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  • Les nouvelles pages de la maison d’édition phocéenne

    Les nouvelles pages de la maison d’édition phocéenne

    Cela ne fait que 4 ans et demi que la maison d’édition le Bruit du monde existe. Pourtant, une cinquantaine de livres porte déjà le nom de la maison d’édition. Et le 2 octobre, ce sont trois nouveaux livres qui vont rejoindre son catalogue, dont deux non-fictions écrites et pensées à Marseille.

    C’est en mars 2021 que Marie-Pierre Gracedieu et Adrien Servières, tout deux salariés chez des grands éditeurs à Paris, montent leur propre édition dans la cité phocéenne. « Nous voulions publier peu mais mieux », explique la fondatrice. L’ambition, comme l’indique son nom, est de faire voir aux lecteurs « des mondes qui leur sont inconnus », d’après les mots de l’éditrice. Tout en mettant l’accent sur la narration.

    Si c’est à Marseille qu’ils ouvrent leur boutique, ce n’est pas un hasard. « On a choisi la ville pour son histoire, qui remonte à l’antiquité et ses migrations, explique Marie-Pierre Gracedieu. C’est aussi pour sa dimension internationale que l’on est venu. Ici, on entend parler de nombreuses langues. C’est ce que l’on espérait, et ça s’est concrétisé en allant au-delà de nos espérances », affirme-t-elle.

    La publication le 2 octobre du récit d’Amine Kessaci Marseille essuie tes larmes est un aboutissement pour la petite maison d’édition. « On suit depuis le tout début de notre maison d’édition l’écriture de ce livre. On a rencontré Amine Kessaci grâce à Philippe Pujol il y a quatre ans, se souvient Marie-Pierre Gracedieu. Pour nous, il traduit ce que l’on voulait faire avec notre édition : faire voir des univers inconnus et casser les préjugés. » Ce récit à la première personne prend la forme de lettres adressées à son frère mort d’un narcomicide. L’auteur y raconte les conséquences de ce trafic sur sa vie et celle des habitants de son quartier.

    Le deuxième ouvrage, Mazan, anthropologie d’un procès pour viol, d’un collectif de 14 chercheurs et chercheuses sort également le 2 octobre. Un livre né entre les murs de la veille charité, où travaille le collectif. Il donne à voir « un sujet que l’on pense connaître d’une autre façon », explique l’éditrice. « Le but était de s’intéresser aux interstices, d’aller voir là où personne ne va voir : au café en face du tribunal, dans le procès d’à côté… Pour raconter les conséquences de ce procès pour les gens », explique Riwanon Gouez, l’une des autrices.

  • [Science] Chez les flamants roses, la revanche des migrateurs

    [Science] Chez les flamants roses, la revanche des migrateurs

    C’est comme si les flamants roses qui ne migrent pas en hiver –dits « résidents »- payaient plus tard leurs excès de jeunesse. Jeunes adultes, ils profitent de la vie : ils meurent moins et se reproduisent plus. Mais quand ils deviennent vieux, les effets de l’âge se font vite sentir et leur capacité à se reproduire diminue rapidement. À l’inverse, leurs congénères migrateurs connaissent une mortalité plus élevée et peinent à se reproduire au début de leur vie d’adulte, mais ils conservent plus longtemps leurs capacités physiques et reproductives. « C’est la première fois qu’est montré l’impact de la migration sur le vieillissement », indique Sébastien Roques, aujourd’hui chercheur CNRS au Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive de Montpellier et coauteur d’une étude parue dans Pnas sur les flamants roses camarguais qu’il a initiée il y a quelques années à la Tour du Valat (Arles).

    De quoi alimenter l’idée que les comportements et les choix des individus influencent la façon de vieillir. « Les preuves s’accumulent depuis plusieurs années. Notre étude ajoute une pierre à cet édifice », souligne Sébastien Roques. Au-delà de l’intérêt théorique concernant la compréhension des facteurs qui influencent la façon de vieillir des animaux –humains compris-, il y a aussi un intérêt en termes de conservation : « Dans un contexte de changement climatique, comprendre ce qui influence la survie et la reproduction nous aide à anticiper le futur et l’évolution des populations », ajoute le chercheur.

    Histoires de vie

    Parce que le flamant rose vit longtemps –parfois jusqu’à 50 ans-, étudier son vieillissement nécessite un suivi sur le temps long. « La Tour du Valat effectue pour cela un suivi unique », pointe Sébastien Roques. Depuis 1977 –et encore aujourd’hui-, certains nouveaux-nés sur les sites de nidification en Camargue sont bagués et leurs allées et venues autour du bassin méditerranéen sont scrutées par le personnel de la Tour du Valat et des bénévoles. « Nous créons ainsi des histoires de vie », résume le chercheur.

    Pour expliquer ces différences de vieillissement entre flamants roses résidents et migrateurs, les scientifiques évoquent le coût du voyage : « Migrer est risqué, insiste Sébastien Roques. Les migrateurs sont confrontés à des conditions environnementales variées qui augmentent les risques de mortalité. » Quant aux résidents, l’investissement important en première partie de vie pour survivre et se reproduire se paye peut-être en seconde partie. « Investir dans la survie et la reproduction nécessite d’importantes dépenses énergétiques qui accélèrent le vieillissement cellulaire », ajoute le chercheur. Il est également possible que les migrateurs qui parviennent à un âge avancé malgré des conditions de vie difficile soient les plus robustes. « La qualité des individus peut effectivement jouer », confie-t-il.