La Marseillaise : Que vous inspirent ces procès et cette réponse judiciaire ?
Jérémy Bacchi : En amont, je veux saluer le travail des forces de police qui permet d’arriver à ces procès contre les chefs mafieux, et plus largement contre ce système. Ce travail d’investigation est la priorité. Ce volet judiciaire envoie un signal fort à ces organisations et à la population : on peut de lutter contre ces phénomènes, les choses avancent, et on ne peut que s’en réjouir.
L’Appel de Marseille que vous avez initié préconisait une réponse politique. Vous en êtes satisfaits ?
J.B. : L’Appel de Marseille lancé en janvier 2024 visait à provoquer un électrochoc dans la société pour que les pouvoirs publics se saisissent du sujet et adaptent notre appareil législatif aux réalités actuelles du narcotrafic. Le mois suivant, avec Guy Benarroche et Marie-Arlette Carlotti, nous avons saisi le président du Sénat pour la créer une commission d’enquête sur les narcotrafics dont le rapport a été adopté à l’unanimité du Sénat qui a adopté en 2025 une loi pour « sortir la France du piège du narcotrafic ». Sur cet aspect l’Appel a rempli ses objectifs initiaux. Mais un deuxième volet préventif en matière sanitaire et éducative, mériterait quelque chose du même type.
Sur quoi mettre encore l’accent ?
J.B. : Il y a quatre piliers. La protection de l’enfance est dans une situation dramatique, elle a besoin de plus de moyens. Près d’un jeune sur deux enrôlés dans les réseaux est issu de l’ASE, et les jeunes filles confrontées à la prostitution et exploitées par ces mêmes filières. Il y a ensuite le volet sanitaire pour l’accompagnement des personnes addictes car, effectivement, moins de consommateurs, c’est moins de trafic. Il y a aussi la question des relations diplomatique avec les pays producteurs de drogues. Puis il y a le levier financier avec le blanchiment de l’argent de la drogue et l’utilisation des avoirs confisqués liés au narcotrafic. Il faut prendre tous les sujets de front.
Il y a aussi la protection des familles de victimes ?
J.B. : Je suis intervenu la semaine passée au Sénat sur un texte que le Gouvernement, main dans la main avec la droite, a rejeté, et je le regrette, portant notamment sur la protection des personnes, militants associatifs et politiques qui dénoncent et se battent contre le narcotrafic. Mais la bataille continue.
![[Entretien] Jérémy Bacchi : « Il faut prendre tous les sujets de front »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/05/baec2330b6ce4d55f4afb11b2cb8c9b9.jpg)



![[Tribune] Ne laisser aucun jeune au bord de la route](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/05/ef0d3131091328855965f610c670ae5d.jpg)


![[Quoi de neuf] Pénélope Diot : « On a voulu raconter des histoires de femmes »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/04/2eeee25154f0a85602bfe0bf982e70a1.jpg)

