Tag: militants

  • La caravane LFI en campagne à Marseille

    La caravane LFI en campagne à Marseille

    « Réveillez-vous, sinon, rien ne va bouger ! » Depuis son adhésion récente à La France insoumise, Daouiya encourage ses voisins à voter. Ce vendredi, cette habitante de la cité Jean-Jaurès a participé à l’unique étape marseillaise de la caravane populaire.

    Comme chaque été depuis 2016, l’opération sillonne la France. « L’objectif est de faire du porte-à-porte pour inciter les gens à s’inscrire sur les listes électorales et présenter le programme pour la présidentielle 2027 », résume Juliette, l’une des caravanières.

    Lutter contre l’abstention

    En 2022, selon l’Insee, plus de 10 millions de Français étaient mal ou non inscrits. Pour Manuel Bompard, député LFI de Marseille et coordinateur du mouvement, « une démocratie où 20 % des citoyens ne peuvent pas voter, c’est une démocratie qui ne marche pas ».

    Les militants sont allés frapper aux portes des immeubles, formulaires d’inscription en mains. « Vérifiez que toute la famille soit inscrite, c’est important ! », lance Manuel Bompard à un habitant. Plus loin, une habitante explique être toujours inscrite à Félix-Pyat, où elle vivait auparavant : un exemple de « mal-inscription » que les militants cherchent à éviter.

    Pour Philippe, militant des 13e et 14e arrondissements, le choix de Jean-Jaurès ne doit rien au hasard. « La clé pour 2027, ici comme ailleurs, c’est la mobilisation des quartiers populaires, assure-t-il. C’est ici que l’abstention est la plus forte. » Une conviction partagée par Krissi, membre du collectif des habitants du quartier : « J’encourage les jeunes à aller voter parce que, sans eux, rien ne pourra bouger ».

  • Olivier Faure et les socialistes portent la culture en étendard à Avignon

    Olivier Faure et les socialistes portent la culture en étendard à Avignon

    Avignon, pendant le Festival, est devenue une étape presque incontournable pour le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, qui s’y est rendu les mardi 21 et mercredi 22 juillet. L’occasion de faire un point et de répéter que « dans une année d’élection présidentielle, le débat sur la culture doit être central ».

    « Il n’y a guère d’attractivité sans le secteur culturel. Ce n’est pas un sujet de seconde zone », appuie-t-il devant une vingtaine de militants dans les locaux du PS de Vaucluse, à Avignon. La veille, il s’était exprimé au Village du Off dans le cadre d’échanges organisés avec les différents prétendants à la présidence, alors même qu’il n’a pas encore officiellement annoncé sa participation à la primaire prévue en octobre prochain. Avant lui, Jean-Luc Mélenchon et Marine Tondelier s’étaient livrés au même exercice.

    Il a ainsi énuméré plusieurs mesures adoptées par les militants du parti ces derniers mois. Parmi elles figure le relèvement du budget de la culture à 2% du budget de l’État. « On aimerait que le gouvernement saisisse la difficulté qu’ont les compagnies. Et qui sont aussi la conséquence des baisses qu’il a décidées. Ce n’est pas simplement une surenchère », poursuit-il. Mais aussi une « loi antitrust » contre la concentration des médias. « Quelques milliardaires détiennent l’ensemble de la presse et même les canaux de distribution », rappelle Olivier Faure. Mais aussi une loi pour limiter l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) tout en finançant les artistes utilisés pour « entraîner » ces logiciels. « Un projet co-construit et qui sera porté par celui que l’on aura élu, quel que soit le candidat. Même si j’ai ma préférence », glisse avec un sourire Emma Rafowicz, députée européenne (groupe Alliance progressiste des socialistes et démocrates) et vice-présidente de la commission Culture du Parlement européen.

    Menaces politiques

    S’il n’a, en premier lieu, pas voulu parler de l’extrême droite et du RN« pour ne pas dire que l’on se positionne par rapport à eux », la discussion a finalement largement porté sur les dangers que représente ce parti. « Ils ont une profonde détestation du monde culturel. Le modèle du RN est calqué sur les autocraties », lâche Olivier Faure en écho à l’annulation d’un spectacle sur les migrants à Castres ou d’un festival de jazz dans le Gard. « Que serait Avignon sans son Festival ? Une cité-musée repliée sur sa Cité des Papes, mais qui n’aurait pas l’attractivité qu’elle a maintenant. Derrière Paris, Avignon ne doit pas être très loin », insiste celui qui est député de Seine-et-Marne.

    À ses côtés, David Fournier, ex-candidat aux dernières élections municipales à Avignon et conseiller d’opposition (PS), regrette les baisses de subventions aux associations culturelles décidées par la municipalité d’Olivier Galzi (DVD). « La différence entre une politique de gauche et de droite », conclut-il.

  • Les soutiens d’El Mahdi Lyoubi appellent à sa libération

    Les soutiens d’El Mahdi Lyoubi appellent à sa libération

    Dès 19h50 mardi, une foule s’agglutine autour d’une table sur le Vieux-Port. L’étal présente toute une collection de tee-shirts tous floqués du même slogan : « Free Koulchi, Free El Mahdi ». Autour, les militants s’affairent, peignent des affiches, distribuent des pancartes, diffusent des tracts. À quelques mètres, une grande enceinte diffuse Chavez, l’un des titres de Mehdi Black Wind, de son vrai nom El Mahdi Lyoubi, artiste marocain incarcéré, depuis plus d’une semaine, dans la prison d’Oukacha, à Casablanca. C’est pour réclamer sa libération et à l’appel du Comité de soutien Free El Mahdi que plus d’une centaine de personnes, selon la préfecture, se sont rassemblées au pied de la Canebière.

    Installé à Marseille depuis plusieurs années, le rappeur et cinéaste a été arrêté par les autorités marocaines le 13 juillet, à l’occasion d’une visite dans son pays natal. À la veille de sa première audience, prévue ce mercredi à 10h30 à Casablanca, ses soutiens ont jugé indispensable de rappeler leur solidarité totale avec l’artiste, qu’ils estiment incarcéré en raison de ses prises de position en faveur du mouvement de contestation Gen Z 212 (en référence à l’indicatif téléphonique du Maroc + 212), né fin septembre. Dans la rue, les jeunes marocains s’étaient mobilisés en masse pour dénoncer la situation politique et économique du pays avant d’affronter une sévère répression.

    « Liberté, dignité, justice sociale », ont scandé, mardi, les manifestants en arabe, en hommage à ce slogan repris lors des mobilisations de la Gen Z. « Aujourd’hui, Mehdi est visé par la répression du pouvoir marocain parce qu’il fait un portrait réaliste des injustices qui l’entourent, (…) parce qu’il défend sa liberté d’expression et celle des autres, parce qu’il a soutenu tous les mouvements pour la justice au Maroc et en dernière date, le mouvement Gen Z 212 », s’est émue la représentante du comité de soutien. El Mahdi Lyoubi est le quatrième rappeur soutien du mouvement populaire à être arrêté par le pouvoir marocain, après Souhaib Qabli, Jawad Asradi et Hamza Raid.

    Dénoncée dans une tribune publiée aujourd’hui sur le site de Libération, la situation d’El Mahdi Lyoubi alerte aussi la société civile internationale : Montréal, Berne, Genève, Douarnenez, Bruxelles et Paris ont déjà accueilli des rassemblements de soutien. Mercredi, à 10h30, heure théorique du début d’audience de l’artiste, une nouvelle mobilisation doit se tenir devant le tribunal Aïn Sebaa, à Casablanca.

  • Lutte pour la gestion du Couvent de la Belle de Mai

    Lutte pour la gestion du Couvent de la Belle de Mai

    Un havre de paix, poumon vert du quartier de la Belle de Mai (3e), sur lequel habitants et collectifs socioculturels locaux espèrent bien garder le contrôle. Le Couvent Levat, couvrant presque deux hectares de terres entretenues pendant plus de 150 ans par les Sœurs Victimes du Sacré-Cœur de Jésus, est depuis 2017 la propriété de la Ville de Marseille. Sa gestion, d’abord confiée exclusivement à l’association Juxtapoz, est aujourd’hui également assurée par l’association l’Hydre, responsable des jardins. Or, la convention liant la municipalité aux structures qui occupent les lieux doit prendre fin en décembre 2026. Inquiets face aux « incertitudes quant au devenir de ce lieu exceptionnel et essentiel pour le quartier », 18 organisations socioculturelles et collectifs ainsi qu’une centaine d’habitants de la Belle de Mai se sont organisés, dès janvier 2025, pour imaginer collectivement le futur des lieux. Ils créent, en décembre 2025, l’association Levat, porteuse du projet d’exploitation. Mais voilà qu’après plusieurs mois de concertations, diagnostics et discussions, la Ville annonce lancer prochainement un appel à manifestation d’intérêt (AMI) pour renouveler les modalités d’occupation. De quoi mettre en rogne les militants surmobilisés depuis plusieurs semaines. « Nous avons invité toutes les parties prenantes à se joindre à nos réunions : l’association Juxtapoz, les artistes résidents [dans le couvent, devenu une résidence d’artistes sous l’impulsion de Juxtapoz, Ndlr] mais aussi la mairie. Nous avons ensemble travaillé à l’écriture d’une proposition et ce travail a été encouragé par la municipalité, retrace Cécile Kohen, bénévole de Levat, présente lors d’un rassemblement festif organisé dans le jardin du site samedi. Et nous apprenons maintenant que, suivant une logique néolibérale, elle veut nous mettre en concurrence avec d’autres organisations pour confier la gestion de ce site. Ce n’est pas acceptable. »

    Impasse juridique ?

    De son côté, la Ville de Marseille, qui reconnaît avoir régulièrement échangé avec Levat, assure avoir fait expertiser la demande d’occupation de l’association de gré à gré, autrement dit sans mise en concurrence. Elle indique que ladite demande « n’a pas été retenue sur le plan juridique, la dominialité [caractère de ce qui appartient au domaine public, Ndlr] du jardin impliquant un AMI ». La municipalité annonce par ailleurs vouloir créer un jardin public sur le site du Levat, qui jouissait jusqu’alors du statut de propriété privée de la personne publique. Dans une lettre communiquée aux élus et en s’appuyant sur le Code général de la propriété des personnes publiques, l’association, qui compte dans ses rangs plusieurs juristes, défend que des dérogations pourraient s’appliquer à la mise en concurrence.

    « Nous avons une légitimité, en tant qu’habitants et acteurs associatifs locaux qui avons la connaissance et l’expérience du lieu, et qui avons travaillé à l’élaboration d’un projet adapté aux usagers, à hériter de cette gestion », clame Pamela Pantoja, militante de Levat.

  • Jo Seghi nous a quittés

    Jo Seghi nous a quittés

    C’est un grand acteur de la solidarité locale qui s’en est allé. Militant au Secours populaire pendant plus de 40 ans, association au sein de laquelle il a présidé l’antenne varoise durant 28 ans (1979-2007), et même occupé des fonctions au bureau national et au comité national, Giuseppe « Jo » Seghi s’est éteint samedi 4 juillet à l’âge de 84 ans.

    « Rendre espoir et dignité, c’est ce que Jo aura fait sa vie durant, à la croisée des chemins des personnes en difficulté qu’il a rencontrées », salue Olivier Masini, le président du Secours populaire du Var, qui rend hommage à un « homme d’engagement et de conviction, qui aura contribué à implanter durablement le Secours populaire dans notre département en portant les luttes contre toutes formes d’injustices et pour l’accès aux droits ». La Marseillaise se joint au Secours populaire pour adresser ses pensées affectueuses à Danielle sa femme, ses fils Olivier et Frédéric, et ses petits-enfants.

  • La ligne stratégique du PCF affinée au congrès de Lille

    La ligne stratégique du PCF affinée au congrès de Lille

    Début juillet, on ne saura pas encore officiellement si Fabien Roussel est candidat à l’élection présidentielle 2027. Mais il sera possible de deviner si cette option tient ou pas la corde.

    Du 3 au 5 juillet, le 40e congrès national du PCF, qui se tient à Lille, va préciser la ligne du parti sur sa place dans la recomposition d’une gauche fracturée et bien sûr sa préférence en vue de l’élection reine d’avril 2027. Si Fabien Roussel a déjà laissé entendre qu’il serait si nécessaire « disponible » pour la présidentielle, ce congrès ne vise pas à désigner directement un candidat communiste mais à élire, via les délégués, le nouveau conseil national du PCF et donc sa direction.

    Si l’on se fie au vote des adhérents des 6-7 juin, la direction actuelle garde une longueur d’avance. Même si le plébiscite est moindre qu’en 2023 (24 608 suffrages contre 29 212) c’est bien le texte d’orientation porté par Fabien Roussel qui est majoritaire avec 61,38% des voix. Cette ligne devance le texte des « communistes à l’offensive » (25,35%) soutenu par Pierre Laurent ou Stéphane Peu, celui de « la lutte des classes comme boussole, le socialisme comme programme » (7,6%) et enfin le courant le plus minoritaire, « Résister et construire, une nouvelle page du communisme » (5,67%).

    C’est donc le texte d’orientation proposé par le conseil national qui sertde base commune de discussion. Reste à savoir dans quelles proportions il sera amendé. Le PCF préparera-t-il sa candidature autonome comme le souhaite l’actuelle direction ou bien laissera-t-il entrouverte l’hypothèse d’une candidature commune à gauche ?

    Dans la foulée du congrès les délégués se réuniront en conférence nationale pour proposer une option qui sera tranchée par le vote des adhérent début septembre.

  • [Entretien] Clara Gimenez : « On a besoin de reconstruire un Parti communiste qui soit fort »

    [Entretien] Clara Gimenez : « On a besoin de reconstruire un Parti communiste qui soit fort »

    La Marseillaise : Pouvez-vous nous résumer votre parcours
    au PCF
     ?

    Clara Gimenez : J’ai adhéré au PCF à 14 ans en 2009 après un cours d’histoire sur Marx où j’ai découvert que des gens avaient une grille d’analyse de la société qui me correspondait assez. J’étais depuis un an chez les Jeunes communistes et j’ai adhéré à la cellule de Pignan. Vers 2013, j’ai intégré l’exécutif du conseil départemental aux côtés de Michel Passet. En 2014, j’ai été élue d’opposition à la mairie de Pignan puis j’ai déménagé à Montpellier et donc démissionné. Je suis membre du conseil national du PCF depuis 2018. Dimanche 21 juin, le débat a eu lieu et ma candidature a été retenue. Je suis élue dans la majorité de la Ville et de la Métropole de Montpellier depuis 2020.

    Certains militants attendent une gestion plus collective. Comment pensez-vous gérer la fédération ?

    C.G. : Je partage le besoin du travail collectif. On est toujours plus intelligents à plusieurs. Seul on va plus vite, mais collectivement on va plus loin. À 31 ans, j’ai encore beaucoup à apprendre de mes camarades. Je vais aller à la rencontre des sections et des cellules qui organisent des fêtes durant l’été et des responsables dans les mois à venir. On va travailler collectivement à la proposition d’un exécutif départemental à la mi-juillet, qui sera composé d’une petite dizaine de personnes. Le conseil départemental désignera les camarades qui en seront. L’idée c’est d’avoir une représentation la plus diverse possible et d’avoir des camarades qui aient des responsabilités, des missions, pas un groupe de bureaucrates. L’ambition c’est, en septembre, de pouvoir adopter une feuille de route départementale qui vienne décliner les décisions du congrès départemental.

    Qu’attendez-vous du congrès national et pourquoi soutenir la base commune du conseil national ?

    C.G. : J’attends de ce congrès qu’il permette de partir en ordre de marche pour la période qui s’ouvre, qui n’est pas seulement la présidentielle. Je souhaite un débat sur : qu’est-ce qu’un Parti communiste utile demain pour le monde du travail ? J’attends des débats sur les modalités d’organisation, notre stratégie, notre vision. C’est pour cela que j’ai soutenu le texte du conseil national. Je crois que c’est un texte qui nous permet de nous réinscrire dans le paysage. Pas uniquement sur la présidentielle, même si je pense qu’il y a une nécessité d’avoir un candidat. Pas forcément pour le score qu’on fera, mais pour se saisir de tous les moyens qu’on aura pour parler à notre classe sociale, la reconquérir et faire grandir la conscience de classe. C’est aussi une étape dans la réflexion sur ce que pourrait être le socialisme à la française comme moyen d’atteindre une société communiste, qui rompe profondément avec la société capitaliste.

    Quelle sera votre position vis-à-vis des partenaires de gauche dans l’optique des futures élections ?

    C.G. : Je défendrai mon point de vue dans ma réunion de section mais au final ce sera une position collective, je crois à démocratie interne. Je porterai le choix de tous les communistes. Pour ce qui est des relations avec nos partenaires de gauche, c’est la question du rapport de force des luttes dans le pays. Ces dernières années, on a déjà prouvé qu’on savait faire des accords de sommet, ce n’est pas un problème. La réalité c’est qu’on a une gauche qui, toute mouillée, ne dépasse pas 30%. La question c’est : comment on fait grandir des choses dans la population. Pour moi, c’est la clé. Historiquement la gauche a toujours été forte quand le PCF était fort. On a besoin de reconstruire un Parti communiste qui soit fort. C’est la tâche à laquelle je vais m’atteler dans les mois qui viennent dans l’Hérault et au plan national. Ce sera l’une des conditions de la victoire de la gauche. Dans l’Hérault, on a eu davantage de votants
    [sur les 4 textes, Ndlr]. Quand on fait le travail, on arrive à enrayer l’érosion naturelle des adhérents en faisant des adhésions et en fidélisant nos adhérents. Il faut poursuivre le travail engagé de reconstruction des cellules au plus près des lieux de vie de nos adhérents, ce qui est de nature à encourager la participation régulière aux différents moments forts du parti. Avoir de plus petites réunions permet de s’exprimer plus facilement, notamment pour les nouveaux adhérents, c’est moins intimidant.

    Pour vous, que signifie être communiste en France en 2026 ?

    C.G. : C’est vouloir rompre avec le système capitaliste tel qu’il est aujourd’hui, vouloir transformer profondément la société dans laquelle on vit. C’est avoir à cœur de reconstruire une conscience de classe qui nous permette de gagner la lutte des classes. C’est aussi être au plus près des habitants où qu’ils soient, apporter des réponses concrètes à leur quotidien. Mais c’est aussi coller des affiches, distribuer des tracts, car ce sont des moyens pour reconquérir cette conscience de classe.

  • La CGT hausse le ton pour les emplois

    La CGT hausse le ton pour les emplois

    « Ici plus qu’ailleurs les luttes syndicales ont façonné l’histoire sociale de notre territoire. » Devant une marée rouge de militants CGT, Pascal Galéoté, secrétaire général de la CGT du grand port maritime de Marseille (GPMM), donne le ton de la mobilisation du jour. Derrière lui, on retrouve l’une des entrées emblématiques du port de Marseille, la porte 2C, habituée aux piquets de grève massifs. Mais ce jeudi « ce rassemblement revêt un double caractère, à la fois symbolique et historique », campe-t-il. Et pour cause : les militants sont réunis pour un « grand meeting pour l’emploi et contre la criminalisation de l’action syndicale » dans le cadre d’une journée de grève interprofessionnelle. « C’est une étape dans le processus de lutte pour sauver l’emploi dans le département où le péril est grand », abonde Marc Pietrosino, secrétaire général de l’Union départementale CGT 13, à l’origine de la mobilisation du jour. Avant d’énumérer : « Péril sur notre sidérurgie avec Arcelor, péril sur notre filière chimique avec Kem One, péril sur le pluralisme de la presse avec la CPMM, péril sur notre dernière usine de pâte à papier avec Fibre Excellence, péril sur nos services publics avec la Métropole Aix-Marseille… »

    « Décarboner,

    c’est investir ici »

    D’où la présence de militants venant des 4 coins du département et aux professions variées : cheminots, agents hospitaliers, dockers, postiers, travailleurs de la métallurgie… L’organisation estime à plus de 30 000 emplois menacés à court terme dans le département, conséquence directe des politiques austéritaires et du manque d’investissements dans les outils de travail. « Pendant que le patronat compte les profits, nous comptons les licenciements. Derrière chaque plan de suppression d’emplois, il y a des familles qui basculent et des vies brisées », rappelle Stéphane Martins de Araujo, secrétaire général de la CGT ArcelorMittal de Fos-sur-Mer.

    Son site illustre parfaitement l’équation à laquelle font face les militants du monde du travail : « Il est stratégique mais c’est le flou total : flou sur la décarbonation, les investissements… » D’où son constat, qui s’applique pour bien d’autres filières essentielles à l’économie du pays : « Ils organisent la casse industrielle. On nous promet un avenir vert mais on nous prépare un avenir vide. » Car en fond, c’est bien la question de la décarbonation du pourtour de l’Étang de Berre et du bassin de Fos, dont le coût est estimé à plusieurs dizaines de milliards d’euros, qui est posée. « Décarboner ce n’est pas délocaliser, c’est investir ici et produire propre ici », assure Stéphane Martins de Araujo. Problème : comment décarboner des industries qui fermeraient sans la pugnacité de leurs salariés ? « Ici, la CGT porte une vision ambitieuse des activités portuaires, une vision fondée sur la défense du service public et de la souveraineté industrielle », abonde Baptiste Talbot, membre du bureau confédéral de la CGT et ancien secrétaire général de la fédération des services publics, venu spécialement pour l’occasion.

    Pascal Galéoté renchérit : « Pendant qu’une minorité accumule les profits, on demande aux salariés de se serrer la ceinture, aux retraités de faire des sacrifices et aux services publics de fonctionner avec toujours moins de moyens ! » Le syndicaliste, qui a fait appel de sa condamnation dans l’affaire de la gestion des comptes du comité d’entreprise du GPMM, fait le lien avec une autre problématique : celle de la répression syndicale. « Depuis plus de 7 ans, nous subissons un véritable acharnement judiciaire : contrôle, enquête, convocations… Ces attaques s’inscrivent dans une campagne de dénigrement visant à discréditer notre organisation et affaiblir son action », martèle-t-il. Avant de conclure : « Cette journée marque le début d’une nouvelle étape de mobilisation. »

  • Des militants varois réclament une primaire pour l’union de la gauche

    Des militants varois réclament une primaire pour l’union de la gauche

    Réunis au Grand café de la Rade mercredi, les représentants de Génération.s, Les Écologistes 83, L’Après 83, et Le Var Debout ! ne s’avouent pas vaincus. Pourtant, à moins d’un an de l’élection présidentielle, le temps est compté dans l’optique de l’organisation d’une primaire visant à désigner un candidat unique à gauche. D’autant plus qu’elle se ferait sans LFI, ni le PCF, et potentiellement sans le PS, au sein duquel la question fait débat.

    Ouverture à une autre méthode que la primaire

    « Les universités d’été et les congrès des partis peuvent porter conseil », espère encore Daniel Bombart (Var Debout !). Car, souligne Christophe Godard (l’Après 83), « 82% des militants de gauche veulent une primaire ». Un chiffre qui traduit l’inquiétude face « au risque de voir le RN arriver au pouvoir », appuie Jean-Pierre Luquand (Les Écologistes), qui rappelle que « depuis cent ans, les avancées sociales ont été faites grâce à l’union de la gauche ». « Le programme du NFP s’est construit en quelques jours, en 1936, Blum et Thorez se détestaient. On a connu les mêmes situations, pourquoi n’y arriverait-on pas aujourd’hui ? », demande Christophe Godard.

    Bien conscients, cependant, que l’organisation de la primaire, prévue pour le 11 octobre, reste hypothétique, les militants se veulent pragmatiques : « Si une autre méthode fait émerger un candidat, on emboîtera le pas », affirme Laurent Gilbert (L’Après). Un soutien à Jean-Luc Mélenchon, annoncé en tête à gauche, serait-il par ailleurs envisageable ? « On lui reproche de faire cavalier seul. Pourquoi ne pas rentrer dans la primaire ? S’il arrive au second tour, il sera battu sans accord et sans le soutien de toute la gauche », prévient-il.

  • Un militant bas-alpin jugé pour violences

    Un militant bas-alpin jugé pour violences

    Légitime défense ou passage à tabac ? Pour l’avocat général, cela ne fait aucun doute : Guillaume D. « a été passé à tabac » et Merlin Longuet « ne peut évidemment pas justifier d’une quelconque légitime défense et doit être condamné. Il est évident qu’il a porté nombre de coups de poing et de matraque à la victime ». Le public était venu en nombre mardi pour soutenir ce prévenu bien connu dans la région de Forcalquier, puisqu’il avait fondé le Café des Libertés et était très actif dans le milieu militant et l’organisation d’événements.

    Le récit de Guillaume D., confirmé par plusieurs témoins, relate que Merlin l’a frappé au sol dès son arrivée sur Forcalquier, son fief, car il considérait qu’il n’y était pas le bienvenu. Selon lui, ces tensions entre eux venaient du fait qu’il avait refusé de mettre le feu à Radio Zinzine, média de la communauté autonome Longo Maï, mission que Merlin « lui demandait pour l’accepter dans son groupe ». Guillaume D. a affirmé avoir reçu « quatre ou cinq » coups de matraques derrière la nuque, avoir été ceinturé et frappé au visage alors qu’il était au sol. Plusieurs hommes s’en seraient pris à lui.

    Merlin plaide lui la « légitime défense » et accuse notamment Guillaume d’avoir porté le premier coup et d’avoir simulé un malaise . « C’est la seule manière que j’ai trouvée pour arrêter de me faire agresser », affirme-t-il. Il évoque un « coup de tête sans aucune sommation » et une « attitude provocatrice pour chercher le conflit ». Selon lui, Guillaume D. aurait prémédité son acte et aurait prévu de le violenter depuis plusieurs jours. « Il a morflé, je peux pas le nier », a-t-il tout de même reconnu, avouant avoir commis des violences et détaillant les techniques de boxe anglaise qu’il avait alors utilisées contre Guillaume D.

    Un lourd casier judiciaire

    Même si Guillaume D. « était venu alors qu’il n’était pas le bienvenu, cela ne justifie pas que l’on exerce sur lui des violences graves », a avancé l’avocat général. « Vous vous présentez sous un bon jour, mais vous avez un casier judiciaire à onze mentions », a rappelé la présidente. Merlin Longuet a notamment déjà été condamné pour violences conjugales.

    L’avocat général a tout de même proposé de transformer la peine de huit mois d’emprisonnement de Merlin Longuet en peine avec sursis. Les deux hommes avaient été condamnés en première instance en 2024, Guillaume D. à 1 000 euros d’amende et Merlin Longuet à une peine de huit mois d’emprisonnement sous bracelet électronique, dont il a fait appel.

    L’avocat de Merlin Longuet, Me Louis Ramuz, a plaidé la relaxe, avançant qu’il ne pouvait être prouvé que la blessure de Guillaume D. avait été provoquée par Merlin Longuet. Interdit de département, le militant a expliqué être désormais en train de monter une boutique de produits locaux et « vivre d’amour et d’eau fraîche », s’étant occupé des ânes et des poules de ses amis.

    L’audience a été perturbée à plusieurs reprises par la présence de nombreux soutiens de Merlin Longuet qui avaient omis d’éteindre leurs téléphones portables. La décision a été mise en délibéré au 2 septembre.