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  • [Bloquons tout] À Montpellier, joli succès pour le 10 septembre

    [Bloquons tout] À Montpellier, joli succès pour le 10 septembre

    Les drapeaux et pancartes étaient de sortie, à Montpellier, sur une place de la Comédie noire de monde. Plusieurs milliers de personnes -6 000 selon la préfecture, 10 000 selon les organisateurs- dont beaucoup de jeunes s’étaient retrouvées à la suite de l’appel du 10 septembre. Si plusieurs rassemblements ont eu lieu dans l’Hérault, notamment à Béziers, Sète ou encore à Bédarieux, c’est sans aucun doute dans la capitale héraultaise que la contestation a été la plus forte. Blocages de ronds-points, de tramway, de lycées et de l’université Paul-Valéry -néanmoins partiel, les étudiants pouvaient se rendre dans les amphithéâtres- autant d’actions pour exprimer le ras-le-bol général qui couvait depuis longtemps. À l’instar d’Andrée et de Jacques, venus sur la place de la Comédie. « Cela fait des années que l’on bat le pavé mais je crois qu’on touche le fond. Le déni démocratique d’Emmanuel Macron, la violence d’État, la mise à bas de nos services publics, on commence à être vraiment en colère », soutient Andrée, qui fait d’ailleurs partie du collectif citoyen du Nouveau Front populaire (NFP) du quartier des Beaux-Arts. « Emmanuel Macron se fout de nos revendications telles que l’abrogation de la réforme des retraites, l’augmentation des budgets dans la Santé, l’Éducation. Et Sébastien Lecornu comme Premier ministre, c’est une nouvelle provocation », renchérit Jacques.

    Demande de changement

    En effet, pour beaucoup de manifestants, la nomination de Sébastien Lecornu à Matignon le 9 septembre est venue rajouter de l’huile sur un feu. « Cette nomination n’est pas en accord avec le résultat des élections législatives de 2024 [où le NFP était arrivé en tête, Ndlr]. Cela montre que l’on n’est pas entendus », soupire Sébastien, étudiant à l’université Paul-Valéry. Renforçant le sentiment de déconnexion des dirigeants. « Sébastien Lecornu n’est pas un changement de politique, c’est la garde rapprochée d’Emmanuel Macron. Ils vont sûrement aller chercher un compromis avec l’aile droite du PS tout en continuant de taper comme des brutes sur l’immigration, la sécurité. Si on veut un changement de politique, il nous faut un changement de gouvernement, voire la démission du président », fait valoir André Dechot, délégué syndical CGT à la mission locale de Montpellier.

    Une demande de changement de politique qui revient souvent dans la bouche des manifestants, passant notamment par une revalorisation des services publics. « L’hôpital est à bout de souffle, il nous faut plus de moyens si l’on veut soigner dans la dignité et la sécurité. Ce qui permettrait aussi de donner envie aux jeunes de travailler », observe Fatima, secrétaire administrative au Centre hospitalier universitaire de Montpellier.

    Face à des dirigeants faisant la sourde oreille aux demandes populaires, l’instauration d’un nouveau rapport de force est primordiale pour se faire entendre. « À l’heure où certains prétendent qu’il n’y a pas de majorité, on voit qu’elle est là à s’exprimer aujourd’hui. La solution ne sera pas institutionnelle avec le montage d’une nouvelle majorité à l’Assemblée mais dans la rue, comme en 1936, en 1997 où le mouvement social a précédé la conquête de droits », insiste Nicolas Cossange, secrétaire du PCF 34, présent à la manifestation. Prochain round jeudi 18 septembre.

    « Nommer Lecornu Premier ministre, c’est une nouvelle provocation »

  • Une édition hommage du salon des livres et des arts de Montpellier

    Une édition hommage du salon des livres et des arts de Montpellier

    Donner la chance aux artistes émergents

    Dès 9h, ce dimanche 1, 4la place Salengro accueillera artistes et publics pour cette journée un peu particulière. « Un hommage sera rendu à Thierry Arcaix à 11h, avec des témoignages et des prises de parole », indique Francis Viguié. L’événement est important pour la vie de ce quartier populaire de Montpellier. « Depuis qu’il n’y a plus le marché, cette place est un peu délaissée. Or, c’est un lieu central de Figuerolles avec des commerces, des bars. L’enjeu de cette journée de passage sera de le rendre vivant », reprend Francis Viguié. Pour ce faire, le trio de jazz Sunny Side donnera un concert à midi et Driss, habitant du quartier, servira la paella.

    Si dynamiser la vie de quartier est un objectif du salon, donner de la visibilité aux artistes émergents est l’autre pierre angulaire de la manifestation, dans un contexte budgétaire défavorable à la culture. « Quand je regarde la Comédie du livre, par exemple – je n’ai rien contre -, on met en avant des auteurs déjà confirmés. L’idée de Thierry était de donner la possibilité à chacun de se montrer, la culture est un monde ouvert », soutient Francis Viguié.

  • [Bloquons tout] La journée de mercredi en Provence et en Occitanie

    [Bloquons tout] La journée de mercredi en Provence et en Occitanie

    D’Arles à Toulon en passant par Avignon, plusieurs collectifs citoyens ont tenu des actions. Si les appels à la mobilisation portent sur des formes d’actions protéiformes, mêlant blocage de rond-point, refus de paiements bancaires, manifestations sauvages ou grève, reste que les partis politiques de gauche (PCF, LFI, PS ou EELV) ont apporté leur soutien au mouvement. Tout comme la CGT, au niveau confédéral, et Solidaires, avec moults syndicats qui ont déposé des préavis pour une grève ce jour. En bref, une effervescence sociale pour imposer d’autres choix.

    A la mi journée, la préfecture de police des Bouches-du-Rhône fait état de 10 interpellations dont 2 à Arles, 8 à Marseille. Les motifs sont des faits de violence sur des personnes dépositaires de l’autorité publique, rébellion, jet de projectile, vol, incendie et feu de poubelle. Le bilan n’est pas définitif.

    Mercredi soir à Marseille, une assemblée générale de plusieurs heures des membres de Bloquons Tout Marseille, s’est tenue devant le kiosque à musique des réformés. Une mobilisation devant le commissariat de Noailles pour soutenir les manifestants interpellés dans la journée a été organisée. Les manifestants chantent « siamo tutti antifascisti » et « libérez nos camarades » devant le lieu sous bonne garde policière. Par ailleurs, l’assemblée générale a voté le fait de libérer la place des réformés dans la soirée et prévoit une nouvelle mobilisation ce samedi ainsi qu’une participation à la journée d’action et de grève du 18 septembre prochain. Les participants prévoient de nouvelles assemblées dans les jours à venir.

    La préfecture du Vaucluse recense plusieurs rassemblements dans le département : « Dans le secteur de Réalpanier entre Avignon et le Pontet, devant les lycées Frédéric Mistral et Théodore Aubanel à Avignon, à Pertuis et à Carpentras notamment. L’intervention de la police nationale a évité le blocage et assuré le bon fonctionnement des lycées d’Avignon, tandis que la gendarmerie a interpellé un individu à Réalpanier pour rébellion.»

    Marseille, Martigues, Aix-en-Provence, Avignon, Montpellier, Alès, la rue a répondu présente au mot d’ordre « Bloquons tout».

    A Montpellier dans l’Hérault :

    Dans le Gard :

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  • Précarité étudiante, « la situation s’aggrave d’année en année »

    Précarité étudiante, « la situation s’aggrave d’année en année »

    Deux mille six cent cinquante euros. C’est, d’après une enquête de l’Union étudiante – premier syndicat étudiant du pays dont le Scum est membre – publiée en 2024 le pouvoir d’achat perdu par un étudiant sur un an depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron, en 2017.

    Sur un plan plus local, selon le Scum, « le coût de la vie pour un étudiant à Montpellier a augmenté de 5,54% en 2024. Une hausse qui s’ajoute à celle de 3,65% en 2023, de 6,4% en 2022 et de 2,14 en 2021 », liste Kaïs. Les bourses n’augmentant pas dans les mêmes proportions, loin s’en faut, « la situation devient alarmante », estime, au seuil de cette nouvelle rentrée universitaire, le représentant du Scum. « La précarité étudiante s’aggrave d’année en année et contrairement à l’idée reçue, la situation est pire que durant les confinements. » Il pointe également « une augmentation des frais d’inscription de 4,71% en licence et 4,53% en master depuis 2023 ainsi qu’une augmentation de 15 euros en 6 ans (+ 2 euros cette année pour atteindre 105 euros) de la CVEC, payée par les étudiants à la rentrée ».

    Des sollicitations de 150 étudiants sans logement

    Dans ce contexte, des milliers d’étudiants montpelliérains ont recours aux distributions alimentaires régulières proposées par le Scum (+ de 15 000 colis distribués en 2024-2025). Au niveau national, depuis 2020, le nombre de bénéficiaires étudiants des aides alimentaires aurait doublé pour atteindre 200 000, soit 10% des bénéficiaires des Banques alimentaires.

    Face à cette urgence, le Scum a donc prévu, pour l’année universitaire qui s’ouvre, d’augmenter encore ses dispositifs de solidarité, grâce notamment à l’acquisition d’un camion. Une distribution alimentaire gratuite pour 300 étudiants sera ainsi effectuée une semaine sur deux à la cité universitaire la Colombière, à Montpellier, ainsi qu’une distribution de pain bio, une semaine sur deux également, devant le restau U Triolet. En outre, une épicerie gratuite en libre-service est proposée à l’antenne biterroise de l’université Paul-Valéry et l’ouverture d’une autre épicerie gratuite, cette fois à Montpellier, est prévue avant la fin du premier semestre.

    « Notre inquiétude se tourne particulièrement vers la crise du logement, qui accentue un peu plus les difficultés financières des étudiants à chaque rentrée », insiste Kaïs. Depuis sa création en 2014, le Scum alerte sur « le manque de logements étudiants publics à Montpellier ». Ce constat ne fait, depuis, que s’accentuer. « Chaque année nous faisons face à une situation de plus en plus tendue. L’an dernier, plus de 150 étudiants sans logement nous avaient sollicités », rapporte Kaïs. « Cette année, ce triste chiffre sera aussi atteint voire dépassé. » Les logements Crous, dont les loyers accusent « une augmentation moyenne de 100 euros par an pour cette rentrée 2025 », ne peuvent en effet accueillir que 10% des étudiants montpelliérains. Du côté du parc privé, selon l’enquête réalisée en 2024 par l’Union étudiante, les étudiants qui parviennent à se loger doivent débourser 987 euros de plus par an qu’en 2017. La part de loyer représente ainsi en moyenne 60 à 75% du budget étudiant. Sachant que le marché immobilier montpelliérain est particulièrement tendu… « Même se loger hors de Montpellier n’est plus une option. Les places de parking aux alentours des facs sont devenues payantes il y a 2 ans, l’abonnement est de 150 euros par an », déplore Kaïs.

    « Nous rappelons le besoin urgent de construire massivement des logements étudiants publics à des prix abordables plutôt que des “immeubles de standing” à 10 000 euros le m². Montpellier est la 6e agglomération la plus chère de France pour se loger, d’après l’Observatoire des loyers. » Le Scum réclame également l’augmentation du plafond des bourses et le calcul de leur attribution « sur les revenus étudiants, et non plus sur les revenus parentaux ». Enfin, le syndicat étudiant défend le repas à 1 euro pour tous les étudiants.

  • [BD] « Une victoire sur le béton », une lutte en images

    [BD] « Une victoire sur le béton », une lutte en images

    Pour leur première réalisation, Laure Lavigne-Delville et Aurélien Pascal-Commeiras ont voulu mettre en lumière une mobilisation citoyenne. Leur bande dessinée Une victoire contre le béton* retrace l’histoire de la lutte victorieuse menée par le collectif Oxygène contre le projet de village commercial Oxylane, à Saint-Clément-de-Rivière (Hérault), porté par Décathlon et l’indécrottable famille Mulliez, connue pour son exil fiscal en Belgique. « À l’époque nous étions des passionnés de BD. Le projet est parti un peu de l’envie de garder une trace de l’expérience accumulée au travers de cette lutte par les militantes et militants du collectif Oxygène. Il y a aussi l’idée de transmettre l’expertise, l’apprentissage à d’autres luttes », détaille Laure Lavigne-Delville.

    Tout commence en 2014 avec l’ouverture d’une enquête publique dans cette commune située au nord de Montpellier. Une poignée de militants -nos deux auteurs n’y sont pas totalement étrangers puisque les parents de Laure y ont participé- commence à questionner ce projet lancé en catimini qui prévoit la bétonisation de 24 hectares du terrain des Fontanelles. C’est le début d’une lutte qui durera sept ans, dont le parcours fut semé d’embûches juridiques et administratives. « Une autre ambition, dès le départ, était de décortiquer les luttes. C’est quand même assez ahurissant ce qu’on apprend à travers ce genre de combat, sur le fonctionnement du système juridico-administratif voire politico-administratif », reprend l’autrice. « Enquête publique », « schéma de cohérence territoriale », « plan local d’urbanisme », c’est tout un vocabulaire administratif que les militants doivent adopter pour espérer faire couler le projet. Une réalité bien loin de l’image véhiculée
    -Gérald Darmanin en tête- « d’écoterroristes ».

    Une BD pleine d’espoir

    Des stéréotypes que Laure Lavigne-Delville et Aurélien Pascal-Commeiras s’empressent de démonter. « Il y a aussi le cliché nimby[Not in my backyard, Pas dans mon jardin, Ndlr] selon lequel on ne voudrait pas détruire le paysage et avoir à subir les nuisances d’un projet. Mais ce n’est pas du tout, c’est bien plus profond. Les luttes sont une démarche éclairée, construite, argumentée, qui est le fruit d’un vrai travail et qui est loin de relever de l’écoterrorisme », insiste la scénariste.

    Malgré toutes ces difficultés, le collectif Oxygène parvient à obtenir gain de cause : le projet est abandonné en 2022. Un exemple à suivre pour d’autres luttes. Mais aussi porteur d’espoir. « Cette victoire n’était pas anticipée, on a commencé le projet de BD il y a plusieurs années maintenant. Revenir sur ces victoires – parce qu’il y en a – permet de capitaliser dessus dans le bon sens du terme, apprendre à faire des liens. »

    * « Une victoire contre le béton » aux éditions Le Passager clandestin. 128 pages, 22 euros. Sortie le 12 septembre. Soirée de lancement prévue le 18 septembre à la librairie la Cavale, à Montpellier.

  • « C’est la mort annoncée du réseau officinal »

    « C’est la mort annoncée du réseau officinal »

    Grève des gardes, grève du tiers-payant, pharmacies fermées samedi 16 août… Depuis le début de l’été, les pharmaciens, qui ont engagé un véritable bras de fer avec le gouvernement, multiplient les actions de mobilisation contre la décision prise par ce dernier de réduire le plafond des remises sur les médicaments génériques. Une mesure actée par un arrêté publié le 6 août au Journal officiel. À compter du 1er septembre, ces remises seront ainsi plafonnées à 30% maximum du prix du générique, contre 40% actuellement, d’autres baisses successives étant programmées pour atteindre 20% en 2027.

    « C’est inenvisageable », estime Christelle Quermel, présidente du syndicat des pharmaciens de l’Hérault. Ces remises consenties par les laboratoires -et déclarées à l’Assurance maladie- représentent en effet une partie de la rémunération des pharmaciens, à hauteur d’un tiers de leur marge. « L’État a arbitrairement décidé de modifier le plafond des remises génériques, donc la marge du pharmacien, pour faire un cadeau aux laboratoires. Le manque à gagner pour le réseau officinal est estimé à 260 millions d’euros. On évalue entre 3 000 et 5 000 le nombre de pharmacies qui vont devoir mettre la clé sous la porte. Pour les autres, il n’y aura plus d’embauches ou il y aura des licenciements », assure Christelle Quermel, qui évoque « 20 000 à 30 000 emplois menacés ».

    « On va avoir des déserts pharmaceutiques »

    « On est déjà à une fermeture de pharmacie par jour aujourd’hui en France, alors imaginez ce que ça va faire… C’est la mort annoncée du réseau officinal. Dans les villages où vous avez une seule pharmacie, vous n’en aurez plus. Après les déserts médicaux, on voit avoir les déserts pharmaceutiques. »

    Les pharmaciens alertent en outre sur un risque d’aggravation des pénuries de médicaments. « L’État octroie ce cadeau aux laboratoires, en échange de quoi ils sont censés diminuer leurs prix de vente. Donc la Sécu remboursera moins cher. Le problème c’est que si les prix diminuent, ça va recréer à nouveau des ruptures, puisque les laboratoires vendront les médicaments à l’étranger, sur des marchés plus rémunérateurs pour les génériques. »

    Bien décidée à reprendre la mobilisation à la rentrée, la profession s’est réunie en intersyndicale le 3 septembre. Une journée de grève nationale est d’ores et déjà actée le 18 septembre, au cours de laquelle les pharmacies resteront fermées. Une fermeture « tous les samedis à compter du 27 septembre » est également envisagée.

  • Bidonvilles : « Montpellier se distingue positivement, mais il reste des freins »

    Bidonvilles : « Montpellier se distingue positivement, mais il reste des freins »

    Sur le modèle du bidonville de Celleneuve -l’un des plus gros de France-, dont les 165 habitants ont été accueillis, durant deux ans, au village de transition de la Rauze avant que 105 d’entre eux ne soient relogés en mai 2024, le bidonville dit de la Jasse de Maurin, situé avenue de Maurin à Montpellier, a été expulsé le 28 août. Cette nouvelle résorption est la première à se dérouler dans le cadre de la stratégie partenariale scellée par une convention signée en mai dernier entre l’État, la Ville de Montpellier et la Fondation pour le logement des défavorisés (ex-Fondation Abbé Pierre) visant à mettre à l’abri, dans les 10 prochaines années, 163 ménages, soit 511 personnes, occupant 13 bidonvilles sur le territoire de la Métropole.

    Installé à l’automne 2022, le bidonville de la Jasse de Maurin était situé sur un terrain
    inondable appartenant à la Métropole. Laquelle, face aux risques encourus, a enclenché en septembre 2023 une procédure d’expulsion. Les 91 personnes recensées se sont vues proposer des solutions de relogement : « 5 personnes en accès logement, 27 personnes hébergées sur l’ancienne auberge de jeunesse [mise à disposition de l’Association quatorze par la Ville pour un projet d’hébergement temporaire, Ndlr],
    42
     personnes hébergées par l’État, 3 par le conseil départemental, 14 ont trouvé d’autres solutions », énumèrent Ville et préfecture.

    « Ce qu’il se passe à Montpellier se distingue positivement de ce qui se fait ailleurs en France, où ont surtout lieu des expulsions sèches », souligne José Lagorce, directeur de l’association Area, chargée de l’accompagnement des résidents sur le site de la Jasse de Maurin. « On note les efforts qui ont été faits ainsi que la difficulté, pour les différentes institutions, de trouver des solutions adaptées. » Pour autant, estime-t-il, « il reste de nombreux freins » au succès réel de ces processus de résorption.

    13 personnes à la rue

    À commencer par « le principe de la liste : comme à Celleneuve, toutes les personnes arrivées après une date donnée -le 28 février pour le bidonville de Maurin- n’ont pas été recensées et donc prises en compte dans le cadre de la résorption. Si bien que 5 ménages, soit 13 personnes, se retrouvent aujourd’hui à la rue », explique José Lagorce.

    « Imposer une date butoir, pour peu que les personnes ne soient pas là dans les bonnes périodes, c’est les contraindre ensuite à davantage de précarisation », dénonce-t-il. « Cette idée d’une date fixe qui vient sanctionner ceux qui sont légitimes et les autres est quelque chose qui ne rentre pas dans l’éthique et la conception du travail social. Quand on se retrouve le jour de l’expulsion avec des familles sans solution, pour certaines avec des enfants, c’est complexe à gérer. On nous a dit : ils relèveront du droit commun, sauf que le droit commun est embouteillé. Le 115, les nuitées hôtelières : il n’y en a plus », dénonce le directeur d’Area.

    Cette pénurie dans le logement et l’hébergement -d’urgence ou d’insertion- « induit des conditionnalités d’accueil sur des dispositifs normalement inconditionnels. Tout ça ferme des portes et accroît les risques d’inadaptation de la proposition à la situation des personnes », estime José Lagorce. « On a un grand nombre de familles qui, quand elles rentrent sur des dispositifs non adaptés, finissent par en ressortir et recréer des bidonvilles. Une partie des habitants de l’avenue de Maurin avaient par exemple déjà connu des processus d’expulsion, y compris celui de Celleneuve. Le discours induit, c’est : ça ne sert à rien de créer des dispositifs particuliers car ils n’en veulent pas. Mais non, c’est juste qu’il y a une inadaptation de l’offre à la situation que vivent les personnes. Il faut penser les dispositifs de façon plus souple, plus globale », insiste-t-il.

    « Le besoin, ce n’est pas simplement un toit. Un bidonville est un espace de vie mais c’est aussi un espace de travail. On y travaille la ferraille, les voitures, l’écoreyclage, il y a des biffins. C’est un espace qui permet aux habitants, avant qu’ils ne puissent accéder à de l’emploi, de subvenir à leurs besoins sans tomber dans de l’assistance. Il faut donc mettre en place des espaces où ils pourront pratiquer cette économie populaire, laquelle va leur permettre, petit à petit, d’aller vers l’insertion socio-professionnelle grâce à l’accompagnement social qui va être mis en place. Ce projet d’un terrain de travail est quelque chose qu’Area a porté dès le départ sur le travail de résorption du bidonville de Maurin. Le maire de Montpellier a finalement donné son accord de principe quelques semaines avant l’expulsion. Ce sera donc sûrement pour les prochaines résorptions », espère José Lagorce.

    Selon le préfet de l’Hérault, il reste actuellement « 441 personnes dans 12 bidonvilles à Montpellier ». La prochaine résorption pourrait concerner le bidonville de Bonnier de la Mosson. Le terrain évacué avenue de Maurin sera, quant à lui, dans un premier temps « nettoyé et enroché afin d’éviter toute nouvelle occupation irrégulière », font savoir la Ville et la préfecture, avant que n’y soient aménagés, à terme, « un bassin d’écrêtement des crues et un parc ».

  • « Le blocage, c’est notre seule arme »

    « Le blocage, c’est notre seule arme »

    Ils étaient une vingtaine début août, ils sont désormais plus de 300. Étudiants, chômeurs, salariés… Syndicalistes, gilets jaunes, apolitiques, ou rien de tout ça. Chaque mardi, ils sont de plus en plus nombreux à se regrouper sur les marches du Corum, à Montpellier, pour organiser la riposte contre la casse sociale et l’austérité programmée par le Premier ministre François Bayrou, et « tout bloquer ».

    « Il faut s’engager sur une action pour tracter et créer des affiches. Il faut communiquer, la masse montpelliéraine n’est pas encore au courant. Si on ne leur dit pas on va se retrouver tout seuls ! », prévient Daniel en début d’AG. Pour lui, hors de question de laisser « le carnaval de Bayrou » et son vote de confiance freiner l’expression de ce « ras le bol populaire ». Dans la foulée, un autre abonde : « Je suis content de voir que tout le monde est “déter”! Derrière Bayrou et le gouvernement, il y a le patronat qui s’enrichit sur notre dos. Il faut arriver à créer des collectifs de lutte dans un max d’entreprises », argue-t-il.

    Sur les marches du Corum le 26 août, un volontaire prend les tours de parole ; un autre s’occupe du compte rendu ; une autre encore organise le groupe Signal qui permettra de drainer toutes les infos du mouvement local. On évoque aussi l’éventualité de monter une caisse de participation pour l’impression des tracts, ainsi qu’un appel aux dons pour alimenter la cantine populaire qui devrait nourrir les manifestants et les préposés aux barrages filtrants, tels qu’ils et elles les imaginent déjà pour le jour J. Sur les marches également, un militant a mis en libre-service des manuels pour guider les manifestants en cas de garde à vue.

    « Je voulais évoquer deux idées, avance encore un militant au micro. Si on veut bloquer l’économie, il faut viser la production et les transports ! Deuxième chose : il faut qu’on arrive à se compter, pour se donner de la force et de la catharsis… Il va donc falloir prévoir une AG le 10, et organiser la suite  : le 11, le 12 etc. »

    Tout au long de ce début de soirée, la question de l’indépendance de ce mouvement social est revenue à plusieurs reprises, comme un leitmotiv. « Jusqu’à présent, si on a décidé de s’organiser sans chef, c’est pour ne pas ressembler aux partis ou aux syndicats  », lâche un ex-gilet jaune au micro. « Il faut sortir des manifestations à pancartes. Ce qui nous manque, c’est une petite étincelle, un brin de folie, un petit truc en plus qui fait que cette fois c’est différent. Un truc qui fait que ça va marcher », espère un étudiant.

    Depuis les prémices de l’appel à tout bloquer, qui remonte approximativement au printemps dernier, le mouvement a pris de l’ampleur. Horizontal, populaire, multiforme et libre de toute appartenance politique, il a clairement déplacé son curseur vers la gauche depuis les premiers appels issus des sphères conspirationnistes et souverainistes. Désormais, sur Telegram, les militants des groupes d’Occitanie y causent aussi écologie, antiracisme et féminisme… Rassurés par la vague populaire et les valeurs véhiculées lors des premières AG, au fil de l’été, de nombreux mouvements de gauche ont donc soutenu l’appel, comme LFI, le PCF, les socialistes, les écologistes, mais aussi les syndicats CGT, FSU, et Solidaires, seule organisation à appeler à la grève ce jour-là…

    « L’extrême droite n’a rien
    à faire
    dans nos mouvements »

    Présents dans l’AG, nombre de ses militants ont tenu à apporter leur soutien au groupe sans badge ni drapeaux, et à se mettre à disposition de la mobilisation. « Le syndicat n’est pas un métier, c’est un outil », a rappelé une militante de Sud Collectivités territoriales. « On ne pourra pas faire l’économie de se réunir tous ensemble à un moment donné. La manifestation est nécessaire, ne serait-ce que pour se compter », a ajouté un représentant de Sud éducation, avant d’appeler à la vigilance vis-à-vis de l’extrême droite. « Ils n’ont rien à faire dans nos mouvements. Eux, ils sont avec les bourgeois et les racistes ! »

    En marge de l’AG, Barnabé* soupire : « Ce qui nous réunit aujourd’hui, c’est le blocage. C’est la seule arme des travailleurs et des sans-emploi. » Membre actif des Gilets jaunes du rond-point de Prés d’Arène, Daniel abonde : « Il faut qu’on arrive à montrer au gouvernement notre colère et notre mal-être… » Pourtant, à la question de savoir s’il a espoir de voir le mouvement arriver à ses fins, il reste sceptique. « Je suis quelqu’un qui agit sans espoir, mais je n’ai pas d’autre solution. »

    * Prénom d’emprunt.

    À Montpellier, l’appel du 10 septembre prévoit des blocages autoroutiers, une manifestation à 11h place de la Comédie, et une AG qui devrait se dérouler dans le courant de l’après-midi pour organiser l’avenir du mouvement.

    À Nîmes, un rassemblement
    est prévu le 10
     septembre, à 7h au stade des Costières, pour organiser les différentes actions. La manifestation devrait ensuite démarrer à 14h devant le taureau de l’avenue Jean-Jaurès.

  • Montpellier bannit le thon de ses cantines

    Montpellier bannit le thon de ses cantines

    Plus une miette de thon dans les cantines… C’est le nouveau mot d’ordre dans les réfectoires de Montpellier et de sept autres villes de France (Bègles, Grenoble, Lille, Lyon, Mouans-Sartoux, Paris et Rennes).

    Cette décision fait suite à l’étude de l’association Bloom, révélant l’ampleur de la contamination du thon au mercure, publiée il y a pile un an. « L’association nous a contactés, parce qu’on était déjà dans cette logique d’amélioration de la qualité des produits servis, tant en termes de santé que de respect du bien-être animal, de l’environnement et de la biodiversité… », explique Marie Massart, adjointe en charge des questions alimentaires.

    Étrangement, la réglementation européenne autorise un taux de mercure trois fois plus élevé pour cette espèce (1mg/kg), que pour d’autres produits de la pêche, type crustacés (0,3mg/kg). Or une fois ingéré, ce neurotoxique peut se loger dans le cerveau et avoir des effets néfastes. La documentation scientifique est claire, et évoque un impact inquiétant sur le développement neuronal des plus jeunes : baisse de QI, troubles neuromoteurs, troubles du comportement, troubles de la mémoire, etc.

    Dès le jeudi 29 août, le ministère de l’Agriculture a tenté d’éteindre l’incendie via un court message adressé à la presse : « Aucune défaillance sanitaire relative au respect des teneurs maximales réglementaires dans le thon n’a été identifiée par les services de l’État, ni remontée par les professionnels dans le cadre des autocontrôles », a-t-il écrit. Mais pas de quoi rassurer l’ONG et les élus engagés dans la fronde.

    « Il est totalement à côté de la plaque, déplore Marie Massart. Nous, on demande justement à ce que la réglementation évolue. Évidemment, cela aura des conséquences sur les industriels. Mais soit on privilégie l’économie, soit la santé des enfants… Je suis une élue écologiste, je ne transige pas avec ça. »

    Selon elle, en réalité, Montpellier n’en servait déjà quasiment plus dans ses cantines. « Depuis 2021, on ne sert du poisson qu’une fois par semaine, mais plus du tout de thon… Sauf dans les pique-niques froids qui étaient prévus en cas de panne. Mais quand Bloom nous a proposé de porter ce plaidoyer, et de mettre la pression au gouvernement et aux industriels, on s’est dit que c’était une bonne occasion d’aller au bout de la démarche. »

  • Une rentrée à l’extérieur réussie pour le RC Toulon

    Une rentrée à l’extérieur réussie pour le RC Toulon

    Commencer une nouvelle saison par une victoire à l’extérieur est une aubaine pour n’importe quelle équipe. Une situation vécue par le Rugby Club Toulonnais samedi soir sur la pelouse du Montpellier Hérault Rugby, à l’occasion de la première journée de Top 14, où le club varois s’est imposé (17-27) grâce aux essais de l’ailier Gaël Dréan (8), du troisième ligne Zach Mercer (27) et de l’arrière Marius Domon (33). Ils s’installent ainsi, d’ores et déjà, dans le top 6 du championnat.

    « On ne va pas faire la fine bouche. Gagner ici, c’est énorme », insiste le demi de mêlée Baptiste Serin, qui ne boude pas son plaisir. « Ça fait deux ans qu’on gagne, c’est quand même un exploit. Il faut être meilleur à chaque match, ce n’est que le début de saison et il y a des enseignements à tirer, mais c’est très bien de commencer comme ça », poursuit-il. « Les garçons ont fait un bon match, pas un grand match, mais un bon match », surenchérit Pierre Mignoni, le manager du RCT. « On savait que ce serait dur ici après ce qu’avaient montré les Montpelliérains en matchs de préparation. Ils étaient très en forme. Contre eux, ce fut dur de la 1ère à la 80e minute. Je retiens aussi qu’on a réussi à échapper à la remontada de nos adversaires, au cours d’une deuxième mi-temps qui m’a moins plu que la première car on a perdu le contrôle des opérations », ajoute-t-il, très satisfait de la solidarité défensive dont ont fait preuve ses protégés.

    « Il faut garder ce qu’on a bien fait, c’est-à-dire défendre, devant, dans les mauls portés, en conquête. Garder un jeu simple mais structuré et l’état d’esprit surtout », lance le talonneur Teddy Baubigny à la mi-temps, où Toulon possédait 21 points d’avance au score (3-24).

    « J’ai vu beaucoup de bonnes choses, dans ce secteur car on a créé des ballons lents pour Montpellier. On a perturbé le jeu qu’ils voulaient mettre en place car ils ont des avants qui aiment prendre le ballon en avançant pour dominer les collisions. On a su les freiner sur ça. Mais je trouve qu’en attaque, on a manqué d’efficacité dans la zone de marque, on a loupé des occasions, on a perdu des ballons en touche », remarque Mignoni.

    Ce dernier a pourtant pu compter sur un Marius Domon diablement efficace dans de nombreux secteurs de jeu. Au-delà d’avoir inscrit le dernier essai de la partie, l’arrière, formé dans la rade varoise, a été imperturbable lors des transformations et a même permis au RCT de garder une avance solide en deuxième partie de match en inscrivant deux pénalités. « Il y a bien eu une ou deux scories. Mais il a fait un bon match en effet », juge l’entraîneur toulonnais. « On disait que si Melvyn Jaminet ne jouait pas, on ne pourrait pas gagner. Il faut sortir de ça. Non, si on veut aller loin, il faut que tout le monde joue et que tout le monde se donne. »

    Mais de manière générale, l’attaque des Rouge et Noir a été performante dans le secteur offensif, notamment sur les actions en première main. « Nous avons désormais une certaine animation offensive avec nos deux centres et cette saison, on va se servir de nos points forts avec Nacho (Brex) et Oliver (Cowie), ils n’avaient fait que deux matchs en ensemble, donc ça devrait encore s’améliorer », ajoute Pierre Mignoni. Le seul point noir au tableau, finalement, reste le manque de maîtrise en deuxième période, qui a permis aux Cistes de revenir progressivement dans la rencontre. Les essais du troisième ligne Lenni Nouchi et de l’arrière Tom Banks ont relancé la machine héraultaise, mais n’ont pas permis au MHR d’inverser la tendance. Toulon commence idéalement sa saison et aura à cœur de continuer sur cette lancée, dès samedi 13 contre Castres (21h), pour fêter dignement ses retrouvailles avec Mayol.