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  • L’ancien maire de Sisteron, Daniel Spagnou, est mort

    L’ancien maire de Sisteron, Daniel Spagnou, est mort

    En plus de son mandat de maire, Daniel Spagnou a également été conseiller général et régional, ainsi que député UMP de la deuxième circonscription des Alpes-de-Haute-Provence de 2002 à 2012.

    L’ancien maire avait déjà été hospitalisé et son état de santé était préoccupant pendant la campagne des municipales.

    Ce matin, je perds un ami”, a réagi sur X le président (Ren.) de la Région Renaud Muselier. “Grand maire de Sisteron pendant 43 ans, nous perdons un serviteur de la République exceptionnel, qui a consacré sa vie aux Alpes-de-Haute-Provence.

    Le nouveau maire de Sisteron, ancien premier adjoint de Daniel Spagnou, Jean-Pierre Templier, a également réagi : “Il m’est difficile, aujourd’hui, de parler de Daniel simplement comme de « l’ancien maire de Sisteron ». Pendant de très nombreuses années, il a fait partie de ma vie, de mon engagement et de mon histoire personnelle. J’ai travaillé à ses côtés, nous avons partagé tant de moments, tant de projets, tant de combats pour Sisteron. Nous avons connu les satisfactions des nombreuses réalisations accomplies, mais aussi les difficultés inhérentes à la gestion d’une commune et parfois les moments plus difficiles.”

    Les Alpes-de-Haute-Provence perdent aujourd’hui l’une de leurs grandes figures”, a déclaré de son côté David Gehant, maire (DVD) de Forcalquier, sur son compte Facebook . “Pendant près de 50 ans d’engagement public, il aura tant apporté à notre département des Alpes-de-Haute-Provence et à sa ville de Sisteron, à laquelle il aura consacré une grande partie de sa vie. Daniel était un élu de terrain, proche des gens, profondément attaché à son territoire et à ses habitants. Une certaine conception de l’engagement public (…) dans laquelle je me reconnais pleinement”, a-t-il ajouté.

    « Daniel était un homme de Droite. Nos parcours politiques respectifs nous ont permis de nous rapprocher et de nous estimer. Nous partagions beaucoup de valeurs, ainsi que de nombreux projets, comme la mise en valeur des Petites Cités de Caractère de notre territoire. Il laisse un vide immense », a réagi pour sa part Jean-Marie Bernard, Président du Département des Hautes-Alpes.

    Quelles que soient nos sensibilités politiques, un tel engagement au service d’un territoire force le respect”, a écrit la députée (PS) des Hautes-Alpes Marie-José Allemand. “Quelques mois seulement après avoir quitté ses fonctions, c’est une grande figure des Alpes du Sud qui disparaît.

    Je salue sa mémoire en tant qu’opposant politique depuis toujours. On peut ne pas être d’accord, mais il a tenu la ville et porté la droite en recherche d’un leader”, a réagi auprès de La Marseillaise lundi Philippe Antoine de la CGT, l’un de ses opposants historiques, membre de la liste DVG Demain Sisteron lors des municipales.

  • Le drame humain de Ceuta et son instrumentalisation

    Le drame humain de Ceuta et son instrumentalisation

    Les images de Ceuta sont insoutenables et les réactions politiques face à ce véritable drame humain, abjectes. Comment rester de marbre face au désespoir qui a conduit des dizaines de milliers de marocains, d’exilés subsahariens, à braver la mer, les barbelés, les armes, une mort certaine, pour tenter de rejoindre un bout d’Europe en quête d’un avenir meilleur ? Des questions restent en suspens quant aux conditions qui ont permis à plus de 60 000 personnes de franchir cette frontière entre le Maroc et l’enclave espagnole.

    Rapidement, l’internationale brune a instrumentalisé ce drame pour servir son idéologie raciste et xénophobe, Giorgia Meloni en tête. La présidente d’extrême droite du Conseil italien a appelé à suspendre l’Espagne de l’espace Schengen, rejointe par son homologue danoise la sociale-démocrate Mette Frederiksen, défenseure d’une politique migratoire ultra-restrictive. Et ce, alors que Ceuta n’appartient pas par dérogation à cet espace de libre circulation… La désinformation au plus haut sommet des États. Face à cela, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a demandé ce mardi la tenue d’une réunion des ministres de l’Intérieur de l’Union européenne qui se tiendra en visioconférence.

    Attaqué de toutes parts, le chef de gouvernement socialiste a accusé les réseaux de traite d’être humains d’avoir organisé ces arrivées massives et renforcé la sécurité sur le territoire en déployant une barrière flottante. Sur les réseaux sociaux, les comptes qui avaient annoncé que les frontières étaient ouvertes ont mystérieusement disparu.

    72 morts selon Madrid, 11 corps récupérés par Rabat

    Dans son éditorial de ce lundi, le premier quotidien d’Espagne El País (centre gauche) titre : « Mohammed VI et ses projectiles humains », estimant que « les munitions avec lesquelles le Maroc tire sans cesse sur l’Espagne, c’est son propre peuple ». Car cet épisode n’est pas sans rappeler celui de mai 2021, où plus de 12 000 personnes avaient rejoint Ceuta en quelques jours. Un coup de pression du royaume chérifien sur Madrid, sur fond de crise diplomatique autour du Sahara occidental. Et si depuis, l’Espagne a reconnu la marocanité du territoire disputé, elle tente par ailleurs de réchauffer ses relations avec Alger. De quoi irriter la couronne ? Selon le quotidien El Español (libéral-conservateur), des sources de l’état-major de la Garde civile espagnole auraient « repéré des agents des services de renseignement marocains infiltrés parmi les milliers de migrants entrés illégalement à Ceuta ».

    Et si la quasi-totalité d’entre eux sont, depuis, retournés au Maroc, près d’un millier de mineurs sont restés dans l’enclave, selon l’ONG Save the Children. Des tombes sont érigées au sein du cimetière musulman pour y enterrer dignement ceux qui n’ont pas survécu. Ils sont 72, selon les autorités espagnoles, tandis que Rabat comptabilise 11 corps récupérés côté marocain. La liste risque de s’allonger. L’Association marocaine des droits humains (AMDH) recense à ce stade « près de 130 victimes » et des dizaines de disparus. Des avis de recherche sont lancés sur son groupe Facebook, parmi lesquels figure un adolescent de 13 ans qui a fui vers Melilla. Sur les images prises sur place, on voit des parents postés aux pieds des grillages barbelés de Fnideq, ville frontalière de Ceuta. Ces derniers montrent aux passants des photos de leurs enfants dont ils sont sans nouvelles depuis des jours et qu’ils espèrent toujours vivants.

  • Les menaces de mort contre Chloé Ridel prises au sérieux

    Les menaces de mort contre Chloé Ridel prises au sérieux

    Planqués derrière leur écran, les haineux qui ont déversé ces derniers jours sur internet un torrent d’insultes et de menaces contre l’eurodéputée gardoise Chloé Ridel font probablement moins les malins désormais.

    Mardi 28 juillet, l’enquête qui était jusque-là menée par le Parquet de Nîmes a été confiée à celui de Paris « en raison de la nature sensible des faits et leur ampleur », a indiqué Cécile Gensac, la procureure de Nîmes. Ce dossier sensible a été transmis au pôle spécialisé de lutte contre la haine en ligne. C’est dire si la Justice prend très aux sérieux les tentatives d’intimidation contre la jeune élue socialiste harcelée et menacée de mort.

    Soutien du PS et du PCF

    Suite à sa prise de position dans Objectif Gard (aux côtés de deux associations), consécutive à un départ de feu (500 ha brûlés) le 5 juillet à proximité du circuit de Lédenon (visiblement sans lien avec le circuit), sur la nécessité de fermer ce circuit les jours de risques incendies, Chloé Ridel a subi la bêtise crasse et la haine de certains internautes. Notamment sur la plateforme de discussion du magazine Auto-moto.

    Des posts plus abjects les uns que les autres appelaient à mettre la conseillère municipale nîmoise « dans le viseur comme en Corse », à la « traîner derrière une voiture » ou encore à faire « exploser le domicile de ses parents ». Chloé Ridel a aussitôt porté plainte et obtenu du magazine via une demande de la procureure de Nîmes, le blocage et l’empêchement des commentaires insultants et menaçants. « Pour avoir simplement demandé que les règles de prévention soient les mêmes pour tous et que le circuit prenne sa part, j’ai reçu de nombreuses menaces sur les réseaux sociaux comme par message privé (…). Je ne me laisserai pas intimider par ces menaces. »

    Plusieurs messages de soutien ont immédiatement afflué. Notamment du maire de Nîmes Vincent Bouget, des sections PS et PCF du Gard et de l’Hérault. Mercredi 29 juillet, le conseil municipal de Lédenon s’est réuni pour permettre à l’ONF de vendre le bois des arbres suite au feu du 5 juillet. Si le maire Christophe Zaragoza (SE) condamne les attaques contre Chloé Ridel, il a confié à Objectif Gard ne pas partager sa position et défendre le circuit. « Le circuit n’est pas le problème, c’est l’humain (…). Sur le fond, il faut raison garder. »

  • Jaurès, une pensée libre assassinée il y a 112 ans

    Jaurès, une pensée libre assassinée il y a 112 ans

    Le 31 juillet 1914, Jean Jaurès est assassiné par un nationaliste. Il est la première victime de la guerre. Son enterrement, le 4 août, coïncide avec le début du conflit.

    La pensée de Jaurès était éminemment libre, toujours en mouvement, liée intimement à l’action politique, mais aussi à la recherche historique et philosophique.

    Alors que les calomnies les plus infâmes de la réaction ont justifié par avance, sinon armé, le bras de son assassin, des hommes et femmes politiques de droite et d’extrême droite aujourd’hui, héritiers de cette réaction et falsificateurs de l’histoire osent se réclamer de Jaurès, sans la moindre vergogne.

    Collaborateur

    de la Dépêche

    Né le 3 septembre 1859, à Castres dans le Tarn, ce brillant élève du lycée de la ville est reçu premier à l’ENS de la rue d’Ulm, puis troisième à l’agrégation de philosophie. Il enseigne d’abord au lycée d’Albi, ensuite à la Faculté de Toulouse. Élu député en 1885, il fait partie des républicains qui soutiennent la politique des gouvernants de l’époque, notamment celle de Jules Ferry.

    Docteur ès lettres en 1892, il continue son activité politique évoluant dans la mouvance radicale-socialiste. Il est aussi un collaborateur régulier de La Dépêche de Toulouse future Dépêche du Midi.

    Aussi conseiller municipal de Toulouse, puis rapidement maire adjoint à l’instruction publique. Il écrit dans La Dépêche le 4 juin 1892 dans le contexte de l’affaire Dreyfus, « c’est qu’au fond, il n’y a qu’une seule race, l’humanité ». Ses mots résonnent dans la France de 2026.

    Les grèves des mineurs de Carmaux de 1892 à 1895 vont le voir s’engager résolument de leur côté. Il comprend alors que le prolétariat comme classe a en mains la clé du devenir de l’humanité ; il est la force sociale fondamentale capable de briser le système de la propriété privée des moyens de production, le système capitaliste. La classe ouvrière est la seule classe qui n’a aucun intérêt distinct de celui de la société globale, en conséquence, elle est la classe porteuse de l’avenir.

    Libre penseur et fort de sa vaste culture il connaît l’histoire et le rôle joué par l’Église au travers des siècles. C’est dans ce contexte qu’il a lutté contre l’obscurantisme, défendu l’émancipation et œuvré pour l’élaboration et le vote de la loi de séparation entre les Églises et l’État.

    Fondateur de l’Humanité

    En 1904, Jean Jaurès est l’un des fondateurs du quotidien L’Humanité. Et le rôle de ce quotidien est capital dans cette période. Le journal est de toutes les luttes. Il dénonce la catastrophe de Courrières et soutient les revendications ouvrières, tente d’arracher la France au « guêpier marocain » et surtout se dresse contre le péril de la guerre. Le 31 juillet, dans son ultime éditorial, Jaurès écrit : « C’est à l’intelligence du peuple, c’est à sa pensée que nous devons aujourd’hui faire appel si nous voulons qu’il puisse rester maître du sol, refouler les paniques, dominer les événements et surveiller la marche des hommes et des choses pour écarter de la race humaine l’horreur de la guerre ».

    Jaurès, symbole

    du pacifisme

    « Ils ont tué Jaurès »

    Jean Jaurès aura lutté contre la guerre les dix dernières années de sa vie. « Le capitalisme porte la guerre comme la nuée porte l’orage » disait-il. Il s’oppose notamment à la loi des Trois ans qui veut augmenter la durée du service militaire de 2 à 3 ans pour préparer l’armée française à une guerre avec l’Allemagne. Mais elle sera adoptée malgré son discours devant 150 000 personnes le 25 mai au Pré Saint-Gervais donnant lieu à la célèbre photo de Maurice-Louis Branger. Le 31 juillet 1914, Jean Jaurès est assassiné. La mort de la figure emblématique du pacifisme a été suivi du ralliement de la gauche française à « l’union sacrée ».

  • Le fort signal d’alarme des combattants du feu

    Le fort signal d’alarme des combattants du feu

    Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez était attendu mercredi en Gironde pour rendre hommage aux deux soldats du feu qui ont péri en exerçant leur mission. la profession sonne l’alarme. Mardi, ces deux professionnels de 34 ans ont été piégés dans leur camion-citerne par un feu de pins « très virulent » aux abords de l’aéroport de Bordeaux-Mérignac, dans des circonstances qui restent à préciser.

    Avant le drame, lundi sur France Inter, le ministre de l’Intérieur avait assuré que le pays avait « suffisamment de moyens » pour lutter contre les incendies. Mais pour les syndicats de la profession, « dire que tout va bien n’est pas une réalité ». Selon un document de la Sécurité civile consulté par l’AFP, 8 des 12 Canadairs de la flotte étaient disponibles mardi soir, tout comme 7 Dash sur 8, 2 Beechcraft sur 3 et 4 hélicoptères bombardiers d’eau sur 5. Au sol, au 1er juillet, 541 nouveaux moteurs de secours avaient été livrés dans les Service départementaux d’incendie et de secours (Sdis), dont 365 camions-citernes feux de forêt, dans le cadre du renouvellement de la flotte engagée depuis les brasiers de l’été 2022 dans le Sud-Ouest. Mais « la perte de 1 000 moteurs entre 2004 et 2020 n’est pas compensée par la commande de 2022 », estime Sébastien Delavoux (CGT).

    Pour Guillaume Millet (CFDT), ce sont surtout les moyens humains qui manquent. « Quand on envoie une colonne de renfort d’une cinquantaine d’hommes, il en faudrait 100 pour respecter les repos de sécurité. Mais aujourd’hui, on ne fait qu’avec 50, donc les gens sont épuisés. »

    Des agents « rincés »

    « La fatigue est un ennemi lors des feux de forêt, par l’intensité des missions et la durée des engagements », ajoute Sébastien Delavoux. Les agents, « rincés », peuvent connaître « des pertes de lucidité », avec des risques d’intoxication réels, insiste-t-il. David Saquet, président de l’Unsa Pompiers, explique aussi le « surengagement des personnels » par leur activité courante qui s’ajoute aux feux. Les récents épisodes caniculaires avaient déjà engendré une augmentation des interventions de secours. En France, le Secours et soins d’urgence aux personnes (Ssuap) représente 74 % à 80 % de l’activité opérationnelle totale des sapeurs-pompiers, soit plus de quatre millions de sorties dédiées aux détresses médicales et aux accidents de la vie quotidienne. « La ressource n’est pas intarissable et les corps sont mis à rude épreuve, il y a de la fatigue physique, mentale », souligne le syndicaliste. « On a des gardes de plusieurs jours, 24h sur 24, parce que les collègues sont en congés » et dans certains départements, des pompiers partis « en feu de forêt pendant plus d’une dizaine d’heures revenus pour être réinjectés dans ces gardes. C’est anormal », affirme-t-il. Même constat pour Bruno Ménard, porte-parole national du syndicat des pompiers volontaires, qui représentent 80 % des effectifs. Pour lui, « on arrive au bout d’un système qui va exploser ». « Certains sont lessivés, ils sont envoyés en renfort d’un département à l’autre, dormant sur des lits picots entre les camions dans un hangar. Voire, entre deux interventions, repartent travailler chez leur employeur », explique-t-il. Delphine Renaud, secrétaire générale CGT du Sdis de la Vienne, déplore un « manque d’anticipation » face à l’impact du changement climatique, alors que le risque de feu s’accumule par l’état de sécheresse de la végétation, conséquence des canicules répétées. Lors de la première quinzaine de juillet, 300 hectares ont brûlé dans le département voisin de la Haute-Vienne, où les pompiers sont intervenus à 115 reprises pour des incendies, du jamais-vu. « Ce qu’on vit, c’est juste le début de ce qui nous a été annoncé », s’inquiète le syndicaliste.

    Le 8 juillet, un sapeur-pompier volontaire de 22 ans avait déjà péri alors qu’il luttait contre un feu en Savoie. Selon la Fédération nationale des sapeurs-pompiers, toutes interventions confondues, six pompiers sont morts en 2025 et huit, à ce jour, en 2026.

    Plus de 42 000 hectares ont brûlé en France entre janvier et mi-juillet, dépassant le précédent record de 2022, selon les données satellites du système européen Effis. Dans le Var, les sapeurs-pompiers luttaient mercredi contre un incendie qui a déjà parcouru plus de 2 500 hectares.

    Canicule : 5 764 morts en 16 jours

    La vague de chaleur qui a frappé la France du 17 juin au 2 juillet a entraîné une surmortalité record depuis 2003 selon un bilan provisoire. Ainsi, 5 764 décès excédentaires ont été enregistrés lors de cet épisode de chaleurs extrêmes, pour moitié en trois jours du 25 au 27 juin, a indiqué mercredi l’agence Santé publique France. Ce bond de la mortalité « toutes causes » – qu’on ne peut pas encore imputer avec certitude à la chaleur – a été constaté pour « toutes les classes d’âge à partir de 15 ans », avec une « augmentation marquée dès 45 ans », ce que les experts jugent « inédit ». Les bilans de mortalité alimentent une âpre bataille politique, le gouvernement est accusé d’impréparation aux conséquences du réchauffement climatique.

  • Après le refus d’obtempérer mortel, deux visions politiques s’affrontent

    Après le refus d’obtempérer mortel, deux visions politiques s’affrontent

    Après la mort d’un homme de 29 ans, tué après avoir été touché par deux coups de feu tirés par un policier municipal du Pontet, à la suite d’un refus d’obtempérer, ce mercredi 15 juillet vers 2h30 du matin au niveau du péage d’Avignon-Nord de l’A7, la polémique prend une tournure politique.

    L’agent auteur des tirs a été placé en garde à vue avant d’être mis en examen pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner par une personne dépositaire de l’autorité publique ». Mais cette mise en examen n’est pas assortie d’une interdiction d’exercer.

    Une situation qui a suscité des réactions contrastées au niveau local. Le maire (RN) du Pontet, Joris Hébrard, apporte « tout son soutien » au policier et estime qu’il pourra reprendre son travail comme avant. Le député de Vaucluse Raphaël Arnault (LFI-NFP) dénonce des propos qui « laissent en effet entendre qu’une décision judiciaire pourrait être anticipée par le pouvoir politique ». Il établit aussi un parallèle avec la proposition de loi sur la présomption de légitime défense des policiers et gendarmes, adoptée le 7 juillet dernier. « Plusieurs autorités indépendantes de la République ont déjà alerté sur les dangers d’un tel texte », rappelle le parlementaire, citant, entre autres, la Défenseure des droits.

    David Pascal, secrétaire départemental du PCF, appelle à une « clarification des missions », en affirmant que « les missions régaliennes de sécurité, d’intervention et de protection des populations relèvent de la police nationale et de la gendarmerie ».

  • [Entretien] Issam El Khalfaoui : « Supprimer le recours à l’enquête systématique organise l’impunité »

    [Entretien] Issam El Khalfaoui : « Supprimer le recours à l’enquête systématique organise l’impunité »

    La Marseillaise : Votre pétition a déjà obtenu plus de 600 000 signatures. Vous attendiez-vous à ce soutien ?

    Issam El Khalfaoui : On savait qu’on serait suivis, mais on ne pensait pas arriver à 500 000 aussi vite. On ne s’attendait vraiment pas à ça. Je tiens à préciser que le site de l’Assemblée nationale oblige à déposer les pétitions de manière nominative, mais il s’agit d’un texte rédigé par Save (Stop aux violences d’État), l’association que j’ai cofondée, et l’ONG Flagrant Déni.

    Vous évoquez dans votre pétition un « bilan humain inadmissible » et rappelez que, d’après un expert de l’ONU, la France est le pays de l’Union européenne avec le plus grand nombre de personnes tuées par les forces de l’ordre. Comment l’expliquer ?

    I.E.K. : Ce bilan est largement dû à l’article L435-1 du Code de sécurité intérieure. C’est la loi qui a été votée en 2017 et qui élargit les conditions de tir pour les policiers [dans cinq situations au-delà de la légitime défense, Ndlr]. Juste sur les refus d’obtempérer, on s’aperçoit qu’il y a cinq fois plus de tirs mortels [selon les chercheurs Sébastian Roché, Paul le Derff et Simon Varaine, Ndlr]. C’est énorme.

    Avant, sur un refus d’obtempérer, on tirait sur des véhicules qui arrivaient à pleine vitesse. En général, on ratait sa cible. Il y avait un tir, mais il n’y avait pas de mort. Aujourd’hui, sur tous les refus d’obtempérer, on l’a vu sur l’affaire Nahel [adolescent de 17 ans, tué par un policier en juin 2023 lors d’un contrôle routier à Nanterre, Ndlr], il s’agit de tirs à bout portant sur des véhicules qui démarrent. Les tirs sont donc beaucoup plus létaux. C’est une conséquence directe de la loi qui permet aux policiers de tirer sur quelqu’un s’ils pensent qu’il peut représenter un danger plus tard. Le problème, c’est que cette évaluation du danger potentiel est complètement liée à la personnalité des policiers. Et aujourd’hui, dans une société de plus en plus à l’extrême droite, le racisme systémique peut leur faire croire qu’un jeune racisé est potentiellement dangereux dans un véhicule.

    La proposition de loi (PPL) inverse la charge de la preuve : ce sera désormais aux victimes ou à leurs proches de démontrer que l’usage des armes n’était pas justifié. Quel danger cela représente-t-il ?

    I.E.K. : Aujourd’hui, il y a un grand mensonge qui est propagé par Laurent Nuñez [ministre de l’Intérieur et ancien préfet de police des Bouches-du-Rhône, Ndlr] et par toute la droite : ils assurent qu’on pourra à tout moment renverser la force de la preuve. Mais Laurent Nuñez est bien placé pour le savoir, les 24 premières heures sont essentielles. Or, avec cette nouvelle loi, comme le tir du policier est présumé légal, il n’y aura pas d’enquête automatique. Elle peut être déclenchée plus tard, si un proche de la victime décide de se constituer partie civile par exemple, mais ça peut prendre plusieurs mois. Le temps de rendre l’accès à des informations capitales beaucoup plus compliqué : les vidéos de surveillance peuvent avoir été supprimées, les témoins peuvent être plus difficiles à retrouver… Supprimer le recours à l’enquête systématique revient à organiser l’impunité. Rappelons par ailleurs que cette loi est, à l’origine, une proposition de Jean-Marie Le Pen, [fondateur du Front national, Ndlr].

    Vous avez assisté, le 7 juillet, avec d’autres familles de victimes, aux débats qui ont eu lieu à l’Assemblée nationale à propos de cette PPL. Comment l’avez-vous vécu ?

    I.E.K. : On a assisté aux débats sans avoir le droit de parler. On nous a montrés du doigt, traités de racailles [Laure Lavalette, députée (RN) a réemployé ce terme sur un plateau de BFM TV, Ndlr]. Lorsque le député des Verts [Pouria Amirshahi] a lu la lettre que j’ai écrite, nous avons été hués par les députés de droite et d’extrême droite. À aucun moment on a considéré notre statut de victimes. À la fin, lorsque la loi a été votée, je n’ai pas pu rester sans rien faire et j’ai crié « Pas de justice, pas de paix ». J’ai été immédiatement évacué par des huissiers mais les autres familles ont pu continuer de chanter. Les députés de gauche ont applaudi et les députés de droite et d’extrême droite les ont insultés. On nous a dit qu’on était la honte de la République. Pour moi, la honte de la République, c’est de nous avoir sifflés et hués quand on parlait de nous.

  • L’incendiaire de la maison de famille d’Emile condamné

    L’incendiaire de la maison de famille d’Emile condamné

    Acte malveillant prémédité, moyen de se faire justice soi-même, ou de relancer l’enquête ? Plusieurs explications à l’acte de Roland Woudstra se sont confrontées mardi lors de l’audience à l’issue de laquelle ce Marseillais de 78 ans a été condamné à deux ans de prison. En mai, il avait provoqué plusieurs départs de feu aux alentours de la maison secondaire des grands-parents du petit Emile, disparu en 2023 au Vernet. Il avait interrogé des habitants, se présentant comme un journaliste néerlandais, pour obtenir des informations sur l’affaire et la localisation de la maison.

    Pendant l’audience, le prévenu a affirmé avoir agi pour « provoquer un déclic au niveau de l’enquête » sur la mort du petit Emile et la « relancer ». Il a nié toute volonté « de vengeance ou de punition », alors que les avocats des grands-parents l’accusaient d’avoir voulu nuire à la famille. Une lettre écrite depuis sa cellule le 13 juin est cependant venue contredire ses déclarations devant la cour. Il y écrit avoir eu « une brutale envie de faire justice moi-même en brûlant la maison de la famille Vedovini que je pense coupable ».

    « Initiative de justicier »

    L’avocat de la grand-mère d’Emile, Me Julien Pinelli, a avancé que cet « emballement » était « lié à la confusion des accusations portées du fait des réseaux sociaux où on lit les pires horreurs sur ceux dont le seul tort est d’être en deuil de leur petit-fils. Celui qui a porté la suspicion sur eux en paye le poids moral ».

    « Mes enfants avaient déjà peur de monter au Vernet avant cet incendie, mais là c’est pire », a confié aux enquêteurs la grand-mère du petit Emile.

    Le président a lu des expertises psychiatriques décrivant « un comportement inadéquat, une initiative de justicier sans preuves, en méconnaissant la gravité potentielle de l’incendie », ainsi qu’un « aveuglement de la passion, un excès de confiance, une recherche de loi personnelle, pensant avoir perçu ce que l’enquête n’avait pas su démontrer, voulant provoquer un mouvement ».

    L’avocat du prévenu a décrit un homme « endeuillé, isolé, fragilisé » par la mort récente de sa femme et de son fils. Il a plaidé l’altération de son discernement, expliquant qu’il serait en train d’être placé sous tutelle. « J’aurais dû laisser la justice faire son enquête », a reconnu l’homme mardi.

    « On a le droit de penser que la justice fait mal son travail, mais pas de jeter en pâture des gens, ajouter au sang d’Emile, aux larmes de la famille, des cendres à la maison familiale. Votre peine aura nécessairement vocation à envoyer un message, que cette famille retrouve la paix », a lancé le procureur au moment de ses réquisitions.

  • Deux enfants retrouvés morts dans une voiture à Carpentras

    Deux enfants retrouvés morts dans une voiture à Carpentras

    Alors que le Vaucluse est placé en alerte canicule orange, avec des températures avoisinant les 40 degrés, un drame très certainement lié à ces fortes chaleurs a endeuillé Carpentras, ce lundi en début d’après-midi : deux enfants de 2 et 4 ans ont péri dans la voiture familiale, qui était stationnée sur le chemin d’accès de la maison, située impasse des Aulnes, une zone pavillonnaire mitoyenne du quartier du Bois de l’Ubac.

    C’est leur maman qui a donné l’alerte, peu avant 13h30, en découvrant ses enfants inanimés à l’intérieur du véhicule. « Les secours tentaient de réanimer les deux jeunes enfants sans succès », indique le parquet de Carpentras dans un communiqué, précisant que les corps ont été « transportés à l’institut médico-légal de Nîmes pour une autopsie qui se déroulera demain [ce mardi] afin de déterminer les causes et circonstances de la mort ». Mais, selon la procureure Hélène Mourgues, citée par l’AFP, « la piste de la canicule est privilégiée ». Une enquête pour homicide involontaire a été ouverte et confiée à la police nationale de Carpentras.

    Difficile, à ce stade, de retracer le cours des événements. Âgée de 33 ans, la maman, prise en charge par les sapeurs-pompiers, n’a pu être auditionnée « au regard de son état », stipule le parquet. Deux hypothèses ont été évoquées : d’abord, l’oubli des enfants dans la voiture au retour de courses puis, la possibilité que les deux garçons se soient introduits dans le véhicule avant de s’y retrouver coincés et que la maman ne s’en aperçoive trop tard. Garée en plein soleil sous près de 40 degrés, une voiture peut, en un quart d’heure, devenir une étuve mortelle à plus de 70 degrés, rappelle le ministère de la Santé.

    D’après plusieurs témoignages, la maman se serait récemment installée dans cette maison, domicile de sa propre mère, et avait inscrit son garçon de 2 ans à la crèche du quartier. « On n’a pas compris au départ, mais très vite, des informations ont circulé disant que deux enfants étaient morts et dans des conditions horribles, s’émeut Amandine, une voisine. On n’imagine pas que ce genre de chose arrive à des enfants si petits. » Séverine, riveraine directe du drame, raconte « entendre jouer ces enfants depuis chez nous, ils étaient pleins de vie, c’est un drame absolu, pour une maman, ce qui est arrivé est terrible, je pense beaucoup à elle ».

    Les écoles fermées

    ce mardi après-midi

    Dans un communiqué, le nouveau maire RN, Hervé de Lépinau, s’est dit « abasourdi par le drame », rappelant qu’il est « essentiel de porter une vigilance accrue envers les enfants en cette période de très fortes chaleurs ». Dès ce samedi, la municipalité avait annoncé la fermeture des écoles de la Ville à compter de ce mardi après-midi, « en raison des fortes chaleurs annoncées afin de garantir la sécurité et le bien-être des enfants ». Seul un accueil minimal dans une salle climatisée sera assuré l’après-midi à destination en priorité des familles travaillant dans le secteur de la santé, la sécurité et « aux agents assurant la continuité des services publics essentiels ».

  • Soupçon de féminicide à Martigues après la mort d’une femme de 25 ans

    Soupçon de féminicide à Martigues après la mort d’une femme de 25 ans

    Mardi matin, la rue Paul-Baptistin Lombard s’éveille. Les volets métalliques des commerces se relèvent, les habitants claquent leur porte d’entrée pour filer au boulot. Tout semble ordinaire. Pourtant, la veille, des équipes de la police scientifique s’affairaient dans un appartement du deuxième étage, situé à deux pas du cours du 4-Septembre, jusque tard dans la soirée. « Il y avait des rubalises pour bloquer la rue et énormément de forces de l’ordre », témoigne une voisine, encore sous le choc.

    Lundi, aux alentours de 16h, les pompiers ont été appelés pour secourir une jeune femme de 25 ans. Ils ont trouvé la victime en arrêt cardiorespiratoire dans son appartement du deuxième étage. Lardée de « plaies transperçantes », elle n’a pas pu être réanimée. Son compagnon, qui avait donné l’alerte affirmant l’avoir retrouvée dans cet état en rentrant du travail, a été placé en garde à vue. L’homme, âgé de 39 ans et au casier judiciaire vierge, s’y trouve toujours. Le procureur d’Aix-en-Provence, Jean-Luc Blachon, précise néanmoins : « À cette heure, je ne peux pas dire que nous avons des éléments suffisants pour affirmer qu’il s’agit d’un homicide conjugal. »

    La Ville appelle

    à la retenue

    Walid, jeune vendeur de la supérette située au rez-de-chaussée du bâtiment, ne comprend pas ce qu’il a pu se passer, mais il veut rendre hommage à la victime. « On entend plein de rumeurs. Moi, je verrai plus ma voisine et ça me déchire. Je l’aimais beaucoup, c’était une femme pleine de vie, souriante, toujours en train de passer la tête pour dire bonjour. »

    Dans ces « circonstances douloureuses », le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux, appelle à « la retenue », « au recueillement et à la solidarité ». « Alors que de nombreuses informations, commentaires et interprétations circulent déjà sur les réseaux sociaux et dans certains médias, nous nous refusons à toute spéculation, écrit-il. Contrairement à ceux qui se précipitent pour tirer des conclusions ou attribuer des responsabilités, nous considérons qu’il est de notre devoir de respecter le travail des enquêteurs et de la justice. »

    S’agissant de la détection des situations de violences, Éric Florentino, directeur adjoint de Solidarité Femmes 13, souligne : « On est dans un département plutôt bien doté en termes de structures de proximité de soutien social, psychologique ou juridique. La Ville de Martigues est très impliquée sur le sujet, il y a beaucoup de permanences sur le territoire. L’Apers et notre association sont, par exemple, à la Maison de la justice et du droit, l’hôpital a développé un service spécifique qui s’appelle Sofa, le commissariat de Martigues est très sensibilisé. On comprend la mécanique la peur, mais il y a des interlocuteurs pour recevoir la parole et organiser une prise en charge. »