Tag: Municipales

  • La droite veut des explications sur la Société des écoles

    La droite veut des explications sur la Société des écoles

    Alors que la campagne de Martine Vassal (DVD) patine, Romain Simmarano, son porte-parole (Ren.) est venu, mardi, devant la presse dénoncer des « manœuvres et pratiques présumées illégales » à la Société publique des écoles de Marseille (Spem). L’enquête publiée la veille par Blast « change le visage de la campagne », estime celui-ci. Elle signale l’ouverture d’une enquête préliminaire, confirmée à La Marseillaise par le parquet sans en préciser le chef, suite à un signalement de Georges-François Leclerc, l’ex-préfet de région parti à l’Élysée, après l’achat sans mise en concurrence de bâtiments modulaires pour l’école Saint-André – la Castellane.

    Derrière la table où est soigneusement posé Le système Guérini, ouvrage signé Renaud Muselier (Ren.), Romain Simmarano demande au maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan qui préside la Spem, de « prendre ses responsabilités » : « Il a déclaré qu’il exclurait tout colistier condamné, mis en examen ou faisant l’objet d’une enquête préliminaire. S’appliquera-t-il la règle ? »

    Une question « démocratique essentielle » à ses yeux, même si Benoît Payan n’est pas directement ciblé, contrairement à sa candidate visée par une enquête pour « détournements de fonds publics », « trafic d’influence » et « corruption » au Département dont elle a la présidence. À ses côtés, Catherine Pila (LR) fustige « l’incompétence » et « l’amateurisme » de la majorité, quand Gérard Blanc, candidat (Ren.) sur les 15-16, déplore que des alertes internes sur un risque de favoritisme aient pu être ignorées. S’il assure ne demander « le retrait de personne », Romain Simmarano exige des explications rapides.

    Un coup de pression sur la justice à peine voilé : « Nous avons confiance en la justice, et nous souhaitons que ce soit par le biais de la justice, des médias ou quels que soient les moyens, avoir un maximum d’informations avant le premier tour. »

  • En campagne contre le narcotrafic

    En campagne contre le narcotrafic

    Le narcotrafic rapporte des centaines de milliards d’euros aux mafias chaque année dans le monde. Plusieurs milliards en France où pas un territoire n’échappe aux points de deal, 3 000 recensés officiellement en 2024. Huit communes sur dix sont touchées selon les chiffres du gouvernement et parmi les départements en première ligne de ce marché de la mort, on trouve le Vaucluse et les Bouches-du-Rhône. Marseille, Lyon et Paris sont les métropoles les plus impactées car elles concentrent des millions d’habitants. Mais la pieuvre a étendu ses tentacules, jamais rassasiée, à tout l’hexagone. Comment combattre ce fléau ? La question irrigue la campagne des municipales. Mais si la résolution ne peut passer uniquement par les communes, elles ont un rôle à tenir.

    Justice, services publics et prévention

    La fermeture des lessiveuses d’argent sale (petits commerces de nuit notamment mais pas que) est décidée au niveau municipal. La main des maires de gauche, à Marseille et Montpellier notamment, ne tremble pas pour fermer ces lieux qui participent au trafic. Mais le volet sécuritaire qui relève de l’État doit absolument s’accompagner, à parité, par un plan massif de redressement des services publics, par des moyens décuplés pour la justice, par la prévention et l’ouverture de vraies perspectives à une partie de la jeunesse laissée-pour-compte et donc proies faciles des marchands de drogue. Éducation, emploi, droit à la culture, aux vacances, au logement digne : autant de marqueurs de la gauche qui doit prendre à bras-le-corps cette lutte contre la pieuvre.

  • Donner de la voix

    Donner de la voix

    C’est la dernière ligne droite pour s’inscrire sur les listes électorales dans sa commune de résidence.

    D’après l’Insee, en 2022, la part des personnes non-inscrites dans notre région oscille entre 14,8% pour les Alpes-de-Haute-Provence et 20,1% pour les Bouches-du-Rhône avec des chiffres intermédiaires pour le Vaucluse (15%), les Hautes-Alpes (15,3%), le Var (16,2%). Cela représente un nombre considérable d’électeurs potentiels sur la touche avant le match.

    Et pourtant, les élections municipales représentent une échéance fondamentale pour la vie quotidienne, celle de sa famille, de son quartier, de son club de sport, de son association…

    Durant 7 ans, puisque le mandat à venir sera plus long qu’à l’accoutumée pour des raisons d’embouteillage de scrutins à venir, les majorités qui sortiront des urnes les 15 et 22 mars prochain décideront du destin de nos communes. Solidarité, logement, tranquillité publique, environnement, transports, culture, jeunesse… les politiques qui seront menées ne seront pas les mêmes selon les équipes élues.

    Projet contre projet

    Et c’est là tout le sel du débat démocratique et de la confrontation républicaine des projets.

    Au-delà de la lutte contre l’abstention des électeurs déjà inscrits, celle pour l’inscription sur les listes des citoyens qui ne le sont pas ou qui le sont dans une commune qu’ils ont quitté depuis longtemps est un impératif démocratique.

    Elle doit être menée par l’État mais aussi par l’ensemble des forces politiques en présence.

    Quant aux non-inscrits, plus nombreux chez les jeunes et dans les milieux populaires, ils doivent se saisir de ces derniers moments pour pouvoir donner de la voix et défendre leurs intérêts.

  • [Entretien] René Revol : « La commune doit être ce lieu d’autodétermination des habitants »

    [Entretien] René Revol : « La commune doit être ce lieu d’autodétermination des habitants »

    La Marseillaise : Certains se cachent. Pourquoi assumer d’être de gauche ?

    René Revol : Pour être clair vis-à-vis des citoyens qui doivent savoir pour qui ils votent. On assiste à une valse des étiquettes. Je ne me cache pas, je suis à la France Insoumise mais sur ma liste on a aussi une dizaine de colistiers LFI, d’écologistes, PCF ou PS. D’autres ne sont pas encartés mais de sensibilité de gauche. Je suis le suppléant de la députée Nathalie Oziol (LFI), j’ai appelé à voter Sylvain Carrière (LFI). Cet engagement a un lien avec la gestion de ma commune mais je ne le confonds pas. Je fais ma liste en fonction d’un programme communal.

    Entre l’austérité de l’État et les compétences qui filent aux Agglos, ça vaut encore le coup d’être maire ?

    R.R. : Oui mais il ne faut pas renoncer. L’article 72 de la Constitution établit la libre administration des communes, principe aux origines de la République. La commune doit être ce lieu d’autodétermination de la population. Elle peut devenir le lieu de réappropriation du pouvoir par les citoyens, pour bousculer l’ordre établi. Les obstacles sont réels : étranglement financier et perte de compétences. Il faut dire nos engagements prioritaires. Ici, on a réalisé 95% de nos promesses. Il faut aussi être présent en force à la Métropole, pas se soumettre pour une subvention. L’époque Frêche est révolue. J’ai apporté la preuve que c’était possible avec Saurel puis Delafosse. On a fait la régie publique de l’eau avec les premiers m3 d’eau gratuits. Je souhaite une régie publique de l’énergie et baisser les tarifs.

    Pourquoi être opposé aux projets routiers du COM et du Lien ?

    R.R. : Je ne suis pas contre le Contournement ouest (COM) mais pour une 2 fois 2 voies (pas 4 voies), sinon c’est un statut autoroutier avec 90 ou 110 km/h, un aspirateur à voitures et à camions. Sur la Liaison d’évitement nord (Lien), on a perdu en Justice. J’avais proposé un autre tracé, balayé, qui ne passe pas à 200 mètres des maisons du Pradas. J’en prends acte et je demande au Département non pas une glissière mais un mur de 2 mètres pour l’isolation phonique.

    Vous travaillez avec Michaël Delafosse mais soutenez Nathalie Oziol. Est-ce conciliable ?

    R.R. : Je suis le suppléant de la députée Nathalie Oziol sur un mandat national. Je ne suis pas candidat à Montpellier. Je me réjouis que les Insoumis se présentent dans de nombreuses grandes villes. Ce sont mes amis mais je ne mènerai pas campagne excepté à Grabels avec un projet pour ma ville et la Métropole. Je tire trois points positifs du bilan de Michaël Delafosse : La gratuité des transports, celle de l’eau et le fait qu’on regarde enfin en face nos 110 000 tonnes de déchets. Je suis pour transformer Ametyst en chaudière CSR sans effet sur l’environnement et faire baisser la taxe d’ordures ménagères. Je regrette le manque d’efforts sur la construction de logements et je salue la recherche du consensus pour l’intérêt général.

    Comment empêcher l’extrême droite d’arriver au pouvoir ?

    R.R. : L’exemple Mamdani parti de 1% et devenu maire de New York. Il faut une réponse populaire alternative crédible qui marque l’espoir. Si la gauche se rassemble sur une rupture écologique, sociale, populaire, démocratique, elle a des chances. Sinon elle explosera et sera balayée. La pénétration de l’extrême droite dans la société est telle qu’il faut une véritable insurrection électorale populaire.

  • Alpes-de-Haute-Provence : les communistes, artisans des rassemblements aux municipales

    Alpes-de-Haute-Provence : les communistes, artisans des rassemblements aux municipales

    « Le rassemblement, il y a ceux qui en parlent et ceux qui le font », indiquait Bertrand Perrin pour ses vœux prononcés samedi aux Mées.

    « Dans 90% des villes aujourd’hui dirigées par la gauche, l’union a été reconduite pour 2026 : c’est un fait majeur et le PCF a pris toute sa part à ce combat en appelant, contrairement à d’autres, à ne pas présenter de liste contre ces majorités sortantes », a-t-il poursuivi, fier de souligner que les communistes représentent « la troisième force politique de France en nombre d’élus » et qu’ils entendent bien « conforter cette assise territoriale et l’élargir encore, au service de tous les habitants, en luttant contre l’abstention et en faisant gagner la gauche partout où c’est possible ».

    « Sentinelle de la République »

    Insistant sur l’héritage du « communisme municipal », il a martelé sa conception du rôle d’élu communiste : « Un maire communiste, un adjoint ou un conseiller municipal communiste n’est pas un notable de plus : c’est une sentinelle de la République. »

    « Partout où l’extrême droite menace, nous devons être le rempart et le rassembleur. Partout où la droite gère en terrain conquis, nous devons être le poil à gratter qui propose une alternative. Partout où la gauche peut l’emporter, nous devons être le ciment de l’union et la garantie d’un programme vraiment transformateur. Ce sont ces projets programmatiques locaux que les camarades portent sur le terrain, popularisent et expliquent, forts de nos convictions communes », a-t-il conclu.

    La cérémonie de vœux a ensuite fait place à une intervention de Frédérique Laîné, présidente du comité des Amis de La Marseillaise des Alpes qui a annoncé l’arrivée de notre journal dans le 04 et le 05 à compter du 7 février, une nouvelle chaleureusement accueillie par les présents.

  • Renoncement de Cécile Helle : retour sur une année de péripéties à Avignon

    Renoncement de Cécile Helle : retour sur une année de péripéties à Avignon

    Il y a tout juste un an, le 3 février 2025, la maire (PS) Cécile Helle faisait une annonce qui allait marquer la vie politique locale et son camp à gauche : renoncer à briguer un 3e mandat. Une décision, mue par « l’engagement » pris en 2014 de « ne faire que deux mandats », mais qui a été une véritable déflagration. Outre le timing, à plus d’un an des municipales, aucun signe ne laissait paraître sa volonté d’arrêter. « Être maire, c’est aussi cela : savoir passer le témoin au bon moment et dans les meilleures conditions possibles », écrivait la première magistrate en conclusion de sa lettre aux habitants.

    Un an plus tard, au vu des péripéties, pas sûr que « les meilleures conditions possibles » aient été réunies. Si Cécile Helle a fini par apporter son soutien, il y a dix jours à David Fournier (PS), adjoint à l’administration municipale, c’est au bout d’un long processus à gauche où sa majorité n’en ressort pas plus soudée. Pendant presqu’un an, la maire a brandi son mantra : le choix de son successeur devait « se faire sur deux choses : la capacité à porter un projet et une personnalité qui arrive à faire un rassemblement le plus large possible ». Cécile Helle s’est trouvée « marrie », glissait-elle début janvier, devant l’incapacité de ses élus à s’entendre alors que sur le fond « pas grand-chose ne les sépare ».

    L’année a donc été dense en tractations, sans éclat d’animosité publique entre prétendants. Après une petite période de sidération, Joël Peyre, élu (PRG) aux finances, a été le premier à se manifester pour prendre la relève, début avril. Très vite suivi par David Fournier, désigné premier des socialistes par un vote interne au sein duquel il a devancé Zinèbe Haddaoui, adjointe aux sports et alors fraîche adhérente au PS. Paul-Roger Gontard, adjoint (La Convention) à l’urbanisme, s’est ensuite positionné, début juin.

    Pendant ce temps-là, dans d’autres partis de la majorité, à l’instar du parti communiste et de Génération.s, le maître mot reste la construction de l’union, par les idées et le projet d’abord avant de réfléchir à qui pour l’incarner. Hors majorité, à gauche, les Écologistes font le choix de désigner en juin Sabah Badji comme tête de liste. À la même période, la France insoumise se choisit Mathilde Louvain et Farid Faryssy comme co-chefs de file. Benoît Belvalette et Place publique se lancent aussi en campagne en juin sans perdre de vue la nécessité d’un rassemblement.

    Si c’était à refaire ? Cécile Helle persiste et signe

    S’opère alors un match à trois au sein de la majorité. Fin août, lassé de ne pas voir l’union poindre, Claude Nahoum, Premier adjoint (DVG) annonce soutenir Benoît Belvalette. « Je pensais que l’été serait propice à se rassembler », commence à se désoler Cécile Helle, à la rentrée. Fidèle à sa stratégie de rassembler les partis, David Fournier voit, fin septembre, Génération écologie se ranger derrière lui. Puis les Écologistes – malgré le ralliement récent de sa cheffe de file à LFI –, l’Après, l’ex-insoumis éconduit Farid Faryssy, le parti animaliste et, enfin, début janvier Place publique.

    L’hiver glace un peu les relations avec le PCF et Génération.s, investis dans le mouvement citoyen Avignon collectif dont Zinèbe Haddaoui est l’une des chevilles ouvrières. Tous reprochent la méthode à marche forcée pour tendre vers l’unité de David Fournier, au détriment du fond. Fin décembre, le sondage paru dans La Provence donnant David Fournier loin devant à gauche (18%) va rebattre les cartes. L’enquête d’opinion contraint Joël Peyre à renoncer à concourir. Dix jours après, le PCF, G.s et Avignon collectif font le choix plus radical de se tourner vers la liste insoumise de Mathilde Louvain. Reste le cas Paul-Roger Gontard, qui martèle que « personne ne pourra gagner seul ». L’adjoint est toujours en discussion avec David Fournier. « Si des convergences de vues existent, des espaces de compromis sur les priorités du programme et sur la façon d’agir au mieux sont encore à trouver », indique-t-il, ce lundi encore dans un communiqué. Un an plus tard, avec un peu de recul, Cécile Helle assure qu’elle referait la même chose : « Quel intérêt [de choisir un héritier], sauf à fragiliser celui qui va être finalement désigné ? Il y a un contexte politique suffisamment compliqué pour ne pas venir rajouter du bordel au bordel. »

  • Olivier Galzi laisse le bloc macroniste en rade à Avignon

    Olivier Galzi laisse le bloc macroniste en rade à Avignon

    Qu’il semble loin le temps, pourtant pas si éloigné, où Julien Paudoie jugeait qu’Olivier Galzi avait « un profil très intéressant ». Pilote Renaissance à Avignon en vue des municipales, il cherche encore la piste d’atterrissage. Car malgré des discussions avec Olivier Galzi (DVD), aucun terrain d’entente n’a été trouvé. « Je ne suis pas soutenu par Renaissance et je ne demande pas ce soutien. Leur chef de file n’est pas dans mes équipes et il ne sera pas sur ma liste… Je ne saurais être plus clair », a cinglé jeudi dernier Olivier Galzi en présentant son programme. Un projet qu’applaudit pourtant Malika Di Fraja, présidente de Renaissance Vaucluse jusqu’à il y a peu. En creux, on devine surtout un problème de personnes… La preuve, ce samedi, la publication sur Facebook de Julien Paudoie : « En intra-muros, cette semaine, en salle, j’ai vu un gourou. Un personnage charismatique, un récit parfaitement huilé, des certitudes capables d’embarquer tout un public… Le cinéma fait vraiment dans le réalisme ces temps-ci. » Évidemment, il ne parlait pas que du film Gourou, avec Pierre Niney. Sollicité, Julien Paudoie n’a pas « souhaité en dire plus pour le moment ». Engagé dans le collectif Voix d’Avignon, qui regroupait les partis du bloc macroniste – dont beaucoup ont rejoint depuis Olivier Galzi –, Renaissance risque donc de rester en rade pour ces élections.

  • [Entretien] Éric Berton : « C’est le rôle de l’université de redonner le goût du vote »

    [Entretien] Éric Berton : « C’est le rôle de l’université de redonner le goût du vote »

    « Droit au but mais aussi droit de vote. » « Dégun le fera à ta place. » « Pour savoir si t’es inscrit sur les listes, c’est tarpin simple. En vrai. » Lancée en novembre, la campagne d’AMU se veut percutante. Où elle endosse un rôle dont on peut se demander s’il relève d’une université. Explications.

    La Marseillaise : Pourquoi avoir lancé cette démarche qui est a priori une première en France ?

    Éric Berton : Aix-Marseille Université (AMU) considère que sa mission ne s’arrête pas aux portes des amphithéâtres. AMU est, et a toujours été, une université socialement engagée. Nous avons fait le choix de lancer une grande campagne de sensibilisation sur l’importance du vote tout en proposant des outils concrets pour accompagner les étudiants dans leurs démarches d’inscription sur les listes électorales.

    Nous estimons que c’est précisément le rôle de l’université de redonner le goût du vote à nos étudiants et de les replacer, ainsi que leurs problématiques, au sein du débat démocratique. L’université est un lieu de savoirs et d’émancipation, elle a également vocation à construire les citoyens de demain. En sensibilisant les étudiants aux fondamentaux de notre démocratie, elle est pleinement dans son rôle.

    La temporalité de cette campagne est très simple : l’échelon municipal est le plus concret, celui qui régit le quotidien. Il nous a semblé naturel de lancer cette campagne à l’aune de cette échéance électorale, parce que cette élection est déterminante pour la jeunesse et donc pour les étudiants d’Aix-Marseille Université. C’est une fierté pour notre université que de mener ce combat pour la démocratie.

    Comment s’articule la campagne ?

    E.B. : Elle a commencé à l’automne, à travers une grande campagne d’affichage, accompagnée d’un site internet explicatif des enjeux liés aux municipales et des démarches pour s’inscrire sur les listes. Nous avons par la suite lancé une grande enquête auprès des étudiants, conjointement avec la Fondation Jean Jaurès et l’Ifop, afin de mieux comprendre leurs engagements, leurs valeurs, et leurs attentes en matière de politiques publiques municipales. Les résultats de cette enquête seront rendus publics dans les prochains jours et feront l’objet d’un affichage sur nos campus et sur les abribus dans nos villes d’Aix et de Marseille.

    Sur la partie sondage Ifop/Fondation Jean Jaurès, ne craignez-vous pas d’être taxé de « parti pris » dans la mesure où cette fondation a été créée par un ancien Premier ministre socialiste ?

    E.B. : Pour garantir l’indépendance de l’enquête, nous avons confié sa réalisation à l’Ifop, institut de référence en études d’opinion, en partenariat avec la Fondation Jean Jaurès, think tank reconnu pour son expertise sur les enjeux de jeunesse. Deux entités reconnues pour le sérieux de leur travail, la rigueur de leurs méthodes et la qualité de leurs enquêtes.

    Sur les débats organisés à partir du 11 février avec les candidats aux municipales, cela va-t-il se faire avec toutes les têtes de liste ? Y compris le RN ? Si oui pourquoi ?

    E.B. : Les invitations à l’attention des candidats ont été envoyées et nous attendons de connaître leur réponse pour communiquer sur le dispositif et le format définitif de ce temps d’échange.

    Avez-vous déjà tiré des enseignements de cette campagne ?

    E.B. : Cette campagne est extrêmement utile, à la fois pour informer les jeunes sur leurs droits et leurs devoirs civiques, évidemment, mais aussi pour mieux comprendre leurs attentes et leurs aspirations.

    Nous avons voulu cette enquête pour que les candidats ne puissent plus ignorer l’état réel de notre jeunesse et qu’ils puissent formuler des propositions en phase avec les besoins exprimés. Nous avions des intuitions sur l’engagement de notre jeunesse. Les premiers résultats dépassent certaines de nos attentes, d’autres risqueront de bousculer un peu certaines idées reçues et des représentations parfois caricaturales. Et c’est tant mieux ! Objectiver, chercher, oser, se dépasser, telle est ma vision de l’université, au service de nos jeunesses.

    Repères

    Des jeunes plus engagés au niveau associatif

    Environ 42% des étudiants d’AMU (Aix-Marseille universités) seraient engagés dans des associations universitaires. Un chiffre à mettre en regard des 72% d’abstention relevés chez les jeunes de 18 à 34 ans, lors des précédentes élections municipales en 2020 selon une estimation de l’institut de sondage Ipsos-Sopra Steria. Un chiffre à replacer aussi dans un contexte d’épidémie de Covid.

    Faire de la jeunesse une priorité au niveau local

    C’est ce que demande dans une longue note publiée en novembre, le conseil d’orientation des politiques de jeunesse, une commission administrative consultative placée auprès du Premier ministre. Parmi les propositions, améliorer le rapport avec la police, garantir l’accès à la culture ou aux sports…

    35%

    des 18-24 ans se disaient intéressés par les municipales en 2020 selon une étude de l’Observatoire du Comportement Électoral des Jeunes, menée par l’Anacej (association nationale citoyenneté enfance jeunesse).

    16

    ans et pouvoir voter… Un droit qui s’inscrit dans la Convention internationale des droits de l’enfant, pour participer à la vie démocratique de leur pays rappelle l’Unicef, pour qui « les jeunes ont une voix ! » Et d’exhorter les pouvoirs publics à abaisser l’âge du vote à 16 ans pour les municipales.

  • À Toulon, Josée Massi, la maire sortante a inauguré son local de campagne

    À Toulon, Josée Massi, la maire sortante a inauguré son local de campagne

    « Merci d’être si nombreux, c’est vraiment un signal, ça veut dire qu’il se passe quelque chose, comme un frémissement », déclare Josée Massi, la maire sortante SE de Toulon, samedi matin devant un QG de campagne rempli d’une forêt de parapluies. Le mauvais temps n’a pas rebuté ses aficionados. Pas question de rater ce moment qui lance le départ d’« une grande aventure ».

    La candidate inaugure « la maison commune », située en dessous des Galeries Lafayette où « tout le monde est le bienvenu pour discuter ».

    Et de souligner l’importance d’avoir derrière elle « une équipe forte », parce qu’« un bateau avec un capitaine mais sans équipage, ça ne bouge pas, ça reste au port ».

    « Toulon ne doit pas revenir en arrière »

    Et de mettre de la même façon en évidence la nécessité que chacun s’engage dans ce scrutin. « Ce qui se gagne sur une élection, c’est par la présence, c’est la concertation, c’est aller voir les gens au plus près, discuter avec eux, peut-être pour les convaincre », insiste-t-elle. Et dit compter pour cela sur des femmes et des hommes de sa liste issus de tous les milieux sociaux, de toute la société civile, avec des gens d’expérience aux côtés de nouveaux venus en politique motivés par le désir d’agir, tous se complétant. Parce que « l’homme jeune court vite, mais l’ancien connaît le chemin ».

    Et d’annoncer un projet chiffré. « On va promettre que ce que l’on peut tenir », prévient-elle.

    Et de conclure face à la menace toujours présente de voir à nouveau la ville tomber dans le giron de l’extrême droite : « Toulon ne peut pas se permettre de revenir en arrière. Ce n’est pas possible. Hubert Falco et ses équipes ont mis 20 ans pour rebâtir Toulon. Donc, je compte sur vous. Tout va se jouer dans les prochaines semaines. On va gagner. On doit gagner. »

    On sent en tout cas un vrai dynamisme.

  • Le sens du combat avec Toulon en commun de Danielle De March

    Le sens du combat avec Toulon en commun de Danielle De March

    « L’enjeu pour notre ville est bien celui de la démocratie, Toulon ne doit pas tomber dans les griffes de l’extrême droite », exprime avec force l’ancienne vice-présidente communiste du Parlement européen Danielle De March.

    Elle met une fois encore toute sa passion et son expérience pour mener la bataille des idées dans cette campagne des municipales. Dans cette « bataille de Toulon », comme elle la nomme, consciente de la rudesse du combat qu’elle appelle à mener, en s’appuyant sur la grande histoire de la gauche à Toulon qu’il est utile de faire connaître aux jeunes générations. Une ville qui ne s’est pas toujours laissée aller à ses passions tristes. Loin s’en faut.

    Et de rappeler pour commencer que « le peuple toulonnais a eu à la Libération la possibilité d’acclamer sur le boulevard de Strasbourg le général de Gaulle et leur nouveau maire communiste Jean Bartolini ».

    Ce dernier avait été député avant de se voir déchoir de son mandat, arrêté, condamné par le gouvernement de Vichy et déporté à Alger comme tous les élus communistes refusant de se soumettre et renier leur parti.

    Et de montrer comment cet ouvrier de l’Arsenal, avec les socialistes, les démocrates devient le premier maire PCF du Port du Levant et comment il a porté haut et défendu les valeurs de la Résistance à la tête de la ville.

    L’occasion aussi de mettre à l’honneur Gabriel Péri un autre Toulonnais résistant et communiste qui a payé de sa vie le prix de son engagement contre le nazisme.

    Ouvrir le champ des possibles

    « Alors, oui, la gauche à Toulon peut écrire aujourd’hui de nouvelles pages, comme nous avons su le faire en 1977 », explique la présidente du comité de soutien à Magali Brunel tête de liste de Toulon en commun. Lors de ces municipales, le rassemblement de la gauche unie a en effet réussi à faire trembler les droites. Danielle De March manquant d’un cheveu alors de devenir maire du Port du Levant.

    Elle se souvient d’ailleurs de ce bel enthousiasme qui régnait alors en ville, notamment lorsque l’international de rugby André Herrero, décédé en fin d’année dernière – sa veuve Roseline vient de rejoindre le comité de soutien de Magali Brunel – prend la parole devant un opéra comble. Aragon, alors à Toulon, fait partie de l’auditoire. Aux côtés des salariés de l’Arsenal, des agents services publics. Et des habitants des quartiers populaires. « Ils étaient tous venus en force », reprend l’ancienne passionaria de la gauche toulonnaise.

    Une ferveur qui ne demande qu’à renaître, explique-t-elle fidèle à l’espoir que ses parents résistants lui ont inculqué. Et c’est d’ailleurs tout le sens de ce comité de soutien qu’elle préside et qu’elle continue jour après jour d’étoffer avec des artistes, sportifs et intellectuels de renom, des enseignants, des syndicalistes qui apportent leur signature. On relève par exemple la présence des journalistes et écrivains Claude Ardid André Baudin et Patrice Maggio, ou le co-initiateur des Amap en France Daniel Vuillon. Mais la liste est longue. « Raviver la mémoire combative de notre ville c’est aussi montrer ce qu’il est possible de faire aujourd’hui », ajoute-t-elle. Danielle met aussi en avant comment la mobilisation, certes plus modeste, de 2020 a permis à trois candidats de la liste de Toulon en Commun d’être élus : « Depuis 6 ans les formidables interventions en conseil municipal de Magali Brunel, André De Ubeda et Philippe Leroy ont su relever le défi tout en se maintenant sur le terrain au plus près des habitants de nos quartiers. »