Tag: Nicolas Isnard

  • Faire de l’Étoile et du Garlaban une « réserve de biodiversité »

    Faire de l’Étoile et du Garlaban une « réserve de biodiversité »

    S’appuyant sur son Atlas de la biodiversité lancé en 2022, Aix-Marseille Provence veut créer une « réserve métropolitaine de biodiversité » sur la chaîne de l’Étoile et le massif du Garlaban. Elle va lancer des études de faisabilité en vue d’un classement en zone de protection forte.

    S’inscrivant dans la dynamique de la convention de Rio de 1992 et de la stratégie nationale biodiversité 2030 qui en découle, la Métropole veut doubler la part de ses espaces naturels remarquables protégés d’ici 2035. Aujourd’hui 54% des 314 900 hectares de son territoire ont un statut de protection mais seulement 5% en protection forte.

    Ce ne serait pas pour la collectivité, sa première aire naturelle protégée. Trois sites démonstrateurs ont déjà été inaugurés qui attendent leur classement par arrêté préfectoral de protection de la biodiversité : la Crau du Piboulon entre Alleins et Mallemort porté par une forte mobilisation citoyenne et associative, le Puits de Madame à La Barben et les Versants Nord du Massif de l’Étoile. La création d’une « réserve métropolitaine de biodiversité » sur la chaîne de l’Étoile et le massif du Garlaban se veut le 4e projet structurant.

    Au cœur d’un espace urbain de plus d’1,8 million d’habitants qui comprend 13 communes, la chaîne de l’Étoile et le massif du Garlaban, ce sont 12 254 hectares de territoires naturels à haute valeur écologique, paysagère et patrimoniale. Ils jouissent déjà de deux protections nationales : 10 044 hectares sont inscrits depuis 2007 en zone spéciale de conservation Natura 2000 et depuis 1982 en Zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF type I et I).

    Mais ces protections ne suffisent plus face à la pression d’urbanisation, la fréquentation excessive, les feux de forêt, les pollutions diverses, mais aussi le changement climatique et ses conséquences qui accroissent les menaces qui pèsent sur la conservation des habitats naturels. Preuve de cette richesse souvent insoupçonnée, l’Atlas métropolitain de la Biodiversité qui révèle que sur les 6 000 espèces animales et végétales connues, 509 espèces présentent un enjeu de conservation maximal.

    Quid du « Grand parc municipal » ?

    La Métropole a donc lancé, en juin, un appel d’offres afin de désigner une société de conseil et d’ingénierie écologique pour mener des études préalables et des expertises robustes destinées à constituer un dossier de classement de cette future « réserve de biodiversité ». « Le marché sera soutenu financièrement par le Fonds Vert, jusqu’en septembre 2027 », note l’appel d’offres ouvert jusqu’au 31 juillet. Une mission d’animation foncière est également attendue pour approcher les propriétaires dans les zones identifiées à enjeux. Il s’agit de recueillir leur avis, les sensibiliser, les associer à la démarche pour in fine recueillir leur accord de principe.

    Parmi les 1 400 propriétaires fonciers à courtiser, la Ville de Marseille, dont le maire, Benoît Payan (DVG), a fait de la création d’un « Grand parc municipal du pic de l’Étoile » une de ses promesses de campagne. Son projet en lisière ambitionne de renforcer la desserte en bus et le stationnement aux entrées du parc, d’aménager des bancs, des tables, des aires de jeu, des cafés, installer des poubelles, des caméras ou encore de recruter des gardes. Sa compatibilité avec cette future réserve pourrait mettre à l’épreuve son accord de gouvernance passé avec Nicolas Isnard (LR), le président de la Métropole.

  • Ciel chargé pour l’entrée en campagne de Renaud Muselier

    Ciel chargé pour l’entrée en campagne de Renaud Muselier

    On a connu lancement de campagne plus serein. Jeudi, Renaud Muselier, président (Ren) de la Région Sud, présentait les quatre premiers de sa liste baptisée « En Provence, l’expérience qui rassemble » pour les sénatoriales du 27 septembre. à ses côtés, la sénatrice (UDI) sortante, Brigitte Devesa, la maire (LR) d’Auriol, Véronique Miquelly, et le maire (LR) de Graveson, Michel Pécout.

    Valérie Boyer « s’isole »

    Pas de Valérie Boyer sur la photo de famille, en revanche. Annoncé partante, la sénatrice LR sortante de Marseille a finalement annoncé, une heure plus tôt, qu’elle irait en solitaire. « Elle était quatre, elle est passée trois, elle voulait être en tête de liste (…). Elle s’isole, nous, on additionne », glisse Renaud Muselier, qui laisse la première place à Brigitte Devesa.

    « Moi, je recherche l’équilibre », insiste le macroniste qui se dépeint volontiers en rassembleur, relevant que sa liste a le soutien de Gérard Larcher, président (LR) du Sénat, et des majorités régionale, départementale et métropolitaine. « Nicolas Isnard (LR) et Martine Vassal (DVD) seront les deux coprésidents du comité de soutien », ajoute-t-il pour mieux convaincre.

    Mais la candidature de Valérie Boyer n’est pas le seul grain de sable dans la machine. La veille, le parquet de Marseille a confirmé l’ouverture d’une enquête pour prise illégale d’intérêt après un signalement affirmant qu’un des employés de maison du président de Région serait salarié par une société attributaire de marchés publics de sa collectivité. Dans la foulée, une enquête de Mediapart révèle qu’à l’initiative des JO d’hiver 2030 dans les Alpes, Renaud Muselier a investi dans une station de l’Utah où se tiendront les JO d’hiver en 2034, et décrit « les contours d’un conflit d’intérêts majeur » pour le membre du bureau exécutif du Cojop et coprésident de la Solideo.

    « Un fait de campagne »

    « Je m’en prends deux à un moment particulier, c’est un fait de campagne », a réagi Renaud Muselier, indiquant avoir, dès la publication de l’article, mandaté son avocat pour « préparer un dépôt de plainte avec constitution de partie civile pour dénonciation calomnieuse. Ces affirmations sont fausses et ces accusations sont mensongères dans le seul but de me nuire ».

    Mettant en avant un tout récent de rapport de l’Agence française anticorruption notant que tous les process de sa collectivité sont conformes, il assure, sur un « plan juridique pur », n’avoir « jamais siégé à la commission des marchés, ni signé un marché depuis dix ans. Les process sont clairs et je n’ai jamais eu de salarié payé directement ou indirectement par la Région ».

    Dans un communiqué, la Région défend pour sa part « un fonctionnement conforme à la réglementation, et rigoureux, des procédures de mise en concurrence », et indique se réserver le droit de déposer une plainte contre X auprès du procureur.

    Dans ce contexte, Renaud Muselier reste, lui, ambitieux. Chiffres à l’appui, il espère décrocher quatre places fin septembre. « On est capable d’en rentrer quatre, c’est un match collectif », martèle le président, sans doute quand même bien conscient que la candidature de Valérie Boyer et celle de Stéphane Le Rudulier (LR) pourraient lui coûter le grand chelem espéré.

  • Nicolas Isnard tente de trouver une issue budgétaire

    Nicolas Isnard tente de trouver une issue budgétaire

    Après une conférence des maires ce mercredi 8 juillet, Nicolas Isnard (LR) va soumettre au vote en septembre le principe de création d’un fonds de concours d’un montant « équivalent à la baisse de dotation solidaire communautaire ». Les élus avaient refusé de voter le budget 2026 le 28 avril dernier, le président de la métropole estimant que l’État était responsable d’un trou de 144 millions d’euros, laissant la main à la Chambre régionale des comptes et au préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski. Au-delà des 91 millions d’euros d’économies dans le fonctionnement et les investissements de la collectivité, les magistrats financiers proposaient de sabrer 53 millions d’euros dans la dotation de solidarité communautaire.

    Pour le maire de Salon-de-Provence, pas question de recourir à l’impôt pour redresser la barre et une idée fixe : préserver la capacité d’investissement des communes.

    Des marges de manœuvre très réduites

    « Le budget arrêté réduit fortement les marges de manœuvre des communes. Il était de notre responsabilité de trouver une solution qui permette d’atténuer cette perte. En transformant cette perte de Dotation de solidarité communautaire en fonds de concours pour 2026, nous apportons une réponse concrète, rapide et solidaire, tout en respectant les équilibres financiers de la Métropole », souligne-t-il.

    Les 92 maires ont également convenu « d’engager immédiatement les travaux sur le futur pacte financier et fiscal entre la Métropole et les communes. » Un groupe de travail étant mis sur pied pour examiner « l’ensemble des leviers permettant de construire un cadre financier durable et équilibré. » Attributions de compensation, dotation de solidarité communautaire, fiscalité… « Toutes les pistes seront mises sur la table afin de préparer la suite du mandat dans un esprit de responsabilité et de dialogue », assure la présidence de la métropole. La première réunion devant se tenir dès ce jeudi.

  • Le maire d’Aubagne annonce le retrait de ses élus de la société publique L’Eau des Collines

    Le maire d’Aubagne annonce le retrait de ses élus de la société publique L’Eau des Collines

    « Un passage en force » validé par le « silence assourdissant de la Métropole », discréditant « la promesse d’une Métropole des maires [ laquelle devait, selon son président Nicolas Isnard (LR), laisser les compétences de proximité aux communes] ». C’est l’accablante analyse que fait la Ville d’Aubagne de l’élection de Serge Perottino, maire (DVD) de Cadolive et vice-président de la Métropole Aix-Marseille, à la tête de la Société publique locale (SPL) L’Eau des collines.

    Cette structure publique est responsable de la gestion du service de collecte et de transport des eaux usées de l’ensemble des communes du Pays d’Aubagne et de l’Étoile, ainsi que de la production et de la distribution de l’eau potable dans les communes d’Aubagne, La-Penne-sur-Huveaune, Cuges-les-Pins et Saint-Zacharie. La Métropole et les communes en sont actionnaires. La SPL est depuis sa création présidée par un élu aubagnais. Mais, lundi soir, lors du conseil d’administration de la SPL, c’est la candidature du maire de Cadolive qui a remporté les suffrages.

    La Ville veut quitter la SPL

    « Comment un élu, dont la commune n’est même pas desservie par le réseau, peut-il justifier de présider un outil dont les habitants de Cadolive ne sont même pas usagers ? C’est un mépris total de l’histoire et du travail des communes fondatrices », s’est indigné Jean-Pierre Squillari, maire (DVG) d’Aubagne.

    En réaction, il annonce le retrait de ses élus du conseil d’administration de la SPL, l’engagement immédiat de « démarches pour préparer la sortie de la Ville d’Aubagne de la SPL » et l’ouverture d’une « réflexion approfondie, avec l’ensemble de la majorité municipale, pour définir un nouveau chemin et une nouvelle stratégie en matière d’intercommunalité. » « Cette structure est-elle encore un outil au service des habitants, ou est-elle devenue un obstacle à notre autonomie et à notre action ? Nous attendons des actes, pas des promesses. Aubagne sera respectée », conclut-il.

    La mairie indique n’avoir pour l’instant pas obtenu de réponse officielle de Nicolas Isnard, président (DVD) de la Métropole.

  • La crise métropolitaine « au point avant le paroxysme »

    La crise métropolitaine « au point avant le paroxysme »

    L’œcuménisme porté en étendard par le président (LR) de la Métropole Aix-Marseille, Nicolas Isnard, en a pris un coup ce mercredi après-midi. À l’occasion du conseil qui se tenait dans l’hémicycle du Pharo, seule une minorité des élus métropolitains ont approuvé le report au mois d’octobre du versement aux municipalités de la dotation de solidarité communautaire (DSC). Une délibération intégrée à l’ordre du jour en début de séance en faisant adopter une procédure d’urgence.

    « Elle devait être versée avant le 30 juin, conformément à ce qui avait été voté le 28 avril, expliquait Nicolas Isnard. Compte tenu des turpitudes qui sont les nôtres, et pour ne pas verser une DSC qu’il faudrait re-réclamer en partie aux communes, il est proposé de la verser en octobre maximum, peut-être avant si nous trouvons une solution d’ici là. » De quoi mettre les pieds dans le plat des coupes budgétaires. Après le refus des conseillers métropolitains de voter leur budget, la chambre régionale des comptes avait en effet préconisé de sabrer 53 millions d’euros dans cette dotation de solidarité, qui bénéficie en premier lieu à Marseille, tandis que le budget finalement arrêté par le préfet imposait de les retirer parmi les attributions de compensations reversées aux communes sur la base de l’ancienne taxe professionnelle.

    « Si un effort devait être demandé, il ne pourrait être supporté de la même manière par une commune populaire confrontée à d’importants défis sociaux et par une commune disposant de ressources plus importantes. La solidarité métropolitaine doit continuer à jouer pleinement son rôle », avertit d’emblée le maire (PCF) de Septèmes-les-Vallons, André Molino. Dans la foulée, le maire (DVG) de Marseille Benoît Payan s’en prend aux 91 millions d’euros d’économies imposés par la chambre régionale des comptes et la préfecture. « Ils y sont allés avec une hache émoussée, ils ont tapé dans tous les sens et il y a du sang sur tous les murs », dénonce-t-il. Surtout, il prévient que ceux qui ne paieront pas cette année devront l’assumer dans les années à venir, face à un déficit structurel en raison du développement des transports. « Marseille est prête à faire des efforts, même si elle a des charges de centralité », annonce-t-il. « Mais nous voulons un travail qui ne soit pas une boucherie », réclame l’édile, ne croyant pas à une augmentation par le Parlement du taux de versement mobilité payé par les entreprises pour financer les transports pour les années à venir.

    Bientôt le paroxysme

    Fasse aux hausses d’impôts esquissées, « augmenter la fiscalité n’apparaît pas comme une solution responsable, il faut préserver le pouvoir d’achat », s’oppose le maire (DVD) de Cuges-les-Pins, Bernard Destrost. Une opinion partagée par le président (DVC) des maires des Bouches-du-Rhône Georges Cristiani, qui implore : « J’ai un chemin, simple, étroit : restons très unis. »

    Alors le président de l’intercommunalité retrace le discours déroulé depuis le refus de voter le budget, s’escrime contre l’État qu’il accuse une nouvelle fois de « semer la zizanie ». Mais il promet : « Nous réfléchissons à des solutions pour atténuer la casse, et je crois que des solutions sont possibles, surtout si l’on entend les mots d’apaisement que nous avons entendu. »

    Après le scrutin public réclamé par la gauche marseillaise, ils sont malgré tout 125 à s’abstenir sur le report du versement de la dotation de solidarité, seulement 98 à l’approuver. Et dix à s’y opposer. La droite marseillaise se répartit entre les trois blocs.

    « Dire que ce n’est pas possible de toucher aux attributions de compensation, c’est tourner en rond comme un poisson rouge dans un bocal », tempête à la sortie Benoît Payan. En bousculant la position du président de la Métropole : « Quand on appelle au secours l’État, on ne déchire pas sa copie. » Mais face aux dissensions exposées au grand jour, il paraphrase François Mitterrand : « Une crise ne se résout que quand elle atteint son paroxysme. » Et de compléter : « Ce qu’on a vu, c’est que nous avons atteint le point avant le paroxysme. »

  • Benoît Payan met la pression sur Nicolas Isnard

    Benoît Payan met la pression sur Nicolas Isnard

    Sommé par le préfet d’arbitrer lui-même les 53 millions d’euros de coupes dans les dotations métropolitaines aux communes, le président (LR) de l’intercommunalité, Nicolas Isnard, défendait ce mercredi comme méthode « l’écoute et l’intelligence collective ». « Je ne suis que le porte-parole d’un collectif, pas un empereur qui décide pour les autres », justifiait-il face à la presse.

    Mais le « le socle de l’unité des maires » qu’il prône tangue face aux intérêts contraires des communes. Ce jeudi, sur BFMTV, le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan, l’a sommé de trancher. « Le président de la Métropole, c’est quelqu’un qui veut être œcuménique. Il se dit que son rôle, c’est de rassembler tout le monde, que tout le monde puisse s’entendre. Mais quand on est un chef, on doit aussi à un moment décider, et il est dans une situation où il doit décider », estimait-il. C’est que si le président de l’intercommunalité voulait prévenir toute discorde, il défendait face aux maires la préconisation de la chambre régionale des comptes, de couper dans la dotation de solidarité communautaire, une option qui pénalise Marseille. « Ça ne peut pas marcher, nous n’irons pas loin collectivement sans la ville centre », lâche Benoît Payan, qui indique avoir proposé ses propres pistes au président de l’intercommunalité, ce jeudi matin. D’emblée, il avertit : « Je ne me laisserai pas marcher dessus, parce que je dois défendre les Marseillais. » Et d’assurer que « sans réforme de structure, la Métropole va mourir ».
    Y.S.

  • Nicolas Isnard affiche un front uni métropolitain

    Nicolas Isnard affiche un front uni métropolitain

    Comme un symbole, c’est depuis son fief salonais, dans l’ancien siège du conseil de territoire, que le président (LR) de la Métropole, Nicolas Isnard, a donné ce mercredi la réplique au préfet de région. La veille, au moment d’arrêter le budget de l’intercommunalité placée sous tutelle depuis le début du mois d’avril, celui-ci avait en effet renvoyé la balle aux élus métropolitains en leur demandant d’arbitrer eux-mêmes les coupes entre les différentes communes. De quoi prendre de court la plupart d’entre eux, qui imaginaient le préfet reprendre entièrement la copie rendue le jeudi précédent par la chambre régionale des comptes (notre édition du 17/06). 

    « La messe était quasiment dite, jusqu’à ce que le préfet choisisse une autre orientation », déplore Nicolas Isnard. Et tandis que le représentant de l’État exonérait l’austérité gouvernementale de toute responsabilité dans les difficultés métropolitaines, l’édile salonais s’irrite : « Nous n’aurions pas eu ce pataquès si l’État n’avait pas baissé ses dotations. Qu’il vienne par la voix du préfet chercher à semer la zizanie, peu importe : le socle de l’unité des maires fera face. »

    Budget changé avant l’été

    Cette unité, pourtant, est tout sauf évidente. L’option prônée par la chambre régionale des comptes de sabrer dans la dotation de solidarité communautaire (DSC), versée par la Métropole pour corriger les inégalités entre communes, pénalisait surtout la Ville de Marseille. Celle du préfet, de toucher aux attributions de compensation (AC), l’argent reversé aux municipalités sur la base de l’ancienne taxe professionnelle dont une partie est considérée comme « indue » par les magistrats financiers, met en première ligne les villes industrielles de l’étang de Berre. « C’est de la chinoiserie technocratique », balaie le président de la Métropole. « L’État essaie par tous les moyens en envoyant son soldat régional de dresser les bénéficiaires de l’AC contre ceux de la DSC, ces tentatives n’ont pas marché, nous sommes rassemblés et déterminés », assure-t-il, au lendemain d’une visioconférence lors de laquelle il prônait le choix de sacrifier la dotation de solidarité communautaire. « Je ne suis que le porte-parole d’un collectif, pas un empereur qui décide pour les autres », répond l’édile salonais. Et d’illustrer : « Que ce soit le bras droit ou le bras gauche, nous allons devoir nous amputer de nos ressources. » Même s’il convient qu’il faudra rééquilibrer les reversements métropolitains aux communes, basés sur un calcul vieux de trente ans. Un chantier de taille pour la conférence métropolitaine fiscale et financière qui doit se tenir à l’automne.

    Quoi qu’il en soit, la Métropole reprendra la copie préfectorale, ne serait-ce que parce qu’elle la juge fragile techniquement et juridiquement, à travers une décision budgétaire modificative. « Nous allons discuter d’ici mercredi », indique son président, qui espère modifier le budget préfectoral « avant l’été ». Une seule option est d’emblée rejetée, celle présentée par le maire communiste de Martigues, Gaby Charroux, de lever de nouveaux impôts. « Plus on évite les impôts, mieux on se porte », balaie Nicolas Isnard. À l’inverse, il souligne que le refus de voter le budget a empêché une forte hausse d’une taxe foncière métropolitaine qui concerne surtout les entreprises. Mais il n’insiste pas moins pour réclamer un déplafonnement du versement mobilité qu’elles paient afin de financer le développement des transports au-delà des sacrifices de l’année en cours. « Les modèles métropolitains ne sont plus viables, il faut que l’État entende le message », répète-t-il.

  • Les maires appellent à déconstruire la Métropole d’Aix-Marseille

    Les maires appellent à déconstruire la Métropole d’Aix-Marseille

    Après trois heures d’échanges, la maire (UDI) d’Aix-en-Provence, Sophie Joissains, résumait dans un sourire : « De la Monstropole, nous sommes passés à la nécropole. » Ce lundi après-midi, quatre jours après l’avis budgétaire de la chambre régionale des comptes qui préconisait 118 millions d’euros de coupes dans le budget métropolitain, le président (LR) de l’intercommunalité avait convié les maires du territoire, afin de parler d’une seule voix auprès du préfet de région. Lequel doit désormais arrêter le budget de l’institution après le refus des élus de le voter.

    « Unanimement, l’ensemble des maires de notre Métropole considèrent que le temps est surtout venu que l’État, avec notre soutien, repense le financement des compétences et le périmètre de notre institution », lâche le communiqué final adopté par la conférence métropolitaine des maires, que le président devait adresser au préfet dans la soirée. Dans un œcuménisme résistant aux embardées d’une mise sous tutelle, ceux-ci appellent ainsi à déconstruire l’établissement public né aux forceps, il y a dix ans. De quoi comprendre la satisfaction exprimée à la sortie de l’hémicycle, malgré les 53 millions de dotation de solidarité communautaire (DSC) que la chambre régionale des comptes préconise de retirer aux communes.

    « Il y a une unité qui mérite d’être saluée », appuie Nicolas Isnard à la fin de la conférence des maires. Celui-ci estime toujours avoir choisi le bon chemin : « Sauf si le préfet venait à changer ce qui a été décidé par les magistrats, il n’y aura pas d’augmentation d’impôts pour les contribuables métropolitains. » Mais, surtout, après le constat réitéré par la chambre régionale des comptes d’un développement des transports non financé à terme, il lance : « La Métropole telle qu’elle est aujourd’hui n’est plus viable, nous n’avons pas assez de recettes pour couvrir ses dépenses. » Un diagnostic partagé par la maire d’Aix, qui glisse qu’« au plus haut sommet de l’État, on le dit encore sous le manteau, mais on le dit ».

    Une RTM façon RATP

    « Cette Métropole est malade de sa réalité financière, de sa réalité structurelle, elle est malade de naissance », affirme aussi le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan, bien décidé à revoir les flux financiers entre la Métropole et les communes, dans lesquels sa ville reste sous-dotée. « La solidarité entre les communes doit prendre en compte l’histoire et la solidarité, y compris pour la Ville de Marseille », le soutient le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux, qui rappelle que la Métropole pourra amender le budget arrêté par le préfet. « Ne nous privons pas de ça », sourit-il, satisfait d’un redécoupage annoncé des compétences qu’il réclamait. Les maires de Marseille et d’Aix, ainsi que le président (DVC) des maires des Bouches-du-Rhône, Georges Cristiani, sont chargés de défendre cette réforme structurelle « au plus haut niveau de l’État », confirme Nicolas Isnard.

    Surtout, les maires affichent aussi un front uni sur le financement des transports. « L’ensemble des élus demandent le déplafonnement du Versement Mobilité à l’instar du Grand Paris », écrit le communiqué final, alors que les entreprises contribuent déjà au maximum légal pour financer les transports sur le territoire. Parmi les pistes évoquées qui nécessitent l’aval du Parlement, un versement différencié en fonction des territoires, « pour payer les transports là où ils sont mis en place et pas de manière uniforme », défend Nicolas Isnard. À la fin de la conférence, Sophie Joissains plaidait aussi pour que les transports soient confiés à un établissement public indépendant de la Métropole, sur un périmètre plus large. « Cela marche à Paris, cela pourrait avoir du sens », défend-elle. Avec, en plus, un retard historique à rattraper.

    Le patronat inquiet pour l’industrie

    Dans une note publiée ce vendredi, l’Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM) Alpes-Méditerranée appelle à « une sortie immédiate du blocage » face à la mise sous tutelle de la Métropole. Le puissant syndicat patronal demande à respecter la feuille de route signée pour la réindustrialisation du golfe de Fos et de sanctuariser les projets industriels face aux coupes annoncées. D’autant plus face à un retard « plus acceptable » pour « une armature de transport qui reste sous dimensionnée ». Et de tacler : « La responsabilité politique consiste à décider dans la difficulté, pas à transférer la difficulté à une procédure. » Y.S.

  • L’échangeur nord est enfin complet et mis en service

    L’échangeur nord est enfin complet et mis en service

    Après 20 mois de travaux et 20 millions d’euros d’investissements, l’échangeur « Salon Nord » est enfin complet ! Les premières voitures ont pu emprunter le complément de l’aménagement historique, attendu depuis près de 50 ans, ce jeudi à 17h30.

    Le président de la Métropole et maire de la commune Nicolas Isnard (LR) réagit : « Ce qui se passe a beaucoup de signification : c’est rendre possible ce qui a longtemps été impossible et inimaginable dans cette ville, réparer une ineptie vieille d’un demi-siècle. (…) C’est ce que nous attendions tous pour évacuer un certain nombre de nuisances qui s’étaient accumulées avec le temps (…) et qui faisaient courir aux habitants des risques, des gênes sonores et de la pollution. »

    Jusqu’ici, le demi-échangeur ne permettait d’accéder à l’A7 que vers le nord, en direction d’Avignon et de Lyon, obligeant de nombreux automobilistes à traverser Salon-de-Provence pour se diriger vers le sud. Avec la création de deux nouvelles bretelles – une entrée vers Aix-en-Provence/Marseille et une sortie depuis le sud vers Salon – les échanges seront désormais possibles dans les deux sens de circulation.

    Un projet de territoire

    Situé sur l’un des axes majeurs du sud de la France, emprunté quotidiennement par jusqu’à 135 000 véhicules en période estivale, cet aménagement va donc désengorger la commune de 44 500 habitants. « C’est une nouvelle page qui s’ouvre pour la mobilité quotidienne en Pays salonais, avec des bénéfices très concrets, se félicite Sabine Granger, directrice générale de Vinci Autoroutes et d’ASF. Grâce à cette nouvelle infrastructure, le trafic de transit dans le centre-ville va se réduire d’environ 4 000 véhicules par jour et surtout le trafic de poids lourd va diminuer de 50%. » La société concessionnaire estime également que les temps de trajets pourraient être divisés par deux le matin en direction du sud. Nicolas Isnard insiste : ce projet dépasse sa seule ville. Selon lui, il concernerait 70 000 à 80 000 habitants.

    Le préfet de région Jacques Witkowski donne sa vision sur ces aménagements de mobilité : « Je suis plutôt un bétonneur (…) parce qu’on a besoin de ces équipements pour ne pas thromboser un certain nombre d’activités. On a d’autres projets routiers importants sur la Métropole : en partant d’ici pour aller vers le Grand Port maritime, un contournement de Martigues qui est en route et puis peut-être un contournement d’Arles dont je dis qu’il faut qu’il se fasse. »

  • Audrey Gatian succède à David Ytier à la présidence de la SPLA-IN

    Audrey Gatian succède à David Ytier à la présidence de la SPLA-IN

    La présidence du conseil d’administration de la SPLA-IN, acteur opérationnel de la résorption de l’habitat indigne à Marseille, a basculé, ce lundi, avec l’élection, par 16 voix favorables sur 17 et 1 abstention, d’Audrey Gatian, représentante titulaire de la Ville, qui succède à David Ytier (LR), l’un des dix représentants de la Métropole.

    C’est l’effet attendu de l’accord de gouvernance noué, en avril, entre le maire de Marseille, Benoît Payan (DVG), et le nouveau président de la Métropole, Nicolas Isnard (LR), maire de Salon-de-Provence. Le capital de la société publique créée en novembre 2020 est réparti entre la Métropole (59%), l’état (35%) et la Ville de Marseille (6%).

    « J’ai, en tant que président sortant, le sentiment du devoir accompli. Je me suis régalé dans cette mission », réagit David Ytier, 11e vice-président de la Métropole délégué aux finances, interrogé par La Marseillaise.

    « Quand j’ai été élu il y a six ans, on était dans un contexte extrêmement compliqué, tendu. Quand on regarde aujourd’hui tout ce qu’on a fait collectivement, le conseil d’administration, les équipes de Franck Caro [le directeur général], on a une structure qui fonctionne, des chantiers dont déjà une quinzaine sont terminés et une centaine d’autres en cours ou sur les rails. La SPLA-IN est propriétaire de quasiment 100 immeubles. La machine est pleinement lancée et elle fonctionne bien, elle est reconnue. »

    David Ytier approuve le fait que « les outils pleinement marseillais devaient revenir en priorité aux élus de la commune ». « J’ai été très clair dès le départ en disant que j’étais très heureux d’en être le président et que dès lors que la Ville de Marseille aurait positionné un élu, je ne serais pas candidat. C’est ce qui s’est passé. On reste dans un process d’administration œcuménique et transpartisan pour s’écarter de toute polémique, de toute dispute. Je crois qu’Audrey [Gatian] se placera dans la continuité. »