Tag: Mobilité

  • Le plan mobilités de « Nîmes en commun »

    Le plan mobilités de « Nîmes en commun »

    Au cœur de son projet municipal, Nîmes en commun fait des mobilités un levier central de justice sociale, de pouvoir d’achat et de transition écologique. La première mesure phare concerne la gratuité immédiate des transports scolaires, afin de mettre fin à une inégalité territoriale : à Nîmes, les familles paient encore quand la Région, ailleurs, prend en charge les déplacements des élèves. La liste conduite par Bouget propose également la gratuité pour les personnes en situation de précarité, le maintien de celle existante pour les plus de 70 ans, ainsi qu’un demi-tarif pour les retraités de moins de 70 ans. À cela s’ajoute une gratuité par l’usage, progressive, avec des trajets offerts après un certain nombre de voyages, pour encourager l’utilisation régulière du réseau.

    Des transports accessibles, fréquents et sécurisés

    Sur l’offre de transport, la liste défend un renforcement des fréquences et des amplitudes horaires, notamment tôt le matin et tard le soir, pour répondre aux besoins des salariés aux horaires décalés. Tous les quartiers doivent bénéficier du même niveau de desserte, avec une attention particulière portée à la mobilité des femmes le soir et à la desserte des équipements publics, comme l’hôpital ou les zones d’activité. Autre pilier du programme : un plan vélo ambitieux, avec la création d’environ 50 km de pistes cyclables supplémentaires sur le mandat. L’enjeu n’est pas seulement d’augmenter le linéaire, insiste Nîmes en commun, mais de garantir la continuité, la lisibilité et la sécurité des itinéraires en reliant les quartiers, les établissements scolaires, les pôles d’emploi et les gares. Des stationnements sécurisés et un accompagnement à la pratique, notamment pour les jeunes et les seniors, sont également prévus.

    Enfin, sans opposer les modes de transport, la liste propose un plan pluriannuel d’investissement sur la voirie, partagé avec les habitants et les comités de quartier. Objectif : sécuriser les déplacements, améliorer l’état des routes et des trottoirs, désengorger les axes saturés et offrir de véritables alternatives à la voiture individuelle pour celles et ceux qui n’en ont pas aujourd’hui.

  • Transports : Vincent Bouget veut « réunir la ville » de Nîmes par les mobilités

    Transports : Vincent Bouget veut « réunir la ville » de Nîmes par les mobilités

    Lieu hautement symbolique, la gare de Nîmes, avenue Feuchères. C’est ici, au carrefour des trains, des bus, des vélos et des piétons, que la liste « Nîmes en commun » a choisi de poser l’un des marqueurs forts de sa campagne municipale : faire des mobilités un droit effectif pour toutes et tous.

    Entouré de Jean-Luc Gibelin, vice-président de la Région Occitanie en charge des transports et de Julie Frêche, vice-présidente de Montpellier Méditerranée Métropole déléguée aux mobilités, Vincent Bouget a dressé un constat sévère de la situation nîmoise. Retards accumulés, inégalités territoriales, dépendance persistante à la voiture : pour le candidat de l’union de la gauche (hors LFI), la majorité sortante « a péché sur les transports comme sur d’autres grands dossiers structurants ».

    À Nîmes, la mobilité reste aujourd’hui un facteur d’exclusion. Fréquences insuffisantes, horaires inadaptés aux travailleurs précaires, dessertes inégales entre quartiers, coût du transport scolaire… Autant de freins quotidiens qui enferment une partie de la population dans une forme « d’assignation à résidence ». « Se déplacer, ce n’est pas technique, c’est social, écologique et quotidien », martèle Vincent Bouget, rappelant que la mobilité conditionne l’accès à l’emploi, aux études, aux soins et à la vie sociale. Face à ce diagnostic, Nîmes en commun assume une rupture politique : replacer le service public de transport au cœur du projet municipal et communautaire. Gratuité ciblée, renforcement de l’offre, plan vélo structurant, voirie sécurisée pour les piétons : l’objectif affiché est clair, réduire la dépendance à la voiture sans opposer les usages.

    Nîmes à l’échelle régionale

    Pour Nîmes en commun, l’enjeu est aussi territorial. Troisième ville d’Occitanie, Nîmes ne peut plus penser ses transports en vase clos. La présence de Julie Frêche illustre cette volonté de décloisonnement. À Montpellier, la gratuité des transports en commun et le développement massif des mobilités actives ont profondément transformé les usages. « Les mobilités sont un outil de cohésion sociale, de pouvoir d’achat et de transition écologique », souligne l’élue montpelliéraine, plaidant pour une coopération renforcée entre les deux agglomérations. Rail du quotidien, liaisons ferroviaires plus fréquentes, complémentarité plutôt que concurrence entre équipements structurants : pour elle, Nîmes doit pleinement s’inscrire dans une dynamique métropolitaine élargie.

    Même message du côté de Jean-Luc Gibelin, pour qui la question dépasse largement les frontières communales. La Région Occitanie a fait du train une priorité, avec la gratuité d’usage pour les jeunes, le train à 1 euro, l’augmentation significative des fréquences et la réouverture de certaines lignes. Résultat : la fréquentation est passée de 60 000 à près de 100 000 voyageurs quotidiens. « Nîmes mérite un engagement total de tous ses partenaires », affirme-t-il, appelant à une meilleure articulation entre bus urbains, cars régionaux, vélo et ferroviaire, notamment autour de pôles stratégiques comme la gare centre ou celle de Saint-Césaire.

    Au-delà des annonces, la séquence de la gare Feuchères vise aussi à crédibiliser un projet municipal fondé sur la coopération : avec la Région, avec Montpellier, mais aussi à l’échelle de l’agglomération nîmoise, dont le fonctionnement actuel est régulièrement pointé comme un frein. Pour Vincent Bouget, l’enjeu est clair : « partager les ambitions, accepter les contraintes et agir ensemble » afin de garantir une mobilité équitable, lisible et accessible. En somme, faire des mobilités un service public central, au service de l’unité de la ville, de la justice sociale et de la transition écologique.

  • L’Union pour Arles se met en selle avec Dan Jacobi

    L’Union pour Arles se met en selle avec Dan Jacobi

    Il est venu en pédalant et est reparti de la même manière. Dan Jacobi (EELV), cycliste et blogueur, est présenté comme le porteur du volet mobilité et cyclisme dans la campagne de l’Union pour Arles, conduite par Nicolas Koukas (PCF), à l’occasion de la conférence de presse dédiée, ce jeudi matin. Le quinquagénaire, parcourant « 12 000 à 17 000 km par an » à vélo selon ses dires, a les idées très claires avec six mesures « raisonnées et chiffrées qu’on peut assumer ».

    En premier lieu, celle de développer un réseau cycliste continu. « Oui, il y a déjà des pistes cyclables car la loi l’oblige lorsqu’on refait les routes. Mais sans continuité ni cohérence », explique le candidat. Il défend « l’intermodalité » pour les trajets au travail. « Nous voulons des pistes qui partent du centre-ville et rayonnent dans tous les quartiers et villages avec des codes couleurs et une signalétique compréhensible par tous », détaille-t-il, avec « des trottoirs séparés », notamment pour « que tout le monde, y compris les femmes et les personnes défavorisées, se sentent autant légitime que les hommes qui fréquentent des clubs », affirme Dan Jacobi.

    Le biclou populaire

    L’expert de l’Union pour Arles insiste sur le volet accessibilité du vélo. « Nous créerons une école du vélo municipale, pour que tout le monde sache passer ces vitesses et lâcher un bras pour indiquer sa direction », particulièrement pour franchir « le pont de Trinquetaille, exemple des peurs et difficultés des gens ». Il n’exclut pas d’organiser des « balades pédagogiques », notamment pour « montrer que la passerelle faite pour les vélos et la transhumance existe », sous le pont de la RN113.

    Mais un vélo, combien ça coûte ? « Pour le vélo-taff ou s’amuser, ce n’est pas cher : il y a l’occasion et l’association Combivici en propose à moins de 60 euros, qui suffisent largement », affirme Dan Jacobi. Tout serait une question d’adaptation selon lui. « La principale barrière est le mal au cul. Oui, les trois premiers jours, c’est un cauchemar, mais une semaine après, tous les vélotaffeurs ont la banane », tranche le cycliste.

    Pour Nicolas Koukas, tête de liste (PCF), « il faut protéger les vélos et pas juste les tolérer ». Le candidat considère que l’écologie « ruisselle dans toutes les délégations », dont celle dévolue à Dan Jacobi, d’ailleurs membre des Écologistes, dont les responsables locaux ont rejoint la liste de Jecilla Regad (LFI). « C’est à l’échelle de la ville qu’on peut changer le plus de choses vite, la liste de Nicolas est le plus large rassemblement à gauche. Il faut savoir s’engager au bon endroit, au bon moment », juge Dan Jacobi.

  • Nicolas Koukas prône l’union des villages arlésiens

    Nicolas Koukas prône l’union des villages arlésiens

    Les villages se sentent abandonnés », assure Nicolas Koukas (PCF). Alors, pour y remédier, le candidat de l’Union pour Arles qui a déposé sa liste mercredi 18 février présente les élus qui deviendront, en cas de victoire, les adjoints spéciaux des composantes de la ville la plus étendue de France.

    Ils seront deux pour Salin-de-Giraud : Sandy Scandagliari et Katy Vrontos, tous deux retraités de la fonction publique territoriale et originaires de la commune camarguaise. Située à 40 km d’Arles et donc de son hôpital, celle-ci rencontre une problématique de désertification médicale. « Aujourd’hui, on a un médecin deux jours par semaine, témoigne Sandy Scandagliari. L’accès aux soins est le premier dossier à porter pour le village. » À ce sujet, la liste porte notamment un projet de maison de santé pluridisciplinaire. Éloignés, les villages rencontrent aussi des problématiques de mobilité et d’isolement. Gisèle Beltrando, désignée pour Raphèle, explique : « Les habitants se détournent d’Arles pour Saint-Martin-de-Crau pour leurs besoins de la vie quotidienne. Les seniors sont obligés d’aller à Pont-de-Crau pour avoir accès à un foyer et aucune navette n’est mise en place, ce qui isole ceux qui ne peuvent plus conduire. » L’Union pour Arles compte travailler avec le Centre communal d’action sociale pour y remédier. « Nous allons aussi travailler avec la communauté d’agglomération pour revoir les tracés, cahiers des charges et horaires des transports en commun », affirme Nicolas Koukas.

    Des moyens propres

    Pour obtenir un « choc de confiance », comme l’appelle le conseiller municipal d’opposition Mohamed Rafaï, les villages seront dotés « de moyens financiers propres pour qu’ils aient une latitude totale avec une enveloppe dédiée qu’on est encore en train de chiffrer », précise la tête de liste. Le candidat veut également mettre trois réunions par an en place, afin de « faire le point, avec les services municipaux, sur les sujets du quotidien », mais aussi déconcentrer les services publics. « C’est l’équité territoriale, l’égalité républicaine », appuie Mohamed Rafaï.

    L’Union pour Arles souhaite aussi mettre le paquet sur la culture en réinstaurant le Relais du sel à Salin-de-Giraud, mais aussi en créant un festival de la ruralité pour mettre en lumière les traditions de ces communes. « Ces villages sont un trésor, il faut exploiter leur attractivité. »

  • Nicolas Koukas prend le pouls des habitants à Arles

    Nicolas Koukas prend le pouls des habitants à Arles

    Ce jeudi 12 février, le candidat de l’Union pour Arles, Nicolas Koukas (PCF), s’est rendu à l’école école Cyprien-Pillol de Pont-de-Crau pour évoquer les grandes lignes du programme, échanger, proposer, écouter, prendre note des attentes au plus près des habitants. Parmi les thèmes abordés : mobilité, trafic automobile, voies cyclables, gratuité des transports en commun, démocratie participative ou encore projets immobiliers, dont les riverains déplorent qu’ils soient « menés sans concertation ». Prochain rendez-vous ce 15 février à 11h au Gageron.

  • L’agrandissement d’Airbus va transformer le territoire

    L’agrandissement d’Airbus va transformer le territoire

    Dans les immenses hangars de l’usine Airbus Helicopters, les tout derniers engins H160 sont sur leurs chaînes de fabrication. Dans deux à trois ans, il y en aura un tiers en plus.

    C’est en tout cas le défi que s’est lancé Airbus, démarrant par la construction d’une nouvelle usine sur le site de Marignane. Vendredi, les ministres du transport Philippe Tabarot (LR) et Sébastien Martin (LR) sont venus sur place pour inaugurer le chantier d’un futur bâtiment de 31 000m². À l’intérieur, NextGen factory, cœur « de fabrication des rotors et transmissions, des pièces critiques nécessitant une fiabilité parfaite », détaille Laurent Mazoué, responsable du projet. « Nous allons entièrement informatiser le système de production, avec des machines de dernière génération et une logistique automatique », développe-t-il. 600 millions d’euros sont mis sur la table par le constructeur à cet effet, dont 25 millions d’aides de l’État au titre de France 2030. La création de 1 700 nouveaux emplois est à la clé pour supporter un accroissement d’activité de près de 40% selon le constructeur.

    Faire face à la croissance

    La raison de cette montée en cadence est simple. « Le marché mondial est en croissance constante », explique Bruno Even, PDG d’Airbus Helicopters lors du temps officiel. L’entreprise est « numéro un mondial, en tête du marché militaire », selon le dirigeant, revendiquant « un carnet de commandes de 544 hélicos ». Mais « notre site est vieillissant saturé et enclavé », poursuit Bruno Even, et c’est pour cela qu’Airbus « déploie une stratégie d’envergure pour améliorer sa compétitivité » avec le pacte territorial « Sud avenir hélico » regroupant État, Région, Métropole et les Villes de Vitrolles et Marignane. « Un environnement stable est la seule condition pour rester ici et être plus performant. Si on ne réussit pas la croissance sera captée par les concurrents », conclut-il.

    L’enjeu de ce pacte est de créer les conditions d’accueil nécessaires à la vie et surtout au transport des salariés, actuels comme nouveaux. « Il ne peut pas y avoir de développement industriel sans infrastructures de transport » relève à ce titre le ministre de l’Industrie Sébastien Martin. Le ministre des Transports Philippe Tabarot appuie : « Le pacte va au-delà de l’outil de production, il s’inscrit dans un projet de transformation territoriale. » « Une usine est performante quand les salariés peuvent s’y rendre facilement, dans des conditions acceptables. L’amélioration de la desserte des transports en commun, l’optimisation des liaisons intermodales et le développement du covoiturage doivent répondre aux besoins » des 12 500 salariés du site selon le ministre. « Quelle frustration quand 1 emploi sur 3 est refusé pour des questions de mobilité », conclut-il.

    En marge de la signature du pacte, Philippe Tabarot affirme que l’État va « accélérer la logistique d’infrastructures » de transport de passagers et de fret, ferroviaire comme routier, prenant l’exemple des contournements de Martigues – Port-de-Bouc et Fos-Salon.

    Académie de l’hélicoptère

    En parallèle du volet industriel et mobilité, un nouveau centre de formation baptisé « académie de l’hélicoptère » a été annoncé pour 2030 sur le site Cap Horizon, à Vitrolles. L’ambition est de former d’ici 5 700 travailleurs dans la filière d’ici 2032, « un signal fort adressé à la jeunesse » selon Philippe Tabarot. 9,5 millions d’euros y ont été consacrés avec le programme France 2030.

    « Les transports doivent répondre aux besoins »

  • Nicolas Koukas face aux lecteurs à Arles

    Nicolas Koukas face aux lecteurs à Arles

    Après six ans d’une mandature Patrick De Carolis caractérisée par une adhésion surprise au parti de droite Horizons, l’expulsion de la Ligue des droits de l’Homme de la Maison de la vie associative ou encore la menace de déloger l’Union locale CGT de la Bourse du travail, Nicolas Koukas répond aux lecteurs de « La Marseillaise », depuis son local de campagne.

    Bouchra Nait : Il s’est passé quelque chose d’extraordinaire, l’été dernier, avec l’Appel d’Arles. Extraordinaire, car les Arlésiens se sont organisés et ont appelé à une candidature unique à gauche, et les partis se sont saisis de l’appel. Mais une fois élu, comment faire vivre la démocratie, faire en sorte que les citoyens soient au centre et parties prenantes de la politique municipale, et comment respecter les avis contradictoires et son opposition ?

    Nicolas Koukas : Lorsque Patrick De Carolis a été élu, il nous a donné, à l’opposition, des locaux dans une cave sans fenêtre. Bien évidemment, on a demandé à déménager et on s’est retrouvé à côté des pompes funèbres. Cela a tout de suite donné le caractère du personnage et sa façon d’envisager ses rapports avec l’opposition. Ce n’est pas la manière de faire que je porterai. Il y a une crise de vocation des élus, des candidats aux municipales qui n’arrivent pas à boucler leurs listes, faire confiance à des élus est de plus en plus compliqué et les élus locaux, qui étaient protégés jusqu’alors, ne le sont plus. Il est important, dans ce contexte, de respecter son opposition et de lui donner les moyens de travailler. Jusqu’alors, nous n’avions qu’une seule réunion commune par mois, annoncée cinq jours avant. Nous mettrons en œuvre de vrais outils pour bosser avec tous les élus, majorité et opposition comprise, dans des commissions de travail plénières revisitées, pour que tous les élus aient accès aux documents préparatoires. Cela inclut les commissions techniques préparatoires et la plus grosse de l’année, celle dédiée au budget, pour qu’on puisse le coconstruire avec les habitants. Alors oui, ça demandera du temps et de l’énergie à consacrer à tous ceux qui ont signé l’Appel d’Arles, qui viennent de quartiers différents et sont en attente de faire les choses différemment. Ça demande une organisation particulière et, bien sûr, une volonté politique, mais il faut que cela se traduise par des effets concrets derrière. Il faut une organisation du fonctionnement municipal qui va de pair avec ce qui est porté par les élus. On ne peut plus faire la chose publique comme on faisait avant. Les habitants sont en attente d’autre chose et pas de pseudo-conseils de quartier mis en place par Patrick De Carolis, où il a placé quasiment partout ses amis, pour les tenir et qu’il n’y ait finalement pas de débat. C’est une attente d’autant plus forte que, depuis les législatives, on a vu tout le peuple de gauche demander à se rassembler dans une union la plus large possible. Ça n’a pas totalement marché, ce n’est pas grave. Il y a plusieurs gauches, mais ce n’est pas elle notre adversaire : c’est le RN et la macronie sortante.

    Sébastien Ali : Quel est votre positionnement sur le projet de déménagement de la Bourse du travail initié par le maire actuel ? Cette place est occupée depuis 126 ans par l’Union locale CGT.

    Nicolas Koukas : On a été clairs depuis le début sur cette volonté de Patrick de Carolis de museler la CGT. C’est une décision irresponsable qui ne va pas dans le sens de l’histoire. On a besoin des syndicats dans leur lieu symbolique, où ils sont implantés depuis 126 ans. Des centaines d’Arlésiens ont été syndiquées, engagés, y compris dans la Résistance. Je ne crois pas qu’on puisse lutter contre la xénophobie et le racisme en fermant une Bourse du travail. Au contraire. Pour nous, il est hors de question de faire déménager la Bourse et on sait très bien que le bâtiment ne peut pas accueillir l’Office du tourisme car il est n’est pas accessible, c’est un leurre. Je crois qu’il surfe sur ce sujet pour récupérer un électorat plus obscur. Ma conviction, c’est qu’il faut être fier de ce bâtiment, on fera tout pour le conserver et qu’il continue à vivre. Car c’est bien sûr un lieu de réunions syndicales, mais qui rayonne aussi sur les activités culturelles, permet des expositions d’associations et d’étudiants en juin, au moment de la feria. Je ne peux vraiment pas imaginer qu’on enlève le fronton « Bourse du travail » quand on se rappelle qu’Arles s’est construite avec les syndiqués. On oublie que beaucoup de syndicalistes arlésiens des champs, dans les années 30, étaient à la CGT et se sont levés face au patronat. Pendant la guerre aussi, seul Pétain voulait fermer la Bourse du travail, le parallèle n’est pas très flatteur pour le 1er magistrat. Alors oui, on observe un discours national et international qui n’incite peut-être pas le maire à défendre ce projet pour la Bourse du travail, mais moi je m’en fiche : on a besoin de porter nos valeurs d’engagement politique, syndical et associatif. La CGT à la Bourse du travail, elle y est, elle y reste.

    Martine Charrière : Souvent, la moitié de la population est oubliée dans les discours. Est-ce qu’il y aura une délégation dédiée aux droits des femmes et un partage équitable et non genré des délégations ? Pour éviter d’avoir la petite enfance confiée aux femmes et l’économie aux hommes…

    Nicolas Koukas : Je vous rassure Martine, vous m’aviez fait remarquer cet oubli lorsqu’on a appelé notre groupe Le Parti des Arlésiens et tu avais raison. Oui, je crois qu’aujourd’hui, ça fait partie de l’histoire. Moi, je mise sur l’expérience. Sur notre liste, il va y avoir une énorme partie dédiée à la société civile, à plus de 60% ne faisant pas partie d’un parti politique, mais ayant une expérience significative dans un domaine particulier. On veillera à ce qu’elles ou ils puissent occuper des délégations qui ne laissent pas penser à du saupoudrage. On aura aussi une commission extra-municipale dédiée pour travailler avec toutes les associations qui gravitent autour de ce sujet, comme le centre d’information sur les droits des femmes et des familles [CIDFF, Ndlr], afin d’être au plus près des attentes des Arlésiennes. Et pas qu’au niveau des élus, y compris au niveau de l’administration, où des postes à responsabilité ont trop souvent été occupés par des hommes. Comme la direction générale des services, exclusivement occupée par des hommes, la direction de cabinet ou des ressources humaines, qui sont trois postes clés dans le fonctionnement de la commune. Il y aura une conseillère municipale ou une adjointe chargée de ces questions-là, qui aura une feuille de route construite non pas verticalement, mais horizontalement pour avoir une évaluation des politiques publiques et pour répondre aux attentes des associations.

    Jean-François Ruiz : Concernant les équipements sportifs de la ville, notamment les piscines, les gens se plaignent qu’elles ne sont pas en bon état. Les écoliers doivent composer avec une seule piscine à l’année, car l’autre est souvent fermée. Comment faire ?

    Nicolas Koukas : Sur ces sujets anciens, je vois que la majorité en place s’est aussi cassé les dents par rapport aux promesses qu’ils avaient pu faire. Arles n’a pas les équipements sportifs ni les piscines adaptées pour une ville comme la nôtre. Je vois deux pistes. D’abord, une réflexion portée à l’échelle intercommunale, car on sait que ça peut se jouer à ce niveau. Le maire est censé être président de la communauté d’Agglomération. Le bilan de Patrick de Carolis est fondé sur la Ville, mais il y a zéro bilan en termes d’attractivité sur son mandat à la présidence de la communauté d’Agglomération Arles Crau Camargue Montagnette [ACCM, Ndlr]. Notre spécificité à Arles, avec ses villages et ses quartiers, fait que nos équipements sont particulièrement vétustes. On ne va pas proposer de tout raser et reconstruire gratuitement. Il y a cette envie dans les associations que je rencontre de réaliser un complexe autour de l’eau, mais d’un point de vue budgétaire, on n’a pas les moyens de le porter aujourd’hui. Alors, il faut être pragmatique sur ces sujets de grands équipements : on peut tout à fait avoir des partenariats avec du privé, et pas n’importe lequel, lorsque l’objet est bien défini. Faire croire que le public peut répondre à toutes les attentes d’un territoire est faux, c’est un communiste qui le dit. On vit dans une société où on voit que des Villes ont porté des projets similaires qui ont permis la réalisation de l’équipement. Sur la piscine, je pars de cette réflexion-là. Il y a un sujet au croisement des trois intercommunalités d’Arles, de Saint-Martin et de Tarascon, qui devraient fusionner, mais ça n’est pas encore réglé. Je pense qu’à l’ouest du département, il devrait y avoir une intercommunalité qui puisse répondre aux besoins du territoire. Il faudra hiérarchiser les priorités et ce n’est pas simple. L’histoire d’Arles fait qu’aujourd’hui, on doit aller chercher la reconnaissance qu’elle n’a pas. Le maire doit aller voir les finances de l’État tous les mois pour dire qu’il y a une spécificité arlésienne, car on ne gère pas 50 000 habitants sur 759 km2 avec les mêmes dotations qu’une autre moins étendue. Cette proposition est inscrite dans le programme. D’autres communes ont cette même difficulté et les recettes doivent être différentes, car sinon, on ne répond pas aux exigences dans le temps, on fait que du saupoudrage et on obtient de la colère.

    Savéria Herrati : Le Covid a servi de prétexte à l’Europe et à la commune pour réduire les subventions et ne plus écouter les besoins de la ville en matière historique, sachant qu’on marche sur des vestiges médiévaux et romains. Prévoyez-vous des mesures en termes de préservation et de valorisation du patrimoine ?

    Nicolas Koukas : Dans les années 1970-1980, tous les maires qui se sont succédé ont fait le choix de faire de la culture, du tourisme et du patrimoine les leviers du développement économique. C’est encore le cas aujourd’hui. Depuis 6 ans, la mandature De Carolis n’a pas répondu avec efficacité aux attentes et à la réalité de ce territoire. Quand le Pôle culture patrimoine a une baisse de 100 000 euros de sa subvention, la majorité met en difficulté la réalité d’une entreprise, de ses activités qui permettent dans ce bâtiment de rassembler des acteurs spécifiques et, surtout, elle nie la réalité. En 1997, on a eu la chance d’avoir un contrat état-Région pour rénover beaucoup de monuments, dont les arènes, et jusqu’en 2020, on avait des budgets d’urgence pour intervenir dès que le bâti était en difficulté. Ces budgets n’existent plus. Maintenant, allez dans les arènes, les murs tombent à côté de la billetterie. Il est urgent de réenclencher cette volonté politique. On a un ancien directeur du service patrimoine avec nous, qui a connaissance des acteurs et financeurs pour répondre le plus vite possible à ces exigences. Comme je l’ai fait avant, je porterai également la classification du territoire de Camargue au patrimoine mondial de l’Unesco : c’est une chance pour la ville, mais aussi pour la Camargue menacée par la montée des eaux. On ne fait rien : pas de plan local d’urbanisme, pas de réflexion avec les autres maires. Le danger serait d’opposer les différents acteurs économiques, environnementaux et les manadiers alors qu’il faut les rassembler et faire communauté autour du patrimoine. On n’aurait pas nos monuments à Arles, ce serait plus compliqué.

    Lucile Venet : Quel est votre projet pour la culture ? À Arles, certaines cultures s’effacent.

    Nicolas Koukas : Il faut répondre à la demande de culture pour tous. On nous avait critiqués « Le drôle de Noël », où l’on trouvait tout le monde : c’était une vraie feria avec tous les Arlésiens. Mais il faut réimaginer et remettre de la culture à d’autres périodes de l’année. L’équipe en place a fait des choses, mais il y a d’autres projets à sortir avec des acteurs culturels pour proposer des moments importants dans l’année. Avec de la culture populaire, pas que la tradition ou le folklore. Ma mère s’appelle peut-être Mistral, mais je pense que trop de tradition tue la tradition. On voit les Arlésiennes partout, tout le temps. Il faut réunir les acteurs culturels arlésiens pour envisager de monter des initiatives importantes, je pense à Luma et les associations de quartier. Il y a besoin de se rencontrer pour éviter les malentendus et que des murs de glace se créent. On aura plusieurs élus en charge des cultures pour avoir des perspectives et des évaluations des politiques culturelles publiques.

    Bouchra Nait : Arles est riche en patrimoine, mais s’appuie trop sur le tourisme ; il y a trop de chômage. Comment rééquilibrer et encourager plus d’entreprises à s’installer pour générer plus d’emplois ?

    Nicolas Koukas : On a la chance d’avoir cette ville très focalisée sur le tourisme. Mais les transports ne vont pas avec, on n’a pas pensé les besoins de travailler ni de s’amuser pour les habitants. On n’a imaginé Arles que comme une petite ville de Provence, belle, mais pas forcément pour y vivre. Il y a besoin de diversifier les activités. Je tacle souvent De Carolis qui parlait de venir avec son carnet d’adresses, de faire venir plein d’acteurs économiques… Mais il est venu sans. C’est aussi méconnaître l’histoire d’Arles que de penser que le plan local d’urbanisme (PLU) permettrait d’avoir des terrains au nord et à Trinquetaille pour l’activité économique, ce n’est pas entièrement le cas. Je ne vais pas promettre 1 000 emplois comme il l’a fait, car le sujet est bien plus complexe que ça, on ne fait pas des slogans qu’on ne peut pas tenir. L’idée est plutôt de prendre son bâton de pèlerin pour inciter les acteurs économiques à venir ici. On avait modifié le PLU en zone nord pour installer Shopping promenades. Il reste du foncier pour accueillir des activités qu’il faut adapter au territoire arlésien, pas comme à Saint-Martin, où ils vont installer un grand centre logistique Vinted où l’on paye les gens une misère. S’appuyer uniquement sur le tourisme ne permet pas de résoudre les problèmes de logement avec le phénomène Airbnb, ni ceux des rues commerçantes malmenées par les fermetures. Je suis très heureux de voir Patrick De Carolis reprendre notre proposition « soviétique » de 2020 de créer une société coopérative foncière pour permettre à la Ville de disposer d’un outil de préemption. Nous avons un label « métier d’Art », mais il n’y a pas de portage, pas de schéma, ni de ligne directrice. Je n’ai rien contre les épiceries de nuit, mais je sais que le local de campagne de De Carolis en deviendra une, ce qui fragilisera le quartier. Ce schéma doit être porté au sein de l’Intercommunalité.

    Jean-François Ruiz : Les agriculteurs aussi ont des difficultés face à la montée des eaux et à la salinité, notamment les riziculteurs et les céréaliers. Comment les aider ?

    Nicolas Koukas : Ce n’est pas une compétence municipale, mais il faut y être attentif. Pour en avoir discuté avec le directeur de la Tour du Valat, on voit en Camargue une explosion des extensions agricoles, un positionnement porté par le syndicat des riziculteurs. D’autres ont des réflexions plus scientifiques, disant qu’il faut retourner sur une proximité et une forme d’expérimentation pour faire évoluer les productions. On sait qu’on va dans le mur avec la chute du riz. La montée des eaux et la remontée du sel vont mettre en difficulté des dizaines d’agriculteurs. C’est pour ça que j’en reviens à faire classer la Camargue, qu’il y ait une prise de conscience de certains élus qui ne veulent pas regarder la réalité en face. Le trait de côte évolue. Comment y répondre ? C’est en tout cas le rôle d’un maire de faire connaître ce qui ne fait pas plaisir.

    Savéria Herrati : On a parlé des emplois : il faut permettre l’arrivée de nouveaux habitants, jeunes, étudiants, travailleurs et familles. Mais l’accès au logement est pitoyable. Quelles sont les solutions et quel est le poids de la municipalité dans ce sujet ?

    Nicolas Koukas : La question se pose dans beaucoup de villes. Airbnb a bouleversé les communes touristiques comme la nôtre, avec un nombre de locations passé de 1 800 en 2020 à plus de 3 000 aujourd’hui et des rues complètement fermées. Il y a la volonté très claire de notre part de réguler les nuitées et d’instaurer un système de quotas par quartiers, comme à La Roquette et l’Hauture, qui sont ravagés par ce phénomène. Il faut permettre aux familles de revenir vivre dans le centre-ville et aux propriétaires de rénover leurs logements. J’en reviens à la société foncière, je souhaite que, demain, les bâtiments libérés ne soient pas vendus, mais d’en faire du logement pour les familles. L’idée est d’enrayer la spirale de réduction d’habitations depuis 2020.

    Lucile Venet : Les jeunes n’ont pas de lieux où se rencontrer, entre villages et quartiers, qui soient intergénérationnels avec des adultes référents. Il serait intéressant de discuter d’une maison des jeunes avec eux.

    Nicolas Koukas : Il y avait une maison des jeunes avant sur le boulevard des Lices, qu’un maire de droite avait fermée. C’est une question centrale remontée de beaucoup d’ateliers de l’Appel d’Arles. Les centres sociaux sont aussi en difficulté. Dès notre élection, nous devons programmer des Assises des jeunesses de tous les quartiers et villages, car ils ont des histoires et des parcours différents. Il leur faut un lieu d’accompagnement avec des animateurs qui savent faire. Je pense à l’auberge de jeunesse, un lieu pas loin de la piscine Cabassud. On pourrait y accueillir des activités à l’année avec un espace tiers-lieu dédié à la jeunesse. Pour les hameaux, pourquoi ne pas expérimenter la maison de la jeunesse itinérante ? On a un bibliobus, mais on peut imaginer aussi d’ouvrir des activés l’été dans les écoles.

    Nicolas Juan : J’attends de la Ville qu’elle passe à une autre phase pour son littoral, notamment la plage de Piémanson. Il faudrait la valoriser, avec un parking par exemple, non ?

    Nicolas Koukas : Il faut aborder à la fois la question de la plage et le développement de Salin-de-Giraud, en portant un projet touristique écoresponsable, car on a évolué en termes de sécurité et de protection du patrimoine : on n’ira plus y camper comme avant. Mais il y a une discussion à mener avec les habitants et l’État pour savoir comment utiliser au mieux cet espace-là en respectant le littoral. Faire un parking sera très compliqué : l’État se protège par rapport au risque d’accidents.

    Nicolas Juan : Il faut pour ça pérenniser la traversée du Rhône. Les Saliniers sont pour la construction d’un pont, mais en attendant il faut rehausser le service du bac. Beaucoup de Saliniers travaillent sur le Port ou vont chez le médecin en traversant.

    Nicolas Koukas : Il faut un service public qui fonctionne sur des horaires élargis pour permettre à ceux qui travaillent à Fos de rentrer en évitant le grand tour. On se battra au Département pour ça. On a aussi besoin de cette mobilité pour se soigner. La question se pose à Salin, pour que les plus âgés puissent rester à domicile le plus longtemps possible, alors que le nombre de services de soins à domicile a baissé en 6 ans. Pour les plus jeunes aussi, il y a des problèmes de garderie. Sans oublier le besoin des médecins. Pour tous les hameaux, on propose de dérouler le tapis rouge aux médecins qui veulent s’installer sur Arles, avec une convention sur plusieurs années. Nous aurons dix personnes dans notre équipe venant de ce secteur-là. Car c’est la préoccupation numéro 1 des Arlésiens. Il nous faut, dans notre équipe, des expériences et des métiers pour nous rendre le plus opérationnels possible. Le rôle du maire est aussi d’assister au conseil d’administration de l’hôpital, en crise avec la menace de fermeture de la maternité et des lits dans les services de cardiologie et de gastro-entérologie, qui sont passés de 36 à 18. L’hôpital est menacé : nous avons besoin de ce service public de santé fort, avec des spécialistes disponibles.

    Focus sur les lecteurs

    Bouchra Nait, présidente de CIQ

    Sébastien Ali, ouvrier plasturgiste et militant CGT

    Martine Charrière, ancienne responsable de centre de formation

    Jean-François Ruiz, régisseur à la fondation Luma

    Savéria Herrati, ingénieure géophysicienne

    Lucile Venet, professeure de SVT en lycée

    Nicolas Juan, habitant de Salin-de-Giraud, ancien élu

  • La France insoumise présentera une liste à Port-Saint-Louis-du-Rhône

    La France insoumise présentera une liste à Port-Saint-Louis-du-Rhône

    Pas d’union à gauche à Port-Saint-Louis-du-Rhône. LFI a annoncé, lors d’une réunion publique organisée lundi, en présence du député et candidat à la mairie de Marseille Sébastien Delogu, qu’elle présenterait sa propre liste.

    « On a eu des discussions avec le PCF pour l’éventualité d’une union, mais les conditions n’étaient pas réunies, donc on a pris acte, explique le chef de file local, William Silvestre Da Silva. On veut quand même faire porter notre voix qui est différente de celle du PCF, qui a un ancrage très fort à Port-Saint-Louis avec ses atouts et ses inconvénients, et de celle de Martial Alvarez (DVD). »

    Parmi les priorités de LFI : l’accès à la santé. Bien que le maire-candidat ait confié une mission extra-municipale au centre communal d’action sociale intégrant les professionnels pour lutter contre la désertification médicale, William Silvestre Da Silva estime que cela ne suffit pas : « On voudrait prendre contact avec les acteurs de la santé et les communes avoisinantes pour éviter la concurrence et mettre en place une coopération avec des permanences. Cette situation est assez liée aux transports : Port-Saint-Louis est enclavée, assez mal desservie et on perd des horaires de bus pour aller vers Istres. Il faudra qu’on se batte contre ça. » Une large partie du programme sera dédiée aux jeunes avec des dispositifs pour leur « redonner la parole ».

    Les têtes de liste n’ont pas encore été dévoilées, mais William Silvestre Da Silva et Martine Charrier, chefs de file du parti, sont pressentis.

  • Les sept propositions de Nicolas Koukas pour le centre-ville d’Arles

    Les sept propositions de Nicolas Koukas pour le centre-ville d’Arles

    Le local de campagne de la rue de la République n’est pas encore inauguré que Nicolas Koukas, tête de liste (PCF) de l’Union pour Arles aux élections municipales de mars 2026 était en conférence de presse vendredi matin au sujet du centre-ville et des commerces. Le candidat a fait état de sept propositions « amendables et travaillées avec les commerçants » avec ses partenaires de gauche et de l’Appel d’Arles.

     L’incitation fiscale sur les loyers

    « C’est possible de faire mieux » en matière de lutte contre la vacance des locaux commerciaux, selon le candidat, prenant en exemple « Nîmes et Salon qui ont une vacance inférieure ». Nicolas Koukas propose une « réduction voire une exonération » temporaire de la taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) au travers d’une « convention-contrat entre les commerces bénéficiaires et la Ville ». « Je suis allé à Chambéry récemment, et ça marche bien », assure le candidat.

     Une coopérative foncière municipale

    Autre outil proposé pour résorber le problème des locaux commerciaux vides, la création d’une Société coopérative d’intérêt collectif (Scic) dédiée au foncier commercial. « Nous échangeons avec la Chambre de commerce d’Arles (CCI) pour créer cet outil qui permettrait à la Ville de préempter des locaux dans les rues stratégiques, comme celle de l’Hôtel de Ville et de la République », détaille Nicolas Koukas. « Cette forme juridique permet des financements de la Ville et de l’Agglomération, mais aussi les acteurs économiques comme la CCI », complète-t-il.

     Mobilité et stationnement

    Nicolas Koukas veut instaurer « la gratuité des transports pour les Arlésiens, comme à Montpellier ». Pendant les 15 jours de la période des fêtes, l’Union pour Arles propose la gratuité du stationnement. « C’est demandé par les commerçants et ça permet de faire venir les visiteurs extérieurs », avance la tête de liste, indiquant également que « nous prêterons attention aux voitures-ventouses pour permettre une rotation quotidienne ».

     Tranquilité urbaine

    Le candidat veut « un centre-ville sûr et rassurant » et propose pour cela d’« allier la mise en place d’un service public de police municipale, avec des patrouilles visibles en soirée, doublé d’une brigade de la tranquillité urbaine en lien avec les habitants pour remonter leurs inquiétudes ». Julie Bonato, militante féministe, souhaite également mettre en place « l’arrêt des bus à la demande pour les femmes pour les rapprocher de chez elles » et veut améliorer l’« éclairage, pas toujours suffisant ».

     Propreté

    « Nous voulons des interventions rapides d’une brigade anti-grafiti sous 48h », indique Nicolas Koukas, « avec une lutte renforcée sur les façades et vitrines commerciales ».

     Animation

    Le candidat souhaite « co-construire l’animation du centre-ville avec les commerçants » et propose un rendez-vous nocturne mensuel, pointant par exemple l’insuffisance « de l’animation avec juste des chalets » pendant les 15 jours de fêtes de fin d’année.

     Gouvernance partagée

    « On ne peut plus décider d’en haut » tance Nicolas Koukas, qui souhaite développer « un service municipal de dynamisation pour accompagner les commerçants au niveau administratif » et animer « un conseil permanent des commerçants réuni chaque mois avec le maire, les agents et des représentants des habitants ». « L’idée est de faire participer les Arlésiens au travers de sondages et de rendez-vous pour savoir ce qu’ils veulent au centre-ville » abonde Baptiste Guerri, entrepreneur, dans l’esprit de la « démocratie participative et contributive » comme résume François Leclerc (NPA).

    Le prochain rendez-vous sera l’inauguration du local de campagne du 26 rue de la République, samedi 17 janvier à 11h.

  • Pour sa 33e édition, la Voie est libre fait place nette sur la Corniche

    Pour sa 33e édition, la Voie est libre fait place nette sur la Corniche

    Lancé pour la première fois en mai 2021, le rendez-vous s’est imposé au fil des mois et des années comme un incontournable qui aura marqué le premier mandat du Printemps marseillais. Des quatre coins de la ville, huit fois par an, entre 25 000 et 40 000 Marseillais se pressent le temps d’une journée au rendez-vous de la Voie est libre.

    Ce dimanche, la Corniche se vide une nouvelle fois de ses voitures et autres véhicules à moteur, et fait place nette pour accueillir sa 33e édition. La dernière de l’année 2025. La dernière sans doute avant les élections municipales de mars prochain. De 10h à 17h, ses trois kilomètres de bitume avec leur vue plongeante sur la grande bleue redeviennent un terrain de jeu pour piétons, cyclistes et familles, entre la plage des Catalans et la Marina olympique. À pied, à vélo, à trottinette, ou en rosalie triplettes, quadruplettes, tandems et duos, tous seront à la fête. Des voiturettes électriques faciliteront les déplacements des personnes à mobilité réduite.

    Plus de 200 000 promeneurs par an

    L’initiative qui voulait illustrer à sa création la volonté affichée de la municipalité de repenser ses mobilités et son rapport au littoral a trouvé son public. Un symbole fort pour la 2e ville de France, une commune où la voiture reste reine, une position renforcée par des transports en commun défaillants et des voies de circulation sous-équipées en pistes cyclables.

    Dans ce contexte, piétonniser la Corniche le temps d’une journée ne s’est finalement pas avéré si anodin. L’an dernier plus 230 000 personnes se sont promenées en toute liberté entre le Vallon des Auffes et David. Un engouement lié aussi au fait que la Voie est libre n’est pas qu’un simple laboratoire à ciel ouvert pour imaginer Marseille autrement, sans bruit ni pollution. C’est d’abord un rendez-vous festif.

    Entre randonnées patrimoniales, initiations sportives, concerts et spectacles en déambulation, le rendez-vous se veut animé et populaire. Ce dimanche les visiteurs pourront aussi découvrir la Fresque du climat et participer à des ateliers « Marseille 2030 », qui interrogeront l’avenir de la ville face aux défis environnementaux. Comme chaque fois, food-trucks et espaces ludiques ponctueront le parcours, tandis que des artistes comme les compagnies les Oiseaux perchés, Circula octopulse et Bayou l’animeront.