Tag: militants

  • [Maj] À Avignon, les écologistes votent pour la stratégie en vue des municipales

    [Maj] À Avignon, les écologistes votent pour la stratégie en vue des municipales

    Après un premier vote en juin dernier qui avait désigné Sabah Badji comme cheffe de file des écologistes pour les élections municipales de mars prochain, les militants sont retournés aux urnes ces mercredi 29 et jeudi 30 octobre.

    Pour rappel, Sabah Badji est dans la tourmente du district de football du Grand Vaucluse, où elle était notamment présidente de la commission d’arbitrage. Le 25 août dernier, sur décision de la commission de discipline, elle a été exclue pour cinq ans de toute activité dans les instances, en raison d’accusations de tentative de corruption, fraude ou encore de faux et usage de faux.

    La direction nationale du parti, suite à ces révélations, a mis sous tutelle la section avignonnaise et organisé ces nouvelles élections, dont le résultat sera communiqué ce vendredi 31 octobre.

    Communiqué au vitriol

    Dans un communiqué au vitriol, Sabah Badji affirme être victime d’une « campagne de déstabilisation politique, clairement organisée et alimentée depuis l’intérieur même de mon mouvement pour m’écarter en tant que cheffe de file ». Sabah Badji confirme également qu’une nouvelle « procédure, toujours dans le cadre du district Grand Vaucluse, est relancée » contre elle, tout en assurant avoir « été blanchie par la Ligue Méditerranée de football ».

    Sabah Badji ajoute que, suite au vote interne l’ayant nommée à la tête des écologistes, « un groupe d’arrivistes comprenant des élus locaux qui s’accrochent à un espoir de strapontins essayent par tous les moyens de me salir ». Elle énumère, sans nommer, « un élu déjà condamné par la justice, une élue auteure de mails à caractère raciste et un militant qui, précédemment, était sur une liste RN ». Elle conclut que « les Avignonnais méritent mieux que des compromissions et des ambitions personnelles » et qu’elle est et « reste cheffe de file élue démocratiquement » pour poursuivre sa « mission, qui est de défendre nos valeurs dans l’intérêt de nos concitoyens ».

    Contacté, Jean-Pierre Cervantès n’a pas pu répondre à nos sollicitations. L’enjeu du vote entre les deux camps se porte notamment sur la liste à rallier dans les mois à venir. Sabah Badji penche pour un soutien à la candidate LFI, Mathilde Louvain, tandis que le camp de Jean-Pierre Cervantès semble plus proche du Parti socialiste.

  • [Entretien] Isabelle Merle : « Alerter sur la situation en Nouvelle-Calédonie »

    [Entretien] Isabelle Merle : « Alerter sur la situation en Nouvelle-Calédonie »

    Isabelle Merle, organisatrice de l’évènement et historienne au CNRS, spécialiste de l’histoire coloniale de Nouvelle-Calédonie, a répondu aux questions de La Marseillaise.

    La Marseillaise : Pourquoi organiser cette réunion publique maintenant ?

    Isabelle Merle : Car les trois militants du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), accusés d’avoir été commanditaires du mouvement social de mai 2024, ont été libérés de leur astreinte à rester en France. C’est l’opportunité d’alerter sur la situation de la Nouvelle-Calédonie, avant qu’ils ne repartent. Pour qu’ils nous donnent leur point de vue sur le processus de passage de l’accord Bougival avec la loi sur le report des élections provinciales [étudiée en commission parlementaire mixte depuis ce lundi, Ndlr.].

    Si la loi passe, les élections devraient se tenir en juin 2026 au lieu du 30 novembre 2025. En quoi ce report pose-t-il problème ?

    I.M. : Ces élections sont très importantes, parce qu’elles permettent d’élire les membres des assemblées de province et du Congrès. Si la loi passe, ce serait la troisième fois qu’elles sont reportées. Les élus auront donc un mandat qui aura excédé deux ans, car ils ont été élus en 2019. Le pays a besoin d’un souffle démocratique et d’avoir des représentants légitimés par une nouvelle élection. Car les élus du Congrès vont porter le processus d’organisation du référendum sur l’accord de Bougival, qui n’est pas consensuel.

    Pourquoi cet accord, signé le 12 juillet dernier, ne fait-il pas consensus ?

    I.M. : Une partie du FLNKS le rejette. Il a été extrêmement critiqué sur la forme : insuffisamment préparé, insuffisamment négocié, passé dans des conditions de contraintes fortes, ce qui a entraîné le retrait du FLNKS. Ce texte est aussi problématique sur le fond : il propose un État, mais sous un fort contrôle de la France, crée une nationalité, mais indexée à la française, ce qui en fait une nationalité subalterne. Le dégel du corps électoral est aussi prévu dans cet accord. Les indépendantistes ne sont pas opposés à la discussion sur un élargissement des électeurs, mais se le voir imposer par Paris sans négociation est problématique, car le dégel ne fait pas consensus.

    Maintenir la date des élections provinciales est donc important ?

    I.M. : Le pays a besoin de ce souffle démocratique pour apaiser les tensions. Sans cela, cet accord de Bougival sera pris comme un passage en force. Plus on restreint les formes de contestations démocratiques, plus elles risquent de s’exprimer autrement. Les braises sont encore chaudes dans l’archipel.

  • Le Mucem défend ses liens avec Digital Realty

    Le Mucem défend ses liens avec Digital Realty

    Mis en cause depuis plusieurs mois pour son partenariat avec Digital Realty, le Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée a finalement réagi sur son site. « L’absence de rigueur dans les accusations portées jette injustement le discrédit sur l’exigence éthique de notre programmation », se défend le Mucem. Dans une pétition lancée le 30 septembre, 16 artistes et chercheurs mettent en exergue les liens du géant des centres de données avec la société israélienne Mivne ainsi que son impact environnemental. Et appellent donc à rompre les liens avec « une entreprise toxique et complice de la colonisation des territoires palestiniens ».

    « En tant qu’administration de l’État, nous n’avons aucune raison de casser ce partenariat, explique le responsable du mécénat au Mucem, Ariel Kenig. Rien ne contrevient ni au droit, ni aux conventions qui nous lient à ce mécène. » Et de déplorer « cette situation qui ne rend pas justice ni à notre programmation, ni à notre mission ». Face à la mobilisation, raconte-t-il, le Mucem a tenu à rester ouvert au débat, et un échange a été organisé début septembre avec les collectifs mobilisés. L’occasion de rappeler que le projet de data center de Digital Realty à Tel Aviv n’est qu’au stade du permis, avec une participation de 25% dans une coentreprise, sans transfert d’argent donc vers Mivne. S’il avait été situé dans les territoires occupés, « nous aurions cassé le partenariat dans la seconde », assure Ariel Kenig. Quant à l’impact environnemental, « nous suivons la charte de mécénat du ministère de la Culture », glisse-t-il. Et d’indiquer que si Digital Realty est l’un des trois premiers mécènes du Mucem, les 37 entreprises partenaires ont apporté 1,5 million d’euros en 2024, sur 26 millions d’euros de recettes.

  • Un coordinateur pour la campagne des Écologistes

    Un coordinateur pour la campagne des Écologistes

    Continuer la campagne malgré tout. Alors que les militants écologistes restent encore suspendus à une décision des instances après la suspension et la mise en retrait temporaire de leur chef de file désigné, Hassen Hammou, le bloc majoritaire issu de l’assemblée générale du 14 octobre dernier a décidé de lancer, malgré, tout un comité de campagne. Mandataire du chef de file, l’adjoint d’arrondissement dans les 2-3, Thomas Laffare, a ainsi annoncé, dans un courriel adressé aux adhérents et que La Marseillaise a pu consulter, qu’il assurerait « la coordination du travail de préparation de la campagne des municipales des Écologistes à Marseille ».

    « J’ai à cœur de proposer aux personnes qui le souhaitent de trouver leur place dans ce comité de campagne en cours d’élaboration », écrit-il, indiquant avoir déjà échangé avec des responsables nationaux, ainsi qu’avec la tutelle mise en place au mois de mars sur la fédération régionale du parti. Arrivée en troisième position lors de l’assemblée générale, la responsable des Jeunes écologistes, Mirabelle Lamoureux, a déjà accepté d’y participer. Une place de coprésidente du conseil politique de la campagne est aussi proposée à l’adjointe Christine Juste, arrivée en 2e position. « Pour l’instant, rien de cela n’est officiel ou validé », modère-t-elle, attendant une réunion de la tutelle, ce jeudi matin, et des consignes du national pour lancer ce travail d’organisation.

    Quoi qu’il en soit, le bloc majoritaire propose déjà d’organiser de « grandes écoutes » auprès des habitants, avant la mise en place d’un organigramme et d’outils de campagne. Ainsi que la constitution d’une liste de candidats écologistes.

  • Ambrogiani aux avant-postes de la couleur

    Ambrogiani aux avant-postes de la couleur

    Des ouvriers du livre à l’œuvre dans les anciennes rotatives de La Marseillaise, des ramasseurs de lavande aux reflets chatoyants au pied du Ventoux… Humaines et chaleureusement colorées, nombreuses sont les toiles aux senteurs d’une époque hélas révolue, qui ont marqué les esprits sous le pinceau ou le couteau de l’autodidacte Pierre Ambrogiani.

    Rien ne prédestinait pourtant ce facteur, issu d’une famille modeste d’Ajaccio, à basculer dans les années 1920-1930 dans le monde des arts à Marseille, avant de devenir l’une des figures de la peinture provençale du XXe siècle. Enfin, presque. Ça serait oublier le bagout et le désir émancipateur harnachés à cet homme qui démarra comme porteur de dépêches à la Poste Colbert, à l’âge de 13 ans.

    Révolutionnaire

    Avant de mordre dans la couleur, Pierre Ambrogiani se fait les dents en réalisant, dans les années 1920, des statuettes satiriques en argile colorée, indiquait l’historien Robert Mencherini, disparu en avril dernier, dans la revue numéro 11 de Promemo, association travaillant sur la mémoire du monde ouvrier en Provence. Des débuts indissociables de l’équipe des Peintres prolétariens, dont il faisait partie, créée sous l’impulsion d’Antoine Serra. « Des peintres qui se situent du côté de la classe ouvrière, peignent des paysages d’usines, des portraits d’ouvriers, de vagabonds… », situait en 2021, pour La Marseillaise, Robert Mencherini.

    La montée en puissance de ce groupe artistique et politique coïncide avec l’avènement du Front Populaire, en 1936. Aux côtés de ses camarades de l’association des écrivains et artistes révolutionnaires, proche du Parti communiste français, Pierre Ambrogiani accompagne la fondation de la deuxième Maison de la culture en France, juste après celle de Paris, au 68 rue Sainte (voir entretien ci-contre). Inaugurée par le poète Louis Aragon, elle verra passer « des conférenciers prestigieux comme André Malraux, qui viendra y parler de la Révolution espagnole ou de la grève des Asturies ». La guerre d’Espagne fait d’ailleurs l’objet du numéro de décembre 1936 du mensuel Peuple et culture, lié à la Maison de la culture, avec des dessins de Pierre Ambrogiani. Secrétaire général de cette revue, Paul Meier, fera à l’époque part de sa défiance vis-à-vis de « l’art dit populaire, cet art de vulgarité et de médiocrité, l’art sirupeux des Tino Rossi que la bourgeoisie a imposé au prolétariat pour mieux l’endormir, l’humilier, l’avilir. Nous repoussons aussi bien la prétendue culture des singes de salon que l’idiotie navrante et la vulgarité ». Le journaliste interpellait ensuite les lecteurs : « ne peignez-vous pas ou n’avez-vous la tentation de peindre, et alors ne voulez-vous pas venir travailler avec ces peintres déjà excellents qui sont sortis eux-mêmes des rangs du prolétariat et qui s’appellent Serra, Ambrogiani, Toncini ? Ils sont là et vous attendent. »

    « Ambro » le fils des fauves

    Non loin de ce temple des belles heures de la culture populaire, se trouve alors l’atelier de celui que l’on surnomme « Ambro », sur le Cours d’Estienne d’Orves, avant de s’installer en 1943 sur le quai de Rive neuve. Jusque dans les années 1970, une zone d’effusion culturelle où fourmillent peintres, sculpteurs, poètes, photographes et journalistes, que certains appelleront « la bande du Péano », du nom du bar-restaurant de la place. Le quartier général de la bohème marseillaise qui y refait le monde.

    « Ambrogiani est de son temps. La puissance d’expression de ses dessins nous dépasse. Son imagination est très grande, trop grande pour nous », confessera même Antoine Serra. « Il a été influencé par René Seyssaud, qui utilisait des couleurs très fortes et contrastées. Ambrogiani allait souvent le retrouver pour peindre dans son atelier du côté du mont Ventoux. à sa mort, son corps a d’ailleurs été transféré au cimetière de Sault », rappelle Maya Garcia, guide et responsable de la librairie du musée Regards de Provence, qui compte des œuvres telles qu’une Allégorie de la Provence de 4 m de long, ou Le Cap Canaille à Cassis. « Ambrogiani faisait une sorte de corps à corps avec la toile. Même quand il peint une bouillabaisse, on a l’impression que le poisson va sortir de la surface de la toile. Tel un maçon, il prenait sa truelle ou son couteau et envoyait la matière. Il n’était pas avare en peinture », sourit-elle en pensant à cet artiste qui répétait souvent « je rêve de peindre avec les couleurs du soleil », note André Alauzen dans La vie et l’œuvre de Pierre Ambrogiani (1985).

    Homme aux multiples amitiés, dont celles de Giono, Pagnol ou du poète Axel Toursky, un gouailleur et bon vivant dont la « silhouette massive » et « joviale » a marqué le cours d’Estienne d’Orves, rapporte La Marseillaise au lendemain de sa mort, survenue le 23 octobre 1985, après de longues années à lutter contre la maladie. L’ancien Résistant et critique d’art Jean Bouret écrira même à son sujet : « un Phocéen parfum d’anis flotte autour de ses toiles faites de grands éclats rocheux aux couleurs des Maures ou de l’Esterel. Combattant de la lumière pure comme les fauves dont il est le fils turbulent, Ambrogiani garde un sens de la vie truculent et sonore. Comme il ne s’est pas fait aux écoles, notre peintre fleure bon la liberté, celle de Courbet, le grand bonhomme. »

  • Logement social : les chiffres ne suivent pas les besoins

    Logement social : les chiffres ne suivent pas les besoins

    C’est sous forme de lettre ouverte que le militant Jean-Paul Jambon a décidé d’interpeller le représentant de l’État dans le département, mais aussi les édiles des communes varoises, en ramenant tout le monde a une triste réalité.

    « Oui, Monsieur le Préfet, lors de l’assemblée des maires du Var, vous les avez félicités pour “avoir réalisé plus que l’objectif fixé en matière de construction de logements sociaux, soit 2 500 construits pour 2025” », commence-t-il. Et de poursuivre : « Certains n’en sont pas revenus, s’étant malheureusement habitués à subir les foudres de vos prédécesseurs successifs. »

    Pour le défenseur des mal-logés, les élus ne devraient peut-être pas se réjouir trop vite. Il pointe que le prochain examen, pour la période 2023-2025, des bilans SRU (Solidarité et renouvellement urbain) devrait quand même refléter une réalité bien moins flatteuse, au regard des besoins réels de la population. Pas question, pour autant, de nier les difficultés, contraintes et parfois les oppositions auxquelles ils doivent faire face.

    Toutefois, ajoute-t-il, on ne peut se satisfaire du maigre bilan lorsqu’« on est confronté au manque de logements pour nos concitoyens et en particulier les plus fragiles, lesquels deviennent de plus en plus nombreux ». Il ajoute : « Oui, on est très loin du compte avec ces 2 500 logements construits au regard des 35 000 demandes de logements sociaux, sachant que, pour une grande part, ce sont des familles monoparentales, des personnes isolées, des jeunes, des personnes retraitées… et la situation ne va pas s’arranger ! »

    Pour Jean-Paul Jambon, « au-delà de propos très politiques devant l’assemblée des maires du Var, il convient de rester attentif à la réalité, surtout lorsque l’on veut bien entendre les propos de certains candidats aux prochaines municipales, se targuant de préférer payer des pénalités, qui n’en sont pas – puisque ce sont des contributions de solidarité qui viennent abonder les subventions publiques aux maires bâtisseurs –, plutôt que de construire des logements ».

    L’occasion de rappeler, aussi, que la politique de l’État en matière de logement depuis sept ans ne facilite pas les choses. Et sur ce point, les maires ne sont pas responsables.

  • Des employés de Marie Blachère réclament de meilleures conditions

    Des employés de Marie Blachère réclament de meilleures conditions

    « En 21 ans d’existence, c’est la première fois qu’on manifeste devant le siège », confie Christine Tonarelli, secrétaire CGT du géant de la boulangerie Marie Blachère, ce mardi 21 octobre, aux environs de 13h, à Châteaurenard. Les NAO se tiennent l’après-midi même avec la direction du groupe.

    Le syndicat attend de nombreuses avancées lors de ces négociations, telles qu’une augmentation générale des salaires de 4%, une revalorisation de la prime d’ancienneté, une hausse de la prime salissure, une amélioration des conditions et de la charge de travail, des embauches pour compenser l’absentéisme ou encore le respect du droit à la déconnexion. Marie Blachère compte environ 800 boulangeries et plus de 12 000 employés à travers l’Hexagone.

    C’est devant le majestueux siège de la plus grande firme de boulangerie en France, aux immenses baies vitrées et construit pour plusieurs millions d’euros, que se sont rassemblés une quarantaine de militants de la CGT.

    « On est là pour montrer notre détermination. Il risque d’y avoir des actions plus importantes, à l’avenir, selon l’issue des négociations. Quand on voit les investissements, comme l’ouverture d’un magasin à New York, et de l’autre côté la grille de salaire des employés, ce n’est pas normal », confie Fabien Trujillo, animateur syndical de la Fédération nationale agroalimentaire et forestière (Fnaf) CGT.

    Une direction surprise

    À l’intérieur du siège, une quinzaine d’employés intrigués par la manifestation sont sortis. La direction ne peut que constater le rassemblement. « Nous sommes surpris de cette présence alors que la réunion a lieu cet après-midi (mardi NDLR) et que nous sommes en pleine négociation. Les désaccords avec les syndicats sont rares », assure ainsi Julie Poudret, directeur des relations sociales de l’entreprise, depuis le hall d’entrée du siège, pendant que les drapeaux rouges de la CGT flottent en arrière-plan. « Toute revendication est légitime. Cela dépend de la manière dont on les voit. Cela fait plusieurs années que l’on distribue des avantages sociaux lors des NAO », ajoute Marc Beridon, directeur du secteur boulangerie. Une prochaine réunion devrait se tenir en novembre.

  • [Entretien] Pinar Selek : « Transformer ce malheur en une action politique »

    [Entretien] Pinar Selek : « Transformer ce malheur en une action politique »

    Pinar Selek sera ce mardi, à Marseille, où deux rendez-vous sont organisés en parallèle de son procès à Istanbul : l’un à l’Institut d’études avancées de l’Université d’Aix-Marseille, l’autre à l’Alcazar, où l’actrice Ariane Ascaride proposera une lecture de textes de la militante.

    La Marseillaise : Quel est votre état d’esprit à la veille de l’ouverture de ce énième procès ?

    Pinar Selek : Ce procès est symbolique en Turquie. Autour de lui s’articulent une lutte de justice, mais aussi de nombreuses luttes sociales. Il est question de mes investissements militants en Turquie, en France, en Italie, mais aussi en Belgique d’où je reviens tout juste. Il y a une convergence des luttes. Il faut aussi savoir que mon procès a lieu dans la foulée de celui d’Ekrem Imamoglu, maire d’Istanbul [Parti républicain du peuple, CHP] et principal opposant du président Recep Tayyip Erdogan [Parti de la justice et du développement, AKP] et à la veille de ceux d’avocats, journalistes ou responsables politiques qui défendent les droits démocratiques fondamentaux. En Turquie, les manifestations ne sont pas que dans les rues, la lutte se poursuit aussi dans les tribunaux. Plusieurs actions sont organisées en parallèle de mon procès, à Marseille, mais aussi sur place à Istanbul, où une délégation internationale sera présente. Nous transformons ce malheur en une action politique.

    Pensez-vous que le processus de paix qui s’initie entre Ankara et le PKK (Parti travailliste du Kurdistan) peut avoir une influence positive sur votre procès ?

    P.S. : Une bonne décision pourrait être le signe d’un espoir. Plus globalement sur le processus de paix, je pense que la Turquie est forcée d’y entrer au vu du contexte international. Les Kurdes veulent construire la politique avec des moyens démocratiques. C’est eux qui sont en train de construire la paix par le bas. Ils organisent des réunions, des congrès et des conférences, ils essaient de rendre possible une transformation. Il n’y a pas de paix pour l’instant, car elle se construit avec beaucoup de difficulté. Mais les Kurdes essaient de dépasser le conflit armé. Ils tentent de construire la paix avec beaucoup de force. Bien sûr, ce processus peut être utile à mon procès.

    Quel regard portez-vous sur les actions menées par les comités créés pour vous soutenir ?

    P.S. : Ces comités réunissent beaucoup de personnes différentes, toutes d’un milieu de gauche, progressiste, mais assez diversifié. J’ai connu des gens extraordinaires, très différents, que je n’aurais jamais pu connaître autrement. Ce sont généralement des gens engagés pour d’autres causes, féministes, anarchistes, antimilitaristes, communistes, écologistes… Ils deviennent amis, ce qui crée, je pense, un renforcement de l’espace des luttes sociales. Ils n’arrivent pas à nous épuiser. On leur répond avec nos créations. Nous ne sommes pas puissants comme eux, nous n’avons pas les mêmes pouvoirs, le même argent, les mêmes armes. Nous sommes non violents, mais nous sommes très très forts. J’attends tous les Marseillaises et Marseillais à mes côtés. Et surtout, je suis très contente qu’Ariane Ascaride lise un de mes textes, mardi soir, c’est une grande amie.

    * À L’Imera, de 9h à 16h, sur inscription. À l’Alcazar à 18h avec entrée libre dans la limite des places disponibles.

  • La FSU fortifie ses militants dans la défense de la Sécurité sociale

    La FSU fortifie ses militants dans la défense de la Sécurité sociale

    « Aujourd’hui, on propose une formation aux militants de la FSU de la région Paca dans le cadre des 80 ans de la Sécurité sociale », explique Virginie Akliouat, membre de l’équipe nationale de la FSU-SNUipp. « C’est une date importante, et ce d’autant plus que la Sécurité sociale est ciblée par les attaques des gouvernements successifs sur les 30 dernières années », ajoute-t-elle. « C’est toujours bien de rappeler l’histoire et de célébrer les grandes dates, mais c’est surtout l’occasion de sensibiliser, de faire prendre conscience des enjeux du moment. Et sur la Sécurité sociale, sur la protection sociale en général, il y a des enjeux majeurs », précise Laurent Tramoni, le secrétaire national du Snes-FSU.

    Pour le responsable syndical ce n’est pas un hasard si le gouvernement Barnier a été censuré l’an dernier au moment du projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Aujourd’hui, poursuit-il, « nous sommes dans un pays où la population vieillit, et donc a besoin de soins plus nombreux et plus coûteux, avec des progrès des traitements, des techniques, qui font qu’on arrive à soigner des maladies qu’on ne savait pas soigner avant ».

    Des arguments politiques et d’efficacité

    « Donc il y a un besoin de financement ce qui est, selon nous, heureux, parce que ça veut dire qu’il y a des progrès sociaux qui sont bénéfiques à tout le monde », se réjouit Laurent Tramoni. Or, face à ces besoins nouveaux qu’il faut financer, une offensive très forte s’organise pour qu’ils ne le soient pas par la solidarité publique, par la Sécurité sociale, mais à partir d’assurances privées, personnelles, individuelles proposées par des opérateurs marchands. Ces derniers cherchant d’abord à faire du bénéfice sur la santé.

    Pour la FSU c’est d’abord un enjeu politique donc, mais c’est aussi un enjeu de bon sens parce qu’en matière de santé, la mise en concurrence et la compétition des acteurs n’améliorent pas le service rendu aux assurés, insiste Laurent Tramoni. Et de préciser : « On voit dans d’autres pays où la santé est complètement privatisée que le service rendu n’est pas meilleur, au contraire. »

    L’occasion de rappeler qu’en France, notre système socialisé est très efficace. « Parce qu’il n’y a qu’un opérateur, parce qu’on ne finance pas les actionnaires, et parce qu’il y a une puissance d’achat de la part des hôpitaux publics ou autres qui est très forte dans les négociations des prix », rappelle le secrétaire national du Snes-FSU. C’est donc aussi pour ça que la Sécurité sociale peut et doit être défendue a rappelé le principal syndicat de l’Éducation nationale lors de cette journée.

  • L’Union départementale CGT 13 se dote d’un nouveau cap

    L’Union départementale CGT 13 se dote d’un nouveau cap

    « Dès demain, on va se retrousser les manches et on va lever les poings. » Marc Pietrosino, nouveau secrétaire général de l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône, a donné le ton de sa mandature. Il a été élu, ce mercredi soir à la suite à trois jours de congrès qui se déroulait à la Halle de Martigues et prend donc la succession d’Olivier Mateu. « On a des échéances fortes à venir. Il y a des médias qui expliquent que le RN est fréquentable, le capitalisme est à l’offensive. On ne peut pas se passer d’une Union départementale forte dans ce département », a poursuivi celui qui est également secrétaire général de l’Union locale de la Vallée de l’Huveaune (lire ci-dessous).

    Il entend resserrer les rangs de l’organisation syndicale après un congrès marqué par des débats pour le moins houleux sur la stratégie de l’organisation. Et une ambiance électrique à l’image du dernier congrès confédéral. « On a vécu un congrès original, difficile. Il ne faut jeter la pierre à personne. Il faut prendre nos responsabilités. Personne ne sera exclu de l’Union départementale CGT 13, nous avons besoin de toutes les organisations », a-t-il martelé.

    Avant de lancer un appel à l’unité, toujours lors de son discours de clôture : « Toutes nos victoires sont collectives, toutes nos défaites sont collectives, c’est ça être une organisation syndicale. Nous avons l’habitude de chanter en manifestation qu’il n’y a pas de sauveur suprême, je ne suis pas un sauveur suprême, il n’y en a pas à la CGT. Il n’y a que des camarades, des organisations qui travaillent ensemble pour lutter contre le capitalisme et contre l’extrême droite. » Jessica Jadé, pressentie par la précédente direction pour prendre la relève n’a pas été reconduite comme secrétaire à l’organisation, de même qu’une large part des sortants.

    « Travailler tous ensemble »

    Marc Pietrosino prend donc ses fonctions avec un secrétariat et un bureau largement remaniés. Le nouveau secrétariat de l’organisation, élu en l’absence de vote « contre » de la commission exécutive, est composé de Nadia Mimoun pour l’UL CGT d’Istres, Sabrina Manka de la CGT Activités Postales, François Batista de l’UL Timone-Capelette, François Canu pour l’UL CGT Aix, Djamila Bounekir de l’UL La Rose et Pascal Galéoté, pour la CGT du Grand Port de Marseille. De quoi représenter la diversité géographique et la variété des secteurs d’activité des forces militantes CGT du département.

    « On va travailler tous ensemble, on va se rapprocher de toutes les organisations pour reconstruire cette union départementale », a expliqué Marc Pietrosino. Et autant dire qu’il aura du travail en cette période de crise politique et de successions de gouvernements. « On a, face à nous, des médias dominants qui diffusent les idées du capitalisme à grande échelle. Nous avons une grande force, nos militants, mais il faut qu’on améliore notre communication auprès des salariés. La CGT, sur le fond, a raison mais nous devons faire connaître nos idées au plus près du terrain », a développé le secrétaire général de l’UD CGT 13 en primeur pour La Marseillaise.