    L’Insee prévoit une évolution de la croissance économique française similaire à l’année passée malgré l’instabilité géopolitique ambiante. « Le commerce mondial a progressé de 2,3 % grâce à la vigueur des exportations asiatiques, stimulée par les échanges de biens technologiques liés à l’intelligence artificielle », avance Katia Le Goaziou (Insee). Mais l’Occitanie peine à rattraper la dynamique nationale. L’activité technologique est principalement portée par l’aéronautique dans la région et l’évolution mensuelle des heures rémunérées dans l’industrie y est d’ailleurs en progrès. Cependant l’activité globale est en baisse de 0,3%, une diminution entraînée par les difficultés que rencontre le secteur de la construction. Comme toujours, la région observe des disparités entre ses territoires et si l’activité économique augmente dans l’Aveyron, l’Ariège et la Lozère, elle baisse nettement dans l’Aude et le Tarn qui font preuve d’une évolution négative de 1,5% comparé à 2025.De la même manière, là où l’emploi chute de 0,6% dans le secteur de la construction, il se rattrape dans le segment industriel de la filière aérospatiale(+0,4%). L’emploi piétine néanmoins dans la région et le taux de chômage (9,5%) surpasse de plus d’un point le niveau national (8,1%). Les défaillances d’entreprises atteignent un niveau historique(6 300 depuis janvier 2025) que les créations d’entreprises en nette hausse tentent de surpasser. Malgré une saison hivernale fournie sur le plan neigeux, la fréquentation touristique s’enlise(-0,8%). Les touristes en provenance de l’étranger affluent et redresseront peut-être la barre cet été, spécialement en Haute-Garonne, locomotive de la région quand les Pyrénées en sont le dernier wagon.

    Oriane Castan

  • Claude Viallat : retour aux sources

    Claude Viallat : retour aux sources

    L’espace Michèle-Goalard rend hommage au peintre nîmois via l’affichage de ses premières esquisses. Un retour dans le temps aux racines définitivement Camarguaises.

    Figure historique de l’abstraction et fondateur du mouvement Supports / Surfaces, on reconnaît Claude Viallat à sa célèbre forme, sorte de haricot répété en impression sur chacune de ses créations. Avec « Retours en boucles », la capitainerie de la Grande Motte se penche sur les premiers pas du peintre à travers des œuvres aux influences très locales. Sur les toiles, courses camarguaises, silhouettes animales et tauromachies se mêlent à l’univers coloré et texturé si caractéristique d’un artiste qui n’a cessé d’explorer les formes et la matière. L’exposition résulte d’un voyage aux confins de la mémoire artistique de Viallat en mettant en lumière des œuvres plus rarement exposées, qui en disent beaucoup sur l’artiste qu’il est devenu par la suite. Complètement contemporaine, « Retours en boucles » invite à (re)découvrir un artiste dont l’œuvre demeure aujourd’hui d’une étonnante liberté, aux portes de la Camargue. L’espace Michèle Goalard n’oublie personne : à travers des ateliers de médiations, l’exposition s’adresse également aux plus jeunes pour leur permettre d’appréhender la forme de Claude Villat par le collage.

  • L’État tente de faire rentrer les assos récalcitrantes dans le rang

    L’État tente de faire rentrer les assos récalcitrantes dans le rang

    Après dix ans de bons et loyaux services, le rideau s’est baissé pour l’Association recherche éducation action (Area), le 1er janvier dernier. Cette association, qui venait en aide aux personnes vivant dans les bidonvilles de Montpellier, notamment via un accompagnement social et éducatif et employait dix salariés, avait été placée en liquidation judiciaire en novembre 2025. Son tort ? « Il nous est clairement reproché d’avoir une position trop critique, c’est pour ça que nous sommes sanctionnés. Ça nous a été dit par les services de l’État à plusieurs reprises et ça nous a aussi été écrit », racontait Catherine Vassaux, ancienne administratrice d’Area, en novembre dernier, dans les colonnes de La Marseillaise.

    En effet, dans un courrier de septembre 2025, le Directeur départemental de l’emploi, du travail et des solidarités de l’Hérault reprochait à Area de se positionner « dans une posture critique des institutions à des fins d’amélioration continue de l’accompagnement des personnes en difficulté sociale sur les bidonvilles. Cette posture a amené à plusieurs reprises mes équipes à s’opposer à vos positions, depuis plusieurs années, tout en acceptant de continuer à financer la mission d’accompagnement au vu de vos résultats ».

    Un cas loin d’être isolé

    La préfecture a donc décidé de ne pas renouveler la convention la liant à l’association et les subventions ont été coupées. Tout comme les financements complémentaires de l’Europe, la Drac, la CAF et la Ville de Montpellier, mettant au passage les dix salariés sur le carreau. Pire, Area accompagnait 400 personnes, qui se sont retrouvées de facto seules, le temps qu’un nouvel opérateur pose ses bagages. Un cas loin d’être isolé, à en croire l’ancienne direction. « De plus en plus d’associations sont sanctionnées suite à des prises de position critiques. L’Observatoire des libertés associatives a rendu en juin [2025] un rapport qui révèle que 30% du secteur associatif a été sanctionné pour des positions qui ne convenaient pas à l’administration », faisait valoir Catherine Vassaux. En somme, une injonction à une prétendue neutralité.

    Ce risque de sanctions plonge les associations dans la crainte, pouvant mener à de l’autocensure. Or, selon une autre étude du même Observatoire, publiée cette fois-ci en février 2026, « cette autocensure produit une dépolitisation du monde associatif. Derrière ces injonctions à la neutralité, se joue en effet une bataille culturelle sur les frontières du politique. Faut-il concevoir les associations comme des auxiliaires du service public – auxquelles il faudrait donc imposer le devoir de neutralité – ou des actrices nécessaires et indépendantes du jeu démocratique ? La réponse à cette question à valeur de test pour la démocratie. » À l’aune de la présidentielle et d’un risque d’arrivée de l’extrême droite au pouvoir, ce débat est on ne peut plus primordial.

  • Voyage poétique en Méditerranée

    Voyage poétique en Méditerranée

    En ce mois de juillet, la ville de Sète accueille comme à son habitude le festival de poésie Voix Vives de Méditerranée en Méditerranée. 29e anniversaire d’un projet qui s’est créé pour transmettre la poésie au plus grand nombre, il célèbre les cultures et les langues du pourtour de la Méditerranée dans un festival tout public presque entièrement gratuit.

    La poésie s’inscrit dans les lieux du quotidien : l’événement, en grande majorité gratuit, se déploie aux quatre coins de Sète, en itinérance dans les rues et sur les eaux. Le public pourra s’initier à l’art de manier les mots lors d’ateliers d’écriture animés par les poètes eux-mêmes, et la musique accompagnera les textes lors de trois concerts payants, qui feront danser les visiteurs en soirée.

    Rendre la poésie accessible, c’est là toute la volonté de Maïthé Vallès-Bled, fondatrice et directrice de Voix Vives. L’ancienne directrice du musée de Lodève et du musée Paul-Valéry à Sète veut défendre cet art : « Elle n’occupe pas la place qui devrait être la sienne. La poésie contemporaine s’inscrit dans la réalité des êtres, elle raconte la vérité du monde. » Une ouverture géographique, linguistique et géopolitique à travers les mots, qui s’ancre pleinement dans l’actualité en engageant le dialogue entre les cultures. « La Méditerranée occupe une toute petite partie du globe terrestre mais présente sept alphabets et un nombre impressionnant de langues », rappelle Maïthé Vallès-Bled. Chaque poète est alors libre de lire ses textes dans la langue dans laquelle il les écrit et un traducteur l’accompagne pour faciliter la compréhension lorsque ce n’est pas le français. « Il y a cette musique des langues présente dans le festival et qui peut résonner en langue originale dans le public », observe la directrice. « Chacun reconnaît quelque chose, un questionnement qui l’habite. Au centre de la poésie, il y a l’humain », conclut celle qui veut partager une passion des mots qui dépasse les frontières.

    Oriane Castan

  • À Nîmes, L’Espelido face à un contexte budgétaire tendu

    À Nîmes, L’Espelido face à un contexte budgétaire tendu

    Depuis sa création, L’Espelido accueille, héberge et accompagne des personnes confrontées à des difficultés sociales, économiques ou psychologiques. L’association œuvre aussi pour l’insertion, l’accès aux droits et la lutte contre toutes les formes d’exclusion.

    Des moyens qui ne suivent plus les besoins

    Comme d’autres acteurs du secteur, l’association subit les effets des restrictions budgétaires qui touchent le monde associatif. Sa direction a déjà expliqué il y a plusieurs mois ses difficultés et indiqué disposer que de « 38 euros par salarié et par jour pour couvrir l’ensemble des dépenses de fonctionnement », une enveloppe jugée insuffisante face à l’inflation et à l’augmentation des besoins. Cette situation fragilise la capacité des équipes à assurer leurs missions auprès des publics les plus vulnérables, alors même que les demandes d’accompagnement continuent de progresser.

    Présentes au plus près du terrain, ces associations constituent souvent le premier recours pour des personnes en grande précarité. En assurant un accompagnement quotidien vers l’hébergement, les droits, l’emploi ou les soins, elles jouent un rôle essentiel de prévention et de cohésion sociale. Leur fragilisation risque ainsi de se répercuter directement sur les publics les plus vulnérables, dans un contexte où les besoins ne cessent d’augmenter.

    L’APS 34 est aussi sous tension

    L’association de prévention spécialisée (APS) de l’Hérault -structure qui apporte du soutien aux familles et aux jeunes, restaure le lien social, lutte contre la délinquance etc. – dépends également des enveloppes allouées par le Département. Le contexte budgétaire menaçant laisse l’association sous tension.

  • La collection Nicollin met le foot à l’honneur

    La collection Nicollin met le foot à l’honneur

    Le maillot de l’équipe de France porté par Zinédine Zidane lors de la coupe du monde 1998, le trophée Jules-Rimet de la coupe du monde de 1930 ou encore le ballon de la finale de la compétition de l’édition de 2006, qui opposa la France à l’Italie. Ces pièces – pour ne citer qu’elles – sont exposées aux côtés d’une quarantaine d’autres à l’hôtel de ville de Montpellier, jusqu’au 18 juillet. Provenant de la collection -riche de 13 000 pièces- de Louis Nicollin, président historique du MHSC, club montpelliérain de la ville, elles ont été rassemblées à l’occasion de la coupe du monde de football se déroulant aux États-Unis. Il s’agit de la troisième collaboration entre la famille Nicollin et la municipalité socialiste, après une édition consacrée au Tour de France, en 2025 lors du passage de la Grande Boucle à Montpellier, précédée d’une autre consacrée aux Jeux olympiques en 2024 à l’occasion de ceux organisés à Paris.

    De Robert Herbin

    µà Mbappé

    Après l’olympisme et le vélo, c’est donc au football d’être mis en lumière par le fond de Louis Nicollin. Une évidence pour la famille montpelliéraine. « La collection est née avant tout de la passion immense de notre père pour le football. Une passion sincère, populaire et profondément humaine, qui s’est transmise au fil des années et des générations. Celle du MHSC bien sûr, mais aussi celle du football mondial, de ses légendes, de ses maillots, de ses histoires et de toutes les émotions que ce sport procure », racontent les frères Laurent et Olivier Nicollin.

    Des trésors uniques que pourront observer les mordus du ballon rond et autres curieux. « Chaque pièce possède une histoire particulière : un maillot porté lors d’un match historique, un souvenir transmis par un joueur, un objet devenu témoin d’un moment de légende », poursuivent les frères Nicollin. En effet, aux côtés des maillots de légendes, aussi bien récentes à l’instar de Kylian Mbappé et son maillot de la coupe du monde de 2022 ou plus anciennes – Robert Herbin en 1966, on retrouve des objets plus insolites, comme une figurine de Juanito, mascotte officielle de l’édition de 1970 au Mexique. Mais aussi des fanions, des chaussures ou encore un chronomètre.

    Le football ne se restreignant pas aux hommes, les filles sont également représentées avec le maillot d’Ophélie Leroux de 2011 ou celui de l’Espagnole et ballon d’or féminin Alexia Putellas de 2023. « À travers cet événement, nous souhaitons partager avec les habitants, les visiteurs et tous les passionnés ces objets et maillots qui ont fait l’histoire tout en participant, nous l’espérons, au rayonnement de notre territoire. Car le football possède cette force unique : celle de rassembler toutes les générations et tous les publics autour d’une même passion », insistent Laurent et Olivier Nicollin. Et ce malgré les mauvais exemples donnés par le président de la Fifa Gianni Infantino, spoliant les valeurs du football pour celles de l’argent.

    Mais pas de ça avec la collection Nicollin, préférant témoigner sur l’histoire de ce sport d’origine populaire. Un travail de conservation et d’inventaire est en cours, dans la perspective d’ouvrir un musée.

  • Le spectacle de rue s’invite à Lodève avec Résurgence

    Le spectacle de rue s’invite à Lodève avec Résurgence

    Cirque, musique, danse, théâtre. Une pluralité d’arts sera représentée au festival Résurgence, qui se déroulera à Lodève, du 16 au 19 juillet. Une diversité artistique mise en avant par les organisateurs. « On essaye que chacun puisse trouver des spectacles qui l’attirent en fonction de ses goûts », fait valoir Franck Loyat, directeur du pôle culture du Lodévois Larzac, communauté de communes qui organise la manifestation. Une manière que chacun puisse trouver chaussure à son pied tout en mettant en lumière des artistes émergents. Car ici, pas de tête d’affiche. « On a fait le choix d’axer le festival sur la découverte et la création artistique afin de stimuler la curiosité du public », poursuit Franck Loyat.

    Une tâche à laquelle s’attelleront les 22 compagnies qui donneront une quarantaine de représentations – auxquelles s’ajoutent une vingtaine du « off » du festival, une carte blanche donnée aux associations locales -dans les 17 lieux publics de la ville (places, écoles, parcs, etc.). Ainsi, premier rendez-vous est donné le 16 juillet, à 20h30 à l’hôtel de ville pour « Le mariage forcé », de la compagnie 800 litres de paille. « Cette pièce de Molière est revisitée reposant sur l’énergie, la fougue des artistes », note Franck Loyat. Côté circassien, la compagnie Hors surface présentera Home, « une histoire mettant en scène un acrobate faisant du fil au-dessus d’un trampoline. » (18 et 19 juillet à 18h, au parc municipal).

    Les artistes ne sont pas les seuls acteurs du festival. En effet, le public est appelé à monter sur les planches. À l’instar de la pièce Jours de la compagnie Kiroul (19/07, 10h, au parking du parc municipal). « C’est un spectacle étrange sur la joie de vivre dans toutes les situations. Les artistes ont trouvé une dizaine de volontaires qui débarqueront avant le spectacle sans savoir à quelle sauce ils seront mangés », précise le directeur culturel.

    Si les journées sont dédiées aux spectacles, les soirées s’animent en laissant la place aux concerts avec notamment le groupe Deli Teli qui revisite le laïko, musique populaire grecque des années 50 (18/07, 23h) ou encore la fanfare Cornélius (19/07, 23h). En somme, la recette d’un festival réussi.

    Programme complet à retrouver sur : festival-resurgence.fr.

  • La mairie de Lodève ferme ses portes au festival les Fourmilières

    La mairie de Lodève ferme ses portes au festival les Fourmilières

    Le festival les Fourmilières, organisé dans plusieurs villes d’Occitanie du 25 septembre au 10 octobre, devra revoir sa copie à Lodève. Cette manifestation antifasciste et antiraciste réunit associations, artistes, conférences, ateliers et débats autour de la lutte contre l’extrême droite et les discriminations. La nouvelle municipalité de droite a refusé de mettre à disposition les salles demandées par le collectif, estimant que l’événement est « trop politisé ».

    Une atteinte aux libertés

    Les organisateurs pointent du doigt « un maire qui se
    dit apolitique, mais qui s’affiche avec la députée du Rassemblement national Manon Bouquin
     ». Une vision apolitique à géométrie variable dont les conséquences sont dénoncées par les organisateurs : « C’est une attaque aux libertés fondamentales ! »

    Le collectif rappelle qu’« en France, on ne peut interdire une manifestation pour des raisons politiques sans porter atteinte à la démocratie qui a pour principe premier la garantie des libertés fondamentales ».

    Si les événements prévus à Lodève seront finalement accueillis dans des lieux privés ou dans des communes voisines, les organisateurs regrettent « que la nouvelle municipalité de Lodève, censée concourir au bien de toutes et tous, ait fait le choix de ne pas soutenir ces idéaux ». Le collectif annonce par ailleurs se réserver « le droit d’attaquer cette décision au tribunal administratif parce que ça commence à être un peu du proto fascisme, avec une censure politique, nous sentons les choses venir ».

  • À Montpellier, l’association Les Ziconofages lance un cri d’alerte

    À Montpellier, l’association Les Ziconofages lance un cri d’alerte

    Depuis 25 ans, les Ziconofages, association d’éducation populaire implantée essentiellement à Montpellier, propose « à des publics en situation de précarité ou issus des quartiers populaires de prendre la parole à travers l’outil vidéo et de coréaliser des films. Nous apportons notre savoir-faire audiovisuel et eux, leur expertise d’usage du territoire », explique Pascal Biston, coordinateur de l’association. Les films sont ensuite diffusés dans des médiathèques, des cinémas ou des lieux partenaires. À titre d’exemple, cette année, une vingtaine d’ateliers ont permis de réaliser des films sur les questions de santé et de précarité, qui ont été projetés récemment au Gazette café. Les Ziconofages ont également un travail en cours sur les violences faites aux femmes, à la fois sur le territoire de Montpellier et sur celui du Clermontais-Lodévois. « L’idée est aussi de déconstruire les préjugés sur les gens pauvres. On subit tous les images, mais les gens des quartiers populaires encore plus. C’est pour ça qu’on propose, avec ces films, d’inverser les rôles pour qu’ils créent leurs propres images et leurs propres paroles », insiste Pascal Biston.

    « L’état se désengage

    jour après jour »

    Un travail de terrain au plus près de l’humain qui pourrait bien disparaître faute de moyens. « Comme beaucoup de structures associatives du social et du culturel, les politiques publiques se désengagent de ce champ de l’action sociale et culturelle », dénonce le coordinateur de cette petite association locale, qui compte deux salariés, une vingtaine de bénévoles et une centaine d’adhérents.

    « Nous avons perdu petit à petit des aides précieuses qui nous permettaient de mener des actions dans de bonnes conditions », poursuit-il. « De 3 salariés, nous sommes passés à 2 car nous avons perdu un poste adulte-relais en 2021 (financé par l’État) ; en 2024, on a subi une baisse de 33% de notre principale subvention, allouée par le Département de l’Hérault, du fait des contraintes budgétaires de la collectivité ; et nous venons d’apprendre la suppression de 2 subventions de la DDETS (direction départementale de la cohésion sociale) pour un montant de 5 000 euros sur nos stages vidéo jeunes », liste Pascal Biston. « Sur un budget de 70 000 euros, c’est considérable. Sachant que ma collègue salariée et mois ne travaillons qu’à 70%, sinon on fermerait l’association », souligne-t-il.

    Ce désengagement est surtout le fait de l’État, qui a également réduit la somme allouée dans le cadre du fonds de développement de la vie associative, passée de 5 000 euros à 1 000 euros l’an dernier. « Et cette année, on ne sait pas ce qui nous attend… » La Ville de Montpellier, elle, maintient sa subvention annuelle (5 000 euros) et le Département a consenti cette année une petite rallonge de crédits en lien avec le sujet sur les violences faites aux femmes.

    « On est représentatif de ce qu’il se passe dans le monde associatif », estime Pascal Biston. Une réunion entre plusieurs associations de La Mosson a d’ailleurs eu lieu au mois de mai pour évoquer ces problématiques des coupes budgétaires qui se multiplient et des restrictions financières, notamment nationales. « L’état choisit de mettre sans problème de l’argent pour pourchasser quelques teufeurs, financer les industries d’armement, mais se désengage jour après jour sur l’éducation, le social et le culturel, qui viennent en appui aux populations les plus vulnérables, aidant à la cohésion sociale, à la lutte contre les inégalités et au vivre ensemble », dénonce le représentant des Ziconofages. « On a l’impression qu’on a une politique de droite voire d’extrême droite quand on voit les choix qui sont faits. C’est un peu reprendre les idées des villes qui ont basculé RN et qui coupent les budgets à beaucoup de structures associatives qui font de l’éducation populaire, comme nous. »

  • Fibre Excellence : un ultime délai pour l’offre de reprise

    Fibre Excellence : un ultime délai pour l’offre de reprise

    Le tribunal de commerce de Toulouse a repoussé au 27 juillet l’examen de l’offre de reprise de Fibre Excellence déposée par Matthieu Pigasse, accordant un ultime sursis au groupe papetier en redressement judiciaire. Ce délai doit permettre de « demander à l’État des ajustements techniques pour sauver toute une filière, deux usines et des emplois », a expliqué Matthieu Levieille, directeur général de Combat Holding.

    Le tribunal a prévenu qu’il s’agissait de la « dernière » offre pour les usines de Saint-Gaudens et de Tarascon, à l’arrêt depuis avril, selon Cédric Bye, délégué CGT. Le syndicat réclame un soutien de l’État sur l’approvisionnement en bois, les quotas carbone et le prix de l’électricité.

    « Reprendre les échanges » avec Bercy

    Combat Holding, à la tête d’un consortium d’investisseurs, dit avoir eu peu d’échanges avec le ministère. « On attend de l’État une saisie très rapide du dossier », a insisté Matthieu Levieille. À Bercy, l’entourage du ministre Sébastien Martin renvoie toutefois la balle au repreneur : les collectivités ont précisé leur soutien, mais Matthieu Pigasse doit « transformer les promesses en financements ».

    Déposée à la dernière minute, l’offre prévoit la reprise du groupe et de ses 660 salariés pour un euro symbolique, accompagnée de 107 millions d’euros d’investissements. Le projet vise aussi à préserver entre 5 000 et 10 000 emplois indirects dans la filière bois et papier. Le financement repose sur Combat Holding, des fonds régionaux, des aides énergétiques ainsi que des prêts publics et bancaires. « C’est un actif industriel unique à préserver », a souligné Matthieu Levieille. Le plan d’affaires devrait s’étaler en quatre phases jusqu’en 2035.