Tag: musée

  • Le Muséum d’histoire naturelle d’Aix poursuit ses ateliers pédagogiques

    Le Muséum d’histoire naturelle d’Aix poursuit ses ateliers pédagogiques

    Bien que son site soit toujours fermé au public, le Muséum d’histoire naturelle poursuit ses activités spécialement conçues pour les périodes de vacances. Destinés notamment aux plus jeunes, ces ateliers pédagogiques se déroulent dans la salle Gassendi. Durant la saison estivale, les équipes du Muséum proposent une thématique centrée sur la paléontologie, étroitement liée à l’actualité locale. Les recherches scientifiques se poursuivent en effet dans la réserve naturelle de la Sainte-Victoire, tandis que le secteur des « Grands-Creux » est réputé pour abriter des vestiges d’œufs de dinosaures.

    Les participants pourront aussi découvrir les fossiles, mais aussi des sujets liés aux plantations, aux graines ou aux sculptures ancestrales. Les ateliers ont débuté le 6 juillet et se poursuivent à intervalles réguliers.

    Dès ce mardi 21 juillet, un atelier consacré aux chauves-souris est proposé afin de démystifier cet animal, autour duquel circulent de nombreuses croyances. Le surlendemain, jeudi 23 juillet, un rendez-vous dédié aux fossiles, réservé aux plus de 8 ans, permettra notamment d’apprendre à reconnaître les « vrais » fossiles et à mieux comprendre leur rôle dans l’histoire de la biodiversité. La semaine d’animations s’achèvera le vendredi 24 juillet avec un atelier consacré à la peinture pariétale. Une initiation aux techniques de la peinture rupestre est notamment au programme.

    Les activités proposées par le Muséum se poursuivront ensuite jusqu’au vendredi 31 juillet. Pour participer aux ateliers, une participation de 4,60 euros est demandée. Chaque séance dure environ deux heures.

    Réservations au 04.88.71.81.81.

  • [C’est l’été] Enquête à la Maison du bois de Méolans-Revel

    [C’est l’été] Enquête à la Maison du bois de Méolans-Revel

    En suivant les indices laissés dans le musée, répondez aux questions et découvrez qui a volé les graines de pin Cembro. À la clé, votre cadeau en bois personnalisé !

    De 15h à 18h30.

    Enfants de 2,50 à 5 euros.

    Adultes : de 5 à 8 euros.

  • [C’est l’été] Visite guidée à Pernes-les-Fontaines

    [C’est l’été] Visite guidée à Pernes-les-Fontaines

    Grâce à cette visite guidée de deux heures vous pourrez en apprendre davantage sur les coutumes, le folklore et les légendes de la région en découvrant les musées de la ville comme le musée du costume et le musée des traditions.

    De 10h15 à 12h15.

    Comptez 5 euros pour les adultes, 2,50 euros pour les étudiants et gratuit pour les – 18 ans.

    Infos et réservations : 04.90.61.31.04

  • [Exposition] Achille Emperaire, l’éternel ami de Cézanne

    [Exposition] Achille Emperaire, l’éternel ami de Cézanne

    Né à Aix en 1829, de dix ans plus âgé que Cézanne, Emperaire poursuivit pendant toute sa vie le rêve d’accroître sa taille. 148 centimètres, il était bossu et minuscule. L’un de ses ateliers comportait un trapèze et des agrès : il effectuait quotidiennement des étirements. Il vécut à Paris, tenta d’imposer sa peinture. Cézanne, Gasquet et Zola l’estimaient. Le jury du Salon et les galeries refusèrent de l’exposer.

    Sa cinquantaine passée marqua son retour définitif à Aix-en-Provence. Dans une lettre, il écrivait que « Paris est un vaste tombeau, un simple et terrible mirage ». Pendant l’été 1870, il arriva qu’Emperaire s’offre un moment de baignade dans le bassin du Jas de Bouffan. Une robe de chambre, des babouches et un tabouret lui furent réservés pour qu’il prenne la pose. Cézanne avait choisi l’un de ses plus hauts formats (200 x 100 cm) pour saluer la mélancolie de son ami.

    Il avait à peine de quoi acheter des couleurs. Certaines de ses toiles sont peintes recto-verso. C’est le cas du tableau de l’affiche de l’exposition de Vincent Bercker où l’on découvre des peintures de petit format, des fusains et des sanguines, principalement des nus féminins.

    Entre Fragonard
    et Seurat

    Ce peintre, qui accompagna quelquefois Cézanne sur le motif du côté de Château Noir, relève à la fois du XVIIIe siècle et d’une grande modernité. Ses nus peuvent évoquer Fragonard. Les formes généreuses et géométriques qu’il agence anticipent Matisse, ses nocturnes font songer aux noirs et blancs de Seurat.

    Achille Emperaire mourut le 8 janvier 1898. Il avait 68 ans. Après la Seconde Guerre mondiale, un fonctionnaire de la mairie qui s’appelait Victor Nicolas, l’antiquaire Raphaël Chipota, Jean Leymarie, qui préfaça en 1953 une plaquette des Amis des Arts, proposèrent une exposition. En 2013, un catalogue rassembla son iconographie ainsi qu’un maximum de renseignements.

    Autrefois, dans une salle du musée Granet, grâce à Louis Malbos qui fut son conservateur, figuraient plusieurs travaux d’Emperaire. La rénovation du musée provoqua le transport vers Nice d’une partie de la collection. Des fuites d’eaux naufragèrent le grand format d’un « Duel » qui scénographiait deux mousquetaires. On aimerait savoir ce que sont devenus d’autres tableaux d’Emperaire : un grand Nu couché féminin, un paysage bleuté de la campagne d’Aix, ainsi que les ocres de Nature morte, pichet, palette et fruits.

    Exposition « Achille Emperaire » chez Vincent Bercker, 10 rue Matheron, Aix-en-Provence. Accès libre.
    À découvrir jusqu’au 31
     juillet.

  • La Maison atelier de Gaston Castel à Marseille

    La Maison atelier de Gaston Castel à Marseille

    La maison du patron ne manque pas d’éloquence », pose le guide « Architectures à Marseille 1900-2013 » à propos de cet édifice marseillais mythique, signé Gaston Castel, un architecte majeur de l’entre-deux-guerres. L’édifice singulier saisit depuis 1924 le passant à l’angle de la rue Croix-de-Régnier et du cours Franklin-Roosevelt.

    Gaston Castel, né à Pertuis le 1er août 1886 et mort à Marseille le 9 février 1971, est un architecte marseillais de premier plan. L’opéra de Marseille, le monument aux morts de l’armée d’Orient, la prison des Baumettes, l’annexe Art déco du palais de justice, le siège de la Compagnie générale transatlantique ou encore les portiques du tunnel du Rove sont quelques-unes des plus belles réalisations de celui qui fut architecte en chef du département, chef d’orchestre de la commande publique pour d’innombrables groupes HLM, comme le souligne l’ouvrage des éditions Parenthèses Les Castel, une agence d’architecture au XXe siècle. En 1942, Vichy le destitue pour avoir caché deux résistants dans sa villa à La Rose. La production de l’Agence Castel est riche de 270 bâtiments construits. Donné pour mort en 1915, il était revenu défiguré du premier conflit mondial. Il a enseigné à l’école d’architecture de Marseille, de 1922 à 1952, et livré ses idées dans les Cahiers du Sud.

    C’est au rez-de-chaussée du 2 rue Croix-de-Régnier qu’il a fondé, en 1921, son agence et signé les plans de sa demeure familiale, là où il vécut jusqu’à sa mort, en 1971. Il avait acheté cette parcelle bancale occupée par un bistrot. Sa configuration trapézoïdale en proue avec des oculus de bateau rappelle la Maison Puget à l’angle des rues de Rome et de la Palud. Pierre Puget (1620-1694), le grand sculpteur baroque, avait bâti sa demeure personnelle comme les proues des navires royaux qu’il sculptait aussi.

    « L’esprit de l’architecture est celui du style Art déco qui triomphe à l’exposition internationale des arts décoratifs de Paris en 1925 », écrit l’historien de l’architecture Jean-Lucien Bonillo. « Le jeu plastique des volumes est habilement traité par l’architecte sur la façade d’angle, comme une série de retraits successifs qui expriment les principales fonctions et les espaces correspondants. Il est servi par le répertoire décoratif classique : soulignement des modénatures, ferronneries ouvragées, sculptures en bas-reliefs, treilles, jarres, traités ici avec discrétion. »

    Des décors dispersés
    aux enchères

    Toujours soucieux d’associer des artistes à ses réalisations, Gaston Castel a fait aménager et décorer les intérieurs par un menuisier d’art suisse, Albert Held. Le ferronnier d’art le plus fameux du style Art-déco, Edgar Brandt, a réalisé le mobilier et le décor de la salle à manger principale. Dans les années 50, l’architecte remanie les espaces et décide de recouvrir la terrasse du second étage. Il fait disparaître la pergola et rehausse la demeure d’un troisième étage. Dix ans après sa mort, l’atelier-maison est inscrit au titre des monuments historiques. La protection s’étend aux façades et toitures, au salon et à la salle à manger, au premier étage, « avec leur décor ».

    « Décor », mot très imprécis, va être la cause d’un contentieux perdu, expliqué dans la Revue Marseille n°242. à la mort de son fils Elio en 1989, la hoirie met en vente la maison et décide de disperser le mobilier lors d’enchères à Avignon. Le commissaire-priseur est informé par la DRAC que les décors sont des objets « incorporés à perpétuelle demeure et ne doivent en aucun cas être enlevés de leur contexte ». Un référé va échouer à empêcher la vente. Du fait de cette notion vague de « décor » et faute d’inventaire précis produit à l’instance, l’état est débouté et la vente a lieu.

    La demeure sera ensuite livrée à l’abandon et au squat jusqu’à son rachat en 1996. Les nouveaux propriétaires récupèrent une maison saccagée. Aujourd’hui, la demeure privée réhabilitée à l’identique n’est malheureusement pas ouverte à la visite. En mars 2021, le label « Patrimoine XXe » est décerné au monument.

    Une partie du fonds conservée dans une villa, à La Rose, fut sauvée d’une destruction et donnée au musée d’Histoire de Marseille. Le fonds resté rue Croix-de-Régnier a été déposé aux Archives départementales des Bouches-du-Rhône.

  • L’émancipation des femmes des quartiers populaires à la loupe

    L’émancipation des femmes des quartiers populaires à la loupe

    « Ni invisibles, ni silencieuses. » Tel est le nom de la journée d’études organisée au Musée d’Histoire de Marseille, ce mercredi. Ce rendez-vous a rassemblé chercheurs, sociologues, géographes et militantes associatives. Organisé par le Comité d’histoire de la politique de la ville, en partenariat avec la Ville de Marseille, l’événement a permis d’apporter une analyse des trajectoires des femmes issues des quartiers populaires.

    « La jeunesse féminine, notamment les femmes des quartiers populaires de Marseille, est généralement réduite à des figures imposées du patriarcat, celles des mères », introduit Philippe Mejean, représentant de la coordination marseillaise du Comité d’histoire de la politique de la Ville.

    Souvent considérées comme apolitiques et invisibilisées dans la société, l’histoire et de nombreux travaux de recherche démontrent pourtant que ces femmes se sont engagées, ont porté de nombreuses mobilisations et ont créé des associations. « Quand on commence un mouvement où la classe traditionnelle et celle des travailleurs sont en crise, les femmes sont le public cible d’un certain nombre d’associations, appelées à les rejoindre et à en être actrices », raconte Michel Peraldi, sociologue.

    « Féminisme marxisme avenir (FMA), en 1967 [association devenue aujourd’hui Mouvement de libération des femmes, Ndlr.], a joué un rôle important dans le mouvement féministe maghrébin », souligne Louise Barbier, à l’origine de cette journée et doctorante travaillant sur l’état des connaissances et les controverses autour des figures féminines en milieu populaire urbain.

    Ces mouvements politiques féministes de l’histoire maghrébine ont permis aux femmes de poursuivre le combat et de construire leur place dans la société française. « Les femmes devaient être de bonnes épouses, faire six enfants… Le statut de mère, il n’est pas inné, il s’est construit », explique Yamina Benchenni, militante associative.

    Le passé impacte le présent

    La mémoire coloniale de la ville et son histoire politique sont étroitement liées. Pour Lela Bencharif, géographe et militante associative, il est essentiel de travailler sur la question coloniale, en l’articulant aux flux migratoires. « Aujourd’hui, il faut lutter contre la fabrique de stéréotypes, comme pendant le temps de la colonisation, pour éviter de créer des paniques identitaires », tranche-t-elle. C’est dans ce contexte que les démarches mémorielles prennent tout leur sens politique.

    Si les femmes sont invisibilisées, c’est parce qu’elles se trouvent à l’intersection de plusieurs dominations : elles subissent à la fois des rapports de domination masculine, du racisme et des stéréotypes sexistes. « On a soit la beurette émancipée, soit la voilée à sauver », déplore Louise Barbier, qui dénonce une vision culturaliste, voire islamophobe.

    Pour lutter contre ces stéréotypes, la Ville de Marseille souhaite développer des politiques publiques et renforcer le travail associatif auprès des jeunes femmes issues des quartiers prioritaires. « Elles ont des trajectoires complexes et il faut faire tomber ces barrières en mettant en place des dispositifs qui leur ouvrent des portes », affirme Anne-Sophie Sidani, conseillère municipale déléguée à la politique de la ville.

    L’enjeu est ainsi de complexifier la vision des quartiers populaires et de sortir d’un certain nombre de clichés.

  • Le Mémorial du camp de Rivesaltes revisité

    Le Mémorial du camp de Rivesaltes revisité

    Le lieu rassemble les pages sombres de l’Histoire de France. Le camp de Rivesaltes, dans les Pyrénées-Orientales, fut un lieu d’internement de personnes jugées « indésirables » par l’État : républicains espagnols, Juifs, prisonniers coloniaux, nomades, harkis, migrants… Pas moins de 60 000 personnes y sont passées de 1941 jusqu’à la fin du XXe siècle.

    Ouvert depuis 2015, le Mémorial, témoin de toutes ces mémoires construit au milieu des vestiges des baraquements, vient de bénéficier d’une enveloppe de 2,6 millions de la Région Occitanie, du Département des Pyrénées-Orientales et de l’Union européenne afin de refondre intégralement son parcours. « Après dix ans d’existence, le Mémorial devait franchir une nouvelle étape. Nous ne voulions pas simplement actualiser un contenu ou moderniser des outils. Nous voulions nous interroger sur la manière dont un lieu de mémoire peut encore parler à la société d’aujourd’hui. Cette refonte est née d’une conviction : la mémoire n’a de sens que si elle continue à éclairer le présent et à nourrir la vigilance citoyenne », précise Céline Sala-Pons, directrice du Mémorial.

    Une nécessité, à l’heure où la montée de l’extrême droite et des nationalismes dans le monde, prônant un discours d’exclusion, rappelle ces heures sombres de l’Histoire de France. « Comprendre comment des sociétés démocratiques ont pu accepter l’exclusion de certaines populations est une question fondamentale pour les générations actuelles », poursuit la directrice.

    Des îlots thématiques

    Ainsi, selon le nouveau parcours, aux côtés de la table centrale, colonne vertébrale de l’exposition, viennent s’ajouter des îlots « thématiques » (les exilés espagnols, la période de Vichy, la décolonisation, etc.). Une manière de faire dialoguer les périodes entre elles et de questionner le public. « Nous ne cherchons pas à juxtaposer des séquences historiques. Nous cherchons à faire émerger des questionnements. Faire dialoguer les périodes permet au visiteur d’identifier des mécanismes, des continuités, mais aussi des ruptures. L’objectif n’est pas de fournir des réponses toutes faites. C’est d’encourager une réflexion personnelle et critique », fait valoir Céline Sala-Pons.

    La refonte ne se limite pas à un changement scénographique. Les recherches récentes issues du conseil scientifique du Mémorial sont venues enrichir l’exposition. « De nouveaux travaux ont permis d’affiner notre connaissance du fonctionnement militaire du camp Joffre, des parcours des populations internées -notamment chez les nomades ou encore les soldats coloniaux- mais aussi des politiques publiques qui ont conduit à leur enfermement », souligne Céline Sala-Pons. Ces nouvelles recherches seront éclairées par des témoignages, une manière pour le musée « d’incarner l’Histoire, de lui donner un visage, un nom ». Des rencontres avec des témoins du camp sont d’ailleurs au programme.

    Le Mémorial entend également jouer à fond sa carte « lieu d’éducation à la citoyenneté » et essayer de toucher un plus large public. En ce sens, des parcours différenciés ont été mis en place : un parcours citoyen et un autre jeune public. Chaque année, pas moins de 20 000 élèves visitent le site. Des textes ont été simplifiés et traduits en plusieurs langues et les supports diversifiés. En somme, tout est fait pour donner des outils des réflexions. Car « la mémoire n’est pas tournée vers le passé. Elle est tournée vers les choix que nous faisons aujourd’hui et vers la société que nous voulons construire demain. »

  • Des archives du XVIIe retrouvées dans les Hautes-Alpes

    Des archives du XVIIe retrouvées dans les Hautes-Alpes

    C’est dans une ancienne maison de notaire, sur la commune de Château-Ville-Vieille, que Pierre Fabry, directeur des Archives, et Marc Cambray, chargé des archives des communes, alertés par la mairie, ont découvert ce qui constitue, pour leur profession, une sorte de graal.

    La découverte a eu lieu au printemps 2025 : 30 mètres linéaires de documents ont été extraits de vieux coffres en peau de sanglier et de registres en cuir. Les précieux documents, datant du XVIIe au XIXe siècle, sont des minutiers de notaires, c’est-à-dire les originaux d’actes notariés ou de jugements qui doivent être conservés par le notaire. « Tout était entreposé dans un local technique de la ville, entre un transformateur et des panneaux de signalisation », indique Christine David, relieuse et restauratrice. Les minutiers ont été dépoussiérés et décontaminés feuille par feuille avant d’être transférés aux archives départementales.

    « Un travail de fourmis »

    Christine David et Aurélie Laporte, en charge des fonds d’État et des registres notariaux, ont effectué un premier classement des registres par noms ou par communes. Une trentaine de juristes différents ressortent, sur trois à quatre générations, voire plus. Le but, à terme, est de rendre ces archives consultables au public. Mais pour cela, reste à affiner ce classement. « Un travail de fourmis qui pourrait prendre plusieurs mois », selon le service culture du Département.

  • [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au Palais Longchamp, Ingres efface et puis recrée Nicolas Poussin

    [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au Palais Longchamp, Ingres efface et puis recrée Nicolas Poussin

    C’est un tableau plein de grâce et de mystère. Intrigant, immédiatement envoûtant. Il est accroché dans une encoignure du second étage du musée, les visiteurs pourraient ne pas l’apercevoir. Voici trois jeunes femmes, des vases et des cruches, la margelle d’un puits. Celle qu’on aperçoit à gauche semble avoir oublié qu’elle verse de l’eau dans un récipient. Sa silhouette est en suspens, son corps est distrait. Ses gestes restent pertinents, ses yeux et sa mémoire sont exclusivement captés par la figure centrale, une autre jeune femme qui voudrait maîtriser son émotion. Sur la droite, une troisième personne affiche une attitude impérieuse et désinvolte, un regard distant. Elle n’ignore rien de ce qui se passe à côté d’elle, mais prétend pourtant ne pas être du tout concernée.

    L’auteur de cette toile s’appelle Jean-Dominique Ingres. Sur ce petit format de grande modestie, en dépit de l’harmonie des couleurs des vêtements et de la finesse des traits des visages de ces personnes, on ne trouve quasiment rien qui puisse être aisément rattaché à Madame de Senonnes, à Jupiter et Thétis, à l’Odalisque, ou bien au Bain Turc. Le cartel nous sauve de cette indécision, il s’agit d’un épisode de la Bible. Ce tableau, c’est son titre, retrace la « Rencontre d’Eliezer avec Rébecca ». Le patriarche Abraham décide d’envoyer en Chaldée la caravane d’un homme de confiance pour qu’il puisse trouver une épouse digne de son fils Isaac.

    On est à Paris entre 1801 et 1806, Ingres vient d’avoir 20 ans. Le natif de Montauban voudrait partir pour Rome, visite souvent le Louvre, songe énormément aux deux maîtres qu’il vénère, Raphaël et Nicolas Poussin. Il choisit de copier trois silhouettes qui figurent dans une vaste et beaucoup plus solennelle composition de Poussin où l’on découvre dans un décor urbain, au beau milieu de douze jeunes femmes, cette mission qu’Eliezer entreprend afin de convaincre Rébecca.

    Jeune apprenti à la fois fidèle et audacieux, Ingres supprime l’argument central et synthétise la composition de Poussin. Point de négociation, ni de demande en mariage. Eliezer, l’agitation des suivantes et les architectures du paysage n’existent pas. Rébecca accepte sobrement son destin de future compagne d’Isaac. À droite, une jeune femme déclare son indifférence en face de cette éventualité. À gauche, une troisième personne accompagne rêveusement le départ de la mariée.

  • L’archéologie ouvre ses portes en grand

    L’archéologie ouvre ses portes en grand

    Le musée de préhistoire de Quinson se prépare aux journées européennes de l’archéologie ce week-end, et mise sur la protection des découvertes, trop souvent négligées et pillées par les randonneurs.

    L’exposition permanente du musée retrace 400 000 années d’occupation humaine, en commençant par le paléolithique, puis le néolithique et l’âge des métaux. On y retrouve notamment des objets en pierre et des matières osseuses trouvés dans la grotte de la Baume Bonne, l’un des sites les plus connus des gorges du Verdon. Des visites y sont d’ailleurs proposées dans le cadre des journées européennes de l’archéologie, ce samedi et ce dimanche, mais sont déjà complètes.

    Le parcours de visite raconte ensuite de manière chronologique le passage à l’économie de production, à la sédentarité, aux villages et aux maisons au néolithique.

    Cette année, la thématique des journées européennes de l’archéologie est l’âge du fer. Des panneaux ludiques prêtés par l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) ont été installés à la fin du parcours de visite de l’exposition permanente à cette occasion. « Cela permet de casser les clichés, d’enrichir les connaissances de manière ludique, et de mettre en avant ces peuples qui n’avaient pas l’écriture, et dont l’histoire a donc souvent été racontée par d’autres, par leurs ennemis, ce qui ne leur rendait pas toujours hommage », se réjouit Chimène Honnorat, médiatrice culturelle et scientifique. Pour les journées européennes de l’archéologie, des espaces vides ont également été mobilisés pour faire deviner aux visiteurs les plantes et les viandes consommées à cette époque, ou encore quel os appartient à quel animal. Des mini métiers à tisser sont aussi installés ce week-end pour que les visiteurs puissent s’essayer à fabriquer un morceau de tissu.

    Depuis 2024, l’exposition temporaire « Sors de ta réserve » est proposée en partenariat avec la réserve naturelle géologique de Haute Provence, à l’occasion de ses 40 ans. L’accent est mis sur la préservation de la géologie. « On se bat pour que les gens marquent leurs découvertes avec des coordonnées GPS et les signalent, pour que les choses soient faites correctement », insiste Ludivine Franceschi, responsable du développement des publics. « Les pillages de fossiles sont monnaie courante. Beaucoup de sites doivent être protégés avec du béton autour. Des fossiles sont arrachés à coups de pioche. Il suffit d’un orage pour que des vestiges soient visibles en surface », regrette-t-elle. « Aux États-Unis, on a le droit de payer pour récupérer des fossiles dans la nature. Les législations sont très différentes d’un pays à l’autre. Cela va prendre du temps pour faire changer les mentalités », avance-t-elle.

    Des archéologues

    en tyrolienne

    Le plésiosaure, grand reptile marin prédateur du Mésozoïque, découvert à Tartonne, est exposé pour la dernière fois au public au musée de Quinson. Il sera ensuite réservé aux chercheurs, pour éviter que les vibrations et les changements de température et d’humidité n’altèrent sa conservation.

    Le musée a été créé pour conserver les découvertes réalisées lors des fouilles de sauvetage du Verdon, au moment des travaux des barrages EDF. Les archéologues ont alors dû faire du rafting et de la tyrolienne pour accéder aux lieux de fouilles.

    L’exposition permanente, inchangée depuis l’inauguration du musée en 2001, doit être totalement refaite dans les prochaines années. Le musée élargira ainsi ses collections avec de nouveaux fonds. « Il faut aller chercher ailleurs pour montrer la diversité. Là, il n’y a que des objets en pierre exposés, alors qu’à l’époque, il y avait beaucoup d’objets en matières osseuses. Ce n’est pas du tout représentatif de cette période », avance Ludivine Franceschi. « Idéalement, il faudrait changer la muséographie tous les dix ans pour faire avec le renouvellement des connaissances et les découvertes », explique-t-elle. Le nouveau parcours de visite devrait être plus interactif, afin que les visiteurs soient plus actifs et impliqués.

    DES RENDEZ-VOUS DANS LA RÉGION

    BOUCHES-DU-RHÔNE

    Saint-Rémy-de-Provence. Le site de Glanum propose un atelier pour découvrir les différentes sous-disciplines de l’archéologie. Le public pourra également manipuler de véritables vestiges pour reconstituer l’histoire du site. Dimanche 14 juin, de 9h45 à 12h30. Tarifs : enfants 6 euros, adultes 12 euros.

    Marseille. Le Palais Longchamp invite le public à se glisser dans la peau d’un archéo-anthropologue pour s’initier aux chantiers de fouilles de sépultures et découvrir les rites funéraires du Paléolithique à l’âge du Bronze. Samedi 13 et dimanche 14 juin. Gratuit.

    VAR

    Giens. Les médiateurs du Parc national de Port-Cros proposent une visite guidée pour explorer le sanctuaire d’Aristée sur la presqu’île de Giens. La visite se poursuit avec une randonnée jusqu’au fort du Pradeau, pour présenter l’histoire de la rade de Hyères. Dimanche 14 juin, de 10h30 à 14h30. Gratuit.

    Toulon. Le Centre archéologique du Var ouvre exceptionnellement ses portes pour une activité consacrée aux vêtements gaulois. Les participants pourront apprendre les techniques de tissage et expérimenter la fabrication textile sur un métier à tisser, inspiré des modèles utilisés à l’époque. Dimanche 14 juin 2026 de 11h à 12h30. Gratuit.

    VAUCLUSE

    Entraigues-sur-la-Sorgue. Le chantier archéologique préventif de la Zac du Plan ouvre exceptionnellement ses portes au public. Les responsables des fouilles du site présenteront les découvertes en cours, les méthodes d’intervention des archéologues et l’histoire du territoire. Samedi 13 juin, à partir de 10h. Gratuit.

    Vaison-la-Romaine. Sur la colline du site antique de Puymin, une visite guidée convie les participants à parcourir les vestiges des anciennes domus, notamment ceux de la Maison à l’Apollon lauré et de la Maison à la Tonnelle, avant de rejoindre le théâtre antique. Samedi 13 et dimanche 14 juin, de 14h à 15h30. Gratuit.

    HAUTES-ALPES

    Saint-Véran. Au départ de l’esplanade Sainte-Luce, une randonnée de 9 km invite le public à découvrir le patrimoine archéologique local aux côtés d’un géologue et d’un guide conférencier. Les participants exploreront notamment l’ancienne mine de cuivre de Clausis, exploitée dès l’âge du Bronze. Samedi 13 juin, de 9h à 17h. Gratuit.

    Gap. Le muséum départemental des Hautes-Alpes propose un voyage dans l’Antiquité à Gap (ex-Vappincum). La troupe Pax Augusta, spécialisée dans la reconstitution, vient y faire revivre la civilisation gallo-romaine et ses coutumes grâce à des installations immersives. Samedi 13 et dimanche 14 juin, de 14h à 17h45. Gratuit.

    ALPES-DE-HAUTES-PROVENCE

    Sisteron. Au Musée gallo-romain, les visiteurs ont 25 minutes pour retrouver un bijou antique en résolvant une série d’énigmes. Pensé comme un escape game, cet atelier aborde les méthodes de la recherche en anthropologie et l’étude du corps humain. Samedi 13 juin, de 10h à 12h et de 14h à 17h30. Gratuit.

    Reillanne. Le prieuré de Carluc propose une conférence animée par un archéologue, suivie d’un apéritif romain antique. Pour l’occasion, la chapelle de Carluc sera exceptionnellement ouverte et le public pourra la visiter. Samedi 13 juin, de 11h30 à 12h. Gratuit.