Tag: mort

  • L’incendiaire de la maison de famille d’Emile condamné

    L’incendiaire de la maison de famille d’Emile condamné

    Acte malveillant prémédité, moyen de se faire justice soi-même, ou de relancer l’enquête ? Plusieurs explications à l’acte de Roland Woudstra se sont confrontées mardi lors de l’audience à l’issue de laquelle ce Marseillais de 78 ans a été condamné à deux ans de prison. En mai, il avait provoqué plusieurs départs de feu aux alentours de la maison secondaire des grands-parents du petit Emile, disparu en 2023 au Vernet. Il avait interrogé des habitants, se présentant comme un journaliste néerlandais, pour obtenir des informations sur l’affaire et la localisation de la maison.

    Pendant l’audience, le prévenu a affirmé avoir agi pour « provoquer un déclic au niveau de l’enquête » sur la mort du petit Emile et la « relancer ». Il a nié toute volonté « de vengeance ou de punition », alors que les avocats des grands-parents l’accusaient d’avoir voulu nuire à la famille. Une lettre écrite depuis sa cellule le 13 juin est cependant venue contredire ses déclarations devant la cour. Il y écrit avoir eu « une brutale envie de faire justice moi-même en brûlant la maison de la famille Vedovini que je pense coupable ».

    « Initiative de justicier »

    L’avocat de la grand-mère d’Emile, Me Julien Pinelli, a avancé que cet « emballement » était « lié à la confusion des accusations portées du fait des réseaux sociaux où on lit les pires horreurs sur ceux dont le seul tort est d’être en deuil de leur petit-fils. Celui qui a porté la suspicion sur eux en paye le poids moral ».

    « Mes enfants avaient déjà peur de monter au Vernet avant cet incendie, mais là c’est pire », a confié aux enquêteurs la grand-mère du petit Emile.

    Le président a lu des expertises psychiatriques décrivant « un comportement inadéquat, une initiative de justicier sans preuves, en méconnaissant la gravité potentielle de l’incendie », ainsi qu’un « aveuglement de la passion, un excès de confiance, une recherche de loi personnelle, pensant avoir perçu ce que l’enquête n’avait pas su démontrer, voulant provoquer un mouvement ».

    L’avocat du prévenu a décrit un homme « endeuillé, isolé, fragilisé » par la mort récente de sa femme et de son fils. Il a plaidé l’altération de son discernement, expliquant qu’il serait en train d’être placé sous tutelle. « J’aurais dû laisser la justice faire son enquête », a reconnu l’homme mardi.

    « On a le droit de penser que la justice fait mal son travail, mais pas de jeter en pâture des gens, ajouter au sang d’Emile, aux larmes de la famille, des cendres à la maison familiale. Votre peine aura nécessairement vocation à envoyer un message, que cette famille retrouve la paix », a lancé le procureur au moment de ses réquisitions.

  • Deux enfants retrouvés morts dans une voiture à Carpentras

    Deux enfants retrouvés morts dans une voiture à Carpentras

    Alors que le Vaucluse est placé en alerte canicule orange, avec des températures avoisinant les 40 degrés, un drame très certainement lié à ces fortes chaleurs a endeuillé Carpentras, ce lundi en début d’après-midi : deux enfants de 2 et 4 ans ont péri dans la voiture familiale, qui était stationnée sur le chemin d’accès de la maison, située impasse des Aulnes, une zone pavillonnaire mitoyenne du quartier du Bois de l’Ubac.

    C’est leur maman qui a donné l’alerte, peu avant 13h30, en découvrant ses enfants inanimés à l’intérieur du véhicule. « Les secours tentaient de réanimer les deux jeunes enfants sans succès », indique le parquet de Carpentras dans un communiqué, précisant que les corps ont été « transportés à l’institut médico-légal de Nîmes pour une autopsie qui se déroulera demain [ce mardi] afin de déterminer les causes et circonstances de la mort ». Mais, selon la procureure Hélène Mourgues, citée par l’AFP, « la piste de la canicule est privilégiée ». Une enquête pour homicide involontaire a été ouverte et confiée à la police nationale de Carpentras.

    Difficile, à ce stade, de retracer le cours des événements. Âgée de 33 ans, la maman, prise en charge par les sapeurs-pompiers, n’a pu être auditionnée « au regard de son état », stipule le parquet. Deux hypothèses ont été évoquées : d’abord, l’oubli des enfants dans la voiture au retour de courses puis, la possibilité que les deux garçons se soient introduits dans le véhicule avant de s’y retrouver coincés et que la maman ne s’en aperçoive trop tard. Garée en plein soleil sous près de 40 degrés, une voiture peut, en un quart d’heure, devenir une étuve mortelle à plus de 70 degrés, rappelle le ministère de la Santé.

    D’après plusieurs témoignages, la maman se serait récemment installée dans cette maison, domicile de sa propre mère, et avait inscrit son garçon de 2 ans à la crèche du quartier. « On n’a pas compris au départ, mais très vite, des informations ont circulé disant que deux enfants étaient morts et dans des conditions horribles, s’émeut Amandine, une voisine. On n’imagine pas que ce genre de chose arrive à des enfants si petits. » Séverine, riveraine directe du drame, raconte « entendre jouer ces enfants depuis chez nous, ils étaient pleins de vie, c’est un drame absolu, pour une maman, ce qui est arrivé est terrible, je pense beaucoup à elle ».

    Les écoles fermées

    ce mardi après-midi

    Dans un communiqué, le nouveau maire RN, Hervé de Lépinau, s’est dit « abasourdi par le drame », rappelant qu’il est « essentiel de porter une vigilance accrue envers les enfants en cette période de très fortes chaleurs ». Dès ce samedi, la municipalité avait annoncé la fermeture des écoles de la Ville à compter de ce mardi après-midi, « en raison des fortes chaleurs annoncées afin de garantir la sécurité et le bien-être des enfants ». Seul un accueil minimal dans une salle climatisée sera assuré l’après-midi à destination en priorité des familles travaillant dans le secteur de la santé, la sécurité et « aux agents assurant la continuité des services publics essentiels ».

  • Soupçon de féminicide à Martigues après la mort d’une femme de 25 ans

    Soupçon de féminicide à Martigues après la mort d’une femme de 25 ans

    Mardi matin, la rue Paul-Baptistin Lombard s’éveille. Les volets métalliques des commerces se relèvent, les habitants claquent leur porte d’entrée pour filer au boulot. Tout semble ordinaire. Pourtant, la veille, des équipes de la police scientifique s’affairaient dans un appartement du deuxième étage, situé à deux pas du cours du 4-Septembre, jusque tard dans la soirée. « Il y avait des rubalises pour bloquer la rue et énormément de forces de l’ordre », témoigne une voisine, encore sous le choc.

    Lundi, aux alentours de 16h, les pompiers ont été appelés pour secourir une jeune femme de 25 ans. Ils ont trouvé la victime en arrêt cardiorespiratoire dans son appartement du deuxième étage. Lardée de « plaies transperçantes », elle n’a pas pu être réanimée. Son compagnon, qui avait donné l’alerte affirmant l’avoir retrouvée dans cet état en rentrant du travail, a été placé en garde à vue. L’homme, âgé de 39 ans et au casier judiciaire vierge, s’y trouve toujours. Le procureur d’Aix-en-Provence, Jean-Luc Blachon, précise néanmoins : « À cette heure, je ne peux pas dire que nous avons des éléments suffisants pour affirmer qu’il s’agit d’un homicide conjugal. »

    La Ville appelle

    à la retenue

    Walid, jeune vendeur de la supérette située au rez-de-chaussée du bâtiment, ne comprend pas ce qu’il a pu se passer, mais il veut rendre hommage à la victime. « On entend plein de rumeurs. Moi, je verrai plus ma voisine et ça me déchire. Je l’aimais beaucoup, c’était une femme pleine de vie, souriante, toujours en train de passer la tête pour dire bonjour. »

    Dans ces « circonstances douloureuses », le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux, appelle à « la retenue », « au recueillement et à la solidarité ». « Alors que de nombreuses informations, commentaires et interprétations circulent déjà sur les réseaux sociaux et dans certains médias, nous nous refusons à toute spéculation, écrit-il. Contrairement à ceux qui se précipitent pour tirer des conclusions ou attribuer des responsabilités, nous considérons qu’il est de notre devoir de respecter le travail des enquêteurs et de la justice. »

    S’agissant de la détection des situations de violences, Éric Florentino, directeur adjoint de Solidarité Femmes 13, souligne : « On est dans un département plutôt bien doté en termes de structures de proximité de soutien social, psychologique ou juridique. La Ville de Martigues est très impliquée sur le sujet, il y a beaucoup de permanences sur le territoire. L’Apers et notre association sont, par exemple, à la Maison de la justice et du droit, l’hôpital a développé un service spécifique qui s’appelle Sofa, le commissariat de Martigues est très sensibilisé. On comprend la mécanique la peur, mais il y a des interlocuteurs pour recevoir la parole et organiser une prise en charge. »

  • Commémoration des massacres de Sétif, Guelma et Kherrata, l’autre 8 mai

    Commémoration des massacres de Sétif, Guelma et Kherrata, l’autre 8 mai

    « Le 8 mai 1945, la France a manqué à ses devoirs universels et a commis l’inexcusable. » C’est le ton grave qu’Anthony Krehmeier, maire (PS) des 2e et 3e arrondissements de Marseille, a lancé la cérémonie commémorative des massacres du 8 mai 1945, qui se déroulait, ce vendredi après-midi, à côté de la Porte d’Aix.

    Des massacres qui ont lieu à « Sétif, Guelma et Kherrata », comme le rappelle le maire de secteur, lors de manifestations qui font suite à la mort de Bouzid Saâl, jeune militant anticolonialiste qui défilait drapeau algérien à la main, tué par un policier français, le 8 mai. « Trop longtemps, après ces dizaines de milliers de morts, il y a eu le silence des vivants », dénonce Anthony Krehmeier, rappelant qu’une année auparavant, le maire (DVG) Benoît Payan a procédé à la pose d’une plaque commémorative.

    Devoir de mémoire

    « Il est de notre devoir d’entretenir cette mémoire. Cette histoire commune, c’est aussi ce qui lie nos deux rives, Marseille connaît mieux que quiconque la douleur de ceux qui ont subi la colonisation et ses crimes », martèle le maire des 2-3. Outre la pléiade d’élus de la Ville, le député insoumis Manuel Bompard ou le sénateur écologiste Guy Benarroche, de nombreux représentants de la communauté et diaspora algérienne à Marseille étaient présents pour l’occasion, dont le consul adjoint d’Algérie, Ahmed Si-Ahmed. Zoheir Sabri, futur président de l’espace Franco-Algérien, a également pris la parole pour rappeler que le lien entre « Marseille ville des exilés » et les victimes de ce massacre. « Des milliers d’Algériens qui marchaient pacifiquement pour la dignité et l’égalité ont été massacrés par l’armée coloniale. Parmi eux, se trouvaient des familles des mêmes tirailleurs algériens qui avaient versé leurs sangs pour libérer Marseille en août 1944 », lance-t-il.

    En parallèle de cette cérémonie, plusieurs associations et collectifs organisaient un rassemblement revendicatif pour une reconnaissance plus officielle de ces massacres.

  • [Entretien] « Les enfants de 6 à 10 ans sont les plus contaminés, il y a une accélération »

    [Entretien] « Les enfants de 6 à 10 ans sont les plus contaminés, il y a une accélération »

    Il se veut un « scientifique qui alerte ». C’est ce que son association a fait dès 2023, puis en 2025 en soutenant les travaux menés par la Conférence nationale des médecins libéraux et appelle à l’action.

    La Marseillaise : Peut-on rappeler ce qu’est le cadmium ?

    Pierre Souvet : C’est un métal lourd qui n’a aucune vertu pour l’organisme contrairement au fer, calcium, zinc, cuivre, naturellement présent dans le sol mais on a augmenté les stocks à cause de l’épandage d’engrais trop riches en cadmium depuis de très nombreuses années. Le flux vers les aliments a augmenté puisque l’Anses, dans son « Étude de l’Alimentation Totale 3 » (EAT 3), sortie en février, dit qu’elle a trouvé dans des céréales, notamment au chocolat, trois fois et demie plus que dans la précédente étude EAT 2 [publiée en 2011, Ndlr.].

    Quels sont les effets sanitaires ?

    P.S. : Il a une capacité très inquiétante : il altère votre ADN et sa réparation. Il perturbe la mort cellulaire, l’apoptose, qui fait qu’une cellule ne peut pas se transformer en cellule cancéreuse. Il est lié à plusieurs cancers, du poumon, du sein, de la prostate, de la prostate, du pancréas, parce qu’en plus d’être cancérigène, il est perturbateur endocrinien. Il donne des neuropathies, provoque des troubles osseux avec le doublement du risque de fracture du col du fémur ou du rachis par ostéoporose à partir de la dose de 0,50 microgramme par gramme de créatinine dans les urines. C’est la dose établie par l’Anses à partir de laquelle les premiers signes cliniques apparaissent, dans une analyse qui date de 2011. Le cadmium altère aussi le foie, les reins, la reproduction.

    Y a-t-il des populations plus exposées que d’autres ?

    P.S. : Tout le monde est fragile, mais il y a des gens plus exposés. Ceux qui ont une alimentation qui va favoriser l’absorption, et ceux qui en plus respirent le cadmium parce qu’ils sont dans des zones industrielles exposées. La pénétration par voie respiratoire est de 50%, beaucoup plus forte. On s’est toujours inquiété pour les gens de Fos, parce que la métallurgie rejetait beaucoup de cadmium. C’était une tonne par an, on est passé à peu près à 300 kg. Il y a eu des progrès, mais c’est un produit toxique qui s’accumule, sa demi-vie est de 20 à 30 ans. Selon Santé Publique France, les enfants de 6 à 10 ans, en moyenne, ont 0,31 microgramme par gramme de créatinine. 0,31, vous entendez bien ! Ce sont les plus contaminés, comme s’il y avait une accélération brutale…

    Le taux de cadmium autorisé dans
    les engrais reste élevé alors que vous n’avez cessé d’alerter, que l’Ansès
    a fait des recommandations. Comment l’expliquez-vous
     ?

    P.S. : Le taux légal en France est à 90 milligrammes par kg, le taux européen est à 60, une décision qui avait été prise en 2018. L’Anses a demandé de baisser les taux à 20 milligrammes dès 2021. Il y a des intérêts géopolitiques, financiers… du fait qu’on se sert dans un pays où les taux de cadmium sont trop élevés comme le Maroc. Alors qu’il est possible moyennant un coût de 2 à 3 euros à l’hectare d’aider à l’enlever sur place.

    L’agriculture bio fait-elle partie des solutions ?

    P.S. : Oui. Il faut ne plus subir en limitant les aliments les plus contributeurs. Chez l’adulte, c’est le pain, tout ce qui dérive des céréales, et les pommes de terre. Chez l’enfant, le premier contributeur, ce sont les pommes de terre. Après il y a les biscuits sucrés et les céréales. Nous avons fait une fiche à l’ASEF avec 15 unions de médecins libéraux sur 17, soit 80% des médecins français que nous mettons à disposition du public sur notre site.

    L’information du public c’est l’un de vos axes d’action ?

    P.S. : Il faut se protéger, mais aussi prendre des mesures en faveur de l’agroécologie et former les professionnels de santé. C’est ce que disent notamment les quatre grandes sociétés mondiales de cardiologie.

    Dans votre livre, « Anti-toxique,
    Le guide des polluants cachés
     »*,
    vous proposez des solutions pour
    un certain nombre de polluants
     ?

    P.S. : On est entouré de polluants invisibles. C’est un livre très simple, qui permet de comprendre et d’agir. Parce que l’objectif, ce n’est pas de faire peur.

    *sous la direction du Dr Pierre Souvet, Éditions Albin Michel, 24.90€, avril 2026

  • Une commémoration aux flambeaux pour « les victimes du fascisme »

    Une commémoration aux flambeaux pour « les victimes du fascisme »

    « Marseille reste et restera antifasciste ». C’est le message unanime porté par les plusieurs centaines de personnes qui ont répondu à l’appel d’organisations telles que Riposte Antifasciste, Quartiers antifascistes 13 ou encore Ciao Facho, ce mardi soir, pour un rassemblement aux flambeaux.

    À grands coups de « Siamo tutti antifascisti », l’objectif était de « commémorer toutes les victimes du fascisme ». Comme une réponse à la mort de Quentin Deranque, militant d’extrême droite à Lyon, le 14 février dernier, après une rixe et un lynchage avec des militants antifa’. « On veut éradiquer les idées fascistes, pas forcément les personnes. Mais le corps de ce militant n’était même pas encore froid que l’extrême droite avait son récit de fait. Le soir même, ils se félicitaient que ce drame offrait une justification à leurs violences », explique au micro Nina, représentante de l’Union étudiante à Aix-Marseille. Dans la même lignée, un membre de Riposte Antifasciste dénonce : « S’il y a un antifascisme de rue, c’est car l’État ne nous protège pas. Solidaires et la CGT Rhône ont subi des attaques, des menaces de morts… ».

    Les participants ont d’ailleurs largement énuméré toutes les morts et drames en lien avec des actions de l’extrême droite et ses groupuscules. Le député insoumis Sébastien Delogu a également pris la parole, en rappelant la mort d’Ibrahim Ali, tué en 1995 par des colleurs d’affiches du FN à Marseille. Une intervention régulièrement coupée par des slogans lancés par les manifestants et quelques interpellations salées : « Va faire ta campagne ailleurs. »

    En tout cas, la « poursuite du combat » a été lancée avec la date du 14 mars prochain à l’appel de la Marche des solidarités cette-fois.

  • « L’extrême droite veut plonger le pays dans la guerre civile »

    « L’extrême droite veut plonger le pays dans la guerre civile »

    La Marseillaise : Demandez-vous l’interdiction de la marche suite à la mort de Quentin Deranque qui se déroule ce samedi à Lyon ?

    Manuel Bompard : Évidemment que je demande son interdiction. La marche à Lyon n’a rien d’un hommage. Un hommage serait légitime mais il s’agit là de faire une démonstration de force de groupes fascistes, néonazis, violents, racistes et antisémites. La presse fait d’ailleurs état du fait que plus de 1 000 militants d’extrême droite venus de toute l’Europe y sont attendus. C’est un danger pour les habitants, ça serait irresponsable de laisser cette marche s’organiser dans le contexte que l’on connaît. Je constate aussi que même la famille [de Quentin Deranque, Ndlr.] dit qu’elle n’y participera pas et que, quelque part, ça n’a rien à voir avec elle. Qu’on rende hommage à une personne qui vient de mourir, c’est légitime. Mais qu’on en profite pour faire une démonstration de force de l’extrême droite, fasciste, c’est inacceptable. J’appelle le ministre de l’Intérieur à prendre les dispositions nécessaires pour que ça ne puisse pas avoir lieu.

    Il y a des mobilisations antifascistes prévues ce week-end, vous y participerez ? Craignez-vous des menaces contre des militants insoumis ?

    M.B. : Quand on a une quinzaine de permanences parlementaires et locaux de campagne attaqués, une attaque à la bombe, des militants menacés et poursuivis jusqu’à leur domicile personnel… J’appelle d’abord à faire preuve de la plus grande vigilance possible. Et évidemment à ne participer à aucune initiative qui pourrait donner lieu à des scènes de violences. S’il y a des protestations pacifiques, démocratiques, elles sont les bienvenues. Mais je vois bien comment une partie de la classe politique française, de l’extrême droite en particulier, a l’intention de plonger notre pays dans la guerre civile. Il faut faire preuve du plus grand sang froid et ne céder à aucune provocation. Je considère qu’on est dans un contexte qui n’est pas digne d’une démocratie qui fonctionne bien. Les pouvoirs publics, les autorités doivent garantir la capacité de chacun d’exprimer ses idées. Et cesser l’instrumentalisation honteuse et ignoble à laquelle ils participent depuis des jours. Il y a une responsabilité absolue du gouvernement qui a bazardé, en une semaine, tous les principes de l’État de droit : il n’y a plus de séparation des pouvoirs, d’indépendance de la justice, de secret de l’enquête, plus de secret de l’instruction… Il faut qu’ils se ressaisissent et qu’ils fassent en sorte que tout le monde puisse défendre ses idées, faire campagne, sans risquer de se faire agresser, intimider ou tabasser dans la rue.

    Quelles conséquences internes au sein du mouvement ? Raphaël Arnault est-il maintenu à LFI ? Sera-t-il présent sur une liste pour les municipales à Avignon ?

    M.B. : Il est actuellement menacé dans tous le pays et dans toute l’Europe. Il n’est absolument pas question qu’il soit démis de ses fonctions. Pour sa participation à une liste à Avignon, il faudra lui poser la question. Pour l’instant, une enquête est en cours, il faut attendre qu’elle aille à son terme et ne pas faire d’accusations hâtives. Un des deux collaborateurs qui avait soi-disant une responsabilité dans ce drame a été relâché et ne fait l’objet d’aucune poursuite. Et pour le deuxième, si j’en crois les propos du Procureur ce jeudi, il n’est pas accusé d’avoir une responsabilité directe dans la mort de cette personne. C’est à la justice de déterminer les circonstances des uns et des autres. Pas aux groupes d’extrême droite sur les réseaux sociaux, ni aux médias qui en relaient les accusations.

    Vous dénoncez une instrumentalisation, entendez-vous ceux qui demandent une clarification de LFI ?

    M.B. : Absolument pas. Mes propos sont très clairs depuis le début : je condamne absolument le fait qu’on frappe un homme à terre, je suis en désaccord avec ce qu’il s’est passé. De quelle clarification supplémentaire y a-t-il besoin ?

    Vous craignez que ça enterre de possibles unions avec les autres forces de gauche, au second tour des municipales ?

    M.B. : Ça dépend lesquelles. J’ai enregistré avec une grande satisfaction les déclarations du président du groupe communiste à l’Assemblée nationale, Stéphane Peu. J’ai vu les réactions de Sandrine Rousseau, d’Elsa Faucillon, celle de Marine Tondelier qui est d’une clarté totale. C’est un certain nombre, à mon avis minoritaire, des dirigeants politiques de gauche qui perdent leurs repères quand ils mettent sur le même plan le fascisme et l’antifascisme. Il y a une différence fondamentale qu’il faut rappeler : le jour où il n’y a plus de fascistes, il n’y a plus d’antifascistes mais le jour il n’y aura plus d’antifascistes, malheureusement il y aura encore des fascistes.

  • Mort du militant identitaire : 7 mises en examen requises

    Mort du militant identitaire : 7 mises en examen requises

    De très nombreuses investigations [menées] » dans un « contexte très très sensible » : le procureur de la République de Lyon a donné une conférence de presse ce jeudi à 17 heures pour communiquer les derniers développements de l’enquête sur la mort du militant d’extrême droite Quentin Deranque. L’étudiant lyonnais, récemment converti au catholicisme proche des milieux traditionalistes, cofondateur d’un groupuscule national révolutionnaire – entre autres – est décédé samedi d’un traumatisme crânien. Frappé à mort alors qu’il était venu défendre le collectif féminin d’extrême droite Némésis qui manifestait contre la tenue d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon.

    Sept personnes ont ainsi été identifiées et le parquet de Lyon requiert leur mise en examen pour « homicide volontaire » contre Quentin Deranque, « violences aggravées » et « association de malfaiteurs ». Deux de ces personnes auraient refusé de s’expliquer sur les faits, les autres ont reconnu leur présence sur les lieux, certains ont admis les coups, « en revanche, ils contestaient tous une intention homicide », détaille le magistrat.

    Thierry Dran a par ailleurs précisé le profil de ces sept personnes : ils ont entre 20 et 26 ans, « ce sont pour l’essentiel des étudiants, des employés dans le privé, un est sans-emploi et un, comme vous le savez, assistant parlementaire », faisant ici référence à Jacques-Élie Fravot, ex collaborateur du député vauclusien Raphaël Arnault (LFI), fondateur de l’organisation antifasciste « La Jeune Garde », désormais dissoute. Le jeune homme « a reconnu (…) la commission de violences et sa présence sur les lieux » mais « a indiqué qu’il n’était pas l’auteur des coups qui ont provoqué le décès de M. Deranque », avait indiqué mercredi son avocat Bertrand Sayn. Et d’ajouter : « il a exposé également qu’en aucun cas il ne s’agissait d’un guet-apens, mais en vérité d’un affrontement ».

    Pour les sept suspects, « certains appartiennent à des associations et trois déclarent avoir fait partie, ou être proche, de la mouvance d’ultragauche », a précisé le procureur de la République de Lyon. Deux ont des antécédents judiciaires : l’un pour violences et usage de stupéfiants, l’autre pour vol et port d’armes. Un troisième « fait actuellement l’objet d’un contrôle judiciaire par une juge d’instruction à Paris à la suite de faits de violences aggravées en raison de la race, l’ethnie ou la religion », a-t-il encore détaillé et affirmé ne pas savoir s’ils étaient fichés S. Ils seront tous placés en détention provisoire.

    D’autres personnes restent à identifier

    Quatre autres personnes – dont trois femmes – mis en cause pour « recel de malfaiteurs » ont été arrêtées, placées en garde à vue et relâchées à l’issue de leur interrogatoire. Le procureur de la République de Lyon affirme que plusieurs personnes restent toujours à identifier, « les juges sont saisis de l’ensemble de l’enquête », explique Thierry Deran. Une information judiciaire est ouverte, pour déterminer, ce qui s’est passé avant, pendant et après les faits.

    Les réseaux d’extrême droite ont relayé des appels à l’organisation d’une marche, ce samedi à Lyon, en hommage au militant nationaliste. Le maire de la ville, Grégory Doucet (EELV) a réclamé son interdiction, « face au risque réel de débordements violents ».

  • Contrebande de cigarettes sur le port de Marseille : de lourdes peines sont tombées

    Contrebande de cigarettes sur le port de Marseille : de lourdes peines sont tombées

    La 6e chambre correctionnelle de Marseille s’est montrée ferme mardi en condamnant sévèrement tous les protagonistes d’un trafic de cartouches de cigarettes débarquées de ferries tunisiens. Au premier rang, les deux commanditaires de 29 importations pour près de 15 000 cartouches. « C’est vous qui donnez les instructions, rémunérez les dockers et écoulez la marchandise », a dit la présidente à Sofiane A., condamné à 3 ans ferme. Il sortait tout juste de 6 ans de prison pour narcotrafic. « Les écoutes sont claires et la ligne téléphonique qui communique avec les personnels navigants des navires tunisiens est bien la sienne », a dit le tribunal au sujet d’Aymen S., en double récidive et qui écope de 3 ans ferme avec mandat d’arrêt et 3 ans d’interdiction du territoire. Leur convoyeur écope de 18 mois ferme avec mandat de dépôt.

    Quant aux trois dockers complices pour sortir la marchandise de l’enceinte du GPMM, le tribunal a qualifié les faits de « particulièrement graves car commis dans l’exercice de leurs fonctions » et pour Eddy C., « en franchissant une zone interdite avec des complicités, la porosité ayant été démontrée dans ce dossier ». Ce docker qui avait forcé un barrage des douaniers en janvier 2025 écope de 2 ans de prison dont 6 mois avec sursis probatoire. « Le port est une zone extrêmement sensible avec un risque avéré sur la sécurité. Les gens qui y travaillent doivent être dignes de confiance », a dit la présidente Julien-Rama, lui faisant interdiction de paraître dans le GPMM pendant 3 ans avec exécution immédiate. Son oncle écope de 10 mois avec sursis et d’une exclusion du port d’un an. « Vous avez pris toute votre part dans ce trafic », a signifié la présidente au docker syndicaliste, Hadj B., « pas un simple guetteur mais un intermédiaire entre les dockers et les commanditaires ». Il écope de 18 mois de prison avec sursis et de 2 ans d’interdiction de paraître dans le port avec effet immédiat.

    Le tribunal a tenté de réduire l’ardoise douanière de 5,2 millions d’euros. Les dockers condamnés restent redevables solidairement des taxes fraudées à un montant que le tribunal n’a pu limiter qu’à un million d’euros. « L’amende douanière, on dirait l’euromillion du samedi soir. Toute une vie ne suffirait pas à payer, c’est lunaire, c’est une mort civile » ont dénoncé des avocats de la défense.

  • Rolland Courbis quitte le terrain…

    Rolland Courbis quitte le terrain…

    Même aux portes de la mort, Rolland Courbis garde le sourire, le goût de l’échange à travers le foot, passion de l’une de ses vies. Affaibli par la maladie, doublée d’une infection pulmonaire, cet homme à la fierté exacerbée n’a jamais affiché ses souffrances. Comble d’une grande gueule revendiquée qui gardait pour lui ses tourments et n’exposait que sa bonhomie contagieuse.

    Jusque-là, ce Marseillais, né dans les quartiers Nord d’un père policier, a mené mille et une vies, entre désir de reconnaissance et goût de la marge, notamment pour le milieu marseillais.

    Cet ancien joueur et entraîneur s’est entiché du ballon rond, comme pour se sortir d’un milieu modeste et a parallèlement entendu souvent siffler les balles perdues, comme lors de l’assassinat de l’ex-membre de la Brise de mer Dominique Rutily.

    Par-delà ses fréquentations controversées, entre ombres et lumières, l’homme avait l’art de dépasser les limites des règlements au risque de se brûler les ailes, de passer deux séjours en prison à la suite de la caisse noire de Toulon ou du procès des comptes de l’OM.

    Joueur invétéré, au casino où il était interdit depuis 1990, et adepte de coups de poker sur tous les terrains, Rolland Courbis aimait vivre sur un fil, bannissait la routine et se plaisait à donner son avis même quand on ne le lui demandait pas. Ainsi, en parallèle de sa carrière, il était un consultant écouté de la radio RMC.

    Le Marseillais n’a rien fait pour soustraire Marseille à ses clichés. Il aimait parler, avec un goût avéré pour les bons mots, sur une antenne radio, un plateau télé et bien évidemment dans un vestiaire. Ses causeries résonnent dans les mémoires des joueurs qu’il a dirigés à Toulon, Bordeaux, Marseille ou encore à Montpellier, à deux reprises (2007-09, 2013-15), où sa gouaille méditerranéenne faisait écho aux entrailles de la Paillade.

    « J’avais un petit magnétophone et j’enregistrais ses causeries. Le soir, on les écoutait avec ma femme, avec des amis. C’était exceptionnel. On en avait les larmes aux yeux, c’était du Marcel Pagnol à l’état pur », raconte sur France Info, Laurent Paganelli, consultant pour Canal Plus et ancien joueur de Toulon, au début de Courbis au poste d’entraîneur.

    Rolland Courbis s’est éteint lundi 12 janvier à l’âge de 72 ans au bout d’une vie entre vices et vertus. Sans rien cacher des uns, ni minimiser les autres. Dix-sept jours après Jean-Louis Gasset, emblème de la Paillade, cet homme attachant et sulfureux laisse le foot français orphelin d’un acteur majeur. « C’était la gouaille, le soleil avec tous ses excès, quelqu’un qui connaissait le foot et l’aimait profondément. Un homme très attachant, truculent », résume Michel Mézy, décisif pour sa venue à Montpellier.

    Missions périlleuses

    Homme des missions périlleuses, Rolland Courbis a épargné à Montpellier deux relégations. L’une en National (3e division) en 2007, l’autre en Ligue 2 en 2014. Au-delà de ses sauvetages, il a réussi le pari de ramener le club présidé par Louis Nicollin en Ligue 1 le 29 mai 2009.

    Un soir où le stade de la Mosson a vécu une secousse tellurique, réveillé l’histoire de la Paillade et propagé une émotion à travers une victoire face à Strasbourg (2-1), « finale pour la montée », pour remettre le ballon rond au centre de la vie et de la ville de Montpellier.

    Un soir de tous les excès, de toutes les folies au bout d’un cheminement plutôt habile. Pendant deux ans, Rolland Courbis mène de front son rôle de consultant radio à RMC, ses ennuis judiciaires dans l’affaire des comptes de l’OM et recompose l’effectif de Montpellier, par la confiance faite aux jeunes (Aït-Fana, Yanga-Mbiwa, Saïhi, Jourdren…) et un recrutement inspiré (Camara, Marveaux, Costa, Dzodic, Bocaly…). Il le ramène au sommet au bout d’une saison épuisante et se retire sans bruit « pour mieux régler ses ennuis judiciaires ».

    Ce 29 mai 2009, Rolland Courbis met fin à « l’anomalie de voir Montpellier en Ligue 2 », mais gagne aussi du temps sur ses beaux lendemains. Il remet le club héraultais en état de marche. De marche avant. Avec l’émergence impromptue de la génération Gambardella (Belhanda, Cabella, Stambouli…), Montpellier, avec René Girard comme successeur, va connaître une parenthèse enchantée. Et la plus faste période de son histoire. Avec une qualification européenne, une finale de la Coupe de la Ligue devant l’OM et surtout un titre de champion de France, suivi d’une aventure unique en Ligue des champions.

    Un peu plus de quatre plus tard, Rolland Courbis revient à Montpellier pour soigner les séquelles post-titre. Il succède à Jean Fernandez, éphémère technicien, pour restaurer un équilibre fragile et fragilisé par un départ ubuesque où il a beaucoup perdu. Peu avant la trêve hivernale, faute d’une garantie sur le renouvellement de son contrat, il est parti, prétextant une fatigue, avant de rebondir trois semaines plus tard à Rennes.

    Courbis a scellé le divorce avec Montpellier, et en particulier son président Louis Nicollin, dans un fracas incompréhensible. Les deux hommes avaient noué leur relation à la mi-temps d’un match de légende. Le 22 août 1998 au stade Vélodrome. À la sortie du vestiaire, Courbis, entraîneur d’un OM mené 0-4 par l’équipe de Gasset, croise Nicollin et prophétise une remontée. « Ça, c’est des couilles », rétorque Loulou. Avec un sourire partagé.