Tag: mémoire

  • Cinq ans après, un nouvel hommage à Éric Masson

    Cinq ans après, un nouvel hommage à Éric Masson

    Le 5 mai 2021, Éric Masson, brigadier de police de 36 ans, était tué lors d’une opération de contrôle sur un point de deal, rue Râteau, dans le centre-ville d’Avignon. Depuis, chaque année, sa mémoire est honorée. Cinq ans après, une cérémonie était donc organisée, ce mardi en fin de matinée, sur le parvis du commissariat d’Avignon, où travaillait ce père de deux petites filles.

    L’une d’entre elles était présente, aux côtés de sa veuve et de son père, lui aussi ex-policier. Une cérémonie sans discours, avec passage en revue des troupes et Marseillaise a cappella, mais pas sans émotion. « On n’oublie jamais nos morts, son décès a marqué la police nationale, on accompagne sa famille et ses collègues », confie Virginie Brunner, directrice générale adjointe de la police nationale, qui avait le déplacement depuis Paris. Éric Masson figure parmi les 8 « victimes du devoir » recensées à Avignon. « C’est important de garder sa mémoire, cela rappelle que les policiers risquent leur vie », souligne le préfet Thierry Suquet, qui a déposé une gerbe.

    Comme Cécile Helle avant lui, Olivier Galzi était aussi de la cérémonie. « C’est très symbolique que mon premier dépôt de gerbe se fasse à sa mémoire », note le nouveau maire (DVD) qui s’est dit « triste et inquiet » lorsque le drame est survenu en 2021, d’autant que lors de l’assassinat d’Éric Masson, « son épouse travaillait chez Edeis quand j’en étais le vice-président ». « Sa mort est le symbole d’une police dédiée à la sécurité de notre ville, mais aussi celui d’un narcotrafic qui a commencé à gangrener notre ville », estime Olivier Galzi alors que, ce lundi soir, un mineur de 17 ans a été abattu à Monclar sur fond présumé de trafic de drogue (lire page suivante).

    Il y a cinq ans, Éric Masson, pensant intervenir pour une bagarre, était tombé sur une transaction de drogue. Au moment du contrôle, Ilias Akoudad avait alors tiré par deux fois mortellement sur le policier. En mars 2024, il avait été reconnu coupable de meurtre sur une personne dépositaire de l’ordre public, et condamné à 30 ans de prison dont 20 ans avec sûreté. L’an dernier, la Ville d’Avignon avait inauguré un square à la mémoire du policier, rue Râteau. Sa mémoire est également honorée cette année puisque les promotions d’écoles de gardien de la paix portent son nom. En juin prochain, le nouveau bateau de l’unité nautique de la police de Marseille sera également baptisé du nom d’Éric-Masson.

  • Une exposition pour ne pas oublier l’horreur des camps

    Une exposition pour ne pas oublier l’horreur des camps

    L’espace des Rotatives de La Marseillaise a accueilli le vernissage de cette exposition portée par l’Amicale de Mauthausen, association qui œuvre à la mémoire de ce terrible patrimoine historique. Cette exposition, qui rappelle les horreurs du camp de Mauthausen, est à découvrir jusqu’au 8 mai. Les photos présentées témoignent des atrocités de Mauthausen, camp de concentration situé en Autriche qui aura vu passer plus de 198 000 détenus de vingt nationalités différentes, entre 1938 et 1945. L’exposition investit l’espace des Rotatives à l’initiative d’Antoine de Gennaro, membre de l’Amicale et du Collectif Saint-Jean 24 janvier 1943.

    Transmettre

    étaient également présents lors de ce vernissage Léo Purguette, président de La Marseillaise, Lisette Narducci, conseillère municipale déléguée à la mémoire et aux anciens combattants à la Ville de Marseille, Antoine Mignemi, rescapé de la rafle de Marseille en 1943 et Anne-Marie Thomazeau, fille de Marcel Thomazeau, dirigeant historiuqe de La Marseillaise qui a survécu au camp de Mauthausen. L’avocat Pascal Luongo, qui a déposé une plainte en 2019 visant à inscrire la rafle du Vieux-Port comme « crimes contre l’humanité », s’est aussi déplacé.

    Parmi les prises de parole, Léo Purguette a indiqué soutenir la démarche pour inscrire le camp des Milles, à Aix, au patrimoine mondial de l’Unesco. « Il est déterminant de faire comprendre aux jeunes générations que les engranges qui mènent au pire sont les toujours les mêmes », a-t-il souligné. Antoine Mignemi a aussi pris la parole : « Ce témoignage est pour moi un devoir de transmettre la mémoire et, en même temps, prononcer un message de paix et d’espoir, en particulier pour toutes les jeunes générations. Je déclare que le racisme et l’antisémitisme sont des délits majeurs. Soyons vigilants, aujourd’hui et pour l’avenir. » Une conférence-débat avec le collectif Saint-Jean a conclu le soirée.

    17, cours d’Estienne-d’Orves, entrée libre de lundi à vendredi, entre 10h et 18h. Jusqu’au 8 mai.

  • Des clichés de Mauthausen présentés à « La Marseillaise »

    Des clichés de Mauthausen présentés à « La Marseillaise »

    Présenter, à l’appui des images, la mémoire de l’horreur. C’est ce que propose l’exposition « La part visible des camps », composée de photographies du camp de concentration nazi de Mauthausen (1938-1945) et installée de lundi 4 au vendredi 8 mai dans les salles des rotatives de La Marseillaise (1er). L’exposition s’intéresse à « l’ensemble des fonds d’images existants » sur Mauthausen, où furent conduits plus de 200 000 hommes, et quelques milliers de femmes. On y retrouve des photos prises par des détenus libérés, par des libérateurs américains, mais aussi par les SS eux-mêmes. Car si les forces nazies ont détruit une grande partie de leurs archives durant les derniers mois de leur domination, certains originaux de Mauthausen ont été conservés. Des détenus espagnols, dans les rouages de l’administration du camp et au laboratoire photographique, les ont à l’époque dérobés, camouflés, sortis du camp puis confiés à une habitante du village. L’exposition, portée par les Amicales française et espagnole d’anciens déportés de Mauthausen, auxquelles se sont associées les autorités fédérales autrichiennes, compte quelque 500 clichés et circule en Europe depuis 2005.

    Les concepteurs de l’exposition insistent : « L’image n’est pas réalité objective. » « Il va de soi que l’œil du SS ne voit pas tout, que l’image qu’il fixe masque plus qu’elle ne montre, qu’elle est d’essence négationniste, lit-on dans le dossier de présentation. Le parcours de l’exposition est un travail, et l’appareil textuel accompagnant les photographies ne saurait être éludé. »

    17, cours d’Estienne d’Orves, entrée libre de lundi à vendredi, entre 10 et 18 heures.

  • Valeur universelle

    Valeur universelle

    La démarche engagée par le Camp des Milles, pour son inscription au patrimoine mondial de l’Unesco mérite un large soutien des acteurs de notre territoire.

    Elle vise à faire reconnaître à la fois le site du Camp mais aussi l’approche de convergence des mémoires qu’y développe la Fondation présidée par Alain Chouraqui pour comprendre et prévenir les engrenages génocidaires.

    Cette tuilerie transformée en camp par la IIIe République pour enfermer les ressortissants du Reich -bien souvent des artistes antifascistes qui espéraient trouver refuge en France-, a ensuite été l’instrument du régime de Vichy pour y concentrer jusqu’à 3 500 « indésirables » avant de devenir un camp de déportation des juifs, hommes, femmes et enfants… Plus d’une centaine d’enfants et adolescents juifs furent déportés depuis le Camp des Milles. Le plus jeune avait un an.

    Résistance

    Dans un monde déchiré par les haines et les conflits, défiguré par l’antisémitisme et tous les racismes, ce lieu singulier est précieux.

    Le Camp des Milles porte en lui la mémoire de la Seconde Guerre mondiale mais pas seulement. Son existence est un acte de résistance à l’oubli, à l’indifférence et aux divisions meurtrières.

    La Marseillaise, journal fondé dans la Résistance au nazisme, soutient pleinement l’inscription du Camp des Milles au patrimoine mondial de l’Unesco comme elle avait soutenu le projet de site mémorial en son temps.

    Dans le même esprit, elle vous invite ce soir à 18h, à découvrir l’exposition « La part visible des camps » sur l’enfer de Mauthausen, dont Marcel Thomazeau, dirigeant historique de notre journal, est ressorti ne pesant plus que 34 kg.

    En outre, chaque week-end, nous publierons J’avais 16 ans à Pitchipoï le récit de Denise Toros-Marter, rescapée d’Auschwitz. Toujours vivante, elle fait partie des « grands anciens » du Camp des Milles.

    Comme l’écrivait Paul Éluard, « si l’écho de leurs voix faiblit, nous périrons ».

  • [Mémoire ouvrière] Lucien Molino : la lutte pour les salaires

    [Mémoire ouvrière] Lucien Molino : la lutte pour les salaires

    Les ouvriers avec de petits moyens avaient manifesté leur enthousiasme et fait tout leur possible pour la reprise économique de notre région, ce qui n’était pas le cas, au départ, de la Chambre de commerce et du patronat. Je me souviens que les établissements Rocca Tassy de Roux, qui avaient réalisé un bénéfice de 145 millions de francs, avaient un stand de 20 m de palissade et quelques affiches, ce qui montrait le désintérêt absolu des employeurs pour la renaissance de la France. Quant au PS, il s’opposa à notre mot d’ordre de « la renaissance de la France » et montra qui, à la tête de ce parti américain, méritait bien la caractéristique « d’aide agissante » que je dénonçais.

    Négociations sous la pression des travailleurs

    En même temps que le redressement de l’économie nationale, nous avions aussi le souci des salaires, avec notre campagne pour les 25%, pour que les travailleurs obtiennent une part plus juste des richesses créées par eux. Nous avons multiplié les interventions auprès des syndicats patronaux et des pouvoirs publics en vue d’obtenir de ceux-ci les nouvelles mesures tenant compte des avantages acquis. De fait, l’augmentation ne s’appliquait pas, aux termes des textes précités, à tous les salaires. La hiérarchie des salaires en vigueur au 1er juillet se trouvait écrasée. L’écart entre le salaire minimum et le salaire moyen était en diminution. Les syndicats patronaux s’en tenaient à l’application stricte de l’arrêté du 29 juillet. L’Union départementale multiplia ses efforts et demanda aux syndicats de manifester pour obtenir des accords maintenant les avantages acquis.

    Des négociations s’engagèrent sous la pression des travailleurs dans la métallurgie, la meunerie, l’alimentation syndicales. Le 26 août 1946, à ma demande, l’inspecteur divisionnaire organisa une réunion de tous les syndicats patronaux de l’alimentation marseillaise et des représentants de l’UD en vue d’un aménagement des salaires qui tienne compte de l’arrêté du 29 juillet.

    Devant les arguments anti-ouvriers développés par les syndicats patronaux, nous exigions l’application de l’arrêté du 29 juillet. L’inspecteur divisionnaire du travail approuvait nos demandes à un tel point que le président de la défense, qui présidait la délégation patronale, reprocha à l’inspecteur de sortir de ses attributions d’inspecteur divisionnaire et informait le président du CNPF, Monsieur Villiers, afin qu’il intervienne auprès du ministre du Travail, Ambroise Croizat. En réalité, le CNPF refusait les demandes que nous formulions, mais c’était mal connaître la combativité des travailleurs qui, par leur action en septembre, obtenaient satisfaction.

    à suivre la semaine prochaine…

  • Avignon : hommage aux victimes du génocide arménien

    Avignon : hommage aux victimes du génocide arménien

    En présence des représentants de l’état, autorités civiles, militaires, parlementaires et élus locaux, Véronique Bruna-Mardoyan, présidente de l’Association franco-arménienne d’Avignon et sa région, a prononcé un discours : « Nous sommes dans la mémoire (…). Car il ne faut pas oublier que notre génocide est impuni, nié et continue (…). Nous demandons au gouvernement turc de reconnaître le génocide arménien et de le réparer. Malheureusement, nous sommes dans un devoir de mémoire qui s’ancre dans l’actualité, parce qu’en 2023, il y a eu le premier nettoyage ethnique du XXIe siècle. 1915 se répète en 2023. »

  • La mémoire des déportés et l’appel à la paix

    La mémoire des déportés et l’appel à la paix

    Une semaine après le voyage du collectif Saint-Jean 24 janvier 1943, à Berlin, pour commémorer le 81e anniversaire de la libération par l’Armée rouge du camp de Sachsenhausen, où furent déportés 250 Marseillais raflés lors de l’opération Sultan au début de l’année 1943 (notre édition du 18/04), c’est devant le mémorial de la déportation, à Marseille, qu’a été rendu un hommage, ce dimanche, aux déportés, à l’occasion de la journée nationale qui leur est dédiée.

    « La mort par le gaz, le travail forcé, la faim, la soif, les sévices de toutes sortes : tel était le traitement infligé à tous ceux que les nazis considéraient comme des ennemis du Reich en raison de leur engagement dans la Résistance, de leurs choix politiques, de leurs convictions religieuses, de leur mode de vie, ou même sans raison particulière pour toutes les victimes des rafles », a rappelé au micro la présidente départementale de la Fédération nationale des déportés et internés, résistants et patriotes, Jeannine Trucy. Et d’évoquer la découverte de l’horreur concentrationnaire par les armées alliées lors de la libération des camps, « une entreprise systématique de déshumanisation poussée à l’extrême », résume-t-elle, les dernières Marches de la mort avec l’évacuation des survivants, la difficulté du retour à la vie.

    « Mais, fidèles aux serments prêtés à leurs camarades disparus, les survivants ont, malgré leurs propres traumatismes ou la difficulté d’être crus, pris le chemin courageux du témoignage », lit Jeannine Trucy. Avant de souligner : « Au moment où les derniers déportés nous quittent, la remémoration de leurs engagements et de leurs sacrifices doit continuer d’être un rempart contre l’ignorance, l’oppression et l’antisémitisme ».

    Surtout, ce devoir de mémoire se trouve confronté à l’actualité internationale, face à la multiplication des conflits et leur cortège de crimes. « Aujourd’hui se jouent de nouveaux équilibres mondiaux dans des rapports de force anxiogènes, et le combat des déportés, attachés au respect du droit international porté par le tribunal de Nuremberg, ne doit pas rester vain », insiste la représentante de la Fédération nationale des déportés, appelant donc à poursuivre le travail de transmission, « un acte de confiance à l’égard des jeunes générations dont la conscience et la responsabilité doivent permettre de garantir les valeurs civilisatrices de paix, de liberté, de dignité pour tous ».

    Reconnaissance tardive

    Mais, avant que ne résonne le chant des marais, sur la place du 24-Janvier 1943, pour la première fois à Marseille, le Mémorial de la déportation homosexuelle a pu déposer une gerbe lors de la cérémonie officielle, au pied du mémorial, au côté de la Fédération nationale des déportés internés, résistants et patriotes. « Pour nous, c’est un grand événement, c’est trente ans d’obstination qui permettent d’aboutir à cela », partage Christian de Leusse, animateur de l’association Mémoire des sexualités. Depuis 1995, comme à Paris et Lille, la gerbe déposée en hommage à ces déportés portant le triangle rose était déposée en dehors de la cérémonie officielle. Il a fallu attendre 2010 pour que le Mémorial de la déportation homosexuelle soit convié, sur recommandation du défenseur des droits auprès du préfet. « Les membres de la communauté LGBT ont subi eux aussi, comme les autres, ils ont le droit d’être là », souligne Christian de Leusse, qui a porté ce combat pendant des années, après avoir rencontré dans les années 1980 Pierre Seel, le seul en France à avoir témoigné d’une déportation pour motif d’homosexualité. « En 1982, quand il a entendu l’évêque de Strasbourg traiter les homosexuels d’handicapés, lui qui était catholique, a envoyé un courrier à la presse », explique le militant marseillais. C’est le journaliste Jean le Bitoux qui a fait connaître ensuite son histoire et qui a proposé à Christian de Leusse, en 1995, de déposer cette première gerbe à Marseille. Un geste répété jusqu’à ce qu’il soit reconnu officiellement ce dimanche. « L’article 175 qui réprimait l’homosexualité en Allemagne n’a été aboli que dans les années 1980, en France, c’était en 1982… Les mentalités évoluent lentement », explique-t-il.

  • Le Palais du Pharo s’illumine aux couleurs de l’Arménie

    Le Palais du Pharo s’illumine aux couleurs de l’Arménie

    Comme un symbole, le rouge, bleu et orange ont recouvert la façade du Palais du Pharo à Marseille, ce mercredi soir à la tombée de la nuit, en commémoration du génocide commis il y a 111 ans par le pouvoir turc. Juste avant, une programmation culturelle, organisée à l’initiative de la Ville de Marseille et d’organisations de la diaspora arménienne, a mis « en lumière et en musiques la richesse et la résilience de la culture arménienne à travers l’art ». Avec notamment de la danse traditionnelle par 14 interprètes de l’association « Courants d’Arts » et des chants assurés par la chorale de l’école Hamaskaïne (12e arr.).

    De quoi faire le lien entre Marseillais d’origine arménienne et le devoir de mémoire. « Que personne n’oublie l’histoire. Quand on parle de l’Arménie, de ce pays 1 000 fois redéfini, nous parlons de notre histoire commune et collective », a martelé Benoît Payan, maire (DVG) de Marseille, aux côtés notamment du consul général d’Arménie à Marseille, Ara Mkrtchian. Ce dernier a aussi insisté sur ces liens : « C’est dans cette ville refuge que des milliers de rescapés du génocide ont trouvé une terre d’accueil ».

    Tous deux ont loué la nécessaire « unité » du peuple arménien. Notons enfin que le Premier Ministre, Sébastien Lecornu, sera ce vendredi à Marseille dans la continuité des commémorations, puisqu’il sera présent pour la cérémonie prévue au mémorial du génocide arménien, rue Edmond-Pirian.

    LES RENDEZ-VOUS COMMÉMORATIFS

    Marseille

    Un rassemblement est prévu le vendredi 24 avril à 17h aux abords du consulat de Turquie organisé par CPLM (Courir pour la Mémoire).

    Aubagne

    Une commémoration est organisée ce vendredi 24 avril au cimetière Fenestrelle, de 17h à 18h.

    Carry-le-Rouet

    Un hommage aux victimes du génocide arménien est organisé au Monument aux morts, le samedi 25 avril, de 11h à 12h.

    Simiane-Collongue

    Une commémoration du génocide arménien, suivie de l’inauguration du Square d’Arménie, aura lieu le vendredi 24 avril à 11h, en haut des Cours du Héros.

    Le Cannet

    Une cérémonie est organisée par la Ville, en coopération avec l’Union des Arméniens de Cannes et ses environs. L’événement se déroulera le vendredi 24 avril à 10h, devant le Monument aux Morts, Square Pietra-Santa.

    La Ciotat et Ceyreste

    Un hommage sera rendu le vendredi 24 avril à partir de 11h, avec un dépôt de gerbes suivi d’une prise de paroles des autorités, Avenue Louis-Crozet à La Ciotat, et face à l’école Jean-D’Ormesson, à Ceyreste.

    Cabriès-Calas

    Un hommage est organisé par la ville le dimanche 26 avril à partir de 11h30 sur la Place du 24-avril-1915, avec une cérémonie et un dépôt de gerbes.

    Allauch et Plan-de-Cuques

    Vendredi 24 avril à 17h10, une cérémonie en hommage aux 1 500 000 victimes arméniennes du génocide perpétré en 1915 par l’empire Ottoman aura lieu place du Souvenir Arménien, rue Jules Ferry à Plan-de-Cuques. De même qu’à 18h30, place du 24 avril 1915 au Logis-Neuf à Allauch aura lieu une cérémonie pour le devoir de mémoire.

  • Le Camp des Milles propose des visites

    Le Camp des Milles propose des visites

    C’est devenu une tradition, au Camp des Milles. Le site mémoriel, ancien camp d’internement et de déportation, ouvert toute l’année pour accueillir le public, propose son programme « Vacances au Camp des Milles ». Jusqu’au 26 avril, les équipes proposent « une programmation conçue pour toute la famille, mêlant transmission de mémoire, réflexion citoyenne et moments de partage créatifs ».

    En nouveauté, une immersion dans la Salle des peintures, espace emblématique du lieu dans lequel les internés et opposants politiques ont peint, dessiné, pour résister. Les prochaines dates de visites guidées, baptisées « Les mystères de la Salle des peintures-Résister, tout un art ! », de ce lieu resté intact sont proposées mercredi et samedi de cette semaine, dès 15h et jusqu’à 17h30. À l’ordre du jour, une visite thématique sur l’art et la liberté d’expression, suivie d’une enquête dans la Salle des peintures murales réalisées par les internés. Le site propose en parallèle des visites guidées chaque jour, à 10h30, ou 14h30 et une visite libre de son site.

  • André Chamson, le Cévenol universel

    André Chamson, le Cévenol universel

    Il y a des noms que les plaques de rue sauvent, mais que le temps finit par endormir. André Chamson (1900-1983) fait partie de ces figures immenses que l’on connaît de nom, sans toujours mesurer l’épaisseur d’une vie, ni la vigueur d’une œuvre. Du 14 avril au 11 juillet, la bibliothèque du Carré d’Art remet l’écrivain nîmois au centre du jeu avec une exposition au titre frontal : « Quels hommes sommes-nous devenus ? André Chamson, itinéraire d’un humaniste au XXe siècle ». Une question qui claque aujourd’hui comme un rappel à l’ordre, à l’heure des replis, des haines et des renoncements.

    Le parcours s’appuie sur une matière rare : le fonds Chamson, enrichi par un don majeur de sa fille Frédérique Hébrard en 2021, puis complété en 2024 par ses petits-enfants. Des dizaines de cartons, des milliers de documents, près de 150 boîtes cataloguées : manuscrits annotés, correspondances, photographies, dessins… Un trésor de première main, patiemment classé (Chamson et son épouse, Lucie Mazauric, étaient archivistes) et désormais conservé dans la réserve précieuse de l’une des bibliothèques municipales classées. Le soir du vernissage, la transmission avait aussi des visages : ses petits-enfants, Catherine et Nicolas Velle, étaient présents pour l’inauguration. Le petit-fils, très ému, a salué ce retour de Chamson « à la maison », au milieu de ses archives et de ceux qui continuent de le faire vivre.

    Un trésor d’archives

    De l’enfance cévenole, nourrie d’héritage protestant et de mémoire camisarde, aux responsabilités parisiennes (Archives, Petit Palais, Académie française), l’exposition suit un fil double, chronologique et thématique, sans perdre l’essentiel : la cohérence d’une pensée. Chamson n’écrit pas hors-sol. Il écrit contre l’abdication. Contre le fascisme. Avec le Front populaire et le journal Vendredi. Et quand vient l’Occupation, il choisit le refus du mensonge et l’obstination du travail. Dans un cahier de 1941, une phrase bouleverse encore : « J’écris pour le jour de la liberté. » Toute l’exposition est là, dans cette foi têtue : tenir, transmettre, résister. Le volet guerre frappe particulièrement : sauvegarde des œuvres, engagement, brigade Alsace-Lorraine aux côtés d’André Malraux. Puis le retour à la littérature comme acte moral avec Le Puits des miracles, La Superbe et, en creux, une même boussole : la dignité humaine.

    Autour de l’exposition, deux grandes journées (24 et 25 avril) prolongent le dialogue avec conférences, projections et spécialistes : une manière de faire de cette redécouverte un moment vivant, pas un mausolée. Car Chamson ne se lit pas comme une gloire locale rangée sur une étagère : il se reçoit comme une exigence. Dans ses notes de guerre, il laisse ces mots, bouleversants et d’une actualité brutale, comme un viatique pour temps incertains : « J’écris pour le jour de la liberté. J’écris pour conjurer les maléfices de la défaite. (…) Qui n’y retrouvera pas le ton d’une voix déjà entendue en lui-même n’y retrouvera rien. (…) Car il existe une espérance au-delà de tous les désespoirs. » Au Carré d’Art, cette voix revient, intacte.