Tag: Municipales

  • A Port-de-Bouc, Laurent Belsola déroule ses propositions avant le premier tour

    A Port-de-Bouc, Laurent Belsola déroule ses propositions avant le premier tour

    « On finit deux mois de porte-à-porte et de présence sur le terrain pour partager le programme et la liste », livrait Laurent Belsola lundi après-midi, au café Le Phocéen de Port-de-Bouc. À quelques jours du scrutin, le maire (PCF) et candidat a tenu à revenir sur plusieurs sujets de la campagne.

    « Nous allons poursuivre la rénovation des écoles dont certains bâtiments vieillissent » explique l’édile, à l’image de l’école Tichadou rénovée cette année. D’autre part, Laurent Belsola veut « uniformiser le kit de rentrée scolaire offert par la Ville pour tous les primaires, qu’ils aient tous la même chose ». L’école des Arcades, au nord de la ville, sera agrandie pour accueillir les nouveaux arrivants du domaine de Castillon. « Le bus va bientôt arriver pour relier le quartier », annonce le maire.

    De nouveaux emplois

    Laurent Belsola indique l’arrivée prochaine de nouvelles activités économiques le long du canal de Caronte. « 30 nouveaux emplois sont prévus », précise le maire, relatant que « les entreprises nous ont demandé 25 CV de port de boucains ! C’est important de faire travailler nos habitants ici », relève l’édile.

    Dans la même veine, le hangar faisant face au Chantier naval de Provence pourrait accueillir une entreprise de modification de conteneurs. « Une piste bien avancée » souligne le maire. Le reste est à découvrir jeudi soir, 18h salle Gagarine.

  • Largement soutenu, Koukas prépare son meeting à Arles

    Largement soutenu, Koukas prépare son meeting à Arles

    Entre Patrick de Carolis et son ancienne 3e adjointe déléguée à l’urbanisme, à l’aménagement du territoire, au foncier, au patrimoine et à la mobilité, la rupture est consommée. En février, Sophie Aspord avait démissionné suite à sa non-reconduction sur la liste du maire sortant (Horizons), dénonçant « une dérive », « le moment où l’on commence à servir des équilibres internes plutôt que la ville ». Elle annonce désormais son soutien à la liste de l’Union pour Arles emmenée par Nicolas Koukas (PCF).

    « Partout, le même message revient : les Arlésiennes et les Arlésiens veulent une ville gouvernée pour eux, dans la transparence et le respect », écrit-elle dans un communiqué de presse, applaudissant une liste qui « réunit près de 80% de femmes et d’hommes issus de la société civile, engagés, expérimentés et profondément attachés à l’intérêt général, à l’avenir d’Arles et de son territoire (…) qui rassemble et qui pourra fédérer au-delà des clivages ». Nicolas Koukas, appuyé par 9 partis de gauche, salue cette décision. Sophie Aspord « se retrouve dans la démarche que nous portons, qui est de rassembler et de respecter les Arlésiennes et les Arlésiens qui souhaitent agir pour leur ville et pour l’intérêt général », estime-t-il.

    Voter dès le premier tour

    Le candidat veut « stopper cette expérimentation macroniste » qui a entraîné 12 départs en six ans au sein de la majorité, et permettre à la ville de « retrouver de la sérénité et du calme ». Alors qu’il organise un meeting dans la salle des fêtes d’Arles ce jeudi 12 mars à 18h30, Nicolas Koukas invite ses soutiens à « voter dès le premier tour ». Avec six listes en lice, « ce sera compliqué » de passer dès le 15 mars, admet celui qui voit néanmoins une « fenêtre de tir » et souhaite récolter les suffrages nécessaires pour engager un élan pour le « rassemblement de gauche » et « l’alternative » que sa liste
    « incarne ».

    La tête de liste de l’Union pour Arles promet une gestion différente de celle de Patrick de Carolis, en termes de concertation d’abord. « Tous les choix seront mis dans les mains des habitantes et des habitants, pour tous les projets d’urbanisme ou d’aménagement notamment, affirme-t-il. Ensuite, on mettra l’accent sur la proximité des élus, qui signeront un contrat d’engagement auprès des administrés. Des permanences seront régulièrement organisées dans les quartiers et les villages pour maintenir le dialogue et être fidèles et honnêtes tout au long du mandat. »

  • La gauche marignanaise montre un front uni

    La gauche marignanaise montre un front uni

    « Quand la gauche est unie, elle peut changer la vie des gens. Quand la gauche se divise, elle laisse le champ libre à ses adversaires. » C’est ce qu’a affirmé Katia Yakoubi, représentante du mouvement l’Après, ce mardi soir à Marignane. La candidate du Printemps marseillais, tout comme Amine Kessaci et Pascaline Lécorché (Place Publique), mais aussi le maire de Vitrolles Loïc Gachon (PS), son adjoint Malik Mersali (PCF), Jean-Luc Cosme (Génération Écologie) ou encore René Tassy (Les Écologistes), étaient présents pour apporter leur soutien à la liste portée par Ariane Lombardi. Une liste d’union, loin de n’être qu’un amoncellement de logos.

    « Le champ de la République »

    Les forces progressistes qui la composent ont un même « projet de conquête face, notamment, à toute une idéologie d’extrême droite contre laquelle nous luttons », assène Pascaline Lécorché. L’édile de la ville voisine appelle à ce que « Marignane revienne dans le champ de la République ». « Nous sommes le cœur économique battant de la Métropole, nous avons tant d’enjeux en commun : Airbus, l’aéroport, affirme-t-il. Et pourtant, impossible de rentrer dans un réel partenariat pour défendre l’intérêt de ce territoire, son développement. (…) Plus de relation. Marignane est devenue une principauté recroquevillée sur elle-même, qui fait comme si le monde autour d’elle n’existait plus. »

    Face au maire sortant, élu en 2008 sur la promesse de tourner la page du FN incarné par Daniel Simonpieri pour finalement adhérer à ses valeurs, la liste emmenée par Ariane Lombardi n’est pas favorite. « Mais quel combat peut-on gagner qu’on ne mène pas ? », interroge Loïc Gachon.

  • « L’urgence » de la santé à Port-Saint-Louis

    « L’urgence » de la santé à Port-Saint-Louis

    « Notre objectif est de redonner vie au centre médical », affirme Aurélie Grach, postée devant l’édifice dont les portes sont closes samedi matin. La tête de liste (DVG) de l’union de la gauche hors LFI avance que la santé est « une urgence, plus qu’une priorité, un engagement plus qu’une volonté », insiste-t-elle.

    Le centre de santé Joliot Curie est un symbole. Les effectifs ont fondu depuis plusieurs années, la commune ne compte plus que trois médecins généralistes pour 8 500 habitants. « Il y en a eu jusqu’à 14, plus la clinique du Golfe de Fos et les professionnels de Joliot Curie », remarque Valérie Coulomb, infirmière libérale et colistière. « Après l’incendie de 2015, le centre était fermé. On a estimé que près d’un cinquième de la population ne se soignait plus », complète Aurore Raoux, colistière et ancienne conseillère départementale PCF qui avait obtenu une enveloppe de 116 000 euros au conseil départemental pour la rénovation. « Il faut de la volonté, on va se donner tous les moyens pour attirer les professionnels de santé », argue Aurélie Grach.

    « La ville ne peut se dédouaner de ses responsabilités, le travail est fait par une médecin qui va chercher les professionnels de santé, notamment des internes, en plus de sa vie professionnelle et sa vie de famille », indique Aurélie Grach, « ça n’est pas normal quand on sait qu’entre 2008 et 2014 il y avait au CCAS une référente pour les questions de santé ». « On recréera ce poste supprimé en 2014 par Martial Alvarez », plaide-t-elle, à propos du maire sortant divers centre.

    Et la médecine libérale ? « Ce n’est pas suffisant », tranche Aurore Raoux. « Le projet qu’on porte est celui de la médecine accessible à tous et sans avance, une vision particulière de la santé. » La colistière argue que « les Saint-louisiens sont inquiets de la fermeture d’Oxance. Qu’a fait le maire actuel ? Rien sinon répéter que la menace ne concerne pas Port-Saint-Louis et que la santé n’est pas de la compétence du maire », tacle-t-elle, estimant que « ce n’est pas qu’en faisant des annonces qu’on résoudra les problèmes mais en allant demander des subventions à l’Agence régionale de santé, en montant un projet global de santé, en lien avec l’éloignement géographique, l’implantation de nouvelles industries, la santé au travail et la prévention ».

    Au-delà des élections

    L’équipe d’Aurélie Grach insiste, en fond, sur l’importance de la lutte avec la population et les travailleurs. Notamment en 2012 lorsque les centres médicaux étaient menacés de fermeture. « On avait mis près de 1 000 personnes dans les rues avec les organisations syndicales et les forces de gauche locales », rappelle Annie Stamatiou, ancienne adjointe à la santé de Jean-Marc Charrier (PCF) et directrice de campagne. D’où la remarque de Valérie Coulomb : « Si on n’implique pas la population avec des pétitions, des manifestations et des actions fortes comme on l’a fait à l’époque, nos revendications ne remontent pas », affirme-t-elle. C’est notamment le rôle de la commission extra-municipale dédiée à la santé, qu’Aurélie Grach veut renforcer et développer. « Elle ne s’est réunie que trois fois en six ans », déplore sa colistière infirmière.

    Le handicap, thème cher à la tête de liste, n’est pas oublié. « Nous sommes en carence, on avait auparavant une permanence du Conseil départemental », pour aider à remplir les dossiers de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH). « Un projet de vie est la base de tout le dossier, il y a des termes clés à insérer, c’est technique. C’est ce qui donne droit aux prestations demandées, des enfants jusqu’aux personnes âgées handicapées », détaille-t-elle. Aurore Raoux précise que ce rôle serait endossé par le référent santé de la Ville, qui serait « également référent handicap, un soutien précieux pour les enfants et les familles ».

    Le meeting de 1er tour de la liste est prévu jeudi 12 mars à 18h30 salle Marcel Pagnol.

  • Ils appellent à battre le pavé contre l’extrême droite à Marseille

    Ils appellent à battre le pavé contre l’extrême droite à Marseille

    « La mobilisation du 14 mars aura une force particulière à Marseille avec la montée du Rassemblement national. On va leur dire que leurs idées d’extrême droite n’ont pas leur place dans notre ville », affirme un membre de Vigilance Initiatives Syndicales Antifascistes 13 (VISA).

    Sur le Vieux-Port, mardi 10 mars, plusieurs collectifs ont appelé à une mobilisation antiraciste et antifasciste massive le samedi 14 mars au départ de la Porte d’Aix à 14h, veille du premier tour des municipales. Plus de 60 collectifs, associations, syndicats et organisations politiques marseillaises ont signé le texte de la Marche des solidarités, pour manifester de manière unitaire, et construire un rapport de force dans la rue contre le racisme, le fascisme, l’islamophobie et les violences d’État. « Nous prenons la rue pour affirmer un rapport de force. Nous prenons notre place, face à l’extrême droite et à toutes les politiques qui nourrissent la domination », martèle Dalila, membre d’Union pour la Palestine Marseille. Des manifestations auront lieu dans de nombreuses villes en France.

    « Le vote ne suffira pas »

    Pour Mathilde du collectif Marseille contre la loi Darmanin : « Cette date est importante à Marseille avec la séquence des municipales. On le voit depuis plusieurs années, le RN a fait de la ville une priorité stratégique dans sa course vers la présidentielle. » L’extrême droite représente le « danger d’un saut répressif massif vis-à-vis des organisations syndicales, politiques, des associations et des acteurs culturels ». Elle rappelle que le vote ne suffira pas et que le RN « n’a pas le monopole des politiques racistes et sécuritaires ».

    Mobilisations antifascistes samedi

    Plusieurs rassemblements et manifestations sont organisés contre l’extrême droite dans notre région : Aix-en-Provence, 16h, à la Rotonde

    La Ciotat, 11h, devant les marches de l’église du vieux port, quai ganteaume.

    Toulon, à 16h30, place Louis Blanc.

    Brignoles, à 10h, Berges du Caramy, face au Auchan.

    Draguignan, à 10h30, devant la sous-préfecture.

    Avignon, à 14h, cours Jean Jaures.

    Gap, 10h30, sur la place de la République.

  • La droite détaille son plan Condorcet pour les écoles

    La droite détaille son plan Condorcet pour les écoles

    Les écoles marseillaises consacrées honte de la République après deux décennies d’abandon étaient un gros point noir de la municipalité de droite sortante en 2020. Six ans plus tard, ses héritiers voient grand et font la leçon. Mardi, Robert Ciampi (HOR), proviseur de la cité scolaire Marseilleveyre et rédacteur du programme, présentait avec Romain Simmarano (Ren) et Laure-Agnès Caradec (LR), son projet pour les écoles de la ville. Un « plan Condorcet », inspiré du plan Charlemagne des collèges destiné à rattraper le retard. Il se décline en six axes et démarrera sur un audit mené avec les agents, parents et la DSDEN, pour établir un diagnostic de l’état du bâti, du matériel, des personnels et des besoins. Classique.

    Objectif ? « Dans tous les quartiers, une école sûre, entretenue, moderne, accessible et remplie de projets », glisse Robert Ciampi pour qui la rénovation constitue le pilier majeur « même si ne parler que du bâti, c’est se tromper ». Au-delà d’un « audit flash » de la SPEM, le programme table sur un Pôle de rénovation des écoles chargé de traiter 60 écoles par an. Mais pas que donc.

    Sur le plan pédagogique, la droite promet une hausse de 20% du budget par élève, des bibliothèques numériques et des études surveillées par des enseignants revalorisés. Le programme prévoit aussi un parcours éducatif adapté à chaque niveau – de l’initiation au goût en maternelle à l’apprentissage des premiers secours en CM2 -, une « maison médicale éducative », une « brigade d’infirmières », un plan DYS, ou la réhabilitation des conciergeries. Tout y est jusqu’à la création d’espace de répit pour les AESH. Pour l’encadrement des élèves en revanche, aucun chiffre n’est donné, si ce n’est celui d’une Atsem par classe de maternelle.

    Les abords des écoles seront sécurisés, avec contrôle d’accès vidéo et médiateurs. Enfin, côté restauration scolaire, Robert Ciampi promet de « travailler avec ceux qui ont le marché » sur des « assiettes de Provence » et d’œuvrer à trouver des cuisines centrales.

  • [Entretien] Romain Simmarano : « Il faut engager une stratégie de reconquête républicaine »

    [Entretien] Romain Simmarano : « Il faut engager une stratégie de reconquête républicaine »

    La Marseillaise : Vous avez accéléré la campagne, jusqu’à ce meeting de Martine Vassal ce mercredi. Quel message vous voulez faire passer ?

    Romain Simmarano : Marseille joue son son destin dans quatre jours, les Marseillais vont avoir à choisir entre plusieurs visions de l’avenir de leur ville. Il est plus que jamais temps de parler de programme, ce qu’on s’astreint à faire depuis deux semaines parce qu’aucun des autres candidats n’a voulu aller sur ce terrain. Le meeting arrive là comme la cerise sur le gâteau.

    Dans les 1-7, vous mettez l’accent sur l’insécurité quand la préfecture de police mettait en avant ses bons chiffres. L’État n’a pas assez agi ?

    R.S. : Le centre-ville n’a jamais été aussi violent : les chiffres de violences sur personne ont augmenté de 4% en une seule année. Il faut engager une stratégie de reconquête républicaine en matière de sécurité, de propreté, de logement. Mais on ne peut pas s’en contenter, il faut pour nos quartiers une véritable vision économique, de développement culturel, une politique sportive.

    Vous voulez un poste de police, mais dans le 7e arrondissement… Vous serez seulement le maire du 7e ?

    R.S. : Je serai le maire des deux arrondissements, nous allons les piloter de la façon la plus équitable possible parce que chaque quartier a ses propres spécificités et besoins. La zone autour des Catalans, du mois de mai au mois d’octobre est surfréquentée et surcriminogène. Oui, nous assumons avoir besoin d’un poste de police rue Paul-Coddacioni, mais nous aussi avons besoin de la première police de proximité de France, une vidéoprotection à 100% sur l’ensemble de ce grand centre-ville, une politique économique bienveillante et événementielle vis-à-vis de nos commerçants : nous remettrons en place les dimanches de la Canebière et les nuits Sainte, nous ouvrirons la bibliothèque de l’Alcazar jusqu’à 21h avec une offre de soutien scolaire gratuit, nous rouvrirons la maison des nounous.

    L’enquête de la CCI montrait que le centre-ville était dynamique mais avec des évolutions très différentes d’un quartier à l’autre, comment recoudre tout ça ?

    R.S. : On va remettre de la vie, de la jeunesse. Nous proposons pour l’avenir des Galeries Lafayette un projet d’école de formation aux métiers de l’hôtellerie et du tourisme, de préempter des logements vacants pour les jeunes, une maison de santé dédiée aux étudiants sur la Canebière. Il y a un énorme enjeu, que la jeunesse réinvestisse le centre-ville.

  • Amine Kessaci tracte avec « le seul bulletin rempart au RN »

    Amine Kessaci tracte avec « le seul bulletin rempart au RN »

    « C’est compliqué, c’est pourquoi cette sortie se fait si tardivement, s’est expliqué Amine Kessaci devant le parterre de médias. Il y en aura d’autres, parce que j’ai décidé de sortir, d’aller parler aux gens, d’expliquer notre projet. » Exfiltré d’un meeting à Aix en février, c’est encadré par sa sécurité personnelle cagoulée et armée qu’Amine Kessaci est sorti accompagné de jeunes militants du Printemps Marseillais distribuer des tracts sur la place Jean Jaurès ce mardi.

    « Faire campagne dans ces conditions, ce sont des choses pas évidentes, pas faciles », a reconnu en préambule le jeune symbole de la lutte contre le narcotrafic, en remerciant « l’équipe de sécurité, extraordinaire, qui risque sa vie pour moi ». Une sortie que ce combattant de terrain vit cependant comme une nécessité : « Je me suis trop longtemps tu, trop longtemps gardé ça pour moi, ça a créé de la frustration pour moi, qui fait mal à la gauche », a-t-il regretté. Avant de préciser : « La République ne peut pas dire à des gens de ne pas circuler à cause du narcotrafic parce que des gens ont mis un contrat sur ma tête, parce que des gens ont décidé de m’assassiner, donc pour cela, le message est clair et simple : personne dans un État de droit, ne peut m’interdire de me déplacer et d’aller faire campagne. » De nombreux habitants ont salué son « courage », voire, comme Karima, « un grand homme ! Je le soutiens à mille pour cent. C’est à cause des réseaux que j’ai dû m’extirper de Campagne Lévêque ».

    « Sébastien Delogu est un marchepied du RN »

    Tracts, en main, il a exhorté les électeurs à voter « dès le premier tour avec le seul bulletin rempart à l’extrême droite, celui du Printemps marseillais ». Et revenant sur l’élection législative de 2024, il a fustigé la campagne du candidat LFI : « Sébastien Delogu est le marchepied de l’extrême droite, c’est lui qui m’a empêché d’être député, c’est lui qui a fait tomber les 13-14 aux mains du RN. » Lors du meeting du député LFI à Marseille à la Belle de Mai, Jean-Luc Mélenchon avait proposé une « fusion technique » entre les deux listes de gauche au second tour. Amine Kessaci a pour sa part clôt le débat : « Il faut que Delogu agisse en dignité. Si j’étais à sa place, je me retirerais entre les deux tours. » Le camp de Sébastien Delogu a réagi, parlant de « propos diffamatoires ».

  • [Entretien] Marc Pietrosino : « L’extrême droite n’a pas une politique au service des citoyens »

    [Entretien] Marc Pietrosino : « L’extrême droite n’a pas une politique au service des citoyens »

    La Marseillaise : L’UD a réalisé un vaste document sur les élections municipales, quel est le sens de cette initiative ?

    Marc Pietrosino : La CGT n’est pas neutre. Nous sommes en contact permanent avec les salariés du département, nous avons donc une vision pour améliorer le quotidien des travailleurs dans le cadre de ces élections. Cette campagne pour le scrutin n’aborde pas toujours de la bonne manière toutes les compétences des communes. À partir de celles-ci, l’idée était de mettre sur la table notre vision des choses, de donner des pistes, aux différents candidats, hors RN et extrême droite évidemment. Et cela fait écho à d’autres travaux d’organisations syndicales CGT, comme ceux de nos camarades de la Métropole ou de la santé, qui ont interpellé les candidats, dans leur domaine de compétence. Pour l’Union départementale, nous avons une démarche globale. Nous aimerions d’ailleurs que les candidats, a minima les progressistes, se positionnent sur nos propositions.

    Vous abordez largement la réindustrialisation, qui n’est pas une compétence directement municipale, qu’attendez-vous des candidats sur le sujet ?

    M.P. : Nous appelons les candidats à se saisir des problématiques industrielles. Je prends l’exemple d’Arcelor : toutes les collectivités doivent être à l’unisson pour accompagner la décarbonation, pour sauver l’usine. Nous avons besoin d’acier en France. Par extension, pour décarboner nos industries et les activités maritimes, on va être obligé d’avoir une alimentation massive en électricité. En ce sens, la ligne Très Haute Tension [projet de ligne de 300 000 volts entre Jonquières et Fos, Ndlr.] doit se faire dans le respect des normes environnementales, en concertation, en n’opposant pas industrie et écologie. Mais je préviens les candidats et futurs élus : si on ne veut pas finir dans le tout-tourisme, il faut cette ligne. Plus globalement, il faut qu’ils activent tous les leviers pour qu’on ne loupe pas ce tournant : sur les services publics qui doivent suivre, la demande en logement… Ils ont une grande responsabilité pour l’avenir de la zone. Par contre, nous avons été très déçus par la campagne pour le volet activité portuaire de notre département. Il y a eu de grosses attaques sur les bassins Est de Marseille. Le candidat RN propose la construction d’une marina, ce qui équivaut à supprimer 15 000 emplois. Et une déception vis-à-vis des candidats progressistes qui ne parlent du port que pour donner des accès à la mer et de nouvelles plages.

    Printemps Marseillais comme LFI parlent de l’emploi comme une priorité sur le port…

    M.P. : Nous sommes heureux quand ils affirment que c’est une priorité. Mais nous avons été surpris par les positions voulant donner de nouveaux accès à la mer au détriment des activités. Nous veillerons à ce qu’ils réaffirment ce soutien à l’emploi.

    Vous évoquez aussi les attaques sur les Bourses du travail, comme à Arles. C’est un exemple des politiques antisociales qui peuvent être menées contre les travailleurs par les mairies ?

    M.P. : Avant d’attaquer frontalement les salariés, ils s’attaquent d’abord aux corps intermédiaires, aux contre-pouvoirs, aux représentants des salariés. Priver les syndicats de leurs lieux de vie historiques n’est pas anodin. Cela revient à les empêcher de travailler, c’est une façon d’annihiler ceux qui défendent les intérêts des travailleurs. Et par ricochet, les droits de ces derniers. Les maires progressistes doivent sanctuariser les Bourses. L’exemple d’Arles est parlant : De Carolis est dans la ligne droite de la macronie, son gros chantier à Arles a été d’attaquer la Bourse du travail… Pour vouloir en faire un office de tourisme, ça en dit long.

    Dans cette lignée, il y a déjà eu des mairies passées aux mains de l’extrême droite dans le département, quelles conséquences pour les travailleurs ?

    M.P. : Les camarades de la fonction publique pourraient expliquer longuement ce qu’ils ont subi durant les mandats de l’extrême droite, à Marignane ou Vitrolles il y a quelques années… Ce sont des mises au placard, un management détestable, une politique qui n’est pas au service des citoyens. Si on a le malheur d’en avoir d’autres après ce scrutin, on ne fuira pas, on combattra et on montrera qu’une autre voie est possible.

    Vous appelez les militants à soutenir les listes progressistes au regard du danger de l’extrême droite dans certaines communes ?

    M.P. : Quand les forces progressistes réussissent à s’entendre, on appellera toujours à voter pour celles-ci. Bien souvent, leur programme reprend ce que l’on demande syndicalement, on aurait donc tort de ne pas les soutenir. Pour le cas des listes dispersées, nous appellerons au rassemblement des forces progressistes au second tour face à l’extrême droite.

    Vous tirez la sonnette d’alarme sur le logement, vous revendiquez plus de logement social ? Quid de l’encadrement d’Airbnb ?

    M.P. : Il y a deux aspects : certaines communes jouent le jeu du logement social, d’autres préfèrent payer des pénalités plutôt que d’en avoir. Nous enjoignons les communes à être dans les clous au niveau de la loi. Et à bâtir des logements sociaux partout sur le territoire. Nous avons le droit d’avoir des logements sociaux près de la plage, dans des communes dites touristiques. D’où le lien avec une autre problématique : celle des plateformes comme Airbnb. Il faut vraiment les encadrer, que les maires privilégient les logements pour ceux qui travaillent et vivent dans leur commune. Le nombre de logements de ces plateformes, dans certaines villes, provoque une hausse des prix de l’immobilier et empêche les travailleurs de s’y loger. Le logement est une compétence de la municipalité, les maires doivent agir dans ce domaine.

    Il y a tout un panel de revendications pour « renverser la fragilisation des services publics », comment faire ?

    M.P. : Nous devons avoir une fonction publique territoriale forte, qui ne délègue pas au privé. Cela passe par une fin des emplois précaires, le recours à des contractuels. Les partenariats public-privé se résument par « financement par le public et bénéfice pour le privé ». De fait, nous sommes favorables aux régies publiques. Avoir l’eau en régie publique, c’est une eau moins chère pour les citoyens, et de meilleure qualité. Pareil pour la restauration scolaire : il faut sortir de cette privatisation à tout va. Ce n’est que par des régies publiques qu’on pourra avoir une alimentation saine et équilibrée pour nos enfants dans les écoles. C’est une question de contrôle citoyen sur le service en question.

    Vous vous inquiétez aussi de l’enjeu métropolitain ?

    M.P. : C’est un scrutin dans le scrutin. La couleur politique qui sortira des différentes élections municipales, aura une influence directe sur la couleur politique de la Métropole. Et quand on connaît les prérogatives de cette dernière, notamment en matière économique, ça ne sera pas la même chose d’avoir une métropole majoritairement à gauche ou à droite. Le pire serait d’avoir une Métropole aux mains du RN. Ce serait une catastrophe pour le développement de l’emploi.

  • À Avignon, le port fluvial navigue à vue

    À Avignon, le port fluvial navigue à vue

    Actuellement, aucun bateau ne marque un arrêt au port fluvial d’Avignon – Le Pontet. Pas de lien avec les déboires en cours à la Chambre de commerce et d’industrie de Vaucluse (CCI 84), qui gère le site mais a été mise sous tutelle fin janvier (lire aussi page 22). Jusqu’au 19 mars, la navigation sur le Rhône est interrompue entre Lyon et la Méditerranée, sur décision de la Compagnie nationale du Rhône, pour un entretien des écluses à grand gabarit.

    Outre cette parenthèse, le port fluvial est installé sur un domaine de 8,5 hectares accueillant quelque 150 bateaux par an pour 200 000 tonnes de marchandises, issues du transport de produits vracs (céréales, engrais, sable, gravier, etc.). Un sujet très loin de polariser les débats dans la campagne, le port, déjà caché par essence, reste absent des programmes. Il y a un peu plus d’un an, la CCI qui a la main sur le site depuis 1961, avait initié une grande étude (notre édition du 3/02/25) « pour imaginer le port de demain » alors qu’aucun gros investissement n’a été réalisé depuis plus de 15 ans. Mais la crise de gouvernance n’a pas encore permis de prendre une orientation sur le dossier, alors que l’étude d’opportunité était encore en cours en novembre dernier. Une seconde étude de faisabilité est ensuite programmée, visant à un plan d’actions et un calendrier opérationnel.

    La philosophie du projet ne change pas. Face à la baisse du principal marché actuel (béton, granulats), le port doit trouver de nouveaux débouchés, en misant sur la logistique du dernier kilomètre et l’exploration de nouvelles énergies décarbonées (hydrogène notamment). « Le fluvial apparaît comme une solution de transport décarboné et complémentaire au transport routier, nécessaire au pré et post-acheminement », listait la CCI dans la commande de son étude, louant le « rôle de plateforme logistique » du port.