Tag: mobilisation

  • [Entretien] Thierry Ganzerla : « On dénonce le mal-être du médico-social »

    [Entretien] Thierry Ganzerla : « On dénonce le mal-être du médico-social »

    La Marseillaise : Pourquoi appelez-vous à la grève aujourd’hui ?

    Thierry Ganzerla : Nous rejoignons l’appel de l’intersyndicale à une mobilisation nationale des salariés du secteur social et médico-social ce mardi 10 mars. La grève est interprofessionnelle car le constat est le même partout : la dégradation de nos conditions de travail et de notre convention collective, celle des établissements et services pour personnes inadaptées et handicapées. Plus largement, nous dénonçons la baisse des budgets qui entraîne un sous-financement chronique et engendre de la souffrance.

    Quelles difficultés rencontrent les salariés de votre association ?

    T.G. : L’Unapei Alpes Provence emploie 1 500 salariés, sur trois départements, et gère près de 60 établissements pour accueillir et accompagner des enfants et des adultes en situation de handicap. Depuis 2023, nous constatons un gel des salaires qui stagnent autour du Smic. Les salariés sont épuisés par le manque de moyens. Il y a un gros turn-over et les postes ne sont souvent pas remplacés. Résultat, on dépend en grande partie d’intérimaires, et ce sont les titulaires qui en paient le prix, avec un mal-être croissant. Il y a aussi des disparités entre salariés : l’Unapei refuse par exemple de verser la prime Laforcade aux apprentis.

    Ce n’est pas la première fois que vous vous mobilisez…

    T.G. : Oui, depuis la fusion des associations qui a vu la naissance de l’Unapei en 2019, le dialogue social est compliqué. Les représentants du personnel subissent des pressions. C’est devenu difficile de continuer à exercer notre mandat.

    Quelles revendications portez-vous devant votre direction ?

    T.G. : Nous demandons d’abord à être entendus et que la délégation syndicale soit reçue par la direction générale au plus vite. Nous voulons des réponses concrètes face au mal-être des équipes : des revalorisations salariales cohérentes avec l’ancienneté et l’expérience, un accès plus facile à la formation, la reconnaissance de la pénibilité de notre travail. Les conditions doivent s’améliorer pour fidéliser les salariés et stopper l’hémorragie. Pour que les salariés du médico-social soient bien-traitants, il faut qu’ils soient bien traités.

  • Rassemblement pour défendre la semaine de 4 jours à Avignon

    Rassemblement pour défendre la semaine de 4 jours à Avignon

    C’est dans cet esprit que le comité 4 jours a organisé, samedi matin, un rassemblement pour réclamer le retour de la semaine à 4 jours à l’école. « Parce qu’il ne revient pas aux élus politiques locaux de fixer la semaine scolaire à leur guise, ni de faire subir aux personnels des règles locales », souligne aussi le syndicat FO éducation qui milite pour cette mesure.

  • Liquidation d’Alinéa : quel avenir pour les 39 salariés de Pérols ?

    Liquidation d’Alinéa : quel avenir pour les 39 salariés de Pérols ?

    C’est le dernier rebondissement dans la saga finale d’Alinéa : le groupe roumain SDC Holding est de nouveau candidat à la reprise, après avoir pourtant retiré sa première offre à la mi-février. Un dossier a été déposé en dernière minute au tribunal le lundi 2 mars, proposant de reprendre le site, plusieurs magasins, et au moins la moitié des 1 200 employés.

    Pour mieux comprendre pourquoi cette nouvelle ne constitue pas un vrai soulagement pour les 39 salariés du magasin Alinéa de Pérols, il faut remonter quelques épisodes en arrière. Créée à Avignon en 1988, l’enseigne d’ameublement est en difficulté financière depuis une quinzaine d’années déjà. En 2020, elle avait cependant en partie été « sauvée » par la famille Mulliez, septième fortune de France qui détient, entre autres, Auchan et Décathlon. L’Association de la famille Mulliez avait alors racheté dix points de vente, dont l’antenne du centre commercial Plein Sud, à Pérols. Ce n’était là qu’un soulagement temporaire : en octobre 2025, les salariés du magasin de Pérols ont été informés que l’enseigne était placée en redressement judiciaire, après avoir perdu 47 millions d’euros l’année précédente. L’enseigne Grand Frais et le groupe roumain SDC Holding s’étaient alors portés candidats à la reprise, avant de retirer leur offre chacun leur tour. Et de la proposer de nouveau donc, en dernière minute, pour le second…

    Lionel Rigal est conseiller de vente à l’Alinéa de Pérols depuis 25 ans. Il affirme : « Il n’y a plus d’espoir depuis que SDC s’est retiré la première fois. Nous nous sommes faits à l’idée de devoir chercher du boulot ailleurs. » De fait, tout le monde s’était déjà préparé à la fermeture définitive du magasin, qui a déjà entamé un immense déstockage. De plus, le dossier du potentiel repreneur aurait reçu un avis défavorable de la part de la direction : « Le juge donnera sa décision dans dix jours, poursuit le salarié. Mais il y a très peu de chances que cela aboutisse. »

    Des salariés déboussolés

    « C’est un véritable ascenseur émotionnel », se désole Lionel Rigal. Samedi 14 février dernier, il était aux côtés de ses collègues pour manifester devant l’enseigne et demander des indemnités de départ supérieures au minimum légal. Depuis, les négociations entre le principal syndicat Sega et la direction des administrateurs ont repris. Selon Aurélie Tavernier, du syndicat Force Ouvrière 34, à date du jeudi 5 février, la dernière proposition des syndicats était une enveloppe de 10,7 millions d’euros. L’avenir de cette proposition est cependant lui aussi suspendu à la décision du tribunal d’accepter ou non l’offre de SDC Holding.

    La possible liquidation de l’enseigne représente une forme de traumatisme pour les salariés du magasin de Pérols : « Nous, le personnel, nous sommes très attachés à cette boîte, poursuit Lionel Rigal. On aimait nos produits, on en était fiers. Nous étions comme une famille. » Plusieurs facteurs expliquent ce naufrage selon lui : les mauvaises stratégies commerciales, mais aussi le contexte du secteur de l’ameublement qui se dégrade en raison de la concurrence et des changements d’habitudes de consommation des acheteurs. En attendant la fermeture définitive, prévue initialement pour la fin du mois de mars, les salariés s’étaient déjà préparés à se retrouver sur le carreau : « Ce n’est pas facile, on est tous un peu déboussolés, conclut Lionel Rigal. Les clients n’arrêtent pas de nous demander ce qu’on va devenir. Mais on ne le sait pas nous-mêmes. »

  • Les salariés d’Oxance veulent le maintien de l’offre de soins

    Les salariés d’Oxance veulent le maintien de l’offre de soins

    On voulait interpeller politiquement l’Agence de régionale de santé, qui est garante de la santé sur la région. » Devant le siège de l’ARS à Marseille, les personnels d’Oxance, groupement mutualiste et ses plus de 1 400 salariés répartis sur 125 structures, dans le Sud et l’Est de la France, dont une partie issue de l’ex-Grand conseil de la mutualité, haussent le ton.

    En procédure de sauvegarde, les syndicats s’inquiètent de l’avenir de leurs centres de santé et autres structures de soins. « Il y a plein de scénarios : ventes de structures, concentration de l’offre, arrêt de filières… On est dans le flou et on ne sait pas où l’on va », explique Pauline Jean, pour la CGT Oxance. D’où l’interpellation à l’adresse de l’ARS, qui les a reçus. « Les représentants de l’ARS ont rappelé qu’ils étaient attachés à l’offre de soins d’Oxance. Ils avaient l’air à l’écoute mais il faudra voir les actes. Sur Marseille, ils ont quand même dit qu’une transformation de l’offre était possible… », développe Pauline Jean.

    Alerte pour les usagers

    Avant de marteler : « On a rappelé la nécessité de maintenir une offre de soins à but non lucratif. » Car c’est là tout l’enjeu de la bataille des salariés : continuer à faire vivre un modèle où la santé des patients prime avant les bénéfices.

    « On rend service à la population, on n’a pas d’actionnaire, les autres font du business sur la santé, donc on a les reins moins solides », explique Stéphane, salarié du centre de santé de Bonnefon, dans le 2e arrondissement de Marseille. On comprend mieux pourquoi l’intersyndicale d’Oxance (CGT, FO, CFE-CGC) pointe « le sous-financement chronique des établissements mutualistes par l’Assurance maladie et les pouvoirs publics ». Une situation avec un impact potentiel sur les usagers. « On s’inquiète pour l’accueil du public du centre de Bonnefon qui reçoit des patients sans avance de frais. Vu la précarité d’une grande partie du 3e arrondissement, mais aussi du 2e, ils seront en rupture de soins parce qu’ils ne pourront pas faire d’avance », déplore Henry Ansaldi, pour le bureau de l’Union locale CGT Joliette, venu soutenir la mobilisation. En clair, son maintien est « un enjeu de santé publique pour la population ».

    Reste que les salariés ont plusieurs dates importantes pour y voir plus clair sur l’avenir du groupe. Dont une « audience intermédiaire au tribunal de commerce de Lyon, le 11 mars pour un inventaire des créances ». Et surtout un Comité social et économique, le 26 mars, durant lequel seront « présentées des mesures pour un plan de redressement ». Contactée, la direction d’Oxance se veut rassurante : « La procédure de sauvegarde engagée devant le tribunal vise à préserver les emplois et à assurer la continuité des soins pendant la période d’observation. » Si elle explique que rien n’est arrêté concernant les mesures à venir, elle « demeure pleinement mobilisée pour défendre la pérennité du modèle mutualiste et maintenir l’accès aux soins dans les territoires où elle est implantée si toutes les conditions sont réunies ». « En fonction de ce qui sera présenté, on déclinera une stratégie syndicale et des actions », conclut Marianne Dupont, déléguée syndicale FO.

  • La RTM joue l’apaisement sur les fresques du métro

    La RTM joue l’apaisement sur les fresques du métro

    La tribune publiée en novembre dernier dans La Marseillaise par l’Université Hors les Murs de Marseillologie (UHLMM) appelant à la sauvegarde des décors historiques du métro, suivie d’une pétition en ligne de près de 900 signataires, a suscité une rencontre d’artistes avec des cadres de la RTM et de la Métropole et débouché sur un accord.

    La rénovation sans concertation des stations de métro en cours s’est accompagnée de la dépose d’œuvres conçues entre 1977 et 1986 par des équipes associant architectes et artistes pour décorer les stations du métro de Marseille. La RTM n’avait pas pris soin de contacter les auteurs qui conservent les droits moraux sur leurs œuvres et l’intégrité de celles-ci.

    C’est à l’occasion des visites patrimoniales des Marseillogues dans le métro que ces artistes ont appris fortuitement le retrait de leurs créations. L’artiste John Pendray a découvert que ses œuvres émaillées représentant un TGV et une locomotive avaient disparu de la station Saint-Charles. La RTM lui a écrit pour lui apprendre qu’elles avaient été remises à l’association des Amis du rail et du Tramway de Marseille pour être mise à disposition du « musée provençal des transports » à Fuveau. Quant à son œuvre dans la station Rond-Point du Prado, la RTM se proposait de voir avec lui les solutions envisageables après études. La RTM l’a rassuré sur ses décors et fresques réalisés sur les voies de Noailles et dans le tunnel du tramway qui n’ont pas vocation à être déposés.

    Quant aux œuvres des stations Joliette et Castellane, deux auteurs ont mis en demeure la RTM par voie d’avocat. La régie métropolitaine a alors initié une rencontre en février. Il leur a été dit que l’absence de présentation du projet ne devait pas être interprétée comme du mépris de leurs œuvres, qu’au contraire, celles-ci avaient été conservées en parfait état avec vérification régulière par les équipes RTM. Pour la station Castellane remaniée pour le nouveau métro Neomma, la RTM a accepté la demande de l’architecte Roland Carta que son œuvre graphique sur la thématique des platanes soit repositionnée plus tard dans la station. Pour la station Joliette, Les Ports, l’œuvre d’Albert Jaubert qui évoque le passé ouvrier et portuaire de la cité, ne pourra être replacée pour des contraintes techniques, la RTM lui a assuré que celle-ci serait reprise dans le cadre du projet Imertium et exposée dans la Halle J1.

    « C’est une bonne nouvelle, comme quoi la mobilisation paye », se réjouit Sandro Piscopo de l’UHLMM, qui reste critique sur « une rénovation sans concertation citoyenne qui cède bien trop la place à des revêtements uniformes, aseptisés, sans âme ».

  • À Marseille, le livre blanc des CIQ aux candidats

    À Marseille, le livre blanc des CIQ aux candidats

    Un rôle « politique, au sens premier du terme » qu’ils comptent bien jouer lors des municipales. La fédération des comités d’intérêt de quartiers (CIQ) a remis aux candidats son livre blanc. Organisé en neuf items, il reprend les propositions de ces 168 associations, à Marseille, qui s’estiment plus que jamais représentatives des habitants.

    « Nous sommes une force de par notre maillage qui n’existe nulle part ailleurs », estime Philippe Yzombard, président de la fédération. Contrairement aux idées reçues, les CIQ sont loin d’être un « truc de vieux », assure-t-on à la fédération avec des néo-Marseillais qui s’investissent, même si face « à l’individualisme croissant, on souffre d’un manque de mobilisation », comme le monde associatif en général, constate Philippe Yzombard.

    Au premier rang des inquiétudes et des demandes d’action, on retrouve la « tranquillité publique. » « Des choses ont été faites, mais le travail reste immense » estime-t-il, pointant notamment les problèmes de prostitution et de drogue dans l’hyper-centre, qui irriguent les autres quartiers. Le livre blanc propose d’intensifier la politique de prévention et le soutien sanitaire et social aux toxicomanes, il revient aussi sur l’implantation d’une halte soins addictions (HSA), qu’il « faut probablement face au problème, mais dans la concertation », analyse Philippe Yzombard.

    Deuxième priorité : les déplacements. Vélos, piétons, voitures, transports en commun… Il faut « arrêter d’opposer les gens », considère Philippe Yzombard et « partager l’espace public », ajoute Geneviève Canicave, secrétaire générale de la fédération.

    Pas de parti pris

    Et celle-ci de s’indigner de l’arrêt de la desserte des bus à 21h. Propreté, commerces, urbanisme, équipement, environnement et patrimoine sont des thématiques également abordées. « On n’attend pas de retour ou de signature, ajoute Philippe Yzombard. On leur offre cette réflexion, à eux de voir comment ils répondent, nous ne sommes d’aucun parti pris ». Reste que certains ont décidé de franchir la ligne rouge. Comme Frédéric Pinatel, ex-président du CIQ de Château-Gombert, qui a rejoint le Printemps marseillais sur la liste du 7e secteur, Claude Goulon ex-présidente de celui du Cabot (9e), candidate sur la liste de l’extrême droite, ou Christine La Rocca, présidente de celui de Bonneveine (8e) qui se présente sur la liste de Martine Vassal (DVD). « Cela se comprend, cela s’entend, mais ils démissionnent ou se mettent en retrait quand ils font acte de candidature », commente Philippe Yzombard. « Et nous avons demandé aux candidats de ne pas mentionner, sur les professions de foi, qu’ils ont été présidents de CIQ, nous sommes apolitiques », ajoute Geneviève Canicave.

  • Didier Jau accélère sur le portail des Chutes-Lavie

    Didier Jau accélère sur le portail des Chutes-Lavie

    « Ce portail sera rouvert parce que c’est juste ! ». Devant le portail de la copropriété de la Cité-jardin, rue de la Pépinière dans le 4e arrondissement de Marseille, le maire de secteur sortant, Didier Jau (EELV) hausse le ton. « Ce portail soulève la question de quelle ville voulons-nous ? Une ville qui dresse des barrières entre ses habitants ou ville qui relie ? », dénonce-t-il, alors que le contentieux autour de ce portail qui coupe le quartier en deux s’enlise en conflit judiciaire.

    Pour rappel, depuis plusieurs semaines, un collectif de riverains, représenté par Nathalie Prost, s’oppose aux copropriétaires de ladite cité à l’origine de son installation. Un collectif dont l’action est soutenue par la mairie de secteur qui entreprend des études avec ses services juridiques « obtenir l’ouverture de l’accès ». « Dans le mandat, plus de 80 000 euros ont été investis dans le jardin derrière nous. Un jardin public ! Il ne peut pas être réservé à une poignée d’habitants », martèle Didier Jau.

    Il annonce au passage, qu’en cas de réélection lors du scrutin des municipales puisqu’il brigue sa succession au nom du Printemps Marseillais sur le secteur, que « le centre sportif et de loisirs des Chutes-Lavie sera entièrement rénové, modernisé. Il sera solarisé pour réduire son impact énergétique, il va accueillir un terrain de basket 3 contre 3, on va doubler les places en centre aéré. Il sera un espace libre et accessible ». Autre annonce de taille, Nathalie Prost a officialisé sa présence, à la 4e position, sur la liste de Didier Jau. « Je m’exprime en mon nom, plus au nom du collectif. J’ai vu deux façons d’agir pendant ce combat : certains utilisaient leur pouvoir pour contourner les règles, d’autres s’appuyaient sur le droit pour les faire respecter. J’ai choisi la seconde voie », a-t-elle lancé.

  • À Montpellier, le seul centre de santé de Figuerolles menacé

    À Montpellier, le seul centre de santé de Figuerolles menacé

    Une présence vive et chaleureuse qui dit beaucoup sur ce que représente Human Santé pour ceux qui le connaissent. Installé à Figuerolles, quartier populaire du centre-ville sans aucun médecin libéral, le centre suit 1 350 patients. Hanadi et son fils Amro en font partie depuis 2020, orientés à l’époque par une assistante sociale. « Nous sommes restés pour les salariés, les médecins, l’ambiance, la bienveillance », dit-elle. Son fils parle de leur médecin Camille comme de « quelqu’un de la famille ». Le centre propose des soins primaires en tiers payant intégral, de la médiation en santé, un accompagnement social et des ateliers de prévention. C’est une offre globale, rare dans ce type de quartier. « Tout fonctionne en autogestion au sein d’une association loi 1901, où trois patients siègent au bureau aux côtés des neuf salariés. Les décisions se prennent en réseau, avec les professionnels et les patients », résume Helena Solé, présidente de l’association et patiente, qui parle d’une « médecine holistique » intégrant santé physique, mentale et situation sociale.

    Ce modèle est menacé. Fin janvier, le gouvernement a supprimé l’enveloppe nationale dédiée au dispositif SECPa, qui finance les structures de santé coordonnée et participative. C’est 14 millions d’euros au niveau national. Pour Human Santé, la coupe est sèche : « Le SECPa représente 51 % de notre chiffre d’affaires. Sans ce dispositif, l’équilibre est impossible », alerte Helena Solé. Le ministère évoque une intégration au nouveau label « France Santé », que la présidente juge bien trop floue. « Tous les centres sont aujourd’hui à l’équilibre financier, alors on se demande pourquoi on les ferme », s’interroge-t-elle. Face à la mobilisation depuis janvier, un sursis a été arraché jusqu’en octobre 2026 mais sans garantie sur la suite.

    « La santé, c’est un droit pas un luxe »

    Pour Amro, dont le petit frère est autiste, la coordination entre soignants est essentielle. « On n’arrive pas à imaginer qu’on va devoir partir », confie-t-il. Sa mère tranche pour elle « Le tiers payant intégral, ce n’est pas la question principale. Ce qui compte, c’est le traitement médical et humain. » Une habitante du quartier résume : « Je trouve ça inadmissible qu’on lésine sur la santé. C’est un droit premier, pas un luxe. »

  • Fibre Excellence : des discussions mais toujours pas d’avancées

    Fibre Excellence : des discussions mais toujours pas d’avancées

    Notre usine s’arrête ce lundi 2 mars jusqu’au 15, on n’a plus de bois ! On ferme car il faut refaire le stock. » Au lendemain d’une réunion à Bercy, Laurent Quinto, travailleur de l’usine de pâte à papier de Tarascon et représentant de la Filpac-CGT, tire à nouveau la sonnette d’alarme pour l’avenir de Fibre Excellence. Malgré une réunion à Bercy, au ministère de l’économie, sous la houlette du Ciri (comité interministériel de la restructuration industrielle), ce jeudi, la situation n’est toujours pas apaisée pour la filière papetière française. Et surtout, elle n’avance pas officiellement après la proposition d’une aide à hauteur de 150 millions d’euros par le ministre délégué à l’industrie, Sébastien Martin, qui date de la semaine dernière. « Les ministères sont désormais dans l’attente d’un retour de l’actionnaire afin de poursuivre le travail sur le dossier Fibre Excellence », relate l’intersyndicale (CGT, FO, CFDT), dans un communiqué de presse. Rappelons que l’aide gouvernementale se ferait en deux parties, entre étalement de dettes, intégration aux quotas carbone et garanties de prêts… Mais sous condition que l’actionnaire principal de Fibre Excellence, Domtar (ex-Paper Excellence), mette la main à la pâte et apporte « des fonds ».

    Contactée ce vendredi, l’entreprise confirme l’arrêt temporaire du site tarasconnais pour réapprovisionnement en bois. Du reste, elle temporise et explique que des discussions sont toujours en cours suite à la proposition du ministre délégué à l’industrie. Pour rappel suite à l’annonce ministérielle, elle évoquait « un premier pas » mais rappelait surtout que le nœud du problème était celui « du tarif de rachat de l’électricité ».

    Ça coince toujours

    sur le tarif de l’électricité

    Ce sujet du coût de l’électricité a également été abordé lors de la réunion avec le Ciri. « On a encore demandé une revalorisation du tarif de revente de l’électricité pour toute la filière. On ne lâchera pas cette piste », martèle Laurent Quinto. En effet, l’intersyndicale juge depuis le début du conflit qu’une hausse du prix de vente du mégawattheure (MWh) produit sur sites permettrait « la pérennité » de l’entreprise. Problème : « Au regard du rapport de la Cour des comptes sur les centrales à charbon [lire article ci-dessous, Ndlr.], le ministère ne veut pas prendre le risque de refaire pareil », relate Laurent Quinto. L’intersyndicale développe : « L’État a réaffirmé qu’il ne reviendrait pas sur le tarif du MWh. Il a indiqué qu’une éventuelle évolution devrait nécessairement passer par la voie législative. »

    Et qui dit voie législative dit potentiellement une attente jusqu’au prochain budget pour 2027… Un timing intenable au regard de la situation financière des sites selon les salariés, l’entreprise étant menacée de mise en redressement judiciaire à la mi-mars. Reste que « les représentants de l’État ont assuré que les négociations ne sont pas terminées et qu’il existe d’autres solutions que la seule revalorisation du MWh ». Rien de définitif donc mais rien de concret non plus. Preuve en est avec un autre sujet central pour l’avenir de la filière : « les discussions relatives à l’approvisionnement en bois n’avancent guère », selon l’intersyndicale. Laquelle est bien décidée à poursuivre la pression, puisqu’elle propose « l’organisation d’une réunion à Bercy rassemblant le ministère de l’industrie, Énergie, de l’Agriculture, EDF, organisations syndicales, Véolia ainsi que l’ONF… ». De quoi faire écho au travail du sénateur communiste Jérémy Bacchi en vue d’une table ronde en préfecture des Bouches-du-Rhône avec les acteurs concernés.

    En attendant, une mobilisation des salariés est « possible » à la date du 6 mars prochain à Toulouse « avec l’appui de la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga ».

  • Des citoyens appellent à l’union à gauche à Marseille

    Des citoyens appellent à l’union à gauche à Marseille

    Des similitudes dans les programmes qui donnent de l’espoir pour une union à gauche… Pour le groupe citoyen « Faisons Front Commun », créée en juin et qui rassemble notamment les associations des Hirondelles, des amis du programme du Printemps marseillais, Réinventer la gauche, les collectifs du Nouveau front populaire, ou encore la Réserve citoyenne, rien n’est perdu.

    « La seule alternative politique de lutte contre l’extrême droite, c’est une gauche unie dans sa totalité, dans le respect de ses composantes, sur la base d’un projet résolument de gauche, construit avec le monde associatif, syndical et avec l’expertise du monde universitaire », pose Alexandre Jurado, membre du conseil d’administration de Faisons front commun.

    Une convergence « nette »

    Après un comparatif minutieux entre les propositions insoumises et du Printemps marseillais, de l’école aux questions sanitaires et sociales en passant par le logement, les transports ou la culture, « la convergence est nette », assène un autre adhérent, José Rose, sans nier des « divergences, mais qui ne sont pas rédhibitoires ».

    Avec une grande mobilisation, ce dimanche 1er mars à 11h sur le Vieux-Port, « ce que nous voulons faire, c’est préparer la discussion du second tour », explique Hélène Goldet, membre du CA. Si, au soir du premier, il s’agira forcément de négociations d’appareil, estime-t-elle, « nous devons avoir ce débat avant ». Pour elle, Marseille est majoritairement de gauche et ces municipales auraient pu être le moment de l’emporter dès le 1er tour, mais cette occasion ratée ne doit pas empêcher d’être « responsable » au second.

    Au sein de l’association, le résultat des sondages avec un RN potentiellement en tête, en cas de quadrangulaire, inquiète. « Il s’agit de redonner de l’espoir quand une partie de l’électorat en a marre de la guerre des gauches et de cette campagne de bas niveau », ajoute Pauline Delage (Ensemble !), adjointe à la maire d’arrondissement des 6-8.