Tag: Nature

  • Le Domaine du Rayol doublement récompensé

    Le Domaine du Rayol doublement récompensé

    Il est l’un des diamants les mieux protégés du littoral méditerranéen, que la France entière envie au Var. Propriété du Conservatoire du Littoral, le Domaine du Rayol est un espace naturel protégé de 20 hectares de jardins paysagers composés de la flore de régions du monde biologiquement semblables à la sienne, et de 14 hectares maritimes, ouvert tous les jours de l’année. Jonché sur la corniche des Maures, au Rayol-Canadel-sur-Mer, entre le Lavandou et Saint-Tropez, en face des Îles d’Hyères, il est une nouvelle fois primé pour son engagement en faveur de la nature et du territoire, à travers ses actions de sensibilisation, de recherche et de conservation autour de la biodiversité méditerranéenne

    Le 9 avril dernier, il s’est vu remettre le Trophée « Esprit du Golfe » par l’Union patronale du Var (UPV) lors des 8e rencontres de l’économie du Golfe de Saint-Tropez. Un prix qui vient consacrer le Domaine en tant que « joyau touristique dans un espace naturel protégé, terrestre et maritime inscrit dans son territoire depuis 35 ans », et qui vient saluer l’engagement de ses équipes, sous la coupe de sa directrice Sybille Bernard, dans la préservation et le partage de ce site d’exception, qui revendique quelque 100 000 visiteurs chaque année.

    Un appel à financement pour le projet Bastidon

    La seconde distinction a été remise le 5 mai par le conseil départemental du Var à l’occasion de la 2e édition des Prix de l’innovation du département. Le Domaine du Rayol s’est vu remettre le Prix thématique « Valoriser notre terroir », pour sa pépinière d’acclimatation. Celle-ci a été conçue pour anticiper les effets du réchauffement climatique sur les paysages méditerranéens et viser une gestion durable de l’eau, en développant des essences végétales en provenance du monde entier, et reconnues pour leur résistance au stress hydrique. Ce projet permet de réduire l’irrigation des aménagements paysagers, avec pour ambition d’offrir aux professionnels, aux collectivités et aux particuliers des solutions scientifiquement éprouvées afin d’adapter leurs espaces verts. Ces deux prix viennent renforcer le développement du projet phare du domaine : la transformation du Bastidon, demeure construire au début du XXe siècle, dans laquelle résidait le chef jardinier, en galerie botanique immersive. Son ouverture est prévue pour 2028. Conçue autour de scénographies innovantes et de dispositifs sensoriels pédagogiques, elle visera à offrir aux visiteurs une plongée immersive au cœur de la biodiversité méditerranéenne.

    Une réalisation unique en Europe, qui bénéficie déjà du soutien de plusieurs partenaires nationaux et locaux : la Région Sud, le Département du Var, la Fondation du patrimoine, la Mission Stéphane Bern et Loto du patrimoine (130 000 € attribués en décembre 2025)… Et pour réaliser son ambition, elle lance désormais un appel aux entreprises et acteurs économiques du Var et de la région Sud, qui pourront, en tant que mécènes locaux, bénéficier du rayonnement d’un acteur économique et environnemental majeur. Mais surtout, œuvrer à la protection et à la mise en valeur de notre bien commun.

  • Cécile Albert, chercheuse au CNRS : « Avec BioValidR, nous aiderons à choisir où restaurer les habitats naturels »

    Cécile Albert, chercheuse au CNRS : « Avec BioValidR, nous aiderons à choisir où restaurer les habitats naturels »

    La Marseillaise : Début 2026, vous avez décroché une bourse du Conseil européen de la recherche pour mener le projet BioValidR. De quoi s’agit-il ?

    Cécile Albert : C’est une suite du projet Scaled qui s’achève cette année. Nous avons montré à quel point le nombre d’habitats et leur accessibilité étaient importants pour la biodiversité à différentes échelles, mais dans des conditions assez simples. Nous testerons la même chose dans des conditions plus proches du réel pour aboutir à des résultats plus concrets permettant d’aider à bien choisir où restaurer les habitats naturels. Pour cela, nous adopterons une approche inédite : tester des aménagements avec des modèles vivants sur une maquette inspirée d’un vrai territoire.

    Lequel ?

    C.A. : Celui de Plaine Commune Grand Paris (Seine-Saint-Denis). Le paysage sera construit en se calquant sur la carte du territoire, en mettant les zones favorables là où eux ont des parcs ou des zones boisées et les zones défavorables là où eux ont des autoroutes, des lignes ferroviaires… Nous pourrons tester différentes stratégies d’aménagement et évaluer comment cela modifie la dynamique des populations de collemboles qui évolueront dans ces maquettes.

    Il y a une demande de la part de ce territoire ?

    C.A. : Oui et cela ne vient pas de nulle part. C’est aussi la suite d’un autre projet (FAR) qui est en cours et qui vise à créer des scénarios de renaturation du territoire avec les habitants dans une démarche à la fois scientifique et artistique. Nous utiliserons ces scénarios pour les tester dans BioValidR.

  • Plus d’habitats ou de connectivité ? Vers la fin d’une controverse en écologie

    Plus d’habitats ou de connectivité ? Vers la fin d’une controverse en écologie

    Folsomia candida aime vivre au milieu des feuilles d’arbres en décomposition. Et pour cause, ce petit arthropode se nourrit des champignons qui y poussent. À l’Institut méditerranéen de biodiversité et d’écologie marine et continentale (Marseille), Cécile Albert en a placés dans des petits récipients avec tout ce qu’il leur faut. Avec sa doctorante, la chercheuse CNRS voulait observer s’ils parvenaient à atteindre d’autres petites poches d’habitat favorable à quelques centimètres. Mais pour cela, il leur fallait arpenter un milieu plus ou moins hostile : du tissu bien lisse où il est facile de se déplacer, de la toile de cerf-volant avec de l’électricité statique ou encore de la feutrine avec des fibres dans tous les sens. « L’accessibilité des habitats favorables -qui dépend de la distance à parcourir et de la perméabilité du milieu- est un facteur clé de la survie des populations », résume la chercheuse, dernière autrice d’un article paru dans Ecography.

    L’étude s’inscrit dans le projet européen Scaled qui vise à clore une controverse en écologie sur l’impact de la fragmentation des habitats sur la biodiversité. « Deux camps s’affrontent », assure Cécile Albert. Pour favoriser la biodiversité, certains pensent que seule la quantité d’habitats naturels compte, qu’il faut en restaurer et ne pas en perdre. D’autres pensent que les pertes en quantité peuvent être compensées en connectant mieux les habitats fragmentés qui subsistent.

    Visions différentes

    « Nos résultats indiquent que les deux importent », souligne Cécile Albert. Car si l’expérience en laboratoire montre que l’accessibilité des habitats favorise la survie des populations, une autre expérience à plus grande échelle a montré autre chose. Il s’agissait d’observer des araignées et autres scarabées dans la plaine de la Crau (Bouches-du-Rhône). L’arrangement spatial de l’habitat n’a eu aucun effet. « Mais la quantité jouait un rôle important », pointe la chercheuse. Une dernière partie du projet sur l’écureuil roux tend à montrer qu’il existe probablement une interaction entre quantité d’habitats et fragmentation. Les résultats sont en cours d’analyse.

    « La vraie question ne serait donc pas de savoir ce qui est le plus important mais dans quelles conditions favoriser l’un ou l’autre », résume la chercheuse pour qui la controverse viendrait du point de départ et de la vision de chacun des camps. « Ceux qui donnent de l’importance à la connectivité ont une approche théorique qui se focalise sur les flux d’individus entre habitats, pointe-t-elle. Ceux qui pensent avant tout à la quantité d’habitats viennent de l’écologie des paysages et ont une approche plus empirique. La notion d’accessibilité des habitats pourrait faire le pont entre les deux points de vue. » Le projet Scaled prend fin cette année. Et peut-être avec lui une controverse qui dure depuis les années 1970.

  • Anne Claudius-Petit : « On a des richesses de biodiversité qu’il faut absolument conserver »

    Anne Claudius-Petit : « On a des richesses de biodiversité qu’il faut absolument conserver »

    La Marseillaise : Pouvez-vous nous expliquer en détail la synthèse
    de Regard sur la Nature
     ?

    Anne Claudius-Petit : Cette synthèse, on la constitue grâce à des observations qui ont lieu toute l’année et qui sont collectées dans un observatoire régional de la biodiversité qui est mené par la Région Sud, la DREAL et l’Office français de la biodiversité au sein de notre agence. Pour avoir une idée de l’efficacité des politiques publiques, on a certains indicateurs présents depuis longtemps et qui nous permettent d’avoir un bilan, sur tout ce qui a été mis en place pour protéger certaines espèces, pour en revenir ou pour poursuivre ces actions.

    Publier votre bilan à l’occasion de la journée mondiale de la biodiversité vous permet-il de toucher beaucoup de personnes ?

    A.C-P : Évidemment, on calcule pour que ça tombe à cette date du 22 mai. C’est le moment parfait où l’on peut capter l’attention des médias. On a tout autour de nous un réseau de structures, de collectivités locales engagées et qui sont sensibles à la question. Mais là l’idée c’est d’aller un peu plus loin qu’une journée mondiale de la biodiversité, on veut essayer de parler à un maximum de personnes de la biodiversité de notre région, de notre territoire qui est touché par le réchauffement climatique. Donc on veut à tout prix sensibiliser les habitants de la région à travers cette journée et ce bilan et leur faire comprendre que la biodiversité fait partie de notre quotidien.

    En quoi cette initiative vous permet d’aller au-delà de la simple interpellation des habitants ?

    A.C-P : On veut également toucher les collectivités locales, les institutions, et les entreprises qui s’engagent. On veut faire découvrir que, lorsque l’on a une stratégie qu’on partage, on peut commencer à avoir des résultats. Le maire peut être un vrai atout pour nous, on veut lui donner des éléments et faire comprendre que quand on a les moyens de mettre en place des stratégies, des actions ciblées sur les problématiques qui sont à l’échelle d’un village ou d’une ville, de voir des résultats au cours du mandat, c’est un message politique intéressant pour lui et pour nous. C’est assez rare de pouvoir avoir des leviers d’action qui sont visibles par la population au cours d’un mandat.

    Une stratégie régionale 2025-2035 a été mise en place, mais comment voyez-vous la biodiversité dans notre région dans 9 ans ?

    A.C-P : On se doute et on sait que le réchauffement climatique va continuer à faire ses effets, donc nécessairement, on se doute que la biodiversité va évoluer. Je pense que la biodiversité dépend de l’altitude. Donc effectivement la biodiversité va changer, il faudra surtout veiller à accompagner ces changements. Par contre sur toutes les autres pressions, on peut agir et tout ce qu’on a déjà commencé fait déjà effet, ça réduit au moins une partie des pressions sur la biodiversité. Ça serait un bel exploit d’arriver à préserver la biodiversité qui est endémique, c’est-à-dire vraiment spécifique de notre biodiversité méditerranéenne. On a des richesses de biodiversité qu’il faut absolument conserver.

    Entretien réalisé par Noa Armony

  • Une forêt protégée des Hautes-Alpes dévoilée au public

    Une forêt protégée des Hautes-Alpes dévoilée au public

    « Cest une forêt mise sous cloche. » À l’occasion de la Fête de la biodiversité, ce week-end, Simon Brochiet, agent de l’ONF (Office national des forêts), guidera une dizaine de participantes et participants tirés au sort sur les sentiers du Bois du Chapitre, exceptionnellement ouverts au public. Laissé intact et interdit aux visites toute l’année, le Bois du Chapitre est une forêt de 300 hectares sillonnée de vallons et nichée entre le Petit Buëch et le pic Melette, sur les hauteurs du massif du Dévoluy.

    L’ONF en a fait une réserve biologique intégrale en 1990 et le bois est également inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2021. « La première raison historique de sa préservation, c’est qu’il s’agissait d’une propriété religieuse, ce qui a permis de le protéger sans qu’il ait le même statut qu’aujourd’hui, retrace Simon Brochiet. L’autre raison, c’est qu’elle est très difficile d’accès, donc difficile à exploiter. C’est une vieille forêt qu’on a préféré laisser tranquille. »

    On y trouve une biodiversité riche. À titre d’exemple, 92 espèces d’oiseaux y vivent d’après les recensements Natura 2000. Mais l’intérêt particulier de la réserve intégrale, c’est qu’on y retrouve en grande quantité des espèces devenues rares ou pratiquement disparues dans d’autres milieux, comme l’aspérule de Turin, fleur protégée au niveau national, ou encore le Peltis grossa, un coléoptère qui vit sous l’écorce des sapins morts ou mourants. Un insecte qui ne peut s’épanouir dans les forêts où les arbres dépérissants sont abattus.

    Étudier l’impact du dérèglement climatique

    Les forêts publiques, domaniales et communales, peuvent être protégées selon deux niveaux : la réserve dirigée, qui permet des actions de gestion, et la réserve biologique intégrale, où le milieu est préservé de toute intervention humaine. « Il y a plusieurs objectifs dans ces réserves biologiques intégrales. D’abord, c’est de laisser la forêt aller jusqu’au bout de son cycle. Il y a donc une grosse quantité d’arbres morts ou mourants sur le point de tomber, ce qu’on ne voit pas dans une forêt gérée où l’on exploite le bois avant, explique Simon Brochiet. Le deuxième objectif d’une réserve comme celle-ci, c’est de dynamiser la recherche. C’est un laboratoire à ciel ouvert pour les recherches de l’ONF ou des universitaires. Le troisième objectif est ce qui va se faire durant la randonnée découverte, de porter la connaissance aux gens, montrer ce qu’on fait et l’intérêt que ça a. Ça reste des milieux interdits à la visite, donc il faut en faire peu. »

    Ces 370 hectares protégés représentent une réserve de faune et de flore exceptionnelle, qui en font un terrain d’étude précieux pour la recherche scientifique. « Depuis le classement à l’Unesco, cela a remis en lumière cette forêt, moins étudiée depuis les années 2010. Ça attire spontanément des projets de recherche, jusqu’au niveau européen », rappelle Simon Brochiet.

    Le bois est notamment étudié pour comprendre l’impact du dérèglement climatique sur les forêts françaises, qui souffrent de la hausse des températures. « Étudier ce bois permet de faire la comparaison entre les forêts en évolution libre et les milieux gérés. Ici, il y a beaucoup de sapins qui dépérissent, car c’est un arbre très sensible au réchauffement des températures, constate l’agent ONF. On va observer si la sapinière se régénère naturellement. Ce sont des projets de recherche pour aider la gestion des forêts, afin de savoir si on va laisser la sapinière évoluer ou s’il va falloir qu’on anticipe et implante d’autres essences. »

  • Dans le Var, le projet Geopark avance avec l’inauguration de la salle scientifique de la Maison de la Nature du Plan

    Dans le Var, le projet Geopark avance avec l’inauguration de la salle scientifique de la Maison de la Nature du Plan

    Porté par les Départements du Var et des Alpes-Maritimes, le projet de création du géoparc du Socle de la Provence et d’obtention du label mondial « Géopark Unesco », à cheval sur les massifs des Maures, de l’Estérel et du Tanneron, continue de se construire, à quelques mois du dépôt de candidature, prévu pour début 2027. « Zone géographique unifiée où des sites et des paysages d’importance géologique internationale sont gérés selon un concept holistique de protection, d’éducation et de développement durable », selon la définition donnée par l’institution, il s’étend sur 1 600 m², entre le Var et les Alpes-Maritimes, du Cap Sicié jusqu’au plateau de Vallauris, constituant la « Provence Varisque ».

    Ce vendredi a été inaugurée la salle scientifique de la Maison départementale de la nature du Plan, à La Garde, ainsi que son exposition permanente. Un lieu qui n’a pas été choisi au hasard, puisqu’il fait partie intégrante du projet de géoparc, dont il sera l’un des points d’entrée. Il constituera ainsi l’un des 18 sites informatifs, en complément des 63 géosites qui composeront le géoparc. L’exposition a pour but de présenter ses aspects géologiques à travers plusieurs outils : vidéoprojection, panneaux explicatifs, modélisations, cartes, microscopes…

    Un lieu essentiel pour obtenir le label « Géoparck », comme l’explique Jean-Marc Lardeaux, docteur en géologie, l’un des porteurs du projet : « L’Unesco veut que la valeur scientifique du territoire soit de niveau international, mais aussi que les habitants s’approprient cette connaissance et comprennent comment la ressource géologique a permis le développement des sociétés. » Dans cette optique, « la vulgarisation est capitale. Il ne faut pas se perdre dans des vocabulaires trop précis, tout en restant rigoureux. » Car, finalement, « le projet du géoparc doit incarner la simplicité, la mise à disposition, mais aussi la rigueur scientifique. »

  • Faire vivre un territoire en alliant nature et culture

    Faire vivre un territoire en alliant nature et culture

    Observer, comprendre, s’adapter plutôt que de façonner. Telle est la philosophie du paysagiste et écrivain de renommée internationale, Gilles Clément. Allié au chorégraphe Christian Ubl, il a mis en œuvre une balade chorégraphiée dans le domaine de Montgolfier, un espace préservé de 12 hectares en plein cœur du 14e. Cet événement alliant culture et nature s’inscrit dans le festival « Nature et Biens communs », organisé par le théâtre du Zef.

    Ce lieu relais-nature, l’un des quatre que compte Marseille, a accueilli, ce mercredi, une quarantaine de personnes. Les étudiants du lycée Diderot et des femmes du centre social senior des Flamants se retrouvent pour se mouvoir et découvrir la faune et la flore du domaine, du cyprès chauve de Louisiane aux tulipiers de Virginie, pour arriver jusqu’au parc urbain des papillons (PUP), un site expérimental dédié à la biodiversité urbaine. La plupart, habitants compris, ne s’étaient jamais rendus en ces lieux. Francesca Poloniato, directrice du Zef, plaide pour un « regard artistique sur le vivant ». « C’est important de ressentir les choses plutôt que de performer », surenchérit Christian Ubl, convaincu que cela permet de « sensibiliser au vivant autrement, dans un autre espace et de façon plus lente ».

    Faire découvrir les « lieux fantastiques de Marseille »

    « Avec cette balade, il y a la volonté de montrer les lieux fantastiques de Marseille. Il est important de faire la promotion de ces espaces en alliant tous les acteurs territoriaux et de montrer que tout est accessible », souligne Chahidati Soilihi, adjointe à l’Agriculture urbaine, présente ce mercredi.

    La balade commence avec quelques mouvements proposés par Christian Ubl, avant d’entamer les explications de Gilles Clément, à l’ombre des arbres. « Ce lieu pourrait devenir une source vivrière », clame le paysagiste, qui défend un modèle économique et politique en vue de « rendre les habitants autonomes face aux crises ». Le lieu a pour vocation de développer une zone maraîchère sur 3 des 12 hectares du domaine, afin de cultiver des fruits et légumes à destination des habitants. Lors des arrêts, Christian Ubl lit des extraits de L’Éloge de la marche, écrit par le philosophe David Le Breton, celui qui érige la marche comme acte de résistance et comme un retour à soi. Le temps de la balade, les visiteurs oublient presque qu’ils se trouvent en ville.

    Les femmes du centre social senior des Flamants découvrent le lieu pour la première fois : « En 50 ans, je n’étais jamais venue. C’est bien pour les échanges et pour sortir de chez soi, sentir la brise », partage l’une d’entre elles.

    La 6e édition de « Nature et biens communs », pilotée par la Zef, se déroule jusqu’au 7 juin.
    Détails sur le site lezef.org.

  • Jardin des Lices : Toulon plante le décor et cultive l’espace public

    Jardin des Lices : Toulon plante le décor et cultive l’espace public

    Pour faire face au changement climatique, à la pollution et à la densification urbaine, les villes doivent aujourd’hui faire le choix de réintroduire la nature dans leurs espaces publics. Autrement dit : davantage de végétation, d’espaces verts et de biodiversité. Une volonté politique salutaire pour l’environnement, la santé et la qualité de vie des habitants, qui anime Toulon avec ses 85 parcs et jardins intra-muros.

    C’est ce qu’en substance est venue rappeler, mardi matin, la maire sans étiquette de Toulon, Josée Massi, lors de l’inauguration de l’agrandissement de 10 000 m2 du jardin des Lices.

    Un espace de partage également, puisqu’entre pinède et massifs méditerranéens, les publics peuvent profiter entre autres de jeux inclusifs – dont un tourniquet accessible en fauteuil ou poussette -, d’agrès sportifs et d’une piste cyclable.

    Pour mémoire, la renaturation des lieux a été rendue possible grâce à la démolition de six bâtiments municipaux vétustes à la place desquels ont été plantés 390 arbres, 3 200 m² de massifs végétalisés et 1 500 m² de prairie.

    À noter également, un parcours d’activité et de découverte de la biodiversité. La première magistrate a d’ailleurs salué les associations engagées dans la démarche : la LPO, Chercheurs en herbe, ainsi que Martinets d’ici et d’ailleurs. Un cheminement initiatique qui ne présente que des vertus, souligne-t-elle, puisqu’« on aime ce qui nous émerveille et on protège ce que l’on aime ».

    Pour une ville

    plus résiliente

    Et de poursuivre : « L’extension des Lices s’inscrit dans une vision plus large, celle d’un arc vert reliant la gare à la porte d’Italie, une continuité écologique qui structure la ville et améliore durablement notre cadre de vie. » Avec ici, « un parc qui ressemble à Toulon, pour tous, vivant, familial, sportif et où chacun trouve sa place ».

    Aux abords, les parkings ont également été désimperméabilisés pour améliorer l’infiltration des eaux pluviales et un éclairage LED à faible impact sur la faune a été installé.

    « Ce parc est un symbole de la ville que nous voulons construire ensemble. Une ville où la nature infiltre harmonieusement l’urbain », insiste Josée Massi.

    Une réalisation qui s’inscrit dans la dynamique par celle du jardin Alexandre 1er, entièrement repensé dans le cadre du quartier Chalucet en 2020, aujourd’hui labellisé Jardin remarquable. Et le parc de la Loubière, créé, lui, sur une ancienne friche industrielle.

    Josée Massi conclut : « Chers Toulonnais, ce parc est le vôtre. Je vous invite à vous l’approprier, à le faire vivre et à le respecter. Et continuons, ensemble, à construire une ville où la nature a toute sa place. »

    Le président du Département, Jean-Louis Masson (LR), reconnaît « qu’il y a eu un tournant dans la société ». « Peut-être qu’il y a quelques années on aurait fait des immeubles or, aujourd’hui, on remet en place des espaces verts », ajoute-t-il.

    Pour le secrétaire général de la préfecture, Lucien Guidicelli, cette inauguration illustre l’ambition de Toulon : « Vous voulez rendre votre ville, Madame le maire, plus agréable à vivre, plus résiliente et plus adaptée aux défis climatiques. Et je crois que tout le monde s’accorde à dire que ce nouvel espace de nature est une réalisation exemplaire par la place accordée au végétal, à la biodiversité, aux mobilités douces, aux sports, ainsi qu’à l’inclusion. »

    De quoi donner envie de venir y flâner et rêver à un monde plus juste, plus vert et plus durable, capable de relever le défi de l’adaptation au changement climatique.

  • Peu à peu, l’étang reprend vie

    Peu à peu, l’étang reprend vie

    Les bonnes nouvelles sont rares, mais la restauration écologique progressive de
    l’étang de Berre en est une. En seulement deux ans, 750 m² du fond de l’étang ont été recolonisés par des herbiers de zostères, une plante aquatique protégée à l’instar de la posidonie en Méditerranée.

    Une vraie réussite à partir des 8 m² transplantés par la main de l’Homme.

    Ces herbiers de zostères sont essentiels pour la biodiversité. Le Groupement d’intérêt public pour la réhabilitation de l’étang de Berre les qualifie même de « véritables poumons de la lagune : refuge pour les poissons, lieu de reproduction et zone d’alimentation. Ils produisent également de l’oxygène, protègent les côtes contre l’érosion et constituent un puits de carbone ».

    Avenir vivable

    Leur développement est à la fois une conséquence de l’amélioration de la qualité des eaux, car les zostères ont besoin d’une eau pure qui laisse pénétrer la lumière du soleil, mais aussi un facteur de restauration écologique parce que ces herbiers permettent au vivant de trouver un milieu favorable dans lequel s’épanouir.

    La réduction des rejets d’eau douce de la centrale EDF a amélioré la salinité et la transparence de l’étang.

    Il faut aller plus loin, avec la réouverture du tunnel du Rove qui est programmée, mais aussi en investissant pour détourner les eaux limoneuses de la Durance et du Verdon qui alimentent la centrale hydroélectrique à des fins d’irrigation, dans une région où le manque d’eau est récurrent.

    Ainsi, il serait possible d’allier défense de l’environnement, réponse aux besoins humains et développement du territoire. Oui, cela a un coût élevé, mais la défense de la biodiversité et la construction d’un avenir vivable n’ont pas de prix.

  • Oiseaux tués : le parc éolien d’Aumelas à nouveau mis à l’arrêt

    Oiseaux tués : le parc éolien d’Aumelas à nouveau mis à l’arrêt

    Sur le Causse d’Aumelas, aux portes ouest de la Métropole de Montpellier, EDF Renouvelables va-t-elle cesser de brasser du vent et se mettre enfin en conformité avec le droit de l’environnement ? C’est ce qu’espère l’association France nature environnement (FNE) qui depuis 2011 mène un combat judiciaire contre ce parc de 31 éoliennes plusieurs fois épinglé pour ses atteintes à la biodiversité.

    La dernière condamnation en date de la cour administrative d’appel de Toulouse (16 avril 2026) pour destruction illégale d’espèces d’oiseaux et de chauve-souris protégées, a deux conséquences. La première est, comme l’an passé suite à la décision similaire du Tribunal administratif de Montpellier, l’arrêt de l’exploitation en journée des éoliennes du 10 avril au 20 août. « Il s’agit de la période où le faucon Crécerellette vient pour nicher », éclaire Simon Popy, président de FNE Occitanie Méditerranée.

    Second effet de la décision de justice, EDF Renouvelables qui traînait des pieds depuis des injonctions similaires de deux rapports en manquement administratif de la Dreal (2020 et 2025), de décisions de la justice civile en 2021 et 2022 puis de la mise en demeure (vaine) du préfet de l’Hérault en 2025, va devoir enfin remettre son activité dans les clous. À savoir, faire la demande et obtenir sous 6 mois une dérogation « espèces protégées ». Car pour l’heure, si EDF Renouvelables met en avant ses caméras et radars censés détecter les oiseaux en approche, son système d’effarouchement s’avère insuffisant.

    Au moins 509 volatiles tués

    Entre 2010 et juillet 2024, FNE a répertorié les cadavres de 330 oiseaux protégés (71 faucons Crécerellettes, 47 martinets noirs, 46 perdrix rouges, 28 busards cendrés ou 24 bruants proyers…) et 179 chauves-souris. Des chiffres que l’association estime largement sous-estimés comparés aux pertes réelles. « Les protections d’EDF sont censées les effaroucher et freiner les pâles mais ne marchent pas », constate Simon Popy. « Les oiseaux qui chassent regardent vers le sol et ne voient pas les pâles qui viennent au-dessus d’eux ». Il faut dire que les installations sont imposantes : souvent 80 à 120 mètres de haut avec des pâles de généralement 40 à 70 mètres qui tournent à une vitesse élevée et piègent les volatiles dans leur milieu naturel.

    C’est d’ailleurs là que réside la problématique principale selon Simon Popy qui, au fil des ans, s’est mis à douter de la bonne volonté d’EDF. « La mesure la plus efficace serait d’arrêter les éoliennes à cet endroit. Nous sommes en pleine zone remarquable classée Natura 2000 qui est justement là pour protéger ces rapaces », insiste le militant qui n’a toujours pas compris comment l’État a pu autoriser un tel parc en 2006. Après 15 ans de marathon juridique, ce qu’il souhaite par-dessus tout à l’avenir, c’est « libérer le Causse d’Aumelas de ces éoliennes ». Et d’ajouter : « On espère que lorsque les premières éoliennes arriveront en fin de vie, il n’y aura pas de repowering. Il ne faudrait pas qu’ils les remplacent par des éoliennes neuves plus grandes encore ».

    Pour l’heure, la balle est dans le camp d’EDF Renouvelables, sommé d’agir. D’ici là, en juin, la Cour d’appel de Montpellier sera le théâtre du second procès au pénal intenté par FNE. En avril 2025, le Tribunal correctionnel de Montpellier avait condamné lourdement les 10 sociétés du groupe EDF Renouvelables en charge de l’exploitation du parc ainsi que son PDG Bruno Benssasson.