Tag: Occitanie

  • Les Folies Gruss font leur retour pour un été équestre et poétique

    Les Folies Gruss font leur retour pour un été équestre et poétique

    C’est devenu un rendez-vous attendu de l’été biterrois. Pour leur sixième saison, les Folies Gruss estivales retrouvent leur écrin installé au 1487, route de Narbonne. Jusqu’au 30 août 2026, plusieurs représentations permettront au public de découvrir le nouveau spectacle de la Compagnie Alexis Gruss, une création inédite présentée uniquement à Paris et à Béziers.

    Cette 52e création prend la forme d’une véritable comédie musicale équestre et saltimbanque, mêlant prouesses équestres, acrobaties, travail en liberté et performances aériennes. Pendant 1h45, 50 chevaux, 25 artistes, une chanteuse et un orchestre live donnent vie à un spectacle où la poésie côtoie l’humour et où l’histoire familiale occupe une place centrale. Parmi les temps forts annoncés, le mythique grand carrousel à 26 étalons côtoiera des tableaux aériens et musicaux.

    Une soirée en trois temps

    Les Folies Gruss ne se limitent pas au spectacle. Dès 19 heures, le public peut dîner sur place, sans réservation, dans une ambiance de guinguette au coucher du soleil, autour d’une nouvelle carte et de surprises artistiques et musicales. Après la représentation, les spectateurs sont invités à prolonger la soirée aux côtés des artistes, pour une photo, un autographe ou simplement un échange.

    « Cinq années ont passé – bientôt six – et chaque jour, nous constatons que nous ne pouvions pas rêver mieux pour nous implanter. Béziers, terre de culture donc terre de chevaux, terre d’histoire et de tradition, entre esprit de famille et valeurs humaines : toutes les conditions étaient réunies pour que notre Compagnie s’y épanouisse », affirme Firmin Gruss, pour qui cette implantation à Béziers est devenue une véritable histoire de famille et de territoire.

  • L’aéroport de Nîmes en zone de turbulences

    L’aéroport de Nîmes en zone de turbulences

    Record de fréquentation d’un côté, trou financier de l’autre : l’aéroport de Nîmes-Garons cultive un paradoxe qui commence à peser lourd. Avec 259 000 passagers en 2024, la plateforme avait retrouvé son meilleur niveau depuis vingt-cinq ans. Loin, pourtant, des 400 000 voyageurs promis pour 2028 par le délégataire Edeis lors de la signature de la délégation de service public (DSP) en 2022. Et en 2025, la fréquentation a même légèrement reculé, à 245 552 passagers.

    Sur le plan comptable, la note est salée. Le rapport annuel d’Edeis affiche un résultat net négatif de 1,17 million d’euros en 2024, contre un excédent de 349 000 euros l’année précédente. Une provision exceptionnelle de 872 000 euros, liée à un vieux contentieux sur des autorisations d’occupation temporaires, gonfle l’ardoise. Mais même sans elle, le trou atteint près de 300 000 euros. Six lignes sont aujourd’hui exploitées, presque toutes par Ryanair, quasi seul maître à bord depuis le fiasco de la compagnie Odyssey l’an dernier, qui a annulé l’ensemble de ses vols.

    Élu à la tête de Nîmes Métropole en avril, Vincent Bouget (PCF) a hérité d’un dossier explosif. Devant le conseil communautaire fin juin, l’édile n’a pas mâché ses mots : « Les ambitions affichées lors de la signature de la DSP et les objectifs fixés au délégataire sont aujourd’hui loin d’être atteints. » Un contentieux qui pourrait, selon le contrat, déclencher de premières pénalités financières dès cette année.

    Coopérer

    plutôt que rivaliser ?

    Reste que pour Vincent Bouget, le trafic commercial n’est pas l’essentiel. « Le cœur du réacteur, c’est la sécurité civile », a-t-il tranché début juillet, rappelant le rôle de la base aérienne où sont entretenus les Canadair, avec quatre nouveaux appareils attendus d’ici 2032. Un statut de hub européen de la sécurité civile que Nîmes ambitionne depuis 2017, mais que Chypre pourrait bien lui souffler : la Commission européenne y prépare une plateforme régionale de lutte contre les incendies, confirmée en juin par la commissaire Hadja Lahbib. « S’il faut aller à Bruxelles avec Carole Delga pour que le hub européen soit bien ici, nous irons », promet le président d’agglo.

    Sur le volet commercial, la question d’une coopération avec les aéroports voisins refait surface. En septembre 2025, alors dans l’opposition, Vincent Bouget plaidait déjà pour une autre voie que la rivalité : « Rien ne peut s’envisager sans coopération avec les aéroports voisins, dont Montpellier. » Une ligne bien différente de celle défendue quelques mois plus tôt par son prédécesseur Franck Proust, qui menaçait ouvertement de « se tourner vers Marseille » face à ce qu’il jugeait être le manque d’ouverture de Montpellier.

    Aujourd’hui, l’opposition LR, par la voix de Franck Proust, avance un autre scénario : une reprise temporaire de l’aéroport en régie publique si Edeis venait à se désengager. Une piste que la majorité de gauche n’a, à ce stade, ni confirmée ni écartée. Après deux rendez-vous décisifs fin juin, avec le préfet du Gard puis le délégataire, Vincent Bouget maintient la prudence : « On travaille pour trouver une solution et sortir par le haut. » Le cap devra être fixé avant l’échéance de la DSP, fin 2028. Au-delà des désaccords, une question politique demeure : combien d’argent public faut-il mobiliser pour préserver cette vitrine aérienne, et pour quel service rendu au territoire ? Le débat ne pourra se limiter à une guerre de clochers : l’avenir de 850 salariés et de 200 élèves-pilotes est aussi en jeu.

  • Le maire d’Alès visé par des menaces signées « DZ Mafia »

    Le maire d’Alès visé par des menaces signées « DZ Mafia »

    Le message est clair. Jeudi dernier, l’épouse du maire d’Alès, Christophe Rivenq (LR), découvre dans leur boîte aux lettres une enveloppe marquée d’insultes et de menaces de mort visant son mari, avec à l’intérieur deux balles de 9 mm. Des tags injurieux et menaçants étaient également retrouvés sur les murs de leur domicile. Le tout signé « DZ NG », pour « DZ Mafia Nouvelle Génération ». Une appellation interprétée par certains spécialistes comme le signe d’une recomposition du pouvoir entre les principaux leaders du groupe criminel marseillais DZ Mafia, et qui semblerait s’être progressivement implantée à Alès depuis l’été dernier, notamment dans le quartier des Cévennes.

    Quelques jours après, lundi 20 juillet, Christophe Rivenq était exfiltré de son domicile par le RAID après le signalement d’une nouvelle menace et la suspicion d’une voiture piégée. Le soir même, des mesures de protection renforcées du maire étaient prises à la demande du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez. Le parquet anti-criminalité organisée s’est saisi de l’enquête, tandis que le 22 juillet, une vidéo tournée par des membres se réclamant de la DZ Mafia et niant sa responsabilité était publiée sur les réseaux sociaux. Cette démonstration de force intervient dans un contexte de fortes pressions exercées localement par les forces de l’ordre contre le narcotrafic. Interrogée par Le Monde au sujet des violences qui se sont multipliées ces derniers mois dans la commune gardoise, une source policière souligne que « la DZ NG est active sur Alès. Et on connaît la dangerosité de cette organisation et leur capacité à faire monter des jeunes endoctrinés sur leurs actions violentes ». Dans une vidéo publiée sur Facebook, Christophe Rivenq s’est montré déterminé à poursuivre avec « la même fermeté » son combat contre le narcotrafic.

    « Je resterai debout »

    « Je resterai debout parce que, ce faisant, c’est la République qui reste debout », affirme-t-il, avant d’appeler à renforcer le pouvoir des élus pour leur permettre « d’être encore plus actifs pour protéger nos concitoyens ».

    Rapidement, l’élu a reçu des témoignages de soutien de la part de la présidence de la République, du Sénat et du gouvernement, mais aussi de nombreux élus locaux. Dès le 17 juillet, Paul Planque, élu d’opposition (PCF) à Alès, affirmait dans un communiqué la nécessité de faire preuve « d’unité et de fermeté » face à des actes d’une telle gravité. « La peur ne doit jamais dicter nos choix, ni faire reculer celles et ceux qui accomplissent leur mission avec courage. » Des communiqués de soutien ont également été diffusés par la section d’Alès du PCF, par le maire de Sète Hervé Marquès (LR) ou encore par les Écologistes du Gard, ces derniers affirmant que « la réponse à ce défi doit être à la hauteur de l’urgence et ne saurait se réduire à une logique sécuritaire répressive qui, comme le montre l’exemple des opérations “place nette”, s’avère inefficace pour démanteler les structures mafieuses ». Vincent Bouget, le maire de Nîmes, s’est rendu de son côté dès le 17 juillet à Alès. « J’ai pu l’assurer de tout mon soutien face aux injures et aux menaces de mort inacceptables qu’il a reçues, indique-t-il. La peur ne doit jamais dicter la loi. Les conditions du débat démocratique doivent rester respectueuses de l’intégrité de toutes et tous. »

    « La peur doit changer de camp, la DZ Mafia traquée »

    Toujours au sein du PCF, Sylvain André, maire de Cendras, a aussi apporté son soutien à l’élu, affirmant que ces menaces constituent des faits d’une extrême gravité : « La République ne doit pas flancher d’un millimètre face aux voyous. Quelles que soient nos sensibilités politiques, nous devons faire bloc derrière celles et ceux qui incarnent la République. Face aux intimidations, notre unité est notre meilleure réponse. »

    Pour la fédération du PCF du Gard, « la peur doit changer de camp. La DZ Mafia doit être traquée et empêchée de nuire. Pas de place dans notre démocratie pour les trafiquants. Nous sommes disponibles pour toute initiative publique », déclare son secrétaire départemental et vice-président du Département, Christian Bastid.

  • 35e édition du Festival du rythme en Cévennes

    35e édition du Festival du rythme en Cévennes

    Depuis 35 ans, le Festival du Rythme en Cévennes propose chaque année un week-end entier de concerts gratuits, dans la commune de Saint-Jean-du-Pin, dans le Gard. « Le principe est d’offrir trois concerts par soir de musiques variées, mais qui donnent toujours le sourire », affirme Karine Lopez, présidente de l’Office municipal de la culture de Saint-Jean-du-Pin, qui organise la manifestation. Environ 3 000 personnes sont attendues, dans un village qui compte seulement 1 500 habitants. « Depuis le départ, nous réunissons une équipe d’une centaine de bénévoles du village, de 18 à 80 ans. »

    Une variété de genres

    Cette année encore, la programmation est éclectique. Le vendredi 24 juillet, à partir de 19h, c’est le groupe de rock Sham’Rock Music qui inaugurera le week-end, avant de laisser place à un concert de blues Mississippi par le trio Joharpo. Le groupe Guilty Delight clôturera la soirée, avec des morceaux de blues et de soul des années 1960. Le lendemain, la soirée du samedi mettra à l’honneur les groupes The Garlic Heads (reprises pop-rock), Chicharron (cumbia afro­t-ropicale et rock psychédélique) et enfin Zarhzä (chansons urbaines balkano-latines).

    Comme chaque année, le festival proposera de quoi se restaurer ainsi qu’une buvette. « La priorité pour nous est que ce festival reste gratuit et pour cela, il faut rassembler le plus de personnes possible pour continuer de faire vivre la culture », conclut Karine Lopez.

  • [Occitanie] Au mois de juin, la chaleur a refroidi les visiteurs

    [Occitanie] Au mois de juin, la chaleur a refroidi les visiteurs

    Annulations, réservations tardives, reports de séjours… La canicule historique et précoce du mois de juin a bien affecté le secteur touristique en Occitanie. C’est ce que démontre la note de conjoncture touristique publiée le 10 juillet par l’Agence d’attractivité et de développement d’Occitanie (AD’OCC). Le document met en lumière plusieurs tendances qui peuvent se résumer par un chiffre marquant : 55% des professionnels de la région ont eu la perception d’une activité touristique « dégradée » au mois de juin. Seuls 45% l’ont jugée « satisfaisante », soit un net retrait de 16 points par rapport à juin 2025. Il s’agit d’un des plus bas niveaux enregistrés depuis deux ans.

    Il faut dire que juin 2026 a été touché par un épisode caniculaire d’exception, le hissant au rang de mois le plus chaud jamais enregistré en France (+3,8 °C par rapport à la normale), avec une canicule précoce, durable et particulièrement intense, du 17 au 30 juin. À cette période, l’Occitanie figurait alors parmi les régions les plus exposées, avec des anomalies atteignant +6 à +8 °C sur l’intérieur des terres, et 8 nuits tropicales consécutives relevées à Toulouse à partir du 20 juin. Difficilement supportables, ces températures extrêmes ont impacté l’ensemble du secteur touristique avec trois conséquences principales : des annulations de séjours, une baisse de la fréquentation (notamment sur les activités et la restauration) et même quelques fermetures partielles pour les établissements non adaptés.

    « La canicule a impacté fortement l’activité de ce mois de juin et l’annonce d’une nouvelle vague de chaleur à la suite a entraîné des annulations de séjours pour le mois de juillet », rapporte ainsi un exploitant de camping en zone rurale, interrogé par l’Agence AD’OCC. Un avis partagé également du côté du littoral, où un professionnel des activités de loisirs constate lui aussi une conjoncture très difficile, « avec pas mal d’annulations de groupes dues au prix du carburant et à la canicule ».

    Un contexte particulier

    La modification des comportements au mois de juin en Occitanie ne s’explique toutefois pas uniquement par les fortes chaleurs. Les professionnels du secteur identifient deux autres facteurs complémentaires, à savoir la hausse des prix du carburant et la baisse du pouvoir d’achat des Français. « Les réservations avaient bien démarré en début d’année, et ça s’est complètement effondré à la suite du conflit [au Moyen Orient, Ndlr.] et de l’augmentation exponentielle des carburants », constatait ainsi le propriétaire d’un gîte rural au mois de juin.

    Il faut aussi noter que le calendrier était également moins favorable que celui de 2025, puisque le week-end de Pentecôte, qui s’était déroulé les 8 et 9 juin l’année dernière, a basculé cette année au mois de mai. C’est ce qui explique qu’en juin 2026, toutes clientèles et tous modes d’hébergement confondus, la fréquentation touristique en Occitanie a légèrement reculé par rapport à juin 2025 en termes de nuitées touristiques. Cependant, à l’échelle de la période mai-juin, la fréquentation touristique de la région demeurerait globalement stable.

    Dans le détail, après un mois de mai positif pour le secteur des hébergements locatifs en plateforme, avec une progression des nuits réservées de 6% par rapport à 2025, la fréquentation enregistrée en juin a nettement fléchi, avec des réservations en baisse de 10% par rapport à l’an dernier. L’activité des hôteliers semble avoir mieux résisté que les autres, avec un taux de satisfaction de 57%, tandis que les campings affichent le niveau le plus bas du secteur (seuls 39% de satisfaits). Les perspectives de réservation pour les mois suivants restent également orientées à la baisse. Ainsi, la part des professionnels qui jugent leur niveau des réservations « encourageant » est en net retrait par rapport à 2025 pour les mois de juillet (44% ;
    -11 points), d’août (48% ;
    -12 points) et septembre (36% ; -10 points). La part des avis les plus inquiets, soit « pas du tout encourageant », s’approche quant à elle des 20%.

    Si le bilan AD’OCC de l’activité touristique du mois de juillet ne sera publié qu’au début du mois d’août, tout porte à croire que les craintes des professionnels étaient fondées et que ces tendances pourraient être confirmées par les vagues de chaleur successives du mois de juillet. En attendant, au-delà de l’inquiétude, ces tendances rendent l’activité des professionnels plus difficile à organiser et à anticiper.

  • Tourisme et canicules : ce n’est que le début !

    Tourisme et canicules : ce n’est que le début !

    « Mesurer pour comprendre. » Telle est la mission de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). En ces temps de canicules à répétition, il est temps de remettre en lumière une étude choc* de l’Insee Occitanie. Rendue publique le 19 novembre 2024, elle porte un titre brûlant d’actualité : « En Occitanie, les trois-quarts de l’offre touristique seront exposés à de fortes chaleurs en 2050 », c’est-à-dire à partir de 30°C et au-delà. Autrement dit, « 72% des lits des hébergements collectifs de la région sont situés dans des zones où les températures élevées seront les plus fréquentes à l’horizon 2050 avec plus de 35 journées où les températures dépasseront 30° C ou plus de 50 nuits tropicales par an » ; une nuit tropicale étant « une nuit où la température ne descend pas en dessous de 20°C ». L’étude de l’Insee parue il y a près de 4 ans, doit permettre aux professionnels du tourisme, aux services de l’État et aux collectivités locales de s’engager fortement sur le chemin de l’adaptation et l’atténuation d’un phénomène structurel : le réchauffement climatique. Sinon, le risque est de voir s’effriter un des piliers de l’économie régionale qui, au plus fort de l’été, génère jusqu’à 180 000 emplois, soit 7% de l’emploi marchand régional.

    L’autrice et l’auteur de l’analyse de l’Insee, Séverine Bertrand et François Hild, rappellent qu’en Occitanie « les étés 2022 et 2023 ont été marqués par des températures dépassant régulièrement les 35° C (voire 40° C) dans plusieurs départements, des niveaux rarement atteints autrefois » ; ajoutant que « les simulations climatiques les plus récentes confirment que ces phénomènes s’accentueront au cours des 25 prochaines années ». Résultat, l’Occitanie « est une des régions de France métropolitaine qui seront les plus exposées à des épisodes fréquents de fortes chaleurs, à la fois diurnes et nocturne ». L’étude de l’Insee a suivi l’évolution de la fréquence des journées de fortes chaleurs et des nuits tropicales pour la période 1976-2025 et aux horizons 2030 et 2050. L’accélération est impressionnante : sur la période 1976-2005, 2% seulement du territoire régional était concerné par les fortes chaleurs fréquentes, notamment dans l’Hérault et le Gard. Dans 4 ans, en 2030, ce sera 12% de l’Occitanie et dans 24 ans, en 2050, 50% de la surface régionale sera concernée ! Les touristes optent déjà pour des destinations au climat plus clément, notamment le littoral atlantique et du nord. Au printemps 2026, l’Insee a publié une analyse** montrant l’évolution des habitudes des vacanciers entre 2012 et 2024, sous l’impact du dérèglement climatique. « Dans ce contexte, la fréquentation des hébergements collectifs touristiques augmente moins fortement en Occitanie qu’au niveau national. En Occitanie, la concentration de la fréquentation touristique en juillet et en août tend à s’atténuer au profit d’un développement du tourisme au printemps, notamment en mai. » Une évolution portée par l’hôtellerie de plein air, « majoritairement sur le littoral méditerranéen ». Un bouleversement de la saisonnalité qui va exiger des adaptations structurelles de l’économie du tourisme.

    *Insee Analyses Occitanie, n°157, novembre 2024. **Insee Analyses Occitanie n° 168, mars 2026.

    CHIFFRES

    17,5

    millions de touristes ont été accueillis en 2023 dans les hébergements collectifs marchands d’Occitanie (hôtels, campings, résidences de tourisme, villages vacances) totalisant 55,2 millions de nuitées, soit 12% des nuitées de France métropolitaine.

    2e

    région de France pour la fréquentation des campings, l’Occitanie s’est hissée en 2025 au 3e rang des régions pour la fréquentation touristique, derrière l’Île de France et la Nouvelle-Aquitaine et devant Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur.

    125 000

    emplois en moyenne par an sont générés par le tourisme en Occitanie. Cela représente 7% de l’emploi marchand de la région. Au cœur de l’été, le secteur emploie jusqu’à 180 000 travailleurs.

  • Le sénateur Laurent Burgoa courtise la ruralité

    Le sénateur Laurent Burgoa courtise la ruralité

    Porté par des sénateurs de tous bords, le rapport sur le développement durable des territoires ruraux dont les propositions ont été rendues publiques, sort au meilleur des moments pour les parlementaires. Fin tacticien, Laurent Burgoa, qui a participé à son élaboration, sait bien qu’en rendant ce rapport à quelques semaines des élections sénatoriales, cela lui permettra de séduire des élus d’un territoire majoritairement rural.

    Pour autant, les propositions émises sont largement inspirées d’un travail de concertation avec les acteurs du territoire et notamment avec l’Association des maires ruraux (AMR). De quoi rassurer des élus toujours confrontés au manque de moyens et au désengagement de l’État. Pour réaliser ce rapport, les quatre sénateurs ont en effet « mené des auditions au Sénat, organisé un colloque ainsi qu’un “regards croisés“ sur le sujet des mobilités dans les territoires avec le Cerema [Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement, Ndlr.] et le CNRS et réalisé une consultation en ligne des élus locaux qui a recueilli 2 372 réponses ».

    L’objectif était ainsi de faire émerger des propositions pour allier le développement économique de ces territoires en souffrance et le respect de l’environnement alors que les effets du dérèglement climatique se font de plus en plus sentir. « Nous avons formulé des recommandations et mis en avant des exemples inspirants à l’attention des collectivités territoriales », explique Laurent Burgoa.

    « Besoin de planification »

    Ainsi, la Chambre haute propose par exemple la création d’un « répertoire national des bonnes pratiques de développement durable des territoires » pour mettre en avant les exemples de projets réussis ou encore la mise en place du « 1% ingénierie », qui permettrait de prélever 1% sur l’enveloppe de l’État dédiée aux investissements des collectivités. Le Sénat demande aussi un renforcement du pouvoir de dérogation des préfets pour faire face à la complexité des normes. « Les sénateurs ont repris beaucoup d’idées du grand atelier de la transition écologique organisé par l’AMR donc c’est plutôt bien », précise Emmanuel Grieu (Debout!), maire de Mandagout et membre du bureau de l’AMR 30.

    L’élu gardois met toutefois en garde contre une trop grande dérégulation. « Les normes sont très parisiennes et il y a une nécessité de les adapter aux territoires. Je me bats par exemple pour faire reconnaître la spécificité cévenole dans la gestion de l’eau, qui n’a rien à voir avec celle du nord de la Loire. Il y a donc des modulations à faire mais il faut quand même des règles pour ne pas laisser faire n’importe quoi », tempère Emmanuel Grieu.

    Le maire de Mandagout salue aussi le volet « planification » abordé dans ce rapport même s’il juge que la feuille de route ne va pas assez loin : « Il y a un vrai besoin de planification. Ce n’est pas propre à la ruralité, mais il y a des politiques publiques mises en place qui sont des réflexions à court terme. Je ne suis pas sûr que ce rapport règle vraiment ça. Il faut arrêter avec les appels à manifestation d’intérêt, il faut briser ce carcan des missions de 18 mois, d’appels à projets, parce que la transition doit être systémique. »

    Au cœur de la campagne sénatoriale, le développement de la ruralité dans le respect de l’environnement ne semble pas une priorité de la campagne présidentielle. Pourtant, avec 88% des communes françaises dans la ruralité, ce sujet devrait animer tous les programmes des candidats à l’Élysée.

  • Le port du Grau d’Agde pionnier dans la collecte des déchets marins

    Le port du Grau d’Agde pionnier dans la collecte des déchets marins

    À chaque sortie en mer, la pêche est double pour les pêcheurs du Grau d’Agde : celle des poissons, bien sûr, mais aussi celle des déchets, pris dans leurs filets. Plutôt que de les rejeter en mer, comme ce fut longtemps le cas – au risque de les repêcher un peu plus tard – ils les ramènent désormais à quai, où ils les déposent ensuite dans de grandes bennes dédiées à cet effet.

    Une action de dépollution marine qui s’inscrit dans le cadre d’un programme international baptisé « Repêchons les océans », porté, en France, par la Fondation Ecoalf et la Fondation de la mer. Le port héraultais du Grau d’Agde fut l’un des premiers ports français à s’investir dans cette démarche, dès le lancement du dispositif en 2022. Quatre ans plus tard, « 15 ports participent au programme, répartis sur toutes les façades littorales ; cela représente plus de 1 000 pêcheurs, 382 bateaux et 89 tonnes de déchets collectées depuis 2022 », illustre Muriel Barron, directrice des programmes de la Fondation de la mer. À l’échelle du Grau d’Agde, en 2026, le tonnage de déchets rapportés par les 140 pêcheurs volontaires avoisine les 2,2 tonnes. « Le gros de la collecte est réalisé par les petits chalutiers artisanaux, dont les chaluts viennent râper le fond de la mer pour récupérer certaines espèces de poissons. Les petits fileyeurs ou les gens qui pêchent à l’hameçon récupèrent beaucoup moins de choses, même si ça leur arrive », indique Yves Le Théry, directeur du port.

    Un camion-poubelle déversé dans l’océan chaque minute

    « Quand ils arrivent au port, les pêcheurs déchargent d’abord le poisson, et une fois qu’il est parti à la vente à la criée, ils versent les déchets qu’ils ont rapportés dans des bennes », poursuit le directeur du port. « Ils sont très réceptifs, car pour eux ce n’est ni coûteux en argent, ni coûteux en temps et cela leur permet de participer concrètement à la protection des écosystèmes marins », estime Yves Le Théry. Une démarche qui satisfait également les « obligations écologiques inscrites dans la convention de délégation de service public » de ce port départemental.

    « Tout l’enjeu est de trouver la bonne organisation, qui ne va pas nuire à l’efficacité des campagnes de pêche et alourdir le travail des pêcheurs », insiste la représentante de la Fondation de la mer. Sur chaque port participant au dispositif, « on établit un partenariat avec un gestionnaire des déchets qui va être en charge de la levée des bennes, de la catégorisation et, quand c’est possible, du recyclage de certains déchets », précise-t-elle.

    La lutte contre la pollution marine est un véritable enjeu : chaque minute, on estime que 15 à 18 tonnes de déchets sont déversées dans l’océan, soit l’équivalent d’un camion-poubelle. La majorité sont des déchets plastiques. Une fois en mer, le plastique se fragmente sous l’effet de la chaleur et des courants, en particules de plus en plus petites. « Les poissons le mangent et nous, en bout de chaîne, on l’ingère en mangeant du poisson… C’est un problème sanitaire global », estime Muriel Barron. « Sachant que la mer Méditerranée est certes toute petite à l’échelle de la surface mondiale des océans (0,8%), mais elle représente un réservoir de biodiversité majeur, qui abrite environ 10% de la biodiversité marine mondiale. C’est donc un terrain sur lequel il faut absolument agir », insiste la représentante de la Fondation de la mer. En Méditerranée justement, le programme « Repêchons les océans » a pris de l’ampleur : « Nous sommes désormais dans 4 ports, plus ou moins avancés dans l’appropriation du dispositif : Sète, Port-la-Nouvelle, Le Grau-du-Roi et le Grau d’Agde », liste Muriel Barron.

  • Dix ans de sauvetage en mer : SOS Méditerranée fait le bilan

    Dix ans de sauvetage en mer : SOS Méditerranée fait le bilan

    Dans le droit maritime international, le devoir de porter assistance à toute personne en détresse en mer est obligatoire. C’est au nom de cette exigence que depuis dix ans, l’ONG SOS Méditerranée mène des missions de sauvetage en Méditerranée centrale, l’une des routes migratoires les plus mortelles au monde. Au cours des 453 opérations menées depuis 2016, les membres de l’association ont témoigné du démantèlement progressif des opérations de recherche et sauvetage (SAR) dirigées par les États européens, de l’externalisation du contrôle des frontières européennes et de la criminalisation croissante de l’action humanitaire.

    Après avoir affrété l’Aquarius de 2016 à 2018, SOS Méditerranée poursuit désormais sa mission à bord de l’Ocean Viking depuis 2019. Le 19 juin 2026, l’ONG a publié un rapport anniversaire intitulé En pleine tempête, dans lequel on peut lire : « Entre janvier 2016 et décembre 2025, au moins 19 655 personnes sont décédées ou ont disparu en tentant de traverser cette portion de mer à la recherche d’un lieu sûr. »

    La violence des garde-côtes libyens

    Hélène est bénévole à SOS Méditerranée et co-référente du pôle évènements de l’antenne Hérault-Gard. Elle explique : « Entre la Libye et l’Italie, il y a cinq jours de navigation. Les personnes qui fuient leur pays par cette route sur des embarcations de fortune ont donc rarement assez d’essence pour traverser, et une chance sur deux d’être repérées et sauvées. »

    Avec d’autres bénévoles, Hélène organise des interventions de SOS Méditerranée dans de nombreux festivals en Occitanie, notamment au festival de Thau ou à Fiesta Sète. « Sur les stands, on explique que les États de l’UE financent la Libye pour intercepter les embarcations et les ramener d’où elles viennent. Seulement la Libye n’est pas un pays sûr. Elle ne respecte pas les droits humains et certains groupes armés y pratiquent l’esclavage. Les témoignages de nos sauveteurs montrent que les garde-côtes libyens sont armés, et nous avons désormais une mission aérienne qui témoigne de leur violence lors des opérations. Certains rescapés préfèrent donc sauter à l’eau et mourir, plutôt que de retourner en Libye. » Les embarcations auxquelles vient en aide SOS Méditerranée comptent parfois une centaine de personnes, dont des enfants, des femmes enceintes et souvent des grands brûlés, à cause des fuites d’essence mélangées à l’eau de mer.

    Mary a 20 ans et a été secourue par l’Ocean Viking en janvier 2024 alors qu’elle fuyait l’Erythrée. « Il y a tellement de risques quand on monte [sur ces embarcations] pour traverser la mer, témoigne-t-elle dans le rapport de SOS Méditerranée. Plus que de la mort, on a peur de se faire arrêter par les garde-côtes libyens. »

    Le tournant Salvini

    « Avec l’arrivée de Matteo Salvini au ministère de l’Intérieur italien en 2018, l’Italie a fermé ses portes au sauvetage humanitaire. C’est là que tout a commencé à se dégrader », se rappelle Hélène. Avant cette date, les opérations de sauvetage en Méditerranée étaient coordonnées depuis Rome. Cependant, après avoir secouru 630 personnes en juin 2018, l’Aquarius s’est vu refuser leur débarquement en Italie et à Malte. Et après plusieurs blocages administratifs et judiciaires, le navire a dû cesser ses opérations de sauvetage.

    « On a retrouvé un bateau, l’Ocean Viking, en 2019, raconte Hélène. Mais il y a eu ensuite la décision de l’UE de remettre graduellement la mission de sauvetage et de repérage aux mains des Libyens. » Entre décembre 2022 et décembre 2025, l’Ocean Viking a passé au total 239 jours à naviguer depuis ou vers des ports éloignés, des jours qui auraient dû être consacrés à sauver des vies en mer. Les garde-côtes libyens se sont également livrés à plusieurs reprises à des actions hostiles envers les navires humanitaires de sauvetage. Ainsi, le 24 août 2025, l’Ocean Viking a essuyé les tirs d’un patrouilleur de la Garde côtière libyenne dans les eaux internationales alors qu’il transportait 87 rescapés. Plus de 100 impacts de balles ont été recensés sur le navire. « Il n’y a eu aucune réaction européenne, s’insurge Hélène. L’UE continue d’équiper, de financer et de former la Garde côtière libyenne. » Une illustration supplémentaire de la responsabilité des États européens dans la facilitation d’actes de violence et d’intimidation à l’encontre des travailleurs humanitaires et des personnes en détresse en mer.

    « Si SOS Méditerranée est toujours debout après dix ans, c’est grâce aux dons, conclut Hélène. De nombreux citoyens refusent que les règles de droit international soient bafouées. Lorsqu’on entrave des opérations de sauvetage et qu’on laisse des personnes mourir en mer, c’est un pan de l’humanité toute entière qu’on efface. »

  • Femmes au travail : la Région Occitanie en première ligne

    Femmes au travail : la Région Occitanie en première ligne

    Douleurs pelviennes, abdominales, nausées, céphalées, troubles hormonaux, mal-être… La liste des effets indésirables liés aux menstruations est malheureusement longue pour de nombreuses femmes. Pourtant, en société, cette douleur est souvent tue. Dans une étude de l’Ifop datant de 2022, 65% des femmes salariées interrogées disent avoir déjà été confrontées à des difficultés liées à leurs règles au travail, 53% confient avoir des règles douloureuses et 35% déclarent que leurs douleurs menstruelles impactent négativement leur travail.

    Suite à l’interpellation, en séance plénière, de Marielle Garonzi, élue d’un groupe d’opposition de droite, sur la capacité de la collectivité à répondre aux besoins des femmes souffrant notamment d’endométriose -dont les règles douloureuses sont le principal symptôme- la Région a décidé de se saisir de la question. Le 4 juin, l’ensemble des groupes politiques -sauf le RN -ont ainsi adopté un vœu visant à « mieux reconnaître les problématiques hormonales impactant la santé des femmes dans l’organisation de l’administration régionale ». Pour ce faire, un groupe de travail transpartisan -à l’exception, là encore, du RN-, impulsé par la présidente de Région PS Carole Delga, a planché sur le sujet, auditionnant durant trois mois les services juridiques de la collectivité, des associations de lutte contre l’endométriose, des professionnels de santé ou encore les syndicats de la Région.

    Un plaidoyer auprès du gouvernement

    « L’endométriose touche aujourd’hui une à deux femmes sur dix. C’est tout sauf un phénomène anodin. Sachant que la dysménorrhée (les règles douloureuses), la périménopause, la ménopause, impactent également lourdement la santé des femmes au travail. Il s’agit donc d’un vrai sujet de société, qui concerne des centaines de milliers de femmes en Occitanie et des centaines de femmes dans l’administration régionale », souligne Pierre Lacaze, vice-président de la Région à l’égalité hommes-femmes et président de ce groupe de travail.

    « Il y a quelques années, plusieurs collectivités avaient mis en place des congés hormonaux sur prescription médicale. On s’est aperçu qu’il n’y avait pas d’abus : une partie des salariées y avait recours, mais en proportion assez faible. Hélas, suite à des consignes nationales, les préfectures ont ensuite cassé toutes ces décisions dans le cadre du contrôle de légalité. Les services juridiques de la Région nous ont assuré que si nous mettions en place un tel congé, il connaîtrait le même sort », explique Pierre Lacaze. La Région a donc décidé de porter un plaidoyer auprès du gouvernement et des parlementaires pour faire évoluer la loi. « Cette évolution est indispensable pour permettre la création d’une Autorisation spéciale d’absence (ASA) liée aux pathologies hormonales féminines », indique l’élu communiste, qui a porté, le 8 juin, ce plaidoyer auprès de la ministre chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, à l’occasion d’une rencontre de l’association Régions de France. « Nous attendons un retour pour, nous l’espérons, un rendez-vous à la rentrée avec le gouvernement afin de discuter de la possibilité de légiférer. »

    Dans l’attente, plusieurs dispositifs vont être mis en place au sein de la collectivité, notamment une enquête interne auprès des agentes concernées et le recours ponctuel au télétravail supplémentaire sur prescription médicale. « On va se lancer dans une adaptation, dans tous les services, des conditions de travail pour ces femmes et former l’ensemble des dirigeants de services à cette problématique », promet Pierre Lacaze.