Tag: numérique

  • À Allauch, dompter le numérique pour mieux travailler

    À Allauch, dompter le numérique pour mieux travailler

    « L’objectif de ces ateliers, c’est la maîtrise », pose Léa Maïa Abrissa. Dans la salle de réunion, la jeune femme, dont l’activité consiste à « accompagner les projets collectifs », vient de détailler le programme des nouveaux rendez-vous lancés ce premier trimestre à La Bobine. Intitulée « être maître de son temps et de son attention », la conférence est fixée mardi 27 janvier prochain*.

    Président de l’association marseillaise Un Prétexte, spécialisée dans la culture des sciences et des savoirs, Hugo Gattuso animera ce rendez-vous : « Nous parlerons de la surexposition aux écrans numériques et de l’impact sur soi et sa relation aux autres. » Suivra le premier atelier, jeudi 12 février, même lieu, de 8h30 à 10h30, qui invite à « reprendre la main sur ses usages numériques ». Et enfin le second, jeudi 5 mars, même lieu, de 18h à 20h : « respecter son rythme, se libérer des charges obsolètes. » Habitués du lieu, auto-entrepreneurs, télétravailleurs, professions libérales, entrepreneurs… une vingtaine de personnes sont venues, vendredi, s’informer sur ces nouveaux rendez-vous. Et le thème choisi fait mouche.

    Solutions pratiques

    Conseillère municipale déléguée au développement économique et à l’animation de La Bobine, Emmanuelle Girard-Thivillier explicite le choix du thème  : «Dans ce monde tellement anxiogène, de pression professionnelle, nous voulions donner des outils pratiques aux gens pour gérer toutes les informations ».

    Directeur du Pôle culturel, Armand Teissedre souligne : « Il faut humaniser le travail. L’utilisation de l’outil numérique a ses limites. Le mail est parfois sujet à interprétation. Si on se positionne comme manager et c’est mon cas, il faut privilégier les rencontres régulières pour libérer les échanges. Elles peuvent aider à dénouer les conflits. »

    * De 18h à 20h30 à La Bobine, 164 av. de Gaulle. Tél : 04.91.10.49.70.

  • Pour Noël et la Saint-Sylvestre, les marins pompiers au taquet

    Pour Noël et la Saint-Sylvestre, les marins pompiers au taquet

    Dix minutes chrono. C’est le temps que se donnent les marins pompiers pour intervenir, du coup de fil à l’arrivée des secours sur place. Dans le centre de traitement des appels, à l’état major du BMPM, boulevard de Strasbourg (3e), ils sont 15 à se relayer sur 24 heures. Des hommes et des femmes expérimentés, capables d’évaluer rapidement la situation, même si le numérique leur vient en aide explique le capitaine de frégate Bruno. Un logiciel paramétré par leur soin permet aux marins pompiers de savoir exactement la topographie des lieux, si des travaux sont en cours… Histoire de ne pas engager un gros camion là où il ne pourra pas passer précise ce dernier.

    Sur l’écran géant, une carte de la ville avec des étiquettes pour figurer les équipes engagées. Un code couleur permet à deux opérateurs de suivre les interventions en cours et d’ajuster : « Orange, ils sont à l’hôpital, en jaune en train de revenir, en vert disponible et en rouge en intervention », détaille-t-il.

    Depuis début décembre, des moyens supplémentaires ont été engagées « afin de faire face à la demande de secours sur le centre-ville ville et à proximité de Grand Littoral et de La Valentine, les magasins sont ouverts, les gens font leurs courses et aussi samedi dernier autour du Vieux-Port pour le feu d’artifice et le spectacle de drones », précise le capitaine de frégate.

    Plus de technicité

    Pour la nuit du 31 décembre, bien moins agitée que celle du 14 juillet, jusqu’à 350 personnes sont mobilisées pour porter secours. Une vingtaine de marins sont dédiés aux ambulances uniquement, « c’est 15% de plus », précise le vice-amiral Lionel Mathieu, commandant du bataillon. « On décale l’armement de nos engins pour avoir plus de personnel la nuit, jusqu’à 3h du matin », ajoute le capitaine de frégate Bruno.

    Si la nuit de Noël devrait être plutôt calme, ils redoutent « les accidents de la circulation notamment avec les trottinettes (+56% cette année), bref les comportement à risque. L’invulnérabilité n’existe pas », martèle le vice-amiral.

    Tout au long de l’année, le bataillon a pu constater une hausse des appels, à raison de 4% par rapport à 2024, soit 126 000 en 2025, pour 346 interventions par jour, indique-t-il, sans être vraiment en mesure d’analyser cette tendance. « Je pense que c’est la même chose pour le 17, nous sommes peut être dans un sentiment global anxiogène, où on a besoin d’être rassuré et à Marseille ce qui rassure c’est le bataillon », constate Yannick Ohanessian (PS), adjoint au maire de Marseille, en charge de la sécurité publique et du BMPM.

    Pour autant l’augmentation des effectifs n’est pas à l’ordre du jour. L’idée étant plutôt pour le vice amiral de gagner en efficacité avec plus de technicité. Plus d’officiers ont été engagés, la Ville et la Marine financent une école qui devrait voir le jour sur la friche Louis Armand (12e) en 2030.

  • L’Occitanie en bonne position sur le numérique

    L’Occitanie en bonne position sur le numérique

    On n’ira pas jusqu’à dire que l’Occitanie est la Silicon Valley française mais une chose est sûre. En dépit d’un léger essoufflement de l’emploi observé depuis 2022 en raison de « la hausse des taux d’intérêt, de la baisse de certains investissements et de l’incertitude », l’économie numérique se porte à merveille dans notre région, révèle une étude de l’Insee (avec la Dreets).

    Forte de 131 000 emplois numériques (dont 116 000 salariés), l’Occitanie est, hors Île-de-France, la seconde région la mieux dotée derrière Auvergne-Rhône-Alpes, le secteur pesant 7,3% des emplois marchands (5,9% en moyenne en France). En 2022, 8,1 milliards d’euros de richesse étaient ainsi générés.

    Les activités sont centrées pour les trois-quarts sur les technologies de l’information et de la communication (programmation, conseil, télécommunications, édition de logiciels…), 13% autour de la publicité et du design ; 8% sur les contenus et supports (cinéma, TV, musique, livres, journaux…), 5% pour les autres technologies (équipements scientifiques, aide à la navigation…).

    À elles seules, Toulouse et Montpellier pèsent les trois-quarts des emplois numériques. Avec des sociétés de conseil en systèmes et logiciels informatiques (Capgemini, Sopra Steria, Thales…), Toulouse abrite 74 000 emplois, soit 56% du secteur. Montpellier en compte 28 000 (21%) avec les géants Dell, Orange, Horiba, Computacenter, Septeo, Capgemini ou encore Ubisoft. Hors métropoles, l’activité est plutôt tournée vers la pub et la com’, un secteur en difficulté.

    Les métiers du numérique, souvent occupés par des hauts diplômés, sont plus rémunérateurs à Toulouse et Montpellier. Le salaire annuel net moyen s’élève à 29 000 nets par an, soit 41% de plus que pour l’ensemble de la sphère marchande régionale. Les cadres sont surreprésentés (72% contre 17% dans toute l’économie régionale) avec une forte présence de CDI. Les femmes sont peu nombreuses (24%) et gagnent 13% de moins que les hommes, un écart salarial conséquent mais moindre que dans le reste de l’économie. À noter que l’Occitanie emploie aussi 4 000 contrats d’alternance.

    La croissance du secteur numérique s’est accélérée depuis 2020 et la crise Covid en raison de plusieurs éléments : « Le développement massif du télétravail et des outils de visioconférence ainsi que le recours accru au commerce en ligne », détaille l’Insee. Depuis 2022, l’arrivée des premiers logiciels d’intelligence artificielle (IA) maintient la technologie premier plan. En Occitanie, le marché de l’IA pèse déjà 300 entreprises, qui emploient 5 000 personnes fin 2024 pour un chiffre d’affaires qui s’élevait déjà à 540 millions d’euros en 2023. Leur valeur ajoutée « repose majoritairement sur des briques d’IA qu’elles développent en interne », précise l’Insee. Plus d’un milliard d’euros ont été levés sur divers marchés dont la santé, l’aérospatial, l’industrie, l’environnement, la sécurité, défense, logistique, la ville intelligente ou l’agriculture de précision.

  • Coup de Pouce numérique pour les demandeurs d’emploi

    Coup de Pouce numérique pour les demandeurs d’emploi

    Coup de Pouce Internet est une offre de l’opérateur Orange proposant une connexion à 15,99 euros par mois, en complément d’un ordinateur reconditionné à 169 euros. Destinée aux personnes disposant d’un quotient familial CAF ou MSA inférieur à 700 euros ou percevant le minimum vieillesse, elle répond à « la fracture numérique », précise Philippe Daumas, délégué régional Orange.

    Par ailleurs, l’opérateur organise une série d’ateliers de sensibilisation à l’usage du numérique dans les agences France Travail, ouverts à tous les demandeurs d’emploi. « Un tiers des personnes qui viennent à France Travail le font pour des démarches administratives, pour s’actualiser. Et dans les offres d’emploi, il y a de moins en moins de postes sans informatique », complète Pascal Blain, directeur de France Travail Paca.

    Dans l’agence de la Belle de Mai (3e), 24 personnes s’étaient inscrites à l’atelier sur l’IA. Dans la salle, cependant, peu de participants étaient très éloignés de la pratique numérique. Un peu plus de l’emploi. Mais la grande majorité s’est dite satisfaite des enseignements de l’intervenante. Un chauffeur VTC y a trouvé « une idée pour faire des dépliants à destination des touristes ». Une ingénieure en génie civil, qui souhaitait « être plus performante dans sa recherche d’emploi », a obtenu « quelques indices pour ajuster le tir », regrettant toutefois : « Le problème, c’est que les offres ne courent pas les rues », même numériques.

    Sur les 32 ateliers déjà réalisés, « nous avons un taux de participation de 84% », se félicitent les partenaires. Expérimentée dans les Bouches-du-Rhône, l’opération est vouée à s’exporter sur sept autres départements, puis à l’échelle nationale.

  • Opale Care : un outil digital pour sortir du déni des violences conjugales

    Opale Care : un outil digital pour sortir du déni des violences conjugales

    Évaluer en toute discrétion son exposition aux violences conjugales de toutes sortes, puis recevoir gratuitement un diagnostic personnalisé et si besoin des conseils pour s’orienter auprès de professionnels. Voilà les services que propose gratuitement la plateforme Opale Care*.

    Créé en 2024 par l’entrepreneuse montpelliéraine Vigdis Morisse-Herrera, cet outil digital unique de prévention, diagnostic et de suivi, propose de combler un manque pour les victimes. « J’ai été moi-même victime de violences conjugales sexuelles et psychologiques. J’ai créé la plateforme dont j’aurais eu besoin à l’époque », résume cette passionnée de French Tech.

    Elle explique que la multiplicité des atteintes (psychologiques, physiques, sexuelles, économiques, administratives, cyberviolences), complique souvent la prise de conscience des victimes, des femmes à 87% parmi les 271 000 plaintes déposées en 2023 (sachant que seules 14% des victimes réclament réparation). « Le sujet est souvent abordé sous l’angle de la femme battue, ce qui invisibilise toutes les autres formes de violences, laisse entendre que le reste n’est pas grave. »

    Pour avoir dû elle-même partir en quête d’informations, elle décide d’en faciliter l’accès. « Le numérique est un énorme levier », assure Vigdis tandis qu’Opale Care compte déjà 7 500 utilisateurs. Discret, le questionnaire anonyme de 200 occurrences (20 minutes) permet de lever les doutes ou sortir du déni. « Il catégorise les choses sans avoir le tabou de la réponse. » Sans interlocuteur physique à qui se confier, « il n’y a pas de gêne ni de honte. C’est parfois plus facile que de faire la démarche d’appeler un numéro d’urgence ou se déplacer dans une association. »

    Via une analyse juridique de ce que la loi interdit, la version pro d’Opale Care pousse l’expertise jusque dans l’entreprise pour l’inciter à « protéger et accompagner ses salariés ». Quel que soit le cadre des violences, les victimes sont renseignées sur les aides publiques (CAF, banque, assurance…) auxquelles elles ont droit et si besoin redirigées vers des associations ou professionnels compétents.

    Plus d’infos sur : opale.care

  • Bouches-du-Rhône : une poupée sexuelle enfantine saisie dans un colis

    Bouches-du-Rhône : une poupée sexuelle enfantine saisie dans un colis

    Une poupée « à caractère pédopornographique » découverte dans un colis en provenance de Chine… En pleine polémique sur ce genre de « jouets » pour le moins abjects vendus sur la plateforme numérique Shein, le procureur de la République d’Aix-en-Provence indique dans un communiqué ce lundi 3 novembre, qu’à la demande d’employés d’une société de livraison, la gendarmerie est intervenue, découvrant la poupée. Les investigations ont rapidement permis « d’identifier et d’interpeller le destinataire », qui « était déjà connu du fichier judiciaire des auteurs d’agressions sexuelles » précise le procureur.

    Déjà connu de la police

    « L’intéressé » qui a par ailleurs reconnu avoir « commandé cette poupée à des fins sexuelles », a été déféré ce mercredi 5 novembre au parquet d’Aix-en-Provence et devrait être convoqué devant le tribunal correctionnel après avoir été placé sous contrôle judiciaire. Cette affaire intervient alors que la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) avait alerté la justice sur la présence de poupées à caractère pédopornographique sur plusieurs plateformes de e-commerce, dont AliExpress ce lundi, après avoir déjà épinglé Shein. Le gouvernement a décidé d’engager la suspension de cette dernière qui a inauguré mercredi son premier magasin physique au monde au BHV. Shein a dit prendre acte de la décision du gouvernement, dans un communiqué, martelant que « la sécurité de nos clients et l’intégrité de notre marketplace sont nos priorités absolues ».

  • Un atelier pour trouver de bonnes sources sur internet

    Un atelier pour trouver de bonnes sources sur internet

    Comment se cultiver ou s’informer de manière fiable sur internet ? La multitude de résultats d’une recherche Google peut décourager, parfois perdre, souvent induire en erreur. Les Espaces publics numériques (EPN) de Martigues proposent plusieurs ateliers à différentes thématiques pour répondre à ce besoin. Avec plusieurs médias et ressources à partager.

    L’animateur de l’atelier de ce lundi après-midi, Frédéric Magaud, part de la plateforme Youtube. « Il existe beaucoup de chaînes à but éducatif ou de vulgarisation scientifique », explique-t-il, parmi lesquelles on peut citer Fouloscopie, créée par le docteur en sciences cognitives Mehdi Moussaïd. Ce dernier explique entre autres la densité d’une foule au mètre carré à partir… de tomates cerises dans une caisse en bois.

    Dans un autre registre, Frédéric Magaud propose Nota Bene, une chaîne qui traite d’histoire, ou encore le Collège de France et ses centaines d’heures de cours d’universitaires en libre accès par thématique. « J’ai tendance à proposer des sources officielles pour être sûr de l’info, même si certains créateurs sont tout à fait respectables », justifie l’animateur.

    Fatia, la cinquantaine et ancienne secrétaire en quête de bonnes sources, a trouvé son bonheur. « J’utilise beaucoup Youtube pour mes différentes recherches », reconnaît-elle. Mais il n’y a pas que cette plateforme et Frédéric Magaud passe en revue d’autres ressources comme Gallica, le versant numérique en libre accès de la Bibliothèque nationale de France (BNF) où l’on peut lire Balzac ou Hugo. « C’est intéressant ! », remarque la participante, intéressée par la littérature plus que par les podcasts ou par Wikipédia.

    Que faire de l’IA ?

    Une question que se pose Fatia est celle de que faire de l’IA et de ses réponses. « J’ai Gemini sur mon téléphone pour poser des questions », indique-t-elle. « Mieux vaut utiliser Mistral », répond Frédéric Magaud, argumentant qu’il s’agit d’« une IA européenne protégée par RGPD et non soumise à la loi américaine, qui peut permettre à Google de donner des infos sur nous à tout le monde autrement ». « Et ChatGPT sait déjà tout sur nous ! », renchérit une autre participante.

    Après deux ans d’existence, les ateliers grand public des EPN sont encore source de découverte et d’étonnement à mesure qu’évolue le paysage numérique. Qu’il s’agisse de question d’intelligence artificielle, ou de mise à jour de Windows.

  • À Bouc-Bel-Air, l’inquiétude des riverains

    À Bouc-Bel-Air, l’inquiétude des riverains

    Un an après le lancement d’une pétition par les riverains du projet qui plafonne autour de 1900 signatures (notre édition du 19/06), le futur centre de données MRS6 de Digital Realty est, depuis le 6 octobre dernier et pour neuf jours encore, soumis à enquête publique. Un projet titanesque. Quelque 700 millions d’euros sont prévus pour transformer l’ancien entrepôt Decathlon de Plan-de-Campagne et en faire le plus gros data center du département, sur 26 000m² au milieu d’une parcelle de 10 hectares avec cinq salles de serveurs au rez-de-chaussée, deux autres au premier étage. L’installation nécessitera notamment de tirer une nouvelle ligne haute tension souterraine depuis le poste voisin du Realtor, à Cabriès, avec une sous-station à créer par le gestionnaire du réseau RTE, tandis que les 30 générateurs de secours doivent pouvoir apporter une puissance totale de 217 mégawatt, soit la moitié d’une centrale à gaz…

    De quoi alarmer une nouvelle fois les riverains, qui ont transmis au commissaire enquêteur des avis identiques pointant des effets cumulés avec la déchetterie voisine qui a ouvert en 2022. « Nous craignons que cette nouvelle infrastructure, malgré son caractère non industriel, ne crée un îlot de chaleur et des nuisances supplémentaires », écrivent-ils ainsi, réclamant que « les effets combinés soient évalués et compensés ». Le porteur de projet, de son côté, espère le faire sortir de terre début 2028.

  • Un Cezanne trop polluant pour les Pennes-Mirabeau

    Un Cezanne trop polluant pour les Pennes-Mirabeau

    Pour cette fois, Cezanne fait mauvaise impression. Depuis le 22 septembre et l’ouverture de l’enquête publique sur ce projet de centre de données porté par le groupe japonais Telehouse aux Pennes-Mirabeau, les avis négatifs des habitants se multiplient sur le registre dématérialisé disponible en ligne. Après avoir vu les data centers essaimer dans l’enceinte des bassins Est du grand port maritime de Marseille – le dernier porté par Digital Realty doit être livré fin 2026 à la place de l’ancien silo à sucre – les pouvoirs publics ont en effet décider de repousser les futurs projets en périphérie de la cité phocéenne.

    Ainsi c’est sur une parcelle de 6 hectares implantée en bordure de l’A7, à proximité de la zone de l’Anjoly, que Telehouse veut construire ces huit bâtiments, de deux étages chacun, avec à chaque fois deux salles de serveurs informatiques accompagnés leurs locaux techniques et de batteries, pour une puissance de 6 mégawatt par bâtiment. À cela il faut encore ajouter des bureaux, les groupes électrogènes, des cuves enterrées, les parkings avec leurs ombrières photovoltaïques… Soit au total, quelque 22 000m² aux trois quarts dédiés aux salles de serveurs. Un chantier qui doit démarrer au deuxième trimestre 2026, pour s’achever à l’horizon 2030 avec la création d’une sous-station électrique par le gestionnaire public du réseau RTE.

    Réseau de chaleur prévu

    Pour économiser l’énergie, le projet promet que les six groupes froids installés en toiture de chaque data center utiliseront directement l’air extérieur quand les températures seront inférieures à 12°C afin de refroidir les circuits d’eau. La chaleur fatale des serveurs informatiques devrait quant à elle être mise à profit : « La commune est totalement favorable à ce que ce projet intègre la réalisation d’un réseau de chaleur », confirmait ainsi le maire (DVG) Michel Amiel dans un courrier daté du 27 janvier dernier, indiquant que la Métropole était prête à apporter un appui en ingénierie. « La commune des Pennes-Mirabeau sera particulièrement attentive à ce que ce projet d’envergure s’inscrive dans une approche aussi vertueuse que possible sur le plan environnemental », insistait-il alors. Une promesse formulée dès le printemps 2024 par le porteur de projet qui au moment du sommet Choose France promettait de construire des data-center « écoresponsables » (notre édition du 14/05/2024), et qui s’engage aujourd’hui à n’utiliser que de l’électricité verte, et du biocarburant pour les générateurs de secours.

    Pas de quoi convaincre l’Agence régionale de santé. Dans son avis rendu le 10 juin dernier, celle-ci s’alarme : « Les concentrations mesurées en PM10 [particules fines, Ndlr.] et N02 [dioxyde d’azote] dans l’air dans la zone d’influence de la future activité sont supérieures aux valeurs limites réglementaires en certains points. » Cela alors même qu’une école est située à 170 mètres. Et de demander de « revoir le projet ». « Le point d’échantillonnage n’est pas situé à proximité de cibles potentielles », répond le porter de projet, indiquant que cette pollution est liée aux groupes électrogènes de secours qui ne seront utilisés que moins de 500 heures par an. Une prochaine réunion publique se tiendra le 10 décembre, avant la clôture de l’enquête le 22 décembre.

  • Le Gard entre dans l’ère du tout-fibre

    Le Gard entre dans l’ère du tout-fibre

    Ce mercredi 15 octobre, élus, experts et opérateurs se sont réunis au Pont du Gard pour une journée consacrée au très haut débit (THD) et à ses usages. L’événement, organisé par le Conseil départemental du Gard et XpFibre, a marqué une étape symbolique : celle d’un territoire désormais entièrement fibré, de la plaine camarguaise aux Cévennes.

    Depuis 2018, la collectivité s’est engagée dans un projet ambitieux : garantir l’accès au numérique à l’ensemble des habitants, quel que soit leur lieu de résidence. Ce réseau public, baptisé WiGard, a été déployé avec XpFibre et sa filiale Gard Fibre. Résultat : plus de 272 000 logements et locaux professionnels sont aujourd’hui éligibles à la fibre optique dans 303 communes, sans qu’aucune ne soit mise à contribution financièrement. « Ce choix politique fort repose sur une conviction simple : l’égalité d’accès aux nouvelles technologies est un droit pour toutes et tous », a rappelé Françoise Laurent-Perrigot, présidente socialiste du Conseil départemental du Gard. L’opération, entièrement financée par XpFibre à hauteur de plus de 300 millions d’euros, place le département parmi les douze en France à avoir fait ce pari d’une couverture publique intégrale et solidaire.

    « Un levier de transformation »

    Si les 13 000 kilomètres de fibre posés à travers le Gard impressionnent, c’est surtout l’impact concret de cette infrastructure qui a été au cœur des échanges. Télétravail, télémédecine, domotique, enseignement à distance, vidéo ultra-HD ou jeux en ligne : le très haut débit bouleverse le quotidien des habitants, des zones urbaines aux villages isolés.

    Les entreprises locales en profitent également : transfert de données accéléré, réunions dématérialisées, services en ligne facilités. Pour les collectivités, le réseau WiGard ouvre la voie à un « groupe fermé d’utilisateurs » (GFU), un système souverain et sécurisé reliant en fibre optique 77 sites départementaux – collèges, centres médico-sociaux, antennes routières – à travers une boucle interne de plus de 1 000 km. Objectif : mutualiser les abonnements, réduire les coûts et garantir une meilleure qualité de service. « Nous ne célébrons pas seulement une infrastructure, mais l’ouverture d’une nouvelle page : celle des usages », a souligné Françoise Laurent-Perrigot. Le numérique devient ici un levier de transformation durable, capable de renforcer l’attractivité économique, de rapprocher les habitants des services publics et de réduire les inégalités territoriales. La fibre, souligne-t-elle, « relie les Gardois entre eux et au reste du monde », tout en consolidant la souveraineté numérique des collectivités.

    Désormais, la priorité est d’accompagner la migration vers la fibre, alors que la fin du réseau cuivre est prévue à l’horizon 2030. Pour Lionel Recorbet, président-directeur général d’XpFibre, « la fibre n’est pas un luxe, c’est un service essentiel ». Déjà, plus de 52% des foyers éligibles sont raccordés, un taux supérieur à la moyenne nationale. Le Département compte poursuivre cette dynamique en développant les usages numériques  : formation des habitants, accompagnement des petites entreprises et innovation publique. Un fonds de 3 millions d’euros sera mobilisé pour encourager les projets locaux liés à la transition numérique, à la connectivité des zones rurales et à la cybersécurité des collectivités. Treize ans après les premières études et sept ans après le lancement du chantier, le Gard peut désormais l’affirmer : il est 100 % très haut débit.