Tag: musée

  • Gilles Barbier, ses insolenceset ses lignes de fuite

    Gilles Barbier, ses insolenceset ses lignes de fuite

    Avertissement préalable, cette exposition peut choquer, ébahir ou bien rebuter. Gilles Barbier est un artiste plein d’humour, d’intelligence et d’habileté. Il est né en 1965, son œuvre est situable au niveau de deux grands sculpteurs-installateurs du XXe, César et Richard Baquié. Son atelier est implanté dans la Friche de la Belle de Mai, ses plus récentes expositions furent programmées à Bruxelles, Rodez et Nantes. Claire Durand-Ruel, Antoine de Galbert, les Frac et les musées figurent parmi ses collectionneurs. Un parcours en ville complète son exposition, chez Didier Webre, 4 rue Bonneterie, chez Bernard Plasse 37 rue Sylvabelle jusqu’au 4 avril et chez Digitale, 11 avenue de Mazargues. Le MAC présente « Naufrages » et « Les anges désarticulés ».

    Pas besoin de se prendre la tête pour appréhender les déplacements, les émotions difficilement formulables que ces pièces suscitent. Nanti d’une barboteuse et d’un nœud papillon, un peintre voudrait crâner en face de son chevalet, des couleurs hideuses dégoulinent autour de lui. Une tête et des pieds en gruyère sont criblés de trous. Du goudron et des plumes figent l’ultime pavane, les tongues d’un troisième figurant.

    Tout ceci, c’est à la fois de l’obstination et du premier degré plus ou moins bancal. Puisqu’il s’agit des moulages du visage de l’artiste dont le grotesque et la dérision se renouvellent constamment, la tendresse et la compassion sont incontrôlables.

    L’entremêlement du mort et du vif

    En mi-parcours, en face des fac-similés de ce qu’on voit sur une table, les apprêts d’un festin et le frigidaire du boucher, la saturation est à son comble. Les gestes et la distance du montreur apparaissent impeccables ou bien impardonnables, c’est selon. La froideur et la précision du chirurgien ont sculpté la barbaque des quartiers de viande rouge désossée. La découpe et la finition jusqu’auboutiste furent intenses. La bidoche, les glacis des saucisses persillées, la dégringolade des têtes de veaux pansus, le crâne fendu du cochon et les pâtés en croûtes peuvent procurer selon l’humeur du moment gêne, admiration béate ou bien écœurement.

    Ces œuvres ne se contentent pas de décrire et de dénoncer les marchandises, la noirceur et la cruauté du monde. Ce qui violente leur apparition, c’est aussi la crasse de la bêtise, l’immaturité des humains et leur manque de solidarité. Pas plus qu’une farce indigeste, « ceci n’est pas une performance » : nos corps et nos regards sont tous ensemble embarqués.

    Regards de Provence, jusqu’au 27 septembre.

  • [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au Mac, Les couleurs pliées-dépliées de Simon Hantaï

    [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au Mac, Les couleurs pliées-dépliées de Simon Hantaï

    On peut s’émerveiller en face de son achèvement, simultanément ignorer que cette toile n’avait pas de châssis lorsque ses drapés furent énergiquement maltraités, froissés et pliés. Ses angles et ses bords extérieurs furent partiellement recouverts d’acrylique par la main quasiment aveugle de son peintre.

    Simon Hantaï ne pensait rien, ne voyait rien quand il amorçait cette toile délibérément aventureuse. Pour autant il ne s’abandonnait pas aux bonnes fortunes du hasard. Paul Cezanne, Matisse et Pollock étaient les figures dominantes du XXe siècle qu’il avait méditées. Il y avait chez lui une prescience, une forme d’instinct, une intensité qu’on pourrait comparer à une folie ou bien à une schizophrénie magnifiquement maîtrisées : un travail à ce point qualitatif requiert autre chose qu’un simple mode d’emploi. On imagine qu’il mobilise une farouche volonté d’ignorance et simultanément du « lâcher prise » et du détachement en face de l’imprévisible engendrement de ces espaces blancs. Une donne aléatoire laisse respirer les encoches, les flèches, les arrondis, les volumes et les étoilements des couleurs que le peintre avait choisies.

    Avant d’exprimer l’acuité et la précision de ses gradations, cette toile émergea lentement ; elle fut séchée et précautionneusement dépliée avant d’être retendue. On la date de 1973. Proposée par son galeriste Jean Fournier, elle fut immédiatement acquise, offerte en 1974 à la Ville par l’Association des Amis des musées de Marseille. Aujourd’hui on l’aperçoit à droite dans un bord de travée, en mi-parcours parmi les collections du Musée d’art contemporain.

    Sur le versant droit, les couleurs arborent des nuances un peu plus sombres que sur la gauche. Ces angles et ces lignes de faille prolifèrent jusque vers l’infini. Dans cette marée montante de signes, « allover » dans cette fluidité rien ne prévaut, rien ne déborde : chaque détail est finement restitué. Rien ne semble faire ployer l’absence de centre, la témérité de la composition, les polyvalences des découpes, la musicalité et les constellations. Pas de récit, point de traces du temps. Ces flexions de danse, ces gouffres et ces criblages n’ont pas de mémoire ; tout concourt pour livrer au regard d’improbables sensations, des flamboyances et des rebonds.

  • [Maj] Les deux navires espagnols historiques ne pourront pas jetter l’ancre pendant quatre jours

    [Maj] Les deux navires espagnols historiques ne pourront pas jetter l’ancre pendant quatre jours

    L’un est une réplique, l’autre un original. Mais les deux sont les témoins d’une époque historique. Le Galeón Andalucía et le Pascual Flores, tous deux parrainés par la Fondation Nao Victoria, aurait du escale pour la première fois à Port-de-Bouc du 25 au 29 mars, et détonner dans le paysage des petits bateaux de plaisance.

    Le premier navire est un galion espagnol du XVIe siècle conçu à la suite d’un long processus de recherche historique par Ignacio Fernández Vial juste avant l’Exposition universelle de 2010 à Shanghai. Ce grand trois mats à la poupe décorée de l’Esperanza du Triana est une reproduction d’une unité des flottes de la Nouvelle Espagne, de Tierra Firme et du galion de Manille, qui commerçaient avec divers ports d’Amérique et d’Asie depuis les ports espagnols au cours du XVIIe siècle.

    Naviguer sur le Pascual Flores

    Le second est une goélette de 1917, l’un des 64 bateaux-pilotes de la flotte à voile de Torrevieja (dans la province d’Alicante), qui a compté jusqu’à 200 navires. Il servait au transport de fruits, de sel et de frets divers. C’est en 1999 que la municipalité de Torrevieja a racheté le Pascual Flores pour en faire un navire témoin de cette période florissante et l’ambassadeur de la ville. Il a été restauré pour devenir un navire-musée flottant avec l’aide de la Fondation Nao Victoria.

    Álvaro Paniagua est actuellement à bord de la goélette avec onze autres membres d’équipage et huit passagers, en provenance de La Spezia. « Il y a eu quelques améliorations faites sur le bateau ces cinquante dernières années, mais la manière de naviguer est plus ou moins la même qu’au début du XXe siècle, témoigne-t-il. Certes, nous avons un moteur mais les manœuvres sont demeurées inchangées. Nous n’utilisons par exemple ni treuil ni système hydraulique pour les voiles. »

  • [Portrait] Bruno Ely : raconter Aix-en-Provence pendant 45 ans

    [Portrait] Bruno Ely : raconter Aix-en-Provence pendant 45 ans

    Ce parfait érudit – Bruno est aujourd’hui la personne qui connaît le mieux, dans toutes ses dimensions, l’histoire de sa ville – avait abandonné ses études de droit pour se consacrer rue Gaston de Saporta à l’histoire de l’art. Les enseignants qu’il appréciait c’étaient les médiévistes Gabrielle d’Archimbault (1929 – 2017) et Jacques Paul ainsi qu’André Bourde qui dirigea sa maîtrise à propos des Oratoires d’Aix. Avec Jean Ely, Bruno eut le bonheur d’assister aux générales du Festival d’Art lyrique dont il fut pendant deux étés un jeune machiniste et dont il a suivi toutes les éditions.

    Cezanne mon beau souci

    On ajoutera très évidemment qu’il aura toute sa vie médité la trajectoire de Cezanne. La maison où il a vécu avec son épouse Valérie et ses enfants Marie et Paul se situe route de Vauvenargues, près des Bonfillons : chaque matin quand il ouvre ses volets, il aperçoit la Sainte-Victoire. Grâce à Françoise Cachin, directrice des musées de France, il assistait en 1984 au dépôt de huit œuvres de Cezanne chez Granet. 1990, lendemain de l’incendie de la montagne, avec le maire Jean-François Picheral, l’historien John Rewald et Denis Coutagne il participa à l’exposition Cezanne / Sainte-Victoire. Après quoi Bruno Ely œuvra pour toutes les expositions Cezanne et fut le commissaire principal de Picasso/Cezanne (2009, 371 000 visiteurs) ainsi que du récent Cezanne / Jas de Bouffant pour lequel il sollicita le concours de Denis Coutagne. En tant que commissaire libre, on souhaite qu’il réalise son ultime désir, une confrontation Cezanne et la sculpture qui se conclurait avec des œuvres de Moore et Giacometti. La nouvelle salle de Granet aménagée pour Cezanne, ses récentes négociations avec de grands décideurs des musées français comme Xavier Rey, Laurent Le Bon et Christophe Leribault et son dernier livre consacré au Grand Salon du Jas de Bouffan sont de solides arguments.

    Modernité oblige

    On n’oubliera pas ses conférences et ses initiatives du côté de l’art contemporain, pas uniquement chez Granet mais aussi au Pavillon de Vendôme et au musée des Tapisseries dont il assuma les directions de 1990 à 2008. Chez Vendôme dont il fit scrupuleusement restaurer les décors avec Monique Pomey, il accueillit Brihat, Fontcuberta, Mezzapelle et Surian. Aux Tapisseries il travailla avec Adami, Ben Lisa, Bioulès, Buraglio, Pagès, Gao Xingjan, Sorgue et Traquandi. Rue Cardinale, il œuvra pour Alechinsky, Cueco, Favier, David Hockney, Tal-Coat et Fabienne Verdier. Avec le photographe Bernard Plossu, pour la Montagne blanche et l’Italie il a noué un vrai dialogue.

    Toute médaille a ses revers : on regrette vivement que la Ville d’Aix n’ait pas saisi les propositions de Catherine Hutin pour le château de Vauvenargues et le musée Picasso de la place des Prêcheurs. De même après le congé abrupt signifié à la Fondation Jean Planque, aucune compensation n’est offerte du côté de la chapelle des Pénitents Blancs : l’espoir d’une arrivée de la fondation Pearlman s’est envolé, on parle de tractations avec le Centre Pompidou. Du côté de Granet, on regrettera que des projets avec Nicolas de Staël, Alain Fleischer, Jean-Pierre Blanche et Marcel Arnaud n’aient pas abouti.

    Reste tout de même un bilan positif grâce aux 180 expositions conduites en 45 ans par Bruno Ely, son successeur sera désigné cet automne. Pour l’heure, avec Denis Coutagne qu’il continue de vouvoyer, Bruno travaille aux projets du Jas de Bouffan ainsi qu’au catalogue raisonné de Cezanne. Lors de la remise par Sophie Joissains de la médaille de la ville d’Aix, Bruno Ely était discrètement heureux : pendant sa brève prise de parole, sa fille Marie Ely qui est depuis peu conservatrice de musée a salué publiquement « l’attention et la tendresse » de son père qui sa vie durant, « a transmis aux générations futures le respect des objets du passé ».

  • La renaissance du Muséum d’Aix au cœur de la campagne

    La renaissance du Muséum d’Aix au cœur de la campagne

    Douze ans après la fermeture du Muséum d’histoire naturelle d’Aix-en-Provence, celui-ci fait enfin son grand retour. Du moins dans la campagne des municipales. Ainsi à l’occasion de la présentation de sa liste le 23 février dernier, la maire (UDI) Sophie Joissains a-t-elle annoncé à la presse qu’elle comptait bien le rouvrir dans les années à venir. « On parle du mandat », confirmait-elle, interrogée sur le calendrier.

    C’est qu’au début du mois de février, une pétition avait été lancée en ligne, qui a désormais recueilli plus de 2 000 signatures. « La région d’Aix-en-Provence repose sur un trésor paléontologique, notamment des fossiles de dinosaures », rappelle le texte. Qui s’indigne : « La fermeture de 2014, sans projet tangible de réouverture, ressemble à une confiscation. (…) Sans notre mobilisation, il y a de grandes chances que ce musée reste fermé encore longtemps. » Avant d’interpeller la maire sortante ainsi que l’ensemble des candidats.

    Bataille historique

    Alors la maire sortante reconnaît un « projet culturel qui n’a pas trouvé encore son aboutissement », face aux contraintes financières. Mais désormais, elle évoque trois sites à l’étude pour ressusciter le Muséum : l’un à proximité de la gare TGV, un autre dans l’écoquartier de la Constance et un troisième sur le théâtre antique. En reconnaissant que cela nécessiterait « une aide importante de l’État » pour dégager ces vestiges réenfouis. À ce Muséum, elle veut adjointe les mosaïques romaines découvertes, ainsi qu’un parcours dédié au site expérimental de fusion nucléaire Iter.

    À gauche, ce combat est mené depuis les premiers jours, se souvient le conseiller d’opposition (Parti occitan) Hervé Guerrera, colistier de Marc Pena. « Dès la fermeture, nous avons alerté », raconte-t-il, déplorant que ces collections restent dans les cartons malgré des expositions temporaires. « Ce qui a manqué, c’est une volonté politique de réouverture de musées comme celui-là, comme il a manqué une volonté de mettre en valeur les collections romaines », déplore-t-il. Alors l’élu partage sa volonté de rouvrir le Muséum, ainsi que, enfin, un musée d’Aix antique sur un site commun ou à deux endroits distincts en fonction d’études à mener. Quant au site d’implantation, « nous sommes dans la logique de concerter, de co-construire. Mais la volonté y sera, cela serait fait sur le mandat ».

  • Bruno Ely, 45 années au service du musée Granet

    Bruno Ely, 45 années au service du musée Granet

    Émotion et gratitude, des témoignages, une plus claire perception du chemin parcouru entre 1980 et aujourd’hui, la maire d’Aix-en-Provence, Sophie Joissains et une foule d’amis ont salué depuis la salle des États Généraux le départ à la retraite de Bruno Ely.

    Avant que la médaille de la ville d’Aix lui soit remise, « sa base arrière » la plus essentielle, ses enfants Marie et Paul (28 et 25 ans) et son épouse Valérie ont pris la parole pour dire à quel point ils ont préservé à ses côtés un univers de grande liberté. L’engagement au quotidien d’une famille hantée par la photographie, la magie et la discrétion des métiers voués aux images restent merveilleusement contagieux : la fille aînée de Bruno, Marie Ely a passé avec bonheur et succès le concours de conservatrice du musée du Mans.

    Sophie Joissains, l’adjointe à la culture Marie-Pierre Sicard ainsi que son directeur d’autrefois Denis Coutagne ont retracé les étapes de la carrière d’un porteur de projets et d’une équipe remarquablement soucieux de convaincre par de multiples conférences et visites guidées le public de son époque. En 1990, pendant l’exposition Cezanne réalisée après l’incendie de la Sainte-Victoire il s’agissait de redonner une place de première importance au musée Granet; 40 ans plus tard, des accrochages et des expositions de niveau international, des dépôts et des acquisitions ont fait taire ceux qui estimaient qu’Aix avait longtemps ignoré « le père de l’art moderne ». À la tête du Pavillon Vendôme et du musée des Tapisseries pendant 18 ans, avant de devenir en 2008 le conservateur du musée Granet, Bruno Ely aura réalisé dans Aix plus de 180 expositions qui relèvent de l’archéologie, du grand XVIIe aixois, du Festival d’art lyrique autant que de la modernité, Alechinsky, Fabienne Verdier et Bernard Plossu peuvent en témoigner. Un prochain portrait du journal complétera cet hommage.

  • « Marier l’art et la science : le musée pourrait poursuivre dans cette lignée »

    « Marier l’art et la science : le musée pourrait poursuivre dans cette lignée »

    La Marseillaise : Vous connaissez très bien le musée de Lodève, puisque vous y travaillez depuis près de 20 ans. Quel est votre parcours au sein de l’établissement ?

    Aurosi Moreno : Je suis arrivée en 2008, au départ pour un double poste réparti entre les visites guidées et la partie préparation des expositions, sur un volet plutôt logistique. J’ai rapidement basculé en totalité sur la partie préparation des expositions et à partir de 2010, ma participation dans les expositions a augmenté jusqu’à ce que je prenne en charge certaines expositions en co-commissariat ou en commissariat. Parallèlement, j’ai passé des concours, ce qui m’a permis de me positionner sur le poste de direction. Je pense qu’au-delà des compétences qui ont pu être reconnues sur le volet scientifique, ce qui a fait la différence est que j’avais non seulement une très bonne connaissance de ce musée, mais aussi l’envie de le faire bouger. Il y a encore plein de choses en devenir et à faire.

    Pouvez-vous nous présenter les collections du musée de Lodève ?

    A.M. : Nous possédons un très beau fonds Paul Dardé, artiste lodévois né en 1888 et décédé en 1963, qui a eu son heure de gloire autour des années 1920. C’est un sculpteur de renom dont les pièces sont rentrées dans les collections publiques. Vous pouvez par exemple voir à Orsay une très belle tête de Méduse, « L’éternelle douleur ». C’est un artiste passionnant qui a claqué la porte à la gloire parisienne pour retourner dans sa ville natale de Lodève, mu par une forte envie de décentraliser les arts, que les petites villes de province aient leur musée. Il a également réalisé de nombreux dessins et illustrations d’œuvres littéraires. Un parcours dédié nous plonge dans son univers, grâce à une collection riche d’à peu près 600 sculptures et pas loin de 6 000 dessins. Il y a ensuite les fonds scientifiques, avec les collections archéologiques qui comptent près 20 000 pièces, mises en valeur dans un parcours qui raconte la Préhistoire et en particulier le Néolithique. Enfin nous disposons également d’une très belle collection sciences de la terre, avec un parcours qui relate l’histoire de la Terre depuis l’explosion de la vie il y a 540 millions d’années. La collection est constituée de 300 roches et minéraux et de 1 600 fossiles issus des environs géologiques. Car la particularité de ce musée, c’est qu’on arrive à parler de 540 millions d’années rien qu’avec des collections prélevées sur le territoire ! C’est une petite prouesse… Ce musée m’enthousiasme encore au bout de 18 ans !

    Que souhaitez-vous impulser, sur quels axes comptez-vous travailler ?

    A.M. : Concernant Paul Dardé, je pense qu’il y a encore beaucoup de choses à faire autour de cet artiste. Ensuite, il y a ce volet scientifique, qui est passionnant. Il faut voir l’engouement qu’a suscité, tout récemment, la découverte du squelette de crocodile vieux de 180 millions d’années ! J’avais déjà à cœur de marier l’art et la science et je pense que le musée de Lodève pourrait tout à fait poursuivre dans cette lignée, c’est-à-dire avec de belles expositions beaux-arts mais aussi avec des thématiques un peu scientifiques, qui attirent un public plus large.

    Je souhaiterais également renforcer la dimension de proximité, car le musée de Lodève est un musée de territoire, je crois qu’il y a une carte à jouer à ce niveau-là. Pour ce qui est des grandes lignes à développer, elles sont actuellement en cours d’écriture dans le cadre du projet scientifique et culturel du musée, sorte de ligne éditoriale. Cela va nous occuper pendant tout 2026 et probablement une partie de 2027.

    Que réserve la prochaine exposition ?

    A.M. : Elle débutera le 18 avril et sera dédiée à l’art aborigène, à travers plus d’une centaine d’œuvres réalisées entre les années 1990 et 2000. Pourquoi l’art aborigène trouve sa place au musée de Lodève ? Car c’est l’occasion de questionner une autre culture et le rapport qu’a cette culture au territoire. Or comme je le disais, le musée de Lodève est un musée de territoire. Si nous, peuple occidental, avons une certaine possessivité par rapport à cette terre, on apprend que là non, c’est la terre qui nous possède. C’est une autre vision, qui se répand sur les œuvres.

  • Nîmes : un premier guide des collections pour la romanité

    Nîmes : un premier guide des collections pour la romanité

    L’ouvrage, porté par le conservateur en chef Nicolas de Larquier et son équipe scientifique, est le fruit de plusieurs années de travail. « Il était temps », dit-il simplement. Au total, cinquante œuvres emblématiques sont analysées et mises en contexte.

    Le guide parcourt vingt-cinq siècles d’histoire, de l’époque préromaine jusqu’au Moyen Âge. On y trouve les pièces emblématiques et les chefs-d’œuvre attendus : sculptures, mosaïques remarquables mais aussi des objets plus inattendus. Un brasero portatif, par exemple, « une sorte de foyer mobile utilisé pour cuisiner », qui permet, selon le conservateur, « d’incarner la vie antique ». Ou de la céramique sigillée, de la verrerie entre autres.

    « Un ouvrage vivant »

    Présentées à Nîmes depuis 1823, ces collections ont plus de deux siècles d’histoire. Bien avant l’ouverture du musée actuel, la ville exposait déjà ses vestiges antiques. Le guide rappelle ainsi que l’intérêt pour l’Antiquité ne date pas d’hier et que le patrimoine nîmois s’est constitué dans la durée.

    Nicolas de Larquier assume volontiers que publier un guide, c’est figer. Mais en archéologie, les connaissances bougent en permanence. « On imagine souvent qu’un musée est immuable. C’est rarement le cas.  » Entre la fouille et la présentation au public, il peut s’écouler une dizaine d’années. Les notices évolueront, de nouvelles découvertes viendront compléter le récit. « C’est un ouvrage vivant, appelé à évoluer. »

  • [Jeu] Sept quêtes à découvrir au musée Maison rouge

    [Jeu] Sept quêtes à découvrir au musée Maison rouge

    Pour attirer un nouveau public ou accueillir de nouveau des visiteurs conquis, le musée Maison rouge lance une initiative innovante avec « Les Aventures de l’Extra-Monde ». Ce jeu de piste, qui se déroule au milieu des collections du musée, s’adresse à un public familial avec des enfants bons lecteurs. L’objectif de cette quête est de retrouver « l’élixir de soie pur ». Pour ce faire, les visiteurs devront réaliser sept quêtes d’environ une heure chacune.

    « Un jeu d’aventure »

    « C’est un jeu d’aventure qui peut se faire en individuel ou en collectif. Soit on est sept et chacun peut incarner un personnage pour réaliser une quête, soit les joueurs peuvent réaliser plusieurs quêtes en une journée et revenir pour réaliser l’ensemble des quêtes. Ils circulent dans tous les espaces du musée à la recherche d’indices pour trouver des ingrédients de l’élixir », explique Carole Hyza, la conservatrice.

    Si les enfants auront tout le plaisir de chercher des indices dans les recoins du musée, cette sorte d’escape game réalisé par un prestataire privé comporte plusieurs niveaux de difficulté selon les personnages et s’adresse donc aussi aux adultes désireux de se creuser les méninges. « Les dernières quêtes ne peuvent pas être réalisées par un enfant seul », confirme Carole Hyza.

    Pour réaliser ce jeu, le musée a mis en place un pack à 30 euros qui permet de revenir autant de fois que nécessaire pour finir le jeu. Celui-ci devrait être disponible au moins deux ans dans le musée des Vallées cévenoles.

  • Un pastis collaboratif à déguster dans le panier

    Un pastis collaboratif à déguster dans le panier

    On voulait faire un pastis de quartier à la recette unique », confie Guillaume Ferroni devant une petite foule venue par curiosité pour l’ouverture de l’enseigne.

    Cet entrepreneur passionné d’histoire des spiritueux a créé un pastis qu’il veut ancrer localement dans le Panier : « tous les habitants qui le souhaitent peuvent contribuer », explique-t-il. Il a pour projet de créer un réseau de récolteurs urbains qui cultivera des plantes aromatiques, lesquelles contribueront à la fabrication du spiritueux. En échange, les contributeurs se verront réserver une cuvée exclusive et des ateliers autour du spiritueux deux fois par an. L’enseigne s’engage également à réaliser des donations aux associations œuvrant dans l’embellissement et la végétalisation du quartier.

    Espace muséal et culturel

    Le passionné d’histoire a mis en œuvre un petit musée sur l’un des murs de sa boutique, retraçant l’histoire des spiritueux qu’il détaille pour l’occasion. On y apprend que le pastis est apparu après l’interdiction de l’absinthe, crée au XIXe siècle, pour combler le vide laissé chez les consommateurs. « Des dégustations commentées, des ateliers pour apprendre à élaborer son propre pastis ou encore des initiations au rituel de l’absinthe seront organisés plusieurs fois par an », conclut Guillaume Ferroni, fier de présenter le premier pastis du Panier.

    Le pastis du Panier,
    4 place des 13
     cantons.